Satellite Mohammed VI-B, l’œil de Rabat

Après le lancement réussi du premier satellite marocain, le Maroc récidive avec l’engin spatial Mohammed VI-B qui a été lancé avec succès dans la nuit du 20 au 21 novembre dernier. Lancé à partir du site Vega en Guyane française, le satellite Mohammed VI-B est un bijou qui fait du Royaume le premier pays à détenir une telle technologie de pointe. Il s’agit du deuxième satellite du programme Mohammed VI-A & B. Le premier ayant été lancé par Arianespace le 7 novembre 2017 à bord du même lanceur léger. Placé sur une orbite à 700 km du sol, le second satellite vient en complément au premier et fonctionneront en interaction. Si voisins l’Espagne et la Mauritanie suivent de près la «conquête de l’espace» initiée par le Maroc, l’Algérie, qui se livrait à une course effrénée à l’armement, se trouve largement dépassée par le Maroc puisqu’elle ne dispose que deux petits satellites Alsat 1 et 2. Il est donc clair que le Maroc pourra aussi apporter son aide aux pays frères et amis, surtout dans la région du Sahel, avec ce dispositif de surveillance. Cela n’empêche pas le Maroc de se montrer discret sur le sujet sauf quand ses intérêts sont menacés comme ce fut le cas avec l’ingérence du Hezbollah inféodé à l’Iran.


Les promoteurs de cette opération expliquent que la complémentarité du duo de satellites de télédétection spatiale Mohammed VI A&B, permettra aux ingénieurs et techniciens marocains chargés de sa gestion, d’assurer une couverture plus rapide des zones d’intérêt, et permettra aussi de fournir plus de 500 images par jour en haute résolution sur des superficies plus réduites. En effet, les deux engins spatiaux « serviront à appuyer les actions de secteurs clés du pays ». C’est le cas en l’occurrence de la prise d’images pour la cartographie et le cadastre, le suivi de l’évolution des espaces urbains et périurbains par les agences urbaines, des activités agricoles, de la prévention et la gestion des catastrophes naturelles et de la surveillance des changements climatiques et la lutte contre la désertification.

Cependant, la haute valeur ajoutée en matière de renseignement qu’apportera ce système n’est plus à démontrer. Pilotés depuis le Maroc, ces deux satellites seront gérés par 100 ingénieurs qui ont été formés à cet effet. Tous les deux sont capables de prendre 500 clichés d’une résolution allant jusqu’à 70 cm. Si le satellite Mohammed VI-A peut effectuer des rotations horizontales autour de la planète, le deuxième prendra des photos en faisant des rotations verticales avec un rayon de couverture plus large. Grâce à ces deux engins, le Maroc pourra actualiser sa base de données de la station terrestre toutes les heures. Après l’Afrique du Sud et l’Egypte, il est le troisième pays du continent à avoir les yeux sur la planète.

Le Royaume entend bien mettre à profit ces deux satellites pour «la sécurisation des frontières liée à la lutte contre les réseaux criminels (trafics illicites, terrorisme) et la surveillance du littoral (reconnaissance de navires et pollutions)», explique-t-on du côté des départements concernés.

Décidé par le Souverain en 2013, et piloté par du le Centre Royal de Télédétection Spatiale, le programme Mohammed VI A&B est réalisé par le consortium Thales Alenia Space en tant que mandataire et Airbus en co-maîtrise d’œuvre. Premier pays sur le continent africain à se doter d’une constellation de satellites, le Maroc met mal à l’aise se deux voisins immédiats : l’Espagne et l’Algérie. D’un coût de 500 millions d’euros, ce programme a déjà permis au Maroc de confondre le Polisario, le Hezbollah et l’Algérie qui coopéraient discrètement en avril 2018. Chargée de superviser ce genre de renseignements, la Direction générale des études et de la documentation (DGED) n’est pas la seule à bénéficier de ce programme. Le ministère de l’Intérieur (urbanisme), le Haut Commissariat aux Eaux et forêts (prévention des incendies et lutte contre la désertification) et le département de l’Agriculture exploitent également les informations fournies par les deux satellites.

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