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Alliance pour le développement du marché boursier marocain : Un pas vers l’avenir ou une simple formalité ?

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Ce mardi 28 novembre 2023 la CGEM, l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC), et la Bourse de Casablanca ont adopté une feuille de route pour le développement du marché boursie. Une initiative qui vise à dynamiser le marché boursier national. Mais est-ce un véritable tournant stratégique ou une simple opération de communication ?

La feuille de route établie, ce mardi, par la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC), et la Bourse de Casablanca vise plusieurs objectifs clés pour le développement du marché boursier marocain :

  1. Augmentation du nombre de sociétés cotées : L’un des objectifs majeurs est d’augmenter le nombre de sociétés cotées en bourse. D’ici 2035, l’ambition est d’atteindre 300 sociétés cotées.
  2. Accroissement de la capitalisation boursière : Un autre objectif est de faire passer la capitalisation boursière totale à 70% du Produit Intérieur Brut (PIB) du Maroc d’ici 2035.
  3. Soutien institutionnel renforcé : La feuille de route met l’accent sur le renforcement du soutien institutionnel au marché boursier. Cela peut inclure la mise en place de politiques favorables, une réglementation adaptée, et un soutien logistique et financier aux entreprises souhaitant s’introduire en bourse.
  4. Développement d’un cadre incitatif : La mise en place de cadres incitatifs pour encourager les entreprises, en particulier les PME, à s’introduire en bourse. Cela pourrait inclure des avantages fiscaux, des simplifications administratives, ou des soutiens financiers.
  5. Accompagnement des entreprises : Un focus particulier est mis sur l’accompagnement des entreprises, notamment les PME, à travers un programme dédié. Cela implique de fournir l’assistance nécessaire pour préparer et faciliter l’entrée des entreprises sur le marché boursier.
  6. Amélioration de la communication : La stratégie prévoit également un effort pour améliorer la communication autour du marché boursier. Cela vise à augmenter la visibilité du marché, à attirer plus d’investisseurs, et à renforcer la confiance du public et des entreprises dans le marché boursier.
  7. Contribution au nouveau modèle de développement (NMD) : Finalement, ces efforts sont alignés sur les objectifs plus larges du Nouveau Modèle de Développement du Maroc, visant une croissance économique inclusive et durable.

La réalisation de ces objectifs requiert une collaboration étroite entre les acteurs gouvernementaux, les institutions financières, et les entreprises, ainsi qu’une mise en œuvre efficace des stratégies et politiques énoncées.

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Chakib ALJ, Président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), Nezha HAYAT, Présidente de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC), Kamal MOKDAD, Président du Conseil d’Administration de la Bourse de Casablanca et Tarik SENHAJI, Directeur Général de la Bourse de Casablanca,

Analyse critique de la feuille de route

  1. Renforcement du soutien institutionnel : Bien que prometteur, ce pilier n’est pas sans rappeler des initiatives précédentes qui ont tardé à se concrétiser. La clé du succès réside dans la mise en œuvre effective et rapide des mesures annoncées.
  2. Développement du cadre incitatif : La création d’incitations pour attirer les entreprises sur le marché boursier est essentielle. Cependant, il est crucial que ces incitations soient suffisamment attractives pour concurrencer d’autres formes de financement, et qu’elles soient adaptées aux spécificités du tissu économique marocain.
  3. Accompagnement des PME : L’intention d’accompagner les PME, notamment à travers un programme dédié, est louable. Toutefois, l’efficacité de cet accompagnement dépendra de sa capacité à répondre aux besoins réels des PME et à leur faciliter réellement l’accès au marché boursier.
  4. Communication pour une meilleure visibilité : La communication est cruciale pour stimuler l’intérêt et la confiance dans le marché boursier. Cependant, la communication doit être appuyée par des résultats tangibles et une transparence accrue.

Comparaison avec les best practices internationales

À l’international, des marchés comme ceux de la Pologne et de la Malaisie ont réussi à dynamiser leur marché boursier en adoptant des stratégies similaires. Par exemple, la Bourse de Varsovie a bénéficié d’une stratégie gouvernementale de privatisation via la bourse, couplée à des incitations fiscales attractives. En Malaisie, le succès du marché boursier a été soutenu par un fort accompagnement des PME et une régulation adaptative.

Cette nouvelle feuille de route est sur le papier une étape prometteuse pour le marché boursier marocain. Néanmoins, son succès dépendra de sa mise en œuvre effective, de sa capacité à s’adapter aux réalités locales et de l’engagement continu de toutes les parties prenantes. La loi de finance de 2024 est loin de s’inscrire avec l’ambition et l’optimisme des signataire de ladite feuille de route.

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