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Union Africaine

L’Algérie réagit enfin au retour d’Israël à l’Union Africaine

Trois jours après l’annonce inattendue du retour d’Israël à l’Union Africaine en tant que membre observateur, l’Algérie réagit enfin, par le biais d’un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, qualifiant le nouveau membre «d’entité sioniste» dont les valeurs sont incompatibles avec celles consacrées dans l’Acte Constitutif de l’Union Africaine. «Cette décision qui relève certes des prérogatives administratives du président de l’Union, a été prise sans le bénéfice de larges consultations préalables avec tous les Etats membres» fustige le communiqué.

La réaction hostile de l’Algérie à l’admission d’Israël en tant que membre de l’Union Africaine était attendue par l’ensemble des observateurs y compris par le gouvernement de l’Etat hébreu.

Alger a attendu la réaction du Hamas qui a qualifié samedi de «choquante et honteuse» la décision d’accorder à Israël un statut d’observateur officiel auprès de l’Union africaine (UA), pour annoncer sa position officielle sur le sujet.

Dans un communiqué publié ce dimanche dans une dépêche de l’agence de presse officielle APS, la diplomatie algérienne a choisi de ne pas s’engager dans une stratégie de rupture avec le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, ni avec Israël. Toutefois, Alger a notifié son mécontentement de ne pas avoir été consultée dans le processus de prise de décision et a utilisé une sémantique anti-israélienne, tout en rappelant que les membres observateurs n’avaient aucune influence sur les décisions souveraines des Etats membres de l’UA.

«La récente décision du Président de la Commission de l’Union Africaine, d’accueillir un nouvel observateur qui relève de ses prérogatives administratives n’est pas de nature à altérer le soutien constant et actif de l’organisation continentale à la juste cause palestinienne et son engagement envers la réalisation des droits nationaux inaliénables du peuple palestinien, y compris son droit à l’établissement de son Etat indépendant avec Al-Qods pour capitale», indique le communiqué signé par le nouveau chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra.

https://twitter.com/Algeria_MFA/status/1419273497713512449

«Prise sans le bénéfice de larges consultations préalables avec tous les Etats membres, cette décision n’a ni la vocation, ni la capacité de légitimer des pratiques et comportements dudit nouvel observateur qui sont totalement incompatibles avec les valeurs, principes et objectifs consacrés dans l’Acte Constitutif de l’Union Africaine», fustige le ministère.

Le communiqué laisse transparaitre l’agacement de l’Algérie du traitement médiatique réservé à cet évènement considéré par Israël et ses alliés comme un exploit historique. D’ailleurs, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a tenu à féliciter samedi, l’Union africaine d’avoir accueilli le retour d’Israël dans l’organisation en tant qu’observateur après une vingtaine d’années d’absence.

«Nous félicitons l’UA pour son leadership dans la construction de ponts et la création de nouvelles voies d’échange, et nous nous félicitons du retour d’Israël à l’Union africaine en tant qu’observateur dans le cadre de notre soutien à une normalisation plus large», a écrit M. Blinken sur Twitter.

Il est fort probable que la sortie du secrétaire d’Etats américain a obligé le palais d’El Mouradia, de mettre de l’eau dans son vin et de modérer ses propos face à cet échec cuisant de son influence au sein de l’organisation africaine.

Une frustration exprimée par ces mots dans le communiqué publié ce dimanche : «l’agitation médiatique, autour de ce qui relève davantage du « non-évènement » que d’une percée à potentiel stratégique, ne saurait porter préjudice aux exigences fondamentales d’une paix juste et durable au Moyen-Orient telles que consacrées par l’Afrique et toute la communauté internationale et telles que formulées dans l’Initiative Arabe de Paix adoptée par le Sommet Arabe tenu en 2002 à Beyrouth et à laquelle l’Union Africaine a apporté son plein soutien».

Enfin, l’Algérie s’est donnée une nouvelle mission au sein de l’Union Africain, vu les ruptures durables qu’a apporté le retour du Maroc à l’organisation: un hub entre l’Afrique et le monde Arabe. Un positionnement par défaut d’un pays au bord de la faillite qui s’enfonce depuis plusieurs années dans le gouffre d’une crise institutionnelle sans fin.

«L’Algérie qui a initié et promu le processus de développement et d’élargissement du partenariat stratégique entre l’Afrique et le monde arabe continuera d’œuvrer en faveur du renforcement continu de la solidarité entre les deux ensembles au bénéfice de tous leurs peuples», conclut le communiqué de Lamamra.

Israël redevient membre de l’Union africaine avec un statut d’observateur après l’avoir quitté en 2002

Israël a obtenu le statut d’observateur à l’Union africaine, qu’il réclamait depuis des années. Jusqu’en 2002, Israël était membre observateur de l’Organisation de l’unité africaine, jusqu’à ce qu’elle soit dissoute et remplacée par l’Union africaine.

Avec Agences

L’ambassadeur israélien Aleli Admasu a présenté jeudi ses lettres de créances au président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, selon des communiqués de l’organisation panafricaine et de la diplomatie israélienne. «Cela corrige une anomalie qui a perduré pendant près de deux décennies et représente une partie importante du renforcement des relations extérieures d’Israël», s’est félicité dans un communiqué le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid.

https://twitter.com/IsraelinSenegal/status/1418296103796187140

Israël entretient des relations diplomatiques avec 46 pays africains «et a des partenariats de grande ampleur et des coopérations dans de nombreux domaines, y compris le commerce et l’aide», selon le texte. Israël avait ce statut d’observateur au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) jusqu’à sa transformation en Union africaine en 2002. La Palestine bénéficie déjà de ce statut d’observateur à l’UA, où elle compte d’importants soutiens, notamment dans le conflit israélo-palestinien.

« C’est un jour de fête pour les relations israélo-africaines », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid. « Cet exploit diplomatique est le résultat des efforts du ministère des Affaires étrangères, de la division africaine et des ambassades israéliennes sur le continent. Il s’agit d’une mesure corrigeant l’anomalie qui a prévalu pendant près de deux décennies et constitue un élément important du renforcement du tissu des relations étrangères d’Israël. »

Des appels à l’expulsion de l’Algérie de l’UA

Après l’annonce de l’établissement établissement officiel du statut d’observateur d’Israël auprès de l’Union Africaine, les réactions sur twitter de diplomates, journalistes et activistes israéliens se sont enchainées.

Outre les tweets de satisfaction de cet «exploit diplomatique», quelques leaders d’opinion particulièrement suivis sur le réseaux sociaux ont toutefois pas ménagé leurs critiques à l’égard de l’Algérie qui a toujours été chef de fil de l’opposition contre le retour d’Israël en Union Africaine.

https://twitter.com/EdyCohen/status/1418273122705416193

Deuxième round de discussions à Genève : Les fossoyeurs de la paix entretiennent le double jeu

Le château Le Rosey dans le village de Bursins, dans la banlieue de Genève, a abrité les 21 et 22 mars dernier la seconde table ronde sur le Sahara marocain en présence des délégations marocaines, mauritaniennes, du Polisario et algériennes. Cette dernière a été conduite par le vice-premier ministre nouvellement nommée, Ramtane Lamamra.

 

Organisée à l’initiative de l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara marocain, Horst Köhler, cette seconde table ronde a connu une avancée majeure. Celle-ci n’est pas venue des délégations présentes, mais du Bureau des Nations-Unies à Genève. Dans une note publiée le 22 mars dernier, ce dernier a indiqué que Köhler souhaite que cette réunion puisse raffermir la dynamique positive qui avait caractérisé la première table ronde tenue en décembre 2018 à Genève.

Trouver une solution conforme à la résolution 2440

Elle a également indiqué que cette table ronde permettra aux délégations de discuter des éléments nécessaires à une solution, selon la Résolution 2440 du Conseil de Sécurité de l’ONU adoptée en 2018, d’enjeux régionaux et de mesures de confiance et que cette autonomie obéit aux paramètres tracés dans la résolution 2440 du Conseil de Sécurité de l’ONU.​​​

Les mises au point de Nasser Bourita concernant l’autodétermination

Ipso Facto, les options référendaire ou indépendantistes sont écartées du débat. La première journée, quant à elle, a été marquée par l’intervention de Nasser Bourita, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale et chef de la délégation marocaine, qui a longuement développé les paramètres de la solution politique prônée par le Conseil de sécurité. Une solution à la fois « politique, réaliste et pragmatique ». Si les parties présentes à la table ronde ont convenu de se retrouver pour un troisième round, probablement cet été, il semble que les Algériens et les séparatistes n’entendent pas se départir de leur référentiel dogmatique.

Le croque-mort de Manhasset à la tête de la délégation algérienne

Le Maroc, a une fois réitéré sa position officielle, à savoir qu’aucune solution à ce conflit artificielle n’est envisageable, en dehors du projet d’autonomie. Le fait que la délégation algérienne ait été conduite par Ramtane Lamamra est en fait révélateur des intentions d’Alger, à savoir faire durer en longueur ces discussions. L’homme est connu pour avoir torpillé les négociations de Manhasset en 2007 et d’être à l’origine de la démission de l’ancien médiateur onusien, le Néerlandais, Peter Van Walsum. Ramtane Lamara a d’ailleurs été raillé par les millions d’Algériens qui battent le pavé dans le hirak qui secoue le pays. Ces derniers ont mal digéré qu’il s’intéresse plus aux séparatistes qu’aux revendications des Algériens.

Des petites avancées dans un dossier épineux

Si le second round de Genève n’a pas permis de faire plusieurs avancées, il faut noter que pour la première fois, Horst Köhler utilise dans un communiqué le mot « autodétermination ». Köhler a évoqué une « solution politique, acceptable pour les deux parties, réaliste, praticable, durable, basée sur un compromis juste, durable et qui permettra à la population du Sahara de disposer de son autodétermination ». Lors d’un point de presse, Nasser Bourita a indiqué que la question de l’autodétermination est « un principe que le Maroc considère, aussi bien sur le plan juridique que des pratiques internationales en la matière, ou encore de la conviction constante du Royaume, ne signifie en aucun cas l’indépendance ou le référendum ». Il a, par ailleurs, ajouté que le Royaume « n’accepte aucune solution basée sur le référendum ni de solution dont l’une des options serait l’indépendance ».

Quand le Polisario esquive les tirs des journalistes…

Le Chef de la délégation des séparatistes, Khatri Eddouh, a estimé « qu’il ne peut y avoir de solution durable au confit du Sahara occidental sans l’accord du peuple sahraoui », « en toute liberté et sans conditions préalables ». Lors de son point de presse, Khatri Eddouh, a pourtant esquivé et éludé plusieurs questions relatives à la situation dans les camps de Tindouf où sont séquestrés des dizaines de milliers de personnes notamment celle des Droits de l’Homme. Nasser Bourita, loin de fuir certaines questions téléguidées lors de son point de presse, a affirmé au sujet du droit à l’autodétermination, que les séparatistes ont « vendu des illusions, des rêves et l’histoire a démontré que vous avez menti ». Et d’ajouter que « Le débat a offert au Maroc la possibilité de préciser que des personnes malveillantes les ont trahis en prétendant que l’autodétermination passe par un référendum. Elles les ont induits en erreur. (…) Et aucun lors de la rencontre de Genève II n’a présenté une seule preuve que l’autodétermination passe par un référendum ». En dehors de l’autonomie sous souveraineté marocaine, aucune solution n’est envisageable, a tranché le chef de la diplomatie marocaine. Et si le Maroc a réintégré la famille africaine en 2017, cela « ne signifie en aucun cas une prétendue reconnaissance de l’entité fantoche au sein des instances internationales, cela ne passe pas de cette façon ni pour le Maroc ni pour les autres Etats ».

Double jeu sur fond de renforcement de l’axe Alger-Pretoria

Au lendemain de cette table ronde, deux évènements majeurs ont eu lieu. Le premier est le voyage de Brahim Ghali, Chef du Polisario à Pretoria, en Afrique du Sud pour participer aujourd’hui à une conférence de solidarité sur la Sahara occidental organisée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Le déplacement de Brahim Ghali s’est fait via l’avion présidentielle, de type Gulfstream, qui coûte la rondelette somme de 45 millions d’euros sans les frais courants, alors que des millions d’Algériens peinent à joindre les deux bouts ou à profiter de la manne pétrolière. Cette conférence, organisée quelques jours après la rencontre de Genève, a été marquée par la présence d’une délégation algérienne conduite par le vice-Premier ministre algérien Ramtane Lamamra. Selon un communiqué rendu public le 25 mars, le Département des relations internationales et de la coopération sud-africain a affirmé que «la Conférence de solidarité de la SADC avec le Sahara occidental vise notamment à réaffirmer le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies (ONU) ».


Le second évènement est la Déclaration de Marrakech signée le 25 mars par 36 Etats africains présents à la Conférence ministérielle africaine sur le Sahara, organisée par le Maroc. Ces Etats ont réaffirmé le leadership onusien sur la résolution de la question du Sahara ainsi que le droit de la Troïka africaine, et elle seule, à exprimer la position de l’Union africaine (UA) sur ce conflit. Au regard de qui précède, l’on est forcé de se rendre à l’évidence que le Polisario, l’Algérie ainsi que certains Etats africains, qui ont préféré envoyer deux délégations pour ne déplaire à personne, jouent double jeu. Cela atteste également que l’axe Alger-Pretoria continue d’œuvrer inlassablement contre la souveraineté marocaine. Tout porte à croire que même si le régime change en Algérie, les galonnées de l’armée feront tout en leur pouvoir pour que le statu quo perdure.

Nasser Bourita appelle à la dépollution de l’Union africaine des « débats stériles, inutiles et en déphasage avec la réalité »

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Au cours de la conférence de presse conjointe tenue par le Chef de la diplomatie marocaine et le ministre rwandais des Affaires étrangères, Richard Sezibera, Nasser Bourita a saisi ce moment fortement symbolique de la tenue de la première session de la Grande commission mixte Maroc-Rwanda, pour appeler à « dépolluer l’Union africaine des débats stériles, inutiles et en déphasage avec la réalité » concernant le dossier du Sahara marocain.

Ce point de presse a été organisé l’issue de la première session de la Grande commission mixte Maroc-Rwanda, présidée par les deux ministres. Nasser Bourita a salué le rôle « constructif » joué par le Rwanda au sein de l’Union africaine (UA) pour faire prévaloir « l’esprit du réalisme » concernant le dossier du Sahara marocain. Pour sa part, Richard Sezibera a réitéré l’engagement du Rwanda à « faire ce qu’il faut » pour trouver « une solution juste et équitable » à ce conflit artificiel. Le ministre rwandais a également révélé que le Maroc et son pays oeuvrent conjointement pour faire avancer l’agenda de réforme de l’UA et coordonnent leurs actions dans le but de permettre à l’Afrique de faire entendre sa voix au niveau international, pour lancer des projets d’intégration importants et pour doter le continent d’un instrument institutionnel efficace.

Les deux pays sur la même longueur d’ondes


Le Chef de la diplomatie rwandaise a tenu à exprimer sa gratitude au roi Mohammed VI pour son appui à l’agenda des réformes de l’Union Africaine défendu par le président rwandais Paul Kagame. Réformes qui ont été initiées durant son mandat à la tête de l’UA. De son côté, Nasser Bourita a mis en exergue l’appréciation du Souverain des actions entreprises par Paul Kagame dans le cadre du processus de réforme de l’UA, pour répondre aux aspirations des États africains et pour que l’UA devienne un instrument efficace de défense des intérêts du continent au niveau régional et international. Il a de même rappelé que les deux pays travaillent ensemble sur un certain nombre de sujets en Afrique.

Rappelons qu’au terme de la première session de la Grande commission mixte Maroc-Rwanda, les deux parties ont signé 12 nouveaux accords de coopération portant sur divers domaines dont des mémorandums d’entente sur la coopération commerciale, dans le domaine de l’environnement, du développement durable, du tourisme et de la formation des jeunes diplomates ainsi qu’un protocole d’accord industriel.

Durant sa visite au royaume, le ministre rwandais des Affaires étrangères a rencontré plusieurs officiels marocains. Outre Nasser Bourita, Richard Sezibera a été reçu par le Chef de Gouvernement, Saad Eddine El Othmani, Le Président de la Chambre des Représentants, Habib El Malki, la Secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur, Rakiya Faidoul Eddarhem et le ministre de la Santé, Anass Doukkali. Le responsable rwandais a également tenu à rencontrer la communauté des étudiants de son pays au Maroc.

 

 

ZLECA : Sa ratification par Rabat n’est pas une reconnaissance de la pseudo-RASD

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«La signature par le Royaume du Maroc de l’accord établissant la Zone de libre-échange continentale africaine, le 21 mars 2018 à Kigali, ne peut en aucun cas être comprise ou interprétée comme une reconnaissance d’un fait, d’une réalité, d’une situation ou d’une entité non reconnue par le Royaume susceptible de porter atteinte à son intégrité territoriale ou à son unité nationale ». Allusion faite à la fantomatique république sahraouie qui n’existe que sur le papier. C’est par cette importante précision que le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a expliqué que la ratification de cet accord «vise à faciliter l’intégration entre les marchés africains, tout en considérant que les zones des communautés économiques régionales demeurent les piliers de l’accord établissant la ZLECAF ».

C’est acté et entériné. Le Maroc a ratifié l’accord de création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Au cours de sa réunion hebdomadaire, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de loi relatif à la ZLECA. Cet accord a été signé le 21 mars 2018 à Kigali au Rwanda. La ZLECAF a pour objectif de booster les échanges interafricains. Valeur d’aujourd’hui, seulement 16% des flux commerciaux se font entre pays du continent contre 70% pour les pays de l’Union européenne. La ZLECAF devra à terme créer une zone tripartite de libre-échange. Elle comprendra le marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la communauté de développement d’Afrique australe (SADC) d’un côté, la communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de l’autre, ainsi que l’Union du Maghreb arabe et la communauté des États sahélo-sahariens.

Signé par 44 Etats africains, la ZLECA crée un marché unique du Cap au Caire et de Djibouti à Dakar. Tous ces pays se sont engagés à éliminer les droits de douane entre eux et à améliorer l’efficacité des postes-frontières et 27 d’entre eux ont signé un second protocole pour entériner la libre circulation des personnes. Si l’accord vient à être appliqué par les signataires, il révolutionnera les échanges commerciaux en Afrique. L’Union africaine (UA) qui supervise ce processus d’intégration régionale ambitionne de créer une Communauté économique africaine à l’horizon 2028. Elle s’appuie pour ce faire sur les communautés économiques régionales (CER). Huit d’entre elles ont déjà été identifiées comme des piliers de l’intégration régionale. Tout est beau sur le papier, reste à le traduire en actes et en politiques communes. Or, c’est à ce niveau que le bât blesse en Afrique. Plusieurs groupements régionaux sont soit des doublons comme la CEN-SAD, la COMESA ou des coquilles vides comme l’UMA.

Sérieux handicaps à l’intégration panafricaine

Autrement dit, l’Afrique part avec un handicap sérieux. Il faudra d’abord travailler sur ces ensembles pour les rendre apte à passer au stade de l’intégration complète. En outre, les luttes pour le leadership au sein de ces organisations peuvent s’avérer pénalisantes. Enfin, dernière limite, l’existence de plusieurs Afriques appelle une mise à niveau de chaque organisation régionale et à une réduction de leur nombre pour éviter les doublons et les chevauchements.

Une intégration par le marché

Aujourd’hui, c’est par les mécanismes du marché que les Etats africains essaient d’atteindre l’intégration économique. La formation d’ensembles économiques plus puissants et la réduction du coût des échanges transfrontaliers sont les priorités des communautés régionales. La régionalisation est avant tout économique. Elle vise la formation, à terme, d’une union économique et monétaire. Un objectif qui reste lointain en raison des intérêts divergents des Etats. En raison de la fragilité de certains d’entre d’eux et de leur hétérogénéité, l’intégration régionale peine à fonctionner à plein régime.

Sahara : L’UA se dessaisit définitivement du dossier et laisse les coudées franches à l’ONU

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C’est une gifle cinglante que viennent d’essuyer les séparatistes de la pseudo République Sahraouie. A l’issue des travaux du 32ème Sommet de l’UA qui s’est tenu récemment à Addis-Abeba, les pays membres ont entériné la décision prise lors du sommet de Nouakchott. Ce dernier avait décidé « que la question du Sahara marocain est au niveau des Nations unies et que l’UA doit apporter son appui et son soutien à ce processus et ne doit aucunement créer un processus parallèle ou une littérature différente de celle des Nations Unies», a indiqué à la presse Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, en marge du Sommet.

Qualifiée « d’évolution importante », cette décision devrait impacter positivement les efforts de l’ONU pour mettre fin à ce conflit artificiel. Désormais, les séparatistes devront, via leurs parrains algériens, mener la bataille au sein des Nations-Unies.

L’UA entend ainsi laisser les coudées franches à l’ONU et ne pas interférer sur ce dossier. Le ministre a précisé que c’est le premier sommet dans lequel le rapport du Conseil de paix et de sécurité de l’UA ne contient aucune référence à la question du Sahara marocain. Les paragraphes du rapport du Conseil de paix et de sécurité relatifs au Sahara ont été supprimés.

Une victoire à la Pyrrhus pour la diplomatie marocaine

Pour y arriver, le Maroc a dû batailler sur le plan juridique et défendre ce point de vue lors des débats. «Le Conseiller juridique a statué que, sur la base de la décision du Sommet de Nouakchott, des documents juridiques de référence de l’UA et de l’acte constitutif de l’UA, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA ne peut d’aucune manière au niveau des ambassadeurs et des ministres, aborder, citer ou se référer à la question du Sahara marocain», a affirmé Nasser Bourita. En somme, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA se dessaisit de ce dossier et coupe la voie devant les séparatistes qui espéraient réaliser des avancées au sein de l’UA plutôt qu’au sein de l’ONU.

En adoptant cette position, a estimé Nasser Bourita, le sommet d’Addis-Abeba consacre l’alignement progressif mais réel de l’Union africaine sur les dispositions et la littérature des Nations unies sur la question du Sahara marocain. «Aujourd’hui tous les documents ont été nettoyés, ceux sur les droits de l’Homme, les réfugiés et les questions politiques», a-t-il précisé.

Relativement au thème de ce sommet qui est « Année des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées: Vers des solutions durables aux déplacements forcés en Afrique», le chef de la diplomatie marocaine a indiqué que le Maroc a mis en relief la nécessité de recenser les réfugiés là où ils se trouvent. Une manière de faire la leçon aux séparatistes qui ne cessent de crier leurs besoins en aides à tue-tête alors qu’ils refusent le recensement dans les camps de Tindouf. « C’était un débat nécessaire pour que tout ce qui se dit par rapport aux camps de Tindouf en Algérie, soit également abordé ici à Addis-Abeba», a déclaré Bourita. Voilà qui devrait donner à réfléchir aux séparatistes et à leurs sponsors, eux, qui ont fait du détournement d’aides, une spécialité maison.

Prospective : Madeleine Albright et Mohamed Benaissa au chevet de l’Afrique

Anticipant les travaux du Sommet de l’Union africaine qui se tient à Addis-Abeba dans sa 32ème session, les anciens chefs de la diplomatie marocaine et américaine, Mohamed Benaissa et Madeleine Albright, ont déroulé une véritable feuille de route en faveur de la coopération africaine et du développement dans le continent pour lesquels ils appellent à l’instauration d’une nouvelle ère. Si les responsables africains ont exprimé aujourd’hui leur volonté de voir leurs proclamations de foi sortir du carcan des simples vœux pour s’attaquer plus résolument aux causes profondes des problèmes auxquels fait face l’Afrique, notamment certaines crises persistantes et apparemment insolubles, les deux anciens ministres des Affaires étrangères du Maroc et des États-Unis, proposent, dans un document signé conjointement intitulé «Une nouvelle ère de coopération africaine», et partagé avec LE1, les outils pour mieux aborder les questions de développement et de stabilité. Madeleine Albright, présidente de l’Albright Stonebridge Group et présidente fondatrice du Forum des ministres de l’institut Aspen, a été la 64e secrétaire d’État des États-Unis. Pour sa part, Mohamed Benaïssa, qui est membre du Forum des ministres de l’institut Aspen, a été un des plus éminents ministres des Affaires étrangères du Maroc de 1999 à 2007, et ambassadeur du royaume à Washington entre 1993 et 1999.


Une nouvelle ère de coopération africaine

Par la secrétaire d’État Madeleine Albright et l’ancien ministre aux affaires étrangères Mohamed Benaïssa

« Le vent de changement soufflant sur l’Afrique n’est pas ordinaire ; c’est un ouragan déchaîné contre lequel le vieil ordre ne peut pas rester indifférent » [traduction] écrivait, en 1963, Kwame Nkrumah. Tandis que M. Nkrumah écrivait ces lignes, la France et l’Allemagne de l’Ouest mettaient, grâce au traité de l’Élysée, fin à plusieurs décennies de conflit ; au même moment, à Moscou, on signait le traité d’interdiction partielle des essais nucléaires, et les mouvements indépendantistes balayaient le continent africain. Un nouvel ordre mondial naissait des cendres de la Seconde Guerre mondiale. Au cours des 50 années suivantes, les alliances occidentales et transatlantiques se sont développées et ont dominé le monde. Nous vivons toutefois dans une nouvelle ère au cours de laquelle nous voyons ces alliances, autrefois inattaquables, être sapées et remises en question, tandis que les sombres étendards du nationalisme extrême ont été déployés de toute part de l’échiquier mondial.

La maladie de l’isolationnisme qui s’étend sur le monde offre à l’Union africaine, qui prépare son 32e sommet, l’occasion de tirer profit du pouvoir économique grandissant du continent et de devenir un modèle de stabilité institutionnelle. En cette période de mouvance du leadership international, des organisations multilatérales axées sur l’action peuvent combler cet espace. Afin d’y parvenir, l’Union africaine doit d’abord faire face à des défis nouveaux et continus ; notamment : les changements climatiques et la diminution des ressources naturelles, y compris la rareté de l’eau ; un nombre record de migrants et de réfugiés ; ainsi qu’une infrastructure économique régionale devant croître pour satisfaire une explosion démographique des jeunes.

Le vent de changement soufflant sur l’Afrique n’est pas ordinaire ; c’est un ouragan déchaîné contre lequel le vieil ordre ne peut pas rester indifférent

Lors du forum des ministres de l’Institut Aspen tenu au Maroc en décembre dernier, nous avons rassemblé d’anciens ministres des Affaires étrangères de divers pays et avons invité des experts africains afin de discuter des succès du continent, ainsi que de son immense potentiel de progrès et de développement. Le ton du rendez-vous était fondamentalement optimiste ; nous y avons vu une infinité de possibilités pour établir de solides bases d’une croissance future. Toutefois, aucun des problèmes auxquels fait face le continent africain ne peut être éliminé simplement. Les partenariats, et non pas l’isolation, sont les seules manières de promouvoir cette nouvelle ère.

Un coopération ambitieuse peut permettre de résoudre le problème de la sécurité alimentaire. Une restructuration cohésive et partagée de l’économie d’import-export africaine, associée à un investissement auprès des fermiers locaux et ruraux par l’entremise de coopératives a le potentiel de nourrir les habitants du continent et de pays à l’extérieur de ses frontières. En optimisant les réseaux commerciaux intra-africains, nous pouvons répondre en temps réel au manque de ressources exacerbé par les changements climatiques en offrant de la nourriture à ceux qui en ont le plus besoin. En établissant des partenariats à l’extérieur du continent, les États membres peuvent exporter leurs stocks de denrées excédentaires.

La toute nouvelle Université Mohammed VI Polytechnique, par exemple, offre un modèle prometteur démontrant comment la coopération domestique et régionale peut créer des établissements d’enseignement sur le continent.

De même, la coopération est essentielle pour répondre à l’afflux de réfugiés, de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et de migrants. Lors du forum des ministres, nous avons convenu que le système de financement international en place visant à venir en aide aux réfugiés est imparfait et doit être examiné. Celui-ci compte sur les dons volontaires et échoue systématiquement dans la génération de ressources adéquates pour loger, éduquer et fournir aux réfugiés des ressources de base. La communauté internationale, y compris l’Union africaine, devrait établir des partenariats afin de développer de nouveaux mécanismes de financement tout en implantant un système de partage de responsabilités entre les nations ayant le plus de ressources pour qu’elles viennent en aide à celles qui, par proximité, accueillent la majorité des réfugiés.

Finalement, une croissance économique forte est essentielle pour créer des emplois qu’occupera la prochaine génération. Puisqu’une main-d’œuvre instruite fait se développer l’économie, l’Union africaine peut tenter d’étendre la formation professionnelle en s’associant à des infrastructures éducatives partout sur le continent. Finalement, afin de créer une source d’investissements durable pour le développement en Afrique, nous devons revigorer les partenariats public-privé ; entre autres exemples d’initiatives réussies, nous trouvons la Mozambique Malaria Performance Bond et le Power Africa Project.

La civilisation du XXIe siècle est mondiale. Le manteau de la coopération doit parer l’Afrique. Une Afrique unie modèlera le destin du monde

Le Maroc, où nous nous sommes rencontrés en décembre, sert d’exemple de partenariats holistiques et engagés nécessaires en Afrique pour que le pays soit en mesure de faire face aux défis alimentaires, économiques et liés aux réfugiés. La toute nouvelle Université Mohammed VI Polytechnique, par exemple, offre un modèle prometteur démontrant comment la coopération domestique et régionale peut créer des établissements d’enseignement sur le continent.

Notre expérience, à titre de ministres des Affaires étrangères, nous a démontré que la coopération édifie des nations, tandis que l’isolationnisme les déchire. C’est pour cette raison que nous croyons que de par des alliances solides, sur le continent et à l’étranger, l’Union africaine a la possibilité de mener et de renforcer l’Afrique alors que le continent revendique un rôle accru sur l’échiquier mondial. Monsieur Léopold Senghor, le premier président du Sénégal, a fait remarquer que « la civilisation du XXe siècle est universelle. Personne ne peut progresser sans l’autre. » [traduction] Pour paraphraser M. Senghor, la civilisation du XXIe siècle est mondiale. Le manteau de la coopération doit parer l’Afrique. Une Afrique unie modèlera le destin du monde.

Madame Madeleine K. Albright a été la 64e secrétaire d’État des États-Unis. Elle est la présidente de l’Albright Stonebridge Group et la présidente fondatrice du Forum des ministres de l’institut Aspen.
Monsieur Mohamed Benaïssa a été le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Maroc de 1999 à 2007 et est membre du Forum des ministres de l’institut Aspen.

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