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Officiel : Mohammed ben Zayed Al Nahyane élu nouveau président des EAU

Le Conseil suprême des Émirats arabes unis a élu samedi Mohammed ben Zayed Al Nahyan, l’émir d’Abu Dhabi, président des Émirats Arabes Unis.

WAM

Le Conseil suprême des Émirats arabes s’est réuni aujourd’hui au palais Al Mushrif à Abu Dhabi, sous la présidence du Sheikh Mohammed ben Rachid Al Maktoum, vice-président et premier ministre des EAU et gouverneur de Dubaï, et a élu Mohammed ben Zayed Al Nahyan nouveau président des E.A.U succédant à son père décédé ce vendredi 13 mai.

Ont assisté à la réunion Mohamed ben Zayed, Sultan ben Muhammad Al Qasimi, membre du Conseil suprême et dirigeant de Sharjah, Sheikh Humaid bin Rashid Al Nuaimi, membre du Conseil suprême et dirigeant d’Ajman, Sheikh Hamad bin Muhammad Al Sharqi, membre du Conseil suprême et gouverneur de Fujairah, Sheikh Saud bin Rashid Al Mualla, membre du Conseil suprême et gouverneur d’Umm Al Quwain, et Sheikh Saud bin Saqr Al Qasimi, membre du Conseil suprême et gouverneur de Ras Al Khaimah.

«Le Conseil a exprimé sa pleine confiance dans le fait que le peuple des EAU restera, comme le souhaitaient Zayed et les fondateurs, un gardien fidèle de l’Union et de ses acquis à tous les niveaux» indique le communiqué officiel.

Après cette annonce, Mohammed ben Rachid Al Maktoumet et son fils, prince héritier de Dubaï, Hamdan ben Mohammed ben Rashid Al Maktoum, ont tenu à féliciter MBZ.

«Mon frère, Mohammed ben Zayed Al Nahyan, nous l’avons connu en tant que leader, et nous lui avons prêté allégeance en tant que président.» a écrit Al Maktoum sur son compte Twitter.

Flambée des prix du pétrole : Biden dos au mur, MBS et MBZ font la sourde oreille

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CNN a levé le voile ce vendredi, sur d’intenses et très discrètes manoeuvres diplomatiques d’une task force de l’administration Biden visant à contourner les relations exécrables entre le président américain et les princes héritiers, d’Arabie Saoudite et des E.A.U, dans le but de contenir la flambée des prix du pétrole suite à la guerre en Ukraine. Étant donné que les hydrocarbures représentent le talent d’Achille de l’alliance anti-russe, Joe Biden s’est retrouvé dos au mur quand Mohammed Ben Salmane a refusé de lui parler tout en se gardant d’influer sur l’OPEP pour augmenter la production mondiale. Au point que le locataire de la Maison Blanche s’est mis dans la tête de réhabiliter le régime de Maduro au Venezuela pour augmenter l’offre mondiale en énergie. Comme le président démocrate n’a pas encore montré de volonté à traiter «convenablement» MBS et MBZ, il n’est pas sur qu’il puisse compter sur leur soutien face à sa guerre personnelle en Ukraine.

CNN a publié un rapport ce vendredi où il est expliqué comment l’administration Biden s’intéresse discrètement aux relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour compenser la flambée des prix du pétrole.

Joe Biden a annoncé dés les premiers jours de sa nomination qu’il ne reconnaissait en Arabie saoudite que le roi Salmane. Assumant tout le MBS bashing des démocrates au sujet de l’affaire Khashoggi entre autres. Idem pour MBZ, dirigeant de facto des E.A.U, Biden le considère comme l’allié de Donald Trump. Il a d’ailleurs tout fait pour le mettre sur la touche au profit de son ennemi juré, Tamim Ben Hamad, l’émir du Qatar.

Mais l’évolution de la guerre en Ukraine a replacé ces deux pays au centre de l’échiquier mondial. Bien que les sanctions visant les hydrocarbures aient été délibérément écartées par Biden dans le but de protéger ses alliés occidentaux, en particulier ceux de l’Union européenne, contre les chocs déstabilisants des prix, les sanctions financières et logistiques ont ébranlé un marché où la Russie en est le deuxième exportateur mondial.

«Les producteurs russes, dans le sillage des sanctions, ont eu du mal à conclure de nouvelles commandes de pétrole, les acheteurs se rebiffent en raison de leur méfiance quant à l’étendue et à la portée des sanctions visant la banque centrale du pays et ses principales institutions financières» écrit CNN.

L’appel de Poutine à MBS vs l’appel de Biden au roi Salmane

Parmi les révélations de CNN, le refus de Mohammed ben Salmane de parler à Joe Biden. Le prince héritier a dit à la Maison Blanche : « Comment votre président ne reconnait que le roi Salmane, alors il n’a qu’à parler à mon père ». 

«Lorsque les responsables américains ont finalement abordé la possibilité d’un appel entre Biden et MBS fin janvier, les responsables saoudiens ont proposé à la place de mettre Biden au téléphone avec son père de 86 ans, le roi Salman, le dirigeant officiel du royaume – et la personne que Biden avait identifiée au début de sa première année comme son homologue direct» affirme CNN.

«Ce serait leur première conversation en 12 mois», souligne la même source.

Toujours, selon la chaine américaine, MBS, qui devait se rendre à Pékin pour les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, a annulé son voyage pour pouvoir assister à l’appel téléphonique entre son père et Biden.

«Bien qu’il ne soit pas clair s’il était dans la pièce, MBS a écouté l’appel, mais n’a pas parlé» souligne CNN.

Le ministère chinois des affaires étrangères avait justifié l’absence du prince héritier saoudien à la cérémonie d’ouverture des JO  par des «raisons de calendrier».

CNN, citant les responsables de ces négociations, considère que cette prise de contact avec le roi Salmane a ouvert une fenêtre «sur une relation qui, tout en restant complexe, a montré des signes de stabilisation à un moment critique». 

Selon un responsable américain, la conversation du 9 février a porté sur la nécessité de garantir la stabilité de l’approvisionnement mondial en pétrole et a déclenché un voyage en Arabie saoudite de deux hauts responsables de Biden.

Trois jours plus tard, Brett McGurk et Amos Hochstein, les principaux émissaires de Biden pour la sécurité nationale et l’énergie dans la région, se sont rendus à Riyad, la capitale saoudienne, pour une réunion en tête-à-tête de plusieurs heures avec MBS et de hauts responsables saoudiens, dont le frère de MBS, le prince Abdel Aziz ben Salman, ministre de l’énergie du royaume.

«Nous n’avons pas demandé explicitement l’augmentation de la production du pétrole lors de cette réunion» ont précisé les deux responsables.

Contrairement à l’optimisme de ces négociateurs, d’autres responsables américains reconnaissent que les relations sont loin d’être aussi solides qu’elles l’étaient autrefois et qu’elles nécessiteront une attention plus soutenue de la part de l’administration Biden, écrit CNN.

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec MBS et le cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan des Émirats arabes unis.

Poutine a clairement indiqué qu’il ne serait pas favorable à une augmentation de la production, qui se ferait en grande partie aux dépens de son pays.

Les membres de l’OPEP+ ont choisi de s’en tenir au calendrier d’approvisionnement convenu lors de leur réunion du 2 mars, une décision qui n’a pas surpris les responsables américains à l’époque.

Pourtant, les retombées économiques qui ont suivi ont entraîné une rupture d’approvisionnement tangible. Les entreprises mondiales du secteur de l’énergie ayant boudé la Russie, même si sa production de pétrole s’est maintenue, une grande partie de ces barils russes n’a pas été commercialisée.

L’administration Biden sous pression

Au début de la semaine, les États-Unis ont pris l’initiative d’interdire les importations de pétrole russe aux États-Unis, ce qui ne représente qu’une petite partie des exportations totales de la Russie, mais constitue une autre mesure qui a jeté un froid sur le marché et contribué à faire monter les prix.

Il s’agit d’une réalité douloureuse qui a mis en lumière des mois d’efforts discrets, mais urgents, des responsables américains pour obtenir une augmentation de la production d’énergie de la part de l’industrie et des pays du monde entier.

Dirigée par Hochstein, l’envoyé du département d’État pour l’énergie, et McGurk, cette action a consisté en des contacts au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique du Nord, ainsi qu’en des discussions intensives avec les producteurs américains.

Au fur et à mesure que la hausse des prix se poursuivait, la nature discrète de ces efforts a fait place à une communication publique directe.

«Nous voulons davantage d’approvisionnement en pétrole dans le monde», a déclaré Daleep Singh, conseiller adjoint de Joe Biden pour la sécurité nationale, chargé de l’économie internationale.

«Nous voulons que cela vienne des producteurs qui ont des capacités de constituer des réserves». Singh a explicitement noté que l’Arabie saoudite était l’un de ces producteurs.

Par ailleurs, des responsables de Biden ont eu, ce mois ci, des entretiens diplomatiques au Venezuela, pays riche en pétrole, bien que l’administration ait depuis minimisé l’idée d’une augmentation de la production de ce pays lourdement sanctionné.

De plus, l’éventualité d’un accord nucléaire imminent avec l’Iran pourrait éventuellement relancer une vague de pétrole iranien sanctionné sur le marché, mais cela n’est pas considéré comme une solution à court terme par la Maison Blanche.

En réalité, la majeure partie de la capacité pétrolière de réserve envisagée par les responsables américains de l’énergie provient du Moyen-Orient. Les responsables et les acteurs du marché estiment que le moyen le plus rapide de mettre le plus de pétrole sur le marché est d’augmenter la production de l’Arabie saoudite en particulier.

Pour cela, les responsables américains sont conscients qu’ils doivent s’attaquer aux relations très tendues entre le président Joe Biden et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, le dirigeant de facto du royaume. Depuis les premiers jours de l’administration Biden, les Saoudiens se sont sentis personnellement lésés par ce qu’ils disent avoir été la décision du président de calibrer toute la relation autour du meurtre en 2018 du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi.

«Il est difficile d’arriver à une bon résultat sans traiter avec MBS», a expliqué un responsable américain à CNN. «Il n’y a pas d’autre moyen de le faire».

Test de résistance de MBZ

«Les Émirats arabes unis font partie de ces producteurs qui disposent de capacités pétrolières inutilisées. Mais c’est aussi un allié traditionnel qui entretient des relations de plus en plus tendues avec les États-Unis depuis l’entrée en fonction de Biden» affirme CNN.

Le pays s’est senti particulièrement lésé par les États-Unis lorsqu’il n’a pas bénéficié d’un soutien massif après l’attaque meurtrière par drone perpétrée en janvier aux Émirats arabes unis par les Houthis soutenus par l’Iran, a expliqué un responsable américain.

Ils craignent également qu’un éventuel nouvel accord sur le nucléaire iranien soit trop faible renforçant la nuisibilité du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Quand Biden a envoyé ses principaux collaborateurs en Arabie saoudite, son coordinateur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au Conseil de sécurité nationale a fait une halte aux Émirats arabes unis. McGurk a mis l’accent sur le Yémen, notamment en soulignant le soutien des États-Unis à la défense territoriale du pays contre les attaques de missiles et de drones menées par l’Iran, indique CNN.

Il est à rappeler que les Émirats arabes unis se sont abstenus lors de l’adoption d’une résolution par les États-Unis visant à condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies, en grande partie en raison de la frustration suscitée par le Yémen.

L’ambassadeur émirati à Washington Yousef Al Otaiba s’est plaint de la dynamique instable dans les déclarations publiques de la Maison Blanche, notant que la relation entre son pays et l’administration Biden «connait des jours où la relation est très saine et des jours où la relation est remise en question».

«Aujourd’hui, nous traversons un test de résistance, mais je suis convaincu que nous nous en sortirons et que nous arriverons à un meilleur endroit», a-t-il ajouté.

Les déclarations du diplomate sur le volonté des E.A.U d’augmenter la production du pétrole, nuancées dans la foulée par son ministre de l’énergie ont eu un effet de yoyo sur les marchés.

«Les Émirats arabes unis sont attachés à l’accord OPEP+ et à son mécanisme d’ajustement mensuel de la production», a déclaré Suhail Al Mazrouei sur Twitter dans ce qui semble être un effort pour rassurer les autres membres.

La prochaine réunion de l’OPEP+ est prévue pour le 31 mars.

Ukraine, Sahara et Droits de l’homme : Wendy Sherman la «Renarde Argentée» confronte Nasser Bourita le «Lion de l’Atlas»

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Wendy Sherman, alias «Silver Fox» (la renarde argentée), l’une des diplomates les plus puissantes du monde a rencontré ce mardi à Rabat le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. Notre «Lion de l’Atlas» le bien nommé, savait que l’administration Biden a envoyé son négociateur le plus expérimenté pour démêler la position de neutralité assumée de Rabat au sujet de la crise en Ukraine. La «confrontation» s’est couronnée par un communiqué conjoint davantage favorable au Maroc. Sherman a imposé la question des droits de l’homme en haut du pavé et Bourita a arraché pour sa part, le rappel de la déclaration tripartite incluant Israël, signée le 22 décembre 2020. Le «Lion de l’Atlas» arrive même à reléguer la question ukrainienne à la toute dernière place, bien après celle du Sahel et de la Libye.

Wendy Sherman, 72 ans, est la deuxième diplomate d’importance des États-Unis. Son voyage au Maroc est considéré comme la visite officielle du plus haut niveau effectuée par un responsable américain à Rabat depuis plusieurs mois.

Connue à Washington pour ses manières acerbes, Mme. Sherman a traité à plusieurs reprises des sujets des plus difficiles. La diplomate a habilement géré des situations de crise pendant trois décennies. Elle a conclu des accords avec la Corée du Nord pendant l’ère Bill Clinton, et a dirigé les négociations nucléaires avec l’Iran sous la présidence de Barack Obama en 2011.

Surnommée la «Silver Fox» – Renarde Argentée-, en raison de sa chevelure grise acier et de sa capacité à arracher des concessions, Wendy Sherman a contribué à la conclusion d’un accord nucléaire historique en 2015 entre Téhéran et les États membres du P5 + 1, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne.

Et c’est elle que Joe Biden a chargé en janvier 2022 pour négocier avec les Russes dans l’objectif de dissuader Poutine de ne pas envahir l’Ukraine.

La «Renarde Argentée» : le Joker de la diplomatie américaine

Le surnom de Wendy Sherman lui vient des Iraniens avec qui elle a passé de longues heures de négociations. Ils ont commencé à l’appeler «la Renarde» en raison de son approche malicieuse durant les pourparlers.

Son teint pâle, ses cheveux gris acier coupés en brosse et son allure toujours soignée en dépit de la nature exténuante des négociations, ont fini par convaincre ses collègues du département d’État américain d’adopter le surnom des iraniens auquel ils ont ajouté «Argentée». Ils étaient tellement fascinée par elle qu’ils ont commencé à porter durant les réunions de négociation des tee-shirts sur lesquels était marqué le qualificatif : «Silver Fox».

«Ses collègues l’observent avec admiration, et parfois avec un peu de crainte, lorsqu’elle s’engage dans les discussions internationales», écrit la BBC.

«Elle est rapide et très intense », affirme l’ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie, James Jeffrey.

La carrière de diplomate de Wendy Sherman n’était pas par choix. Au tout début de sa carrière professionnelle, elle a été militante, travaillant comme assistante sociale à Baltimore, oeuvrant à rendre les logements abordables aux moins aisés.

Quelques années plus tard, la secrétaire d’État Hilary Clinton, avec l’accord du président Barack Obama, l’a nomme sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste.

Ce parcours, combiné à sa forte implication dans le processus de négociation de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, a fait d’elle l’objet d’une forte suspicion de la part des républicains. Toutefois, son expérience et son sang-froid les ont suffisamment convaincu pour qu’elle soit confirmée par le Sénat au poste de secrétaire d’État adjointe, par 56 voix contre 42.

La «Silver Fox» face au «Lion de l’Atlas» : un combat sérré

Nasser Bourita peut désormais se targuer d’avoir eu affaire dans sa carrière de diplomate et dans un contexte de guerre mondiale à une légende : Wendy Sherman, la négociatrice américaine inflexible et sans état d’âme.

Le Chef de la diplomatie marocaine savait à quoi s’attendre mais contrairement aux apparences, il était loin d’être dans une position de faiblesse.

En effet, L’invasion de l’Ukraine par la Russie a apporté une certaine clarté aux réalignements régionaux et aux partenariats stratégiques en Afrique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.

La crise a en effet révélé au grand jour, l’évolution intéressante des relations entre les États-Unis, d’une part, et le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël d’autre part.

«Après quatorze jours d’affrontements militaires en Ukraine, une chose est devenue claire : les partenaires de Washington en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont de plus en plus confiants dans leur volonté d’adopter une ligne de conduite indépendante, sans lien avec Washington – et sans doute en la défiant – et en coordination les uns avec les autres» affirme le politologue Thanassis Cambanis.

Cette divergence s’est manifestée surtout par le refus des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole Plus, OPEP+, d’augmenter rapidement leur production de pétrole dans un contexte de hausse des prix des carburants, malgré la pression exercée par l’administration sur l’Arabie saoudite. Ce grand pays arabe, premier producteur de pétrole dans le monde va faire encore mieux. Son dirigeant de facto Mohammed ben Salmane ira jusqu’à explicitement menacer de réduire les investissements de son pays aux États-unis au profit de la Chine.

Depuis son élection, Joe Biden a tout fait pour mettre sur la touche les princes héritiers MBS et MBZ. En contrepartie il n’a cessé de valoriser l’émir du Qatar en lui confiant la gestion du dossier des Talibans puis en le consacrant du statut d’«Allié majeur de l’OTAN». Le président américain l’a aussi désigné comme «backup» officiel de l’approvisionnement du gaz pour l’Europe en cas de guerre en Ukraine.

La même divergence s’est également manifestée par un double refus d’Israël de demandes persistantes de la Maison Blanche. Le premier refus a concerné le soutien du projet de résolution américain contre la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le second est le refus catégorique de Tel Aviv de l’envoi des batteries du système de défense «Dôme de Fer» en Ukraine. Une décision justifiée par la crainte que ce transfert ne nuise aux relations d’Israël avec la Russie.

Il est à rappeler que les Russes d’Israël forment la plus grande communauté juive du pays, soit plus de 25% de la population.

Le Pakistan a brillé davantage dans sa défiance à Joe Biden avec la visite officielle qu’a entrepris au Kremlin son premier ministre Imran Khan, le jour même de l’invasion de l’Ukraine. Khan a rencontré simultanément, Vladimir Poutine et le leader tchétchène Ramzan Kadyrov.

Enfin, plusieurs États de la région y compris le Maroc se sont abstenus de voter la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant l’invasion russe, au grand dam de la Maison Blanche.

En parallèle de cette résistance contre le diktat américain, l’Arabie saoudite a voté en faveur de la résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe, tandis qu’Israël s’est impliqué fortement dans un rôle de médiation entre l’Ukraine et la Russie. Au point que le très pratiquant Naftali Bennett a dû transgresser Shabbat pour s’envoler secrètement à Moscou, où il a passé trois heures avec Poutine, sans prendre l’avis des États-unis.

Ces démarches d’apparence incohérentes, soulignent le fait que les gouvernements du Moyen-Orient ne se considèrent plus comme des partenaires subalternes des États-Unis et ne se sentent plus obligés, comme ils l’ont peut-être fait par le passé, de suivre les directives de Washington dans une crise majeure de sécurité internationale.

L’indépendance d’Israël en matière de politique étrangère devenait palpable durant les dernières années de Benjamin Netanyahu. Par contre, la position du Maroc et certains membres du CCG par rapport à la guerre en Ukraine est un fait tout à fait nouveau. Cela suggère l’émergence d’un nouveau niveau de confiance et d’autonomie par rapport aux États-Unis, en dépit du fait que Washington reste la garante de la sécurité de la région.

La posture de ces pays est d’ailleurs compréhensible, compte tenu de la décision des administrations américaines, depuis Obama de se retirer du Moyen-Orient. Du coup, le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël ont intérêt à maintenir de bonnes relations diplomatiques, économiques et militaires avec la Russie.

Rabat, à l’image de ses alliés dans la région ne cherche par à abandonner complètement les liens avec Washington, mais plutôt de les équilibrer en nouant des relations solides avec d’autres puissances qui exercent une influence considérable sur les questions économiques et de sécurité régionales, comme la Russie, mais aussi la Chine. Deux pays qui ont d’ailleurs massivement investi en présence économique et militaire en Afrique subsaharienne, prolongement naturel du Royaume.

A la lumière de ces éléments, on cerne mieux les raisons qui ont poussé l’administration américaine, qui refuse de nommer un ambassadeur au Maroc depuis le départ de Dwight Bush en 2017, à dépêcher une diplomate de la trempe de Wendy Sherman.

Trois communiqués, trois nuances !

Si le cadre officiel de la rencontre entre notre «Lion de l’Atlas» et la «Renarde Argentée» est le «Dialogue stratégique Maroc-USA», la déclaration du porte-parole du département d’Etat américain Ned Price nous fait prendre conscience que la machine diplomatique américaine n’a qu’une seule urgence en ce moment : «l’Ukraine».

Dans son point de presse qui a suivi la rencontre entre les diplomates des deux pays, Ned Price a hiérarchisé les points discutés entre les deux parties en fonction des priorités de son ministère :

  1. Les moyens de renforcer davantage les relations bilatérales de longue date entre les États-Unis et le Maroc, y compris les intérêts communs en matière de paix, de sécurité et de prospérité régionales;
  2. Les développements internationaux, y compris «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» de Poutine contre l’Ukraine;
  3. Le ferme soutien des deux parties à l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, qui cherche à redynamiser le processus politique pour le «Sahara occidental», dirigé par les Nations Unies;
  4. Le plan d’autonomie du Maroc est considéré comme sérieux, crédible et réaliste, et comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du «peuple du Sahara occidental»;
  5. L’importance de la protection des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, en s’appuyant sur le dialogue productif entre les États-Unis et le Maroc sur les droits de l’homme de septembre 2021.

Notons que sur le communiqué conjoint approuvé par Bourita et Sherman, «la guerre en Ukraine» n’était cité qu’en fin du document et le qualificatif «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» n’y figurait pas du tout.

De plus, l’appellation «Sahara Occidentale» que Price a répété deux fois, elle n’a été cité qu’une seule fois dans la version en anglais du communiqué, publié aussi bien sur le site du département d’Etat américain que celui du ministère des affaires étrangères marocain.

Sur les versions française et arabe du communiqué, l’appellation «Sahara Occidentale» y est absente et la précision «consacrant la reconnaissance américaine de la pleine souveraineté du Royaume sur son Sahara» a été ajoutée dans le paragraphe réservé au rappel de l’accord tripartite avec Israël.

Opération de charme de la «Silver Fox»

Faisant honneur à sa réputation de consacrer une attention méticuleuse aux détails, la «Silver Fox» a bien préparé son voyage au Maroc. Son arrivée, coïncidant avec la journée internationale de la femme, elle charge l’ambassade au Maroc de lui trouver une occasion de prise de parole sur le sujet.

David Green, Chargé d’Affaires à la mission diplomatique, sponsorise un évènement de l’Association des Femmes chefs d’Entreprises du Maroc, AFEM, célébrant la journée du 8 mars. Mme Sherman en sera l’invitée d’honneur.

Arrivée à la conférence au Hyatt Regency vers 17h30, Wendy Ruth Sherman a été accueillie par la Ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille Awatif Hayar, puis s’est fondue dans la masse des invités en toute simplicité et sans un dispositif protocolaire lourd.

Assise entre David Green et de Leila Doukali, présidente de l’AFEM, M. Sherman a patiemment écouté le discours «plat» de Mme Hayar avant de monter sur scène.

Après avoir constaté l’absence de la première maire femme de la ville de Casablanca, Nabila Rmili (occupée au Lycée français Lyautey), la «Silver Fox» entame son allocution par l’inévitable sujet :«l’Ukraine». Les éléments de langage sont verrouillés et pour le storytelling elle n’avait qu’à répéter celui d’Antony Blinken prononcé le jour même en Estonie.

«Je veux me faire l’écho de ce que le secrétaire d’État Tony Blinken a dit plus tôt dans la journée en Estonie, à savoir qu’en cette Journée internationale de la femme, j’ai pour ma part, et je suis sûr que vous tous, une pensée pour les femmes d’Ukraine», a-t-elle dit.

Plus de 1,7 million d’Ukrainiens, poursuit-elle, principalement des femmes et des enfants, ont fui la guerre que Vladimir Poutine a déclenchée dans leur pays, laissant souvent leurs maris derrière eux pour combattre.

Puis elle enfonce le clou : «Les femmes ukrainiennes accouchent dans des stations de métro transformées en abris anti-bombes. Elles s’occupent d’enfants atteints de cancer dans les sous-sols d’hôpitaux pour se protéger des missiles. Elles prennent les armes aux côtés des hommes ukrainiens pour lutter pour leur démocratie et défendre leur patrie. Les femmes d’Ukraine, comme vous toutes, incarnent la force, la résilience et le courage intrépide des femmes du monde entier – et nos cœurs sont avec elles aujourd’hui et chaque jour».

Maniant le bâton et la carotte, Wendy Sherman ne va pas se montrer tendre avec la situation de la femme marocaine dans la vie active, avant de proposer l’aide de son pays.

«(…) Cependant, malgré ces progrès (la Moudawana, constitution 2011, législation contre la violence envers la femme, ndlr), le pourcentage de femmes marocaines dans la population active reste assez faible, l’un des plus bas au monde – et il est en fait plus bas qu’il y a vingt ans» a-t-elle souligné.

La responsable américaine s’appuiera sur les recommandations du NMD pour annoncer l’engagement de son pays à accompagner le Maroc dans ses objectifs d’autonomisation des femmes.

«Le Nouveau modèle de développement du Maroc – une priorité du roi Mohammed VI – a placé l’augmentation de la participation des femmes à l’économie au premier plan de la stratégie de croissance économique du Maroc. Les États-Unis veulent aider le Maroc à atteindre son objectif de porter la participation des femmes à la main-d’œuvre à 45 % en 2035, contre 22 % aujourd’hui. Nous sommes fiers d’être un partenaire du Maroc et des femmes marocaines en faisant progresser les opportunités économiques des femmes et en soutenant les femmes entrepreneurs, notamment par le biais du programme POWER du Département d’Etat». a-t-elle déclaré.

Un proche de Wendy Ruth Sherman l’a décrite sur les colonnes du Time, comme suit : «La rationalité règne dans le monde de Wendy Sherman. La secrétaire d’État adjointe examine le terrain et les acteurs, pèse le bâton et la carotte, les compromis et les conséquences, puis fait le meilleur choix dans son propre intérêt. Le sentimentalisme et la nostalgie ne sont pas pour elle».

Chine : Biden boycotte les JO 2022, MBZ, MBS et TBH s’y rendent personnellement

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Malgré l’appel au boycott diplomatique de Joe Biden des JO 2022 de Pékin, les dirigeants des trois pays les plus riches du Moyen-Orient se sont envolés ce vendredi, afin d’assister à la cérémonie d’ouverture de ces jeux d’hiver. C’est le signe révélateur du malaise diplomatique entre l’administration Biden et les pays du Golfe. C’est également la manifestation de l’interdépendance des économies de ces pays avec celle de la Chine.

Les Etats-Unis ont appelé le 6 décembre dernier au boycott diplomatique envers la Chine pour les Jeux d’hiver 2022. Neuf pays ont suivi le mouvement et ont annoncé qu’aucun membre de leur gouvernement ne se rendrait à Pékin. Il s’agit du Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Lituanie, le Japon, le Danemark et les Pays-Bas.

La Maison Blanche avait justifié ce choix en raison du « génocide et des crimes contre l’humanité en cours à Xinjiang ». Une cause partagé par l’alliance anglo-saxonne composée du Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande.

Tokyo explique sa décision par le fait « qu’il est important que les valeurs communes partagées par la communauté internationale, telles que la liberté, les droits de l’Homme et l’État de droit, soient également respectées en Chine». Copenhague dénonce pour sa part la situation des droits humains dans le pays. Quand à Amsterdam, elle évoque la situation épidémiologique.

Tibet, Ouïghours, Mongolie, Hongkong et Taïwan, les griefs de Washington

En réaction à l’annonce des pays sus-cités du boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin a menacé qu’ils «en paieraient le prix». Il a accusé les États-Unis d’utiliser les JO 2022 à des fins de manipulation politique et a promis de prendre des «contre-mesures résolues».

«Le recours des Etats-Unis, de l’Australie, du Royaume-Uni et du Canada à la scène des Jeux olympiques à des fins de manipulation politique est impopulaire et revient à s’isoler soi-même. Ils paieront inévitablement le prix de ce mauvais coup», a promis Wang.

«Le sport n’a rien à voir avec la politique. Les Jeux olympiques sont un grand rassemblement d’athlètes et d’amoureux des sports, pas une scène pour que les politiciens se donnent en spectacle», a-t-il ajouté. 

Il est à noter qu’une coalition des groupes de défense des droits des Tibétains, des Ouïghours, des Mongols du Sud, des Hongkongais et des Taïwanais s’est constituée pour composer une campagne digitale anti-JO : #NoBeijing2022.

Emmanuel Macron a voulu impliquer l’Europe mais a échoué

Le président français Emmanuel Macron avait tenté dès les premiers jours de l’appel au boycott de Biden de se cacher derrière l’Europe. « Avec les partenaires européens et en lien avec le Comité international olympique (CIO),  on verra la décision qu’il convient de prendre dans les prochaines semaines », a-t-il dit lors de sa conférence de presse consacrée à la présidence française de l’UE. «Je pense qu’il ne faut pas politiser ce sujet surtout si c’est pour prendre des mesures toutes petites et symboliques » a-t-il souligné.

Et comme l’Union n’est plus que l’ombre d’elle même et aux premiers signes d’hésitation de quelques capitales, Macron pousse son ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, de prendre rapidement position contre le boycott. «Il n’y aurait pas de boycott diplomatique de la France » a-t-il affirmé. Il annonce qu’il n’allait pas se déplacer à Pékin, mais enverrait, Roxana Maracineanu, la ministre déléguée aux Sports.

MBZ, MBS et TBH répondent présents à l’invitation de Xi Jinping

Ils ont tous décollé ce vendredi matin pour Pékin pour assister à la cérémonie d’ouverture des JO 2022 aux côtés de l’empereur du commerce mondial, Xi Jinping.

Mohammed Ben Zayed, au delà des solides relations économiques qu’il entretient avec la Chine, a une dent contre le successeur de Donald Trump. Et pour cause, Biden préfère «dealer» avec l’Emir du Qatar au point de le désigner «allié majeur» de l’Otan, un statut refusé aussi bien pour les E.A.U que l’Arabie saoudite.

Mohammed Ben Salmane, plus docile que son allié MBZ, fait également les frais de l’inimitié des démocrates à son égard. N’ayant pas reçu le feu vert pour accéder au trône, il s’efforce de maintenir un équilibre diplomatique et commercial entre Pékin et Washington.

https://twitter.com/OKAZ_online/status/1488960847879753735

Quand à Tamim ben Hamad, TBH, le nouveau chouchou de Biden, il peut se permettre quelques libertés mais il sait pertinemment que la politique de la chaise vide donnerait l’occasion à son ennemi juré MBZ de manoeuvrer contre lui sur la scène internationale.

Irina et Touhfa attisent «les feux du désamour» entre Biden et MBZ devant notre porte

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Le 17 janvier dernier, Abu Dhabi fut le théâtre d’une attaque par drones des rebelles houthis du Yémen faisant trois victimes civiles. Un coup très dur, porté aux Émirats Arabes Unis qui puisent leur puissance du dynamisme de leur place financière et de la sécurité de leurs terres. Inattendue et spectaculaire cette agression a fait couler beaucoup d’encre. Pour plusieurs analystes, cet évènement est la confirmation du désamour chronique entre Joe Biden et Mohammed Ben Zayed. Ce dernier, se retrouve pour la première fois menacé et son pays non protégé. MBZ ne se faisait pas d’illusion sur la politique de la nouvelle administration américaine envers son régime. Avant même son investiture, Biden a déclenché les hostilités en arrêtant son lobbyeur Thomas Barrack et son conseiller George Nader, en bloquant le contrat de vente des F35 et en supportant le Qatar.

Il n’était que question de temps pour que ces vives tensions deviennent publiques et que leurs répliques arrivent jusqu’à notre pays. Aujourd’hui, tout porte à croire que nous y sommes.

Après des rumeurs sur l’échec de la dernière visite de Aziz Akhannouch à Abu Dhabi, deux phénomènes des réseaux sociaux se sont subitement mis à parler. Il s’agit de l’israélienne Irina Tsukerman et du YouTubeur marocain «Touhfa». Appartenant à deux mondes parallèles, rien ne semble les lier. Pourtant la semaine écoulée, ils se sont synchronisés pour que chacun de son côté tire à l’arme lourde sur les relations entre le Maroc et Israël d’une part et le Maroc et les Émirats Arabes Unis d’autre part. Irina Tsukerman s’en est pris à Nasser Bourita et Jared Kushner, tandis que Touhfa s’est chargé de Mansour ben Zayed et Tahnoun ben Zayed, deux hauts responsables émiratis. Une double-campagne lancée le jour même de part et d’autre, soit le 24 janvier 2022, et neuf jours avant l’annonce de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par le Chef de Gouvernement marocain à Doha.

Ces épiphénomènes sont ce qu’on appelle dans le jargon de la communication, des signaux faibles d’une crise en devenir. Ils peuvent être également des escarmouches de gens bien informés sur les orientations stratégiques du Royaume. Seule certitude est que le monde, assiégé par la pandémie, s’engage davantage dans la voie de la guerre que celle de la paix où plus rien n’est acquis et où plus rien n’est permanent.

Comme Donald Trump, Mohammed Ben Zayed doit se demander nuit et jour, pourquoi est-il traité de la sorte par l’administration américaine et d’une partie du gouvernement israélien. Lui qu’il a fait pour l’Etat hébreu ce que jamais un autre émir de son pays ou de tout le Golfe n’a réalisé.

Après avoir sauvé la face à Netanyahu et Trump, qui ont échoué à mettre sur pied un accord de paix définitif entre palestiniens et israéliens, en soutenant les accords d’Abraham, MBZ n’a reçu en retour que des déceptions.

George Nader, conseiller de MBZ, arrêté pour pédophilie puis accusé de complot contre les États-unis

Avant même son ascension au pouvoir, Joe Biden, dans sa guerre contre Donald Trump, a fait tomber l’un des principaux conseillers et lobbyeurs de MBZ auprès de la Maison Blanche, l’homme d’affaires américano-libanais George Nader.

Interrogé une première fois par le procureur spécial Robert Mueller en sa qualité de témoin sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de présidentielle américaine de 2016, George Nader s’est enfui à Abu Dhabi, avant d’être arrêté le 4 juin 2018 à l’aéroport JFK de New York pour possession d’images pédopornographiques. Il sera condamné fin juin 2020 à 10 ans de prison ferme pour trafic de sexe et de pornographie enfantine.

La pression sur l’ancien conseiller de MBZ ne va baisser avec l’arrivée de Biden. Le 16 janvier 2022, George Nader, plaide coupable pour le rôle qu’il a joué en aidant les Émirats arabes unis à donner des millions de dollars de contributions de campagne illégales dans le système politique américain pendant l’élection présidentielle de 2016.

Tom Barrack, le milliardaire et ami de Trump arrêté pour avoir travaillé secrètement pour MBZ

Le milliardaire américain et ami de Donald Trump a été arrêté en juillet 2021 pour «avoir tenté d’influencer la politique étrangère lors de la campagne présidentielle de Trump en 2016 et pendant les premières années de l’administration Trump».

Sept chefs d’inculpation ont été retenus contre Thomas Barrack, accusé de s’être servi de son accès à Trump pour promouvoir les objectifs de politique étrangère des Émirats arabes unis.

L’acte d’inculpation stipule que Barrack et deux autres individus agissaient et conspiraient en vue d’agir comme des agents des Émirats entre avril 2016 et avril 2018.

Les investigation ont également révélé que la société d’investissement immobilier et privé de Tom Barrack a reçu environ 1,5 milliard de dollars de la part de l’Arabie saoudite et des EAU juste entre la période allant de l’investiture de Trump à Juin 2021.

Biden et Bennett bloquent la vente des F35, MBZ dépité, claque 19 milliards de dollars dans le plus grand deal d’achat de Rafales de l’histoire de la France

MBZ tenait à ses F35. Ces avions dernière génération que les alliés des États-unis s’arrachent, tellement ils apporteraient une suprématie aérienne manifeste. L’acquisition de ces appareils, était d’ailleurs une des conditions que le prince héritier des E.A.U avait imposé à Donald Trump pour signer les accords d’Abraham. Netanyahu avait signifié clairement son désaccord mais l’ancien président américain avait réussi à décrocher le feu vert du Congress.

Arrivé au pouvoir, Biden ne dira pas non à la vente des F35 à MBZ mais pose de nouvelles conditions: Les Émirats n’en auront qu’une version sous-équipée tout en se soumettant à l’obligation systématique d’un accord du Pentagone avant toute utilisation.

MBZ rejète l’offre et signifie son irritation pour non respect d’engagement de l’accord ratifié par l’administration Trump. La riposte du dirigeant émirien sera à la hauteur de sa colère. Le 3 décembre 2021, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron à Abu Dhabi, MBZ offre au président-candidat le plus grand bon de commande de l’histoire du constructeur français Dassault. «80 avions de chasse pour Abu Dhabi, soit une commande d’environ 19 milliards de dollars sans les armements, c’est du jamais-vu pour Dassault et une somme exceptionnelle pour l’industrie française. » avait titré LesEchos.

Avec cet accord, MBZ n’a pas réussi qu’à faire perdre au Pentagone 19 milliards de dollars mais à faire gagner Emmanuel Macron le double de la marge nette qu’il allait constaté en vendant ses sous-marins à l’Australie. Ce fameux «deal du siècle» de la marine française, capoté à la dernière minute par l’alliance AUKUS, l’alliance militaire entre l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le Qatar, l’allié préféré des démocrates au Moyen-Orient, propulsé nouvel allié majeur de l’OTAN

Les démocrates ont cultivé depuis l’ère Obama une affinité particulière avec le Qatar. La puissante influence médiatique de la péninsule a joué un rôle décisif durant le printemps arabe et a constitué un relais efficace aux médias pro-démocrates dans la guerre du Yemen et les affaires Khashoggi et Pagasus.

C’est aussi au régime du Qatar que Biden a confié le rôle d’intermédiation et de gestion du retour des Taliban au pouvoir, excluant de facto le parrain historique du mouvement l’Arabie Saoudite ainsi que les Émirats arabes unis.

L’avènement du conflit en Ukraine va positionner davantage Doha sur la scène internationale en sa qualité d’allié indéfectible de Washington. D’ailleurs pour rassurer l’Allemagne, Biden a demandé au Qatar de se préparer à fournir du gaz naturel à l’Europe en cas de déclenchement de guerre avec la Russie. La concurrence entre Tamim et MBZ n’en a fait que s’amplifier.

En effet, au moment où le président israélien visitait Dubaï, l’Émir du Qatar Tamim ben Hamad était reçu par Joe Biden à la Maison Blanche. Le président démocrate le couvre d’éloges, le qualifie de «bon ami» et le désigne officiellement «allié majeur de l’OTAN». Une désignation qui a été refusée auparavant à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

Pour enfoncer le clou et montrer une autre preuve de son désamour pour MBZ, Biden annonce en présence de Tamim et devant les caméras la signature d’un contrat de vente de 50 Boeing 737 MAX au Qatar. Et comme dans la politique la vengeance est toujours un plat qui se mange froid, le montant de ce juteux «deal» annoncé par le président américain s’élève à 20 milliards de dollars. Soit 1 milliard de dollars de plus que la contrat des Rafales signé entre Mohammed Ben Zayed et Emmanuel Macron, deux mois plus tôt.

«Abu-Dhabi n’est plus protégée»

Pour la troisième fois depuis le début du mois de janvier et en deux semaines seulement, les Émirats arabes unis ont été la cible d’attaques de drones et de missiles lancés par les rebelles houthis du Yémen. Ce lundi 31 janvier, un missile balistique visant Abu Dhabi a certes été intercepté par le système de défense aérien du pays, sans faire aucune victime humaine ni de dégât matériel, mais le timing de son lancement est crucial. L’agression a coïncidé avec la visite «historique» du président israélien, Isaac Herzog, aux Émirats.

Longtemps épargné, le régime MBZ se sent pour la première fois menacé et son territoire «non protégé». Rappelons que la première attaque en date du 17 janvier 2022, revendiquée par les Houthis, a fait trois morts, des travailleurs asiatiques, un Pakistanais et deux Indiens.

La réaction officielle des États-unis, outre la condamnation de l’attaque, a été de mettre en garde ses citoyens contre les risques liés aux voyages aux Émirats arabes unis.

«Reconsidérez votre voyage en raison de la menace d’attaques de missiles ou de drones», a publié le département d’État américain sur son site Web.

La pire chose qu’on pourrait faire à MBZ. Qui pour éviter que son pays soit touché par les guerres en Syrie et au Yémen entretenait des relations directe avec l’Iran en dépit de sa position officielle anti-mollahs. Parait-il, le sujet iranien a été un des points traités lors de la visite non annoncée de Naftali Bennett à Abu Dhabi le 13 décembre 2021.

Dommages collatéraux en Egypte et crispation au Maroc

Egypte : al-Sissi met fin à la rébellion des hommes de paille d’Abu Dhabi

Le désamour entre Biden et MBZ a eu des répercussions immédiates en Egypte. Abdelfattah al-Sissi, se préparant à s’émanciper de l’emprise des pays du Golfe sur son pays, a du gérer la pression des démocrates sur la question des droits de l’homme et faire face à une rébellion synchronisée des hommes de paille des Émirats arabes unis dans son pays.

Au sujet des revendications des ONG américaines, al-Sissi a mené une grande campagne de «cosmétique» sur les prisonniers politiques et leurs conditions d’incarcération. Quand à la montée au créneau d’homme d’affaires critiquant l’hégémonie économique des militaires, le «Raiss» a réglé le sujet en direct devant les caméras puis a disqualifié les meneurs, notamment le promoteur milliardaire Naguib Sawiris et le magnat des médias Mohamed Al-Amin. Ce dernier sera même inculpé d’agression sexuelle sur jeunes filles mineurs de son orphelinat.

Les relations entre Biden et al-Sissi restent fortes, en dépit de la pression qu’exercent quelques sénateurs démocrates au sujet des droits de l’homme en Égypte. L’administration américaine vient d’approuver la vente de radars de défense aérienne et d’avions C-130 Super Hercules au Caire pour une valeur combinée de plus de 2,5 milliards de dollars. Al-Sissi a su gagner la confiance de Biden grâce à sa gestion de sa bonne distance avec MBZ et à sa médiation, en avril de l’an dernier, pour aider à mettre fin aux hostilités entre Israël et les militants du Hamas.

Maroc : Les relations avec Israël battent de l’aile, volte-face d’Irina Tsukerman et Touhfa accuse les Émirats d’espionnage

Les répliques des tensions entre les États-unis et les Émirats arabes unis commencent à se faire ressentir au Maroc. Une secousse aurait à ce titre touché le Chef de Gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de sa dernière visite à Abu Dhabi. «Elle se serait mal passée» croit savoir un observateur. «D’ailleurs depuis son retour, il semble être en disgrâce» poursuit notre source.

Si c’est le cas, Akhannouch devrait se rattraper lors de son voyage prévu ce weekend au Qatar à la tête d’une délégation ministérielle. Cette visite qui survient au lendemain de la rencontre entre Biden et Tamim, verra la signature de plusieurs conventions bilatérales avec le gouvernement qatari.

L’autre dommage collatéral des tensions USA/E.A.U sont les accords d’Abraham. Mohammed Ben Zayed étant l’un des initiateurs du deal, s’est retrouvé du jour au lendemain sans relais à la Maison Blanche et face à un gouvernement Naftali Bennett, qui tient plus à regagner la confiance de l’administration américaine, que de faire plaisir à son allié arabe.

Les accords d’Abraham se retrouvent ainsi au point mort. Le processus de normalisation entre le Maroc et Israël également.

D’ailleurs, mis à part l’accueil chaleureux réservé au ministre de la défense israélienne, le Général Benny Gantz, Rabat n’a fait aucun pas vers le renforcement des relations diplomatiques avec Tel-Aviv. Le chargé d’affaires israélien David Govrin, dont les sorties médiatiques désastreuses l’ont rendu peu fréquentable, a beaucoup de peine à faire bouger les lignes. Govrin fonctionne avec un logiciel déformé de par les contextes jordaniens et égyptiens dans lesquelles il a évolué depuis le début de sa carrière. De plus, il se retrouve désarmé face à la condition sine qua non du Royaume pour des relations «normales» avec l’Etat hébreu: «la reconnaissance da la marocanité du Sahara».

Ce contexte particulièrement tendu est resté une affaire de coulisses et de diplomates, jusqu’à ce que deux «influenceurs» s’emmêlent. Ils appartiennent certes à deux mondes parallèles mais partagent par contre la même mission celle de propagandistes.

Irina Tsukerman se lâche sur notre «héros national», Nasser Bourita

Depuis le 24 janvier 2022, c’est l’incompréhension totale et la stupéfaction générale sur le Twitter marocain. Irina Tsukerman, fervente défenseur de la cause nationale et des relations maroco-israéliennes s’est mise subitement à s’en prendre à «l’héros national» Nasser Bourita.

Ce n’est pas moins de 114 tweets assassins que l’avocate et propagandiste israélienne a posté en rafale et en 4 salves sur 7 jours.

Méthodique, elle prenait en cible une personnalité et un sujet et disait systématiquement tout le mal qu’elle pensait de Bourita et du Qatar.

Irina Tsukerman : Ses principaux sujets de prédilection

Les 114 tweets s’articulent tous autour de trois principaux «topics» :

  1. Pegassus
  2. Les Houthis
  3. Le Qatar

Irina Tsukerman : Ses cibles à abattre

  1. Jamal Benomar : Elle l’accuse d’espionnage pour le Qatar et d’être pro-Houthis,
  2. Nasser Bourita : Elle l’accuse d’avoir couvert Jamal Benomar et d’avoir mal défendu le Maroc des attaques de l’administration américaine et de l’Elysée,
  3. Jared Kushner : Elle l’accuse d’avoir saboter les Accords d’Abraham en imposant aux E.A.U l’accord d’Al-Ula,
  4. Yariv El Baz : Elle l’accuse de n’avoir d’autres objectifs que de s’enrichir sur le dos des Accords d’Abraham,
  5. Richard Attias : Elle l’accuse d’avoir profiter du Maroc, de l’Arabie saoudite et des E.A.U tout en fermant les yeux sur la campagne de diffamation du journal Le Monde contre ces mêmes pays.

Irina Tsukerman : Ses lignes rouges

  1. Le Roi Mohammed VI
  2. Israël

Irina Tsukerman : Son plaidoyer

L’avocate et propagandiste israélienne affirme que les Accords d’Abraham se désagrégaient et que les relations entre le Maroc et les Etat-unis et Israël allaient dans le mauvais sens. Alarmiste jusqu’au bout, elle prédit une prise de position négative de Joe Biden au sujet du Sahara.

Irina Tsukerman blâme en premier lieu le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita pour :

  1. avoir subit la pression des États-unis sur les droits de l’homme sans montrer aucune résistance ni déployer une stratégie de défense,
  2. n’avoir pas bien exploité les liens prouvés liant le Hezbollah, les Houthis et les séparatistes du Polisario,
  3. avoir été sous l’influence de l’ancien envoyé spécial de l’ONU au Yémen, le marocain Jamal Benomar, accusé d’espionnage pour le Qatar et d’acquaintance avec les Houthis. Une influence qui aurait poussé Bourita à ne pas s’engager dans une campagne anti-yéménite,
  4. avoir laissé faire Richard Attias en faisant appel à son agence de communication Publicis sans lui demander des comptes sur la campagne de diffamation contre le Maroc lancée par le journal LeMonde. Notamment au sujet de l’affaire Pegasus. Une information basée sur un fait qu’elle rapporte affirmant l’existence d’un lien d’actionnariat entre Lagardère, Publicis et LeMonde. Ce qui est faux.

L’influenceuse israélienne s’est également lâchée sur le groupe composé de Jared Kushner, Yariv El Baz et Richard Attias en les accusant «d’escroquerie». Pour elle, cette «clique» aurait vidé les accords d’Abrahams de tout leur sens en cherchent uniquement à s’enrichir.

Pour le gendre de Donald Trump, les accusations de Tsukerman vont plus loin. Elle estime que Kushner a torpillé les Accords d’Abraham le jour même où il a fait pression sur MBZ et MBS au nom de Trump pour lever l’embargo sur Tamim.

«Le Sommet d’Al-Ula qui a débouché sur une reprise complète des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats, le Bahreïn et le Qatar, a donné l’occasion à ce dernier de mener une opération de sabotage des accords de normalisation entre Israël et les pays arabes», affirme-t-elle.

Irina Tsukerman va consacrer autant de tweets injurieux contre le Qatar que contre Nasser Bourita. Un pays qu’elle tient pour responsable de la campagne mondiale contre Pegasus dans le but de «ruiner un pan entier de l’industrie israélienne» et tuer dans l’oeuf les Accords d’Abraham. Elle accuse également Doha d’encourager les Houthis dans leurs attaques contre les Emirats arabes unis.

Le YouTubeur Touhfa : «Les émiratis espionnent les marocains à travers Hespress»

Un autre influenceur, un autre environnement et d’autres éléments de langages. Ce YouTubeur installé en Floride aux Etat-unis qui brasse dans son sillage une large frange des marocains résidents à l’étranger avec une forte audience féminine, s’est engagé dans une campagne anti-émirats. Curieusement, sa première vidéo sur le sujet a été postée exactement le même jour que la première salve de tweets d’Irina Tsukerman, le 24 janvier 2022.

Le plaidoyer de Touhfa est plus simple. Le ministre des Affaires Étrangères des E.A.U, Mansour ben Zayed et le maître-espion d’Abou Dhabi, Tahnoon ben Zayed utilisent des proxies notamment le site web d’information Hespress, racheté en 2019 par les Emirats, pour «espionner et attaquer le Maroc».

Ce sont pratiquement les mêmes accusations portées contre le site d’information quatre années plus tôt. En cette période, les relations entre Rabat et Abu Dhabi étaient au plus bas et Hespress avait adopté une ligne éditoriale anti-Qatar.

Sauf que cette fois-ci, Touhfa va impliquer les cheikhs sus-cités, deux des plus hauts responsables émiratis après MBZ et Ben Rachid. Pour le YouTubeur, Mansour ben Zayed, ministre des Affaires étrangères serait aigri de ne pas avoir accès au Roi Mohammed VI. Cela l’aurait poussé à manoeuvrer contre les intérêts du Maroc en soutenant entre autres l’Algérie et en «espionnant les hauts responsables du pays», notamment à travers Hespress.

Rapprochement avec le Qatar en marche !

L’annonce ce mardi de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par Aziz Akhannouch, au lendemain de la rencontre importante entre Joe Biden et Tamim ben Hamad est un signal fort donné par le Maroc sur sa nouvelle orientation stratégique de sa diplomatie. C’est aussi sans aucun doute une conséquence de l’isolement de MBZ sur la scène internationale suite à son bras de fer avec Biden.

Rappelons que le Prince hériter émirati avait réussi à froisser son ancien ami, Mohammed ben Salmane qui s’est mis dans la tête de mener une guerre économique avec les E.A.U afin de réaliser les objectifs de sa vision 2030.

Concernant ce nouveau rapprochement avec le Qatar, Akhannouch qui entretient de bonnes relations avec le père de Tamim, aura sans aucun doute plus de facilité à mener à bien cette mission.

Un monde de tous les dangers

Depuis la crise financière de 2008, la planète est entrée dans une zone de turbulence avec des cycles de crises relativement longs. Les pays se doivent de piloter leur économie et leur sécurité avec peu de visibilité en prenant beaucoup de risques.

Les grandes démocraties vacillent. On l’a vu durant l’assaut du Capitole et on le voit aujourd’hui avec ce spectacle dramatique que nous offrent les présidentielles françaises ainsi qu’avec cet émerveillement prononcé de l’intelligentsia allemande et française devant la montée en puissance du nouveau Tsar russe Vladimir Poutine.

La fragilité et la versatilité sont devenues l’une des principales caractéristiques des relations internationales de notre époque. Nos dirigeants s’y adaptent, les citoyens les subissent.

Seul remède à ses gueules de bois à répétition est de rester unis autour d’un projet de société et autour de notre leader.

Le président israélien atterrit aux Émirats arabes unis

Le président Isaac Herzog et la première dame Michal Herzog ont atterri à Abu Dhabi dimanche matin, marquant la toute première visite officielle d’un président israélien aux Émirats arabes unis. Le couple présidentiel a été accueilli par le ministre des affaires étrangères des EAU, Abdallah ben Zayed.

Le président israélien Isaac Herzog accompagné de la première dame Michal a décollé tôt ce matin de Tel-Aviv pour se rendre à Abu Dhabi dans une visite officielle de deux jours, première du genre de l’histoire du Golfe.

En survolant l’Arabie saoudite, le président Isaac Herzog, est entré dans le cockpit de l’avion pour contempler le désert saoudien. Un moment que le président a souhaité immortalisé par le ramarque suivante : «Sans aucun doute, c’est vraiment un moment très émouvant.»

Durant cette visite, il est prévu que le président israélien rencontre Mohammed Ben Zayed, dirigeant de facto des E.A.U, le premier ministre et gouverneur de Dubaï, Mohammed ben Rashid al-Maktoum, le commissaire général de l’Expo 2020 de Dubaï et le ministre de la tolérance, Nahyan ben Mubarak, des chefs d’entreprise émiratis et des membres de la communauté juive du pays.

https://twitter.com/simonarann/status/1487712144741355521

«J’apporte avec moi une bénédiction de paix et un message de paix à toute la région, aux peuples de la région», a déclaré Herzog. «La paix apporte avec elle la prospérité, le progrès et la croissance pour le bénéfice des peuples de la région. Je rencontrerai les dirigeants des Émirats arabes unis, à l’invitation personnelle du cheikh Mohammed ben Zayed, le prince héritier. Je lui souhaite bonne chance et je lui suis reconnaissant pour son courage et son audace, qui lui ont permis de conclure un accord de paix avec Israël et d’envoyer à toute la région le message que la paix est la seule alternative pour les peuples de la région.»

Mise en garde américaine contre les attaques des Houthis

Cette visite intervient après que les Émirats arabes unis ont été attaqués par les rebelles Houthis soutenus par l’Iran au Yémen, et qu’une attaque de drone contre des installations pétrolières à Abu Dhabi a tué trois travailleurs au début du mois.

Mercredi dernier, le département d’État américain a mis à jour ses conseils aux voyageurs pour l’État du Golfe, déconseillant aux Américains de s’y rendre en raison de la menace des missiles et des drones.

«La possibilité d’attaques visant les citoyens et les intérêts américains dans le Golfe et la péninsule arabique reste une préoccupation constante et sérieuse», indique l’avis aux voyageurs. «Les groupes rebelles opérant au Yémen ont déclaré leur intention d’attaquer les pays voisins, y compris les EAU, à l’aide de missiles et de drones. Les récentes attaques de missiles et de drones ont visé des zones habitées et des infrastructures civiles.»

Jason Brodsky, directeur politique de l’association United Against a Nuclear Iran, a déclaré au Times of Israel que l’Expo, en particulier pendant la journée d’Israël et la visite de Herzog, pourrait constituer une cible alléchante pour les rebelles Houthis.

À l’invitation de MBZ, le président israélien et son épouse atterriront demain dimanche 30 janvier à Abu Dhabi

Le président israélien Isaac Herzog s’envolera à Abu Dhabi, ce dimanche 30 janvier, pour la première visite d’un chef d’Etat israélien aux Emirats arabes unis. Dévoilé par le gouvernement de Naftali Bennet, le programme de la visite de deux jours prévoit une rencontre avec MBZ en sa qualité de Chef d’Etat puis un déplacement à Dubaï pour rencontrer le premier ministre Mohammed ben Rachid al-Maktoum et lancer la journée nationale d’Israël à l’Expo 2020. Isaac Herzog sera accompagné de son épouse Michal.

Dans un communiqué publié par le gouvernement de Naftali Bennet mercredi 26 janvier, la présidence israélienne a annoncé que le Chef de l’Etat hébreu Isaac Herzog et son épouse Michal seront en visite officielle aux E.A.U le 30 et le 31 janvier, invités par le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed ben Zayed, dirigeant de facto des Emirats. 

«Pour la première fois dans l’histoire, le président de l’État d’Israël effectuera une visite présidentielle aux Émirats arabes unis. Au cours de cette visite, les 30 et 31 janvier 2022, le président Isaac Herzog rencontrera le dirigeant de facto des Émirats arabes unis, le prince héritier Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, le dirigeant de Dubaï, des hauts fonctionnaires du gouvernement et la communauté juive. Il ouvrira également la journée nationale d’Israël à l’Expo 2020 de Dubaï» a annoncé le communiqué.

https://twitter.com/IsraelDubai/status/1486007775071244289

Programme de la visite

Le président israélien se rendra à Abu Dhabi et à Dubaï et tiendra des réunions officielles avec le cheikh Mohammed ben Zayed, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale des EAU, cheikh Abdallah ben Zayed, le vice-président, premier ministre, ministre de la Défense des EAU et gouverneur de Dubaï, cheikh Mohammed ben Rachid Al Maktoum, ainsi que des représentants de la communauté juive. Au cours de la visite, le président israélien inaugurera la journée nationale d’Israël à l’Expo 2020 de Dubaï.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett avait effectué une première visite officielle dans ce pays le 12 décembre dernier. Une visite qui n’avait pas été annoncée et dont le contenu est resté assez vague puisqu’il n’y avait pas de journalistes dans l’avion officiel du premier ministre. Il a été le premier chef de gouvernement israélien à se rendre dans ce pays depuis la signature des accords d’Abraham, du moins de manière ouverte.

«Nous avons le privilège d’entrer dans l’histoire en effectuant la première visite d’un président israélien aux Émirats arabes unis. Cette visite importante intervient alors que les nations israélienne et émiratie sont engagés à jeter les bases d’un nouvel avenir commun. Je suis convaincu que notre nouveau partenariat audacieux transformera le Moyen-Orient et inspirera toute la région. Nous sommes une nation éprise de paix et, ensemble, nous élargirons le cercle historique de paix des accords d’Abraham et créerons un monde meilleur, plus tolérant et plus sûr pour nos enfants. Je remercie le Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan pour cette gracieuse invitation à approfondir les liens d’amitié entre nos nations.» a affirmé le président Isaac Herzog dans son communiqué.

Le président israélien, dont le rôle est essentiellement honorifique, a été en contact avec plusieurs dirigeants arabes dont les relations avec Israël avaient été tendues sous les gouvernements de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu. Depuis son élection, Isaac Herzog s’est entretenu ou rencontré les chefs d’État de Jordanie, d’Égypte et de Turquie, ainsi que le président de l’Autorité palestinienne.

Sur son compte twitter, l’ambassadeur des E.A.U en Israël Mohamed Al Khaja s’est félicité ce samedi de cette visite.

« Les EAU recevront le président israélien Isaac Herzog, ce dimanche, lors d’une visite officielle précédemment prévue le 9 janvier, reportée en raison du Covid-19» a-t-il annoncé.

Et d’ajouter : «Le président participera à la célébration de la journée nationale d’Israël, qui tombe le 31 janvier, à l’Exposition universelle. »

«Nous nous réjouissons de cette visite historique, qui renforcera les relations bilatérales entre les deux pays, alors que nous espérons signer d’importants accords économiques et commerciaux entre les deux pays dans un avenir proche.» a-t-il ajouté.

Le Roi Mohammed VI «condamne vigoureusement» l’attaque houthie contre Abu Dhabi

Le Roi Mohammed VI s’est entretenu par téléphone ce lundi 17 janvier avec le Prince Héritier d’Abu Dhabi Mohamed Ben Zayed condamnant vigoureusement l’attaque meurtrière qui a touché Abu Dhabi. Une attaque revendiquée par les rebelles yéménites houthis. Le Souverain a affirmé au cours de cet entretien que le Royaume apportera toutes les formes de soutien à ce pays frère pour la défense de sa sécurité nationale.

Un communiqué du Cabinet Royal publié ce lundi soir, affirme que le le Roi Mohammed VI a eu, ce jour, un entretien téléphonique avec Mohamed Ben Zayed Al Nahyane, Prince Héritier d’Abu Dhabi et Vice-Commandant Suprême des Forces Armées émiraties. Un entretient qui survient à la suite «de l’attaque ignoble perpétrée par la milice houthie et ses soutiens contre le territoire des Emirats Arabes Unis», souligne le communiqué.

Au cours de cet entretien, le Souverain a condamné vigoureusement «cet acte abject», qui a ciblé des innocents et des installations civiles.

Le Chef de l’Etat a présenté, à cette occasion, Ses sincères condoléances aux Autorités et au Peuple émiratis pour les pertes humaines, et Ses souhaits de prompt rétablissement aux blessés.

Le Roi Mohammed VI, affirme le Communiqué, a réitéré «l’appui ferme du Royaume du Maroc à toutes les mesures prises par les Emirats Arabes Unis pour défendre leur territoire et la quiétude de leur population face aux attaques ignobles de la milice houthie et ses soutiens».

Dans le cadre de la tradition de solidarité constante et agissante entre les deux pays frères, le Roi Mohammed VI a assuré MBZ que «le Royaume se tiendra toujours aux côtés des Emirats Arabes Unis et apportera toutes les formes de soutien à ce pays frère pour la défense de sa sécurité nationale et la protection de ses citoyens».

L’agence de presse émiratie WAM affirme pour sa part que Mohamed Ben Zayed a exprimé ses remerciements et sa gratitude pour les sentiments fraternels sincères exprimés par le Roi Mohammed VI envers les EAU et son peuple, demandant à Dieu Tout-Puissant de protéger le Maroc et son peuple de tous les maux.

MBZ a reçu des appels MBS et Abdallah II

MBZ a reçu également les appels du Prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane et celui du Roi Abdallah II de Jordanie, qui ont tous deux condamné l’attaque terroriste des Houthis contre des installations civiles aux EAU.

Le dépêche de l’agence de presse WAM précise que MBS et MBZ ont affirmé au cours de leur entretien, que ces attaques terroristes qui visent le Royaume d’Arabie saoudite et les EAU renforcent la détermination des deux nations à s’opposer conjointement à ces actes d’agression.

Ils ont ajouté que ces attaques terroristes confirment la nécessité pour la communauté internationale de faire face à ces violations flagrantes des lois et des normes internationales et de condamner ces crimes terroristes qui menacent la paix et la sécurité régionales et internationales.

Les Nations-Unis, Etats-unis et la France condamnent les attaques

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné l’attaque de la milice Houthi, qui a visé des installations civiles aux EAU et fait un certain nombre de morts et de blessés.

Le porte-parole de l’ONU a déclaré lors du briefing quotidien d’aujourd’hui que de telles attaques sont interdites par le droit humanitaire international.

Par ailleurs, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale émirati, Abdullah ben Zayed Al Nahyan,, a reçu un appel téléphonique du Secrétaire d’État américain, Antony Blinken.

Au cours de cet appel téléphonique, Blinken a affirmé la condamnation et la dénonciation par les États-Unis de l’attaque terroriste de la milice terroriste Houthi contre des zones et des installations civiles aux Émirats arabes unis.

Il a également exprimé ses condoléances aux EAU pour les victimes de cet acte terroriste et a souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

La France a condamné «avec la plus grande fermeté» l’attaque de la milice terroriste Houthi contre des installations civiles aux Émirats arabes unis, qui a fait des morts et des blessés parmi les civils.

«Ces attaques menacent la sécurité des Émirats arabes unis et la stabilité régionale», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

«La France exprime son soutien aux EAU face à ces attaques», a-t-il ajouté.

La secrétaire d’État britannique aux affaires étrangères, au Commonwealth et au développement, Liz Truss, a condamné lundi les attaques terroristes menées par les Houthis contre des installations et des zones civiles aux Émirats arabes unis.

«Je condamne dans les termes les plus forts les attaques terroristes menées par les Houthis contre les Émirats arabes unis», a tweeté Liz Truss.

Ci-après les pays et les organisations qui ont condamné les attaques des Houtis :

  1. Le Bahrein
  2. Le Koweit
  3. La ligue Arabe
  4. Sultanat d’Oman
  5. Organisation de Coopération Islamique
  6. Le Qatar
  7. L’Iraq
  8. Le parlement arabe
  9. Conseil Mondial de la Tolérance et la Paix
  10. Fédération internationale des syndicats d’Asie et d’Afrique pour les droits de l’Homme
  11. L’Egypte
  12. Soudan
  13. Mauritanie
  14. Grèce

Abu Dhabi attaquée par les Houthis

Le mouvement rebelle yéménite Houthi a déclaré lundi avoir mené une attaque militaire contre les Émirats arabes unis. Les autorités de la capitale Abu Dhabi ont annoncé plus tôt dans la journée que des frappes de drones avaient visé une zone industrielle et l’aéroport, tuant trois personnes et blessant six autres.

Avec Agences

L’agence de presse nationale des Émirats arabes unis, citant la police d’Abu Dhabi, a affirmé ce lundi 17 janvier qu’un incendie s’est déclaré dans la matinée, entraînant l’explosion de trois camions-citernes de pétrole dans ICAD 3, Mussafah, près des réservoirs de stockage d’ADNOC.

L’incident a fait trois morts, rapporte la même source. Il s’agit d’un Pakistanais et deux Indiens. Par ailleurs, un «incendie mineur» s’est produit dans une zone de construction de l’aéroport international d’Abu Dhabi, a indiqué le communiqué, ajoutant qu’une enquête préliminaire a permis de découvrir des objets qui pourraient être des drones dans ces deux endroits.

Les autorités compétentes ont lancé une enquête approfondie sur la cause de l’incendie et les circonstances qui l’entourent. Toutefois, les deux accidents n’ont pas causé de dommages importants, précise le communiqué.

Les rebelles yéménites houthis revendiquent l’attaque

L’attaque a été revendiquée par les rebelles yéménites houthis plus tard dans la soirée.

«Les forces armées (des Houthis) ont mené une opération militaire qualitative et réussie dans le cadre d’une opération baptisée Ouragan du Yémen», a affirmé leur porte-parole, Yahya Saree, dans un communiqué diffusé sur leur chaîne, Al-Massira. «Nombre de sites et installations émiraties importantes et sensibles» ont été ciblés à l’aide de missiles balistiques et de drones, d’après lui.

Les Houthis, soutenus par l’Iran, avaient à plusieurs reprises revendiqué des attaques de missiles et de drones au-delà de la frontière du Yémen, visant principalement des régions d’Arabie saoudite mais aussi des Émirats arabes unis, ce que les autorités émiraties ont précédemment démenti.

Anwar Gargash, un haut diplomate émirati, a condamné ce qu’il a appelé «l’attaque pécheresse des Houthis» dans un message lundi sur Twitter, dans une rare reconnaissance émiratie d’une attaque des Houthis contre le pays.

En septembre 2019, des frappes de drones revendiquées par les Houthis ont gravement endommagé des installations pétrolières saoudiennes d’Aramco, interrompant la moitié de la production du royaume pendant plusieurs jours.

Une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a déclaré lundi avoir intercepté plusieurs drones lancés vers l’Arabie saoudite après les attaques contre les EAU.

Les attaques de lundi – menées à près de 1.300 km du territoire contrôlé par les Houthis – sont le dernier signe en date de la manière dont la guerre, qui a tué des dizaines de milliers de personnes depuis son début il y a sept ans et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde, continue de déstabiliser la région du golfe. Elle a également montré que les Houthis maîtrisent de mieux en mieux les drones armés, dont on pense qu’ils sont fournis par l’Iran, écrit le Washington Post.

Le conflit au Yémen a commencé en 2014 après que les Houthis ont pris la capitale et évincé le gouvernement, et la violence s’est aggravée après l’intervention de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, dont font partie les Émirats arabes unis, dans les combats. La guerre a pris des éléments d’une bataille par procuration entre Téhéran et ses adversaires dans le Golfe, reflétant les tensions géopolitiques et sectaires de longue date entre l’Iran, une théocratie musulmane chiite, et les monarchies musulmanes sunnites à son ouest. Au cours des derniers mois, l’Iran a toutefois tenté d’améliorer ses relations avec des puissances régionales telles que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ce qui soulève des questions quant à cette attaque contre Abu Dhabi.

Nasraddin Amer, vice-ministre de l’information à Sanaa, la capitale yéménite, contrôlée par les Houthis, a confirmé que les forces rebelles avaient mené une attaque et a déclaré qu’elle avait été lancée en réponse à «l’escalade des EAU» à Shabwa et Marib, deux provinces contestées du Yémen. Les Émirats arabes unis ont soutenu les factions anti-Houthi dans cette guerre.

Volonté de négociation des Houthis ou démonstration de force des iraniens ?

Depuis un an, les combats se concentrent essentiellement dans la province centrale de Marib, qui abrite des infrastructures pétrolières et gazières essentielles contrôlées par le gouvernement internationalement reconnu, écrit le Washington post. L’avancée des Houthis sur Marib a provoqué une crise de de migrants et entravé les efforts internationaux visant à mettre fin à la guerre.

Plus récemment, les combats ont repris dans la province voisine de Shabwa. La semaine dernière, la brigade Giants, une force yéménite soutenue par les Émirats arabes unis, aurait annoncé qu’elle avait arraché le contrôle de Shabwa aux Houthis.

Dans ce contexte explosif, croit le Washington post, l’attaque conter Abu Dhabi constituerait un «signal» ou une «volonté de négociation» de la part des Houthis, citant Abdulghani al-Iryani, chercheur principal au Centre d’études stratégiques de Sanaa.

La réaction des Emiratis déterminera si cela entraînera une escalade majeure dans la guerre, ajoute la même source. Mais il est certain que MBZ ripostera par de lourdes frappes aériennes sur Sanaa.

Toutefois, le policy Director du think tank «United Against Nuclear Iran», Jason Brodsky, nous informe que cette attaque a une dimension locale et internationale. Locale, car elle intervient suite à la percée d’Abu Dhabi dans les localités de Marib-Shabwa et Internationale car elle profite à Téhéran, qui démontre ainsi son influence sur les centres économiques régionaux au moment que les négociations de Vienne se poursuivent.

Pour illustrer ses propos, Brodsky a retweeté une caricature menaçante, publiée dimanche par les Corps des Gardiens de la révolution islamique, montrant un compte à rebours d’un projectile vers Abu Dhabi.

Abraham Accords : Cela ne s’est pas passé comme vous le croyez – (Partie 1)

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Vous a-t-il traversé l’esprit, un instant, que les Accords d’Abraham avaient été décidés presque par accident ? Et que Netanyahu n’en voulait pas du tout ? Que Trump considère Mahmoud Abbas comme son père et en veut à mort à l’ancien premier ministre israélien ? Que Jared Kushner a jeté l’ambassadeur israélien à Washington, Ronald Dermer, hors de son bureau ? Que le Royaume-Uni a menacé Trump de reconnaitre la Palestine ? Probablement non! Sauf si vous aviez lu le livre explosif du journaliste israélien, Barak Ravid, intitulé « La paix de Trump : les Accords d’Abraham et la refonte du Moyen-Orient » sorti le 8 décembre 2021.

Le livre de Barak Ravid est le récit inédit des coulisses souvent incroyables des négociations qu’ont mené l’ancien président américain, son gendre Jared Kushner et le jeune Avi Berkowitz, donnant lieu aux accords de normalisation entre Israël et quatre pays arabes. Sa sortie a été accompagnée par la diffusion de quelques enregistrements audio de Donald Trump interviewé par l’auteur. Lesquels enregistrements ont suscité de vives réactions, notamment celles de la communauté juive-américaine que l’ancien président accuse de détester Israël. Ce présent livre est un document pour l’histoire qui impactera sans aucun doute la suite des négociations de paix entre palestiniens et israéliens mais également le retour aux affaires de Trump et de Netanyahu. Le récit captivant de Barak Ravid perce le voile doré et scintillant qui magnifiait les relations israélo-américaines pour laisser apparaitre une réalité moins idyllique, présageant une ère d’incertitudes.

Dans cet article, nous avons essayé de synthétiser les révélations clés et inédites dont regorge le livre de Barak Ravid. Dans l’absence d’une version anglaise ou française, car le livre est paru en hébreu, nous avons épluché toutes les interventions de l’auteur, les articles parus sur les principaux journaux israéliens et britanniques, la synthèse disponible sur Amazon éditée par Washington press et surtout trois podcasts essentiels auxquels a participé le journaliste.

Ce que vous devez retenir

  1. Les accords d’Abraham signés en grandes pompes sur le perron de la Maison Blanche sont nés des cendres du deal du siècle avorté par Netanyahu lorsqu’il a annoncé son attention d’annexer la Cisjordanie.
  2. C’est Mohammed Ben Zayed qui a sauvé la mise, à un moment où la relation entre Tel-Aviv et Washington était au plus bas de l’histoire au point de menacer leur alliance historique.
  3. Le deal du siècle de Donald Trump prévoyait d’octroyer à Israël le tiers de la Cisjordanie. Une offre jamais proposée aux israéliens que Netanyahu a tout simplement ignoré.
  4. Donald Trump s’est rendu compte à l’image de Barak Obama et de Bill Clinton que Netanyahu ne voulait pas d’accord de paix avec les palestiniens.
  5. Netanyahu en complicité avec l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, et celui d’Israël à Washington Ronald Dremer, ont essayé de forcer la main à Trump, en annonçant l’annexion de colonies israéliennes de la Cisjordanie.
  6. L’annonce de Netanyahu a suscité la colère de Trump mais aussi du Royaume-uni. L’envoyé britannique aux États-Unis a menacé ses homologues américains de reconnaitre la Palestine ainsi que d’autres pays si Trump autorise le plan d’annexion de l’ancien premier ministre israélien.
  7. Pour dissuader Netanyahu, empêtré dans ses affaires judiciaires et ses échecs électoraux, de mettre à exécution sa menace d’annexion de la Cisjordanie à la date butoir du 1er juillet 2020 que lui même à fixer, Trump a du le menacer de lui retirer tout le soutien international.
  8. Mohammed Ben Zayed, ne faisant pas confiance en Netanyahu, a exigé qu’Israël s’engage envers les américains et non Anvers son pays pour sceller la normalisation.
  9. Le 12 août 2020, à j-1 de l’annonce publique de l’accord de normalisation entre les E.A.U et Israël, Netanyahu a tenté de le faire capoter. Il a exigé des américains la présence d’au moins deux autres pays arabes aux côtés des Émirats.
  10. Toujours à j-1 de l’annonce, les accords n’avaient pas encore de nom. C’est le général Miguel Correa, directeur principal au Conseil national de sécurité, qui a proposé l’appelation «Accords d’Abraham».
  11. Après l’annonce par Trump des Accords d’Abraham, le Bahrein prend attache avec la Maison Blanche par le bias de son ministre des Finances et annonce son souhait de faire partie des signataires. Le ministre Bahreïni s’est confié à Jared Kushner : «La décision des E.A.U est la couverture dont on avait besoin pour révéler publiquement les relations de notre pays entretenait secrètement avec Israël».
  12. Donald Trump savait qu’on reconnaissant Jerusalem comme capitale d’Israël allait fâcher les palestiniens. Il pensait convaincre de prime abord les deux partis en mettant la main dans la poche et miroiter les dollars. Il voulait appâter les israéliens avec des annonces fortes, puis consacrer son deuxième mandat à faire revenir les palestiniens sur la table des négociations.
  13. Trump s’est investi autant dans le dossier israélo-palestinien pour deux raisons. La première est électorale. Trump voulait absolument séduire les électeurs évangéliques. La seconde est la grande influence qu’exerçait son principal soutien financier, Sheldon Adelson. Ce multimilliardaire, magnat de l’immobilier et des casinos, était le véritable architecte de la reconnaissance de Jérusalem capitale d’Israël.
  14. Les relations entre Netanyahu et Trump se sont beaucoup détériorées quand ce dernier s’est rendu compte que l’ancien premier ministre israélien l’utilisait et ne se souciait nullement de son ambition de briquer un deuxième mandat. Dans son interview à Barak Ravid, Trump n’a pas hésité à lancer un «qu’il aille se faire foutre» à l’encontre de Netanyahu.
  15. L’assassinat du général iranien, Qassem Soleimani, en janvier 2020, présentée au monde entier comme le point culminant de la coopération et l’alliance israélo-américaine, s’est transformée rapidement en un point de tension majeur entre les deux pays.
  16. Selon Trump, d’aucuns de son entourage ne croit à un possible accord de paix entre palestiniens et israéliens. Les deux parties cultivent trop de haine de part et d’autre. Cette conviction est également partagé par l’auteur du livre Barak Ravid, qui estime à son tour qu’il n’y aurait pas de son vivant un accord de paix entre israéliens et palestiniens.

Le pitch

Le 15 septembre 2020, les pelouses de la Maison Blanche ont vu la signature des «Accords d’Abraham» qui ont changé la configuration géopolitique du Moyen-Orient. Négociés par Donald Trump, ces traités inédits visent à instaurer de relations officielles entre Israël et un certain nombre d’États arabes. A ce jour, quatre pays au total ont ratifié ces accords avec l’Etat hébreu sous l’égide de l’administration américaine : les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan.

Un an après, alors que les pays signataires fêtent le 1er anniversaire de ces traités, le plus connecté et l’un des plus respectés journalistes du Moyen-Orient, Barak Ravid, créé l’évènement avec la publication de son livre « La paix de Trump : les Accords d’Abraham et la refonte du Moyen-Orient ».

Le journaliste israélien retrace la naissance de ces accords en apportant ses propres témoignages ainsi que ceux de dizaines de hauts responsables de tout bord, impliqués dans le processus de négociations, y compris Donald Tump lui-même. L’entretien avec l’ancien Président américain a suscité un fort engouement des médias et des réseaux sociaux et ce dès la sortie du livre. Des passages sonores de l’interview de Trump ont fait le tour du monde donnant un coup du publicité inattendu à cet ouvrage.

« Au cours des quatre années de sa présidence, Trump a changé la face du Moyen-Orient : il s’est retiré de l’accord nucléaire avec l’Iran, a déplacé l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, a reconnu le plateau du Golan comme faisant partie d’Israël, a présenté un plan pour résoudre le conflit israélien. -Le conflit palestinien et le point culminant – les accords de paix et la normalisation.» peut-on lire sur la quatrième de couverture du livre.

« Les accords d’Abraham ont été la plus grande avancée du processus de paix au Moyen-Orient au cours des 25 dernières années. Ils ont totalement reconfiguré les relations au sein de la région et un groupe de personnes vraiment improbables les ont rendus possibles. Malgré les échecs de Trump dans les affaires internationales et toutes les décisions controversées comme le retrait de l’accord de Paris sur le climat et l’accord sur le nucléaire iranien, dans ce domaine, de nombreux républicains et démocrates pensent qu’il a eu raison.» a affirmé Barak Ravid dans un podcast du site d’information américain Axios.

Jared Kushner, un problème à Washington, un atout au Moyen-Orient

Jared Kushner, le gendre devenu redoutable conseiller de Trump à la Maison Blanche, a été la cible de critiques acerbes et d’attaques multiples de la sphère politique de Washington dès les premiers jours de sa nomination.

Promoteur immobilier et fils de promoteur immobilier comme son beau-père, Kushner est arrivé à la Maison Blanche avec un mépris assez profond pour le style, la politique et la diplomatie de Washington.

Selon Barak Ravid, il était plein de confiance, venant tout juste de la campagne Trump. A cause de sa mine de papier glacé, il paraissait aux yeux de ses collègues être habité par une arrogance inébranlable.

«Les gens avec qui il discutait, pensaient qu’ils avait affaire à quelqu’un qui venait d’ingurgiter un tas de livres de management et de commerce de la Silicone Valley. Il évoquait souvent sa volonté de rendre la Maison Blanche complètement différente en apportant davantage l’esprit du secteur privé à Washington et la culture start-up» écrit le journaliste. «Ces stéréotypes et ces reprsentations que Kushner avait de la chose politique, ont très probablement influencé la façon dont les choses se sont déroulées durant le mandat de son beau-père» poursuit-il.

Ce que les gens ne savaient pas, c’est que Kushner a appris de la presse la nature de la mission que le nouveau président comptait lui confier.

En effet, avant-même son investiture, Donald Trump dans un brief au New York Times et lors d’une séance d’enregistrement, a annoncé que Jared Kushner, son gendre, allait «diriger les efforts diplomatiques de la Maison Blanche pour parvenir à la paix au Moyen-Orient».

Barak Ravid qui s’est entretenu aussi bien avec Donald Trump que son gendre, affirme que ce dernier n’en savait absolument rien. Kushner avoue même qu’il «n’y connaissait rien du dossier israélo-palestinien, qu’il n’avait aucune expérience sur cette question et qu’il ne pensait même pas qu’il allait s’en occuper». «Je suis un gars de l’immobilier, pas un diplomate» a-t-il insisté.

Quand Kushner arrive à la Maison Blanche, poursuit Barak Ravid, il lance une plaisanterie à son équipe : « Je pense que le président ma confié cette mission parce qu’il ne m’aime pas vraiment».

L’auteur du livre explique dans le podcast d’Axios ( voir ci-dessus) que Jared Kushner a géré le conflit israélo-palestinien comme une affaire immobilière. La nomination de Kushner a été très critiquée à Washington, poursuit-il. Toutefois au Moyen-Orient, sa nomination a été perçue différemment.

Pour de nombreux pays de la région, y compris Israël, parler à quelqu’un qui faisait partie de la famille du président américain avait du sens et du poids.

«Kushner voulait éviter de «re-continguer l’histoire», mais lorsque l’on traite du conflit israélo-palestinien ce n’est pas une option possible . L’histoire est partout et est vite devenue l’obstacle ultime à ce qu’ils essayaient de faire», reconnait Barak Ravid.

Après sa nomination au poste de Conseiller Spécial du président élu, Jared Kushner et Donald Trump ont commencé par mettre en place une équipe en charge du processus de paix. Ils vont ainsi constitué un cercle de conseillers qui allaient de «très pro Israël» à «très très très très pro Israël», souligne le journaliste.

L’une des personnalités clés qui vont peser sur le cours des choses était David Friedman, l’avocat de Trump spécialisé dans les faillites, que le nouveau président a nommé ambassadeur en Israël.

Trump, le plus pro-palestinien de son administration

Le plus drôle, révèle Barak Ravid, commentant l’équipe en charge du «deal du siècle» ainsi constituée, c’est que déjà au tout début de leurs échanges, la personne qui semblait se soucier le plus du côté palestinien était Trump lui-même !

Et ce que beaucoup de gens ne savent pas, signale l’auteur, c’est qu’en réalité, dans la première année de sa présidence, et Trump me l’a dit, sa relation avec le président palestinien Mahmoud Abbas était très très bonne.

Trump a été surpris par les sentiments positifs qu’il éprouvait à son égard, rapporte-t-il.

« Avant de les rencontrer tous les deux (Mahmoud Abbas et Netanyahu, ndlr). Je pensais que les Palestiniens étaient impossibles, et les Israéliens feraient n’importe quoi pour faire la paix et aboutir à un accord. J’ai trouvé que ce n’était pas vrai. C’était exactement le contraire. », s’est confié Donald Trump à Barak Ravid.

Toujours sur sa relation avec le Chef de l’Autorité Palestinienne, Trump confit : «C’était presque comme un père. Il était si gentil. Il n’aurait pas pu être plus gentil.»

Mais cette relation chaleureuse ne va pas durer très longtemps.

En effet, explique M. Ravid, face au manque de sérieux de Netanyahu, et pour faire aboutir son deal du siècle Donald Trump va prendre de court tout le monde en annonçant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. Trump pensait, poursuit l’auteur du livre, que ce coup politique pousserait Israël à accepter un plan de paix avec les palestiniens en leur cédant le tiers des territoires occupés.

Finalement sa prise de risque n’a pas servi son dessein de paix, les palestiniens quittèrent la table des négociations et Netanyahu poussera le bouchon encore plus loin.

Dans son podcast Axios, Barak Ravid est interpellé par son co-animateur Jonaythan Swan : « Il est surprenant que, comme Obama et Bill Clinton, Trump soit également arrivé à la conclusion que Bibi (surnom de Netanyahu) n’était pas sincère dans sa volonté de paix avec les Palestiniens ».

En réponse, Barak Ravid cite une déclaration de Donald Trump qu’il lui a fait sur le sujet :

«Je pense qu’il nous a juste fait la pression, beaucoup de pression. Je ne pense pas que Bibi ait jamais voulu faire la paix», a affirmé l’ancien président.

Malgré l’attitude de Trump envers Abbas et Netanyahu à l’époque, la décision de Trump de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem et de reconnaitre Jérusalem comme la capitale d’Israël était inattendue. C’est un tournant important dans l’histoire et c’est aussi un énorme doigt d’honneur aux Palestiniens.

Israël et les Palestiniens considèrent tous deux que Jérusalem est leur capitale. Reconnaître Jérusalem revient donc à prendre parti sur une question qui a fait l’objet de plusieurs cycles de négociations de paix au cours des 25 dernières années.

Pour Trump, cette décision était politique, explique M. Ravid. Il l’a fait pour sa base électorale. Trump et ses conseillers savaient que le transfert de l’ambassade nuirait à leur effort de paix, mais ils pensaient que Jérusalem ne serait qu’une «bombe sur la route». Cela s’est avéré être une énorme erreur de calcul.

Les Palestiniens ont pris connaissance de la décision du président américain lorsqu’une délégation de l’autorité palestinienne s’est déplacée à la Maison Blanche vers la fin de 2017. Jared Kushner a informé le négociateur en chef, feu Saeb Erekat, que l’ambassade allait déménager à Jérusalem. Rabougri, Erekat a dit à Kushner que «si vous faites cela, vous vous seriez disqualifié de tout rôle dans ce processus de paix». Kushner a rétorqué en criant: «Ne me menacez pas ! C’est notre affaire, c’est notre politique». Eurekat a répondu, «si vous faites cela, vous amènerez les Israéliens et les Palestiniens au point de désastre».

Les Palestiniens avaient perdu l’une des choses qui comptait le plus pour eux, écrit Barak Ravid. Ils étaient tellement en colère qu’ils sont sortis de la Maison Blanche et ne sont jamais revenus.

Un peu plus tard, Trump a appelé Mahmoud Abbas, nous informe le journaliste. Il lui a dit de ne pas s’inquiéter, qu’il obtiendrait quelque chose de grand par la suite. Mais Abbas était très en colère. Trump a fait un long monologue pour essayer de le calmer. A un moment donné, il s’est rendu compte que la ligne était coupée et qu’il parlait tout seul depuis plusieurs minutes. L’opérateur a demandé au président s’il voulait reprendre l’appel, Trump a répondu qu’il l’appellerait un autre jour.

Ce fut la dernière fois qu’ils se sont parlés. C’était le mardi 5 décembre 2017.

Le lendemain, Trump fait la grande annonce de sa décision de déplacer l’ambassade américaine à Jerusalem.

«Israël se réjouissait et les Palestiniens étaient furieux», explique le M. Ravid.

Mais survient un autre incident qui va envenimer davantage les relations entre Trump et Abbas.

En janvier 2018, ce dernier présidait une réunion avec les dirigeants palestiniens à Ramallah. Durant son discours, Abbas surpris l’auditoire et maudit le président américain en déclarant en arabe : «que sa maison soit détruite.»

La phrase arrive aux oreilles de Donald Trump, et on lui explique qu’il s’agit de la pire chose qu’on puisse souhaiter à son ennemie «Yekhreb bitak».

Trump ripostera. Dans les mois qui suivent cet incident, il coupe presque toutes les aides aux palestiniens. Il ferme le bureau de l’OLP à Washington ainsi que le consulat américain à Jérusalem qui accueillait la mission diplomatique américaine auprès de l’autorité palestinienne.

Les ponts ont été coupés pour de bon et les Palestiniens ne reviendront plus jamais à la table des négociations.

«Trump a sapé ses propres efforts en vue d’un accord de paix lorsqu’il a reconnu, en décembre 2017, Jérusalem comme capitale d’Israël et a déclaré que l’ambassade des États-Unis y déménagerait», affirme Barak Ravid.

L’auteur rapporte par ailleurs que l’équipe de Kushner s’inquiétait des retombées de la décision de Trump sur l’éventualité d’un accord avec les Palestiniens. «Cela s’est avéré être beaucoup plus grave, devenant la pire crise entre les États-Unis et les Palestiniens depuis au moins 15 ans», écrit-il.

Lorsqu’on lui a demandé s’il pouvait comprendre la colère des Palestiniens, Trump a répondu : «Nous allions faire quelque chose pour eux dans une autre partie de Jérusalem. J’ai dit : Écoutez, Israël vient de gagner un point. Le prochain point sera le leur. Ils vont obtenir quelque chose de très grand qu’ils veulent’. Je le leur ai fait savoir.».

Trump a également concédé que la réduction de l’aide aux Palestiniens n’avait pas été efficace pour les ramener à la table des négociations. «Ce sont des gens endurcis», a-t-il déclaré.

L’ancien président américain voulait à tout prix être celui qui a réussi à signer un accord de paix entre palestiniens et israéliens malgré la réticence de tout son entourage. A ce sujet, Trump va se confier au journaliste en ces termes :

« Tout le monde m’a dit que ce n’était pas possible. Sheldon Adelson a dit que ce n’était pas faisable. La haine est si grande entre les Palestiniens et les Israéliens. Ils apprennent dès qu’ils sont en capacité d’ouvrir des livres à se détester les uns les autres, surtout les Palestiniens envers Israël. Sheldon m’a raconté les choses horribles sur le peuple juif qu’ils enseignent aux enfants dès leur jeune âge».

Et poursuit : «Sheldon Adelson qui était un de mes amis et sa femme Myriam est une femme fantastique, et qui était reconnu pour être un grand négociateur, il dit aussi que c’est impossible. Mais moi j’y suis allé. Ne connaissez-vous pas l’adage : Qu’est-ce que vous avez à perdre ? Essayez !»

Trump : Netanyahu est déloyal et ne veux pas la paix, «qu’il aille se faire foutre»!

Barak Ravid s’est entretenu avec Donald Trump à deux reprises en 2021, dans le cadre de ses recherches pour son livre sur les accords d’Abraham. Décrivant l’une de ces rencontres : « Nous nous sommes juste assis là seuls. C’était même un peu touchant ».

M. Ravid ne savait pas encore que les enregistrements sonores de l’interview de l’ancien président américain allaient faire autant de bruit. Deux passages créeront l’évènement, celui sur les relations avec Netanyahu d’une part et sa théorie sur les juifs américains et Israël d’autre part.

Au sujet de l’ancien premier ministre israélien, le journaliste affirme que Trump a critiqué Netanyahu à plusieurs reprises lors des deux interviews.

«Bibi ne voulait pas faire d’accord», a déclaré Trump à Barak Ravid.

«Même plus récemment, lorsque nous sommes arrivés avec les cartes et tout, il a dit : C’est bien, c’est bien. Tout était toujours génial, mais il ne voulait pas faire d’accord. Je pensais que les [Palestiniens] étaient impossibles et que les Israéliens feraient tout pour faire la paix et conclure un accord. J’ai découvert que ce n’était pas vrai….. Je ne pense pas que Bibi ait jamais voulu faire la paix, je pense qu’il nous a mis la pression, juste mis la pression, mis la pression, mis la pression…. Bibi ne voulait pas faire la paix, il ne l’a jamais fait.»

Trump a également eu le sentiment d’avoir contribué à assurer la survie politique de Netanyahu, mais n’a pas obtenu la même chose en retour, assure Barak Ravid. Il ne sera d’ailleurs pas au bout des surprises quand Trump lâche à l’encontre de Netanyahu un «Fuck him».

En effet, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour Trump a été lorsque Netanyahu a félicité le président élu Biden pour sa victoire électorale alors que Trump contestait encore le résultat.

«J’aimais bien Bibi. J’aime toujours Bibi. Mais j’aime aussi la loyauté. La première personne à féliciter Biden a été Bibi. Et non seulement il l’a félicité, mais il l’a fait sur une vidéo».

«Je ne lui ai pas parlé depuis», a ajouté Trump, «qu’il aille se faire foutre».

Frappe contre le Général Soleimani, Trump estime qu’il a été utilisé et qu’Israël «n’avait pas fait ce qu’il fallait»

L’assassinat du commandant iranien Qasem Soleimani en janvier 2020 semblait être l’apogée de la coopération sécuritaire et diplomatique entre les États-Unis et Israël. La vérité est que cet assassinat est devenu un point de tension majeur entre les alliés, écrit Barak Ravid.

Donald Trump s’attendait, selon ses déclarations, à ce qu’Israël joue un rôle plus actif dans l’attaque. «Mais Israël n’a pas fait ce qu’il fallait» s’est-il plaint.

Et de menacer : «Je ne peux pas parler de cette histoire. Mais j’ai été très déçu par Israël ayant à voir avec cet événement. … Les gens entendront parler de cela au bon moment».

Même si la partie israélienne (Un haut responsable de Tsahal) assure qu’elle avait proposé un rôle plus actif pour les forces israéliennes, et que les États-Unis avaient insisté pour que ce soit eux qui exécutent la frappe, M. Ravid justifie l’exaspération de Trump par son sentiment ainsi que celui de son administration d’être constamment utilisé par Netanyahu.

L’ancien président américain a d’ailleurs illustré la situation par une phrase d’un haut responsable de la Maison Blanche : «Benjamin Netanyahu, était prêt à combattre l’Iran jusqu’au dernier soldat américain».

Trump était foncièrement convaincu qu’aussi bien l’Otan ou Israël, les alliés voulaient systématiquement que les États-Unis combattent à leur place.