Le Bahreïn premier pays arabe à féliciter le nouveau ministre israélien

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Le prince héritier de Bahreïn, Salman ben Hamad ben Issa Al Khalifa, a envoyé un message de félicitations à Naftali Bennett et Yair Lapid à l’occasion de la formation du gouvernement israélien qu’ils dirigeront. L’information a été confirmée par l’agence de presse officielle BNA.

Dans son message, le prince héritier et premier ministre du Bahreïn a exprimé ses «vœux sincères de réussite au nouveau gouvernement israélien, de sorte à ce qu’il «renforce les piliers du développement, de la stabilité et de la paix dans la région et dans le monde».

Plus tôt dans la journée le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdullatif bin Rashid Al Zayani avait publié sur les réseaux sociaux une vidéo d’adieu à l’attention du ministre des affaires étrangères sortant Gabi Ashkenazi. Le chef de la diplomatie du Bahreïn a exprimé son plaisir d’avoir travailler avec lui sur les Accords d’Abrahams.

Abdullatif Al Zayani a publié la vidéo simultanément avec une autre vidéo adressée à Gabi Ashkenazi par son homologue des E.A.U, le Cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyane.

Israël : A peine intronisé, Naftali Bennett reçoit un coup de fil de Biden

Une heure à peine après le vote de confiance du parlent israélien donnant lieu à la constitution d’un gouvernement issu de la coalition dite de changement, le président américain Joe Biden a appelé au téléphone le nouveau chef de gouvernement israélien Naftali Bennett. Une célérité par laquelle, l’administration américaine confirme sa volonté de mettre fin à 1é années de l’ère Netanyahu.

Lors de cet entretien téléphonique dont le contenu a été publié sur le compte twitter du premier ministre, Joe Biden a félicité le Premier ministre Naftali Bennett pour la formation d’un gouvernement avec le Premier ministre suppléant Yair Lapid et a exprimé son souhait de renforcer davantage les liens entre les deux pays.

Les États-Unis «restent inébranlables dans leur soutien à la sécurité d’Israël», a déclaré Biden, affirmant que le gouvernement américain s’était engagé à travailler avec le nouveau gouvernement israélien.

Selon la source israélienne, Bennett a remercié Biden pour son message de félicitations et pour son engagement de longue date envers Israël et sa sécurité. Il a également remercié, son allié, le président américain pour son soutien lors de l’opération militaire «Gardiens des murs» contre le Hamas.

Les deux dirigeants ont souligné l’importance de l’alliance entre Israël et les États-Unis, ainsi que leur engagement à renforcer les liens entre les deux pays et à maintenir la sécurité de l’État d’Israël, rapporte le communiqué israélien.

Avant cet appel téléphonique, l’administration américaine a publié quelques minutes après l’annonce des résultats du vote du Knesset, un communiqué de félicitation de la «coalition du changement».

« Au nom du peuple américain, je félicite le Premier ministre Naftali Bennett, le Premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, et tous les membres du nouveau cabinet israélien », a-t-il déclaré .

«Israël n’a pas de meilleur ami que les Etats-Unis», a-t-il poursuivi.

«Le lien qui unit notre peuple est la preuve de nos valeurs communes et de décennies d’étroite coopération. Les États-Unis restent inébranlables dans leur soutien à la sécurité d’Israël », souligne la Maison Blanche, affirmant que le gouvernement américain s’était engagé à travailler avec le nouveau gouvernement israélien.

« Mon administration est pleinement engagée à travailler avec le nouveau gouvernement israélien pour faire progresser la sécurité, la stabilité et la paix pour les Israéliens, les Palestiniens et les peuples de toute la région» a conclut Joe Biden.

https://twitter.com/naftalibennett/status/1404150231923572736

« Merci, Monsieur le Président ! » a tweeté le nouveau premier ministre en insérant le communiqué de la Maison Blanche. «Je suis impatient de travailler avec vous pour renforcer les liens entre nos deux pays.» a-t-il souligné.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a également félicité Bennett et Lapid dans un tweet, affirmant qu’il avait hâte de travailler avec eux deux.

« L’Autriche est attachée à Israël en tant qu’État juif et démocratique et continuera de se tenir aux côtés d’Israël », a déclaré Kurz.

Israël : liste des ministres du nouveau gouvernement Bennett-Lapid

28 ministres issus de huit partis de la «coalition du changement» anti-Netanyahu qui a formé le 36e gouvernement israélien ont prêté serment devant le Knesset ce dimanche soir.

Le 36e gouvernement d’Israël sera le troisième plus grand gouvernement de tous les temps, avec 28 ministres, ce qui reste toutefois moins que le nombre record de 36 ministres au gouvernement actuel, rapporte Times of Israel.

Le «gouvernement du changement» est composé de huit partis issus de l’ensemble de l’échiquier politique israélien. Il sera dirigé pendant ses deux premières années par le chef du parti de droite Yamina, Naftali Bennett – succédant à Benjamin Netanyahu au poste de Premier ministre après 12 ans.

Le Premier ministre Naftali Bennett (Yamina) laissera sa place le 27 août 2023., dans le cadre d’un accord de rotation, à Yair Lapid, chef du parti entriste Yesh Atid.

Naftali Bennett – Parti Yamina : Premier ministre d’Israël


Yair Lapid – Parti Yesh Atid : Premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères


Benny Gantz – Parti Kakhol Lavan : Ministre de la Défense


Avigdor Liberman – Parti Yisrael Beyteinu : Ministre des Finances


Hamad Amar – Parti Yisrael Beytenu : Ministre au ministère des Finances


Gideon Saar – Parti Tikva Hadasha : Ministre de la Justice


Omer Barlev – Parti travailliste : Ministre de la Sécurité publique


Merav Michaeli – Parti travailliste : Ministre des Transports


Nitzan Horowitz – Parti Meretz : Ministre de la Santé


Ayelet Shaked – Parti Yamina : Ministre de l’Intérieur


Matan Kahana – Parti Yamina : Ministre des Affaires religieuses


Yifat Shasha-Biton – Parti Tikva Hadasha : Ministre de l’Education


Yoaz Hendel – Tikva Hadasha : Ministre des Communications


Chili Tropper – Parti Kakhol lavan : Ministre de la Culture et des Sports


Orna Barbivai – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Economie


Zeev Elkin – Tikva Hadasha : Ministre de la Construction et du Logement – Ministre des Affaires de Jérusalem et ministre en charge des relations entre la Knesset et le gouvernement


Meir Cohen – Parti Yesh Atid ( Origine marocaine ) : Ministre de la Protection sociale


Yoel Razvozov – Parti Yesh Atid : Ministre du Tourisme,


Karine Elharrar – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Énergie


Elazar Stern – Parti Yesh Atid : Ministre des Renseignements


Meirav Cohen – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Egalité sociale,


Pnina Tamano-Shata – Kakhol Lavan : Ministre de l’Immigration et de l’Intégration


Oded Forer – Parti Yisrael Beytenu :  Ministre de l’Agriculture et ministre du Neguev et de la Galilée.


Orit Farkash-Hacohen – Parti Kakhol Lavan : ministre des Sciences


Nachman Shai – Parti travailliste : Ministre des Affaires de la diaspora


Issawi Frej – Parti Meretz : Ministre de la Coopération régionale


Tamar Zandberg – Parti Meretz : Ministre de la Protection de l’Environnement


Nir Orbach – Parti Yamina : Ministre des Affaires des Implantations,


Ministres adjoints :

Abir Kara – Parti Yamina : Ministre adjoint chargé des questions réglementaires au sein du bureau du Premier ministre


Idan Roll – Parti Yesh Atid : Ministre adjoint des Affaires étrangères


Yoav Segalovich – Parti Yesh Atid : Ministre adjoint de la sécurité publique


Le parti Raam devrait également obtenir un ministre adjoint au sein du bureau du Premier ministre.

Urgent – Le Knesset vote la fin de l’ère de Netanyahu

Key Points

  • Le vote de la Knesset établissant officiellement le 36e gouvernement d’Israël ont eu lieu ce dimanche après-midi.
  • Ce gouvernement est le fruit d’une coalition improbable de huit partis et basée sur un accord de rotation du pouvoir au poste de Premier ministre qui a été conclu entre Naftali Bennett, qui sera chef de gouvernement en premier, et Yair Lapid, de Yesh Atid, un parti centriste et laïc.
  • Cette alliance formée de partis de droite, de gauche, du centre et d’une formation islamiste écartera le Premier ministre Benjamin Netanyahu du pouvoir après 12 années. Il sera remplacé par Bennett puis par Lapid, deux ans plus tard.
  • La commission des Arrangements de la Knesset a approuvé mercredi dernier la session du Parlement qui confirmera la nouvelle coalition.
  • Le Premier ministre israélien désigné, Naftali Bennett, a annoncé lors d’un discours à la Knesset israélienne que son gouvernement, qui n’a pas encore été approuvé, envisagerait d’étendre les accords de paix avec les pays arabes.
  • Le « gouvernement du changement » anti-Netanyahu a été approuvé avec 60 voix des 120 législateurs de la Knesset pour et 59 contre.
  • A peine intronisé, Naftali Bennett reçoit le coup de fil de Biden.

African Lion 2021, les FAR rattrapent la bourde d’El Otmani

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Key Points

  • L’État-major général des Forces armées royales a dévoilé ce samedi, dans un communiqué publié sur la MAP, les dates et les lieux du déroulement de l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021».
  • L’exercice «African Lion 2021» se déroulera du 07 au 18 juin 2021 dans les régions d’Agadir, Tifnit, Tan Tan, Mehbes, Tafraout, Ben Guérir et Kénitra.
  • Un tweet du Chef de Gouvernement Saad Eddine El Otmani annonçant, sans se référer aux FAR, le démarrage de ces exercices militaires au Sahara, a été largement relayé par la presse internationale, donnant l’occasion à l’Espagne et l’Algérie, de prolonger leur guerre médiatique contre le Maroc.
  • Finalement, la région Mehbes fait bel et bien partie des manœuvres militaires maroco-américaine contrairement aux déclarations attribuées à des responsables de l’Africom rapportée par la presse.
  • Pour rappel, les manouvres militaires de l’African Lion de 2020 avaient été annulé en raison du Covid.
  • L’exercice «African Lion» a été convenu en 2002 entre les «Marines» américains et les Forces armées royales marocaines. L’exercice militaire lui-même a été lancé en 2003, réunissant les deux pays ainsi que d’autres pays partenaires cherchant à améliorer l’interopérabilité et la coopération militaires.

Que ce passe-t-il

L’agence officiel marocaine MAP a publié ce samedi midi, un communiqué de l’Etat-major général des Forces armées royales annonçant les détails de l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021».

«Sur hautes instructions du Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d’État-major Général des Forces Armées Royales, l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021» se déroulera du 07 au 18 juin 2021 dans les régions d’Agadir, Tifnit, Tan Tan, Mehbes, Tafraout, Ben Guérir et Kénitra, impliquant de milliers de miliaires multinationaux et un nombre très important de matériel terrestre, aérien et maritime.» indique le communiqué.

Selon la même source, la 17ème édition de cet exercice connaîtra la participation, en plus des États-Unis et du Maroc de :

  • La Grande Bretagne,
  • Brésil,
  • Canada,
  • Tunisie,
  • Sénégal,
  • Pays Bas,
  • Italie,
  • Alliance Atlantique,
  • Observateurs militaires d’une trentaine de pays représentant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique.

Les objectifs de cet exercice considéré parmi les exercices interalliés les plus importants dans le monde :

  • Renforcer les capacités manœuvrières des unités participantes;
  • Consolider l’interopérabilité entre les participants en matière de planification et de conduite d’opérations interarmées dans le cadre d’une coalition;
  • Perfectionner les tactiques, les techniques et les procédures;
  • Développer les aptitudes en matière de cyberdéfense, entraîner la composante aérienne à la conduite des opérations de chasse, d’appui et de ravitaillement en vol; consolider la coopération dans le domaine de la sécurité maritime;
  • Conduire des exercices en mer dans le domaine de la tactique navale et des luttes conventionnelles;
  • Mener des activités d’ordre humanitaire

L’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021», précise le communiqué, englobera, en plus des formations et des simulations aux activités du commandement et des entraînements sur les opérations de lutte contre les organismes terroristes violents, des exercices terrestres, aéroportés, aériens, maritimes et de décontamination NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique et Chimique).

En marge des manœuvres militaires, des side events à vocation humanitaire, ont été également programmé. En effet, un Hôpital médicochirurgical de campagne sera déployé au niveau d’Amlen (Tafraout) où des prestations médicales et chirurgicales vont être dispensées au profit des populations locales de la région, par des équipes médicales constituées de médecins et d’infirmiers des FAR et de l’Armée américaine, a relevé l’État-major général.

17ème édition des «African Lion»

L’exercice «African Lion 2021», en tant qu’exercice multinational interarmées, fait partie des exercices majeurs organisé et dirigé conjointement par le commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) et les Forces Armées Royales. Il a été décidé en 2002 et la première édition s’est déroulée un an après, en 2003.

L’exercice militaire vise à :

  • Consolider le niveau de coopération et de formation,
  • Accroitre l’interopérabilité,
  • Promouvoir l’échange d’expérience et de savoir entre les différentes composantes militaires,
  • Atteindre leur pleine capacité opérationnelle.

Ce qu’il faut retenir

L’Espagne a montré son vrai visage anti intégrité territoriale du royaume, surtout après la reconnaissance de l’administration américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Les percées diplomatiques du Royaume et son affranchissement de sa réserve historique en termes de relations internationales, a réveillé les vieux démons colonialistes des régimes fascistes qu’on croyaient éteints après leur défaite dans la deuxième guerre mondiale.

Ni l’Allemagne, ni l’Espagne qui considèrent le soft power marocain et l’alignement avec Washington, comme un danger contre leurs intérêts vitaux en Afrique, ne vont participer dans l’exercice «African Lion 2021», pourtant tout ce beau monde est membre de l’Otan et de la coalition mondiale contre le terrorisme.

Ce «Caca nerveux» de ces deux pays européens confirme les déclarations de Macron, d’Erdogan et de Poutine qui avaient annoncé avant même la crise sanitaire la mort cérébrale de l’Otan.

Le Maroc est appelé à jouer dans la cour des grands. Il n’a pas le choix que de se battre contre des résidus des anciens colons. Pour cela, il se doit de renforcer sa la scène politique interne et de se délester des bras cassés, à l’image de Saad Eddine El Otmani, dont les bourdes et les ratés sont encore plus graves que les gesticulations de certains voisins.

Ben Bettouch est arrivé à Alger

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L’agence de presse algérienne confirme l’arrivée à Alger du chef des séparatistes du polisario, Brahim Ghali, alias Mohamed ben Bettouch. L’avion du fugitif aurait atterrit mercredi vers 3 heures du matin en provenance d’Espagne où il était entré le 18 avril dernier en catimini, sous le nom d’emprunt Mohamed ben Bettouch usant d’un faux passeport afin de contourner le mandat d’arrêt émis par la justice espagnole en novembre 2016.

L’agence de presse officielle algérienne, APS, a rapporté ce mercredi midi que Brahim Ghali avait atterrit à Alger dans la nuit pour poursuivre ses soins complémentaires en Algérie.

Prise la main dans le sac en organisant avec le régime algérien l’entrée sur son territoire, d’un criminel de guerre poursuivit par sa propre justice, l’Espagne décrédibilisée, n’a pas pu garder plus longtemps son hôte indésirable.

Brahim Ghali, espion espagnol

Cette crise avec l’Espagne a permis de révéler au grand jour le double langage que porte les gouvernements ibériques quant à l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc. Madrid s’est avérée être au centre d’un axe d’aigris réunissant Berlin, Alger et Pretoria, tous d’accord à avorter toute solution au dossier du Sahara. L’Espagne n’a pas encore digéré le succès historique de la marche verte, l’Allemagne n’oublie pas la conférence de Yalta qui l’a dépossédé de son influence mondiale, l’Afrique du Sud tremble de l’influence et du soft power marocain et le régime militaire algérien s’étouffe dans sa haine et dans son rôle de pantin dans la guerre froide entre hyperpuissances.

La révélation d’El Razon, un journal espagnol qui a pignon sur rue, va confirmer les relents colonialistes de Madrid. En effet, dans son édition du 29 mai, El Razon a publié la fiche de Brahim Ghali en tant qu’espion espagnol. Le document affirme que durant la période de 1971 à 1975, année de l’organisation de la Marche verte pour la récupération du Sahara, l’agent Ghali était chargé par le régime franquiste de rédiger des rapports sur le Royaume.

David Govrin s’indigne du support d’El Otmani au Hamas

Key points :

  • Le Chef du bureau de liaison israélien à Rabat David Govrin a publié un tweet ce mardi dans lequel il exprime son indignation au sujet du message de félicitation envoyé par le Chef de gouvernement marocain Saad Eddine El Otmani au leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh.
  • «Soutenir le Hamas c’est soutenir l’Iran» a écrit l’ambassadeur israélien. «Et soutenir l’Iran c’est soutenir un pays qui sème la destruction dans les pays arabes et qui supporte le Polisario» a-t-il insisté.
  • David Govrin avait quitté le Maroc le mardi 11 mai au moment où les tensions entre Israël et le Hamas étaient à leur apogées.
  • Saad Eddine El Otmani a envoyé ce samedi une lettre à Ismail Haniyeh, dans laquelle il lui adresse ses « plus chaleureuses félicitations » pour sa victoire sur Israël.

Que se passe-t-il :

«J’ai été interpellé par la déclaration du chef de gouvernement marocain, M. El Otmani, qui a soutenu et félicité les organisations terroristes Hamas et Jihad islamique soutenues par l’Iran. Quiconque soutient les alliés de l’Iran renforce de facto son influence régionale. Le renforcement de l’Iran, qui sème la destruction dans les pays arabes et soutient le Front Polisario, n’est-il pas en contradiction avec les intérêts du Maroc et des pays arabes modérés? » s’est indigné David Govrin, Chef du bureau de liaison israélien à Rabat dans un tweet en langue arabe publié sur son compte ce mardi 25 mai.

Dimanche dernier, Saad Eddine El Otmani a annoncé sur son compte twitter avoir envoyé un message personnel au chef du groupe du Hamas pour le féliciter de sa « victoire » sur « l’entité sioniste » lors des récents combats entre Israël et la bande de Gaza.

Selon le site d’information Ynet, le Chef de Gouvernement marocain Saad-Eddine El Othmani, a envoyé samedi une lettre au chef du Hamas, Ismail Haniyeh, dans laquelle il lui adresse ses « plus chaleureuses félicitations » pour « la victoire remportée par le peuple palestinien et la résistance suprême après l’accord de cessez-le-feu entre les factions de la résistance et l’entité sioniste ».

El Otmani s’était entretenu, , le 11 mai dernier, avec le chef du bureau politique du Hamas Ismaïl Haniyeh, et avoir érigé la situation des Palestiniens « au sommet de ses préoccupations ».

C’est depuis Israël que David Govrin a écrit son tweet. Il avait rejoint son pays le 15 mai dernier pour des raisons familiales liées à « l’hospitalisation de son père ».

The Big Picture

Le Maroc a été le troisième État arabe à normaliser ses liens avec Israël en 2020 dans le cadre d’accords négociés par les États-Unis, rejoignant ainsi les Émirats arabes unis et Bahreïn. Saad Eddine El Otmani, issu du Parti islamiste de la justice et du développement (PJD) proche da la galaxie des frères musulmans et très attaché à la cause palestinienne, a été le signataire de l’accord tripartite entre le Maroc, Israël et les Etats-Unis. C’est évènement historique annonçait une ère nouvelle dans les relations entre le Rabat et Tel-Aviv. 

Très attaché au pouvoir et particulièrement docile quand il s’agit d’influence américaine, le PJD , toute structures confondues, du bureau politique à la jeunesse, s’est résigné à la décision du Roi Mohammed VI de la reprise des relations avec Israël, laissant à son bras religieux, le Mouvement unicité et réforme (MUR), le rôle de catalyseur des voix dissonantes du parti clairement anti-normalisation.

Les échauffourées puis les affrontements armés qui ont éclaté les derniers jours du Ramadan ont mis le Chef du gouvernement islamiste dans l’embarras, ne sachant pas sur quel pied danser. Celui du signataire de la normalisation ou celui du frère musulman historiquement solidaire avec son frère Ismail Haniyeh.

Heureusement pour El Otmani, les provocations de l’extrême droite israélienne et de Netanyahu ont exaspéré l’administration Biden qui a laissé monter une campagne médiatique propalestinienne jamais observée dans l’histoire du conflit.

Quatre jours après avoir parlé avec l’émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani et deux jours avant son entretien avec Ismael Qaani, commandant de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution iranienne, Ismail Haniyeh leader du mouvement Hamas qui dirige la bande de Gaza a téléphoné à Saad Eddine El Otmani en sa qualité de Chef de Gouvernement.

https://twitter.com/NadeebQa/status/1391102904992403460

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismaël Haniyeh, a informé Saad Eddine El Otmani sur « les événements dangereux qui se déroulaient dans les territoires palestiniens, en particulier à Al Qods-Est et dans la bande de Gaza, les tentatives de judaïsation de la ville sainte et la prise du quartier de Sheikh Jarrah ainsi que les incursions répétées dans la Mosquée Al Aqsa », a indiqué un communiqué de la Chefferie du gouvernement marocain.

Lors de cet entretien El Otmani a réitéré au chef du Hamas « le rejet catégorique du Royaume du Maroc de toutes les mesures des autorités d’occupation qui affectent le statut juridique de la mosquée Al-Aqsa et d’Al Qods Al-Sharif ou violent les droits légitimes du peuple palestinien ». Il a également assuré à Ismaël Haniyeh que le Maroc considère toujours la question palestinienne comme sa « cause nationale ».

Cet entretien «autorisé» semble avoir donné des ailes au Secrétaire Général du PJD. Ce dernier n’est pas peu satisfait des points qu’il a regagné auprès du Hamas qui avait qualifié la reprise des relations entre le Maroc et Israël de «péché politique qui ne sert pas la cause palestinienne» et de «décision qui encourage l’occupation et nie les droits du peuple palestinien». Mais également auprès de sa base partisane et d’une opinion publique nationale et arabe majoritairement en faveur de la «résistance» palestinienne. Il ne va pas s’arrêter aux déclarations, il va organiser et participer, cette fois-ci en sa qualité du Chef du parti islamiste, à un forum virtuel sous le thème «Palestine la Résistance, Palestine la Victoire». A l’issue de cet évènement, El Otmani ira même jusqu’à envoyer une lettre de félicitation au Hamas pour sa victoire contre le Hamas après le cessez-le-feu imposé par Biden.

Si le Royaume a toléré ces échanges avec le Hamas, ce n’est nullement en raison de la pression de l’opinion publique ou médiatique mais en raison d’un revirement géopolitique initié par la nouvelle administration Biden en ce qui concerne l’ensemble du Moyen-Orient.

Biden semble ne pas apprécier la politique du fait accompli que Netanyahu a souhaité lui imposer. Peu pressé à intervenir, le nouveau président veut être maitre des leviers d’action dans la région. Pour la première fois donc, des médias comme AP et CNN ont participé au relais d’un récit propalestinien évitant de donner beaucoup d’espace sur l’appui technique et militaire de l’Iran au Hamas.

Si l’Egypte a été autorisée et chargée à reprendre son rôle de médiateur auprès du Hamas, rejoignant le Qatar, la Jordanie ou la Turquie, le Maroc aurait jugé bon, de maintenir un lien de communication avec le mouvement palestinien. Une décision tactique qui permet au Royaume de maintenir son influence sur un dossier clé de l’avenir de l’ensemble de la région.

L’autorisation du gouvernement de sit-in le 15 mai à Rabat, organisé par des proches du PJD et d’Adl Wa Al Ihsan s’inscrit dans cette approche pragmatique de la diplomatie marocaine.

Cette posture exprime également un alignement parfait de la diplomatie marocaine avec celle de Washington et conforte les analyses qui prédisent un rôle géopolitique clé du Royaume.