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125ème meeting MPEG : La vidéo dans tous ses états

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La ville ocre accueille depuis le 9 et jusqu’au 18 de ce mois la 125ème meeting MPEG & le 13ème meeting JVET. L’évènement est supporté officiellement par le groupe Huawei Technologies et sponsorisé par la Caisse de Dépôt et de Gestion, la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) et la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA).

Organisées par l’Ecole Mohammadia d’Ingénieurs (EMI) pour la seconde fois après celle de 2007 (une première dans le monde arabe et africain), ces deux manifestations permettront à l’EMI de capitaliser ses acquis. Elles donneront aussi l’occasion aux « acteurs marocains de la technologie de l’information, d’intégrer une des communautés internationales les plus actives dans les technologies du multimédia numérique. Les technologies MPEG représentent des enjeux économiques forts compte tenu de leur présence dans la vie quotidienne », mettent en valeur les organisateurs.

Grandes révolutions technologiques

Cette grande messe connaîtra la participation de plus de 450 experts internationaux au savoir pointu venus de 25 pays et représentant plus de 100 firmes mondiales et des centres de recherche universitaires de renommée mondiale comme Fraunhofer (Allemagne), Tsinghua University (Chine) ou encore l’École Polytechnique Fédérale de Lausane (Suisse). Le Maroc, à travers cet évènement de portée internationale, aura ainsi la chance de s’insérer dans cet écosystème technologique mondial. Rappelons que le groupe MPEG (Moving Picture Experts Group) fait partie du sous comité de la technologie de l’information de l’International Standards Organization / International Electrotechnical Commission (ISO/IEC) qui travaille sur la normalisation des technologies multimédia numériques.

Des vidéos sur un nuage

Il est particulièrement chargé de la représentation et le codage de l’information audio et vidéo. Depuis la création du groupe MPEG, ce dernier a mis au point plusieurs produits à large succès comme les fichiers MP3, MPEG-2 pour la télévision numérique et MPEG-H HEVC (High Efficiency Video Coding), utilisés pour la télévision HD. Ce groupe planche actuellement sur les technologies multimédia immersives et plus précisément la nouvelle norme MPEG-I (Coded Representation for Immersive Media), pour s’immerger dans contenu multimédia et accompagner le démarrage du marché mondial de la réalité virtuelle notamment dans le domaine industriel. Par ailleurs, ce groupe travaille aussi sur la nouvelle norme MPEG-I PCC (Point Cloud
Compression) vise à fournir une représentation codée pour les données captées par les voitures
autonomes et leurs permettant de naviguer dans leur environnement.

Nouvelles normes en vue

Ce grand meeting connaîtra aussi la poursuite des travaux de développement du nouveau format de codage vidéo VVC (Versatile Video Coding), par JVET (Joint Video Experts Team). « Ce format est notamment caractérisé par ses performances atteignant les limites de l’état de l’art en matière de codage vidéo et aussi fournissant un nouveau format efficace pour la vidéo 360° », précisent les organisateurs. Carrefour d’échange et de développement des outils du futur, ce meeting permettra aussi aux spécialistes marocains d’affiner leurs connaissances.

#SaveTheDate – Les Impériales se penchent sur les défis des marques

Marqueteurs, communicateurs, institutionnels et entreprises devraient être nombreux à la prochaine édition des Impériales qui aura lieu au Carré d’Or à Casablanca du 21 au 27 janvier 2019. Une occasion pour eux de connaître les dernières innovations, d’échanger leurs expériences et de nouer des contacts. Organisées sous le thème « les défis des marques au Maroc », cet évènement se veut le rendez-vous incontournable de la communication et du marketing. Ce choix, explique l’Association les Impériales, est la réponse au constat établi par l’Association Les Impériales, présidée par Anouar Sabri, qui est à la tête de l’unique plateforme professionnelle « big data marketing » du Royaume : malgré un effort généralisé de promouvoir l’activité et la pérenniser, il manque aujourd’hui une plateforme fédératrice regroupant l’ensemble de ces métiers.


Les Impériales 2019 se proposent d’apporter quelques éléments de réponse à de grandes questions qui interpellent les professionnels. Parmi elles, figurent en bonne place la difficulté d’établir des prospectives à défaut de bilans préalablement établis, la définition des perspectives d’avenir à la lumière de l’évolution des métiers et du niveau des ressources humaines et la mise en valeur de l’expertise et du savoir-faire sans passer par un espace pour asseoir cette réputation. Le défi n’est pas facile à relever d’autant qu’il concerne tous les acteurs économiques, et les professionnels du secteur en particulier. Cette 3ème édition, qui regroupera des invités d’honneur de l’étranger et du Maroc, présente un programme riche en activités.

Un siècle de pubs marocaines, un voyage dans le temps


Outre un musée de la publicité qui retracera un siècle de pub au Maroc, des keynotes, des workshops et des prix à décerner permettront d’établir une rétrospective du passé, de comprendre les problématiques du présent et de construire le marché du futur. Durant trois journées, des étoiles seront décernées pour valoriser le savoir-faire marocain. Elles seront attribuées aux talents, entreprises, agences et campagnes qui se sont démarquées en 2018. Surfant entre passé, futur et présent, les Impériales 2019 réserveront trois journées d’apprentissage et d’échange sur des thématiques pointues «pour les professionnels et des débats visant à déterminer les prospectives de l’écosystème dans lequel tous les acteurs opèrent ». Enfin, les participants pourront participer au job-Dating pour trouver des emplois ou des stages.

Caisse de résonance des professionnels

Organisées par le magazine MediaMarketing, l’événement Les Impériales se veut être une autre retranscription, sous forme événementielle, de sa ligne éditoriale, axée sur l’analyse des tendances actuelles et futures des métiers de la Communication et du marketing, et sur l’ensemble des problématiques liées au secteur. MediaMarketing, créé en 2006, est le seul support marocain dédié aux sujets du marketing et de la communication. La première édition des Impériales remonte à 2003. Depuis, bien du chemin a été parcouru.

Anouar Sabri, Monsieur Big Data du Maroc

Discret, passionné et déterminé, Anouar Sabri a fait de la collecte d’information un métier. Plus de 18 années de collecte, d’indexation, d’adaptation technologique pour bâtir une des plus belles bases de données marketing du marché et l’unique du pays.

Ingénieur informaticien, Anouar Sabri va démarrer sa carrière professionnelle dans une agence de publicité, avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Il crée Imperium en 2000, et commence son long, fastidieux et laborieux travail de collecte d’information, de sa structuration et de sa qualification. Il va, pour cela, recruter des dizaines de jeunes de sa région d’origine, Sidi Yahya El Gharb, au nord de Kenitra. La fourmilière tournera à plein régime jusqu’à installer le roulement 3 x 8.

Les multinationales FMCG, grandes consommatrices de data, seront les premières à croire dans le projet, les agences de communication, cherchant à offrir de la valeur ajoutée à leur client sur des bases scientifiques, suivront puis se sont les opérateurs télécoms qui dans leur féroce compétition feront de la data Imperium une référence commune du marché.

Avec l’arrivée du haut de débit du digital, la big data devient une mine d’or. La galaxie Anouar Sabri, va dépasser les frontières marocaines, pour aller collecter et livrer de la data en Afrique et en Europe.

#ForMigration Marrakech : Le MAECI organise sa communication

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A quelques jours de la tenue de la Conférence Intergouvernementale pour l’adoption du Pacte Mondial pour les migrations qui aura lieu à Marrakech les 10 et 11 décembre 2018, le comité d’organisation relevant du Ministère des Affaires étrangères a tenu, ce mardi, une rencontre avec les médias, présidée par l’ambassadeur Fouad Yazough, directeur général des relations bilatérales et des affaires régionales, en vue de présenter les grandes lignes de l’évènement et les aspects de son organisation.

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MEDays2018 : Le Président du Burkina Faso invité de marque

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La ville du Détroit abritera du 7 au 10 novembre prochain, la 11ème édition des MEDays, organisés par l’Institut Amadeus, dirigé par Brahim Fassi Fihri. Traitant du thème « A l’ère de la disruption, bâtir de nouveaux paradigmes », le forum accueillera plus de 150 intervenants de choix et près de 3 000 participants. Placé sous le Haut patronage du roi Mohammed VI, ce forum international reviendra sur les différentes ruptures et mutations connues par le monde à plusieurs niveaux notamment diplomatiques, sociaux, économiques. « Les évolutions internationales récentes sont porteuses de déstabilisation dont pourraient se prémunir les pays du Sud en renforçant leurs coopérations. », prônent les organisateurs de l’évènement.

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Migration : OCP Policy Center balise le terrain pour le sommet de Marrakech

Entre contraintes sécuritaires et défis humains, la question migratoire taraude depuis la grande crise de 2015 bien des décideurs de par le monde. Phénomène structurel en Afrique, la question migratoire appelle des réponses tout aussi structurelles. Et pour se préparer à la conférence internationale de Marrakech sur la question, prévue en décembre à Marrakech, OCP Policy Center organise, le vendredi 2 novembre au Ryad Business Center à Rabat, un séminaire de haut niveau sur la migration, en partenariat avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la Migration et l’Institut européen de la Méditerranée.

Cet évènement se tient à un mois du sommet de Marrakech sur les migrations qui doit aboutir en principe à la signature d’un Pacte mondial sur la migration. Les débats de ce séminaire seront sanctionnés par des recommandations qui seront mises à la disposition des participants à la conférence de Marrakech, à leur tête décideurs et pouvoirs publics.

Une trentaine d’experts des deux rives de la Méditerranée et d’Afrique prendront part à ce séminaire et débattront de la question. Placé sous le thème « Migration : Réconcilier les Visions du Nord et du Sud », ce séminaire se focalisera sur plusieurs questions d’actualité. Les participants aborderont la question de la migration intra-africaine à l’aune des bonnes pratiques et des leçons apprises pour une mise en œuvre efficace du Pacte Mondial sur la migration. Le rôle de la coopération bilatérale et régionale pour la levée des obstacles à la mobilité du travail et à la sécurité des migrants sera aussi l’un des axes majeurs de ce débat qui se penchera aussi sur les réponses à apporter à long terme aux causes profondes de la migration et le développement des pays émetteurs de migrants. Enfin, pour promouvoir une migration sûre, régulière et ordonnée, les conférenciers essaieront de concilier les préoccupations sécuritaires avec le développement et le respect des droits de l’homme.

Sceller le consensus onusien

Dans un communiqué diffusé par l’OCP Policy Center, ce dernier souligne que cette manifestation « intervient dans un contexte marqué par la centralité qu’occupe la question de la migration dans les politiques internes de plusieurs Etats et la succession de drames qui ont interpellé la Communauté Internationale et bouleversé l’opinion publique, depuis 2015 ».

Rappelons qu’en juillet dernier, l’Assemblée générale des Nations Unies a dégagé un consensus sur la question migratoire incarné par le Pacte Mondial (Global Compact), adopté par les Etats membres de l’ONU en juillet 2018 pour une migration sûre, ordonnée et régulière.

Future adhésion du Maroc à la CEDEAO : Après Dakar, Amadeus atterrit à Abidjan pour enrichir le débat

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Le Think tank marocain, l’Institut Amadeus, poursuit son périple africain pour expliquer et enrichir les débats et la réflexion sur la demande d’adhésion du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ainsi, et après une première conférence organisée à Dakar le 29 mars dernier, sous le thème «Adhésion du Maroc à la CEDEAO : Fondements, enjeux et perspectives communes», en partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et avec la collaboration du Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales (CIRES), l’Institut Amadeus organisera le 20 avril à Abidjan une autre conférence sous le thème « Le Maroc dans la CEDEAO : Élargissement ou approfondissement ? »
L’objectif de la conférence est de réunir responsables politiques, opérateurs économiques, universitaires et acteurs de la société civile ivoiriens et marocains dans le cadre d’une écoute respective et attentive, et d’un dialogue franc et ouvert, souligne un communiqué d’Amadeus parvenu à le1.ma.


L’Institut Amadeus, Think tank marocain indépendant, catalyseur de débats fortement impliqué dans les problématiques africaines, poursuit son initiative de réflexion et d’échanges en perspective de l’adhésion du Royaume du Maroc à la CEDEAO, après une première conférence à Dakar, le 29 mars dernier.

En partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et avec la collaboration du Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales (CIRES), l’Institut Amadeus organise le 20 avril à Abidjan une conférence sous le thème  » Le Maroc dans la CEDEAO : Elargissement ou approfondissement ?  »

 » La Côte d’Ivoire s’est récemment imposée comme la première destination des investissements marocains en Afrique « , explique Brahim Fassi Fihri, président fondateur de l’Institut Amadeus.  » De plus, la Côte d’Ivoire est un pays pivot de la sous-région Afrique de l’Ouest et l’un des moteurs de l’intégration régionale, poursuit-il. Il nous a semblé naturel et nécessaire d’aller à l’écoute des forces vives de ce pays au moment où le Maroc prépare son adhésion à la CEDEAO « .

L’objectif de la conférence d’Abidjan est de réunir responsables politiques, opérateurs économiques, universitaires et acteurs de la société civile ivoiriens et marocains dans le cadre d’une écoute respective et attentive et d’un dialogue franc et ouvert. Cette démarche a été confortée par la forte présence et la qualité des échanges lors de la première conférence de Dakar, laquelle a rassemblé une quarantaine de décideurs et d’experts des deux pays et a permis la création d’un Comité conjoint et paritaire sénégalo-marocain de suivi de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO.

Cette deuxième étape des conférences explicatives autour de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO vise donc à approfondir le débat tout en l’élargissant. Ses travaux permettront une meilleure connaissance des enjeux et des positions, de part et d’autre.

Moussa Mara : Le modèle marocain en Afrique mérite d’être suivi avec attention ( Interview )

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L’ancien Premier ministre malien, Moussa Mara, a participé, le mardi 6 mars, à la conférence des experts préparatoire du 6ème sommet du Forum de coopération sino-africain (FOCAC), co-organisée  par l’Institut Amadeus avec l’ambassade de Chine à Rabat avec trois casquettes, celle d’homme politique, de chef de parti et en sa qualité d’expert comptable. Il a bien voulu répondre aux questions du le1.ma sur différents dossiers de l’heure touchant les relations Chine –Afrique, l’approche africaine du Maroc, la question du terrorisme et la sécurité dans le Sahel. Entretien.

Le1.ma : Pouvez-vous nous parler du thème de votre intervention ?

Moussa Mara : Le thème de l’intervention était de baliser ou d’aider à baliser le chemin vers le Forum sino-africain qui aura lieu en septembre prochain en Chine lequel portera sur l’ensemble des actions à mener pour que l’Afrique puisse bénéficier d’un développement partagé : les questions d’industrialisation, de commerce, d’agriculture, les questions de renforcement des ressources humaines, du renforcement des infrastructures et le financement des différents projets. Toutes ces questions sont traitées pour que la coopération sino-africaine puisse être mutuellement avantageuse comme disent les chinois.

Le1ma : Mais concrètement, vous avez mis le doigt sur quoi ?

Moussa Mara : Moi j’ai mis le doigt sur un certain nombre d’éléments. D’abord, la coopération doit être sérieusement et mutuellement avantageuse. Cela veut dire quoi ? Que la coopération ne doit pas relever seulement de l’exportation des matières premières et d’importation de biens manufacturés. C’est déséquilibré. Il ya le développement de la Chine mais il n’ya pas de développement de l’Afrique, ou très peu. Il faut que nous puissions investir davantage dans l’industrialisation de l’Afrique et le développement de la capacité de l’Afrique à créer de la valeur à partir de ses propres produits. C’est un élément important.

Le deuxième élément est lié au premier. Il s’agit de renforcer le capital humain de l’Afrique, qu’il y ait plus de ressources humaines compétentes, qu’il y ait plus d’ingénieurs, plus de techniciens pour qu’on puisse justement porter l’industrialisation du continent. Le troisième élément sur lequel j’ai insisté, c’est la coopération au niveau politique. Il faut que certaines idées, certaines stratégies, certains processus qui sont en Chine et qui sont porteurs de développement puissent aussi être utilisés comme modèle pour le continent. La Chine, par exemple, en termes de planification du développement et de gestion du territoire, a des capacités et  des réussites importantes. Cela peut aider aussi le continent sur le plan politique, ainsi que sur le plan économique. Certaines idées de coopération peuvent être meilleures en termes de développement inclusif et de partenariat entre la chine et le continent. C’est sur ces éléments que j’ai axé mon intervention.

Le1.ma : En votre qualité d’expert comptable, quel regard portez-vous sur les précédents sommets, et quel bilan en faites-vous ?

Moussa Mara : Ces sommets ont toujours abouti à des grands projets et à de grands programmes. Cette année aussi, je pense.

Le1.ma : Pour quelles réalisations ?

Moussa Mara : Il ya beaucoup de réalisations sur le continent grâce à la coopération sino-africaine. Mais ces réalisations seront davantage fructueuses, si elles portaient sur le renforcement des ressources humaines et de la capacité endogène du continent à s’industrialiser, sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, sur l’énergie, le  solaire et les énergies renouvelables. Il y a quelques chemins utiles et concrets qui ne sont pas encore suffisamment mis en valeur, et ce à côté de grandes réalisations d’infrastructures, de grands financements dont bénéficient le continent et la Chine sur un pied d’égalité.

Le1.ma : Sur le plan financier, lors du sommet de Johannesburg, le président chinois a promis beaucoup d’argent. On a parlé de 20 milliards de dollars et puis de 60 milliards de dollars. On a reproché que ces montants étaient démesurés, vous en pensez quoi ?

Moussa Mara : Ces montants ne sont démesurés par rapport à la réalité. Vous savez que si on prend uniquement les infrastructures, les besoins de l’Afrique sont évalués à au moins 80 milliards de dollars chaque année. Donc les montants ne sont pas faramineux par rapport aux besoins. Et quelqu’un disait à juste titre que les échanges entre la Chine et la Corée  du Sud, c’est plus de 207 milliards de dollars, c’est-à-dire beaucoup plus que la Chine avec l’Afrique dans sa globalité. La Corée du Sud c’est seulement 48 millions d’habitants, soit l’équivalent d’un pays comme l’Afrique du sud. Seulement ce sont les capacités d’absorption qui manquent, parce que quand on dit «projets», il faut avoir la compétence de les préparer, de les planifier, de monter les dossiers, de lancer les appels d’offres, et de collecter les financements ; et très souvent l’Afrique a des difficultés sur ces volets-là. Je pense qu’il faut beaucoup investir : réaliser des infrastructures c’est bien mais investir dans l’élément humain est beaucoup mieux. Et c’est sur ce point que j’ai le plus insisté.

Le1.ma : Est-ce que le partenariat Afrique-Chine ne dérange pas les anciennes puissances coloniales ?

Moussa Mara : Aujourd’hui, il ne doit pas y avoir de concurrence entre les puissances. L’Afrique doit apprendre à connaître ses intérêts et aller les chercher là où il le faut, en Chine, en Afghanistan, aux Etats-Unis ou au Canada. Maintenant c’est à chacun aussi de se battre conformément à ses intérêts et à s’illustrer dans ce sens. Mais quand je dis intérêts, il ne s’agit pas seulement d’intérêts à court terme. Il s’agit d’intérêts stratégiques. Souvent c’est là que beaucoup de puissances oublient et privilégient un peu  le court terme. A mon avis, il ya de la place pour tout le monde sur le continent et l’Afrique a intérêt à travailler avec tous.

Le1.ma : Le Maroc est le deuxième investisseur sur le continent, quel regard portez-vous sur l’approche marocaine en l’Afrique ?

Moussa Mara : C’est une bonne approche qu’il faudrait dupliquer ; en accompagnant d’autres pays africains, comme l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Egypte et l’Algérie en les encourageant à s’inspirer de cette stratégie qui consiste investir dans des filières et secteurs porteurs, de l’étude faisabilité, au financement jusqu’à la réalisation. Ce sont ces  modèles qui à mon avis sont des modèles d’avenir, en plus du renforcement des ressources humaines et la formation professionnelle. Il existe d’autres modèles mais celui-là est à suivre.

Le1.ma : Avec votre casquette d’homme politique et d’ancien premier ministre : le volet sécuritaire dans la région du Sahel, quel regard vous y portez ?

Moussa Mara : La sécurité conditionne tout. Il faut que nous apprenions à traiter cette question de sécurité. Ca passe aussi par offrir de l’emploi aux jeunes. C’est aussi donner de la nourriture à ceux qui ont faim pour qu’ils ne puissent pas aller dans des aventures terroristes. Donc la sécurité est un tout. La question sécuritaire est souvent soit la résultante d’une situation, soit le détonateur d’une autre. Il faut savoir renforcer les forces armées et les forces de sécurité, tout en travaillant sur les questions économiques, de justice sociale, et toutes les autres questions connexes comme la lutte contre la corruption.

Le1.ma : Et la question de gouvernance ?

Moussa Mara : Ah oui, la question de gouvernance constitue vraiment un élément majeur. La mauvaise gouvernance crée des problèmes de déséquilibres ultérieurs. Il faut donc que la bonne gouvernance, le leadership, l’exemplarité des leaders soient des priorités dans toute réforme.

La Chine à l’écoute de l’Afrique qui s’éveille

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Le dynamique Think Tank marocain Amadeus a co-organisé avec l’ambassade de Chine au Maroc, le mardi 6 mars 2018, une conférence des experts préparatoire du 6ème sommet du Forum de coopération sino-africain (FOCAC). Près d’une soixantaine de personnalités et d’experts, venant de pays africains et de Chine, ont répondu présents pour plancher sur quatre axes couvrant le partenariat multiforme sino-africain.


Le format simple choisi par Amadeus est pratique et pragmatique pour une meilleure efficacité dans la gestion des débats. Ouverte par l’ambassadeur de Chine Li Li et Brahim Fassi-Fihri, président de l’institut Amadeus, les deux responsables ont mis en exergue la qualité de la coopération et du partenariat tissés par l’Empire du Milieu avec divers pays africains. Le Maroc en est l’illustration parfaite dans divers domaines.

Par la suite, la conférence est entrée dans le vif des thèmes retenus. Ainsi donc la matinée, la première session a traité de la coopération économique et des investissements. Le deuxième atelier s’est penché sur la coopération et le mécanisme politique.

L’après midi, ont été débattus les deux autres thèmes à savoir le développement humain et les transferts de compétence avec une question lancinante et pertinente : l’Afrique peut-elle importer le modèle de développement chinois ?

Enfin, la quatrième session a planché sur la coopération en matière de paix et de sécurité avec l’interrogation suivante : La Chine future actrice de la nouvelle architecture africaine de paix et de sécurité ?

Cette conférence-débat n’était pas ouverte aux médias. Toutefois, à chaque pause café, les journalistes ont pu réaliser des entretiens ou recueillir quelques «indiscrétions». Ce qui a retenu l’attention côté chinois, c’est leur disponibilité qui entre dans le cadre d’une offensive de charme pour dire que la Chine est désormais ouverte, sans complexe, loin de l’étiquette qui lui collait au dos, plaidant pour un véritable partenariat sud-sud gagnant. Les responsables chinois ont souligné la disponibilité de leur pays à travailler avec les pays africains dans le respect des spécificités de chaque pays sans ingérence ou interférence dans les affaires intérieures.

Les experts africains et loin de toute langue de bois, ont estimé que l’Afrique a beaucoup à gagner en diversifiant ses partenariats en coopérant davantage avec la Chine. Ils demandent un rôle accru au secteur privé et une meilleure gouvernance et la présentation de projets bien étudiés à la partie chinoise. Ils ne veulent pas d’un partenariat où l’Afrique sera perçue comme étant le grenier des matières premières pour les superpuissances. Ils veulent du concret, avec des plus values dans les domaines de la formation et des ressources humaines, du transfert technologique et tout ce qui peut aider le continent à assurer tant soit peu son décollage.

Le dossier de la paix et de la sécurité a été largement débattu, parfois avec passion. Les Africains ont été unanimes pour souligner l’équation entre sécurité, développement et démocratie. Ils savent de quoi ils parlent puisque certains pays n’arrêtent pas malheureusement de payer un lourd tribut au terrorisme, aux guerres civiles ou tribales. Ils ont demandé davantage d’implication de la Chine dans le maintien de la paix dans les régions qui subissent des troubles et non pas se contenter du volet économique. A cet égard, un vibrant hommage a été rendu au Maroc et à son armée royale pour le rôle légendaire dans les opérations de maintien de la paix avec les casques bleus marocains qui ont payé de leur vie l’engagement du Maroc et sa mobilisation pour un continent sûr.

La Chine ne sera pas le gendarme de l’Afrique

Réagissant à une «l’interpellation», le jeune attaché militaire chinois à Rabat a souligné que son pays est le deuxième contributeur après les USA dans le budget des forces de l’ONU relevant que son pays n’épargnera aucun effort mais ne sera aucunement une puissance néocoloniale ou gendarme de l’Afrique. En d’autres termes, la Chine ne sera pas un casse tête pour l’Afrique mais plutôt pour ses concurrents sur le continent, les Etats-Unis et l’Europe en tête !

L’intérêt donc de cette journée est de soulever les véritables questions qui taraudent l’esprit des experts, chacun dans son domaine, et de baliser la route pour le prochain FOCAC prévu en principe au mois de septembre à Pékin.