L’Algérie réagit enfin au retour d’Israël à l’Union Africaine

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Trois jours après l’annonce inattendue du retour d’Israël à l’Union Africaine en tant que membre observateur, l’Algérie réagit enfin, par le biais d’un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, qualifiant le nouveau membre «d’entité sioniste» dont les valeurs sont incompatibles avec celles consacrées dans l’Acte Constitutif de l’Union Africaine. «Cette décision qui relève certes des prérogatives administratives du président de l’Union, a été prise sans le bénéfice de larges consultations préalables avec tous les Etats membres» fustige le communiqué.

La réaction hostile de l’Algérie à l’admission d’Israël en tant que membre de l’Union Africaine était attendue par l’ensemble des observateurs y compris par le gouvernement de l’Etat hébreu.

Alger a attendu la réaction du Hamas qui a qualifié samedi de «choquante et honteuse» la décision d’accorder à Israël un statut d’observateur officiel auprès de l’Union africaine (UA), pour annoncer sa position officielle sur le sujet.

Dans un communiqué publié ce dimanche dans une dépêche de l’agence de presse officielle APS, la diplomatie algérienne a choisi de ne pas s’engager dans une stratégie de rupture avec le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, ni avec Israël. Toutefois, Alger a notifié son mécontentement de ne pas avoir été consultée dans le processus de prise de décision et a utilisé une sémantique anti-israélienne, tout en rappelant que les membres observateurs n’avaient aucune influence sur les décisions souveraines des Etats membres de l’UA.

«La récente décision du Président de la Commission de l’Union Africaine, d’accueillir un nouvel observateur qui relève de ses prérogatives administratives n’est pas de nature à altérer le soutien constant et actif de l’organisation continentale à la juste cause palestinienne et son engagement envers la réalisation des droits nationaux inaliénables du peuple palestinien, y compris son droit à l’établissement de son Etat indépendant avec Al-Qods pour capitale», indique le communiqué signé par le nouveau chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra.

«Prise sans le bénéfice de larges consultations préalables avec tous les Etats membres, cette décision n’a ni la vocation, ni la capacité de légitimer des pratiques et comportements dudit nouvel observateur qui sont totalement incompatibles avec les valeurs, principes et objectifs consacrés dans l’Acte Constitutif de l’Union Africaine», fustige le ministère.

Le communiqué laisse transparaitre l’agacement de l’Algérie du traitement médiatique réservé à cet évènement considéré par Israël et ses alliés comme un exploit historique. D’ailleurs, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a tenu à féliciter samedi, l’Union africaine d’avoir accueilli le retour d’Israël dans l’organisation en tant qu’observateur après une vingtaine d’années d’absence.

«Nous félicitons l’UA pour son leadership dans la construction de ponts et la création de nouvelles voies d’échange, et nous nous félicitons du retour d’Israël à l’Union africaine en tant qu’observateur dans le cadre de notre soutien à une normalisation plus large», a écrit M. Blinken sur Twitter.

Il est fort probable que la sortie du secrétaire d’Etats américain a obligé le palais d’El Mouradia, de mettre de l’eau dans son vin et de modérer ses propos face à cet échec cuisant de son influence au sein de l’organisation africaine.

Une frustration exprimée par ces mots dans le communiqué publié ce dimanche : «l’agitation médiatique, autour de ce qui relève davantage du “non-évènement” que d’une percée à potentiel stratégique, ne saurait porter préjudice aux exigences fondamentales d’une paix juste et durable au Moyen-Orient telles que consacrées par l’Afrique et toute la communauté internationale et telles que formulées dans l’Initiative Arabe de Paix adoptée par le Sommet Arabe tenu en 2002 à Beyrouth et à laquelle l’Union Africaine a apporté son plein soutien».

Enfin, l’Algérie s’est donnée une nouvelle mission au sein de l’Union Africain, vu les ruptures durables qu’a apporté le retour du Maroc à l’organisation: un hub entre l’Afrique et le monde Arabe. Un positionnement par défaut d’un pays au bord de la faillite qui s’enfonce depuis plusieurs années dans le gouffre d’une crise institutionnelle sans fin.

«L’Algérie qui a initié et promu le processus de développement et d’élargissement du partenariat stratégique entre l’Afrique et le monde arabe continuera d’œuvrer en faveur du renforcement continu de la solidarité entre les deux ensembles au bénéfice de tous leurs peuples», conclut le communiqué de Lamamra.

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