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OCP Policy Center

Le match des think tanks à l’international : le Maroc se maintien dans le top 10 MENA, grâce au Policy Center for the News South affilié à l’OCP

Le «2020 Global Go-To Think Tanks Index» publié ce weekend est particulièrement intéressant. Il consacre le sérieux du think tank lancé par Mostafa Terrab en 2014, Policy center for The New South, qui se maintient dans la septième place du classement Mena. Lequel classement a connu un chamboulement important avec la montée en puissance des Emirat Arabes Unis et de l’Egypte aux dépends du Qatar.

Le premier think tank marocain, Policy center for The New South qui fête ses 6 ans, se maintient, pour la deuxième année successive, au septième rang sur la région Mena selon le classement de l’Université de Pennsylvanie, derrière la qatarie Brookings Institution.

Ce sont cinq centres de recherches marocains qui figurent toujours dans les cinquante meilleurs think tanks de la région.

Think Tank marocains20192020
Policy Center for the New South- Ex- OCP Policy Center77
Centre d’Etudes et de Recherches en Sciences Sociales1212
Royal Institute for Strategic Studies (IRES)2221
Moroccan Institute for International Relations3332
Amadeus Institute4443
Classement des think tanks marocain selon le 2020 Global Go-To Think Tanks Index

Le Maroc est également présent dans le classement mondial des meilleures conférences :

2020
Policy Center for the New South- Ex- OCP Policy Center16
Amadeus Institute68
Royal Institute for Strategic Studies (IRES)78
Casablanca Institute (Morocco and United Kingdom)94

Emirates Policy Center se hisse de la 6ème à la 2ème place, Al Jazeera Centre for Studies (AJCS) dégringole à la 11ème place

Alors que l’israélien INSS confirme son leadership régional, la libanaise Carnergie Endowment Middle East perd sa deuxième place au profit de l’Emirates Policy Center qui gagne 4 places.

En revanche, Al Jazeera Centre for Studies, think tank de la chaine d’information du même nom s’est fait sortir du top 10 par l’Egyptian Center for Economic Studies.

Think TankPays20192020
Institute for National Security Studies (INSS) Israel11
Emirates Policy Center E.A.U62
Carnegie Endowment for International Peace Middle East CenterLiban23
Al-Ahram Center for Political and Strategic Studies (ACPSS)Egypte34
Egyptian Center for Economic Studies (ECES)Egypte115
Brookings InstitutionQatar56
Policy Center for the New South – EX OCP Policy CenterMaroc77
Rasanah: International Institute for Iranian StudiesArabie
Saoudite
88
Israel Democracy Institute (IDI)Israêl99
Turkish Economic and Social Studies Foundation (TESEV)Turquie1010

Les AD Talks 2020 du Policy Center de l’OCP, un carton

Au total, 17 sessions impliquant 80 intervenants issus de 37 pays sur quatre continents (Afrique, Amériques, Europe, Asie), ont traité de l’impact de la pandémie sur la géopolitique, l’économie et la démocratie, lors de la dernière édition des AD Talks du Policy Center for the New South (PCNS).

Ces débat ont été l’occasion d’effectuer un passage en revue de la Covid-19 au Nord et au Sud, qui a permis de rappeler l’actualité du principe de non alignement en Afrique, un continent qui ne veut pas choisir entre la Chine et l’Occident, dans un monde où les notions d’Ouest, de Nord et de Sud semblent de plus en plus dépassées.

«La crise Covid vue de l’Atlantique Sud», thématique des AD Talks 2020 du Policy Center de l’OCP suivie par 25.000 personnes à travers 170 pays

Les «AD Talks», édition spéciale en ligne de la conférence annuelle de haut niveau Atlantic Dialogues tenue du 3 novembre au 23 décembre autour du thème de «La crise Covid vue de l’Atlantique Sud», ont été suivis par plus de 25.000 personnes à travers 170 pays.

Avec MAP

Au total, 17 sessions impliquant 80 intervenants issus de 37 pays sur quatre continents (Afrique, Amériques, Europe, Asie), ont traité de l’impact de la pandémie sur la géopolitique, l’économie et la démocratie, indique un communiqué du Policy Center for the New South (PCNS), notant que parmi les intervenants ont figuré nombre d’anciens Atlantic Dialogues Emerging Leaders, de jeunes professionnels issus de tout le bassin Atlantique.

«Cette édition, nourrie par l’actualité des élections américaines et de la distribution de vaccins contre la Covid-19, a donné lieu à un dialogue qui incarne un bien commun que nous apportons, avec des valeurs de tolérance, de respect des faits, de la science, et de curiosité pour les autres cultures», relève Karim El Aynaoui, président du Think tank PCNS.

El Aynaoui : nous sommes à un carrefour, où la gouvernance et la solidarité son essentielles

«La demande de protection est forte, de même que la capacité à mettre en place des filets de sécurité, à apporter les traitements nécessaires et les vaccins. En clair, l’État est de retour» déclare M. El Aynaoui résumant les échanges et les interventions des prestigieux intervenants des AD talks.

«Nous sommes à un carrefour, et nos choix vont affecter les générations futures, notamment en matière de changement climatique. La gouvernance est essentielle, de même que la solidarité. Le Maroc l’a montré, en levant l’équivalent de 3 % de son PIB pour faire face à la pandémie» assure le président du Think Tank.

Ces débat ont été l’occasion d’effectuer un passage en revue de la Covid-19 au Nord et au Sud, qui a permis de rappeler l’actualité du principe de non alignement en Afrique, un continent qui ne veut pas choisir entre la Chine et l’Occident, dans un monde où les notions d’Ouest, de Nord et de Sud semblent de plus en plus dépassées.

Panels et sessions

Panel «Essor de l’Asie : leçons apprises»

Le panel sur «L’essor de l’Asie : leçons apprises», s’est principalement focalisé sur la gestion chinoise de la crise Covid avec un niveau de suppression des libertés individuelles qui n’aurait pas été possible dans des sociétés ouvertes, en plus de dresser le bilan d’une performance mitigée dans certains pays démocratiques dans la gestion de la crise Covid-19 tel que le Royaume-Uni, le Brésil ou encore la France.

Panel «Capacités de santé comme nouvel instrument de pouvoir»

Au sujet des «Capacités de santé comme nouvel instrument de pouvoir», le repli des pays sur eux-mêmes durant la pandémie a mis en évidence le défaut d’une négociation globale, dans laquelle l’Europe et l’Afrique auraient pu s’allier, rappelle le communiqué, notant qu’une stratégie mondiale de vaccination s’avère nécessaire – prélude à l’attitude que devra avoir le monde face au climat.

Panel «Coopération globale pour résoudre des crises globales»

En matière de “Coopération globale pour résoudre des crises globales”, le retour des Etats-Unis sur la scène internationale avec l’administration Biden ne sera peut-être pas si fort, en raison de l’énergie à déployer en interne pour lutter contre la pandémie, et d’un moindre intérêt à jouer le rôle de gendarme du monde, ajoute la même source.

Panel : «La géographie des mécontentements dans le Sud global»

Les attentes frustrées que génèrent les démocraties et le système capitaliste ont été soulignées dans «La géographie des mécontentements dans le Sud global». Alors qu’avec «Les Etats et l’avenir de la démocratie», l’accent a été mis sur la résilience des valeurs démocratiques, malgré la perte d’influence de l’Occident. Et ce, même si le terrorisme entrave les démocraties en Afrique, de même que le populisme et l’islamophobie en Inde.

Panel : «Pandémies: sauver des vies humaines ou l’économie»

La session «Pandémies: sauver des vies humaines ou l’économie», est revenue sur une reprise américaine et asiatique plus dynamique qu’en Europe, de même que sur les effets du populisme, qui ont vu plusieurs chefs d’Etat refuser de porter le masque, comme aux Etats-Unis, au Brésil ou au Mexique.

Panel : «Covid-19 et le commerce international»

Sur la «Covid-19 et le commerce international», on note que l’Amérique latine a été la région la plus touchée du monde, avec une baisse des exportations de 16 % au premier semestre 2020. Afin de préparer la prochaine pandémie, le besoin se fait ressentir d’un cadre international sur le commerce et la santé, afin de ne pas voir rompues les chaînes d’approvisionnement en produits médicaux.

Panel : « Impact de la crise sur les marchés et la transition énergétiques »

Le panel sur «L’impact de la crise sur les marchés et la transition énergétiques» a relevé que les énergies vertes progressent partout. Cependant, la crise économique risque de retarder les mesures à prendre pour la transition, même si cette dernière paraît plus que jamais nécessaire, en raison du changement climatique.

Cession de clôture : «Impact économique de la crise Covid en Amérique latine»

Enfin, la session de clôture en présence de trois anciens présidents du Costa Rica, de l’Equateur et de l’Argentine, est revenue sur l’impact économique de la crise Covid en Amérique latine.

Lancé en 2014 à Rabat avec plus de 40 chercheurs associés du Sud comme du Nord, le Policy Center for the New South offre une perspective du Sud sur les enjeux des pays en développement. Il vise à faciliter les décisions stratégiques et les politiques publiques relevant de ses principaux programmes : Afrique, géopolitique et relations internationales, économie et développement social, agriculture, environnement et sécurité alimentaire, et matières premières et finance.

Le FMI et le Policy Center for the New South se penchent sur les défis de l’emploi en Afrique du Nord en temps de Covid-19

Le think tank marocain Policy Center for the New South et le Fonds Monétaire International (FMI), organisent conjointement un webinaire autour de l’impact du Coronavirus sur l’employabilité de la jeunesse en Afrique du Nord. Le débat sera diffusé sur les pages Facebook, Twitter et YouTube du Policy Center le jeudi 4 juin 2020 à partir de 13 :00 GMT+1.

Si la pandémie actuelle a un impact sans précédent sur les sociétés mais encore difficile à évaluer parfaitement, il est clair que les jeunes, comme le prédit l’Organisation International du Travail (OIT), seront parmi les plus touchés sur les plans économique et social, affirme le Policy Center for the New South et le Fonds Monétaire International, co-organisateur du Webinaire.

Manque de stages et d’opportunités d’emploi pour les diplômés et incapacité de travailler pour ceux qui opèrent dans l’informel, le coronavirus réécrit déjà l’avenir d’une génération de jeunes en redessinant la vie en société et l’accès à des secteurs tel que la santé, l’éducation et l’emploi, souligne le think tank marocain.

Ce webinaire qui sera diffusé entre autre sur la chaine Youtube du Policy Center, sera l’occasion de débattre avec des invités de renom :

  • Jihad Azour, Directeur du département Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie centrale du FMI),
  • Karim El Aynaoui, Président, Policy Center for the New South,
  • Nour Kaabi, Directrice exécutive, Jamaity Tunisie,
  • Modératrice : Touria Benlafkih, Fondatrice et PDG de EMPEOPLE

Les discussions seront structurées selon deux angles d’analyse :

  1. Recenser les impacts sociaux économiques du Covid-19 sur la jeunesse en Afrique du Nord;
  2. Identifier les réformes à entreprendre, notamment dans les secteurs de l’emploi et de l’éducation.

Arcadia, l’astrolabe des décideurs pour un âge d’or des matières premières en Afrique

Les richesses naturelles exceptionnelles de l’Afrique, sources de convoitises diverses, ont longtemps constitué une malédiction politique, économique et sociale pour les populations du continent. Dans un de ses rapports publié en 2013, le Banque Africaine de Développement affirme que les gouvernements africains pourraient transformer les échecs relatifs à l’exploitation des ressources naturelles, en opportunités extraordinaires de développement, s’ils étaient mieux informés de leurs vraies valeurs et s’ils bénéficiaient d’une aide pour faire face à la complexité de la négociation des contrats entre autres avec les entreprises privées.

C’est dans ce sens que le think tank, Policy Center for The South, a fait appel à des experts internationaux pour produire, en 2016, ARCADIA, le premier rapport sur les matières premières dédié au continent africain. Depuis, Policy Center, sous la direction de Karim El Aynaoui, édite annuellement des mises à jour de ce rapport qui s’est imposé comme un outil scientifique stratégique pour mieux appréhender les défis du développement économique et sociale dans le continent qui passera indéniablement par une bonne gestion de ses ressources et richesses naturelles.

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#MaMoForum – Comment le Maroc est devenu l’oasis agricole de l’Afrique

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En marge de la 3ème édition du Panel Malabo Montpellier tenue dans les nouveaux locaux du Policy Center For the New South, ex-OCP Policy Center, Karim El Aynaoui, directeur général du centre de réflexion et membre du Panel Malabo, a défendu dans un article publié sur CNBC Africa, la stratégie marocaine en matière de contrôle et de gestion de l’eau qui fait du Maroc une oasis d’agriculture africaine.

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Policy Center For The New South : OCP Policy Center change de braquet

Laboratoire de réflexion de référence, classé parmi les cinq think tank les plus importants d’Afrique, pour ne pas dire un des plus influents du continent, OCP Policy Center a pris une envergure telle qu’il se devait de se draper d’une nouvelle dimension, d’un nouveau cap, d’une nouvelle orientation. C’est chose faite aujourd’hui. En effet, OCP Policy Center a décidé de changer son appellation pour devenir Policy Center For The New South. Il ne s’agit pas seulement de changer de dénomination mais, après une mûre introspective, et des concertations approfondies avec le groupe de référence, d’endosser de nouvelles responsabilités en vue d’une nouvelle mission, d’un nouveau rôle, d’une nouvelle perspective, le tout fait «par le sud et pour le sud», d’où le choix du renvoi linguistique anglo-saxon New South, le nouveau sud.

OCP Policy Center a historiquement fait partie de l’architecture de l’OCP et relevait directement de son organigramme. Cette nouvelle reconfiguration permet aux deux parties de fluidifier leur relation et d’alléger la mécanique qui a toujours lié les deux entités d’une manière organique.

La décision du top management d’OCP de prendre, de manière décomplexée, des distances avec OCP Policy Center sans pour autant couper le cordon ombilical, permettra d’offrir à Policy Center For The New South une parfaite marge de manœuvre, dans le cadre d’une autonomie juridique et managériale. Cette nouvelle configuration offre au think tank plusieurs avantages, notamment : 1) Se soustraire de la grille de lecture exclusive du «nord», dans son acception politique et culturelle ; 2) Accélérer le processus de maturation résultant d’une prise notoire de dimension ; 3) Fluidifier le processus de décision qui pouvait être éventuellement ralenti par le rythme spécifique d’un mastodonte qui dispose de sa propre vitesse de croisière et, surtout, qui est concentré sur son cœur de métier, le phosphate.

En effet, Policy Center for the New South jouit aujourd’hui d’un format juridique iconoclaste sous forme d’association à but non lucratif, détenue (en nombre de voix) à hauteur de 50% par l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir, 25% par la Fondation OCP et 25% par le groupe OCP. Policy Center for the New South gagne ainsi en indépendance et devient un “bien public” ouvert à tout le monde.

Grâce à ce nouveau cadre, on évitera désormais de créer l’amalgame entre OCP Policy Center le producteur de notes de recherches, d’études et de réflexion, et OCP Group le leader mondial de la production et de la commercialisation de phosphates.

Policy Center for the New South, qui ne se considère guère comme un think tank d’advocacy mais plutôt un laboratoire de réflexion et de soft power, et qui produit sa propre littérature, aura dorénavant toute la latitude pour traiter les commandes externes ( études, analyses, événements, etc.) sans devoir obligatoirement passer par l’actionnaire de référence.

D’ailleurs, en terme de vote au conseil d’administration, l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir dispose de 50% des voix dans l’administration du think tank, ce qui privilégie et donne une marge nette au volet académique et de recherche dans la stratégie et l’orientation de Policy Center for the New South.

D’ailleurs, en disposant d’un réseau mondial comprenant des think tank et des personnalités du Brésil, d’Espagne, de France, du Portugal, d’Italie, d‘Ethiopie et d’Afrique du sud, ses 50 fellows, ses 120 pièces produites par an, ses rapports et notes en 3 langues, fait Policy Center for the New South un véritable laboratoire de recherche et de diffusion de savoir.

Avec un siège flambant neuf qui sera inauguré le 17 décembre courant, comme un signal d’un nouvel envol, c’est ce bâtiment qui va abriter The Malabo Montpellier (MaMo), le Forum Initiative pour l’agriculture, en guise de clap de lancement d’un nouveau départ.

Africa Security Forum : Le Maroc un modèle de la lutte antiterroriste

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Depuis les attentats de 2003, le Maroc a opté dans son lutte antiterroriste pour une approche multidimensionnelle basée sur l’anticipation et la coercition. Son expertise lui a permis d’être présent sur plusieurs fronts à la fois pour contrer le terrorisme et souvent pour l’anticiper. Loin d’être isolationniste, le royaume a compris que face à une menace transnationale, seule la coopération entre Etats est à même de la juguler, de l’annihiler. Une évidence que refusent d’admettre aujourd’hui encore certains pays voisins, notamment l’Algérie, qui s’entêtent à ne pas vouloir coopérer sur le plan sécuritaire. Malgré ce handicap de taille, le Maroc a été toujours présent sur tous les fronts. Récemment, Rabat a abrité l’Africa Security forum qui a permis au Maroc d’exposer sa stratégie en matière de lutte antiterroriste.

Cette semaine, le ministère de l’Intérieur a présenté les grandes lignes de la stratégie de lutte contre la criminalité transnationale, qu’il s’agisse de terrorisme, de trafic de drogue ou de traite d’êtres humains. Depuis 2002, le Maroc a démantelé 185 cellules terroriste et mis aux arrêts plus de 3000 terroristes. Téléguidées depuis des pays comme l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie ou ceux du Sahel, ces cellules projetaient de commettre des attentats. De par sa position géographique, le Maroc se doit de lutter contre la criminalité transnationale dont le terrorisme, bien que les frontières soient aussi minces que des filaments d’Ariane entre les différentes formes de criminalités.

Le ministère de l’Intérieur estime que « le phénomène du terrorisme a évolué, notamment en matière de cybercriminalité, et qu’il est devenu impératif de trouver les parades adéquates». Dans cette optique, le Maroc a adopté une stratégie visant à protéger les sites électroniques publics et faire face aux tentatives de piratage.

La semaine qui a précédé, le Maroc a participé à Abidjan à un séminaire international sur le thème « Lutte contre le terrorisme aujourd’hui, réflexion, action et coordination » avec la participation de quelque 200 stratèges et experts provenant de 26 pays. L’objectif de ce séminaire était de « fédérer les capacités des différents acteurs de la lutte anti-terrorisme en vue d’apporter une réponse globale aux défis liés à ce phénomène en Afrique et au-delà ». La délégation marocaine a mis en relief la volonté et la capacité du Maroc d’exporter son « expertise probante dans ce domaine, notamment à travers le Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ) » pour apporter « une contribution significative à cette dynamique ouest-africaine de lutte anti-terrorisme qui renforcera la sécurité non seulement sur le plan régional mais dans toute l’Afrique ». Une occasion pour les responsables marocains de rappeler que le Maroc a été le premier pays à intervenir au lendemain de l’attentat du Grand-Bassam en mars 2016 qui avait causé quelque 19 morts. Tenus à huis clos, les travaux ont permis d’étudier les différents moyens pour contrer la menace terroriste.

L’information, le nerf de la guerre

Militant pour un échange de renseignements suivi et régulier entre les Etats concernés par la menace terroriste, le Maroc n’a cessé de militer dans ce sens, malgré les réticences de certains Etats. Et pour cause, ce qui menace un pays aujourd’hui peut très bien menacer un autre demain. De plus, les collusions entre bandes criminelles transfrontalières et organisations terroristes ne sont plus à démontrer. C’est dire que seule la coopération internationale pourra arriver à bout de la menace terroriste. Le Maroc, qui n’a cessé de défendre cette cause et de la mettre en pratique en déjouant des attentats dans d’autres Etats amis, essaie de rallier à cette cause le plus grand nombre d’Etats. Présenté par le Département d’Etat américain dans son rapport 2017 comme un « allié majeur (des Etats-Unis) hors OTAN est un partenaire stable exportateur de sécurité qui assure la formation de responsables sécuritaires, militaires et de police des pays sub-sahariens et participe activement à l’initiative sécurité et défense dans le cadre 5+5, qui traite des questions sécuritaires dans le pourtour méditerranéen », le Maroc est présent partout. Le Département d’Etat ne cache pas que le Maroc est animé par une volonté de stabilisation dans le continent. D’ailleurs, le Maroc, qui co-préside avec les Pays-Bas le Forum Global pour la lutte anti-terroriste (GCTF), est devenu, grâce à son expertise, un acteur essentiel de la lutte antiterroriste non seulement en Afrique, mais aussi en Europe.

Migration : OCP Policy Center balise le terrain pour le sommet de Marrakech

Entre contraintes sécuritaires et défis humains, la question migratoire taraude depuis la grande crise de 2015 bien des décideurs de par le monde. Phénomène structurel en Afrique, la question migratoire appelle des réponses tout aussi structurelles. Et pour se préparer à la conférence internationale de Marrakech sur la question, prévue en décembre à Marrakech, OCP Policy Center organise, le vendredi 2 novembre au Ryad Business Center à Rabat, un séminaire de haut niveau sur la migration, en partenariat avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la Migration et l’Institut européen de la Méditerranée.

Cet évènement se tient à un mois du sommet de Marrakech sur les migrations qui doit aboutir en principe à la signature d’un Pacte mondial sur la migration. Les débats de ce séminaire seront sanctionnés par des recommandations qui seront mises à la disposition des participants à la conférence de Marrakech, à leur tête décideurs et pouvoirs publics.

Une trentaine d’experts des deux rives de la Méditerranée et d’Afrique prendront part à ce séminaire et débattront de la question. Placé sous le thème « Migration : Réconcilier les Visions du Nord et du Sud », ce séminaire se focalisera sur plusieurs questions d’actualité. Les participants aborderont la question de la migration intra-africaine à l’aune des bonnes pratiques et des leçons apprises pour une mise en œuvre efficace du Pacte Mondial sur la migration. Le rôle de la coopération bilatérale et régionale pour la levée des obstacles à la mobilité du travail et à la sécurité des migrants sera aussi l’un des axes majeurs de ce débat qui se penchera aussi sur les réponses à apporter à long terme aux causes profondes de la migration et le développement des pays émetteurs de migrants. Enfin, pour promouvoir une migration sûre, régulière et ordonnée, les conférenciers essaieront de concilier les préoccupations sécuritaires avec le développement et le respect des droits de l’homme.

Sceller le consensus onusien

Dans un communiqué diffusé par l’OCP Policy Center, ce dernier souligne que cette manifestation « intervient dans un contexte marqué par la centralité qu’occupe la question de la migration dans les politiques internes de plusieurs Etats et la succession de drames qui ont interpellé la Communauté Internationale et bouleversé l’opinion publique, depuis 2015 ».

Rappelons qu’en juillet dernier, l’Assemblée générale des Nations Unies a dégagé un consensus sur la question migratoire incarné par le Pacte Mondial (Global Compact), adopté par les Etats membres de l’ONU en juillet 2018 pour une migration sûre, ordonnée et régulière.

Sur les chemins des phosphates : Un pan de l’histoire du Maroc contemporain

Le film-documentaire de fiction “Sur les chemins des phosphates”, qui retrace les convoitises européennes sur le Maroc depuis le XIXè siècle jusqu’au recouvrement par le Royaume de son indépendance, a été projeté lundi soir à Rabat. Mohammed Nadrani, militant de gauche, natif de Khouribga, a immortalisé dans ce docu-fiction de 85 minutes, coréalisé avec Malika El Manoug, la lutte ouvrière marocaine dans les mines de phosphates de Khourigba. Il a choisi le 7ème art pour nous replonger dans l’histoire contemporaine du Maroc mêlant réalité, de par son propre vécu et celui de sa famille, et fiction. Une fiction pour éclairer un pan de l’histoire sorti des galeries obscures des gisements de phosphates de Khouribga.


Dans l’entretien accordé à le1.ma, Mohammed Nadrani revient sur ce travail de mémoire et ses projets.

Le1.ma : D’abord comment vous est venue l’idée de traiter un tel sujet ?

Mohammed Nadrani : Ah l’idée ! Elle était là parce que j’habitais à Khouribga d’une part. J’ai passé toute mon enfance à Khouribga, j’ai étudié à Khouribga, j’ai eu mon Bac à Khouribga et j’ai milité aussi à Khouribga. En même temps, mon père était un mineur, il a travaillé dans les galeries de Khouribga.

Le1.ma : Toute la famille est baignée dans le phosphate…

Mohammed Nadrani : Absolument.

Le1.ma : Votre documentaire est en en quelque sorte un hommage

Mohammed Nadrani : C’est un hommage mais surtout et d’abord un vécu parce que j’ai continué à avoir des racines et des liens avec Khouribga et, en même temps, c’est un hommage que j’ai voulu rendre à Khouribga, tout simplement par ce qu’elle nous vus grandir et parce qu’elle a nous nourris et en même temps notre vie était façonnée en quelque par cette culture minière. Il fallait donc lui rendre cet hommage et revenir pour lui dire merci de nous avoir tant donné ; et maintenant c’est à nous de parler de Khouribga et de faire parler d’elle.

Le1.ma : A travers votre docu-fiction, vous avez remonté le fil du temps d’un Maroc convoité par les puissances coloniales de l’époque

Mohammed Nadrani : Tout a commencé par la Conférence d’Algésiras en 1906 qui donnait en fait le droit à toutes les puissances signataires de l’acte éponyme d’investir au Maroc et avaient un certain contrôle sur tous les ports du Maroc et en même temps sur les richesses du royaume. La France a su, à travers le génie du Général Hubert Lyautey, s’accaparer du phosphate et a mené une campagne terrifiante et sanglante, d’abord avec le bombardement de Casablanca (ndlr : du 5 au 7 août 1907) et par la suite la campagne de la Chaouia parce qu’il y avait une forte résistance appuyant la révolte des tribus matée par le Général Albert d’Amade. Mais il y avait aussi la voie ferrée qui était une voie militaire au début pour l’approvisionnement des troupes pour devenir économique avec son prolongement jusqu’à Oued Zem. Ce prolongement s’est fait durant la première guerre mondiale au moment où l’Europe était en train de s’entredéchirer. Ce n’était donc pas un hasard. Au contraire, les Français voulaient arriver jusqu’au plateau de Ouled Abdoun où ils savaient qu’il y avait des réserves et des gisements importants de phosphates. Et comme il y avait d’autres pays signataires, la France n’était pas donc la seule à avoir le droit de l’exploitation des phosphates.

Le1.ma : Qu’est ce qu’ils ont fait ?

Mohammed Nadrani : C’est là où intervient le génie du Général Lyautey en faisant en 1920 de l’Office chérifien des phosphates (OCP) une propriété du Makhzen. De cette manière là, ce n’était pas la France qui exploitait directement les phosphates mais par l’intermédiaire du pouvoir central à l’époque qui était sous le protectorat français. Par ailleurs, en exploitant les gisements de phosphates, la France a créé une ville, la capitale des phosphates qui contenait aussi une réserve très importante d’ouvriers. C’était la citadelle de la classe ouvrière.

Le1.ma : Qui dit phosphates dit classe ouvrière et luttes ouvrières..

Mohammed Nadrani : Effectivement, ces luttes ouvrières existaient et s’étaient affirmées grâce aussi à la coopération et le mélange avec les Européens . Surtout qu’il y avait des cadres et des militants syndicalistes appartenant soit à la CGT soit au parti communiste à l’époque. Ils jouaient un rôle de sensibilisation et de conscientisation des ouvriers sans oublier le mouvement de 1936 en France qui a joué un grand rôle dans la radicalisation de la classe ouvrière. Et avec cette radicalisation, les syndicalistes français ont perdu le contrôle et ont été dépassés ; et les revendications sociales sont devenues de plus en plus radicales conduisant à des luttes héroïques pour la revendication du retour du Roi, Feu Mohammed V. Surtout lors du deuxième anniversaire de son éloignement les 20 et 21 août 1955 qui a pesé énormément dans l’indépendance du pays.

Le1.ma : Pour faire ce documentaire, cela demande un travail de recherche de fourmis, combien de temps cela à vous a pris ?

Mohammed Nadrani : Effectivement, il ya eu un travail de recherche de longue haleine et je peux vous dire que cela m’a pris quatre ans de travail et deux ans de production pour tout finaliser.

Le1.ma : Et qu’est-il du budget ? Avez-vous bénéficié d’aide ?

Mohammed Nadrani : Nous avons déposé le film auprès du Centre cinématographique marocain pour une aide après production qui nous a été accordée.

Le1.ma : Et qu’est-il de l’OCP ? Vous l’avez approché ? Surtout qu’OCP Policy Center fait un remarquable travail de production intellectuelle et cela pourrait enrichir sa médiathèque.

Mohammed Nadrani : L’OCP ? Pourquoi pas, j’espère bien. Je suis ouvert à toutes les propositions. En tout cas c’est aussi leur histoire, l’Histoire de l’OCP.

LE1.ma : Comment a été reçu et perçu votre documentaire par le public ?

Mohammed Nadrani : Franchement, les gens étaient satisfaits et émus. Toutefois le parfait n’existe pas. On a toujours l’ambition de faire mieux mais quand-même les gens étaient généralement satisfaits du travail accompli. Je dois vous rappeler que je n’étais pas seul à travailler sur ce film. J’ai travaillé avec Malika El Manoug que je salue au passage par le biais de votre site. Elle s’est beaucoup investie sur ce projet et n’a lésiné sur aucun moyen pour le faire naître.

LE1.ma : Pour le mot de la fin, avez-vous un autre film en gestation sur la mémoire collective ?

Mohammed Nadrani : Oui tout à fait. J’ai déposé au Centre Cinématographique Marocain le scénario d’un film sur la guerre du Rif et Abdelkrim El Khattabi. Nous l’avons défendu mais il n’a pas été retenu ; on va le redéposer pour la deuxième session prévue pour le 5 mai prochain.

Après son baccalauréat de Lettres modernes, Mohamed Nadrani entreprend des études de philosophie à l’université de Rabat. Militant d’extrême gauche, il sera incarcéré à l’âge de 22 ans à Agdz et Kalaât Mgouna où il y passera 9 ans du 12 avril 1976 jusqu’au 31 décembre 84. C’est dans ses lieux de détention qu’il découvre ses talents de dessinateur lorsqu’il a trouvé dans sa cellule un bout de charbon de bois. Devenu son compagnon et son confident, il le garde sur lui jusqu’à sa libération, en 1984. Vingt ans plus tard, Mohamed Nadrani troque son morceau de charbon pour un crayon. Son album « Les Sarcophages du complexe, disparitions forcées » est sorti aux éditions Al Ayam en avril 2005.