Sahara Marocain - Page 2

Alon Ushpiz : Nos accords avec les marocains consistent en l’ouverture des bureaux de liaison

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Interviewé par la télévision publique israélien, le Directeur Général du ministère des affaires étrangères de l’Etat hébreu, a affirmé que les accords conclus avec le Royaume du Maroc consistent à rouvrir les bureaux de liaison dans les meilleurs délais.

Les grandes lignes des accords de reprises des relations entre le Maroc et Israël se dessinent après les sorties médiatiques des responsables israéliens.

Il s’agit notamment des déclarations du porte-parole auprès des médias arabes du bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahu, Ofir Gendelman, et du Directeur général du ministère des affaires étrangères, Alon Ushpiz. Le premier s’est exprimé devant les caméras de la chaine émirati Skynews arabic et le second à la télévision publique de son pays Kan News.

Ce qu’il faut retenir de ces déclarations et que le Maroc et Israël se sont mis d’accord pour :

  1. rouvrir leurs bureaux de liaison respectifs. Alon Uspiz révèle que le Maroc détient un bien immobilier en Israël et que l’Etat hébreu possède un immeuble à Rabat. ces deux propriétés serviront de centres d’activité de chaque pays. Le détail de la réouverture de ces bureaux de liaison ont été discutés avec Mohcine Jazouli, ministre délégué chargé de la coopération africaine.
  2. ouvrir une ligne aérienne directe et exempter de visa les porteurs de passeports de service.
  3. signer des accords de coopération notamment dans l’eau et les investissements.

Par ailleurs tout porte à croire que la reprise des relations entre les deux pays garderont un cachet spécifique que ceux signés avec les Emirats arabes unis et le Bahreïn.

Jared Kushner : «Nous avons été en contact permanent avec le roi Mohammed VI et son équipe, depuis le Iftar de 2019»

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L’interview évènement de Jared Kushner et de Meir Ben-Shabbat, accordé à Ahmed Charai, vient d’être mis en ligne sur les supports du groupe média que dirige l’éditorialiste. A quelques heures de l’atterrissage du vol EL AL LY555, en provenance de Tel-Aviv, transportant la délégation conjointe américano-israélienne, les déclarations des deux responsables offrent des clés de lectures au public marocain pour mieux cerner les enjeux de la reprise des relations entre Rabat et Tel-Aviv. Ci-après quelques passages.

Dans son interview exclusif donné à M. Charaï, Jared Kushner a défendu le bilan de Trump sur le Moyen-Orient. « Lorsque le Président Trump est entré en fonction pour la première fois, la région était en désordre. L’EI était endémique, l’Iran et ses mandataires faisaient des ravages, et nos alliés et partenaires étaient aliénés. Nous avons travaillé dur pour rétablir la confiance avec nos partenaires régionaux et identifier les intérêts communs, en les éloignant des conflits du passé.» a-t-il répondu à une question de Moulay Ahmed.

Interpellé sur les coulisses de l’accord avec le Maroc, Kushner déclare que le roi Mohammed VI lui a prodigué d’excellents conseils et qu’il avait gardé un contact permanent avec le souverain et son équipe.

Au sujet du Sahara, le Conseiller spécial de Donald Trump, affirme que les États-Unis estiment que le plan d’autonomie du Maroc est la seule option réaliste pour parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable du différend sur le Sahara.

Meir Ben-Shabbat : «Nos pères ont vécu au Maroc dans la sécurité, la sérénité et la prospérité»

Le président du Conseil national de sécurité de l’Etat d’Israël, Meir Ben-Shabbat, et chef de la délégation israélienne en visite demain au Maroc, a insisté lors de son entretien avec Ahmed Charai sur les relations culturelles séculaires entre le peuple juif et le Royaume tout en rappelant ses origines marocaines.

«Plusieurs citoyens israéliens d’origine marocaine espéraient ce moment», s’est-il félicité.

Et d’ajouter : «Plusieurs enfants de la deuxième et troisième génération de juifs marocains, qui ont émigré en Israël, dont moi-même, conservons toutes nos traditions juives marocaines. Nous les vivons dans nos maisons».

«Les relations profondes entre la monarchie et le peuple marocain sont connues à travers le monde. Elles seront un pont entre nos deux pays et les fondations de la paix entre les deux peuples.» a affirmé le conseiller à la sécurité nationale de Netanyahu.

A la question de l’inauguration du premier vol commercial entre Tel-Aviv et Rabat, M. Ben-Shabbat confie à M. Charaï, que «ce jour est exceptionnel et pas uniquement pour son aspect diplomatique».

«Mon regretté père le rabbin Makhlouf Khalifa et ma mère Aziza, que Dieu lui accorde longue vie ainsi que mes grands frères sont tous nés au Maroc. C’est là qu’ils ont grandi et fait leurs premiers apprentissages avant d’arriver en Israël.» a-t-il poursuivit.

D’autres révélations inédites sont à découvrir sur les supports du groupe média présidé par M. Charai, notamment sur L’Observateur et Al Ahdath.

Coopération militaire entre le Maroc et la Mauritanie

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La commission militaire mixte mauritano-marocaine a tenu, lundi à Nouakchott, sa deuxième réunion sous la présidence du chef d’état-major général des Armées mauritaniennes, Général de Division, Mohamed Ould Bamba Ould Meguett, et l’Inspecteur général des Forces armées royales, le Général de corps d’armée Abdelfattah Louarak, en visite en Mauritanie.

MAP

Cette deuxième rencontre de son genre entre les deux parties a pour objectif de renforcer les relations de coopération mauritano-marocaine dans les domaines militaires et sécuritaires, ainsi que les perspectives de développement de cette coopération, rapporte l’Agence mauritanienne d’information (AMI).

Cette réunion s’inscrit dans le cadre de la visite de trois jours que M. Abdelfattah Louarak effectue en Mauritanie à la tête d’une importante délégation, ajoute la même source.

Ont pris part à cette réunion le chef d’état-major de la marine nationale mauritanienne, le directeur de l’Armement, les chefs des 2ème et 3ème bureaux et plusieurs officiers supérieurs de l’état-major général des Armées ainsi que la délégation des forces armées royales marocaines accompagnant l’Inspecteur général des Forces armées royales, le Général de corps d’armée.

Ahmed Charaï : Israël peut changer et l’amertume des vieux peut être remplacée par l’espoir des jeunes

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Analyste et fin observateur des relations américano-marocaines et de la géopolitique au Moyen-Orient, Ahmed Charaï, a réussi à couper l’herbe sous les pieds des adversaires du Maroc au sujet de l’accord de reprise des relations entre Rabat et Tel-Aviv décidé par le Roi Mohammed VI. L’éditorialiste n’a pas laissé champs vide à la propagande du polisario qui a investi les médias israéliens en publiant des opinions et analyses mettant en avant le rôle décisif du Royaume à faire progresser la paix dans la région.

A la lecture des articles d’opinion d’Ahmed Charaï sur Israel Hayom, Jerusalem Post ou National Interest, destinés au premier abord au lectorat américain et israélien, l’évolution actuelle des évènements prend tout son sens : dévoilant le pragmatisme, la sagesse et l’ouverture du Maroc dans la gestion de ses relations avec Israël mais aussi avec l’ensemble des pays du Moyen-Orient.

Les récits et les faits apportés par M. Charaï, démontrent également que, certes la politique de Jared Kushner qu’il a qualifié de «Disrupteur créatif» a réussi à faire bouger les lignes et à faire adhérer Donald Trump et les dirigeants arabes, le Maroc est resté maître de sa décision et de son planning, de par les relations fortes qu’il a gardé avec la communauté juive marocaine. Lesquelles relations ont été préservées grâce à l’engagement et la protection de la commanderie des croyants, de tous les croyants.

Des siècles d’histoire partagée garantiront la survie de la paix entre le Maroc et Israël

«Certains observateurs ont diminué le nouvel accord comme étant simplement la formalisation d’un partenariat de fait entre le Maroc et Israël datant de 60 ans» a réagit M. Charaï à certaines voix qui essayent d’installer l’idée que l’accord n’est qu’une formalité sans histoire ni sens.

L’éditorialiste rappelle que la coopération fructueuse entre le Maroc et Israël, notamment en matière de renseignement et de sécurité, découle du fait des liens de sang qui rapprochent les deux pays. En effet, l’état hébreu compte 1 million d’Israéliens d’origine marocaine très attachés au seul pays en dehors d’Israël, où le code de la famille des citoyens juifs est régi par les dispositions du droit hébraïque. Le pays où le roi Mohammed VI est désigné «Commandeur des fidèles» par les juifs et les musulmans.

Le Roi Mohammed VI, poursuit M. Charaï, a d’ailleurs donné ses hautes instructions, durant ces dernières années, pour que le gouvernement marocain accélère la réhabilitation du patrimoine juif dans les villes du Royaume, dans le cadre de la réconciliation du pays avec son identité plurielle ainsi que pour promouvoir le rapprochement juif-musulman à l’échelle mondiale.

L’éditorialiste reconnaitra le rôle important de feu Hassan II, considéré comme le principal architecte du premier accord de paix entre l’Égypte et Israël. Un engagement maintenu par son fils, le roi Mohammed VI pour faire progresser le rapprochement israélo-arabe – qui de plus affiche la même volonté de le faire discrètement.

«Les observateurs israéliens d’un certain âge se rappelleront le sens politique du défunt père du roi actuel, Hassan II, qui a travaillé sans relâche pour favoriser le rapprochement entre Israël et ses voisins, y compris les Palestiniens. Il l’a fait en privé et en public, facilitant dans les coulisses chaque initiative majeure, de Camp David à Oslo. Le roi Hassan II est considéré comme le principal architecte du premier accord de paix entre l’Égypte et Israël.» a-t-il écrit.

Résistances à la transition vers des relations formelles entre le Maroc et Israël

M. Charaï n’a pas caché l’existence de résistance diverses à la transition vers des relations formelles entre Rabat et Tel-Aviv.

«La transition vers des relations formelles n’était pas inévitable. Un tiers de la population marocaine s’identifie actuellement aux mouvements et partis islamistes qui continuent de rejeter le droit d’Israël à exister.» a-t-il constaté.

Et de poursuivre, « l’activisme anti-normalisation reste une facette importante de notre culture, qui a trouvé son expression il y a moins de cinq ans dans un projet de loi parlementaire qui allait rendre criminel d’engager les citoyens israéliens de quelque manière que ce soit. »

A ce sujet, le Roi Mohammed VI qui a toujours plaidé pour l’ouverture et l’acceptation de l’autre, a lancé une réforme, avant même la décision de reprise des relations diplomatiques avec Israël, décrite par certains comme un « tsunami » : l’histoire et la culture de la communauté juive vont bientôt être enseignées aux élèves marocains. Les premiers cours, en langue arabe, seront dispensés au prochain trimestre en dernière année de primaire, où l’âge des élèves tourne autour de 11 ans, selon le ministère marocain de l’Éducation nationale.

Pour accompagner ces efforts du Roi Mohammed VI, M. Charaï estime que dans le système politique multipartite dynamique du royaume, «une direction politique inébranlable sera nécessaire pour mener à bien le processus diplomatique et garantir que l’accord remporte un large soutien populaire».

M. Charaî reste toutefois confiant, en affirmant que la paix entre le Maroc et Israël trouvera ses mécontentements, certes, à la fois au sein du royaume et ailleurs. Mais sa base solide – des siècles d’histoire commune – lui permettra de survivre à ses détracteurs.

La déclaration de la Maison Blanche reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le territoire saharien, un coup dur pour les séparatistes du Polisario

Aux critiques de certaines voix de gauche «qui dépeignant les revendications marocaines sur le territoire du Sahara comme quelque peu en décalage avec les normes internationales et que la reconnaissance de Washington de la marocanité de ses provinces du Sud était une offre qu’il ne pouvait refuser », Ahmed Charaï, précise que les grandes puissances se sont rapprochées de plus en plus de la position marocaine sur le dossier et ce depuis 2007. Date à laquelle, le royaume a proposé son initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie pour la région du Sahara, dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Une initiative alimentée d’un attachement indéfectible du Royaume à son intégrité et unité territoriale, du soutien d’une grande majorité des marocains et d’un pragmatisme largement loué par la communauté internationale.

D’ailleurs, explique M. Charaï, l’ONU et l’UE ont présenté le plan marocain comme «sérieux et crédible», et même la Russie et la Chine, alliées de longue date du principal soutien du Polisario, l’Algérie, ont exprimées leur intérêt pour une «solution politique» qui s’inspirerait de la proposition marocaine.

«Il n’est pas étonnant que les États-Unis reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara ou que la communauté internationale juge crédible son initiative, au moment où l’enclave du Polisario au-delà des frontières du Maroc reste un lieu de pauvreté et de souffrance et une plaque tournante du terrorisme» souligne l’éditorialiste. Une misère, poursuit-il qui contraste avec le développement important de la partie marocaine du Sahara qui a profité de plusieurs milliards d’investissements, transformant le territoire en un lieu de vie digne pour les femmes et les hommes du peuple sahraoui.

Israël peut aussi changer et l’amertume des vieux peut être remplacée par l’espoir des jeunes

«Le monde arabe n’a jamais été monolithique», écrit Ahmed Charai sur Israel Hayom. «Si l’unité du monde arabe ne soutient pas une impasse qui dure depuis un demi-siècle, les Palestiniens devront réajuster leurs stratégies» a-t-il affirmé.

Face à ce changement de paradigmes dont font face les pays arabes, M. Charaï estime qu’Israël peut aussi changer. «Le commerce, l’échange de biens et d’idées, peut forger de nouvelles connexions entre les jeunes et les ambitieux des deux côtés. Avec le temps, l’amertume des vieux peut être remplacée par l’espoir des jeunes» suggère l’éditorialiste.

Dans mon pays, poursuit-il, «des millions de jeunes en ont assez des idéologies extrémistes et xénophobes et veulent les opportunités et les avantages que seuls la paix et le partenariat peuvent apporter. Ils voient en Israël un partenaire solide pour développer leur économie, diffuser des opportunités et assurer l’avenir du Maroc».

Jared Kushner le «Disrupteur créatif» qui a fait bouger les lignes

M. Charaï a par ailleurs insisté dans ses analyses de louer le rôle décisif de Jared Kushner dans ce processus de paix.

« Il n’est donc pas possible de comprendre pleinement la nouvelle décision remarquable du Royaume du Maroc sans reconnaître un changement catalyseur: le rôle joué par Jared Kushner en tant que «Disrupteur créatif» de décennies d’une diplomatie conventionnelle » a-t-il écrit sur The Jerusalem Post.

Le Maroc étant désormais le quatrième pays arabe à atteindre de nouveaux termes avec Israël en autant de mois, il devrait être clair que la vision stratégique de Kushner d’une approche régionale – longtemps jugée comme «naïve» – a porté ses fruits. « Il appartient aux décideurs politiques d’examiner et de tirer des leçons de l’approche de Kushner afin de s’en inspirer dans les années à venir » a-t-il souligné.

Sur Israel Hayom, M. Charaï estime que les années de négociation patiente et silencieuse en coulisse de Kushner ont porté leurs fruits. « Jetant les scripts désuets des discours passés, il écoutait, il apprenait, il résumait pour montrer sa compréhension et il posait de nouvelles questions. Kushner a réussi à faire adopter sa vision. » s’est-il félicité.

Comptez-moi parmi ceux qui croient depuis longtemps qu’une normalisation totale mérite une chance

«Comptez-moi parmi de nombreux Arabes qui croient depuis longtemps que la paix entre les Arabes et Israël, grâce à une normalisation totale mérite une chance – même si l’un des rares à le dire publiquement. J’ai soutenu ce point de vue à la surprise de nombreux amis américains, israéliens et palestiniens» s’est confié Ahmed Charai sur les colonnes d’Israël Haoym.

L’éditorialiste confiant dans la base solide des siècles d’histoire commune et de la dynamique de la jeunesse, à même de maintenir la paix entre le Royaume et Israël, invite d’une part, l’État hébreu à bénéficier de la destination Maroc prisée pour le tourisme, le commerce et l’enrichissement culturel et un point d’ancrage sur le continent africain et d’autre part, les Palestiniens, de compter sur le Maroc et son Roi pour défendre leurs droits et à leur bien-être.

La diplomatie de Jared Kushner, entre normes bousculées et concessions inattendues

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Quand Donald Trump charge son gendre Jared Kushner de parvenir à «l’accord ultime» entre Israël et les Palestiniens, le scepticisme et le sarcasme dominent. Nous sommes début 2017, et le jeune conseiller spécialisé dans l’immobilier new-yorkais n’a aucune expérience sur la scène internationale.

Avec AFP

Près de quatre ans plus tard, cette paix-là se fait toujours attendre.

Mais de cet échec sont nés d’autres accords en cascade qui font éclater au grand jour les mutations du Moyen-Orient.

A force de normes bousculées, d’amitiés naissantes et de concessions inattendues, la diplomatie parallèle et transactionnelle de Jared Kushner a ainsi offert au président américain une percée inespérée au bout de son unique mandat: la reconnaissance historique de l’Etat hébreu par quatre pays arabes, une première depuis plus de 25 ans.

Les débuts de cette improbable entreprise sont à certains égards prometteurs.

Au fond, toutes les tractations classiques ont échoué et Donald Trump arrive avec une certaine virginité diplomatique et une soif certaine d’entrer dans l’Histoire.

La diplomatie Kushner, c’est une base sur laquelle on peut bâtir quelque chose

David Makovsky

Jared Kushner, qui n’a alors que 36 ans, s’entoure d’une toute petite équipe, avec Jason Greenblatt, l’ex-juriste de la Trump Organization, et David Friedman, avocat spécialiste des faillites nommé ambassadeur américain en Israël.

«Ce dont a besoin un médiateur au Moyen-Orient, c’est d’une autorité indubitable», souligne Dennis Ross, qui a joué ce rôle auprès de Bill Clinton: “Vous devez avoir clairement le soutien absolu du président”.

Et Kushner, mari d’Ivanka Trump, la fille chérie du président, «avait cette autorité», dit-il à l’AFP. Un statut qui le catapulte en homme des missions impossibles, avec son assurance, son ton posé et son impeccable raie sur le côté.

La «task force» a donc carte blanche.

Bouger les lignes

«Nous faisons bouger les lignes pour présenter quelque chose de beaucoup plus gros», se vantera plus tard, auprès de l’AFP, un de ses membres. Le même revendique le silence radio autour des intentions du trio: les alliés sont tenus à l’écart pour éviter les fuites, et même le secrétaire d’Etat Mike Pompeo n’est pas pleinement impliqué.

Les Palestiniens, eux, jouent le jeu, bien que refroidis par le profil de ces médiateurs réputés proches d’Israël. Ils enchaînent, selon l’un de leurs négociateurs, «32 rencontres avec l’équipe Kushner».

Mais rapidement, ils déchantent. «Ils ne nous demandaient jamais notre avis sur les questions-clés», se souvient ce diplomate.

Et dès fin 2017, c’est la rupture.

Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël, première d’une longue série de décisions unilatérales favorables à l’Etat hébreu en forme de coups de canif au consensus international. L’Autorité palestinienne coupe les ponts.

Sans interrompre leurs navettes, les émissaires américains contournent Ramallah.

Jared Kushner rompt le jeûne du ramadan avec le roi au Maroc et multiplie les messages WhatsApp avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane — poussant le Tout-Washington à s’indigner de l’amitié avec ce «MBS» critiqué par les défenseurs des droits humains.

«Ils savent écouter», se réjouit un diplomate israélien. «Ils ont une vision régionale plus large, ils discutent avec les Etats arabes et veulent qu’ils participent.»

Le puzzle prend forme.

«Ils voulaient utiliser les Arabes pour faire pression sur les Palestiniens», explique aujourd’hui Dennis Ross. «Ça n’avait aucune chance de marcher.»

Win-Win

De fait, la chaise palestinienne est vide lorsque Donald Trump dévoile enfin, début 2020, sa «vision» pour la paix qui fait la part belle aux positions du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, bien présent à ses côtés.

Kushner utilise alors le spectre d’une annexion israélienne des colonies en Cisjordanie pour convaincre les Palestiniens d’accepter un Etat réduit à sa portion congrue. Sans succès.

Mais selon Dennis Ross, «l’ironie de l’histoire veut que cette tactique ait fonctionné auprès des Emirats arabes unis».

Durant l’été, le prince héritier d’Abou Dhabi cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane offre un tournant à Washington: il propose d’établir des relations diplomatiques avec Israël, confirmant un rapprochement déjà bien entamé en coulisses.

En échange, «MBZ» réclame que Netayahu renonce à l’annexion. Surtout, il veut que les Etats-Unis vendent aux Emirats des chasseurs ultrasophistiqués F-35 qu’ils leur refusaient jusque-là pour préserver la supériorité militaire israélienne.

C’est un déclic pour d’autres pays arabes, qui entrevoient la possibilité d’arracher des gestes aux Américains tout en formant un front uni contre l’Iran, l’ennemi commun.

«Ce n’était pas la politique initialement imaginée par Kushner, mais il a su saisir l’opportunité quand elle s’est présentée», estime Dennis Ross.

De l’exemple émirati, l’émissaire présidentiel va en faire un modèle, «mettant dans la balance des concessions bilatérales qui avaient traditionnellement une importance pour les Etats-Unis», relève David Makovsky, du Washington Institute for Near East Policy.

Le Soudan obtient son retrait de la liste noire sur le terrorisme, Bahreïn un renforcement des relations avec les Etats-Unis, et le Maroc la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le Sahara occidental.

Ces donnant-donnant parfois précipités font grincer des dents.

Mais au final, ces «accords d’Abraham» contribuent à redessiner le paysage moyen-oriental.

La diplomatie Kushner? «C’est une base sur laquelle on peut bâtir quelque chose», estime David Makovsky. «Ce que j’espère, c’est qu’une nouvelle administration apportera son grain de sel et tente aussi d’ajouter un volet palestinien.»

Les États-Unis adoptent officiellement la carte complète du Royaume Maroc

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L’ambassadeur des États-Unis au Maroc, David T. Fischer, a présenté ce samedi 12 décembre, la nouvelle carte officielle du Royaume du Maroc adoptée par l’administration américaine. L’ambassadeur compte offrir cette carte signée par ses soins au roi Mohammed VI.

Quarante huit heures après la décision des États-Unis de reconnaitre la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, l’ambassadeur américain à Rabat, David T. Fischer, a organisé ce samedi soir une cérémonie durant laquelle il a procédé à une représentation tangible de la proclamation de la marocanité du Sahara en signant la nouvelle carte officielle adoptée par Washington du Royaume du Maroc. Une carte qui inclue désormais l’ensemble du territoire du Sahara.

«Je suis heureux de vous présenter la nouvelle carte officielle du gouvernement des États-Unis du Royaume du Maroc», a annoncé David T. Fischer devant l’assistance, avant d’apposer sa signature sur la carte et plus précisément sur la région du Sahara.

«Je compte offrir cette carte en cadeau à Sa Majesté le Roi Mohammad VI, en reconnaissance de son audacieux leadership et de son soutien continu et inestimable à la profonde amitié entre nos deux nations» a annoncé l’ambassadeur américain.

L’ambassadeur a souligné également que cette carte constitue «une représentation tangible» de la proclamation faite jeudi dernier par le président américain Donald Trump sur la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Fischer a ajouté qu’il ferait d’autres annonces d’événements importants dans les prochains jours en faveur de la consolidation du partenariat entre les deux pays.

Le journal «The New York Times» avait annoncé ces derniers jours que les Etats-Unis vont investir 3 milliards de dollars au Sahara dans des projets liés aux énergies renouvelables, aux banques et au tourisme, une information qui n’a pas encore été confirmée.

Jeudi dernier, Trump a annoncé la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara, matérialisée par l’ouverture d’un consulat US à la ville de Dakhla.

Ambassadeur américain David Fischer : La reconnaissance de la souveraineté du Royaume sur le Sahara est un pas pour le renforcement du partenariat stratégique US-Maroc

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Suite à la promulgation du décret présidentiel statuant la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, et l’accord du roi Mohammed VI d’entreprendre des mesures concrètes dans le processus de reprise des relations économiques et politiques avec Israël, l’ambassadeur américain au Maroc, David T. Fischer, a publié une déclaration où il rappelle les relations privilégiées entre son pays et le Royaume et salue le leadership de grande envergure du roi Mohammed VI.

«Aujourd’hui, le président Donald Trump a signé une proclamation reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Le Maroc et Israël – deux des alliés les plus proches de notre pays – ont également convenu d’améliorer considérablement leurs relations
» a introduit l’ambassadeur américain à Rabat, David Fisher, son «statement» publié en arabe et en anglais sur la page officielle de son ambassade.

Ce sont des annonces passionnantes qui représentent des jalons véritablement historiques dans la relation déjà forte entre le Maroc et les États-Unis, construite sur plus de deux cents ans d’amitié, s’est félicité l’ambassadeur.

Et d’ajouter, « la riche histoire des relations entre le Royaume du Maroc et les États-Unis d’Amérique est unique. C’est aussi vieux que l’Amérique elle-même. Comme le président Trump l’a rappelé au monde aujourd’hui, le Maroc a été le premier pays à reconnaître les États-Unis d’Amérique en 1777 ».

L’ambassadeur américain a tenue à saluer le leadership du roi Mohammed VI et son engagement poure la paix, la sécurité et le développement du Moyen Orient et de l’Afrique.

«Je tiens à saluer le leadership de grande envergure du roi Mohammed VI pour son soutien continu et précieux sur des questions d’intérêt commun telles que la paix au Moyen-Orient et la stabilité, la sécurité et le développement dans la région et sur le continent africain

Le responsable américain a conclut sa déclaration en affirmant la volonté de son pays de renforcer le partenariat stratégique avec le Maroc et en assurant que « les nouvelles d’aujourd’hui ( reconnaissance de la marocanité du Sahara ) ne sont que le début de nombreux développements importants dans les années à venir ».