Nissan s’installe en Algérie

Le feuilleton juridique qui oppose Carlos Ghosn à Nissan ne faisant que commencer, le constructeur japonais annonce l’installation de sa première usine d’assemblage en Algérie dans le cadre d’une joint-venture avec un partenaire local pour un coût de 160 millions de dollars. Les capacités du site devraient atteindre 63 500 unités à l’horizon 2022.


Suite à l’obtention de l’approbation du gouvernement algérien le 06 décembre 2018, lors de la réunion du Conseil National de l’Investissement présidé par le premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, Nissan Motor Co. Ltd. et le Groupe Hasnaoui vont créer une joint-Venture dénommée Groupe Hasnaoui Automotive Production SAP, au cours des prochaines semaines dont l’aboutissement premier sera une usine de production totale annuelle estimée à 63 500 véhicules touristiques et utilitaires légers, annoncent les responsables des deux entités. L’unité sera érigée dans la région d’Oran (dans la commune de Tafraoui selon les médias algériens).

Quatre modèles seront assemblés sur place

Non encore divulgués par les promoteurs du projet, quatre modèles seront assemblés à l’usine algérienne de Nissan. Mais des sources locales évoquent la citadine Micra, la berline Sunny, le pic-up Navara, et le SUV Qashqai. La production devrait être entamée au cours du premier semestre 2020. Le projet devrait créer 1800 emplois.

Comme l’exige la législation algérienne, le partenaire local de Nissan détiendra une participation majoritaire dans le projet.

Il faut rappeler aussi que l’Algérie interdit les importations de voitures dans le cadre d’une tentative de freiner les sorties de devises, en raison notamment de la diminution des recettes pétrolières et gazières, principale source de financement de l’État.

L’Algérie sur les pas du Maroc

Dans leur communiqué, les responsables du projet annoncent que «pour accompagner l’usine, les responsables prévoient le déploiement d’un écosystème fait de sous-traitants, locaux et en partenariat, capable de répondre aux standards de la marque». La sémantique utilisée dans cette communication reprend largement la stratégie des écosystèmes marocains dans ce secteur, fer de lance du plan d’accélération industrielle porté par Moulay Hafid Elalamy.

Face à l’avance prise par le royaume dans l’assemblage automobile, et soucieuse de diversifier son économie face à la chute des prix du pétrole, source de 95% de ses devises, la filière automobile est devenue une priorité pour l’Algérie. Une filière embryonnaire, née en 2014 d’un partenariat entre les autorités et Renault, qui a ouvert sa première usine “made in Algeria”, dans la région d’Oran. Après ce fut le tour Sud-Coréen Hyundai et l’Allemand Volkswagen d’ouvrir des usines de montage respectivement à Tiaret et Relizane, à plus de 300 km au sud-ouest d’Alger.

Alger qui oblige les concessionnaires à se doter d’une unité de production locale pour réduire la facture des importations, compte aussi beaucoup sur le constructeur automobile français PSA avec lequel trois sociétés algériennes ont signé une JV en novembre 2017 pour un investissement de l’ordre de 100 millions d’euros.

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