Antony Blinken

Urgent – Biden gèle les contrats de vente d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis

Key Points

  • L’administration Biden a annoncé ce mercredi par la voie du porte-parole des Affaires étrangères le gel temporaire des ventes d’armes américaines à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
  • L’administration américaine se donne le temps d’examiner le détail des transactions d’armes d’une valeur de plusieurs milliards de dollars approuvées par l’ancien président Donald Trump.
  • L’examen comprend la vente de munitions à guidage de précision à Riyad ainsi que de chasseurs F-35 de premier plan à Abu Dhabi, un accord que Washington a approuvé dans le cadre des accords d’Abraham normalisant les relations entre Israël et les pays arabes.

The News :

Au lendemain de sa prestation de serment, le nouveau Secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken, a pris sa première décision marquante en rupture avec l’administration sortante. Il va s’attaquer frontalement au cheval de bataille de Trump et sa vache à lait, les contrats de vente d’armes au Moyen-Orient.

C’est son porte-parole, Ned Price qui en fera la lecture devant la presse.

«Les États-Unis interrompent temporairement l’exécution de certains transferts et ventes en cours de matériel de Défense américaine dans le cadre des ventes militaires à l’étranger et des ventes commerciales directes afin de permettre aux nouveaux responsables de réexaminer les décisions», a déclaré le porte-parole du département d’État.

Ned Price a justifié cette décision en soulignant qu’il s’agit d’une action administrative de routine typique de la plupart des transitions.

« Elle démontre l’engagement de l’Administration en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance, ainsi que la garantie que les ventes d’armes américaines répondent à nos objectifs stratégiques de construction de partenaires en sécurité plus forts, interopérables et plus compétents », a précisé le porte-parole.

What to watch:

Aucun délai n’a été donné par le nouveau Chef de la diplomatie américaine, sur la durée du gel de ces contrats.

Si le maintien de la puissance aérienne du Canada avec la commande des C-17, seul avion de transport militaire stratégique occidental, et la sauvegarde de la maintenance des F-16 pour la Roumanie, ne seront probablement pas bloqués, la vente de chasseurs de combat interarmées F-35, de drones et des munitions aux Émirats arabes unis, devrait être sujet à révision par la nouvelle administration Biden.

Selon les informations partagés par les médias américains, Biden accorderait une attention particulière aux accords approuvés par le département d’État dans le deuxième semestre de 2020 et dans les deux mois et demi entre l’élection présidentielle du 3 novembre et l’investiture du président Joe Biden le 20 janvier. Période durant laquelle, l’administration Trump a autorisé 14 contrats de vente militaire à l’étranger, d’une valeur estimée à 26,3 milliards de dollars.

Les montants en jeu pour l’industrie de la défense américaine sont très importants: le département d’État a déclaré que les États-Unis avaient vendu 175 milliards de dollars d’armes à des partenaires et alliés étrangers au cours de l’exercice 2020 seulement. Ce qui rend davantage spectaculaire la décisons du gel des contrats.

Il est a rappelé que les membres du Congrès avaient précédemment exprimé des inquiétudes quant au fait que des accords de ventes d’armes étaient signés par Trump dans la précipitation et sans un examen approprié.

Blinken, alors Secrétaire d’Etat désigné du président élu, avait déclaré à ce propos vers la fin du mois d’octobre que l’accord était «quelque chose que nous allons examiné très, très attentivement».

What next:

L’accord signé avec les Emirats Arabes Unis est estimé à 23,37 milliards de dollars. Il comprend jusqu’à 50 chasseurs F-35A d’une valeur de 10,4 milliards de dollars, 18 drones MQ-9B d’une valeur de 2,97 milliards de dollars et 10 milliards de dollars de munition air-air et air- sol.

Celui avec l’Arabie saoudite, a été négocié à travers une démarche bureaucratique qui évitait la surveillance du Congrès.

Si MBZ avait explicitement associé la signature des Accords d’Abraham avec la livraison des F-35, l’annulation du contrat signé par Trump pourrait sans aucun doute retarder le processus de paix et fera réfléchir d’autre pays arabes à s’engager avec les États-Unis. D’ailleurs, le Soudan a posé une condition aujourd’hui même à la normalisation de ses relations avec Israël. Khartoum veut un engagement de la Maison Blanche de Biden.

Côté israélien, ce gel est accueilli avec scepticisme, non par solidarité avec les émiratis – le gouvernement israélien a toujours été contre la vente des F-35 qui métrait en danger la supériorité technologique de l’Etat hébreu- , mais par crainte de revirement brutal de la politique américaine au Moyen-Orient. D’ailleurs, Israël a mal accueilli l’annonce du retour sur les territoires palestiniens, de l’UNRWA, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, qu’elle accuse de financer le terrorisme.

Biden dévoile son équipe de sécurité nationale et de politique étrangère

Joe Biden a dévoilé lundi les premiers grands noms aux postes de la sécurité nationale et de la diplomatie. Le président élu a opté pour des personnalités expérimentées et reconnues plutôt que pour l’effet de surprise. Le conseiller de longue date de Biden, Antony Blinken, est nommé secrétaire d’État, et Jake Sullivan, ancien assistant principal d’Hillary Clinton, est choisi comme conseiller à la Sécurité Nationale.
Biden nommera Alejandro Mayorkas, premier immigrant et premier Latino à diriger le département de la sécurité intérieure, et Avril Haines, première femme directrice du renseignement national.

En plus de son intention précédemment annoncée de nommer Antony Blinken au poste de secrétaire d’État et Jake Sullivan au poste de conseiller à la sécurité nationale, Biden a déclaré ce lundi qu’il nommerait Alejandro Mayorkas à la tête du département de la sécurité intérieure et Avril Haines au poste de directeur de renseignement national.

Linda Thomas-Greenfield, une diplomate afro-américaine chevronnée de 68 ans, qui fut secrétaire d’Etat adjointe pour l’Afrique, sera nommée ambassadrice des Nations Unies, un poste qui sera élevé au statut de ministre dans l’administration Biden.

Le nouveau président a également annoncé qu’il nommerait l’ancien secrétaire d’État John Kerry comme envoyé présidentiel spécial pour le climat et placerait le poste en tant que membre du Conseil de sécurité nationale. Il s’agit là d’une grande nouveauté car c’est pour la première fois qu’un envoyé de haut niveau pour le climat ferait officiellement partie du NSC.

Blinken et Sullivan le duo clé des 100 premiers jours de Biden

Ayant travaillé comme conseiller de Biden pendant des décennies, Antony Blinken est bien connu dans les cercles de la sécurité nationale, où il s’est forgé une réputation de réaliste pragmatique et de solide partisan des institutions multilatérales.

Jake Sullivan quand à lui est un ancien haut collaborateur d’Hillary Clinton qui a également été conseiller à la sécurité nationale de Biden sous l’administration Obama. Il a précédemment déclaré qu’une politique étrangère américaine efficace était enracinée dans de solides institutions démocratiques au pays.

Blinken et Sullivan devraient prendre la tête de plusieurs des principales priorités de Biden au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir: Rejoindre et renforcer l’Accord de Paris sur le climat, rejoindre et relancer l’accord nucléaire du Plan d’action global conjoint de 2015 avec l’Iran et rejoindre l’Organisation mondiale de Santé (OMS).

Sullivan a également déclaré que Biden avait l’intention d’organiser un sommet des démocraties mondiales au début de son premier mandat, dans le cadre d’une tentative plus large de construire un front uni entre les principales démocraties pour repousser l’autocratie rampante dans des pays tels que la Russie et la Chine.

Première femme et premier immigrant pour diriger les renseignements

Le choix de Biden pour le poste de directeur du renseignement national, l’ancienne directrice adjointe de la CIA et ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale dans l’administration Obama, Avril Haines, fera d’elle la première femme à diriger la communauté du renseignement.

Tandis que le candidat de Biden à la tête de la sécurité intérieure, Mayorkas, brisera également les barrières historiques s’il est confirmé. Né il y a 60 ans à la Havane, il sera le premier Hispanique à diriger le ministère de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment les questions d’immigration. Ce fils de réfugiés anticastristes, ancien procureur fédéral, connaît bien cette administration, dont il fut ministre adjoint de 2013 à 2016.

Dans son nouveau rôle, Mayorkas sera chargé de réformer et de reconstruire un système de contrôle de l’immigration qui est devenu profondément politisé et militarisé sous le président Donald Trump.

Sous Trump, le DHS a supervisé de profondes réductions de l’immigration légale et de l’admission des réfugiés aux États-Unis, et il a mis en œuvre des politiques frontalières draconiennes destinées à décourager les immigrants sans papiers de tenter de traverser la frontière sud.

Missions non encore définies pour John Kerry

Le rôle de John Kerry dans la future administration Biden est pour le moment inconnu, étant donné que son poste est nouvellement créé et surtout élevé au rand de membre du Conseil de sécurité nationale.

L’un des héritages du mandat de Kerry en tant que secrétaire d’État, a été l’émergence de l’Amérique en tant que chef de file mondial et organisateur sur les grandes questions climatiques, allant des accords de Paris aux océans en passant par la biodiversité.

«L’Amérique aura bientôt un gouvernement qui traitera la crise climatique comme la menace urgente pour la sécurité nationale», a tweeté Kerry après l’annonce. «Je suis fier de m’associer au président élu, à nos alliés et aux jeunes dirigeants du mouvement pour le climat pour affronter cette crise en tant qu’envoyé du président pour le climat

L’équipe législative de la Maison Blanche prend forme

Ce lundi, Biden a également annoncé deux autres recrutements de haut niveau à la Maison Blanche: Reema Dodin et Shuwanza Goff, qui seront tous deux directeurs adjoints au Bureau des affaires législatives de la Maison Blanche.

Goff et Dodin relèveront tous deux de l’ancienne élève de l’administration Obama, Louisa Terrell, qui a été nommée la semaine dernière pour occuper le poste de directrice des affaires législatives de la Maison Blanche.

Terrell, Goff et Dodin seront chargés de transformer les promesses de campagne de Biden en une législation réelle. Une tache pas particulièrement ardue en raison de la composition très divisée du congres. En tête de leur ordre du jour se trouve un plan de gestion de la pandémie du coronavirus qui, selon les républicains et les démocrates, devra être adopté peu de temps après la prise de fonction de Biden fin janvier.

Joe Biden et sa vice-présidente élue Kamala Harris, feront un discours pour annoncer formellement ces nominations mardi à Wilmington, le fief du président élu, dans le Delaware.