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Volodymyr Zelensky

Les services secrets ukrainiens SBU exécutent un membre de la délégation de négociation de leur pays

Les services secrets de l’Ukraine (SBU) ont abattu un membre du groupe de négociation ukrainien, Denys Kireev, soupçonné de haute trahison, annonce l’agence de presse ukrainienne Interfax.

«Lors de l’arrestation, le Service de sécurité de l’Ukraine, le SBU, a abattu un membre de la délégation de négociation ukrainienne, Denys Kireev. Il était soupçonné de haute trahison», rapporte l’agence de presse Interfax citant le président du conseil régional d’Odessa, le député ukrainien Oleksiy Honcharenko.

Ce dernier affirme dans une message publié sur Telegram que le SBU disposait de preuves irréfutables de la trahison de Kireev, notamment des conversations téléphoniques.

Le site d’information ukrainien Pravda.com.ua confirme à son tour l’information en citant des sources sécuritaires et politiques ukrainiens de haut rang.

«Parlons franchement : il était déjà un homme mort. C’était un agent. Vous savez pourquoi les agents sont tués.» s’est confié au journal l’un de ces interlocuteurs.

«Kireyev a participé aux négociations des délégations ukrainienne et russe à Gomel le 28 février. On ignore comment il s’est retrouvé dans la délégation ukrainienne et ce dont il était exactement responsable», ajoute la même source.

D’autres sources affirment que le négociateur ukrainien qui n’avait pas assisté au deuxième round des pourparlers avec les russes ce vendredi, avait été tué par une arme à feu à bout portant au centre de Kiev.

«Kireev a en fait été tué en plein centre de Kiev. Il a été littéralement exécuté, d’une balle dans la tête à l’entrée du tribunal de Pechersk», a écrit sur Twitter Maria Dubovikova, un analyste politique pro-russe.

Denys Kireev était considéré comme l’homme de l’oligarque Andrei Klyuev, un allié de l’ancien président ukrainien Viktor Yanukovych. Ce dernier, avait été destitué par le parlement en 2014, suite au violent mouvement de contestation, provoqué par sa décision de suspendre l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. Il s’est exilé en Russie avant d’être condamné par contumace en Ukraine.

Kryeyev était un banquier évoluant dans la galaxie d’Andrei Klyuev. De 2010 à 2014, il a été premier vice-président du conseil d’administration de l’Oshchadbank et, auparavant, il était directeur général adjoint de SCM Finance puis administrateur à la société autrichienne GROUP SLAV AG Klyuyev tout en étant membre du conseil de surveillance de l’Ukreximbank.

Ukraine : La panique s’empare de certaines villes alors que la Russie contrôle désormais 40% du territoire

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La Russie a accéléré ses efforts pour couper les Ukrainiens de la mer et a bloqué l’accès à Facebook et à Twitter dans le cadre d’une répression de la dissidence nationale et de représailles contre la censure en occident de ses médias RT et Sputnik. L’inquiétude suscitée par la prise de contrôle de plus grande centrale nucléaire d’Europe s’est apaisée lorsque l’incendie qui s’y était déclaré a été éteint et que les mesures des radiations ont donné des niveaux normaux.

Alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie entame sa deuxième semaine, les habitants de Kiev, paniqués, ont afflué vendredi dans la principale gare de la capitale pour fuir la ville avant que la fenêtre fruit des négociations de la veille, ne se referme, tandis que les forces russes s’attaquaient de plus en plus aux villes situées sur la côte de la mer Noire, stratégiquement importante, dans le sud.

Les forces russes tentent de progresser après avoir pris le contrôle de la ville de Kherson, dans le sud du pays, il y a deux jours. Dans la ville voisine de Mykolaiv, les habitants se préparent à une attaque imminente, ce qui renforce les craintes que la Russie puisse bientôt prendre le contrôle de la côte et couper le pays de la navigation internationale.

Signe évident de la gravité de la situation, la marine ukrainienne a délibérément coulé jeudi le navire amiral de sa propre flotte de la mer Noire afin d’éviter qu’il ne soit saisi lors d’un éventuel assaut militaire russe.

L’inquiétude mondiale suscitée par l’incendie d’une centrale nucléaire en Ukraine, la plus grande d’Europe, s’est atténuée après que des observateurs internationaux ont déclaré vendredi qu’il n’y avait aucun signe immédiat de fuite de radiations pendant la bataille pour la centrale. Vendredi, la centrale était aux mains des Russes. Moscou a d’ailleurs accusé les ukrainiens de provoquer l’incendie pour inciter une intervention internationale.

Les développements du jour :

La Russie a bloqué l’accès à Facebook et Twitter vendredi et a menacé de punir toute personne diffusant de «fausses informations» sur ses forces armées d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison, réprimant la liberté d’expression de manière plus agressive qu’à n’importe quel autre moment au cours des 22 années de pouvoir du président Vladimir Poutine.

https://twitter.com/le1info/status/1499854201157001220
https://twitter.com/le1info/status/1499523198093860868

Alors que des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, se précipitaient pour prendre le train à Kiev, plusieurs grosses explosions ont secoué la ville vendredi. La queue argentée et métallique de ce qui semblait être un missile de croisière a atterri dans un parking. L’armée ukrainienne a déclaré dans un communiqué que l’objectif principal de l’armée russe était désormais d’encercler la capitale.

L’OTAN a rejeté vendredi les demandes de l’Ukraine d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus du pays, a déclaré le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, lors d’une conférence de presse après une réunion des ministres des Affaires étrangères.

Une décision qui n’a pas du tout plus au président ukrainien qui en a fait la demande et a consacré à ce propos une allocution télévisée où il s’est est pris aux pays de l’OTAN.

«Vous ne pouvez pas nous acheter avec des litres de carburant les litres de notre sang versés pour notre Europe commune, pour notre liberté commune, pour notre avenir commun» a-t-il sermonné.

Et de rajouter «Toutes les personnes qui vont mourir, à partir de ce jour, vont aussi mourir à cause de vous».

Les bombardements russes sur Kharkov, deuxième ville d’Ukraine, ont dévasté des zones résidentielles et des quartiers d’affaires, selon des vidéos vérifiées par l’équipe Visual Investigations du New York Times.

Les États-Unis imposent des sanctions à huit membres de l’élite russe et imposent des restrictions de visa à 19 oligarques et à leurs familles, a déclaré la Maison Blanche. L’administration Biden a également déclaré qu’elle autoriserait certains Ukrainiens à rester temporairement aux États-Unis, et l’Union européenne et le Canada ont annoncé des mesures similaires pour les Ukrainiens fuyant l’invasion.

Zelensky à l’OTAN : Toutes les personnes qui vont mourir, à partir de ce jour, vont mourir à cause de vous

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Dans une nouvelle allocution télévisée ce vendredi soir, le president ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé aux citoyens européens avec beaucoup de gravité. «Si l’Ukraine tombe, l’Europe entière tombera» a-t-il martelé. Puis il s’en est pris à l’OTAN avec des termes dures : «Toutes les personnes qui vont mourir, à partir de ce jour, vont aussi mourir à cause de vous».

Le président ukrainien très inquiet a choisi ce soir de vendredi d’interpellé les européens dans une allocution en jouant sur le registre de la peur. Après deux minutes de silence à l’honneur des soldats puis des civiles ils s’est adressé aux «peuples d’Europe».

«Ne restez pas silencieux, sortez dans la rue, soutenez l’Ukraine, notre liberté» a-t-il déclaré avant d’ajouter : «si l’Ukraine tombe, toute l’Europe tombera.»

«Si on gagne, ce sera une grande victoire de la démocratie, la liberté, et à ce moment-là ces minutes de silence se transformeront en années d’épanouissement» a-t-il terminé. 

Zelensky va ensuite s’en prendre à l’OTAN : «Tout ce que l’alliance a pu faire aujourd’hui, c’est obtenir 50 tonnes de carburant diesel pour l’Ukraine par le biais de son système d’approvisionnement». «Probablement pour qu’on puisse brûler le mémorandum de Budapest» a-t-il ironisé.

«Vous ne pouvez pas nous acheter avec des litres de carburant les litres de notre sang versés pour notre Europe commune, pour notre liberté commune, pour notre avenir commun» a-t-il sermonné.

Le président ukrainien va ensuite enfoncer le clou : «Toutes les personnes qui vont mourir, à partir de ce jour, vont aussi mourir à cause de vous», a-t-il menacé les pays de l’OTAN.

Zelensky : «si l’Occident n’impose pas de zone d’exclusion aérienne, donnez-moi les avions»

Plus tôt dans la journée Zelensky a tenu une longue conférence de presse à Kiev réagissant à la décision de l’OTAN de ne pas imposer de zone d’exclusion aérienne.

«Je dis tous les jours que si vous ne pouvez pas fermer le ciel maintenant, alors donnez-nous le délai dans lequel vous le ferez ? Si vous ne pouvez pas nous donner le calendrier, dites-nous combien de personnes doivent mourir» s’est-il demandé demandé.

«Dites-moi combien. Je vais aller compter et attendre ce moment. J’espère que le ciel sera fermé. Si vous n’avez pas la force et le courage de le faire, alors donnez-moi les avions. Ne serait-ce pas juste ?» a martelé le président ukrainien visiblement irrité.

La Russie impose désormais sa supériorité dans les airs après la destruction des installations défensives ukrainiennes. Une supériorité palpable au vu de la facilité avec laquelle les convois russes traversent la frontière pour arriver aux portes des villes sans qu’ils soient particulièrement inquiétés.

Après trois tentatives d’assassinat ratés, Zelensky se serait envolé à l’ambassade américaine en Pologne

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a survécu à au moins trois tentatives d’assassinat de la part d’agents soutenus par la Russie au cours de la semaine écoulée, selon le Times of London.

Les tentatives d’assassinat rapportées par le quotidien londonien auraient été menées par des mercenaires du groupe Wagner ainsi que par des forces spéciales tchétchènes travaillant sous les ordres de Ramzan Kadyrov, chef de la République tchétchène de Russie et proche allié du président Vladimir Poutine. Le Groupe Wagner est une armée privée appartenant à Yevgeny Prigozhin, un autre allié de Poutine.

La Russie dispose depuis des années d’équipes d’assassins en Europe, liées à son agence d’espionnage militaire, le GRU. Mais aucune preuve de ces tentatives n’a été fournie, ni de leur proximité avec Zelensky, précise Times of London.

Vladimir Zelensky avait précédemment prévenu que des «groupes de sabotage ennemis» étaient actifs dans la capitale ukrainienne, Kiev, et qu’il était leur «cible numéro un».

Selon le Times, plusieurs tentatives d’assassinat ont été déjouées après que des agents de sécurité ukrainiens ont été informés par des agents du Service fédéral de sécurité russe (FSB) opposés à l’invasion.

Une tentative d’assassinat par un groupe d’assassins tchétchènes dans la banlieue de Kiev a été déjouée samedi, les agents ayant été «éliminés» avant d’avoir pu atteindre Zelensky, indique le rapport, sans donner plus de précisions.

Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, a publié un rapport similaire sur la messagerie Telegram en début de semaine.

«Je peux dire que nous avons reçu des informations du FSB, qui ne veut pas prendre part à cette guerre sanglante», a-t-il déclaré. «Et grâce à cela, le groupe d’élite de Kadyrov a été détruit, qui est venu ici pour éliminer notre président».

Danilov n’a pas fourni de preuves des tentatives de meurtre ou de capture de Zelensky.

Une source proche du groupe Wagner a déclaré au Times qu’il était « étrange » de voir à quel point l’équipe de sécurité de Zelensky était au courant de l’échec de l’attentat.

Le Times of London a rapporté lundi qu’environ 400 agents du groupe Wagner ont été envoyés à Kiev et se sont vu offrir une prime financière par le Kremlin pour l’assassinat de plus de 20 hauts responsables ukrainiens, dont Zelensky.

Au début de l’invasion, Zelensky était régulièrement vu dans les rues de Kiev, mais il s’est de plus en plus confiné à l’intérieur et dans la clandestinité, délivrant des messages au public par le biais de messages vidéo filmés à l’intérieur.

L’invasion de la Russie ne montrant aucun signe de relâchement, le sénateur américain Lindsey Graham a semblé vendredi appeler l’élite russe à organiser un assassinat du président Vladimir Poutine dans le style de Jules César.

« Y a-t-il un Brutus en Russie ? Y a-t-il un colonel Stauffenberg plus performant dans l’armée russe ? » Graham a tweeté jeudi, faisant référence au plus célèbre des assassins de l’empereur romain et à l’officier de l’armée allemande qui a tenté, sans succès, d’assassiner le leader nazi Adolf Hitler en 1944.

Député ukrainien : «Zelensky se cache maintenant dans l’ambassade des États-Unis en Pologne»

Ilya Kiva, député Parti socialiste d’Ukraine, la Verkhovna Rada, a confirmé ce vendredi dans une vidéo posté sur sa chaine Telegram, les rumeurs faisant état du départ du président ukrainien et commandant suprême en chef des forces armées de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, vers la Pologne.

Kiva a déclaré que Zelensky a traversé la frontière ukraino-polonaise vendredi et qu’il s’abritait actuellement dans l’ambassade des États-Unis à Varsovie.

Le malheureux candidat à la présidentielle de 2019 face à Zelensky n’a pas été rassurant durant ce message vidéo. «Depuis la Pologne, Zlznsky ne donnerait que des ordres insensés et détruira l’armée ukrainienne», a-t-il déclaré.

Kiva a souligné que pendant que les soldats ukrainiens «pourriront dans le sol», les hauts gradés ukrainiens dépenseront l’argent pillé pendant 8 ans. Au moment où les soldats devront encore «pourrir sur un sol, qui a déjà été vendu».

La vidéo de ce député ukrainien, survient quelques heures après la déclaration faite part le président de la Douma d’État russe, Vyacheslav Volodin, annonçant le départ d’Ukraine de Zelenskyy vers la Pologne.

Une annonce à prendre avec prudence

La déclaration du député Ukrainien Ilya Kiva est à prendre avec prudence, en raison de son obédience affichée et assumée au régime de Vladimir Poutine. Notons que le parlement ukrainien a réagit aux rumeurs en affirmant que le Président Zelensky était toujours à Kiev, mais sans donner de preuves.

Par ailleurs, la Russie à travers son ministère de défense affirme que le gouvernement ukrainien n’avait plus le contrôle d’un certains nombre de région du pays. Des sources parlent d’une perte de contrôle de 40% du territoire de l’Ukraine suite aux intenses bombardements de ces dernières 48 heures.

Un courrier attribué au ministre de la sécurité nationale et du conseil de défense de l’Ukraine affirme dit que 40% du territoire ukrainien était tombé sous le contrôle de Russes

La Russie annonce les cibles qu’elle va bombarder à Kiev

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Le ministère russe de la Défense a annoncé mardi qu’il prévoyait de frapper le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU) et le principal centre d’information et d’opérations psychologiques (PSO) à Kiev. Le but de cette annonce est de «contrecarrer les attaques de désinformation contre la Russie» précise le ministère.

Les forces russes vont frapper des équipements du Service de sécurité de l’Ukraine (SBU) et du 72e Centre d’information et d’opérations psychologiques (PSO) à Kiev, a averti mardi le ministère russe de la Défense.

«Afin de contrecarrer les attaques informationnelles contre la Russie, [les forces russes] vont frapper avec des armes de haute précision, des équipements technologiques du SBU et du 72e centre principal des OSP à Kiev» a annoncé le ministère.

«Nous demandons instamment aux citoyens ukrainiens engagés par les nationalistes ukrainiens dans les provocations contre la Russie, ainsi qu’aux habitants de Kiev vivant près des stations relais, de quitter leur domicile», a alerté la même source.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a nommé mardi un commandant militaire pour diriger la défense de Kiev, alors que des colonnes blindées dirigées par la Russie ont avancé sur la capitale. L’annonce a provoqué une scène de panique parmi les habitants de Kiev qui se pressent depuis à fuir une ville qui risque d’être durant les prochaines heures le théâtre de combats violents.

Le Service de Sécurité d’Ukraine (SBU) que les russes comptent bombarder est responsable de la sûreté de l’État, de ses institutions et de ses représentants, il est également chargé du contrespionnage, de la lutte contre le terrorisme, la contrebande et le commerce illégal de matériel militaire réglementé.

L’autre cible annoncée est le Centre d’Information et des opérations psychologique d’Ukraine (PSO) est en charge d’influencer les émotions des audiences, leur motivations et leur raisonnement objectif, et finalement le comportement des gouvernements, des organisations, des groupes et des individus.

Les risques d’utilisation de l’arme nucléaire dans la crise ukrainienne

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La bataille autour de l’Ukraine s’éternise. Des armes neuves et d’autres équipements provenant de l’Union européenne et des États-Unis continuent affluent en Ukraine permettant aux forces ukrainiennes de continuer à se battre contre les russes. La bataille atteint ce que l’expert en résolution de conflits William Zartman appelle une situation «d’impasse douloureuse». L’équilibre des forces sur le terrain n’est pas complètement ou parfaitement symétrique, mais ce qui était autrefois considéré comme une asymétrie des forces complètement disproportionnée s’est progressivement rééquilibré, en faveur des forces ukrainiennes.

Analyse de Francesca Giovannini publiée par Bulletin of The Atomic Scientists -TheBulletin.org

La crise en Ukraine devient une guerre d’endurance

Les théories des relations internationales nous enseignent que les défenseurs ont un avantage stratégique. Ils connaissent le terrain sur lequel ils se battent, et surtout ils ont la volonté absolue de repousser l’attaquant.

Ce que les médias rapportent du terrain d’affrontement en Ukraine confirme largement ces thèses  théoriques. La compétence des militaires ukrainiens est encore renforcée par un niveau sans précédent de mobilisation et de résistance des civils.

Pendant ce temps, les forces russes rencontrent des difficultés considérables pour réapprovisionner leurs troupes déployées à l’avant. Les performances de l’armée sont visiblement insuffisantes. Aucun objectif stratégique n’a été atteint. Et pour la première fois depuis le début du conflit, les médias russes reconnaissent les premières victimes du pays. À mesure que la situation perdure, le moral des troupes russes s’effrite. Les combats se relâchent, les pertes continuent à augmenter du côté russe.

En règle générale, dans les situations d’impasse, selon Zartman, les coûts de la poursuite de la guerre dépassent (souvent de beaucoup) les avantages à en tirer. Pourtant, il est raisonnable de supposer que pour Poutine, perdre la guerre avec l’Ukraine n’est pas une option. Il a affirmé que l’Ukraine est une partie indivisible de l’identité et du territoire russes. En outre, avec deux tiers de l’ensemble des forces militaires russes sur le terrain, perdre une guerre contre ce qui est perçu comme une armée beaucoup plus faible entraînerait des coûts de réputation importants pour la Fédération de Russie et pour Poutine.

Ce dernier ne serait pas non plus disposé à accepter une solution négociée qui laisserait le régime actuel au pouvoir. Les coûts que Poutine a déjà été prêt à payer pour son invasion de l’Ukraine sont faramineux. Se contenter d’une victoire en demi-teinte semble très improbable. Pour que les coûts de l’invasion en valent la peine, Poutine a besoin d’une victoire décisive..

La question de savoir ce que «gagner» signifie pour Poutine entre en jeu

Les options de Poutine

Quelles sont les options dont dispose Poutine ? Une décision de Poutine d’utiliser des armes nucléaires tactiques ne semble peut-être plus complètement farfelue. En fait, il a ordonné dimanche aux forces nucléaires russes de passer à un état d’alerte plus élevé, bien que l’on ne sache pas très bien ce que cet ordre signifiait en termes pratiques. On pense généralement que les missiles nucléaires terrestres et sous-marins de la Russie et des États-Unis sont maintenus en état d’alerte élevé à tout moment.

Aujourd’hui, à l’heure où j’écris cet article, un scénario qui conduirait la Russie à utiliser des armes nucléaires en Ukraine semble improbable. Comme beaucoup d’autres, je fais trois hypothèses : la Russie a tout intérêt à ne pas détruire l’Ukraine, car Poutine veut l’occuper ; même si Poutine est un «voyou», il n’est pas assez fou pour briser le tabou de l’utilisation d’armes nucléaires en temps de guerre, tabou qui dure depuis 75 ans ; et les Russes disposent de nombreuses autres options pour soumettre l’Ukraine.

Mais ces hypothèses devraient peut-être être remises en question

Hypothèse 1 : Ne pas détruite l’Ukraine

Premièrement, l’hypothèse selon laquelle Poutine veut éviter de détruire l’Ukraine ne résiste guère à l’épreuve de la réalité. S’il est vrai que dans la première phase du conflit, les Russes ont pris des mesures pour réduire les coûts civils et la destruction des infrastructures, au cours des dernières 24 heures, les tactiques russes ont clairement changé de ciblage et de rythme. Le ciblage de bâtiments résidentiels, de gazoducs et de stations énergétiques montre à quel point les Russes ressentent désormais l’urgence du temps et la crainte de voir la résistance ukrainienne se coaliser. Plus le conflit s’éternise, plus les Russes devront s’intensifier pour briser la «détermination» des Ukrainiens. En fin de compte, une victoire décisive pourrait être plus importante pour Poutine que la préservation des infrastructures. Et si l’objectif de Poutine est de faire de l’Ukraine une zone tampon entre la Russie et l’Occident, limiter les dégâts sur le sol ukrainien pourrait finalement compter peu dans l’esprit de Poutine.

Hypothèse 2 : Poutine n’est pas assez fou pour utiliser l’arme nucléaire

En ce qui concerne la deuxième hypothèse : Jusqu’à quel point Poutine devrait-il être plus fou pour briser le soi-disant « tabou nucléaire » ? Il me semble qu’il a été prêt à briser le tabou de la souveraineté nationale plus d’une fois. Si je ne pense pas qu’il prendra la décision d’utiliser des armes nucléaires tactiques à la légère, je ne crois pas non plus que la crainte de briser un précédent (réel ou imaginaire) soit une contrainte pour lui. Il est également intéressant de noter que Poutine a fait référence à plusieurs reprises aux armes nucléaires au cours de cette crise. Dimanche, il a ordonné la mise en état d’alerte des forces nucléaires de son pays, en réponse, selon lui, aux déclarations agressives des pays occidentaux. Dans le discours qui a annoncé l’invasion de l’Ukraine, Poutine a affirmé que « l’Ukraine était sur la voie de l’acquisition d’armes nucléaires. » Il n’existe bien sûr aucune preuve pour étayer une telle affirmation, mais il est intéressant de noter la prééminence de l’argument nucléaire dans la pensée de Poutine. Plus important encore, les Russes envisagent apparemment une mesure de représailles pour contrer le soutien de l’Occident à l’Ukraine ; il s’agirait notamment pour la Russie de quitter le nouvel accord de contrôle des armes nucléaires START, qui plafonne les arsenaux nucléaires déployés des États-Unis et de la Russie – un geste sous-entendu samedi par l’ancien président russe Dmitri Medvedev, actuellement chef adjoint du Conseil de sécurité de la Russie.

Hypothèse 3 : Les Russes disposent de nombreuses autres options pour soumettre l’Ukraine

Enfin, nous savons que les Russes disposent encore de nombreuses options stratégiques conventionnelles et non nucléaires. Ils n’ont pas déployé toutes leurs capacités cybernétiques. Ils envoient davantage de chars. L’utilisation de drones en essaim et d’autres armes « exotiques » pourrait également être en phase de planification. Et plusieurs de mes collègues du Belfer Center l’ont souligné, la Russie dispose d’une puissance de feu suffisante pour détruire les villes ukrainiennes sans avoir à recourir aux armes nucléaires.

En outre, alors que cette guerre folle fait rage, des fenêtres pour la diplomatie et les négociations pourraient apparaître en cours de route. L’une d’entre elles s’est ouverte ce lundi, avec les pourparlers entre les délégations russe et ukrainienne qui se sont tenus en Biélorussie.

Arme nucléaire

Ce qui rend l’utilisation d’armes nucléaires tactiques plausible (bien que peu probable) à mes yeux, c’est leur valeur sans équivoque du message de Poutine. L’utilisation d’une ou de plusieurs armes nucléaires tactiques serait une tentative incontournable de Poutine de briser l’unité de l’Occident et de tester la détermination de certains pays de l’OTAN. Il signalerait également une fois pour toutes sa volonté de faire tout ce qui est nécessaire pour atteindre ses objectifs politiques et stratégiques.

Je ne prétends pas que ce soit un scénario probable, mais je m’inquiète.

J’ai célébré les victoires militaires des féroces et fiers Ukrainiens. J’ai pleuré devant les images diffusées à la télévision. J’ai haleté en lisant les messages du président Zelensky confirmant encore et encore sa volonté inébranlable de rester et de se battre avec le peuple ukrainien jusqu’à la fin. Mais un scénario plus inquiétant est en train d’émerger et avec lui un dilemme catastrophique pour le président Zelensky et l’Occident. Plus il résiste et plus l’Occident résiste, plus il risque de pousser involontairement Poutine à envisager de nouvelles escalades, y compris jusqu’au seuil nucléaire.

Zelensky doit-il se rendre et partir, dans l’espoir d’apaiser la Russie ? Ou doit-il continuer à se battre avec son peuple, avec l’aide croissante de l’Occident, pour défendre leur droit de vivre librement ? Le combat pour la liberté vaut-il le prix d’une éventuelle attaque nucléaire ?

C’est un dilemme existentiel sans solution parfaite, auquel personne ne devrait jamais être confronté. C’est un dilemme qui pourrait bientôt nous hanter tous, à moins que la raison ne soit restaurée par une diplomatie renouvelée.

Francesca Giovannini

Francesca Giovannini est la directrice exécutive du Project on Managing the Atom au Belfer Center for Science & International Affairs de la Harvard Kennedy School.
Elle est également chargée de cours au Centre for International Security and Cooperation de l’université de Stanford. Mme Giovannini a occupé le poste de responsable de la stratégie et de la politique auprès du secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICEN), basé à Vienne. Avant d’être nommée à l’étranger, Mme Giovannini a travaillé pendant cinq ans à l’American Academy of Arts and Sciences de Boston en tant que directrice du programme de recherche sur la sécurité mondiale et les affaires internationales.

Des escadrons de la mort tchétchènes envoyés en Ukraine sur ordre de Poutine

La Russie a déployé plus de 12 000 combattants tchétchènes impitoyables et aguerris en Ukraine, dont certains font partie des troupes d’élite du Spetsnaz, pour décapiter le gouvernement ukrainien barricadé à Kiev.

Les premiers groupes de combattants tchétchènes ont été vus hier, jeudi 24 février, aux alentours de la capitale Kiev, faisant la prière dans une clairière d’une forêt. Le président tchétchène Ramzan Kadyrov a confirmé l’information en publiant la vidéo de ce rassemblent des combattants du bataillon «Sud».

Et pour annoncer son engagement auprès de Poutine dans sa guerre en Ukraine, Kadyrov publie dans la foulée une photo de sa rencontre, le jeudi 24 février, avec le commandant de la Garde nationale russe (Rosgvardia) Viktor Zolotov.

Rencontre en Zolotov, Chef de la Garde nationale russe et le président Tchétchène Kadyrov à Moscou le jeudi 24 février 2022

Le président tchétchène a profité de son passage à Moscou pour tenir une réunion de travail avec le premier ministre pakistanais, Imran Khan, qui effectuait une visite officielle au Kremlin. Ce dernier a été reçu par Vladimir Poutine, le jour même du lancement de l’opération militaire en Ukraine.

L’image des combattants tchétchènes priant aux portes de Kiev a suscité une vague d’inquiétude en Ukraine mais également en Europe. Tour le monde se rappelle leur arrivée en Géorgie en 2008 aux côtés des forces russes provoquant la fuite immédiate des soldats géorgiens.

Les médias britanniques ont largement commenté leur présence en les qualifiant d’«escadron de la mort ayant pour seul objectif assassiner les membres du gouvernements ukrainiens».

Selon le Daily Mail, ces combattants font partie de ce qui est décrit comme un «escadron de forces spéciales tchétchènes», reconnus pour être des «chasseurs». «Ils ont été lâchés en Ukraine pour détenir ou tuer une série de responsables ukrainiens spécifiques», affirme le journal.

Le quotidien ajoute que chaque soldat aurait reçu un «jeu de cartes» spécial sur lequel figuraient les photos et les descriptions des responsables ukrainiens, citant une chaîne Telegram liée aux services de sécurité de Moscou.

Le Daily Mirror, un autre journal londonien, cite le témoignage d’une source militaire britannique: «Ces forces tchétchènes sont dures, aguerries et totalement impitoyables».

Kadyrov : Douze mille Tchétchènes prêts à se déployer en Ukraine

Le président tchétchène va confirmer son soutien à Vladimir Poutine dans sa guerre en Ukraine en organisant ce vendre 25 février, un grand rassemblement de 12.000 soldats en partance à Kiev sur la grande place de la capitale Grozny.

«Des milliers d’hommes de Tchétchénie sont prêts à offrir leur aide aux forces armées russes», a promis Ramzan Kadyrov, devant les caméras de la presse, alors que l’armée de Moscou a entamé le deuxième jour de son attaque contre l’Ukraine.

«Ce sont des volontaires qui sont prêts à partir pour n’importe quelle opération spéciale à tout moment afin de sécuriser notre État et notre peuple», poursuit Kadyrov à la publication, ajoutant qu’aucune troupe ne serait déployée tant que le «commandant suprême en chef» Poutine n’aurait pas donné son feu vert.

Selon le ministre tchétchène de la politique nationale, Akhmed Dudayev, l’objectif du rassemblement était de montrer à quel point les troupes étaient prêtes à suivre les ordres et à défendre leur patrie.

«Il s’agissait d’un contrôle du personnel», a précisé Dudayev à la presse, «un contrôle de l’état de préparation du personnel à exécuter tout ordre du commandant en chef suprême, le président du pays, Vladimir Vladimirovitch Poutine.»

Dans un discours qu’il a prononcé devant les militaires rassemblés dans le centre de Grozny, Kadyrov a exigé que le président ukrainien Volodymyr Zelensky présente ses excuses à Poutine.

« Profitant de cette occasion, je veux donner un conseil à l’actuel président Zelensky afin qu’il appelle notre président, le commandant suprême Vladimir Vladimirovitch Poutine, et s’excuse de ne pas l’avoir fait plus tôt. Faites-le pour sauver l’Ukraine. Demandez-lui pardon et acceptez toutes les conditions que la Russie propose. Ce sera pour lui la démarche la plus correcte et la plus patriotique», a déclaré le dirigeant tchétchène.

Plus tard dans la journée plusieurs vidéos et images publiés sur les réseaux sociaux et sur Telegram, ont montré des forces tchétchènes se déplacent dans des véhicules portant le marquage «V» afin de les distinguer des forces ukrainiennes qui, dans de nombreux cas, utilisent des équipements militaires similaires.

Il est à noter qu’une série de symboles ont été repérés sur des véhicules russes. De nombreux véhicules portant le symbole Z ont été vus à Belgorod, en Russie, qui se trouve à moins de 30 km de la frontière ukrainienne.

Parmi les autres symboles figurent un triangle avec deux lignes de chaque côté, un cercle avec trois points à l’intérieur et un petit triangle à l’intérieur d’un plus grand triangle.

Les experts pensent que ces symboles pourraient servir à identifier la destination d’un lot particulier de véhicules.

Moscou a lancé une «opération militaire spéciale» en Ukraine aux premières heures de la matinée de jeudi, dans le but de démilitariser et de « dé-nazifier » le pays, après avoir affirmé que le gouvernement de Kiev était responsable de huit années de génocide dans la région du Donbas, déchirée par la guerre.

Alors que le deuxième jour de l’offensive touche à sa fin, une grande partie de l’armée ukrainienne a été paralysée, les aéroports, les centres de communication, les infrastructures de défense et les bases militaires ayant été endommagés par une série de frappes aériennes russes.

Vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que Kiev avait «disparu» après avoir choisi Varsovie comme lieu de négociation avec Moscou.

«Zelensky a déclaré qu’il était prêt à discuter du statut de neutralité de l’Ukraine. Initialement, Poutine a dit que le but de l’opération était d’aider les républiques populaires de Lougansk et de Donetsk, notamment par la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine. Et ceci, en fait, est une composante intégrale du statut neutre», a expliqué Peskov.

La méthode Crimée n’a pas fonctionné en Ukraine

D’après les messages publiés sur les chaines Telegram des services de sécurités russe, le bila de la nuit du jeudi à vendredi a démontré que la stratégie utilisée pour mettre la main sur la Crimée n’a pas fonctionné en Ukraine. Vladimir Poutine ne voulait pas une guerre éclair et une capitulation rapide du gouvernement de Kiev sans effusion de sang.

Mais la resistance des ukrainiens infligeant des pertes humaines et matériels non négligeables font levé des voix pour un durcissement de l’attaque russes en utilisant des avions de chasses et de l’armement plus destructeur.

Messages chaine Telegram Russe

Le déploiement des forces tchétchènes s’inscrit dans le cadre de ce durcissement. L’escadron des forces spéciales tchétchènes est l’une des unités renégates les plus meurtrières que la Russie puisse déployer sur la ligne de front pour prendre Kiev.

«Ils sont susceptibles d’avoir peu de considération pour les vies civiles alors qu’ils se concentrent sur leur mission», commente une source militaire..

Il y aurait désormais plus de 200 000 soldats russes en Ukraine, alors que des vagues de chars de Moscou se déversent dans la région en guise de renforts.

Jusqu’à présent, la presse occidentale parle de plus de 2 800 soldats russes tués par la résistance ukrainienne. Cependant,les forces spéciales de Moscou sont déjà à l’intérieur de la capitale.

La bataille pour les villes ukrainiennes est sur le point de se transformer en une insurrection sanglante, car des civils, hommes et femmes, ont reçu des armes à feu pour défendre leur patrie. De plus, le ministère de l’intérieur a décrété la nuit du jeudi au vendredi, dans le cadre de la loi martiale, que les hommes âgés de 18 à 60 ans ne pouvaient pas quitter le pays et ont été appelés à résister à l’assaut russe alors que l’aéroport de Kiev est tombé aux mains des forces de Moscou. L’armée russe a déclaré avoir saisi un aéroport stratégique juste à l’extérieur de Kiev et coupé la ville de l’ouest. Une information confirmée par le président ukrainien lui-même dans une allocution télévisée accusant un groupe d’espions et de saboteurs russes vus dans un quartier de Kiev, à environ cinq kilomètres au nord du centre.

D’ailleurs, dès l’aube du vendredi, des explosions ont retenti à Kiev et des coups de feu ont ensuite été entendus près du quartier gouvernemental. Sachant que les soldats ukrainiens ont établi des positions défensives aux ponts et des véhicules blindés ont roulé dans les rues.

Décapiter le gouvernement

Selon des rapports de services de renseignement britanniques confirmés pat le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Poutine souhaite décapiter le gouvernement ukrainien pour mettre fin prendre le contrôle du pays. Zelensky a admis être la «cible numéro un» des assassins russes dans sa capitale, tandis que sa famille est «l’objectif numéro deux» des tueurs à gages de Poutine.

Sur les messages Telegram, un seul nom est publiquement annoncé comme cible des forces russes à capturer vivant. Il s’agit de l’ancien premier ministre ukrainien, Oleksandr Turchynov, que Moscou souhaite poursuivre pour crimes de guerre et pour avoir été responsable de l’éclatement de la guerre au Donbas.

L’ancien acteur et humoriste de 44 ans a insisté sur le fait qu’il était resté à Kiev et a exhorté ses concitoyens à rester forts. Il a déclaré qu’il parlait depuis Kiev mais que l’élégance du palais présidentiel avait disparu depuis longtemps : Zelensky, dans son t-shirt vert olive, semblait parler depuis un bunker.