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Variole du singe : l’OMS décrète l’état d’urgence sanitaire mondiale

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L’Organisation mondiale de la santé a classé l’épidémie mondiale de variole du singe comme une «urgence de santé publique de portée internationale», la plaçant au même niveau que des maladies telles que le Covid-19, Ebola et la polio. Plus de 16 000 cas ont été recensés en dehors de l’Afrique, et le virus a atteint 75 pays et territoires.

Pour la deuxième fois en deux ans, l’Organisation mondiale de la santé a pris la mesure extraordinaire de déclarer une urgence mondiale. Cette fois, il s’agit de la variole du singe, qui s’est propagée en quelques semaines à des dizaines de pays et a infecté des dizaines de milliers de personnes.

Samedi, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a annulé la décision d’un groupe de conseillers, qui n’ont pas pu parvenir à un consensus, et a déclaré une «urgence de santé publique de portée internationale», une désignation que l’OMS n’utilise actuellement que pour deux autres maladies, le Covid-19 et la polio.

«Nous sommes face à une épidémie qui s’est propagée rapidement dans le monde entier par de nouveaux modes de transmission, dont nous ne savons pas grand-chose, et qui répond aux critères» d’une urgence de santé publique, a déclaré le Dr Tedros aux journalistes.

L’incapacité du comité à parvenir à un consensus souligne également la nécessité d’un meilleur processus pour décider quels événements représentent des urgences de santé publique. C’est apparemment la première fois que le directeur général passe outre ses conseillers pour déclarer une urgence de santé publique.

https://twitter.com/WHO/status/1550847224963371010

«Ce processus démontre une fois de plus que cet outil vital doit être affiné pour être plus efficace», a déclaré le Dr Tedros, en faisant référence aux délibérations de l’OMS. Les pays membres étudient les moyens d’améliorer le processus, a-t-il ajouté.

La déclaration de l’OMS signale un risque pour la santé publique nécessitant une réponse internationale coordonnée. Cette désignation peut amener les pays membres à investir des ressources importantes dans le contrôle d’une épidémie, à mobiliser davantage de fonds pour la réponse et à encourager les nations à partager les vaccins, les traitements et d’autres ressources essentielles pour contenir l’épidémie.

Il s’agit de la septième urgence de santé publique depuis 2007, la pandémie de Covid en est la plus récente. Certains experts de la santé mondiale ont critiqué les critères utilisés par l’OMS pour déclarer de telles urgences, les qualifiant d’opaques et d’incohérents.

Lors d’une réunion en juin, les conseillers de l’OMS ont conclu que si la variole du singe représentait une menace croissante, elle ne constituait pas encore une urgence internationale. Le groupe n’a pas pu prendre de décision jeudi, a déclaré le Dr Tedros.

De nombreux experts ont vivement critiqué le processus, le qualifiant de myope et de trop prudent.

Rapports sexuels entre les hommes

On dénombre plus de 16 000 cas de variole du singe en dehors de l’Afrique, soit environ cinq fois plus que lors de la réunion des conseillers en juin. Presque toutes les infections sont survenues chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

À ce samedi, les États-Unis avaient enregistré près de 3 000 cas, dont deux enfants, mais le bilan réel serait bien plus lourd, car les tests commencent seulement à être intensifiés. La Grande-Bretagne et l’Espagne ont chacune environ autant de cas, et le reste est réparti dans environ 70 pays.

Un grand nombre des personnes infectées dans ces pays ne signalent aucune source d’infection connue, ce qui indique une propagation communautaire non détectée.

Vaccin et antiviraux

Selon une étude de Nature Medicine publiée le mois dernier, les premières données suggèrent que le virus mute plus rapidement que prévu.

Il existe des contre-mesures efficaces, notamment un vaccin, normalement utilisé contre la variole, et un antiviral.

Les gouvernements se sont empressés de s’approvisionner en ces deux produits et, dans certains endroits – notamment au Royaume-Uni, à New York et dans certaines régions du Canada – les autorités sanitaires ont élargi les conditions de vaccination afin d’atteindre un plus grand nombre de personnes potentiellement vulnérables. Certains pays européens envisagent de faire de même, selon les responsables.

Les pays africains montent au créneau

Durant les débats houleux au sein des commissions de l’OMS traitant le monkeypox, les gouvernements africains se sont insurgés.

«Nous avons la variole du singe depuis des décennies et vous ne vous en rendez compte que maintenant, et c’est parce que les pays riches du nord ont quelques cas et que vous faites tout ce bruit.» se sont-ils indignés.

Une autre personne ayant connaissance des débats a déclaré que l’hésitation était due à la crainte que l’organisme de santé ne soit accusé d’en faire trop.

En 2020, l’OMS a été accusée d’avoir tardé à déclarer Covid comme une pandémie, les critiques affirmant que le processus était devenu profondément politisé.

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