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YouTube marocain à l’étranger, fin des polémiques ?

Key points

  • Intervention de la diplomatie marocaine, par le biais de ses consuls à New York et Paris, pour mettre fin à des mois d’escalade et de polémiques qui se sont accélérées ses dernières semaines, après la plainte déposée par trois institutions sécuritaires nationales contre certains youtubeurs pour diffamation et propagation de fake-news.
  • ChoufTV, la 1er télé digitale du pays, au centre des polémiques et des attaques de la communauté YouTube à l’étranger est passée d’une moyenne de dizaines de vidéos par jour à deux vidéos par jour et ce depuis le 13 janvier 2021.
  • Condamnation en appel, ce mercredi 27 janvier, de la star de la chanson marocaine Dounia Batma à un an de prison ferme. La chanteuse a été reconnu coupable dans l’affaire dite «Hamza Mon BB» pour participation à l’accès frauduleux au système informatique de données, de diffusion d’images et de déclarations d’autrui sans consentement, de diffusion de faits mensongers dans le but de nuire à la vie privée d’individus et diffamation, ainsi que de chantage.

Pourquoi est-ce important:

Alors que l’affaire Hamza mon BB avait tenu en haleine et amusé les marocains durant plusieurs mois de par le caractère Gossip et voyeur des scandales d’artistes, de starlette et d’influenceurs, les décisions de justice favorisant la chanteuse Dounia Batma a provoqué une colère sourde d’un pan de la société marocaine devenue fan de Youtubeurs dont la majorité était installée à l’étranger.

Ce nouveau cercle d’influenceurs «anti-Batma», va trouver quelques mois plus tard un nouveau sujet de mobilisation de leurs abonnés. Il s’agit de l’affaire de l’ancienne officier de police Ouahiba Khourchech, en bras de fer juridique avec son ancien employeur.

Une vidéo publiée sur YouTube par la chaine ChoufTV, montrant l’ancienne officière de police et son avocat, le tonitruant Mohammed Ziane dans leur intimité, créera un mouvement de fond inédit dans la communauté des anti-Batma. Auxquels se rallieront quelques activistes disséminés sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années et qui donneront un caractère politique radical au mouvement.

La polémique va prendre de l’ampleur à tel point que le 30 décembre 2020, trois institutions sécuritaires nationales, la DGST, la DGED et la DGSN annonceront avoir déposé plainte, pour diffamation, auprès du procureur général près du parquet général près le tribunal de première instance de Rabat contre des personnes résidant à l’étranger.

Les trois institutions accusent ces youtubeurs d’injures des fonctionnaires en plein exercice de leurs fonctions, d’insultes et de diffamation des organisations et propagation des rumeurs et des fake news.

Une démarche dissuasive qui vise à contenir les badbuzz à répétition qui commençaient à écorcher l’image du pays et polluer les avancées importantes et historiques sur des dossiers stratégiques et vitaux du Royaume.

The big picture:

Le Maroc entame une année 2021 avec des engagements et des défis importants:

  • relance économique et sortie de la crise sanitaire,
  • synchronisation avec la nouvelle administration américaine,
  • bataille juridique sur le dossier du Sahara marocain,
  • reprise des relations avec Israël,
  • constitution d’un gouvernement légitime et crédible à l’issu des élections législatives.

Pour cela, le Royaume a besoin de l’unité de l’ensemble de ses citoyens et de la mobilisation et la sérénité de ses instituions. Les petites guéguerres sont improductives et ne profiteraient qu’aux adversaires et ennemies de la nation.

La révélation faite par le nouveau patron du BCIJ, Cherkaoui Habboub, faisant état du rôle décisif de la DGST dans l’interpellation de ce soldat américain dénommé «Col Bridges» embrigadé par Daesh, accusé de planification d’actes terroristes, notamment d’avoir comploté une attaque terroriste contre le mémorial du 11 septembre à Manhattan, à New York, n’est pas anodine. Elle recadre l’opinion publique nationale et internationale et rappelle l’importance de l’institution sécuritaire dirigée par Abdellatif El Hammouchi dans la lutte contre le terrorisme.

What’s next:

La médiation diplomatique, le réajustement dans les jugements de l’affaire «Hamz mon BB» et le profil bas de Chouf TV, sont des signaux faibles d’une décision prise par le plus haut sommet de l’Etat pour un apaisement durable dans l’écosystème du YouTube marocain.

Serait-il possible d’envisager une solution à l’amiable de l’affaire Ouahiba et Ziane? Un revirement qui devrait isoler les cas plus complexes d’activistes digitaux, notamment ceux de Zakaria Moumni, Mohamed Hajib et Radi Ellili.

L’avenir nous le dira.

Table ronde de Genève et sommet du G5-Sahel de Nouakchott, ou l’hypocrisie de la communauté internationale

Alors que se tenait à Genève une table ronde sur le Sahara, réunissant pour la première fois les pays impliqués dans le dossier du Sahara, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, en plus du front séparatiste du polisario, se tenait au même moment à Nouakchott, une autre réunion, non moins importante, celle des cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) qui coordonnent leur action en matière de développement et de sécurité au sein du G5 Sahel. Deux rendez-vous qui concernent la même région et les mêmes défis mais face à deux positions, deux dynamiques et intérêts diamétralement opposés de la “communauté internationale”. D’une part la France et l’Allemagne, qui s’engagent financièrement et diplomatiquement au sein du G5-Sahel, avec un échéancier précis et un rythme soutenu et, d’autre part, les mêmes pays qui se contentent de commenter l’ambiance et l’atmosphère “sereine” de la réunion de Genève. Ces pays agissent comme s’il n’était pas question de la même zone géographique et comme si le Sahara marocain était imperméable aux menaces qui planent sur la région en termes de sécurité, d’immigration illégale, de banditisme et de crimes transfrontaliers.

Pourtant, la résolution 2440 adoptée le 31 octobre 2018 par le Conseil de sécurité des Nations unies était on ne peut claire en considérant que «la solution politique de ce différend de longue date et le renforcement de la coopération entre les États membres de l’Union du Maghreb arabe contribueraient à la stabilité et à la sécurité dans la région du Sahel, ce qui créerait des emplois et favoriserait la croissance ainsi que des possibilités pour tous les habitants de la région

« Ambiance » vs « Programme d’investissement prioritaire »

Dans un communiqué publié le vendredi 7 décembre 2018, par le ministère français des Affaires étrangères, Paris a salué la tenue de la table ronde sur le Sahara, réitérant «son plein soutien» aux efforts des Nations unies en vue de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement agréée au sujet de cette question. Alliée et amie du Maroc, la France, qui est membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, n’a pas exprimé de position claire sur la marocanité du Sahara. Utilisant un vocabulaire diplomatique policé, frôlant parfois la langue de bois, Paris cherche souvent à épargner Alger, évitant d’irriter son ancien département colonial, tout en cédant aux caprices du polisario, à l’image de la ligne éditoriale de médias relevant pourtant du Quai d’Orsay.

Paradoxalement, le premier sommet exceptionnel des bailleurs de fonds du G5-Sahel, a bénéficié d’une dynamique autre. Son promoteur, Emmanuel Macron, a usé de toute son influence pour réunir à Nouakchott plusieurs bailleurs de fonds, principalement de Riyadh et d’Abu Dhabi. Le Président y tenait tellement qu’il a envoyé son ministre des Affaires étrangères, malgré un contexte interne rendu difficile avec le mouvement des Gilets jaunes.

Et contrairement à la « Table Ronde de Genève » où la communauté internationale cherchait uniquement le dégel, Paris et Berlin ont voulu des réalisations concrètes. A titre d’exemple, le montant des sommes réunies a largement dépassé les propres espérances du Président français. Un programme d’urgence de 260 millions d’euros  destiné au secteur de l’hydraulique, à la gestion des conflits intercommunautaires et à la sécurité intérieure, a été validé et adopté. La première phase de ce programme cibleront les régions du nord du Burkina Faso, du centre du Mali, des Hodh en Mauritanie, de Tillabéri au Niger et de Kanem au Tchad.

Même le Maroc, malgré ses ressources limitées, mais fort de son expertise, s’est mobilisé pour cette cause et a promis une aide financière substantielle et un accompagnement technique aux pays du G5 :

Entraînement militaire et coopération dans le renseignement

Pour faire face au retour des groupes terroristes, chassés du nord du Mali puis redéployés au centre du pays, ainsi qu’au Burkina et au Niger, attisant le feu des conflits intercommunautaires, le Maroc s’est proposé d’assurer l’entraînement des cadres militaires des pays concernés dans les académies et écoles du royaume, et la coopération pour le renforcement des capacités des pays du Sahel dans le renseignement et l’intelligence.

Transfert du savoir-faire marocain : Electrification, énergie renouvelable, agriculture et gestion des ressources hydriques

Le Maroc, qui était représenté par le chef de Gouvernement, Saad Eddine El Otmani, épaulé par le patron des services du renseignement extérieur, Mohamed Yassine Mansouri, a annoncé sa contribution au Programme d’investissement prioritaire, en réalisant des projets d’électrification des zones rurales frontalières par MASEN. Rabat contribuera également dans le cadre du projet « Desert to power » au déploiement de projets d’énergies renouvelables intégrées. Dans le domaine agricole, le Maroc accompagnera les jeunes exploitants agricoles et leur fournira une assistance pour la gestion intégrée des ressources en eau ainsi qu’un appui technique pour l’amélioration de la santé animale.

Pour le dossier Sahara : Débrouillez-vous !

Le dossier du Sahara s’enlise dans un contexte régional explosif, où les groupes terroristes de tous bords prennent place, fuyant les autres terrains de combat, Irak, Syrie, Libye, Yémen, Afrique centrale, et où la communauté internationale laisse fleurir un groupe armé appelé le Polisario qui, dans sa déchéance, est capable de pactiser avec le diable. Les ambitions iraniennes dévoilées, preuves à l’appui, au grand jour par le Maroc à la «communauté internationale» confirment cette crainte. Quand Téhéran, à travers les cadres du Hezbollah, décide de s’incruster dans le conflit du Sahara, en proposant ses services à un groupe séparatiste armé, aux frontières du Sahel, c’est toute la région qui est menacée. L’Algérie elle-même aurait, selon nos informations, déclenché l’état d’alerte après l’annonce de cette brèche aux frontières de son territoire.

Et pendant que le Maroc s’impatiente sans perdre le cap, en investissant toute son énergie pour trouver une solution politique à ce conflit artificiel, améliorer les conditions de vie des populations des provinces du sud et défendre, souverainement et jusqu’au bout, son intégrité territoriale, Paris préfère garder la pression sur Rabat, son allié historique, et aller chasser dans d’autres territoires, tout en sécurisant ses intérêts énergétiques et miniers en Algérie, au Niger et surtout en Iran.

Satellite Mohammed VI-B, l’œil de Rabat

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Après le lancement réussi du premier satellite marocain, le Maroc récidive avec l’engin spatial Mohammed VI-B qui a été lancé avec succès dans la nuit du 20 au 21 novembre dernier. Lancé à partir du site Vega en Guyane française, le satellite Mohammed VI-B est un bijou qui fait du Royaume le premier pays à détenir une telle technologie de pointe. Il s’agit du deuxième satellite du programme Mohammed VI-A & B. Le premier ayant été lancé par Arianespace le 7 novembre 2017 à bord du même lanceur léger. Placé sur une orbite à 700 km du sol, le second satellite vient en complément au premier et fonctionneront en interaction. Si voisins l’Espagne et la Mauritanie suivent de près la «conquête de l’espace» initiée par le Maroc, l’Algérie, qui se livrait à une course effrénée à l’armement, se trouve largement dépassée par le Maroc puisqu’elle ne dispose que deux petits satellites Alsat 1 et 2. Il est donc clair que le Maroc pourra aussi apporter son aide aux pays frères et amis, surtout dans la région du Sahel, avec ce dispositif de surveillance. Cela n’empêche pas le Maroc de se montrer discret sur le sujet sauf quand ses intérêts sont menacés comme ce fut le cas avec l’ingérence du Hezbollah inféodé à l’Iran.


Les promoteurs de cette opération expliquent que la complémentarité du duo de satellites de télédétection spatiale Mohammed VI A&B, permettra aux ingénieurs et techniciens marocains chargés de sa gestion, d’assurer une couverture plus rapide des zones d’intérêt, et permettra aussi de fournir plus de 500 images par jour en haute résolution sur des superficies plus réduites. En effet, les deux engins spatiaux « serviront à appuyer les actions de secteurs clés du pays ». C’est le cas en l’occurrence de la prise d’images pour la cartographie et le cadastre, le suivi de l’évolution des espaces urbains et périurbains par les agences urbaines, des activités agricoles, de la prévention et la gestion des catastrophes naturelles et de la surveillance des changements climatiques et la lutte contre la désertification.

Cependant, la haute valeur ajoutée en matière de renseignement qu’apportera ce système n’est plus à démontrer. Pilotés depuis le Maroc, ces deux satellites seront gérés par 100 ingénieurs qui ont été formés à cet effet. Tous les deux sont capables de prendre 500 clichés d’une résolution allant jusqu’à 70 cm. Si le satellite Mohammed VI-A peut effectuer des rotations horizontales autour de la planète, le deuxième prendra des photos en faisant des rotations verticales avec un rayon de couverture plus large. Grâce à ces deux engins, le Maroc pourra actualiser sa base de données de la station terrestre toutes les heures. Après l’Afrique du Sud et l’Egypte, il est le troisième pays du continent à avoir les yeux sur la planète.

Le Royaume entend bien mettre à profit ces deux satellites pour «la sécurisation des frontières liée à la lutte contre les réseaux criminels (trafics illicites, terrorisme) et la surveillance du littoral (reconnaissance de navires et pollutions)», explique-t-on du côté des départements concernés.

Décidé par le Souverain en 2013, et piloté par du le Centre Royal de Télédétection Spatiale, le programme Mohammed VI A&B est réalisé par le consortium Thales Alenia Space en tant que mandataire et Airbus en co-maîtrise d’œuvre. Premier pays sur le continent africain à se doter d’une constellation de satellites, le Maroc met mal à l’aise se deux voisins immédiats : l’Espagne et l’Algérie. D’un coût de 500 millions d’euros, ce programme a déjà permis au Maroc de confondre le Polisario, le Hezbollah et l’Algérie qui coopéraient discrètement en avril 2018. Chargée de superviser ce genre de renseignements, la Direction générale des études et de la documentation (DGED) n’est pas la seule à bénéficier de ce programme. Le ministère de l’Intérieur (urbanisme), le Haut Commissariat aux Eaux et forêts (prévention des incendies et lutte contre la désertification) et le département de l’Agriculture exploitent également les informations fournies par les deux satellites.

Nations Unies : Un dispositif marocain de choc pour faire avorter les manoeuvres de Pretoria et d’Alger

Quand Nasser Bourita s’accapare les micros et les pupitres à l’ONU, d’autres balisent le terrain et défrichent les champs minés par les adversaires du Maroc. Et quand Nasser Bourita, connu pour aimer travailler seul et faire le vide autour de lui, multiplie les entretiens protocolaires avec ses homologues étrangers, d’autres préparent les dossiers de fond, analysent les situations ad hoc et tentent d’anticiper les coups bas notamment ceux des délégations de l’Algérie et de l’Afrique du sud. Nasser Bourita, chef de la délégation marocaine à New York pour deux jours ne l’est plus depuis quelques heures, et c’est Saad Eddine El Othmani qui a été dépêché aux Nations unies pour représenter le Maroc aux travaux de la 73ème session de l’Assemblée générale. En plus du chef de la diplomatie marocaine, le chef du gouvernement sera épaulé dans cette mission par Mohamed Yassine Mansouri et Omar Hilale qui sont les véritables chevilles ouvrières de ce «commando» qui a dû faire face, lundi, à un examen difficile lors du Sommet de la paix Nelson Mandela, tenu à New York.

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Le général Abdelhak El Kadiri est mort

Le général de corps d’armée Abdelhak El Kadiri est mort, aujourd’hui, à la suite d’une longue maladie.

L’ancien directeur général de la DGED, hospitalisé à l’hôpital militaire de Rabat, était âgé de 82 ans.

Le général Abdelhak El Kadiri a travaillé, durant près de cinquante ans, sous les ordres de trois rois.

L’ancien Inspecteur général des Forces armées royales, formé à Saint-Cyr, faisait partie de la célèbre promotion militaire Mohammed V qui représentait le noyau dur de la jeune armée marocaine formée par le prince héritier Moulay Hassan Ben Mohammed Ben Youssef.

Il sera inhumé demain au cimetière Achouhada à Rabat, après la prière d’Addohr.

Le général Abdelhak El Kadiri admis en soins intensifs à l’hôpital militaire de Rabat

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Le général de Corps d’Armée Abdelhak El Kadiri, ancien inspecteur général des Forces Armées Royales, a été admis en soins intensifs à l’hôpital militaire de Rabat pour des complications cardiologiques apprend LE1 de source bien informée.

Âgé de 82 ans, le général Abdelhak El Kadiri a été, entre 1983 et 2001, directeur général de la DGED, service du renseignement extérieur marocain. Son état de santé est jugé ce soir «critique» selon ces mêmes sources.
Né en 1936 à El Jadida dans une famille adepte de la Zaouia Kadiria, il a fait ses classes primaires et secondaires au Collège Impérial aux côtés du Prince Moulay Abdellah.

Diplômé de Saint-Cyr et faisant partie de la célèbre Promotion Mohammed V qui a vu également éclore d’éminents officiers supérieurs tels les généraux Benslimane, Bennani, Loubaris et Achahbar, Abdelhak El Kadiri a intégré les FAR au lendemain de l’indépendance.

Aide de camp et proche collaborateur du Roi Hassan II au sein de la Maison Militaire du défunt souverain, il va ensuite diriger, durant presque 20 ans, la DGED au lendemain de la disparition du général Ahmed Dlimi dans un accident de la route à Marrakech, avant de se voir confier l’inspection générale des FAR en 2001.

Général 4 étoiles, homme de dialogue et d’écoute, fin négociateur, le général Abdelhak El Kadiri est unanimement apprécié et respecté au sein des FAR ainsi que par l’ensemble de la classe politique.

 

#FactCheck : Qui présidera le Conseil supérieur de sécurité ?

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Le Conseil supérieur de la sécurité institué par la Constitution de 2011, serait-t-il fin prêt ? Ou du moins la loi organique qui en détermine les attributions, la composition et les modalités de fonctionnement, en attendant le règlement intérieur qui en fixera l’organisation ? Plusieurs rapports avancent, dans ce sens, que la présidence de ce Conseil pourrait revenir à telle ou telle autre personnalité publique de haut rang, mais toutes ces hypothèses demeurent infondées car tout simplement contraires à la lettre et à l’esprit de la Constitution.

La Constitution du Royaume du Maroc stipule, dans son article 54, qu’il est institué un Conseil supérieur de sécurité dont la tâche principale est de veiller à l’institutionnalisation des normes d’une bonne gouvernance sécuritaire et s’érige également en instance ad hoc de concertation sur les stratégies de sécurité intérieure et extérieure du pays ainsi qu’en tant qu’organe central de gestion des situations de crise.

Et la loi fondamentale du Maroc est claire là-dessus : c’est le Roi en personne qui préside de jure le Conseil Supérieur de Sécurité. Et peut, exceptionnellement, sur la base d’un ordre du jour déterminé, déléguer la présidence d’une réunion du Conseil supérieur de sécurité au Chef du gouvernement.

Dans l’attente de la publication de la loi organique et le règlement intérieur du Conseil Supérieur de Sécurité pour en fixer les règles d’organisation et de fonctionnement, la Constitution du royaume a prévu textuellement les membres qui la composent de facto. Il s’agit du Chef du gouvernement, du président de la Chambre des représentants, du président de la Chambre des conseillers, du président-délégué du Conseil supérieur du Pouvoir Judiciaire, le ministre de l’Intérieur, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Justice et le ministre chargé de l’administration de la Défense nationale.

En outre, siègent de fait dans ce Conseil les officiers supérieurs des Forces Armées Royales, les responsables des administrations compétentes en matière de sécurité intérieure et extérieure (DGSN, DGST, DGED), et toute autre personnalité dont la présence est utile aux travaux dudit Conseil.

La nouveauté interviendra probablement quand le règlement intérieur du Conseil Supérieur de Sécurité sera dévoilé. Car le tant attendu texte réglementaire pourra mettre en place des fonctions support ou de coordination qui peuvent être, à ce moment-là, attribuées à des personnalités en vue dans le microcosme sécuritaire, mais la présidence du Conseil relève, constitutionnellement, du domaine réservé et régalien du Roi.

Abdellah El Hattach

Le général Hamidou Laânigri peaufine ses Mémoires

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Après avoir été durant des décennies un des hommes les plus puissants de l’Armée marocaine et des services secrets du royaume, et après avoir loyalement servi à la tête de la DST puis à la Direction générale de la sûreté nationale, on l’avait cru fini un certain jour de septembre 2006 lorsqu’il a été débarqué de son piédestal de la Police pour être nommé Inspecteur général des Forces auxiliaires. Mais ce militaire discipliné et aux nerfs d’acier a su renaître de ses cendres en faisant de son nouveau corps un corps moderne pour lequel il aspirait au meilleur. Mais tout s’arrêta net le 5 septembre 2011 quand il est victime d’un grave accident de voiture sur l’autoroute Marrakech-Casablanca alors qu’il se rendait à Rabat pour assister aux obsèques de la princesse Lalla Aïcha. Aujourd’hui, très affaibli et traînant de lourdes séquelles physiques, il serait sur le point de publier ses Mémoires pour y relater sa longue et riche expérience militaire, diplomatique, sécuritaire et de renseignement. Un témoignage pour l’Histoire.

Mais qui est cet homme qui fait éveiller tant de fantasmes ? Le grand public ne l’a connu réellement qu’après sa nomination à la tête de la DST en 1999 ; il a pourtant à son actif plus de trois décennies de faits d’armes. Quand le 30 septembre 1999 Hamidou Laânigri est nommé à la tête du service du contre-espionnage marocain, le puissant ministre de l’Intérieur, Driss Basri est au crépuscule de son pouvoir. Laânigri, pétillant d’énergie, est pour la première fois de sa carrière exposé aux lumières de la notoriété, lui qui a toujours travaillé dans l’ombre.

Envié, parfois haï, mal-aimé, craint, incompris, le général Laânigri ne fait jamais son travail à moitié. Issu de la mythique Ecole d’Ahermoumou, c’est un soldat qui sait et peut faire face à toute épreuve.

En effet, avant d’atterrir dans le contre-espionnage, le général Hamidou Laânigri venait tout droit du monde de l’espionnage proprement dit, à savoir la Direction générale des Etudes et de la Documentation dirigée à l’époque par le Général Abdelhaq Kadiri dont il était le numéro 2 depuis 1989.

Laânigri le diplomate

Rappelé précipitamment des Emirats Arabes Unis où il a passé plus de 10 ans auprès du Cheikh Zayed Ben Soltane Al-Nahyane, dont il était devenu le «conseiller à la sécurité», il pensait réintégrer la gendarmerie royale, son corps d’origine. Mais le destin en a voulu autrement : il est affecté à la DGED en qualité de directeur adjoint et principal collaborateur du général Abdelhaq Kadiri dont il gagne assez vite la confiance.

Durant les belles années à Abu Dhabi, Laânigri devient un interlocuteur privilégié des services secrets occidentaux et à leur tête la CIA. Il mettra ainsi à profit son riche carnet d’adresses américain pour mener à bien sa mission à la tête de la DST.

Ascension fulgurante

Issu d’une famille modeste de Meknès, Hamidou Laânigri est, tout d’abord, lauréat de l’Ecole des sous-officiers d’Ahermoumou au tout début de l’Indépendance du Maroc. Il est ensuite élève officier de l’Académie militaire de Meknès dont il sort sous-lieutenant. Et c’est grâce au général Driss Benomar que Hamidou Laânigri pourra intégrer la gendarmerie royale dans les rangs de laquelle il fera une brillante carrière. De Tanger à Casablanca en passant par Oujda et Kénitra, il est presque de tous les événements majeurs qu’a connus le Maroc dans son histoire contemporaine. Il est aussi un témoin privilégié des deux putschs avortés contre le Roi Hassan II en 1971 et 1972. Suite au premier coup d’Etat (Skhirat) il est présent durant les interrogatoires de plusieurs des cadets incriminés. Et une année après, suite à l’attaque manquée contre le Boeing royal, il est là, présent, sous les ordres du général Haj Abdessalam Negra quand celui-ci a reçu les instructions d’encercler la base aérienne de Kénitra pour arrêter les présumés putschistes.

En 1973, il se retrouve au cœur des événements dits de Moulay Bouazza sous les ordres du Colonel Hammou Arzaz beau-frère des généraux Ahmed Dlimi et Abdeslam Sefrioui. Sa rigueur et son ambition tapent à l’œil de Hassan II qui le placera désormais sous la coupe de Hosni Benslimane nouvellement nommé Commandant de la Gendarmerie royale. Benslimane, et après la Marche Verte en 1975, enverra Laânigri à l’étranger peaufiner sa formation, avant de lui confier, à son retour en 1977, le prestigieux commandement de la gendarmerie royale de Casablanca, du temps de Moulay Mustapha Belarbi Alaoui.

La campagne du Katanga

Et quand, la même année, l’Occident décide d’intervenir au Zaïre aux côtés de Mobutu Sésésékou dans la guerre du Katanga contre des rebelles angolais prosoviétiques, le Maroc envoie également un contingent : le colonel Hamidou Laânigri est du voyage. Il y reste deux ans durant lesquelles il a laissé les marques d’un soldat courageux, intelligent et d’un tempérament de fer. Sans même pouvoir défaire ses bagages à son retour au pays en 1979, que Hassan II lui ouvre la porte de la gloire. A cette époque où la Révolution Islamique Iranienne faisait peur aux Monarchies pétrolières du Golfe, le Cheikh Zayed Ben Soltane Al Nahyane président des Emirats Arabes Unis avait un besoin urgent d’un conseiller militaire. Hassan II lui proposa Laânigri. Cette expérience, qui a duré 10 ans, a permis au général d’étoffer son carnet d’adresses et, surtout, de renforcer sa maîtrise des arcanes diplomatiques, le sens de l’étiquette et de la bienséance loin de la rigidité de l’armée.

Années DGED, DST et DGSN

Le tremplin est ainsi tout trouvé pour mixer armée et diplomatie : le renseignement. Nommé en 1989 en qualité de numéro 2 de la DGED, il demeure, pendant près de 10 ans, le dynamo incontestable de ce service hautement stratégique dont il va maîtriser tous les rouages et les arcanes pour en devenir, réellement, la vraie tête pensante et gagner définitivement le cœur du Général Abdelhaq Kadiri qui en fait son poulain. Raison pour laquelle, au crépuscule de Driss Basri en 1999, Laânigri est tout à fait l’homme qu’il faut à la place qu’il faut pour hériter du service de contre-espionnage dirigé d’une main de fer, et sans partage, par Basri.

Le général Laânigri est nommé en 17 juillet 2003 à la tête de la Direction générale de la sûreté nationale. Une consécration. ». Il lance les Groupes urbains de sécurité, les postes de proximité et les unités mobiles. Un organisme central de lutte contre les stupéfiants est mis également en place.

Moins de trois ans après sa nomination à la tête de la police, le général Laânigri ne paraissait plus en phase avec les nouvelles orientations voulues pour le secteur. Il est tout naturellement déchargé de ses fonctions le 13 septembre 2006 pour être nommé Inspecteur général des Forces auxiliaires, fonction créée sur mesure pour ce général de Division hors-pair.

Super-Mokhazni

Ce corps fait partie des six armes du Royaume et dispose de la même importance stratégique que la gendarmerie royale, l’armée de l’air, la marine royale, l’armée de terre, et la garde royale. Cette véritable « petite armée » fonctionne en temps de paix comme des policiers, et en période de crise comme appui et support des Forces Armées Royales.

A la tête d’une armada de plus de vingt mille hommes composés essentiellement (en plus du Makhzen administratif et de la Garde municipale des préfectures et provinces de la région sud du royaume) de plusieurs Makhzen mobiles armés de MAS 36, de AK-47 et de FN MAG, et montés sur des engins blindés de type UR 416, et des Panhard AML 60, le général est fier de ses unités.

Et comme d’habitude, le général n’a pas lésiné sur les moyens en dotant les Forces auxiliaires d’outils modernes de communication et de transport, sans oublier un grand effort fourni au niveau des salaires des Mokhaznis qui ont été sensiblement revus à la hausse.

Il a en outre restructuré son Etat-major en créant un département du renseignement à l’instar de celui existant au sein de la police et de la gendarmerie et développé une chaîne chargée de la surveillance des frontières, maritimes et terrestres, sur des milliers de kilomètres.

Dans ses Mémoires, peut-être le général choisira-t-il de revenir sur tous ces événements phares de sa riche carrière ou, au contraire, nous surprendra-t-il par des faits tenus secrets jusqu’à ce jour et que l’on a hâte de découvrir.

Abdellah El Hattach

Mohamed Yassine Mansouri reprend en main le dossier libyen

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En voulant récupérer les accords de Skhirat en donnant l’apparence de les défendre, la Tunisie, l’Egypte et l’Algérie ont largement contribué à les saboter. La France aussi, en conviant au sommet tripartite du Château de La Celle Saint-Cloud le 25 juillet dernier le premier ministre libyen Fayez el-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar commandant en chef de l’Armée nationale libyenne, autour du président français Emmanuel Macron, est venue chasser dans le domaine réservé de l’Italie et tenté de mettre sur la touche le Maroc qui est derrière l’Accord de Skhirat. Aujourd’hui, c’est le service de renseignement extérieur marocain, DGED, qui a repris le dossier.

En mars dernier, le Parlement libyen rejetait, de facto, le document signé au Maroc sous l’égide de l’ONU en décembre 2015. En suspendant les activités du comité du dialogue qui travaillait sur la révision de l’accord de Skhirat, a provoqué une rupture dans le processus de paix interlibyen ; décision qui a menacé de déstabiliser les institutions et faire rentrer le pays dans l’inconnu.  

L’offensive militaire dirigée à l’époque par une coalition de milices extrémistes, appuyée par le gouvernement de Fayez el-Sarraj à Tripoli, avait permis à ces groupuscules de prendre le contrôle des vastes et riches champs pétroliers jusque-là détenus par le général dissident Khalifa Haftar, « seigneur » de l’est-libyen. C’est en exploitant ces développements sur le terrain militaire qu’intervenait l’immixtion de la Tunisie, de l’Algérie, de l’Egypte et des Emirats arabes unis dans le processus de paix – parrainé par l’ONU et le Maroc – en vue de perturber la bonne marche des négociations pour une révision de l’accord.

Entre temps, la direction générale des études et de la documentation, dirigée par Mohamed Yassine Mansouri, a repris le dossier en main. C’est lui qui a organisé la rencontre d’aujourd’hui à New York entre Nasser Bourita et son homologue libyen Mohamed Taha Siala à laquelle a assisté le patron de la DGED. Hier, la réunion avec le ministre italien des Affaires étrangères, Angelino Alfano, était justement axée sur le dossier libyen en plus des sujets relatifs à la sécurité dans la méditerranée.

LE1

Accompagné du patron de la DGED, Nasser Bourita rencontre Boris Johnson

Les rencontres marathon de Nasser Bourita à New York avec ses homologues étrangers se poursuivent sur un rythme effréné. Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale s’est ainsi entretenu en 24 heures avec quelque dix ministres des Affaires étrangères représentant quatre continents. La dernière rencontre en date a réuni le chef de la diplomatie marocaine avec son homologue britannique, Boris Johnson.

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C’est en présence du patron de l’espionnage marocain, Mohamed Yassine Mansouri, que le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita a eu, aujourd’hui une importante réunion avec le secrétaire du Foreign & Commonwealth Office, Boris Johnson.

Le Directeur général de la DGED, qui a également participé à quelques-unes des rencontres précédentes qui ont réuni ces deux jours Nasser Bourita aux ministres des Affaires étrangères du Lesotho, de Libye, de Madagascar, de Lettonie, d’Erythrée, de Jamaïque, de Pologne et d’Espagne, a eu une présence remarquée avec Boris Johnson aux côtés de Bourita. La Grande-Bretagne est membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU et principal allié européen des Etats-Unis d’Amérique.

En l’absence de l’ambassadeur Omar Hilale, représentant permanent du royaume aux Nations unies qui, en sa qualité de vice-président de la 72ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, présidait dans la salle plénière l’ouverture du débat de haut niveau qui a débuté, les entretiens entre Boris Johnson et sa délégation d’une part et, Nasser Bourita et Mohamed Yassine Mansouri d’autre part, ont porté sur la situation globale internationale, celle de la sécurité dans la région, l’affaire du Sahara et la lutte contre le terrorisme.

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