Airbus

Live – Suivez en direct le «rendez-vous de l’industrie aéronautique»

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Avec la présence de Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie Verte et Numérique et des grands acteurs de l’industrie aéronautique au Maroc et le témoignage des leaders mondiaux du secteur se déroule en ce moment le « rendez-vous de l’industrie aéronautique ». L’occasion de faire le point sur l’importance économique et sociale de l’industrie aéronautique au Maroc, les avancées du Royaume dans ce domaine, ainsi que les perspectives de développement.

INTERVENANTS

MOULAY HAFID ELALAMY – Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie Verte et Numérique

STANDEAL
Vice-président exécutif de Boeing, président et directeur général – Boeing Commercial Airplanes (BCA) 

OLIVIERANDRIES
Directeur Général – SAFRAN 

SCOTTMcLARTY
Vice-Président Sénior – SPIRIT AEROSYSTEMS 

MIKAELHOUARI
Président Airbus Afrique et Moyen orient – AIRBUS/ STELIA 

KARIMCHEIKH
Président – GIMAS 

THIERRYMERLOT
Président Aéronautique Europe, Asie Pacifique, Moyen Orient, Afrique & Industrie – HEXCEL 

THOMASCORBEL
PDG – Le Piston Français «LPF» 

HAMIDBENBRAHIM
Président – MIDPARC / IMA 

ZAHIRABOUAOUDA
Présidente – MATIS 

STEPHENORR
Président de la Chambre de Commerce Britannique au Maroc & Vice-Président Sénior- SPIRIT AEROSYSTEMS 

HICHAMEL HABTI
Président – UM6P 

CHRISTOPEDELQUE
Directeur Général – SPACE AERO 

ADILJALALI
VP Ingénierie et Maintenance – RAM 

HOUDAFARRAHE
Directrice associée – ENGIMA 

RAOUFMOUSTAHSSINE
Gérant EFOA – Groupe WEARE 

BADREJAAFAR
Directeur Général – SERMP – GROUPE LPF 

SAIDBENHAJJOU
Secrétaire Général du GIMAS. Sponsor de l’écosystème Ingénierie, Vice président du cluster AMC en charge de l’innovation et projet collaboratif, Directeur Général -AVIARAIL 

Satellite Mohammed VI-B, l’œil de Rabat

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Après le lancement réussi du premier satellite marocain, le Maroc récidive avec l’engin spatial Mohammed VI-B qui a été lancé avec succès dans la nuit du 20 au 21 novembre dernier. Lancé à partir du site Vega en Guyane française, le satellite Mohammed VI-B est un bijou qui fait du Royaume le premier pays à détenir une telle technologie de pointe. Il s’agit du deuxième satellite du programme Mohammed VI-A & B. Le premier ayant été lancé par Arianespace le 7 novembre 2017 à bord du même lanceur léger. Placé sur une orbite à 700 km du sol, le second satellite vient en complément au premier et fonctionneront en interaction. Si voisins l’Espagne et la Mauritanie suivent de près la «conquête de l’espace» initiée par le Maroc, l’Algérie, qui se livrait à une course effrénée à l’armement, se trouve largement dépassée par le Maroc puisqu’elle ne dispose que deux petits satellites Alsat 1 et 2. Il est donc clair que le Maroc pourra aussi apporter son aide aux pays frères et amis, surtout dans la région du Sahel, avec ce dispositif de surveillance. Cela n’empêche pas le Maroc de se montrer discret sur le sujet sauf quand ses intérêts sont menacés comme ce fut le cas avec l’ingérence du Hezbollah inféodé à l’Iran.


Les promoteurs de cette opération expliquent que la complémentarité du duo de satellites de télédétection spatiale Mohammed VI A&B, permettra aux ingénieurs et techniciens marocains chargés de sa gestion, d’assurer une couverture plus rapide des zones d’intérêt, et permettra aussi de fournir plus de 500 images par jour en haute résolution sur des superficies plus réduites. En effet, les deux engins spatiaux « serviront à appuyer les actions de secteurs clés du pays ». C’est le cas en l’occurrence de la prise d’images pour la cartographie et le cadastre, le suivi de l’évolution des espaces urbains et périurbains par les agences urbaines, des activités agricoles, de la prévention et la gestion des catastrophes naturelles et de la surveillance des changements climatiques et la lutte contre la désertification.

Cependant, la haute valeur ajoutée en matière de renseignement qu’apportera ce système n’est plus à démontrer. Pilotés depuis le Maroc, ces deux satellites seront gérés par 100 ingénieurs qui ont été formés à cet effet. Tous les deux sont capables de prendre 500 clichés d’une résolution allant jusqu’à 70 cm. Si le satellite Mohammed VI-A peut effectuer des rotations horizontales autour de la planète, le deuxième prendra des photos en faisant des rotations verticales avec un rayon de couverture plus large. Grâce à ces deux engins, le Maroc pourra actualiser sa base de données de la station terrestre toutes les heures. Après l’Afrique du Sud et l’Egypte, il est le troisième pays du continent à avoir les yeux sur la planète.

Le Royaume entend bien mettre à profit ces deux satellites pour «la sécurisation des frontières liée à la lutte contre les réseaux criminels (trafics illicites, terrorisme) et la surveillance du littoral (reconnaissance de navires et pollutions)», explique-t-on du côté des départements concernés.

Décidé par le Souverain en 2013, et piloté par du le Centre Royal de Télédétection Spatiale, le programme Mohammed VI A&B est réalisé par le consortium Thales Alenia Space en tant que mandataire et Airbus en co-maîtrise d’œuvre. Premier pays sur le continent africain à se doter d’une constellation de satellites, le Maroc met mal à l’aise se deux voisins immédiats : l’Espagne et l’Algérie. D’un coût de 500 millions d’euros, ce programme a déjà permis au Maroc de confondre le Polisario, le Hezbollah et l’Algérie qui coopéraient discrètement en avril 2018. Chargée de superviser ce genre de renseignements, la Direction générale des études et de la documentation (DGED) n’est pas la seule à bénéficier de ce programme. Le ministère de l’Intérieur (urbanisme), le Haut Commissariat aux Eaux et forêts (prévention des incendies et lutte contre la désertification) et le département de l’Agriculture exploitent également les informations fournies par les deux satellites.

Macron au chevet de l’Iran

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Si les troubles qui secouent l’Iran depuis quelques jours sont du pain béni pour Washington, Israël et quelques pays du Conseil de la coopération du golfe, qui y voient une sorte de «printemps perse» et occasion rêvée pour faire tomber le régime des Mollahs, la position de Paris demeure vigilante à ce sujet. La France, principale bénéficiaire de l’ouverture économique de l’Iran après la levée partielle de l’embargo sur ce pays suite à l’accord sur le nucléaire, attend de voir plus clair dans cet imbroglio géopolitique pour pouvoir se prononcer sur un sujet aux ramifications régionales profondes et complexes.

En janvier 2017, il y a tout juste un an, le président iranien, Hassan Rouhani, se rendait en visite de travail à Paris. Plusieurs protocoles d’accords ont été signés entre les deux pays dans les domaines de l’aéronautique, agroalimentaire, pharmaceutique, textile et de l’industrie automobile. Une commande ferme de 127 Airbus au profit de Iran Air avait été annoncée et des projections sont à l’étude quant à l’extension de l’exploitation de certains champs d’hydrocarbures.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, devait se rendre en ce début d’année à Téhéran pour y préparer la visite du président Emmanuel Macron et la concrétisation des protocoles d’accords paraphés sous son prédécesseur François Hollande. Mais la zone de turbulences par laquelle passe l’Iran a obligé les deux pays, d’un commun accord, à reporter la visite de travail du chef de la diplomatie française en attendant une meilleure visibilité dans les semaines à venir.

Les intérêts de la France dans cette région du monde sont multiples, les uns aussi importants que les autres : militaires, énergétiques, géostratégiques (détroit d’Ormuz et delta de Chatt-el-Arab) et culturels. Et les rapports entre la France et l’Iran des Mollahs ne sont pas nés sur le tard. Ce sont en effet les services du SDECE (ancêtre de la DGSE), sous la houlette du puissant et influent Comte Alexandre de Marenches, qui ont abrité, surveillé, contrôlé et organisé le quartier général de Khomeini à Neauphle-le-Château durant toute la durée de son «exil» dans la région parisienne.

D’ailleurs, le Shah d’Iran, qui recevait régulièrement à cette époque-là un émissaire du Président français Valéry Giscard d’Estaing, en la personne de son ambassadeur et représentant personnel, Michel Poniatowski, en vue de régler le «dossier Khomeini», n’a jamais eu gain de cause auprès des autorités françaises.

Plus, les services de renseignement français appuieront les Mollahs par tous les moyens à préparer la révolution depuis le fief de Khomeini à Neauphle-le-Château jusqu’à presque l’«installer» officiellement au pouvoir en Iran : arrivé à Téhéran le 1 février 1979 dans un vol spécial affrété par le Quai d’Orsay, Khomeini était suivi par toute sa «cour» qui l’accompagnait à bord du Boeing 747 d’Air France retenu pour l’occasion par les autorités françaises.

Le geste du Commandant de bord français, Jean Mouy, tenant le bras de l’Ayatollah Khomeini pour l’aider à descendre les marches de la passerelle de l’avion, est d’une symbolique telle qu’elle reflète l’appui de la France à ce nouveau pouvoir qui venait de chasser la monarchie laïque et moderniste des Pahlavi.

Le commandant de bord français, Jean Mouy, tenant le bras de l’Ayatollah Khomeini pour l’aider à descendre les marches de la passerelle de l’avion d’Air France qu’il l’a transporté de Paris à Téhéran, le 1er février 1979.

Depuis quarante ans que Paris entretient bon an, mal an, des intérêts aussi stratégiques avec un pays aussi important que l’Iran, ce ne sont pas des «échauffourées» populaires qui vont aujourd’hui inquiéter la France sachant que cette dernière, pragmatique, place ses intérêts supérieurs avant toute considération. Et dans ce cas d’espèce, un Iran fort, qui vient de gagner de surcroît la guerre contre Daech aux côtés de la Russie, de la Syrie, de l’Irak et du Hezbollah, est un pays à soutenir et à appuyer, au risque de laisser place à l’inconnu. Macron l’a compris.