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Sahara Marocain : Piquée au vif, l’Algérie suspend son traité de coopération et d’amitié avec l’Espagne

L’Algérie a décidé de procéder à la suspension «immédiate» du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération qu’elle a conclu le 8 octobre 2002 avec l’Espagne, a indiqué mercredi une déclaration du président algérien, Abdelmadjid Tebboune.

Estimant que la nouvelle position des autorités espagnoles était en «violation de leurs obligations juridique, morale et politique», l’Algérie «a décidé de procéder à la suspension immédiate du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération qu’elle a conclu le 8 octobre 2002 avec le royaume d’Espagne et qui encadrait le développement des relations entre les deux pays», a indiqué la présidence algérienne.

«Ces mêmes autorités qui assument la responsabilité d’un revirement injustifiable de leur position depuis les annonces du 18 mars 2022», a ajouté le communiqué du locataire du palais d’El Mouradia.

https://twitter.com/aps_algerie/status/1534557971706953728?s=21&t=-C146Fmiqn879g9LqQHJ1A

L’Espagne a dit «regretter» la décision d’Alger

L’Espagne a dit regretter «l’annonce de la présidence» algérienne, ajoutant considérer «l’Algérie comme un pays voisin et ami et réitère sa disponibilité entière pour continuer à maintenir et à développer les relations spéciales de coopération entre les deux pays».

Pedro Sanchez réitère le jour même son soutien à l’initiative marocaine

Le soutien du gouvernement espagnol à l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara s’inscrit dans une « vision d’Etat pour apporter la stabilité à l’ensemble de la région » et répond à une dynamique internationale en faveur de l’approche adoptée par le Maroc, a affirmé, mercredi, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez.

« L’Espagne doit avoir une vision d’État et apporter la stabilité à la région. (…) la position prise par le gouvernement est la meilleure pour enclencher le dialogue et régler ce conflit de longue date », a relevé M. Sanchez devant les députés du Congrès.

« La position de l’Espagne est conforme à celle de nos partenaires européens et de nombreux autres pays », a fait observer le chef de l’exécutif espagnol, rappelant que « la France soutient la proposition du Maroc depuis des années, et d’autres pays importants comme l’Allemagne, les États-Unis et les Pays-Bas s’y rallient ».

La Commission européenne (CE) et le chef de la politique étrangère de l’UE ont également exprimé leur soutien à la proposition marocaine, a-t-il assuré.

«Après tant de décennies de conflit, de nombreux pays reconnaissent que l’autonomie est la proposition la plus réaliste», a fait valoir M. Sanchez, précisant que l’Espagne ne veut pas être un « simple spectateur » vis-à-vis du conflit du Sahara.

«L’Espagne a un intérêt particulier dans la solution de ce conflit qui ne peut plus être l’objet d’un attentisme sans fin, surtout dans le contexte géopolitique actuel », a insisté le président du gouvernement espagnol, mettant l’accent sur l’impératif de résoudre ce différend dans le cadre de l’ONU.

«Nous devons comprendre après 46 ans qu’il est nécessaire de faire évoluer nos positions et de privilégier un cadre de dialogue pour une solution concertée », a-t-il conclu.

«Historique», les usages licites du cannabis légalisés au Maroc

La résistance des députés du PJD à l’adoption de la loi 13.21, légalisant la production, la culture et l’usage thérapeutique du cannabis aura été peine perdue. Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, a acté, ce jeudi 2 juin 2022, l’étape ultime avant la mise en œuvre de ladite loi, en président la première réunion du Conseil d’administration de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC).

13 mois après après l’adoption par le parlement marocain de la loi autorisant «les usages licites du cannabis médical, cosmétique et industriel», l’agence nationale créée à cet effet, ANRAC, est rentré officiellement en fonction, ce jeudi 2 juin, avec la tenu de la première réunion de son Conseil d’administration.

Un pari tenu par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, qui avait du gérer les députés récalcitrants du parti au pouvoir sortant, le PJD.

« Cette loi arrive en retard. Le timing n’est pas en notre faveur. On doit faire vite », insistait-il devant les membres de la commission parlementaire de l’intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat et de la politique de la ville, en avril 2021. pointant du doigt un « débat préjudiciable » pour le pays.

Les radicaux du parti islamiste qui voyaient dans l’adoption de cette loi durant leur mandat un danger pour l’issu des élections qui allaient se dérouler quatre mois plus tard.

« Quel rapport y a-t-il entre cette loi et les élections ? Expliquez-moi ! C’est un débat préjudiciable pour le pays », avait répliqué Laftit.

« Il faut sortir la loi au plus vite pour trouver des investisseurs capables de nous accompagner dans ces projets. On fait fuir les investisseurs », avait-il alerté.

Ces députés avaient été «chauffés» par l’ancien secrétaire général du PJD , Abdelilah Benkirane, suite à la publication sur sa page Facebook, d’une lettre manuscrite dans laquelle il annonçait mettre fin à toute relation avec ses collègues du parti, le Chef du gouvernement Saad Eddine El Otmani, Mostafa Ramid, Lahcen Daoudi, Abdelaziz Rabbah et Mohamed Amekraz.

La loi passera aux forceps et sera publiée au Bulletin officiel au grand dam des PJDistes candidats aux élections du 8 septembre, qui se feront laminés par le parti du RNI de Aziz Akhannouch.

L’alliance gouvernementale formée par ce dernier adoptera un décret délimitant les zones où seront autorisées la culture et la production du cannabis à des fins thérapeutiques qui sont : Chefchaouen, Al Hoceima et Taounate.

Toutefois, les investisseurs qui s’étaient manifestés pour se lancer dans le secteur donnaient des signes d’impatience en raison de l’absence de l’agence de régulation.

L’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC)

«L’ANRAC assure la mise en œuvre de la stratégie de l’Etat dans le domaine de la culture, de la production, de la fabrication, de la transformation, de la commercialisation, de l’exportation du cannabis et de l’importation de ses produits à des fins médicales, pharmaceutiques et industrielles», indique un communiqué du ministère de l’Intérieur à la suite de la tenue de la 1ère réunion de son Conseil d’administration.

L’Agence est chargée aussi de :

  • réglementer et d’assurer le suivi et le contrôle de l’ensemble des opérations relatives au cannabis et à ses usages licites, conformément aux engagements internationaux du Royaume,
  • veiller à l’organisation et au développement des différentes étapes de cette activité, de la production des semences jusqu’à la commercialisation du produit final,
  • soutenir la recherche sur l’utilisation du cannabis dans les domaines médical, cosmétique et industriel,
  • simplifier les procédures administratives en coordination avec les autorités administratives concernées,
  • orienter les activités illégales vers des activités licites, durables et génératrices de revenus.

L’ordre du jour de la réunion du Conseil d’administration du 02 juin a porté sur plusieurs points, dont l’approbation de l’organigramme de l’Agence et du statut de son personnel, ainsi que sur son budget au titre de 2022, ajoute la même source.

La réunion présidée par Abdelouafi Laftit a vu la participation de :

  1. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, de la ministre de l’Economie et des Finances,
  2. Mohamed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts,
  3. Ryad Mezzour, du ministre de l’Industrie et du Commerce,
  4. Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation,
  5. Représentants des autorités gouvernementales en charge de la santé, de l’eau et de l’environnement,
  6. Youssef El Bari, DG de l’AMDIE,
  7. Abdellah Janati, DG de l’ONSSA.

Septième pays africain, deuxième pays arabe

Le Lesotho a été le premier pays africain à légaliser le cannabis médical et ce dès 2008. Il sera suivi par l’Afrique du Sud, qui autorisera de surcroit l’usage et la possession de cannabis dans un cadre strictement privé, après des années de mesures très répressives.

Entre 2021 et mars 2022, qu’âtres autres pays africains autoriseront l’usage thérapeutique du cannabis: Malawi, Rwanda, Zambia, and Zimbabwe.

Par ailleurs, en 2020, le Liban a été le premier pays arabe à légaliser la culture du cannabis à des fins médicales et industrielles.

Plan d’action de l’ANRAC

Le plan d’action de l’Agence au titre de l’année 2022 comprend plusieurs axes souligne le communiqué du ministère de l’Intérieur :

  1. Adoption des cahiers de charges fixant les critères techniques afférents aux activités de la culture, de la production, de la transformation et de l’industrialisation du cannabis, ainsi que de ses semences et des plantes, de la commercialisation, de l’exportation et de l’importation de ces produits à des fins industrielles,
  2. Lancement des procédures d’octroi des autorisations aux opérateurs nationaux et internationaux dans l’industrie du cannabis médical et industriel, aux sociétés de semences, aux pépinières, aux compagnies de transport,
  3. Création des premières coopératives pour la transformation et l’industrialisation des produits locaux dont les membres sont des agriculteurs locaux.

Objectifs du programme de l’usage licite du cannabis

Le programme de l’usage licite du cannabis, lancé par le Maroc à travers la publication de la loi 13.21, vise les objectifs fondamentaux suivants :

  1. Mise en place d’un cadre légal permettant de développer les circuits d’usage médical et industriel du cannabis conformément aux engagements internationaux du Royaume et l’exploitation des opportunités qu’offre ce marché pour attirer des opérateurs internationaux,
  2. Soutien de l’investissement dans la transformation et l’industrialisation des produits extraits du cannabis, ainsi que la réorientation progressive des cultures illégales destructrices de l’environnement vers des activités légales durables et productrices de valeur et d’opportunités d’emploi.
  3. Préservation du patrimoine national et de sa consolidation, ainsi que de la création d’un système rigoureux de suivi et de contrôle pour empêcher l’arrivée sur le marché du cannabis illégal et de ses dérivés.

Benkhadra : Le Maroc «idéalement» positionné pour saisir les opportunités énergétiques offertes par Israël

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Le Maroc est «idéalement» positionné en matière d’énergie pour saisir les différentes opportunités offertes par Israël, a indiqué, mercredi à Casablanca, la Directrice générale de l’Office national des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), Amina Benkhadra.

MAP

«Le Maroc, avec sa dynamique de développement durable, son important potentiel en énergies renouvelables, sa proximité avec les marchés européens et la dynamique d’innovation et la politique climatique ambitieuse impulsées par le Roi Mohammed VI, est idéalement positionné pour saisir les opportunités offertes et pour construire des partenariats gagnant-gagnant, notamment avec Israël», a ditAmine Benkhadra qui intervenait lors du Forum «Morocco-israel : Connect to Innovate».

Elle a, dans ce sens, relevé que le Maroc, pays faible émetteur mais vulnérable aux effets du changement climatique, a pris très tôt ses responsabilités en préparant progressivement sa vision pour répondre aux problèmes de sécurité énergétique, de rareté de l’eau, de désertification, d’inondations et d’élévation du niveau de la mer.

«Le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’est engagé dans le développement global durable tant sur les plans économique que social, soit un engagement qui ne date pas d’aujourd’hui et traduit l’intérêt suprême que le Souverain accorde au développement durable et à la préservation de l’environnement», a fait remarquer la DG de l’ONHYM.

Elle a, par ailleurs, affirmé que le Royaume dispose d’atouts considérables pour réaliser la transition énergétique et notamment les énergies renouvelables et l’hydrogène où il peut se positionner en précurseur, en plus de se positionner comme une véritable plateforme de production et d’exportation régionale de premier ordre, au carrefour de l’Europe et de l’Afrique et du Moyen-Orient.

Et de soutenir que le pays ambitionne de devenir dans les prochaines années, sur les choix qu’il a fait, la base industrielle «la plus compétitive» au monde et parmi les 5 les plus innovantes, ainsi que la base industrielle de référence décarbonée de la région, puisque le pays dispose de l’un des potentiels les plus importants en énergies renouvelables.

Dans le même sillage, Kamal Htoute, directeur stratégie et planning à l’ONEE branche électricité, a souligné que le Maroc a commencé sa transition énergétique en 2009 en définissant des objectifs visant avant tout à augmenter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2030, avec pour optique d’atteindre une part d’énergies renouvelables de 52% dans le mix énergétique national.

Il s’agit d’une vision qui permet, selon lui, de promouvoir les ressources énergétiques locales, qu’elles soient solaires éoliennes ou encore hydrauliques.

S’attardant sur les défis de transition énergétique, Htoute a expliqué que l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique caractérisé par leur variabilité et dont la part dans la capacité totale installée, qui sera de 40% à la fin de 2022, devrait dépasser 52% d’ici 2030.

Il a également noté que la demande croissante de l’électricité devrait augmenter davantage dans les années à venir avec en particulier la tendance à l’électrification de plusieurs secteurs économiques, dont notamment ceux du transport et de l’industrie.

Pour sa part, Yosef Abramowitz, président directeur général d’Energiya Global et l’un des six pionniers de l’écologie au monde selon CNN, n’a pas manqué de préciser que le Maroc et Israël ont dans ces domaines de l’énergie et du développement durable les ingrédients pour une forte collaboration et coopération.

Il a aussi mis en avant les moult opportunités de collaboration immenses, entre les deux pays qui font face aux mêmes défis énergétiques.

Initié conjointement par Start-Up Nation Central et Consensus Public Relations, ce Forum se veut un événement unique réunissant les leaders marocains et israéliens, des secteurs privés et publics, autour du thème de l’innovation technologique dans les domaines de l’agro-alimentaire, l’eau, la logistique, l’énergie et le développement durable.

Cet événement comprend une série d’ateliers, de séances d’affaires, de rendez-vous B2B et de rencontres de networking. Organisation à but non lucratif, Start-up Nation Central œuvre à promouvoir l’écosystème israélien de l’innovation dans le monde.

Danone donne refuge à la ministre espagnole limogée après avoir hébergé le chef du Front Polisario

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La France n’exporte pas uniquement ses yaourts en Espagne mais également ses pratiques propres d’influence, en l’occurence le «pantouflage». Cette spécialité française qui évoque aujourd’hui une forme de « corruption » des élites, fait la une des médias de la péninsule ibérique après l’annonce du recrutement de l’ancien ministre des affaires étrangères Arancha González en tant que conseillère de Danone. Une ministre limogée après avoir été prise la main dans le sac dans l’affaire de l’hébergement clandestin du leader du Front Polisario, le criminel de guerre Brahim Ghali.

Neuf mois après avoir été débarquée par le président du gouvernement, Pedro Sánchez, l’ancienne ministre des affaires étrangères Arancha González Laya, a trouvé un refuge professionnel chez Danone. Le deuxième du genre offert par l’administration française à celle qui a été à l’origine de la plus sévère crise diplomatique entre Rabat et Madrid.

La presse espagnole a rapporté ce jeudi matin que l’ex ministre Arancha González a signé un contrat de conseillère avec la multinationale de produits laitiers Danone, avec pour mission de «contribuer à la réalisation des objectifs fixés par l’entreprise». Autrement dit du pantouflage. Une pratique qui désigne le fait qu’un haut fonctionnaire, quitte le service de l’Etat et rejoint une entreprise privée.

Le souci avec ce pantouflage est que l’ancien ministre des affaires étrangères d’Espagne est toujours sujette à une procédure judiciaire pour avoir donné le feu vert à l’accueil du leader du Front Polisario, Brahim Gali, en Espagne par des méthodes illégales.

En effet, en avril 2021, le chef des séparatistes du polisario a été admis en Espagne sous le nom fictif de «Mohamed Benbatouche» pour soins médicaux. L’entrée sur le territoire espagnol a été autorisée par Arancha González et en connivence avec le régime algérien, alors que l’individu était sous le coup d’un mandat d’arrêt et accusé de torture, d’enlèvements et de crimes de guerre perpétrés contre des victimes de nationalité espagnole.

La ministre s’est défendu devant le juge que «l’entrée – du Ghali – était conforme à la loi», selon son point de vue. Toutefois, il a été confirmé par la suite que Ghali était entré clandestinement en Espagne avec un faux passeport dans lequel il apparaît comme «ambassadeur retraité», sous le nom de Mohamed Benbatouche sur un document avec l’en-tête de la République d’Algérie.

En mars dernier, le magistrat espagnol Rafael Lasala a clos l’enquête concernant l’ancien chef de cabinet du ministère des affaires étrangères, Camilo Villarino, mais a rejeté la demande du bureau du procureur de l’État de clore la procédure contre la ministre Arancha González Laya. Ainsi, l’ancien ministre est toujours accusée de prévarication.

SciencesPo Paris puis Danone Global, quel message la France envoie-t-elle au Maroc ?

Selon les sources de Danone, le contrat offert à l’ancienne ministre espagnole n’a rien avoir avec la filiale en Espagne, mais avec l’entreprise au niveau mondial. Arancha González a rejoint un groupe d’experts de Danone Global qui se réunit trois fois par an. Elle reçoit une indemnité à ce titre, sans être employée de la multinationale française. Danone justifie son recrutement par «son expérience en commerce international à l’OMC».

Il s’agit du deuxième contrat signé par Arancha González avec une organisation française en moins de deux mois. En février dernier, le directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), Mathias Vicherat, l’a nomme au poste de doyenne de la Paris School of international affairs (PSIA).

«Je suis très heureux d’accueillir Arancha González Laya, dont la riche expérience politique au niveau national, européen et international nous permettra de franchir une nouvelle étape dans le développement de la PSIA», s’était félicité Vicherat.

L’ancienne ministre des affaires étrangères avait déclaré à l’occasion être «très honorée» de rejoindre Sciences Po pour «œuvrer à un monde plus durable et plus pacifique». «Après une longue carrière dans le commerce international, j’ai décidé de consacrer mon énergie et ma passion à la préparation des dirigeants de demain».

L’annonce de la cooptation par Danone Globale de celle qui a causé beaucoup de tort aux relations maroco-espagnoles, celle qui est connu pour être l’ambassadrice du Polisario en Espagne, comme conseillère stratégique le jour même de la très attendue visite officielle de Pedro Sánchez soulève des interrogations sérieuses.

Quel avantage tireront Science Po et Danone de recruter une ancienne ministre objet de poursuites judiciaires si ce n’est une manoeuvre cynique de Paris contre Rabat ?

Indignations et appels au boycott de Danone

«Ce contrat avec la multinationale française a eu lieu malgré le fait que Arancha González soit inculpée dans l’affaire Ghali et qu’à peine neuf mois se soient écoulés depuis son licenciement, alors que la loi exige une période d’incompatibilité de deux ans pour les hauts fonctionnaires» s’indigne le journal «OK DIARIO».

«Il est surprenant qu’une marque aussi connue que Danone ne voit pas d’inconvénient à ce que sa réputation soit compromise par le recrutement d’une personne mise en examen par la justice, au-delà des incompatibilités», poursuit la même source.

https://twitter.com/okdiario/status/1511959100455899137

Un partisan du partie populaire PP a écrit sur Twitter : «La loi sur les incompatibilités exige une période d’incompatibilité de deux ans à partir du moment où elle a été licenciée, et il s’avère que l’ancienne ministre socialiste Arancha González Laya a signé pour Danone. Elle est accusée de falsification de passeports, de prévarication et de dissimulation dans l’affaire Ghali»

«La loi des incompatibilités est pour les autres.» a écrit Juan Carlos Girauta, éditorialiste du journal ABC.

Par ailleurs, des appels de boycott de la marque française Danonce ont été lancés sur les réseaux sociaux espagnols.

« Ils ont toujours menti sur les propriétés de leurs produits. Maintenant, ils ont également embauché une idiote inutile. Je l’ai déjà payée pendant 2 ans, et 1 centime de plus pour cette femme qui nous a causé tant d’ennuis, Arancha González. #BoycottDanone ».

https://twitter.com/Lizzymd66/status/1512109740154888197

«Danone engage González Laya malgré le non-respect de la période d’incompatibilité. Le juge met en cause l’ancien ministre González Laya dans « l’affaire Ghali » et refuse de classer l’enquête. #BoycottDanone» écrit la militante Sabah Yacoubi.

https://twitter.com/Sabah_Yacoubi/status/1512057554553253892

Saad Dine Elotmani : la signature des Accords d’Abraham était un «moment douloureux» et «très difficile»

En dépit de l’impopularité grandissante du gouvernement Akhannouch, le PJD n’arrive pas encore à se relever de la déconfiture électorale de septembre dernier qui lui a couté la perte de 113 sièges au parlement. Abdelilah Benkirane, de retour à la tête du parti, tente tant bien que mal de maintenir sous sédatif les mécontents en appelant à une introspection saine et salvatrice et un retour aux valeurs religieuses. Toutefois, le responsable de la situation du parti islamiste semble être tout désigné : Saad Dine Elotmani.

La dernière sortie médiatique du Chef du bureau de liaison israélien au Maroc, David Govrin, a remué le couteau dans la plaie toujours béante du parti déchu le PJD. Le diplomate a déclaré dans une interview donnée à Jewish Insider que «les voix les plus fortes opposées à la normalisation avec l’État hébreu – les islamistes – sont désormais sur la touche». Piqué au vif, le secrétariat général du PJD a inscrit dans l’ordre du jour de son bureau, la déclaration de Govrin et a consacré deux paragraphes sur le sujet dans son communiqué paru le 1er avril.

Le premier paragraphe a été consacré aux déclarations provocatrices du diplomate israélien :

« Le Secrétariat général a exprimé son rejet des « déclarations dangereuses » du représentant de « l’entité d’occupation sioniste » à travers desquelles il a visé le Parti de la justice et du développement en faisant référence aux résultats des récentes élections, et les a considérées comme une « ingérence ignoble » dans les affaires politiques nationales et les affaires intérieurs de notre pays. Le Secrétariat général rappelle à cette occasion que la cause palestinienne est un enjeu national sacré pour tous les Marocains et que le statut de la sainte mosquée Al-Aqsa fait partie de leur foi, et que leurs positions de soutien et de défense du peuple palestinien sont bien connues et bien établie».

Dans le deuxième paragraphe dudit communiqué, Abdelilah Benkirane qui a présidé la réunion va jeter en pâture son collègue et son ancien Chef du Gouvernement Saad Dine Elotmani, signataire des Accords d’Abraham :

«Le Secrétariat général affirme « la position claire et ferme du parti contre la normalisation et la précipitation vers l’entité sioniste » et son rejet de certains déclarations « irresponsables et provocatrices » de certains responsables et rappelle la « position du parti contre l’occupation israélienne et sa politique basée sur l’accaparement des terres, vol de propriété, la judaïsation de Jérusalem et l’agression contre le peuple palestinien« , et affirme son soutien à la résistance nationale palestinienne dans sa lutte légitime pour réaliser les aspirations du peuple palestinien à la libération et à l’établissement de son État palestinien indépendant avec Al-Qods Al- Sharif comme capitale».

Saad Dine Elotmani «soulage sa conscience»

Le jour même de la publication du communiqué du PJD suscité, LeSiteinfo diffuse une interview de l’ancien numéro 1 du parti, Saad Dine Elotmani, dans lequel il revient pour l première fois sur son mandat de Chef de Gouvernement. Une prise de parole inédite, car il s’était abstenu depuis sa défaite aux élections, de faire tout commentaire sur la politique du pays. Il s’était limité à médiatiser la réouverture de son cabinet psychiatrique et à débattre de la théologie.

Elotmani a saisi la perche tendue par la journaliste du site d’information, Naima Lembarki, pour tenter de se «dégazer» du poids de sa signature apposée sur les accords de normalisation avec Israël.

L’ancien Chef de Gouvernement devait se sentir en confiance tant la formulation de la question de la journaliste lui a balisé le terrain. En effet, Mme Lembarki a qualifié la normalisation avec Israël de «problème» qui va à «l’encontre du coeur et des valeurs d’Elotmani».

«Vous vous êtes retrouvés en tant que Chef de gouvernement dans des positions dans lesquelles vous étiez obligé d’agir à l’encontre de votre coeur et de vos valeurs. La plus connue de ces positions est le problème de la normalisation. Lors de la signature de l’accord tripartite entre le Maroc, les État-unis et Israël, tout le monde était focalisé sur Saad Dine Elotmani et sa signature. Comment l’aviez-vous vécu ?» a questionné Naima Lembarki.

Saad Dine Elotmani réplique immédiatement : «C’était un moment douloureux» «C’était un moment douloureux et très difficile» a-t-il insisté.

Avant de reprendre : «Toutefois, je remercie Sa majesté le Roi d’avoir accepter qu’on accueille plus tard la délégation de Hamas et qu’on accueille le Chef de son bureau politique (Ismaël Haniyeh, ndlr) et leur accorder l’accueil qu’ils méritent pour montrer que le Maroc soutient le peuple palestinien et la résistance palestinienne. Nous les avons invité au nom du PJD. On leur a affirmé que notre soutient allait se poursuivre. Notre position par rapport à la question palestinienne n’a pas changé ainsi que notre rejet des attaques sionistes contre les Palestiniens et les terres palestiniennes en général et à Al-Quds Al-Sharif et à la mosquée Al-Aqsa, et les tentatives de judaïsation qui se poursuivent toujours, en particulier.»

«C’était un moment douloureux. C’était un moment douloureux. Des douleurs qui persistent jusqu’à ce jour», conclut Elotmani.

Les maladresses à répétition de David Govrin

Le seul adversaire de David Govrin au Maroc est David Govrin lui même. Toutes les polémiques qui ont touché la mission israélienne depuis la signature des Accords d’Abraham, il en a été la source.

Ses déclarations à Jewish Insider s’ajoutent à une longue liste de bourdes médiatiques, dont on peut citer entre autres, sa sortie désastreuse dans une dépêche de l’agence de presse espagnole EFE au sujet du Sahara marocain, son auto-proclamation ambassadeur d’Israël au Maroc et sa mauvaise gestion de ses RP.

Par ailleurs, nous avons à plusieurs occasions invité M. Govrin à changer de logiciel pour une lecture juste du paysage socio-politique marocain. Ce spécialiste des relations israélo-égyptiennes arrive à peine à nuancer le contexte marocain de l’égyptien. Une prise de conscience qu’il a partagé dans son dernier entretien publié par Jewish Insider.

«Il faut garder à l’esprit qu’Israël et l’Égypte se sont engagés dans cinq guerres, il n’en va pas de même pour Israël et le Maroc. De puissants pans de la société égyptienne – les nasséristes et les islamistes – sont restés un obstacle à la capacité de l’Égypte à développer de meilleurs liens personnels avec Israël. Il n’y a pas non plus de relations culturelles entre Israël et l’Égypte. C’est regrettable, car ce sont les relations culturelles qui rapprochent vraiment les peuples». a-t-il déclaré.

Si David Govrin arrive enfin à saisir la particularité de la société marocaine et les liens culturels ancestraux qui lient musulmans et juifs marocains, il n’a malheureusement pas encore la bonne lecture du paysage politique national et les us et coutumes des intitutions du pays.

En dévaluant le PJD, Govrin s’est tiré une balle dans le pied, car il a attaqué le parti signataire des accords d’Abraham et dont les ministres avaient reçu leurs homologues israéliens, suscitant ainsi des réactions négatives contre le processus de normalisation.

Le Chef de la mission israélienne s’est trompé sur toute la ligne car comme l’a rappelé Yabiladi, il s’est focalisé «sur le PJD alors que la contestation du rétablissement des relations avec Israël est menée essentiellement par les islamistes d’Al Adl wal Ihsane et certaines mouvances d’extrême gauche. Les deux parties contrôlent, d’ailleurs, le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation, créé en mars 2021».

Ukraine, Sahara et Droits de l’homme : Wendy Sherman la «Renarde Argentée» confronte Nasser Bourita le «Lion de l’Atlas»

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Wendy Sherman, alias «Silver Fox» (la renarde argentée), l’une des diplomates les plus puissantes du monde a rencontré ce mardi à Rabat le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. Notre «Lion de l’Atlas» le bien nommé, savait que l’administration Biden a envoyé son négociateur le plus expérimenté pour démêler la position de neutralité assumée de Rabat au sujet de la crise en Ukraine. La «confrontation» s’est couronnée par un communiqué conjoint davantage favorable au Maroc. Sherman a imposé la question des droits de l’homme en haut du pavé et Bourita a arraché pour sa part, le rappel de la déclaration tripartite incluant Israël, signée le 22 décembre 2020. Le «Lion de l’Atlas» arrive même à reléguer la question ukrainienne à la toute dernière place, bien après celle du Sahel et de la Libye.

Wendy Sherman, 72 ans, est la deuxième diplomate d’importance des États-Unis. Son voyage au Maroc est considéré comme la visite officielle du plus haut niveau effectuée par un responsable américain à Rabat depuis plusieurs mois.

Connue à Washington pour ses manières acerbes, Mme. Sherman a traité à plusieurs reprises des sujets des plus difficiles. La diplomate a habilement géré des situations de crise pendant trois décennies. Elle a conclu des accords avec la Corée du Nord pendant l’ère Bill Clinton, et a dirigé les négociations nucléaires avec l’Iran sous la présidence de Barack Obama en 2011.

Surnommée la «Silver Fox» – Renarde Argentée-, en raison de sa chevelure grise acier et de sa capacité à arracher des concessions, Wendy Sherman a contribué à la conclusion d’un accord nucléaire historique en 2015 entre Téhéran et les États membres du P5 + 1, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne.

Et c’est elle que Joe Biden a chargé en janvier 2022 pour négocier avec les Russes dans l’objectif de dissuader Poutine de ne pas envahir l’Ukraine.

La «Renarde Argentée» : le Joker de la diplomatie américaine

Le surnom de Wendy Sherman lui vient des Iraniens avec qui elle a passé de longues heures de négociations. Ils ont commencé à l’appeler «la Renarde» en raison de son approche malicieuse durant les pourparlers.

Son teint pâle, ses cheveux gris acier coupés en brosse et son allure toujours soignée en dépit de la nature exténuante des négociations, ont fini par convaincre ses collègues du département d’État américain d’adopter le surnom des iraniens auquel ils ont ajouté «Argentée». Ils étaient tellement fascinée par elle qu’ils ont commencé à porter durant les réunions de négociation des tee-shirts sur lesquels était marqué le qualificatif : «Silver Fox».

«Ses collègues l’observent avec admiration, et parfois avec un peu de crainte, lorsqu’elle s’engage dans les discussions internationales», écrit la BBC.

«Elle est rapide et très intense », affirme l’ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie, James Jeffrey.

La carrière de diplomate de Wendy Sherman n’était pas par choix. Au tout début de sa carrière professionnelle, elle a été militante, travaillant comme assistante sociale à Baltimore, oeuvrant à rendre les logements abordables aux moins aisés.

Quelques années plus tard, la secrétaire d’État Hilary Clinton, avec l’accord du président Barack Obama, l’a nomme sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste.

Ce parcours, combiné à sa forte implication dans le processus de négociation de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, a fait d’elle l’objet d’une forte suspicion de la part des républicains. Toutefois, son expérience et son sang-froid les ont suffisamment convaincu pour qu’elle soit confirmée par le Sénat au poste de secrétaire d’État adjointe, par 56 voix contre 42.

La «Silver Fox» face au «Lion de l’Atlas» : un combat sérré

Nasser Bourita peut désormais se targuer d’avoir eu affaire dans sa carrière de diplomate et dans un contexte de guerre mondiale à une légende : Wendy Sherman, la négociatrice américaine inflexible et sans état d’âme.

Le Chef de la diplomatie marocaine savait à quoi s’attendre mais contrairement aux apparences, il était loin d’être dans une position de faiblesse.

En effet, L’invasion de l’Ukraine par la Russie a apporté une certaine clarté aux réalignements régionaux et aux partenariats stratégiques en Afrique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.

La crise a en effet révélé au grand jour, l’évolution intéressante des relations entre les États-Unis, d’une part, et le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël d’autre part.

«Après quatorze jours d’affrontements militaires en Ukraine, une chose est devenue claire : les partenaires de Washington en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont de plus en plus confiants dans leur volonté d’adopter une ligne de conduite indépendante, sans lien avec Washington – et sans doute en la défiant – et en coordination les uns avec les autres» affirme le politologue Thanassis Cambanis.

Cette divergence s’est manifestée surtout par le refus des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole Plus, OPEP+, d’augmenter rapidement leur production de pétrole dans un contexte de hausse des prix des carburants, malgré la pression exercée par l’administration sur l’Arabie saoudite. Ce grand pays arabe, premier producteur de pétrole dans le monde va faire encore mieux. Son dirigeant de facto Mohammed ben Salmane ira jusqu’à explicitement menacer de réduire les investissements de son pays aux États-unis au profit de la Chine.

Depuis son élection, Joe Biden a tout fait pour mettre sur la touche les princes héritiers MBS et MBZ. En contrepartie il n’a cessé de valoriser l’émir du Qatar en lui confiant la gestion du dossier des Talibans puis en le consacrant du statut d’«Allié majeur de l’OTAN». Le président américain l’a aussi désigné comme «backup» officiel de l’approvisionnement du gaz pour l’Europe en cas de guerre en Ukraine.

La même divergence s’est également manifestée par un double refus d’Israël de demandes persistantes de la Maison Blanche. Le premier refus a concerné le soutien du projet de résolution américain contre la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le second est le refus catégorique de Tel Aviv de l’envoi des batteries du système de défense «Dôme de Fer» en Ukraine. Une décision justifiée par la crainte que ce transfert ne nuise aux relations d’Israël avec la Russie.

Il est à rappeler que les Russes d’Israël forment la plus grande communauté juive du pays, soit plus de 25% de la population.

Le Pakistan a brillé davantage dans sa défiance à Joe Biden avec la visite officielle qu’a entrepris au Kremlin son premier ministre Imran Khan, le jour même de l’invasion de l’Ukraine. Khan a rencontré simultanément, Vladimir Poutine et le leader tchétchène Ramzan Kadyrov.

Enfin, plusieurs États de la région y compris le Maroc se sont abstenus de voter la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant l’invasion russe, au grand dam de la Maison Blanche.

En parallèle de cette résistance contre le diktat américain, l’Arabie saoudite a voté en faveur de la résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe, tandis qu’Israël s’est impliqué fortement dans un rôle de médiation entre l’Ukraine et la Russie. Au point que le très pratiquant Naftali Bennett a dû transgresser Shabbat pour s’envoler secrètement à Moscou, où il a passé trois heures avec Poutine, sans prendre l’avis des États-unis.

Ces démarches d’apparence incohérentes, soulignent le fait que les gouvernements du Moyen-Orient ne se considèrent plus comme des partenaires subalternes des États-Unis et ne se sentent plus obligés, comme ils l’ont peut-être fait par le passé, de suivre les directives de Washington dans une crise majeure de sécurité internationale.

L’indépendance d’Israël en matière de politique étrangère devenait palpable durant les dernières années de Benjamin Netanyahu. Par contre, la position du Maroc et certains membres du CCG par rapport à la guerre en Ukraine est un fait tout à fait nouveau. Cela suggère l’émergence d’un nouveau niveau de confiance et d’autonomie par rapport aux États-Unis, en dépit du fait que Washington reste la garante de la sécurité de la région.

La posture de ces pays est d’ailleurs compréhensible, compte tenu de la décision des administrations américaines, depuis Obama de se retirer du Moyen-Orient. Du coup, le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël ont intérêt à maintenir de bonnes relations diplomatiques, économiques et militaires avec la Russie.

Rabat, à l’image de ses alliés dans la région ne cherche par à abandonner complètement les liens avec Washington, mais plutôt de les équilibrer en nouant des relations solides avec d’autres puissances qui exercent une influence considérable sur les questions économiques et de sécurité régionales, comme la Russie, mais aussi la Chine. Deux pays qui ont d’ailleurs massivement investi en présence économique et militaire en Afrique subsaharienne, prolongement naturel du Royaume.

A la lumière de ces éléments, on cerne mieux les raisons qui ont poussé l’administration américaine, qui refuse de nommer un ambassadeur au Maroc depuis le départ de Dwight Bush en 2017, à dépêcher une diplomate de la trempe de Wendy Sherman.

Trois communiqués, trois nuances !

Si le cadre officiel de la rencontre entre notre «Lion de l’Atlas» et la «Renarde Argentée» est le «Dialogue stratégique Maroc-USA», la déclaration du porte-parole du département d’Etat américain Ned Price nous fait prendre conscience que la machine diplomatique américaine n’a qu’une seule urgence en ce moment : «l’Ukraine».

Dans son point de presse qui a suivi la rencontre entre les diplomates des deux pays, Ned Price a hiérarchisé les points discutés entre les deux parties en fonction des priorités de son ministère :

  1. Les moyens de renforcer davantage les relations bilatérales de longue date entre les États-Unis et le Maroc, y compris les intérêts communs en matière de paix, de sécurité et de prospérité régionales;
  2. Les développements internationaux, y compris «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» de Poutine contre l’Ukraine;
  3. Le ferme soutien des deux parties à l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, qui cherche à redynamiser le processus politique pour le «Sahara occidental», dirigé par les Nations Unies;
  4. Le plan d’autonomie du Maroc est considéré comme sérieux, crédible et réaliste, et comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du «peuple du Sahara occidental»;
  5. L’importance de la protection des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, en s’appuyant sur le dialogue productif entre les États-Unis et le Maroc sur les droits de l’homme de septembre 2021.

Notons que sur le communiqué conjoint approuvé par Bourita et Sherman, «la guerre en Ukraine» n’était cité qu’en fin du document et le qualificatif «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» n’y figurait pas du tout.

De plus, l’appellation «Sahara Occidentale» que Price a répété deux fois, elle n’a été cité qu’une seule fois dans la version en anglais du communiqué, publié aussi bien sur le site du département d’Etat américain que celui du ministère des affaires étrangères marocain.

Sur les versions française et arabe du communiqué, l’appellation «Sahara Occidentale» y est absente et la précision «consacrant la reconnaissance américaine de la pleine souveraineté du Royaume sur son Sahara» a été ajoutée dans le paragraphe réservé au rappel de l’accord tripartite avec Israël.

Opération de charme de la «Silver Fox»

Faisant honneur à sa réputation de consacrer une attention méticuleuse aux détails, la «Silver Fox» a bien préparé son voyage au Maroc. Son arrivée, coïncidant avec la journée internationale de la femme, elle charge l’ambassade au Maroc de lui trouver une occasion de prise de parole sur le sujet.

David Green, Chargé d’Affaires à la mission diplomatique, sponsorise un évènement de l’Association des Femmes chefs d’Entreprises du Maroc, AFEM, célébrant la journée du 8 mars. Mme Sherman en sera l’invitée d’honneur.

Arrivée à la conférence au Hyatt Regency vers 17h30, Wendy Ruth Sherman a été accueillie par la Ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille Awatif Hayar, puis s’est fondue dans la masse des invités en toute simplicité et sans un dispositif protocolaire lourd.

Assise entre David Green et de Leila Doukali, présidente de l’AFEM, M. Sherman a patiemment écouté le discours «plat» de Mme Hayar avant de monter sur scène.

Après avoir constaté l’absence de la première maire femme de la ville de Casablanca, Nabila Rmili (occupée au Lycée français Lyautey), la «Silver Fox» entame son allocution par l’inévitable sujet :«l’Ukraine». Les éléments de langage sont verrouillés et pour le storytelling elle n’avait qu’à répéter celui d’Antony Blinken prononcé le jour même en Estonie.

«Je veux me faire l’écho de ce que le secrétaire d’État Tony Blinken a dit plus tôt dans la journée en Estonie, à savoir qu’en cette Journée internationale de la femme, j’ai pour ma part, et je suis sûr que vous tous, une pensée pour les femmes d’Ukraine», a-t-elle dit.

Plus de 1,7 million d’Ukrainiens, poursuit-elle, principalement des femmes et des enfants, ont fui la guerre que Vladimir Poutine a déclenchée dans leur pays, laissant souvent leurs maris derrière eux pour combattre.

Puis elle enfonce le clou : «Les femmes ukrainiennes accouchent dans des stations de métro transformées en abris anti-bombes. Elles s’occupent d’enfants atteints de cancer dans les sous-sols d’hôpitaux pour se protéger des missiles. Elles prennent les armes aux côtés des hommes ukrainiens pour lutter pour leur démocratie et défendre leur patrie. Les femmes d’Ukraine, comme vous toutes, incarnent la force, la résilience et le courage intrépide des femmes du monde entier – et nos cœurs sont avec elles aujourd’hui et chaque jour».

Maniant le bâton et la carotte, Wendy Sherman ne va pas se montrer tendre avec la situation de la femme marocaine dans la vie active, avant de proposer l’aide de son pays.

«(…) Cependant, malgré ces progrès (la Moudawana, constitution 2011, législation contre la violence envers la femme, ndlr), le pourcentage de femmes marocaines dans la population active reste assez faible, l’un des plus bas au monde – et il est en fait plus bas qu’il y a vingt ans» a-t-elle souligné.

La responsable américaine s’appuiera sur les recommandations du NMD pour annoncer l’engagement de son pays à accompagner le Maroc dans ses objectifs d’autonomisation des femmes.

«Le Nouveau modèle de développement du Maroc – une priorité du roi Mohammed VI – a placé l’augmentation de la participation des femmes à l’économie au premier plan de la stratégie de croissance économique du Maroc. Les États-Unis veulent aider le Maroc à atteindre son objectif de porter la participation des femmes à la main-d’œuvre à 45 % en 2035, contre 22 % aujourd’hui. Nous sommes fiers d’être un partenaire du Maroc et des femmes marocaines en faisant progresser les opportunités économiques des femmes et en soutenant les femmes entrepreneurs, notamment par le biais du programme POWER du Département d’Etat». a-t-elle déclaré.

Un proche de Wendy Ruth Sherman l’a décrite sur les colonnes du Time, comme suit : «La rationalité règne dans le monde de Wendy Sherman. La secrétaire d’État adjointe examine le terrain et les acteurs, pèse le bâton et la carotte, les compromis et les conséquences, puis fait le meilleur choix dans son propre intérêt. Le sentimentalisme et la nostalgie ne sont pas pour elle».

Le président israélien atterrit aux Émirats arabes unis

Le président Isaac Herzog et la première dame Michal Herzog ont atterri à Abu Dhabi dimanche matin, marquant la toute première visite officielle d’un président israélien aux Émirats arabes unis. Le couple présidentiel a été accueilli par le ministre des affaires étrangères des EAU, Abdallah ben Zayed.

Le président israélien Isaac Herzog accompagné de la première dame Michal a décollé tôt ce matin de Tel-Aviv pour se rendre à Abu Dhabi dans une visite officielle de deux jours, première du genre de l’histoire du Golfe.

En survolant l’Arabie saoudite, le président Isaac Herzog, est entré dans le cockpit de l’avion pour contempler le désert saoudien. Un moment que le président a souhaité immortalisé par le ramarque suivante : «Sans aucun doute, c’est vraiment un moment très émouvant.»

Durant cette visite, il est prévu que le président israélien rencontre Mohammed Ben Zayed, dirigeant de facto des E.A.U, le premier ministre et gouverneur de Dubaï, Mohammed ben Rashid al-Maktoum, le commissaire général de l’Expo 2020 de Dubaï et le ministre de la tolérance, Nahyan ben Mubarak, des chefs d’entreprise émiratis et des membres de la communauté juive du pays.

https://twitter.com/simonarann/status/1487712144741355521

«J’apporte avec moi une bénédiction de paix et un message de paix à toute la région, aux peuples de la région», a déclaré Herzog. «La paix apporte avec elle la prospérité, le progrès et la croissance pour le bénéfice des peuples de la région. Je rencontrerai les dirigeants des Émirats arabes unis, à l’invitation personnelle du cheikh Mohammed ben Zayed, le prince héritier. Je lui souhaite bonne chance et je lui suis reconnaissant pour son courage et son audace, qui lui ont permis de conclure un accord de paix avec Israël et d’envoyer à toute la région le message que la paix est la seule alternative pour les peuples de la région.»

Mise en garde américaine contre les attaques des Houthis

Cette visite intervient après que les Émirats arabes unis ont été attaqués par les rebelles Houthis soutenus par l’Iran au Yémen, et qu’une attaque de drone contre des installations pétrolières à Abu Dhabi a tué trois travailleurs au début du mois.

Mercredi dernier, le département d’État américain a mis à jour ses conseils aux voyageurs pour l’État du Golfe, déconseillant aux Américains de s’y rendre en raison de la menace des missiles et des drones.

«La possibilité d’attaques visant les citoyens et les intérêts américains dans le Golfe et la péninsule arabique reste une préoccupation constante et sérieuse», indique l’avis aux voyageurs. «Les groupes rebelles opérant au Yémen ont déclaré leur intention d’attaquer les pays voisins, y compris les EAU, à l’aide de missiles et de drones. Les récentes attaques de missiles et de drones ont visé des zones habitées et des infrastructures civiles.»

Jason Brodsky, directeur politique de l’association United Against a Nuclear Iran, a déclaré au Times of Israel que l’Expo, en particulier pendant la journée d’Israël et la visite de Herzog, pourrait constituer une cible alléchante pour les rebelles Houthis.

À l’invitation de MBZ, le président israélien et son épouse atterriront demain dimanche 30 janvier à Abu Dhabi

Le président israélien Isaac Herzog s’envolera à Abu Dhabi, ce dimanche 30 janvier, pour la première visite d’un chef d’Etat israélien aux Emirats arabes unis. Dévoilé par le gouvernement de Naftali Bennet, le programme de la visite de deux jours prévoit une rencontre avec MBZ en sa qualité de Chef d’Etat puis un déplacement à Dubaï pour rencontrer le premier ministre Mohammed ben Rachid al-Maktoum et lancer la journée nationale d’Israël à l’Expo 2020. Isaac Herzog sera accompagné de son épouse Michal.

Dans un communiqué publié par le gouvernement de Naftali Bennet mercredi 26 janvier, la présidence israélienne a annoncé que le Chef de l’Etat hébreu Isaac Herzog et son épouse Michal seront en visite officielle aux E.A.U le 30 et le 31 janvier, invités par le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed ben Zayed, dirigeant de facto des Emirats. 

«Pour la première fois dans l’histoire, le président de l’État d’Israël effectuera une visite présidentielle aux Émirats arabes unis. Au cours de cette visite, les 30 et 31 janvier 2022, le président Isaac Herzog rencontrera le dirigeant de facto des Émirats arabes unis, le prince héritier Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, le dirigeant de Dubaï, des hauts fonctionnaires du gouvernement et la communauté juive. Il ouvrira également la journée nationale d’Israël à l’Expo 2020 de Dubaï» a annoncé le communiqué.

https://twitter.com/IsraelDubai/status/1486007775071244289

Programme de la visite

Le président israélien se rendra à Abu Dhabi et à Dubaï et tiendra des réunions officielles avec le cheikh Mohammed ben Zayed, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale des EAU, cheikh Abdallah ben Zayed, le vice-président, premier ministre, ministre de la Défense des EAU et gouverneur de Dubaï, cheikh Mohammed ben Rachid Al Maktoum, ainsi que des représentants de la communauté juive. Au cours de la visite, le président israélien inaugurera la journée nationale d’Israël à l’Expo 2020 de Dubaï.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett avait effectué une première visite officielle dans ce pays le 12 décembre dernier. Une visite qui n’avait pas été annoncée et dont le contenu est resté assez vague puisqu’il n’y avait pas de journalistes dans l’avion officiel du premier ministre. Il a été le premier chef de gouvernement israélien à se rendre dans ce pays depuis la signature des accords d’Abraham, du moins de manière ouverte.

«Nous avons le privilège d’entrer dans l’histoire en effectuant la première visite d’un président israélien aux Émirats arabes unis. Cette visite importante intervient alors que les nations israélienne et émiratie sont engagés à jeter les bases d’un nouvel avenir commun. Je suis convaincu que notre nouveau partenariat audacieux transformera le Moyen-Orient et inspirera toute la région. Nous sommes une nation éprise de paix et, ensemble, nous élargirons le cercle historique de paix des accords d’Abraham et créerons un monde meilleur, plus tolérant et plus sûr pour nos enfants. Je remercie le Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan pour cette gracieuse invitation à approfondir les liens d’amitié entre nos nations.» a affirmé le président Isaac Herzog dans son communiqué.

Le président israélien, dont le rôle est essentiellement honorifique, a été en contact avec plusieurs dirigeants arabes dont les relations avec Israël avaient été tendues sous les gouvernements de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu. Depuis son élection, Isaac Herzog s’est entretenu ou rencontré les chefs d’État de Jordanie, d’Égypte et de Turquie, ainsi que le président de l’Autorité palestinienne.

Sur son compte twitter, l’ambassadeur des E.A.U en Israël Mohamed Al Khaja s’est félicité ce samedi de cette visite.

« Les EAU recevront le président israélien Isaac Herzog, ce dimanche, lors d’une visite officielle précédemment prévue le 9 janvier, reportée en raison du Covid-19» a-t-il annoncé.

Et d’ajouter : «Le président participera à la célébration de la journée nationale d’Israël, qui tombe le 31 janvier, à l’Exposition universelle. »

«Nous nous réjouissons de cette visite historique, qui renforcera les relations bilatérales entre les deux pays, alors que nous espérons signer d’importants accords économiques et commerciaux entre les deux pays dans un avenir proche.» a-t-il ajouté.

Jonathan Harroch recrute un israélien pour le championnat marocain de basketball, une première dans le monde arabe

Le basketteur israélien Mohamed Abu Arisha, ancien joueur de l’équipe nationale israélienne de basket-ball est récemment entré dans l’histoire en devenant le premier joueur israélien recruté par une équipe arabe, a rapporté le journal israélien Israel Hayom mardi. Mohamed Abu Arisha, rejoint le club AMI Basket d’ifrane, qui vient de fusionner avec le leader national du Fitness, City Club, présidée par l’homme d’affaire juif-marocain, Jonathan Harroch.

L’attaquant israélien de 24 ans a signé un contrat d’un an avec l’Association Michlifen Ifrane Basket du Maroc, plus connue sous le nom d’AMI Basket qui évolue en Division Excellence, le championnat national d’élite.

Mohamed Abu Arisha, qui a joué pour l’Hapoel Beersheba dans la Premier League israélienne de basketball ainsi que pour l’équipe nationale israélienne de basket-ball, est à Ifrane depuis plus de deux mois et est considéré comme l’un des principaux joueurs étrangers du championnat marocain, écrit Israel Hayom.

Né dans la ville de Hadera, dans le centre d’Israël, Abu Arisha, qui mesure 2,1 mètres, a joué pour le Wingate Basketball Academy d’Israël, puis pour le Elev8 Sports Academy de Delray Beach, en Floride.

Il a ensuite fréquenté l’université d’État de Jacksonville de 2016 à 18, jouant pour les Jacksonville State Gamecocks. En 2020, il a obtenu une bourse d’études pour le Kentucky Wesleyan College, où il a joué pour les Kentucky Wesleyan Panthers.

Il a joué également pour l’équipe nationale israélienne de basket-ball lors du Championnat d’Europe U20 de la FIBA 2016, avec une moyenne de 5,2 points par match.

Le magnat du fitness au Maroc, Jonathan Harroch, aux commandes

Le recrutement du joueur israélien coïncide avec l’OPA opérée par le magnat du fitness au Maroc, Jonathan Harroch, sur le club de basketball AMI Ifrane.

En effet, au début de la nouvelle année, City Club, leader du fitness au Maroc avec pas moins de 39 salles, a annoncé sa fusion avec AMI Ifrane, une association sportive qui évolue dans la division d’excellence de basketball.

Sur sa page Facebook, le Club de Jonathan Harroch annonce la fusion avec l’association AMI Ifrane, l’adoption d’un nouveau naming de l’équipe de basket «AMI CITY» et l’ambition de remporter la double Coupe et Championnat de la saison 2021 -2022.

«Naissance d’une fusion entre une association sportive de la ville d’IFRANE et le groupe CITY CLUB.Pari réussi pour le Leader du Fitness au Maroc City Club, qui à travers son partenariat public privé avec l’Equipe AMI de Ifrane a su s’imposer et briller sur le terrain du basket-ball marocain dès sa première année face à tous ses adversaires. 6 rencontres 6 victoires, la nouvelle équipe de city club nommée AMI CITY à crée cette équipe sur des bases solides», peut-on lire sur la page Facebook de AMI CITY.

«L’équipe d’IFRANE présidé par Jonathan HARROCH propriétaire du groupe CITY CLUB a pour ambition de gagner la double Coupe et Championnat de la saison 2021 -2022.» promet le nouveau club.

Selon la même source, l’initiative de Jonathan Arroch aurait l’appui de la région de Fès-Meknès ainsi que celui de l’autorité locale et de la Commune d’Ifrane.

Le Maroc normalise à sa manière propre

Il se confirme jour après jour, depuis la signature des Accords d’Abraham fin 2020, que le Maroc gère le tempo de la normalisation des rapports avec Israël et impose sa manière de faire. Pour en assurer la pérennité et ne pas tomber dans le «fake» et le chantage politique c’est à travers les enfants du Royaume de confession hébraïque que ce processus évolue. Sans tapage et dans la discretion et la sérénité que les contacts culturels, sportifs et économiques se font renforçant ainsi l’aura d’un royaume séculaire.

Abraham Accords : Cela ne s’est pas passé comme vous le croyez – (Partie 1)

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Vous a-t-il traversé l’esprit, un instant, que les Accords d’Abraham avaient été décidés presque par accident ? Et que Netanyahu n’en voulait pas du tout ? Que Trump considère Mahmoud Abbas comme son père et en veut à mort à l’ancien premier ministre israélien ? Que Jared Kushner a jeté l’ambassadeur israélien à Washington, Ronald Dermer, hors de son bureau ? Que le Royaume-Uni a menacé Trump de reconnaitre la Palestine ? Probablement non! Sauf si vous aviez lu le livre explosif du journaliste israélien, Barak Ravid, intitulé « La paix de Trump : les Accords d’Abraham et la refonte du Moyen-Orient » sorti le 8 décembre 2021.

Le livre de Barak Ravid est le récit inédit des coulisses souvent incroyables des négociations qu’ont mené l’ancien président américain, son gendre Jared Kushner et le jeune Avi Berkowitz, donnant lieu aux accords de normalisation entre Israël et quatre pays arabes. Sa sortie a été accompagnée par la diffusion de quelques enregistrements audio de Donald Trump interviewé par l’auteur. Lesquels enregistrements ont suscité de vives réactions, notamment celles de la communauté juive-américaine que l’ancien président accuse de détester Israël. Ce présent livre est un document pour l’histoire qui impactera sans aucun doute la suite des négociations de paix entre palestiniens et israéliens mais également le retour aux affaires de Trump et de Netanyahu. Le récit captivant de Barak Ravid perce le voile doré et scintillant qui magnifiait les relations israélo-américaines pour laisser apparaitre une réalité moins idyllique, présageant une ère d’incertitudes.

Dans cet article, nous avons essayé de synthétiser les révélations clés et inédites dont regorge le livre de Barak Ravid. Dans l’absence d’une version anglaise ou française, car le livre est paru en hébreu, nous avons épluché toutes les interventions de l’auteur, les articles parus sur les principaux journaux israéliens et britanniques, la synthèse disponible sur Amazon éditée par Washington press et surtout trois podcasts essentiels auxquels a participé le journaliste.

Ce que vous devez retenir

  1. Les accords d’Abraham signés en grandes pompes sur le perron de la Maison Blanche sont nés des cendres du deal du siècle avorté par Netanyahu lorsqu’il a annoncé son attention d’annexer la Cisjordanie.
  2. C’est Mohammed Ben Zayed qui a sauvé la mise, à un moment où la relation entre Tel-Aviv et Washington était au plus bas de l’histoire au point de menacer leur alliance historique.
  3. Le deal du siècle de Donald Trump prévoyait d’octroyer à Israël le tiers de la Cisjordanie. Une offre jamais proposée aux israéliens que Netanyahu a tout simplement ignoré.
  4. Donald Trump s’est rendu compte à l’image de Barak Obama et de Bill Clinton que Netanyahu ne voulait pas d’accord de paix avec les palestiniens.
  5. Netanyahu en complicité avec l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, et celui d’Israël à Washington Ronald Dremer, ont essayé de forcer la main à Trump, en annonçant l’annexion de colonies israéliennes de la Cisjordanie.
  6. L’annonce de Netanyahu a suscité la colère de Trump mais aussi du Royaume-uni. L’envoyé britannique aux États-Unis a menacé ses homologues américains de reconnaitre la Palestine ainsi que d’autres pays si Trump autorise le plan d’annexion de l’ancien premier ministre israélien.
  7. Pour dissuader Netanyahu, empêtré dans ses affaires judiciaires et ses échecs électoraux, de mettre à exécution sa menace d’annexion de la Cisjordanie à la date butoir du 1er juillet 2020 que lui même à fixer, Trump a du le menacer de lui retirer tout le soutien international.
  8. Mohammed Ben Zayed, ne faisant pas confiance en Netanyahu, a exigé qu’Israël s’engage envers les américains et non Anvers son pays pour sceller la normalisation.
  9. Le 12 août 2020, à j-1 de l’annonce publique de l’accord de normalisation entre les E.A.U et Israël, Netanyahu a tenté de le faire capoter. Il a exigé des américains la présence d’au moins deux autres pays arabes aux côtés des Émirats.
  10. Toujours à j-1 de l’annonce, les accords n’avaient pas encore de nom. C’est le général Miguel Correa, directeur principal au Conseil national de sécurité, qui a proposé l’appelation «Accords d’Abraham».
  11. Après l’annonce par Trump des Accords d’Abraham, le Bahrein prend attache avec la Maison Blanche par le bias de son ministre des Finances et annonce son souhait de faire partie des signataires. Le ministre Bahreïni s’est confié à Jared Kushner : «La décision des E.A.U est la couverture dont on avait besoin pour révéler publiquement les relations de notre pays entretenait secrètement avec Israël».
  12. Donald Trump savait qu’on reconnaissant Jerusalem comme capitale d’Israël allait fâcher les palestiniens. Il pensait convaincre de prime abord les deux partis en mettant la main dans la poche et miroiter les dollars. Il voulait appâter les israéliens avec des annonces fortes, puis consacrer son deuxième mandat à faire revenir les palestiniens sur la table des négociations.
  13. Trump s’est investi autant dans le dossier israélo-palestinien pour deux raisons. La première est électorale. Trump voulait absolument séduire les électeurs évangéliques. La seconde est la grande influence qu’exerçait son principal soutien financier, Sheldon Adelson. Ce multimilliardaire, magnat de l’immobilier et des casinos, était le véritable architecte de la reconnaissance de Jérusalem capitale d’Israël.
  14. Les relations entre Netanyahu et Trump se sont beaucoup détériorées quand ce dernier s’est rendu compte que l’ancien premier ministre israélien l’utilisait et ne se souciait nullement de son ambition de briquer un deuxième mandat. Dans son interview à Barak Ravid, Trump n’a pas hésité à lancer un «qu’il aille se faire foutre» à l’encontre de Netanyahu.
  15. L’assassinat du général iranien, Qassem Soleimani, en janvier 2020, présentée au monde entier comme le point culminant de la coopération et l’alliance israélo-américaine, s’est transformée rapidement en un point de tension majeur entre les deux pays.
  16. Selon Trump, d’aucuns de son entourage ne croit à un possible accord de paix entre palestiniens et israéliens. Les deux parties cultivent trop de haine de part et d’autre. Cette conviction est également partagé par l’auteur du livre Barak Ravid, qui estime à son tour qu’il n’y aurait pas de son vivant un accord de paix entre israéliens et palestiniens.

Le pitch

Le 15 septembre 2020, les pelouses de la Maison Blanche ont vu la signature des «Accords d’Abraham» qui ont changé la configuration géopolitique du Moyen-Orient. Négociés par Donald Trump, ces traités inédits visent à instaurer de relations officielles entre Israël et un certain nombre d’États arabes. A ce jour, quatre pays au total ont ratifié ces accords avec l’Etat hébreu sous l’égide de l’administration américaine : les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan.

Un an après, alors que les pays signataires fêtent le 1er anniversaire de ces traités, le plus connecté et l’un des plus respectés journalistes du Moyen-Orient, Barak Ravid, créé l’évènement avec la publication de son livre « La paix de Trump : les Accords d’Abraham et la refonte du Moyen-Orient ».

Le journaliste israélien retrace la naissance de ces accords en apportant ses propres témoignages ainsi que ceux de dizaines de hauts responsables de tout bord, impliqués dans le processus de négociations, y compris Donald Tump lui-même. L’entretien avec l’ancien Président américain a suscité un fort engouement des médias et des réseaux sociaux et ce dès la sortie du livre. Des passages sonores de l’interview de Trump ont fait le tour du monde donnant un coup du publicité inattendu à cet ouvrage.

« Au cours des quatre années de sa présidence, Trump a changé la face du Moyen-Orient : il s’est retiré de l’accord nucléaire avec l’Iran, a déplacé l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, a reconnu le plateau du Golan comme faisant partie d’Israël, a présenté un plan pour résoudre le conflit israélien. -Le conflit palestinien et le point culminant – les accords de paix et la normalisation.» peut-on lire sur la quatrième de couverture du livre.

« Les accords d’Abraham ont été la plus grande avancée du processus de paix au Moyen-Orient au cours des 25 dernières années. Ils ont totalement reconfiguré les relations au sein de la région et un groupe de personnes vraiment improbables les ont rendus possibles. Malgré les échecs de Trump dans les affaires internationales et toutes les décisions controversées comme le retrait de l’accord de Paris sur le climat et l’accord sur le nucléaire iranien, dans ce domaine, de nombreux républicains et démocrates pensent qu’il a eu raison.» a affirmé Barak Ravid dans un podcast du site d’information américain Axios.

Jared Kushner, un problème à Washington, un atout au Moyen-Orient

Jared Kushner, le gendre devenu redoutable conseiller de Trump à la Maison Blanche, a été la cible de critiques acerbes et d’attaques multiples de la sphère politique de Washington dès les premiers jours de sa nomination.

Promoteur immobilier et fils de promoteur immobilier comme son beau-père, Kushner est arrivé à la Maison Blanche avec un mépris assez profond pour le style, la politique et la diplomatie de Washington.

Selon Barak Ravid, il était plein de confiance, venant tout juste de la campagne Trump. A cause de sa mine de papier glacé, il paraissait aux yeux de ses collègues être habité par une arrogance inébranlable.

«Les gens avec qui il discutait, pensaient qu’ils avait affaire à quelqu’un qui venait d’ingurgiter un tas de livres de management et de commerce de la Silicone Valley. Il évoquait souvent sa volonté de rendre la Maison Blanche complètement différente en apportant davantage l’esprit du secteur privé à Washington et la culture start-up» écrit le journaliste. «Ces stéréotypes et ces reprsentations que Kushner avait de la chose politique, ont très probablement influencé la façon dont les choses se sont déroulées durant le mandat de son beau-père» poursuit-il.

Ce que les gens ne savaient pas, c’est que Kushner a appris de la presse la nature de la mission que le nouveau président comptait lui confier.

En effet, avant-même son investiture, Donald Trump dans un brief au New York Times et lors d’une séance d’enregistrement, a annoncé que Jared Kushner, son gendre, allait «diriger les efforts diplomatiques de la Maison Blanche pour parvenir à la paix au Moyen-Orient».

Barak Ravid qui s’est entretenu aussi bien avec Donald Trump que son gendre, affirme que ce dernier n’en savait absolument rien. Kushner avoue même qu’il «n’y connaissait rien du dossier israélo-palestinien, qu’il n’avait aucune expérience sur cette question et qu’il ne pensait même pas qu’il allait s’en occuper». «Je suis un gars de l’immobilier, pas un diplomate» a-t-il insisté.

Quand Kushner arrive à la Maison Blanche, poursuit Barak Ravid, il lance une plaisanterie à son équipe : « Je pense que le président ma confié cette mission parce qu’il ne m’aime pas vraiment».

L’auteur du livre explique dans le podcast d’Axios ( voir ci-dessus) que Jared Kushner a géré le conflit israélo-palestinien comme une affaire immobilière. La nomination de Kushner a été très critiquée à Washington, poursuit-il. Toutefois au Moyen-Orient, sa nomination a été perçue différemment.

Pour de nombreux pays de la région, y compris Israël, parler à quelqu’un qui faisait partie de la famille du président américain avait du sens et du poids.

«Kushner voulait éviter de «re-continguer l’histoire», mais lorsque l’on traite du conflit israélo-palestinien ce n’est pas une option possible . L’histoire est partout et est vite devenue l’obstacle ultime à ce qu’ils essayaient de faire», reconnait Barak Ravid.

Après sa nomination au poste de Conseiller Spécial du président élu, Jared Kushner et Donald Trump ont commencé par mettre en place une équipe en charge du processus de paix. Ils vont ainsi constitué un cercle de conseillers qui allaient de «très pro Israël» à «très très très très pro Israël», souligne le journaliste.

L’une des personnalités clés qui vont peser sur le cours des choses était David Friedman, l’avocat de Trump spécialisé dans les faillites, que le nouveau président a nommé ambassadeur en Israël.

Trump, le plus pro-palestinien de son administration

Le plus drôle, révèle Barak Ravid, commentant l’équipe en charge du «deal du siècle» ainsi constituée, c’est que déjà au tout début de leurs échanges, la personne qui semblait se soucier le plus du côté palestinien était Trump lui-même !

Et ce que beaucoup de gens ne savent pas, signale l’auteur, c’est qu’en réalité, dans la première année de sa présidence, et Trump me l’a dit, sa relation avec le président palestinien Mahmoud Abbas était très très bonne.

Trump a été surpris par les sentiments positifs qu’il éprouvait à son égard, rapporte-t-il.

« Avant de les rencontrer tous les deux (Mahmoud Abbas et Netanyahu, ndlr). Je pensais que les Palestiniens étaient impossibles, et les Israéliens feraient n’importe quoi pour faire la paix et aboutir à un accord. J’ai trouvé que ce n’était pas vrai. C’était exactement le contraire. », s’est confié Donald Trump à Barak Ravid.

Toujours sur sa relation avec le Chef de l’Autorité Palestinienne, Trump confit : «C’était presque comme un père. Il était si gentil. Il n’aurait pas pu être plus gentil.»

Mais cette relation chaleureuse ne va pas durer très longtemps.

En effet, explique M. Ravid, face au manque de sérieux de Netanyahu, et pour faire aboutir son deal du siècle Donald Trump va prendre de court tout le monde en annonçant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. Trump pensait, poursuit l’auteur du livre, que ce coup politique pousserait Israël à accepter un plan de paix avec les palestiniens en leur cédant le tiers des territoires occupés.

Finalement sa prise de risque n’a pas servi son dessein de paix, les palestiniens quittèrent la table des négociations et Netanyahu poussera le bouchon encore plus loin.

Dans son podcast Axios, Barak Ravid est interpellé par son co-animateur Jonaythan Swan : « Il est surprenant que, comme Obama et Bill Clinton, Trump soit également arrivé à la conclusion que Bibi (surnom de Netanyahu) n’était pas sincère dans sa volonté de paix avec les Palestiniens ».

En réponse, Barak Ravid cite une déclaration de Donald Trump qu’il lui a fait sur le sujet :

«Je pense qu’il nous a juste fait la pression, beaucoup de pression. Je ne pense pas que Bibi ait jamais voulu faire la paix», a affirmé l’ancien président.

Malgré l’attitude de Trump envers Abbas et Netanyahu à l’époque, la décision de Trump de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem et de reconnaitre Jérusalem comme la capitale d’Israël était inattendue. C’est un tournant important dans l’histoire et c’est aussi un énorme doigt d’honneur aux Palestiniens.

Israël et les Palestiniens considèrent tous deux que Jérusalem est leur capitale. Reconnaître Jérusalem revient donc à prendre parti sur une question qui a fait l’objet de plusieurs cycles de négociations de paix au cours des 25 dernières années.

Pour Trump, cette décision était politique, explique M. Ravid. Il l’a fait pour sa base électorale. Trump et ses conseillers savaient que le transfert de l’ambassade nuirait à leur effort de paix, mais ils pensaient que Jérusalem ne serait qu’une «bombe sur la route». Cela s’est avéré être une énorme erreur de calcul.

Les Palestiniens ont pris connaissance de la décision du président américain lorsqu’une délégation de l’autorité palestinienne s’est déplacée à la Maison Blanche vers la fin de 2017. Jared Kushner a informé le négociateur en chef, feu Saeb Erekat, que l’ambassade allait déménager à Jérusalem. Rabougri, Erekat a dit à Kushner que «si vous faites cela, vous vous seriez disqualifié de tout rôle dans ce processus de paix». Kushner a rétorqué en criant: «Ne me menacez pas ! C’est notre affaire, c’est notre politique». Eurekat a répondu, «si vous faites cela, vous amènerez les Israéliens et les Palestiniens au point de désastre».

Les Palestiniens avaient perdu l’une des choses qui comptait le plus pour eux, écrit Barak Ravid. Ils étaient tellement en colère qu’ils sont sortis de la Maison Blanche et ne sont jamais revenus.

Un peu plus tard, Trump a appelé Mahmoud Abbas, nous informe le journaliste. Il lui a dit de ne pas s’inquiéter, qu’il obtiendrait quelque chose de grand par la suite. Mais Abbas était très en colère. Trump a fait un long monologue pour essayer de le calmer. A un moment donné, il s’est rendu compte que la ligne était coupée et qu’il parlait tout seul depuis plusieurs minutes. L’opérateur a demandé au président s’il voulait reprendre l’appel, Trump a répondu qu’il l’appellerait un autre jour.

Ce fut la dernière fois qu’ils se sont parlés. C’était le mardi 5 décembre 2017.

Le lendemain, Trump fait la grande annonce de sa décision de déplacer l’ambassade américaine à Jerusalem.

«Israël se réjouissait et les Palestiniens étaient furieux», explique le M. Ravid.

Mais survient un autre incident qui va envenimer davantage les relations entre Trump et Abbas.

En janvier 2018, ce dernier présidait une réunion avec les dirigeants palestiniens à Ramallah. Durant son discours, Abbas surpris l’auditoire et maudit le président américain en déclarant en arabe : «que sa maison soit détruite.»

La phrase arrive aux oreilles de Donald Trump, et on lui explique qu’il s’agit de la pire chose qu’on puisse souhaiter à son ennemie «Yekhreb bitak».

Trump ripostera. Dans les mois qui suivent cet incident, il coupe presque toutes les aides aux palestiniens. Il ferme le bureau de l’OLP à Washington ainsi que le consulat américain à Jérusalem qui accueillait la mission diplomatique américaine auprès de l’autorité palestinienne.

Les ponts ont été coupés pour de bon et les Palestiniens ne reviendront plus jamais à la table des négociations.

«Trump a sapé ses propres efforts en vue d’un accord de paix lorsqu’il a reconnu, en décembre 2017, Jérusalem comme capitale d’Israël et a déclaré que l’ambassade des États-Unis y déménagerait», affirme Barak Ravid.

L’auteur rapporte par ailleurs que l’équipe de Kushner s’inquiétait des retombées de la décision de Trump sur l’éventualité d’un accord avec les Palestiniens. «Cela s’est avéré être beaucoup plus grave, devenant la pire crise entre les États-Unis et les Palestiniens depuis au moins 15 ans», écrit-il.

Lorsqu’on lui a demandé s’il pouvait comprendre la colère des Palestiniens, Trump a répondu : «Nous allions faire quelque chose pour eux dans une autre partie de Jérusalem. J’ai dit : Écoutez, Israël vient de gagner un point. Le prochain point sera le leur. Ils vont obtenir quelque chose de très grand qu’ils veulent’. Je le leur ai fait savoir.».

Trump a également concédé que la réduction de l’aide aux Palestiniens n’avait pas été efficace pour les ramener à la table des négociations. «Ce sont des gens endurcis», a-t-il déclaré.

L’ancien président américain voulait à tout prix être celui qui a réussi à signer un accord de paix entre palestiniens et israéliens malgré la réticence de tout son entourage. A ce sujet, Trump va se confier au journaliste en ces termes :

« Tout le monde m’a dit que ce n’était pas possible. Sheldon Adelson a dit que ce n’était pas faisable. La haine est si grande entre les Palestiniens et les Israéliens. Ils apprennent dès qu’ils sont en capacité d’ouvrir des livres à se détester les uns les autres, surtout les Palestiniens envers Israël. Sheldon m’a raconté les choses horribles sur le peuple juif qu’ils enseignent aux enfants dès leur jeune âge».

Et poursuit : «Sheldon Adelson qui était un de mes amis et sa femme Myriam est une femme fantastique, et qui était reconnu pour être un grand négociateur, il dit aussi que c’est impossible. Mais moi j’y suis allé. Ne connaissez-vous pas l’adage : Qu’est-ce que vous avez à perdre ? Essayez !»

Trump : Netanyahu est déloyal et ne veux pas la paix, «qu’il aille se faire foutre»!

Barak Ravid s’est entretenu avec Donald Trump à deux reprises en 2021, dans le cadre de ses recherches pour son livre sur les accords d’Abraham. Décrivant l’une de ces rencontres : « Nous nous sommes juste assis là seuls. C’était même un peu touchant ».

M. Ravid ne savait pas encore que les enregistrements sonores de l’interview de l’ancien président américain allaient faire autant de bruit. Deux passages créeront l’évènement, celui sur les relations avec Netanyahu d’une part et sa théorie sur les juifs américains et Israël d’autre part.

Au sujet de l’ancien premier ministre israélien, le journaliste affirme que Trump a critiqué Netanyahu à plusieurs reprises lors des deux interviews.

«Bibi ne voulait pas faire d’accord», a déclaré Trump à Barak Ravid.

«Même plus récemment, lorsque nous sommes arrivés avec les cartes et tout, il a dit : C’est bien, c’est bien. Tout était toujours génial, mais il ne voulait pas faire d’accord. Je pensais que les [Palestiniens] étaient impossibles et que les Israéliens feraient tout pour faire la paix et conclure un accord. J’ai découvert que ce n’était pas vrai….. Je ne pense pas que Bibi ait jamais voulu faire la paix, je pense qu’il nous a mis la pression, juste mis la pression, mis la pression, mis la pression…. Bibi ne voulait pas faire la paix, il ne l’a jamais fait.»

Trump a également eu le sentiment d’avoir contribué à assurer la survie politique de Netanyahu, mais n’a pas obtenu la même chose en retour, assure Barak Ravid. Il ne sera d’ailleurs pas au bout des surprises quand Trump lâche à l’encontre de Netanyahu un «Fuck him».

En effet, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour Trump a été lorsque Netanyahu a félicité le président élu Biden pour sa victoire électorale alors que Trump contestait encore le résultat.

«J’aimais bien Bibi. J’aime toujours Bibi. Mais j’aime aussi la loyauté. La première personne à féliciter Biden a été Bibi. Et non seulement il l’a félicité, mais il l’a fait sur une vidéo».

«Je ne lui ai pas parlé depuis», a ajouté Trump, «qu’il aille se faire foutre».

Frappe contre le Général Soleimani, Trump estime qu’il a été utilisé et qu’Israël «n’avait pas fait ce qu’il fallait»

L’assassinat du commandant iranien Qasem Soleimani en janvier 2020 semblait être l’apogée de la coopération sécuritaire et diplomatique entre les États-Unis et Israël. La vérité est que cet assassinat est devenu un point de tension majeur entre les alliés, écrit Barak Ravid.

Donald Trump s’attendait, selon ses déclarations, à ce qu’Israël joue un rôle plus actif dans l’attaque. «Mais Israël n’a pas fait ce qu’il fallait» s’est-il plaint.

Et de menacer : «Je ne peux pas parler de cette histoire. Mais j’ai été très déçu par Israël ayant à voir avec cet événement. … Les gens entendront parler de cela au bon moment».

Même si la partie israélienne (Un haut responsable de Tsahal) assure qu’elle avait proposé un rôle plus actif pour les forces israéliennes, et que les États-Unis avaient insisté pour que ce soit eux qui exécutent la frappe, M. Ravid justifie l’exaspération de Trump par son sentiment ainsi que celui de son administration d’être constamment utilisé par Netanyahu.

L’ancien président américain a d’ailleurs illustré la situation par une phrase d’un haut responsable de la Maison Blanche : «Benjamin Netanyahu, était prêt à combattre l’Iran jusqu’au dernier soldat américain».

Trump était foncièrement convaincu qu’aussi bien l’Otan ou Israël, les alliés voulaient systématiquement que les États-Unis combattent à leur place.