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Antony Blinken

Ukraine, Sahara et Droits de l’homme : Wendy Sherman la «Renarde Argentée» confronte Nasser Bourita le «Lion de l’Atlas»

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Wendy Sherman, alias «Silver Fox» (la renarde argentée), l’une des diplomates les plus puissantes du monde a rencontré ce mardi à Rabat le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. Notre «Lion de l’Atlas» le bien nommé, savait que l’administration Biden a envoyé son négociateur le plus expérimenté pour démêler la position de neutralité assumée de Rabat au sujet de la crise en Ukraine. La «confrontation» s’est couronnée par un communiqué conjoint davantage favorable au Maroc. Sherman a imposé la question des droits de l’homme en haut du pavé et Bourita a arraché pour sa part, le rappel de la déclaration tripartite incluant Israël, signée le 22 décembre 2020. Le «Lion de l’Atlas» arrive même à reléguer la question ukrainienne à la toute dernière place, bien après celle du Sahel et de la Libye.

Wendy Sherman, 72 ans, est la deuxième diplomate d’importance des États-Unis. Son voyage au Maroc est considéré comme la visite officielle du plus haut niveau effectuée par un responsable américain à Rabat depuis plusieurs mois.

Connue à Washington pour ses manières acerbes, Mme. Sherman a traité à plusieurs reprises des sujets des plus difficiles. La diplomate a habilement géré des situations de crise pendant trois décennies. Elle a conclu des accords avec la Corée du Nord pendant l’ère Bill Clinton, et a dirigé les négociations nucléaires avec l’Iran sous la présidence de Barack Obama en 2011.

Surnommée la «Silver Fox» – Renarde Argentée-, en raison de sa chevelure grise acier et de sa capacité à arracher des concessions, Wendy Sherman a contribué à la conclusion d’un accord nucléaire historique en 2015 entre Téhéran et les États membres du P5 + 1, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne.

Et c’est elle que Joe Biden a chargé en janvier 2022 pour négocier avec les Russes dans l’objectif de dissuader Poutine de ne pas envahir l’Ukraine.

La «Renarde Argentée» : le Joker de la diplomatie américaine

Le surnom de Wendy Sherman lui vient des Iraniens avec qui elle a passé de longues heures de négociations. Ils ont commencé à l’appeler «la Renarde» en raison de son approche malicieuse durant les pourparlers.

Son teint pâle, ses cheveux gris acier coupés en brosse et son allure toujours soignée en dépit de la nature exténuante des négociations, ont fini par convaincre ses collègues du département d’État américain d’adopter le surnom des iraniens auquel ils ont ajouté «Argentée». Ils étaient tellement fascinée par elle qu’ils ont commencé à porter durant les réunions de négociation des tee-shirts sur lesquels était marqué le qualificatif : «Silver Fox».

«Ses collègues l’observent avec admiration, et parfois avec un peu de crainte, lorsqu’elle s’engage dans les discussions internationales», écrit la BBC.

«Elle est rapide et très intense », affirme l’ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie, James Jeffrey.

La carrière de diplomate de Wendy Sherman n’était pas par choix. Au tout début de sa carrière professionnelle, elle a été militante, travaillant comme assistante sociale à Baltimore, oeuvrant à rendre les logements abordables aux moins aisés.

Quelques années plus tard, la secrétaire d’État Hilary Clinton, avec l’accord du président Barack Obama, l’a nomme sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste.

Ce parcours, combiné à sa forte implication dans le processus de négociation de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, a fait d’elle l’objet d’une forte suspicion de la part des républicains. Toutefois, son expérience et son sang-froid les ont suffisamment convaincu pour qu’elle soit confirmée par le Sénat au poste de secrétaire d’État adjointe, par 56 voix contre 42.

La «Silver Fox» face au «Lion de l’Atlas» : un combat sérré

Nasser Bourita peut désormais se targuer d’avoir eu affaire dans sa carrière de diplomate et dans un contexte de guerre mondiale à une légende : Wendy Sherman, la négociatrice américaine inflexible et sans état d’âme.

Le Chef de la diplomatie marocaine savait à quoi s’attendre mais contrairement aux apparences, il était loin d’être dans une position de faiblesse.

En effet, L’invasion de l’Ukraine par la Russie a apporté une certaine clarté aux réalignements régionaux et aux partenariats stratégiques en Afrique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.

La crise a en effet révélé au grand jour, l’évolution intéressante des relations entre les États-Unis, d’une part, et le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël d’autre part.

«Après quatorze jours d’affrontements militaires en Ukraine, une chose est devenue claire : les partenaires de Washington en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont de plus en plus confiants dans leur volonté d’adopter une ligne de conduite indépendante, sans lien avec Washington – et sans doute en la défiant – et en coordination les uns avec les autres» affirme le politologue Thanassis Cambanis.

Cette divergence s’est manifestée surtout par le refus des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole Plus, OPEP+, d’augmenter rapidement leur production de pétrole dans un contexte de hausse des prix des carburants, malgré la pression exercée par l’administration sur l’Arabie saoudite. Ce grand pays arabe, premier producteur de pétrole dans le monde va faire encore mieux. Son dirigeant de facto Mohammed ben Salmane ira jusqu’à explicitement menacer de réduire les investissements de son pays aux États-unis au profit de la Chine.

Depuis son élection, Joe Biden a tout fait pour mettre sur la touche les princes héritiers MBS et MBZ. En contrepartie il n’a cessé de valoriser l’émir du Qatar en lui confiant la gestion du dossier des Talibans puis en le consacrant du statut d’«Allié majeur de l’OTAN». Le président américain l’a aussi désigné comme «backup» officiel de l’approvisionnement du gaz pour l’Europe en cas de guerre en Ukraine.

La même divergence s’est également manifestée par un double refus d’Israël de demandes persistantes de la Maison Blanche. Le premier refus a concerné le soutien du projet de résolution américain contre la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le second est le refus catégorique de Tel Aviv de l’envoi des batteries du système de défense «Dôme de Fer» en Ukraine. Une décision justifiée par la crainte que ce transfert ne nuise aux relations d’Israël avec la Russie.

Il est à rappeler que les Russes d’Israël forment la plus grande communauté juive du pays, soit plus de 25% de la population.

Le Pakistan a brillé davantage dans sa défiance à Joe Biden avec la visite officielle qu’a entrepris au Kremlin son premier ministre Imran Khan, le jour même de l’invasion de l’Ukraine. Khan a rencontré simultanément, Vladimir Poutine et le leader tchétchène Ramzan Kadyrov.

Enfin, plusieurs États de la région y compris le Maroc se sont abstenus de voter la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant l’invasion russe, au grand dam de la Maison Blanche.

En parallèle de cette résistance contre le diktat américain, l’Arabie saoudite a voté en faveur de la résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe, tandis qu’Israël s’est impliqué fortement dans un rôle de médiation entre l’Ukraine et la Russie. Au point que le très pratiquant Naftali Bennett a dû transgresser Shabbat pour s’envoler secrètement à Moscou, où il a passé trois heures avec Poutine, sans prendre l’avis des États-unis.

Ces démarches d’apparence incohérentes, soulignent le fait que les gouvernements du Moyen-Orient ne se considèrent plus comme des partenaires subalternes des États-Unis et ne se sentent plus obligés, comme ils l’ont peut-être fait par le passé, de suivre les directives de Washington dans une crise majeure de sécurité internationale.

L’indépendance d’Israël en matière de politique étrangère devenait palpable durant les dernières années de Benjamin Netanyahu. Par contre, la position du Maroc et certains membres du CCG par rapport à la guerre en Ukraine est un fait tout à fait nouveau. Cela suggère l’émergence d’un nouveau niveau de confiance et d’autonomie par rapport aux États-Unis, en dépit du fait que Washington reste la garante de la sécurité de la région.

La posture de ces pays est d’ailleurs compréhensible, compte tenu de la décision des administrations américaines, depuis Obama de se retirer du Moyen-Orient. Du coup, le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël ont intérêt à maintenir de bonnes relations diplomatiques, économiques et militaires avec la Russie.

Rabat, à l’image de ses alliés dans la région ne cherche par à abandonner complètement les liens avec Washington, mais plutôt de les équilibrer en nouant des relations solides avec d’autres puissances qui exercent une influence considérable sur les questions économiques et de sécurité régionales, comme la Russie, mais aussi la Chine. Deux pays qui ont d’ailleurs massivement investi en présence économique et militaire en Afrique subsaharienne, prolongement naturel du Royaume.

A la lumière de ces éléments, on cerne mieux les raisons qui ont poussé l’administration américaine, qui refuse de nommer un ambassadeur au Maroc depuis le départ de Dwight Bush en 2017, à dépêcher une diplomate de la trempe de Wendy Sherman.

Trois communiqués, trois nuances !

Si le cadre officiel de la rencontre entre notre «Lion de l’Atlas» et la «Renarde Argentée» est le «Dialogue stratégique Maroc-USA», la déclaration du porte-parole du département d’Etat américain Ned Price nous fait prendre conscience que la machine diplomatique américaine n’a qu’une seule urgence en ce moment : «l’Ukraine».

Dans son point de presse qui a suivi la rencontre entre les diplomates des deux pays, Ned Price a hiérarchisé les points discutés entre les deux parties en fonction des priorités de son ministère :

  1. Les moyens de renforcer davantage les relations bilatérales de longue date entre les États-Unis et le Maroc, y compris les intérêts communs en matière de paix, de sécurité et de prospérité régionales;
  2. Les développements internationaux, y compris «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» de Poutine contre l’Ukraine;
  3. Le ferme soutien des deux parties à l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, qui cherche à redynamiser le processus politique pour le «Sahara occidental», dirigé par les Nations Unies;
  4. Le plan d’autonomie du Maroc est considéré comme sérieux, crédible et réaliste, et comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du «peuple du Sahara occidental»;
  5. L’importance de la protection des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, en s’appuyant sur le dialogue productif entre les États-Unis et le Maroc sur les droits de l’homme de septembre 2021.

Notons que sur le communiqué conjoint approuvé par Bourita et Sherman, «la guerre en Ukraine» n’était cité qu’en fin du document et le qualificatif «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» n’y figurait pas du tout.

De plus, l’appellation «Sahara Occidentale» que Price a répété deux fois, elle n’a été cité qu’une seule fois dans la version en anglais du communiqué, publié aussi bien sur le site du département d’Etat américain que celui du ministère des affaires étrangères marocain.

Sur les versions française et arabe du communiqué, l’appellation «Sahara Occidentale» y est absente et la précision «consacrant la reconnaissance américaine de la pleine souveraineté du Royaume sur son Sahara» a été ajoutée dans le paragraphe réservé au rappel de l’accord tripartite avec Israël.

Opération de charme de la «Silver Fox»

Faisant honneur à sa réputation de consacrer une attention méticuleuse aux détails, la «Silver Fox» a bien préparé son voyage au Maroc. Son arrivée, coïncidant avec la journée internationale de la femme, elle charge l’ambassade au Maroc de lui trouver une occasion de prise de parole sur le sujet.

David Green, Chargé d’Affaires à la mission diplomatique, sponsorise un évènement de l’Association des Femmes chefs d’Entreprises du Maroc, AFEM, célébrant la journée du 8 mars. Mme Sherman en sera l’invitée d’honneur.

Arrivée à la conférence au Hyatt Regency vers 17h30, Wendy Ruth Sherman a été accueillie par la Ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille Awatif Hayar, puis s’est fondue dans la masse des invités en toute simplicité et sans un dispositif protocolaire lourd.

Assise entre David Green et de Leila Doukali, présidente de l’AFEM, M. Sherman a patiemment écouté le discours «plat» de Mme Hayar avant de monter sur scène.

Après avoir constaté l’absence de la première maire femme de la ville de Casablanca, Nabila Rmili (occupée au Lycée français Lyautey), la «Silver Fox» entame son allocution par l’inévitable sujet :«l’Ukraine». Les éléments de langage sont verrouillés et pour le storytelling elle n’avait qu’à répéter celui d’Antony Blinken prononcé le jour même en Estonie.

«Je veux me faire l’écho de ce que le secrétaire d’État Tony Blinken a dit plus tôt dans la journée en Estonie, à savoir qu’en cette Journée internationale de la femme, j’ai pour ma part, et je suis sûr que vous tous, une pensée pour les femmes d’Ukraine», a-t-elle dit.

Plus de 1,7 million d’Ukrainiens, poursuit-elle, principalement des femmes et des enfants, ont fui la guerre que Vladimir Poutine a déclenchée dans leur pays, laissant souvent leurs maris derrière eux pour combattre.

Puis elle enfonce le clou : «Les femmes ukrainiennes accouchent dans des stations de métro transformées en abris anti-bombes. Elles s’occupent d’enfants atteints de cancer dans les sous-sols d’hôpitaux pour se protéger des missiles. Elles prennent les armes aux côtés des hommes ukrainiens pour lutter pour leur démocratie et défendre leur patrie. Les femmes d’Ukraine, comme vous toutes, incarnent la force, la résilience et le courage intrépide des femmes du monde entier – et nos cœurs sont avec elles aujourd’hui et chaque jour».

Maniant le bâton et la carotte, Wendy Sherman ne va pas se montrer tendre avec la situation de la femme marocaine dans la vie active, avant de proposer l’aide de son pays.

«(…) Cependant, malgré ces progrès (la Moudawana, constitution 2011, législation contre la violence envers la femme, ndlr), le pourcentage de femmes marocaines dans la population active reste assez faible, l’un des plus bas au monde – et il est en fait plus bas qu’il y a vingt ans» a-t-elle souligné.

La responsable américaine s’appuiera sur les recommandations du NMD pour annoncer l’engagement de son pays à accompagner le Maroc dans ses objectifs d’autonomisation des femmes.

«Le Nouveau modèle de développement du Maroc – une priorité du roi Mohammed VI – a placé l’augmentation de la participation des femmes à l’économie au premier plan de la stratégie de croissance économique du Maroc. Les États-Unis veulent aider le Maroc à atteindre son objectif de porter la participation des femmes à la main-d’œuvre à 45 % en 2035, contre 22 % aujourd’hui. Nous sommes fiers d’être un partenaire du Maroc et des femmes marocaines en faisant progresser les opportunités économiques des femmes et en soutenant les femmes entrepreneurs, notamment par le biais du programme POWER du Département d’Etat». a-t-elle déclaré.

Un proche de Wendy Ruth Sherman l’a décrite sur les colonnes du Time, comme suit : «La rationalité règne dans le monde de Wendy Sherman. La secrétaire d’État adjointe examine le terrain et les acteurs, pèse le bâton et la carotte, les compromis et les conséquences, puis fait le meilleur choix dans son propre intérêt. Le sentimentalisme et la nostalgie ne sont pas pour elle».

Washington : Si la Russie envahissait l’Ukraine, elle fera face à une réponse transatlantique déterminée et massive

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Samedi, les États-Unis ont mis en garde contre une réponse «résolue» et «massive» à toute invasion russe en Ukraine, quelques heures avant que le président Joe Biden ne s’entretienne avec Vladimir Poutine, dans une ultime tentative apparente d’éviter un conflit militaire en Europe de l’Est.

Le secrétaire d’État américain, Antony J. Blinken, s’est entretenu, ce samedi 12 février, par téléphone avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, pour discuter des sérieuses inquiétudes de Washington au sujet de l’agression militaire contre l’Ukraine que s’apprête à mener la Russie dans les prochains jours.

Antony Blinken a affirmé que la voie diplomatique restait « ouverte » pour éviter un conflit en Ukraine, mais nécessiterait une « désescalade » de la part de Moscou. Toutefois, Il a réaffirmé que si Moscou envahissait à nouveau l’Ukraine, cela entraînerait une réponse transatlantique déterminée, massive et unie.

Entretien téléphonique entre Macron et Poutine

Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu pendant 1h40 samedi avec son homologue russe Vladimir Poutine pour tenter de faire baisser la tension croissante dans la crise russo-ukrainienne, a indiqué l’Élysée. Cet entretien, qui a débuté à 12h30 (heure française), a précédé un appel que doivent avoir plus tard le président américain Joe Biden et Vladimir Poutine.

Les avertissements américains quant à une attaque imminente de la Russie contre l’Ukraine « provoquent la panique et n’aident pas » les Ukrainiens, a dénoncé samedi le président Volodymyr Zelensky, cité par l’agence Interfax-Ukraine. « Actuellement, le meilleur ami de nos ennemis est la panique dans notre pays. Et toutes ces informations (quant à une attaque) ne font que provoquer la panique et ne nous aident pas », a-t-il dit lors d’un déplacement en province.

Biden suspend 130 millions de dollars d’aide militaire à l’Égypte en raison de la situation des droits de l’homme

L’administration Biden s’apprête à refuser 130 millions de dollars d’aide militaire à l’Égypte pour des raisons de droits de l’homme, ont déclaré vendredi 28 janvier 2022, des responsables du département d’État américain, une sanction rare à l’encontre d’un allié clé, même si elle ne satisfait pas les attentes des groupes de défense des droits.

Avec Reuters

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré en septembre de l’année dernière que l’aide militaire à l’Égypte serait suspendue si Al-Sissi ne répondait pas aux conditions spécifiques liées aux droits de l’homme que Washington a fixées. Les militants de droits de l’homme avaient exigés la libération des prisonniers politiques.

Les groupes de défense des droits avaient demandé à l’administration de bloquer la totalité des 300 millions de dollars de financement militaire étranger destinés au gouvernement égyptien d’Abdel Fattah al-Sisi.

Le dictateur préféré de Trump avait évincé dans le sang les Frères musulmans en 2013 du pouvoir et a mené une dure répression de la dissidence.

«Bien qu’Antony Blinken n’ait pas encore pris une décision finale, s’il n’y a pas de développements majeurs au cours des deux prochains jours, il reprogrammera les 130 millions de dollars vers d’autres priorités de sécurité nationale, comme il l’a prévu en septembre», a déclaré un responsable du département d’État lors d’un appel téléphonique avec des journalistes.

La partie de l’aide retenue représente 10 % des 1,3 milliard de dollars qui ont été alloués à l’Égypte pour l’année fiscale 2020. Ce montant est affecté annuellement à l’Égypte depuis 2017.

Les défenseurs des droits de l’homme sur leur faim

Cependant, l’annonce de vendredi intervient après que l’administration ait approuvé en début de semaine la vente potentielle de radars de défense aérienne et d’avions C-130 Super Hercules à l’Égypte pour une valeur combinée de plus de 2,5 milliards de dollars, ce qui soulève des doutes quant à l’impact du montant objet de la suspension.

«C’était la bonne décision. Le bilan atroce de l’Égypte en matière de droits de l’homme ne devrait laisser aucune place à des compromis de la part du gouvernement américain. Mais nous avons également vu 2,5 milliards de dollars de ventes d’armes américaines à l’Égypte notifiés cette même semaine….. Compte tenu de ces aides, ce n’est guère plus qu’une tape sur les doigts», a déclaré Sarah Holewinski, directrice de Human Rights Watch à Washington.

Intérêts supérieurs des Etats-unis

Les responsables américains affirment que les relations avec l’Égypte sont complexes. Le pays arabe le plus peuplé est un allié vital de Washington qui s’engage toujours à le soutenir pour ses «besoins légitimes de défense».

«La vente de 2,5 milliards de dollars est une opération qui sert essentiellement les intérêts américains» a déclaré à Reuters l’un des responsables du département d’État.

Le sénateur américain Chris Murphy, démocrate et allié du président Joe Biden, s’est félicité de cette décision et a déclaré qu’Al-Sissi n’avait pas satisfait les «conditions tout à fait réalisables en matière de droits de l’homme» fixées par l’administration américaine.

«Cela envoie le message important qui consiste à maintenir notre engagement en faveur des droits de l’homme par des actions. L’époque où les dictateurs recevaient des chèques à blanc des Etats-unis est révolue», a déclaré Murphy dans un communiqué.

Il n’existe pas de chiffres officiels sur les détenus, mais les groupes de défense des droits de l’homme estiment que des dizaines de milliers d’entre eux ont été emprisonnés pour des motifs liés à la sécurité.

Lors d’un forum de la jeunesse ce mois-ci, Al-Sissi a qualifié les critiques contre son pays au sujet des droits de l’homme constituait une attaque contre l’Égypte. Il a déclaré que ces critiques ne reflétaient pas la réalité sur le terrain, tout affirmant que son gouvernement a essayé d’assurer le bien-être économique après avoir surmonté les troubles consécutifs au soulèvement de 2011.

Biden s’est engagé à placer les droits de l’homme au cœur de sa politique étrangère et les défenseurs des droits ont poussé Washington à se montrer plus sévère envers Al-Sissi, même si les liens avec l’Égypte se sont améliorés après la médiation du Caire pour aider à mettre fin aux hostilités en avril entre Israël et les militants du Hamas.

Législatives au Maroc : frappe chirurgicale de haute précision dans un contexte régional explosif

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Du plus haut sommet de l’Etat en passant par de simples citoyens, le constat était unanime: «l’offre politique marocaine est faible». Le lancement du processus électoral a placé le Maroc durant des mois dans l’expectative et la crainte de l’incapacité des acteurs politiques de faire le job. Mais étonnamment, la victoire écrasante de Aziz Akhannouch dans le scrutin du 8 septembre a apporté soulagement et apaisement. De plus, la déconfiture inattendue du PJD a été accueillie avec une grande satisfaction par l’ensemble des marocains. Et pour cause, en plus d’avoir été pris en flagrant délit de mensonge et de manipulation, le parti dit islamiste, porté par le printemps arabe, avait fini par démanteler ce qui restait du fragile équilibre du paysage politique marocain, dans sa quête prédatrice du pouvoir.

Pendant ce temps là, la planète a accéléré le pas vers l’inconnu. L’hyperpuissance américaine a mis en branle sa grande artillerie pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial : recadrage du Moyen-Orient, des relations américano-israéliennes et des accords d’Abraham, réhabilitation des talibans, marginalisation de l’Union Européenne, domination informationnelle et logistique de la crise du Covid et, last but not least, déclaration d’hostilité directe envers la Chine. Quand on superpose ces calques géopolitiques et sécuritaires et qu’on y rajoute l’état d’hystérie et de rage de la France après le plus grand affront jamais infligé à ce membre du conseil de sécurité par les États-unis, l’éjectant de tout influence militaire et d’intelligence du Pacifique, on ne peut que reconnaitre que la tenue des élections marocaines était en elle-même une grande prouesse. Le Maroc aurait pu réagir comme son voisin et mettre le pays sous cloche. Il ne l’a pas fait, sachant que tout le poussait à le faire. En effet, alors que le scrutin battait son plein, Paris était prête à incendier le Maghreb. «Vous m’avez éjecté du Pacifique, je vais vous éjecter de mon Maghreb !». En une semaine, la Tunisie s’enfonce dans l’inconnu, le processus démocratique libyen se gèle, des routiers marocains sont tués au Mali, les mercenaires de Wagner s’invitent au Sahel avec la bénédiction de l’Elysée, Alger et Paris se laissent couler des petites larmichettes sur les harkis et lancent conjointement une série d’attaques hostiles contre les intérêts économiques marocains visant entre autres l’OCP et la RAM.

Les législatives au Maroc ont été menées telle une frappe chirurgicale de haute precision. La hauteur de la monarchie a été déterminante pour ne pas précipiter le pays dans une hyperfebrilité improductive le préservant du scénario sanguinaire égyptien et de la dilettante suicidaire tunisienne. Il faut reconnaitre aussi, que Aziz Akhannouch a réussi tant bien que mal le pari de la constance durant cette campagne électorale à haut risque. Cela a été déterminant.

Les rangs resserrés, la cohérence retrouvée, le mélanome Benkirane extirpé, les marocains ont tout à gagner en faisant confiance à leurs institutions, car la guerre de survie ne fait que commencer.

Aziz Akhannouch a fait le job

Loin des commentaires puérils des bisounours et des herbivores de la politique, la Maroc à travers Aziz Akhannouch a réussi l’essentiel. Le personnage a finalement été capable de dérouler une campagne électorale dans la constance et sans écarts significatifs. Son poids dans l’appareil de l’Etat, son réseau de femmes et d’hommes et ses moyens financiers ont permis de mettre fin à toutes les tergiversations qui avaient altéré durant une décennie la construction d’une coalition gouvernementale cohérente et resserrée.

Akhannouch n’a pas eu que des cadeaux. Des medias outlets dits proches du deep state à l’image de Barlmane.com n’ont pas cessé de mettre en doute sa capacité à former un gouvernement. Abdellatif Ouahbi, Secrétaire général de la deuxième formation politique du Royaume a eu des mots très durs et parfois très graves à l’encontre de celui qui deviendra après son Chef de gouvernement.

De plus, Akhannouch est parti à la conquête de la chefferie du gouvernement avec un parti démembré. Mis à part les technocrates, Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Benchaaboun et Nadia Fettah, tous les anciens ministres du RNI étaient complètement «cramés». Malgré cela, il les a impliqués dans la campagne à l’image de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid.

Aziz Akhannouch a réussi également à désactiver le roi du blocage et de l’incohérence des alliances politiques, à savoir Driss Lachgar, SG du parti de l’USFP. Le nuisible trouble fête et maître chanteur a capitulé après le dramatique suicide d’un de ses anciens lieutenants Abdelouahab Belfquih.

Le nouveau Chef de Gouvernement sera-t-il à la hauteur de la fonction ? Pourra-t-il naviguer dans les eaux troubles d’un monde devenu très dangereux ? Réussira-t-il à preserver la confiance de la monarchie ? Le temps nous le dira.

Bataille économique et bataille sécuritaire

La faillite des états est devenue la nouvelle manifestation de l’expression du malaise géopolitique mondial. Si, durant la vague du printemps arabe, le soulèvement de la rue était le point culminant des stratégies de ruptures ciblant des régimes en particulier, aujourd’hui c’est la banqueroute couplée à un vide institutionnel chronique qui placent une région du monde sous haute tension.

Deux pays sont actuellement en mode faillite dans le laboratoire du nouvel ordre mondial, le Liban et la Tunisie. Leur spectre plane sur l’ensemble des pays émergents dont les économies ont connu un arrêt brutal à cause du Covid. Le voisin algérien n’est pas mieux loti. La crise économique et institutionnelle est telle que le pays vit sous le risque d’une implosion imminente. D’ailleurs plusieurs rapports internes algériens prévoient un afflux massif de migrants algériens vers la frontière est marocaine en cas de la chute du régime.

Côté marocain, la tache reste très importante également. Au delà du renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique, le gouvernement Aziz Akhannouch aura la lourde mission de relancer une économie très affaiblie par la crise sanitaire.

Une bataille économique qui s’inscrit dans un nouveau jeu d’alliance stratégique du Royaume. Repositionné dans l’échiquier international, le Maroc est passé à un mode dynamique de gestion de sa diplomatie et de sa souveraineté sur ses territoires.

Le rapprochement avec Israël est un fait indéniable. Un «Game Changer» qui n’est absolument pas au goût de l’Europe franco-allemande. Les fruits de cette dynamique ont été efficaces et immédiats: succès historique sur le dossier du Sahara, terrassement du polisario et du régime algérien, mise à niveau technologique et tactique décisive sur le plan militaire et de renseignement, négociation d’égal à égal avec se partenaires européens, etc.

D’ailleurs, il n’est pas anodin que la nouvelle ère Akhannouch soit synonyme de la nomination d’un nouvel inspecteur général des Force Armées Royales, en la personne du Général de Corps d’Armée, Belkhir El Farouk, en remplacement de Abdelfattah Louarak nommé après les élections de 2016.

Héros de la gestion de la crise de Guerguarat et architecte des manœuvres militaires avec les États-unis, «Africa lions 2021», Belkhir El Farouk incarne le marocain conquérant, intransigeant et décisif.

La déception française

Le pays qui se voit en 2050 le Liban de l’Europe et qui envisagerait de déporter 5 millions de musulmans s’ils ne changent pas de prénom n’a trouvé de bon durant les legislatives marocaines que de mettre en branle sa machine à salir. Même la chute du PJD ne semblait pas satisfaire le régime macronien, qui voit dans le succès du RNI un danger pour la stabilité du Maroc et dans le phosphate marocain un danger pour l’environnement mondial et dans l’accord de construction militaire avec Israël un danger sur ses intérêts en Algérie.

A sept mois des élections, Emmanuel Macron a pris l’affront anglo-saxon à l’encontre du poids de son pays dans l’échiquier international et le silence complice de la communauté internationale de manière très personnelle. Il ne cache plus qu’il utiliserait tous les moyens pour rétablir les rapports de forces, notamment en jouant les troubles fêtes au Maghreb et en Europe en attaquant les intérêts américains et britanniques dans notre région du monde.

Les américains ne semblent pas très pressés de calmer Emmanuel Macron. Ils tablent probablement sur sa défaite dans les présidentielles pour sceller les alliances occidentales en vue de l’affrontement imminent avec l’empire chinois.

«Nous reconnaissons que la réconciliation avec Paris prendra du temps et beaucoup de travail», a d’ailleurs déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à New York tenue cette semaine.

Les marocains ne comprennent absolument pas la posture condescendante de la France et sa haine envers leur pays.

Les marocains ne supportent plus et n’acceptent plus ces chantages médiatiques sales et basses, pratiques désuètes d’un autre siècle.

Urgent – Biden gèle les contrats de vente d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis

Key Points

  • L’administration Biden a annoncé ce mercredi par la voie du porte-parole des Affaires étrangères le gel temporaire des ventes d’armes américaines à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
  • L’administration américaine se donne le temps d’examiner le détail des transactions d’armes d’une valeur de plusieurs milliards de dollars approuvées par l’ancien président Donald Trump.
  • L’examen comprend la vente de munitions à guidage de précision à Riyad ainsi que de chasseurs F-35 de premier plan à Abu Dhabi, un accord que Washington a approuvé dans le cadre des accords d’Abraham normalisant les relations entre Israël et les pays arabes.

The News :

Au lendemain de sa prestation de serment, le nouveau Secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken, a pris sa première décision marquante en rupture avec l’administration sortante. Il va s’attaquer frontalement au cheval de bataille de Trump et sa vache à lait, les contrats de vente d’armes au Moyen-Orient.

C’est son porte-parole, Ned Price qui en fera la lecture devant la presse.

«Les États-Unis interrompent temporairement l’exécution de certains transferts et ventes en cours de matériel de Défense américaine dans le cadre des ventes militaires à l’étranger et des ventes commerciales directes afin de permettre aux nouveaux responsables de réexaminer les décisions», a déclaré le porte-parole du département d’État.

Ned Price a justifié cette décision en soulignant qu’il s’agit d’une action administrative de routine typique de la plupart des transitions.

« Elle démontre l’engagement de l’Administration en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance, ainsi que la garantie que les ventes d’armes américaines répondent à nos objectifs stratégiques de construction de partenaires en sécurité plus forts, interopérables et plus compétents », a précisé le porte-parole.

What to watch:

Aucun délai n’a été donné par le nouveau Chef de la diplomatie américaine, sur la durée du gel de ces contrats.

Si le maintien de la puissance aérienne du Canada avec la commande des C-17, seul avion de transport militaire stratégique occidental, et la sauvegarde de la maintenance des F-16 pour la Roumanie, ne seront probablement pas bloqués, la vente de chasseurs de combat interarmées F-35, de drones et des munitions aux Émirats arabes unis, devrait être sujet à révision par la nouvelle administration Biden.

Selon les informations partagés par les médias américains, Biden accorderait une attention particulière aux accords approuvés par le département d’État dans le deuxième semestre de 2020 et dans les deux mois et demi entre l’élection présidentielle du 3 novembre et l’investiture du président Joe Biden le 20 janvier. Période durant laquelle, l’administration Trump a autorisé 14 contrats de vente militaire à l’étranger, d’une valeur estimée à 26,3 milliards de dollars.

Les montants en jeu pour l’industrie de la défense américaine sont très importants: le département d’État a déclaré que les États-Unis avaient vendu 175 milliards de dollars d’armes à des partenaires et alliés étrangers au cours de l’exercice 2020 seulement. Ce qui rend davantage spectaculaire la décisons du gel des contrats.

Il est a rappelé que les membres du Congrès avaient précédemment exprimé des inquiétudes quant au fait que des accords de ventes d’armes étaient signés par Trump dans la précipitation et sans un examen approprié.

Blinken, alors Secrétaire d’Etat désigné du président élu, avait déclaré à ce propos vers la fin du mois d’octobre que l’accord était «quelque chose que nous allons examiné très, très attentivement».

What next:

L’accord signé avec les Emirats Arabes Unis est estimé à 23,37 milliards de dollars. Il comprend jusqu’à 50 chasseurs F-35A d’une valeur de 10,4 milliards de dollars, 18 drones MQ-9B d’une valeur de 2,97 milliards de dollars et 10 milliards de dollars de munition air-air et air- sol.

Celui avec l’Arabie saoudite, a été négocié à travers une démarche bureaucratique qui évitait la surveillance du Congrès.

Si MBZ avait explicitement associé la signature des Accords d’Abraham avec la livraison des F-35, l’annulation du contrat signé par Trump pourrait sans aucun doute retarder le processus de paix et fera réfléchir d’autre pays arabes à s’engager avec les États-Unis. D’ailleurs, le Soudan a posé une condition aujourd’hui même à la normalisation de ses relations avec Israël. Khartoum veut un engagement de la Maison Blanche de Biden.

Côté israélien, ce gel est accueilli avec scepticisme, non par solidarité avec les émiratis – le gouvernement israélien a toujours été contre la vente des F-35 qui métrait en danger la supériorité technologique de l’Etat hébreu- , mais par crainte de revirement brutal de la politique américaine au Moyen-Orient. D’ailleurs, Israël a mal accueilli l’annonce du retour sur les territoires palestiniens, de l’UNRWA, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, qu’elle accuse de financer le terrorisme.

Biden dévoile son équipe de sécurité nationale et de politique étrangère

Joe Biden a dévoilé lundi les premiers grands noms aux postes de la sécurité nationale et de la diplomatie. Le président élu a opté pour des personnalités expérimentées et reconnues plutôt que pour l’effet de surprise. Le conseiller de longue date de Biden, Antony Blinken, est nommé secrétaire d’État, et Jake Sullivan, ancien assistant principal d’Hillary Clinton, est choisi comme conseiller à la Sécurité Nationale.
Biden nommera Alejandro Mayorkas, premier immigrant et premier Latino à diriger le département de la sécurité intérieure, et Avril Haines, première femme directrice du renseignement national.

En plus de son intention précédemment annoncée de nommer Antony Blinken au poste de secrétaire d’État et Jake Sullivan au poste de conseiller à la sécurité nationale, Biden a déclaré ce lundi qu’il nommerait Alejandro Mayorkas à la tête du département de la sécurité intérieure et Avril Haines au poste de directeur de renseignement national.

Linda Thomas-Greenfield, une diplomate afro-américaine chevronnée de 68 ans, qui fut secrétaire d’Etat adjointe pour l’Afrique, sera nommée ambassadrice des Nations Unies, un poste qui sera élevé au statut de ministre dans l’administration Biden.

Le nouveau président a également annoncé qu’il nommerait l’ancien secrétaire d’État John Kerry comme envoyé présidentiel spécial pour le climat et placerait le poste en tant que membre du Conseil de sécurité nationale. Il s’agit là d’une grande nouveauté car c’est pour la première fois qu’un envoyé de haut niveau pour le climat ferait officiellement partie du NSC.

Blinken et Sullivan le duo clé des 100 premiers jours de Biden

Ayant travaillé comme conseiller de Biden pendant des décennies, Antony Blinken est bien connu dans les cercles de la sécurité nationale, où il s’est forgé une réputation de réaliste pragmatique et de solide partisan des institutions multilatérales.

Jake Sullivan quand à lui est un ancien haut collaborateur d’Hillary Clinton qui a également été conseiller à la sécurité nationale de Biden sous l’administration Obama. Il a précédemment déclaré qu’une politique étrangère américaine efficace était enracinée dans de solides institutions démocratiques au pays.

Blinken et Sullivan devraient prendre la tête de plusieurs des principales priorités de Biden au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir: Rejoindre et renforcer l’Accord de Paris sur le climat, rejoindre et relancer l’accord nucléaire du Plan d’action global conjoint de 2015 avec l’Iran et rejoindre l’Organisation mondiale de Santé (OMS).

Sullivan a également déclaré que Biden avait l’intention d’organiser un sommet des démocraties mondiales au début de son premier mandat, dans le cadre d’une tentative plus large de construire un front uni entre les principales démocraties pour repousser l’autocratie rampante dans des pays tels que la Russie et la Chine.

Première femme et premier immigrant pour diriger les renseignements

Le choix de Biden pour le poste de directeur du renseignement national, l’ancienne directrice adjointe de la CIA et ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale dans l’administration Obama, Avril Haines, fera d’elle la première femme à diriger la communauté du renseignement.

Tandis que le candidat de Biden à la tête de la sécurité intérieure, Mayorkas, brisera également les barrières historiques s’il est confirmé. Né il y a 60 ans à la Havane, il sera le premier Hispanique à diriger le ministère de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment les questions d’immigration. Ce fils de réfugiés anticastristes, ancien procureur fédéral, connaît bien cette administration, dont il fut ministre adjoint de 2013 à 2016.

Dans son nouveau rôle, Mayorkas sera chargé de réformer et de reconstruire un système de contrôle de l’immigration qui est devenu profondément politisé et militarisé sous le président Donald Trump.

Sous Trump, le DHS a supervisé de profondes réductions de l’immigration légale et de l’admission des réfugiés aux États-Unis, et il a mis en œuvre des politiques frontalières draconiennes destinées à décourager les immigrants sans papiers de tenter de traverser la frontière sud.

Missions non encore définies pour John Kerry

Le rôle de John Kerry dans la future administration Biden est pour le moment inconnu, étant donné que son poste est nouvellement créé et surtout élevé au rand de membre du Conseil de sécurité nationale.

L’un des héritages du mandat de Kerry en tant que secrétaire d’État, a été l’émergence de l’Amérique en tant que chef de file mondial et organisateur sur les grandes questions climatiques, allant des accords de Paris aux océans en passant par la biodiversité.

«L’Amérique aura bientôt un gouvernement qui traitera la crise climatique comme la menace urgente pour la sécurité nationale», a tweeté Kerry après l’annonce. «Je suis fier de m’associer au président élu, à nos alliés et aux jeunes dirigeants du mouvement pour le climat pour affronter cette crise en tant qu’envoyé du président pour le climat

L’équipe législative de la Maison Blanche prend forme

Ce lundi, Biden a également annoncé deux autres recrutements de haut niveau à la Maison Blanche: Reema Dodin et Shuwanza Goff, qui seront tous deux directeurs adjoints au Bureau des affaires législatives de la Maison Blanche.

Goff et Dodin relèveront tous deux de l’ancienne élève de l’administration Obama, Louisa Terrell, qui a été nommée la semaine dernière pour occuper le poste de directrice des affaires législatives de la Maison Blanche.

Terrell, Goff et Dodin seront chargés de transformer les promesses de campagne de Biden en une législation réelle. Une tache pas particulièrement ardue en raison de la composition très divisée du congres. En tête de leur ordre du jour se trouve un plan de gestion de la pandémie du coronavirus qui, selon les républicains et les démocrates, devra être adopté peu de temps après la prise de fonction de Biden fin janvier.

Joe Biden et sa vice-présidente élue Kamala Harris, feront un discours pour annoncer formellement ces nominations mardi à Wilmington, le fief du président élu, dans le Delaware.