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Holcim Maroc, Asment et Cimat achèteront 80% d’électricité produite par la ferme éolienne Acwa Power- Khalladi

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Les cimentiers Holcim Maroc, Asment et Cimat ont signé des accords à long terme avec ACWA Power pour acheter 80% de la puissance générée par le parc d’éoliens Khalladi, situé à Jbel Sendouq à 50 km à l’est de Tanger, à des prix au KW plus bas que ceux du réseau ONEE.

Inauguration du projet Acwa Power- Khalladi par le Roi Mohammed VI

Cet accord avec ces grands consommateurs d’énergie, a été selon ACWA power, un facteur déterminant pour réussir le closing du montage financier, dès le dernier trimestre 2016, de ce projet greenfield qui a coûté 180 millions de dollars.

Pour ACWA Power, avec ce montage le projet n’avait pas besoin d’un soutien du gouvernement marocain.

L’opérateur saoudien estime qu’il s’agit là d’un modèle peut être suivi par d’autres promoteurs privés qui voudront vendre de l’électricité à des privés au Maroc.

Le montage financier de ce projet évalué à 180 millions de dollars, compte une dette à durée limitée de 140 millions de dollars ainsi que de 40 millions de dollars de fonds propres.

Acwa Power-Khalladi est détenu à hauteur de 75% par le saoudien Acwa Power (développeur principal) et 25% par le fonds d’investissement Arif (géré par Infra Invest, filiale de RMA Watanya).

Le prêt senior de 20 ans a été divisé en trois tranches. Deux des tranches sont en Dirham avec une marge de 2,7%, de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) et la Banque Marocaine du Commerce Extérieure (BMCE). La troisième tranche, en dollars américains, octroyé à un taux d’intérêt fixe de 1% avec une période de grâce de 10 ans, du Clean Technology Fund, qui fait partie de Climate Investment Funds – un véhicule financé par des banques de développement multilatérales.

C’est le premier projet d’énergies renouvelables financé par la BERD au Maroc qui s’appuie sur des contrats d’accords commerciaux privés de durée indéterminée au lieu d’un mécanisme du régime d’aide de l’État.
Acwa Power-Khalladi est l’un des premiers projets développés dans le cadre de la loi marocaine sur les énergies renouvelables 13.09, qui favorise la production d’énergie à partir des sources renouvelables pouvant être venue à des entités privées au bénéfice de clients privés connectés au réseau haute tension.

Thierry Tardy, directeur exécutif pour les acquisitions et le financement de projets chez Acwa Power, affirme que la « beauté » de la loi sur l’énergie marocaine est qu’elle permet au réseau national d’être utilisé pour vendre de l’électricité aux entreprises qui peuvent être de l’autre côté du pays à la centrale électrique.

Thierry Tardy, Acwa Power

“La structure que nous avons mise en place avec la loi 13.09, le niveau d’infrastructure et de réseau électrique disponible au Maroc et le niveau de vent stable éprouvé sur le site de Khalladi, constituent un ensemble d’atouts qui ont permis de structurer un schéma basé uniquement sur le modèle économique du projet, n’impliquant aucune subvention du pays “, ajoute-t-il.

Environ 80% de la production éolienne sera vendue par le réseau électrique aux trois grands cimentiers du pays : Holcim, sous une convention d’achat d’énergie de 20 ans (PPA – Power Purchase Agreement), Asment, sous une PPA de 15 ans et Cimat, sous une PPA de 20 ans.
La production restante sera vendue à d’autres clients industriels privés, à travers des PPA «marchandes» à court terme.
“Le succès de ce projet devrait accroître l’investissement privé dans ce secteur au fur et à mesure que les nouveaux acteurs adoptent et reproduisent ce modèle”, ajoute Tardy.

Le projet éolien de Khalladi devrait entraîner des réductions de gaz à effet de serre de plus de 200 000 tonnes de dioxyde de carbone par an, et ce dès son démarrage, prévu pour le premier trimestre 2018. Le programme éolien marocain vise la production de 2GW d’énergie éolienne En 2020, soit environ 28% de la capacité de production produite actuellement dans le Royaume.

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MASEN présélectionne 5 consortiums pour Noor Midelt I

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L’Agence marocaine de l’énergie solaire (MASEN) a présélectionné cinq consortiums pour participer à la construction de la première phase du complexe énergétique solaire Noor Midelt, qui comprend des centrales photovoltaïques hybrides et des centrales solaires concentrées (CSP).

Cette première phase couvrira deux centrales hybrides PV (photovoltaïque) et CSP (solaire à concentration) avec stockage. Chacune des deux centrales aura une puissance CSP brute entre 150 MW et 190 MW.

La capacité du composant photovoltaïque, qui devrait fournir une génération de jour, est laissée à la discrétion des soumissionnaires, mais ne peut pas dépasser de plus de 20% la capacité nette de nuit de CSP.

Le complexe sera situé sur 3 150 hectares de terres, extensible à 4,106 hectares, à 20 kilomètres au nord de Midelt, dans le nord du Maroc.

Les entreprises sélectionnées sont :
– ACWA Power Consortium : International Company for Water and Power Projects et General Electric Company
– Consortium EDF Energies Nouvelles : EDF Energies Nouvelles, Abu Dhabi Future Energy Co. PJSC – Masdar, Green of Africa, Sener Ingeneria Y Sistemas
– ENGIE Consortium: International Power S.A (Engie), Nareva Holding, SolarReserve, Solaire Direct
– Innogy SE Consortium : Innogy SE, Belectric, Ferrostaal Industrial Projects
– JGC Consortium: JGC Corporation, Abener Energia

Le 10 novembre 2016, sept candidats avaient soumis leurs propositions pour une préqualification. Masen émettra bientôt l’appel d’offres (RFP) aux consortiums.

680 MW d’énergie solaire, des 2GW de Masen Noor Solar Plan prévus d’ici 2020, ont déjà été lancés par Masen à Ouarzazate, Laayoune et Boujdour.

En avril dernier, ACWA Power a lancé la construction de l’usine de 72MW Noor Ouarzazate IV – la première phase du Plan Solar de Noor.

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Idriss Deby salue l’engagement du Roi Mohammed VI dans le développement industriel du Tchad

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Le président tchadien Idriss Deby a tenu à saluer les efforts consentis par le Roi Mohammed VI pour la promotion de l’intégration régionale et la coopération Sud-Sud en Afrique, à l’occasion du lancement à Ndjamena de la nouvelle cimenterie du Groupe Addoha.

« La mise en place de cette usine de ciment au Tchad par des investisseurs marocains prouve que les Africains sont capables de s’engager dans une coopération mutuellement bénéfique pour leurs peuples », a déclaré le Président Deby, ajoutant que la nouvelle infrastructure montre également la conviction du roi Mohammed VI que le développement de l’Afrique puisse être atteint grâce aux efforts des États africains.

Appelée «CIMAF-Tchad (Ciment d’Afrique, section du Tchad)», l’usine est située dans le district de Lamadji, au nord de Ndjamena

Le CIMAF-Tchad, le deuxième de son genre dans le pays, commencera par la production de 500 000 tonnes de ciment, extensible à un million de tonnes. Il emploiera dès son démarrage plus de 200 Tchadiens. A ce sujet, le président Deby a encouragé ses compatriotes à travailler à CIMAF-Tchad afin de permettre un transfert de compétences et de savoir-faire des ingénieurs marocains.

Anas Serfrioui, président du Groupe Addoha a déclaré pour sa part que CIMAF-Tchad produirait du ciment de qualité et de quantité suffisante, permettant au Tchad d’atteindre l’autosuffisance.

CIMAF-Tchad opérera avec des matières premières locales de la région méridionale de Mayo Kebbi, a poursuivi Anas Sefrioui, ajoutant que les Tchadiens formés au Maroc ont été choisis pour gérer la cimenterie.

Le prix du ciment ensaché par CIMAF-Tchad n’est pas encore connu, mais les responsables marocains ont déclaré qu’il serait abordable pour les Tchadiens à revenu moyen. CIMAF-TCHAD, doit faire face à ce sujet à la concurrence chinoise. La chine avait en effet construit une première cimenterie, en 2012 dans le sud du Tchad. L’unité produit deux types de ciments de qualité différente, dont un vendu à 7000 francs CFA (120 dhs) et l’autre à 9 000 francs CFA (150 dhs).

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Gas To Power : Macron lobbyerait-il en faveur du groupe Total auprès de Rabat ?

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A la veille de la visite officielle qu’effectuera le président français Emmanuel Macron au Maroc en milieu de semaine prochaine, le président de la branche gaz chez Total, Laurent Vivier, a annoncé jeudi l’intention du groupe pétrolier français d’investir dans des projets d’infrastructures énergétiques et gazières au Maroc et en Afrique du Sud dans le but d’explorer et d’exploiter de nouveaux marchés.

Le groupe Total, qui compte doubler son portefeuille de gaz naturel liquéfié (GNL) à horizon 2020 pour le porter à 15 millions de tonnes par an, étudie les offres qui lui permettront de se lancer dans de nouveaux marchés et recruter de nouveaux acheteurs de gaz. En 2015, en cédant Total Coal South Africa, qui exploitait des sites de production de charbon en Afrique du Sud, Total avait annoncé sa décision de sortir du business du charbon (production et commercialisation) au profit du gaz.

Selon Laurent Vivier, le groupe Total serait très intéressé par le projet marocain «Gas To Power». Ce méga-projet énergétique d’une valeur allant jusqu’à 4,6 milliards de dollars, comprend l’importation de plus de 7 milliards de mètres cubes de gaz d’ici 2025 et l’installation d’infrastructures gazières et électriques de pointe : 1. Une jetée maritime ainsi qu’un terminal du Gaz naturel liquéfié (GNL) incluant les bacs de stockage à Jorf Lasfar ; 2. Des centrales à cycles combinés fonctionnant au gaz naturel approvisionné à partir du terminal GNL (d’une puissance totale d’environ 2.400 MW) ; 3. Des bretelles de raccordement des centrales à cycles combinés et éventuellement les cavités souterraines de stockage du gaz ; 4. Un gazoduc de transport reliant le terminal GNL au Gazoduc Maghreb-Europe existant.

Le gazoduc reliera le futur terminal GNL (Jorf Lasfar) au GME en passant par Mohammedia, Kénitra et Dhar Doum

Le Maroc souhaite avoir affaire à une seule entreprise qui soit impliquée dans tout ce processus

Pour l’accompagner dans le déploiement du du projet «Gas to power», l’ONEE a désigné, en décembre 2016, le cabinet Ashurst et la banque HSBC pour un accompagneront dans le processus de déploiement.

L’assistance et le conseil juridique ont été confiés à la filiale française d’Ashurst LLP, cabinet d’avocats basé à Londres contre une rémunération de 1,9 millions d’euros. Quant au conseil financier, c’est HSBC Bank Middle East Limited, filiale émiratie de la banque britannique HSBC, qui pilotera ce volet en empochant au passage 7,2 millions de dollars.

En visite à Copenhague, Laurent Vivier, dans une déclaration à Reuters, a assuré que le Maroc «souhait[ait] avoir affaire à une seule entreprise qui soit impliquée dans tout ce processus (…) en vue de lancer un terminal GNL terrestre accompagné d’une infrastructure majeure.»

L’Afrique du Sud, l’autre cible africaine de Total

Le patron gaz de Total a par ailleurs affirmé que son groupe était également intéressé par un projet similaire au projet marocain en Afrique du Sud, où le gouvernement prévoit un investissement de 3,9 milliards de dollars qui nécessitera l’importation de 1,6 million de tonnes de gaz par an.

Total table sur des participations minoritaires dans de tels projets, sachant que la construction d’une centrale électrique à cycle combiné de 400 mégawatts coûte environ 300 millions de dollars.

«Tant qu’il s’agit d’un projet intégré dans lequel nous pouvons placer notre propre production de gaz, nous sommes intéressés de regarder cela de près», a conclu Laurent Vivier.

Notons que huit pays exportent à eux seuls 83,5% du GNL dans le monde : il s’agit du Qatar avec 31,8%, de l’Australie, 12%, de la Malaisie, 10,2%, du Nigéria, 8,3%, de l’Indonésie, 6,6%, de Trinité-et-Tobago, 5,1%, de l’Algérie, 5% et de la Russie avec la Russie avec 4,5%.

 

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Le marocain Nova Power construira la première centrale solaire photovoltaïque de la Côte d’Ivoire

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Bientôt, la Côte d’Ivoire aura sa première centrale solaire photovoltaïque. Le gouvernement ivoirien a en effet approuvé ce mercredi, en conseil des ministres, un contrat de concession d’une centrale photovoltaïque de 25 MW à réaliser d’un coût de 40 millions de dollars. Le projet sera opéré par la firme marocaine Nova Power, via sa filiale locale Korhogo Solaire. L’infrastructure participe à la croissance de l’offre ivoirienne et, surtout, à l’amélioration du mixte énergétique ivoirien tourné vers les énergies renouvelables. Opérationnelle dès la fin de l’année prochaine, cette centrale participera à la création de plus de 300 emplois directs. Le contrat de concession avait été signé au mois de novembre 2016 à Marrakech, en marge de la COP22, entre le ministre ivoirien du Pétrole et de l’Energie, Adama Toungara, et le directeur général du consortium maroco-ivoirien Korhogo Solaire, Mohamed Habbal.

La Côte d’Ivoire prévoit de construire une centrale solaire de 25 mégawatts dans le nord du pays afin de renforcer son dispositif électrique avec des énergies renouvelables. Annoncée mercredi par Bruno Kone, ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, Porte-parole du Gouvernement de Côte d’Ivoire, à la suite du Conseil des ministres, «cette unité d’une valeur de 40 millions de dollars sera construite par Korhogo Solaire, une filiale de Nova Power du Maroc, devrait être opérationnelle d’ici à fin 2018.»


Il s’agit là de la première centrale solaire en Côte d’Ivoire dont l’approvisionnement en énergie électrique dépend principalement des centrales thermiques au gaz et au pétrole. «La réalisation de cette installation améliorera l’équilibre du mix énergétique, ce qui nécessite une intégration de plus en plus forte des énergies renouvelables», a précisé Bruno Kone.

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, est l’un des champions émergents en Afrique, mais sa croissance rapide a affecté le secteur de l’électricité dans le pays qui en exporte également vers le Burkina Faso, le Bénin, le Ghana, le Mali, le Togo et le Liberia.

Nova Power S.A. est une société de développement de projets dans les énergies renouvelables et en particulier de centrales solaires photovoltaïques au sol. Dirigée par Mohamed Habbal, un ancien cadre du groupe ONA et de Théolia, Nova Power se focalise principalement sur les marchés émergents de l’Afrique subsaharienne à l’instar du Bénin, du Burkina Faso, du Sénégal et du Nigeria.

Nova Power, qui avait tenté en vain de s’arrimer au projet Noor de Masen, avait réussi à décrocher plusieurs contrats en Afrique subsaharienne. L’opérateur marocain avait entre autres signé un accord avec le groupe Total pour le développement et la construction de centrales photovoltaïques au Nigeria pour une puissance de 500 MW, puis avec le groupe agro-alimentaire marocain Hida Energy pour la construction de centrales photovoltaïques en Afrique de l’Ouest.

En février 2015, Nova Power avait reçu une offre de rachat du français Global Eco Power (GEP). L’opération ne verra jamais le jour après un rétropédalage de l’opérateur français qui avait justifié sa décision par la situation géopolitique et sécuritaire au Nigeria et qui avait impacté la réalisation de certains projets de Nova Power dans le pays.

LE1 avec agences

Gazoduc Atlantic offshore : phosphate contre gaz naturel

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Mohammed VI joint l’acte à la parole et donne un coup de fouet au projet pharaonique du Gazoduc Atlantique offshore, qui devrait relier le Nigeria, troisième producteur de gaz naturel en Afrique, au Maroc, puis à l’Europe. Le souverain, qui a présidé, lundi au Palais Royal à Rabat, la cérémonie de signature d’accords relatifs au projet de la phase la plus importante de ce projet le pipeline Nigéria-Maroc, traduit concrètement l’expression des deux pays en faveur d’un co-développement durable, agissant et solidaire du continent africain, basé sur une coopération sud-sud tangible.


Signé le 3 décembre 2016 à Abuja lors de la visite officielle du roi au Nigeria, le projet de gazoduc maroco-nigérian vise à renforcer la vision commune des deux pays au sujet du développement du continent africain, et ce en droite ligne avec les projets logistiques structurants de grande envergure qu’a lancé le Maroc en Afrique tels la réhabilitation de la baie de Cocody en Côte d’Ivoire, le réaménagement du canal des Pangalanes à Madagascar ou la construction par l’OCP de la méga-usine d’engrais en Ethiopie pensée et pilotée par Mostafa Terrab en personne.

Le pipeline Nigeria-Maroc, qui aura un impact direct sur près de 300 millions d’habitants, est le maillon central du Gazoduc Atlantique offshore qui permettra à tous les pays de l’Afrique de l’Ouest d’avoir accès à un carburant viable, stable et rentable pour subvenir aux besoins de production d’électricité et de développement industriel, sachant que le gaz naturel est considéré comme étant l’une des sources de production d’électricité les plus propres et les moins coûteuses.

Le projet constituera également une opportunité pour tous les pays par lesquels le gazoduc passera et permettra aux pays de la CEDEAO de s’approvisionner sans dépendre de la destination finale et de promouvoir les investissements privés dans un marché plus large, de générer des économies d’échelle et de réduire les risques commerciaux et politiques. En plus d’être un levier de poids pour accélérer l’intégration du Maroc à cet espace stratégique considéré comme la profondeur géostratégique et historique du royaume.

A terme, le Gazoduc Atlantique offshore pourrait aussi bénéficier à l’Europe et permettre au “vieux continent” de diversifier ses sources d’énergie, notamment l’approvisionnement en gaz naturel qui provient du Moyen-orient, d’Algérie et principalement de Russie. Annoncé en grande pompe en 2002, le gazoduc transsaharien qui devait relier Lagos à la Méditerranée à travers le désert algérien n’a jamais vu le jour : 1) L’Algérie étouffe dans une crise économique et financière sans précédent ; 2) Le Nigeria et l’Algérie sont en concurrence directe dans les domaines de l’extraction et l’exportation de gaz.

Concernant la Russie, avec qui le Maroc est lié par un partenariat stratégique, il n’est pas question de rivaliser avec son monopole sur le marché européen, mais Rabat peut être un acteur complémentaire à l’horizon 2040 à cause des besoins grandissants des pays européens en différentes ressources.

Phosphate contre gaz naturel: partenariat win-win

D’où le souci du Maroc de joindre à cet accord un protocole d’entente entre le groupe OCP et l’Association nigériane des producteurs et fournisseurs d’engrais en vue de renforcer les capacités de production et de distribution d’engrais au Nigeria et contribuera à améliorer la productivité agricole et à favoriser la sécurité alimentaire et le développement rural.

Ce partenariat stratégique pour le développement de l’industrie des engrais au Nigeria conjugué au pipeline Nigeria-Maroc permettra non seulement d’instaurer une réelle architecture de la coopération sud-sud et les avantages qu’elle représente pour les pays africains et leurs populations, mais aussi tirer pleinement profit de la complémentarité entre leurs ressources naturelles, le gaz nigérian et les phosphates marocains.

 

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Le gazoduc Africain Atlantique : échec et mat à Al-Amoudi

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Les spéculations battent leur plein quant à l’identité et la nationalité du potentiel repreneur de la raffinerie SAMIR suite à la faillite dans laquelle cette dernière a été placée par Mohammed Al-Amoudi qui a noyé le fleuron marocain de l’industrie pétrochimique dans des dettes atteignant 5 milliards d’euros. Mais le Maroc, qui semble avoir retenu les leçons de l’échec du partenariat avec Al-Amoudi, ne s’aventurera certainement plus dans des partenariats de gré à gré sans en avoir étudié, et d’une manière très approfondie, les tenants et aboutissants géopolitiques et géoéconomiques, et mis en place un dispositif strict de contrôle et de suivi.

Plusieurs noms ont été annoncés par le liquidateur de la SAMIR comme d’éventuels repreneurs, dont l’américain Anglo Energy, l’espagnol CEPSA, l’azerbaidjanais SOCAR et un autre (anonyme) représenté par l’italien Studio Mazzanti and Partners, avec des offres qui varient entre 2,5 milliards et 3,2 milliards d’euros, il n’en demeure pas moins que l’intention de ces repreneurs ne doit pas être prise au sérieux, pour la simple raison que la seule dette de SAMIR est évaluée à 5 milliards d’euros, soit deux fois la valeur actuelle annoncée du raffineur, et sont loin de répondre au cahier des charges strict du liquidateur dont la totalité des clauses n’a pas été communiquée au grand public.

Toutefois, ces offres ont permis de fixer une valeur plancher de la SAMIR, rassurant ainsi les collaborateurs de la raffinerie qui vivent des moments difficiles depuis deux ans et conforte la position du liquidateur face aux acquéreurs plus sérieux. Ainsi, l’issue de l’opération de liquidation reste incertaine, poussant même certains analystes jusqu’à évoquer une possible nationalisation supportée par le contribuable ou une cession au dirham symbolique à un opérateur local.

Mais l’extrême sensibilité du dossier SAMIR, qui implique des risques et enjeux sociaux, financiers, géopolitiques et diplomatiques d’ampleur mondiale, ne permet aucun amateurisme dans la gestion de cette affaire relevant de la sécurité nationale du pays.

Raison pour laquelle le nom du géant saoudien Aramco circule également, de pair avec celui de l’opérateur public chinois, ce dernier étant le mieux placé pour reprendre la raffinerie seul ou dans le cadre d’un consortium sino-saoudien. D’ailleurs, la Chine est un partenaire-clé de Ryadh dans le processus de privatisation d’Aramco, objet même de la visite du Roi Salmane Ben Abdelaziz en mars dernier à Pékin, et de celle, actuellement, de Khalid Al-Falih, ministre saoudien de l’énergie, de l’industrie et des ressources minières qui se trouve en Chine pour sceller une collaboration de très longue durée.

Le partenariat stratégique entre le Maroc et la Chine a connu une forte accélération ces derniers mois avec principalement trois projets d’envergure internationale : 1) Le méga projet de la Cité Mohammed VI Tanger-Tech, le plus grand du genre en Afrique ; 2) L’alliance stratégique en RDC entre Managem et le groupe chinois Wanbao Mining ; 3) Le projet du siècle, le Gazoduc Africain Atlantique entre le Nigeria et l’Europe via le Maroc dans lequel Pékin joue un rôle majeur.

D’ailleurs, le lancement imminent par le Roi Mohammed VI de ce projet pèsera, de facto, sur l’issue de la liquidation de la Samir annoncée pour lundi (15 mai), car elle permettra d’ouvrir des marchés considérables pour la raffinerie, sans oublier que la construction du pipeline, en plus de la politique de diversification des ressources énergétiques voulue par le souverain, verrouillera  inéluctablement le volet de la sécurité énergétique du pays et participera à l’indépendance et à l’autosuffisance du royaume dans ce secteur.

Abdellah El Hattach