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Khalifa Haftar

Macron accuse Erdogan de mener un «jeu dangereux» en Libye

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Le président français Emmanuel Macron est monté d’un cran lundi dans l’escalade des tensions avec la Turquie, dénonçant le «jeu dangereux» d’Ankara en Libye dans lequel il voit une nouvelle démonstration de la «mort cérébrale» de l’Otan.

«Je considère aujourd’hui que la Turquie joue en Libye un jeu dangereux et contrevient à tous ses engagements (de non ingérence, ndlr) pris lors de la conférence de Berlin» en janvier, a-t-il lancé à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Kais Saied à la présidence française.

«Il en va de l’intérêt de la Libye, de ses voisins, de toute la région mais également de l’Europe», a-t-il insisté, précisant avoir tenu « le même discours » au président américain Donald Trump lors d’un entretien téléphonique lundi après-midi.

Il a appelé à ce «que cessent les ingérences étrangères et les actes unilatéraux de ceux qui prétendent gagner de nouvelles positions à la faveur de la guerre» en Libye.

«Les choses ne peuvent se poursuivre ainsi. La Tunisie est l’un des pays qui en souffrent le plus», a renchéri pour sa part le président tunisien, en référence aux risques de déstabilisation aux portes de son pays. Kais Saied, dont c’était le deuxième voyage à l’étranger, après l’Algérie, depuis son élection en décembre, a mis en garde contre une «partition de la Libye», qui serait «un danger pour toute la région».

Ankara, principal soutien international du GNA

La Turquie est devenue le principal soutien international du gouvernement d’union nationale (GNA) de Tripoli, qui a repris début juin le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye en faisant reculer les forces du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays.

Le ton ne cesse de monter entre Paris et Ankara. La France affirme que la Turquie fournit massivement des armes au GNA en violation d’un embargo des Nations unies. La Turquie accuse de son côté Paris de soutenir le maréchal Haftar, et d’être le «sous-traitant de certains pays de la région» dans la crise libyenne, une allusion aux Emirats et à l’Egypte.

Paris s’est toujours défendue de tout soutien au maréchal Haftar. Lundi, le président français a d’ailleurs pris soin de dénoncer «toutes les incursions», celle de la Turquie qui a envoyé des milliers de combattants syriens, comme celle de la Russie via les mercenaires du groupe Wagner.

Il a pointé toutefois «l’inquiétude légitime du président (égyptien) Sissi lorsqu’il voit des troupes arriver à sa frontière».

Les forces du GNA visent désormais la ville côtière de Syrte (450 km à l’est de Tripoli), verrou stratégique vers l’Est contrôlé par le maréchal Haftar.

Mort cérébrale de l’Otan

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prévenu samedi que toute avancée des pro-GNA vers Syrte pourrait entraîner une intervention «directe» de son pays dans le conflit. Le GNA, reconnu par l’Onu, a dénoncé pour sa part comme une « déclaration de guerre » les menaces de l’Egypte.

Emmanuel Macron a réitéré au passage sa crainte d’une «mort cérébrale» de l’Otan – comme fin 2019 – en raison des tensions récurrente avec la Turquie, également membre de l’Alliance, et du manque de coordination entre ses membres.

La France avait déjà reproché à la Turquie à l’automne dernier d’avoir lancé une offensive contre des milices kurdes syriennes engagées au côté des Américains et des Européens dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). Paris accuse cette fois la marine turque d’avoir eu un comportement « extrêmement agressif » à l’encontre d’une de ses frégates en Méditerranée début juin.

«Je considère que c’est une des plus belles démonstrations qui soient» de «cette mort cérébrale», a martelé Emmanuel Macron, jugeant «intolérable» qu’une telle confrontation entre deux membres de l’Otan ait donné lieu à «si peu de dénonciation».

«Tant que nous continuerons, membres de l’Otan, Européens, parties prenantes de ce sujet à être faibles dans nos propos ou à manquer de clarté, nous laisserons le jeu des puissances non coopératives se faire», a-t-il asséné.

La joute verbale entre les deux pays semble ne plus cesser de s’accélérer. Ankara a arrêté quatre de ses ressortissants soupçonnés d’espionnage pour le compte de la France, a rapporté lundi un journal progouvernemental turc. Aucune confirmation de source indépendante n’a pu être obtenue.

Avec AFP

Encouragé par Paris et Abu Dhabi, Sissi menace d’intervenir directement en Libye si Erdogan avance sur Syrte

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prévenu samedi que toute avancée des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA), soutenues par Ankara, vers la ville stratégique de Syrte, en Libye, pourrait mener à une intervention «directe» du Caire.

Avec l’appui d’Ankara, les forces loyales au GNA –basé à Tripoli et reconnu par l’ONU– ont engrangé d’importantes victoires depuis début juin, reprenant le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye.

Les troupes rivales du maréchal Khalifa Haftar soutenu par la France, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte, n’ont pas cessé de reculer ces dernières semaines, essuyant des revers sur le terrain qui ont signé l’échec de leur offensive sur Tripoli lancée en avril 2019.

Les forces du GNA restent néanmoins freinées dans leur avancée vers la ville côtière de Syrte, verrou stratégique vers l’Est et sous contrôle du maréchal Haftar.

Ville natale de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi –déchu et tué en 2011–, Syrte, ainsi qu’Al-Joufra plus au sud, représentent une «ligne rouge», a averti le président egyptien, lors d’un discours retransmis à la télévision.

Si cette ligne est franchie, la sécurité de l’Egypte, qui partage une frontière poreuse avec la Libye, nécessitera une «intervention directe» des forces égyptiennes dans le pays, a-t-il déclaré.

«Toute intervention directe de l’Egypte est devenue légitime au niveau international, que ce soit au regard de la charte de l’ONU sur la légitime défense ou qu’elle se base sur la seule autorité légitime élue par le peuple libyen: le Parlement libyen» basé dans l’Est, a affirmé le président égyptien.

«Si le peuple libyen nous demande d’intervenir, c’est un signal envoyé au monde que l’Egypte et la Libye partagent (…) des intérêts communs, la sécurité et la stabilité», a-t-il ajouté.

Pour le GNA, il s’agit d’une «ingérence dans les affaires (internes) et une menace grave pour la sécurité nationale de la Libye» et la «paix internationale», a déclaré Mohamad Amari Zayed, membre du Conseil présidentiel du GNA.

«Il ne peut y avoir de lignes rouges à l’intérieur de nos frontières et sur nos terres», a-t-il clamé. «Aucune partie étrangère n’aura d’autorité sur son peuple

Trêve sous condition

Ankara a de son côté exigé samedi le retrait des troupes du maréchal Haftar de la ville de Syrte comme condition préalable à toute trêve.

«Un cessez-le-feu doit être viable (…) ce qui veut dire que les forces de Haftar doivent se retirer de Syrte et d’al-Joufra», a déclaré le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, lors d’un entretien avec l’AFP à Istanbul.

Ces avertissements successifs interviennent après l’invitation lancée par Le Caire, et refusée vendredi soir par le GNA, d’assister à une réunion d’urgence sur la Libye de la Ligue arabe, dont le siège est basé dans la capitale égyptienne.

Le GNA et la Turquie ont fait part de leur scepticisme, considérant l’initiative égyptienne comme une manière de faire gagner du temps au maréchal Haftar, qui est aussi soutenu par les Emirats arabes unis et la Russie.

Les Emirats arabes unis ont affirmé samedi être «au côté de l’Egypte pour toutes les mesures qu’elle prend pour assurer la sécurité et la stabilité» face au conflit en Libye, selon le ministère des Affaires étrangères. Le ministère des Affaires étrangères d’Arabie saoudite a lui aussi manifesté son «soutien à l’Egypte quant à son droit à défendre ses frontières et son peuple contre l’extrémisme, les milices terroristes et leurs soutiens dans la région».

Ankara –qui discute également avec Moscou dans le but de parvenir à un nouveau cessez-le-feu en Libye après l’échec de plusieurs trêves précédentes– a tancé la France, accusée de soutenir le maréchal.

«Le gouvernement français soutient un chef de guerre illégitime», a dénoncé le porte parole de la présidence turque. «Malgré tout cela, ils (les responsables français, NDLR) continuent de nous critiquer. Mais nous travaillons avec les acteurs légitimes et c’est la France qui travaille avec les mauvais acteurs.»

Mercredi, lors d’une réunion en visioconférence des ministres de la Défense de l’Otan –dont Ankara et Paris sont membres–, la France avait reproché à la Turquie son comportement «extrêmement agressif» contre une de ses frégates en Méditerranée et martelé que l’implication d’Ankara sapait tout effort de trêve en Libye.

Sur un autre front diplomatique, le chef du GNA, Fayez al-Sarraj a rencontré samedi à Alger le président Abdelmadjid Tebboune, qui cherche à jouer un rôle de médiateur dans le dossier libyen.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après une révolte populaire, la Libye est plongée dans le chaos et une guerre protéiforme, complexifiée par la présence accrue d’acteurs internationaux.

Avec AFP

La Libye au centre d’une visite surprise d’Erdogan à Tunis

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a effectué mercredi une visite surprise à Tunis, où il a évoqué avec son homologue tunisien le conflit en Libye et les tensions régionales suscitées par un renforcement de la coopération entre Ankara et le gouvernement libyen d’union.

Recep Tayyip Erdogan, qui a rencontré pour la première fois le président Kais Saied, entré en fonctions le 23 octobre, a déclaré lors d’une conférence de presse avoir évoqué la coopération avec la Tunisie pour aider à un règlement du conflit libyen.

«Nous avons discuté des moyens de coopérer pour parvenir à un cessez-le-feu en Libye dans le cadre de la relance du processus politique», a dit le président turc, dont le pays appuie militairement le gouvernement d’union (GNA), reconnu par l’ONU.

«L’impact des développements négatifs en Libye ne se limite pas à ce pays mais touche aussi les pays voisins, en tête desquels la Tunisie», a ajouté le président turc.

La Tunisie partage une longue frontière avec ce pays plongé dans le chaos et accueille des milliers de Libyens depuis la révolte ayant conduit à la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

La Libye est déchirée entre deux pouvoirs rivaux: le GNA, basé à Tripoli (ouest), et dans l’est un pouvoir incarné par le général Khalifa Haftar, qui a lancé début avril une offensive pour conquérir la capitale.

Celui-ci est soutenu par l’Arabie saoudite, l’Egypte et les Emirats arabes unis, des pays avec lesquels la Turquie entretient des relations parfois tendues.

Erdogan a par ailleurs appelé la Tunisie, mais aussi le Qatar et l’Algérie à participer à la conférence internationale sur la Libye que doit organiser l’ONU début 2020 à Berlin.

De son côté, Kais Saied a souligné «la complexité accrue» de la crise libyenne, et évoqué le soutien du président Erdogan à une initiative tunisienne sur la Libye.

Annoncée lundi par Kais Saied dans un communiqué, cette initiative appelle «tous les Libyens à s’asseoir à la table des négociations pour parvenir à une formule de sortie de crise».

Soutien militaire turc «si nécessaire»

La Turquie a été critiquée pour avoir conclu le mois dernier un accord militaire avec le GNA, ainsi qu’un accord maritime, également en novembre. Ce dernier accord vise à étendre les frontières maritimes de la Turquie et a notamment été dénoncé par la Grèce.

Sur la Libye, commentant les informations faisant état de la présence de mercenaires soudanais et russes aux côtés des forces pro-Haftar, Erdogan a déclaré: «Je me demande ce qu’ils font en Libye et à quel titre ces 5.000 Soudanais et ces 2.000 autres de la compagnie russe Wagner s’y trouvent. Qu’ont-ils à faire sur place et quelles sont leurs connexions?»

«Si la Turquie est invitée (à envoyer des troupes en Libye), nous accepterons l’invitation car nous au moins nous avons un accord» avec le GNA, a prévenu le président turc.

Dimanche, Erdogan avait déjà déclaré que son pays augmenterait son soutien militaire à Tripoli si nécessaire, et sous toutes ses formes.

«Nous évaluerons tous les types de soutien militaire, y compris au sol, sur mer et dans les airs si nécessaire», avait dit le dirigeant turc.

Avec AFP

Trois journalistes convoqués par la DGSI pour avoir dévoilé l’usage massif des armes françaises dans la guerre au Yémen

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Après avoir révélé un rapport confidentiel affirmant que les armes vendues aux Emirats et à l’Arabie Saoudite étaient utilisées dans les combats et les bombardements au Yémen y compris sur des zones civiles, trois journalistes français indépendants font l’objet d’une action en justice pour atteinte au « secret défense » par le ministère des Armées et ils ont même été convoqué par la DGSI. Cela a suscité une levée de boucliers en France surtout que la Cour européen de justice a consacré le principe du secret des sources des journalistes.

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Pour l’amour de Dieu, Ssi Nasser, éclairez-nous. Sommes-nous fâchés, ou pas avec les EAU ?

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Les spéculations sur la dégradation des relations entre Rabat et Abu Dhabi vont bon train. Il y a eu d’abord toute une polémique sur la prise de contrôle par des officiels émiratis de l’un des plus anciens sites web d’information marocains, Hespress. Maghreb Intelligence lancera dans un deuxième temps, le pavé dans la mare, en dévoilant au grand jour des projets médiatiques qui seraient financés par le couple MBS-MBZ de nature à amplifier « la gravité des mouvements sociaux » au royaume. Puis il y a eu ce silence strident de notre diplomatie suite à l’exclusion de l’étape Émirats Arabes unis de la tournée de Nasser Bourita dans le Golfe et à l’hypothétique rappel de l’ambassadeur émirati, Ali Salem Al Kaâbi. Une succession d’évènements qui font les choux gras de la presse nationale et internationale et installent un climat de doute, d’inquiétude et d’appréhensions à la veille d’une visite royale imminente et très attendue à Riyadh et à Amman.

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Crise libyenne : Liaisons dangereuses

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Jeu hypocrite ou jeu de dupes. La communauté internationale semble victime d’un dédoublement de personnalité. Plusieurs pays adoptent un double jeu dans le dossier libyen en dénonçant du bout des lèvres et en apportant leur appui en douce. Une division qui joue en faveur des forces du Maréchal Haftar qui compte prendre le pouvoir par les armes, appuyé en cela par plusieurs pays.

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Initiative 5+5 Défense : Concertations entre la Libye et l’Italie

Le vice-ministre libyen à la Défense dans le gouvernement d’Accord national, Uhida Najem, s’est entretenu aujourd’hui à Tripoli avec l’ambassadeur d’Italie Giuseppe Buccino. Les discussions, qui ont lieu en présence ce de hauts responsables libyens, civils et militaires, ont essentiellement porté sur l’Initiative 5+5 Défense.

La collaboration entre Rome et Tripoli au sein de la plateforme politico-militaire créée en 2004 en vue d’une coopération étroite entre les États de la Méditerranée occidentale, en particulier entre les 5 pays de la rive nord (France, lItalie, Malte, Portugal et Espagne) et les 5 pays de la rive sud (Maroc, Algérie, Libye, Mauritanie et Tunisie), a été au centre des discussions de haut niveau entre Uhida Najem et Giuseppe Buccino.

Au cours de la réunion, le responsable libyen a appelé le gouvernement italien à soutenir la Libye, exprimant le souhait de renforcer la coopération et la formation conjointe dans les domaines militaires et de renseignement, et en particulier dans le secteur maritime.

En répondant favorablement à cette requête, l’Italie, par la voix de son ambassadeur Buccino a expliqué que «le bassin méditerranéen nous unit tous et nous voulons qu’il soit une région de paix et de sécurité durables. »

Libye : L’armée de Haftar, qui lorgne Tripoli, est en train de changer la donne sur le terrain

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L’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est libyen, a lancé depuis quelques semaines une vaste offensive dans le sud. Le 6 février, elle a annoncé la prise sans combats de l’un des plus grands champs pétroliers en Libye, celui d’Al-Charara dans la région d’Oubari, qui produit 315.000 barils par jour. Ce dernier était à l’arrêt depuis près de deux mois. Selon Ahmad Al-Mesmari, porte-parole de l’ANL, celle-ci est entrée dans le complexe pétrolier après des négociations avec les groupes armés qui le contrôlaient.

Les groupes armés, qui bloquaient la production sur le site, protestaient contre la marginalisation de leur région par le gouvernement reconnu par la communauté internationale, celui de Fayez Al Sarraj. Le président libyen avait promis de débloquer d’importants fonds pour la région, mais le Maréchal Khalifa Haftar semble l’avoir devancé. En plus de contrôler la région du croissant pétrolier à l’Est, le Maréchal Haftar a mis la main sur cet important champ. Il renforce ainsi son assise et son autorité dans la région puisque les tribunaux voient en lui un sauveur du chaos et de l’anarchie. Depuis la mi-janvier, l’ANL a lancé une offensive dans le Sud pour « purger (…) des groupes terroristes et criminels ».

Appui de plusieurs pays à l’ANL

L’ANL compte aussi chasser les rebelles tchadiens. Selon certaines sources, l’action de l’ANL est appuyée par plusieurs pays à savoir, la France, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte. Il semble même qu’il y a eu une concertation et une coordination entre la France et l’ANL. Du sort de cette vaste campagne va se jouer l’avenir de la Libye. Et si le Maréchal Khalifa Haftar est adopté par les Libyens comme un sauveur ? Et s’il marchait sur Tripoli ? Sur le terrain, ses forces se sont imposées comme les représentants de l’autorité. Dans le sud libyen, toutes les tribus ont appuyé cette offensive ainsi que des représentants au Conseil d’Etat.
Dans une lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU, les chefs de tribus qualifient cette opération d’«audacieuse» et l’armée nationale de « corps le plus apte à protéger la paix et la stabilité». Saad Ben Cherada, Membre du Conseil d’Etat estime que « le Sud était, depuis des années, à la recherche d’un sauveteur, qu’il a trouvé, aujourd’hui, en la personne du maréchal Haftar, qui s’est dressé contre les groupes terroristes et les bandes de criminels à l’origine du chaos dans la région».

Le Maréchal Haftar est-il l’unique rempart contre le chaos ?

Le même constat est fait par Achour Chouayel, ex-ministre libyen de l’Intérieur qui a affirmé sur Libya Hadath que « le peuple libyen a besoin d’une autorité pour le gouverner. Laquelle autorité a besoin de force. Laquelle force n’existe, en ce moment, qu’entre les mains de l’armée. Concernant Al-Sarraj, il dispose d’une autorité, sans force sur le terrain.» En quelques années, l’ANL et le Maréchal ont fait ce qu’Al-Sarraj n’a pas pu faire malgré l’adoption de l’accord de Skhirat. A ce propos, beaucoup sont qui reprochent à Al Sarraj de ne pas avoir mis en œuvre les volets sécuritaires de l’accord de Skhirat.

Suite à cette offensive dans le Sud, l’ANL a mis les rebelles tchadiens entre le marteau et l’enclume puisque l’armée française les chasse au Nord du Tchad. Une fois celle-ci terminée, le regard du Maréchal se tournera-t-il vers Tripoli ? Ce dernier avait bien dit que la «la libération de Tripoli est inévitable et suivrait une feuille de route préétablie». La future Libye sera-t-elle dessinée par les armes ou par les urnes comme le veut le Président Al Sarraj ? Il est certain de l’issue de cette campagne lancée par Haftar aura un grand impact sur les évènements à venir. S’il nettoie le Sud, le Maréchal Haftar pourra prendre Tripoli en tenailles.

La Libye entre Daesh et influences internationales : Des ordres dans le désordre

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A la veille de l’attentat de Daesh contre le ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli, le président du conseil italien a effectué une tournée éclair pour rencontrer les dirigeants des différentes parties. L’Italie, qui cherche à écarter la France dont le président rendait visite à ses troupes dans le Tchad voisin, veut s’imposer comme seul et unique médiateur pour désamorcer les luttes de pouvoir en Libye. Pour une première visite en Libye, l’enjeu était important. Cette visite survient après la conférence de Palerme –et la rencontre cruciale avec Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est de la Libye- et la nomination de l’influent Giuseppe Buccino en tant qu’ambassadeur d’Italie à Tripoli en remplacement de Giuseppe Perrone désigné chef de la mission diplomatique italienne à Téhéran.

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