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Vladimir Poutine

Le Mali reçoit un avion militaire de la Russie

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Le Mali a reçu mardi de la Russie des jets militaires de liaison externe et un hélicoptère de combat. Au cours d’une cérémonie, des avions à réaction L-39 et Sukhoi-25 ainsi que des hélicoptères de combat Mi-24P ont été présentés. Aucune information n’a été divulguée sur les conditions d’acquisition des hélicoptères de combat. Les précédentes livraisons d’armes russes rendues publiques cette année, étaient des hélicoptères et des radars de surveillance ainsi que des systèmes de radar mobiles.

VOA

Le gouvernement militaire du Mali a reçu plusieurs avions de chasse et hélicoptères de la Russie, qui est devenue un allié proche et controversé dans sa lutte contre les groupes armés islamistes.

Les appareils ont été remis lors d’une cérémonie à l’aéroport de Bamako, en présence du président malien Assimi Goita et de l’ambassadeur russe Igor Gromyko.

Des photos des appareils ont été publiées sur la page Twitter officielle de la présidence, et le média d’État russe RIA a déclaré que la livraison se composait d’avions de combat Sukhoi Su-25, de jets L-39 Albatros et d’hélicoptères d’attaque. Le ministre malien de la défense, Sadio Camara, a déclaré dans un discours sur la chaîne de télévision publique malienne ORTM qu’un nombre encore plus important d’avions avait été livré.

Nous ne montrons ici qu’une partie de ce qui a été livré, dit-il. Le reste, bien sûr, est engagé dans des opérations au moment où se déroule cette cérémonie.

Le Mali lutte contre une insurrection depuis une dizaine d’années, depuis que des groupes armés islamistes ont pris le contrôle du nord du Mali en 2012. Le contrôle du territoire malien a été repris après l’intervention de la France en 2013, mais les attaques et les combats se sont poursuivis depuis, l’année 2022 étant déjà l’une des plus meurtrières jamais enregistrées dans le conflit.

L’armée française est dans les dernières étapes de son retrait du Mali, après que le président français Emmanuel Macron ait annoncé le retrait des forces en février, suite aux tensions croissantes avec le gouvernement militaire du Mali et aux inquiétudes concernant la collaboration du Mali avec des mercenaires russes.

Le gouvernement militaire malien a continuellement nié les allégations selon lesquelles il travaille avec des mercenaires, affirmant qu’il ne travaille qu’avec des instructeurs russes.

Plusieurs gouvernements ont accusé le Mali de travailler avec la société militaire privée russe, Wagner. En mars, Human Rights Watch a publié un rapport dans lequel plusieurs témoins locaux ont attesté avoir vu des mercenaires commettre des exécutions et des violations des droits de l’homme avec l’armée malienne durant cinq jours.

Le Mali a également reçu deux hélicoptères russes en avril, et quatre hélicoptères ainsi que des armes en septembre de l’année dernière

Après avoir accepté de laisser l’Ukraine exporter des céréales, la Russie met le port d’Odessa à feu et à sang

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L’encre de l’accord permettant à l’Ukraine de reprendre ses exportations de céréales par voie maritime venait à peine de sécher lorsque des missiles russes ont frappé le plus grand port d’Ukraine, Odessa, tôt le 23 juillet. Les Russes ont lancé quatre missiles de croisière «Kalibr» contre le port, a déclaré un responsable local. Deux d’entre eux ont touché le port, tandis que les défenses ukrainiennes ont intercepté les deux autres.

Des débris de verre jonchaient certaines rues près du front de mer d’Odessa, et on pouvait voir des équipes de secours tenter d’éteindre un incendie à l’intérieur du port. Un jeune homme qui a assisté aux frappes depuis son balcon a déclaré que les missiles venaient de la mer. Vladimir Poutine a «craché au visage» du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et du président turc, Recep Erdogan, a déclaré Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère ukrainien des affaires étrangères.

La veille, Guterres et Erdogan s’étaient serrés la main à Istanbul pour sceller un accord visant à rouvrir les ports ukrainiens pour l’exportation de céréales vers un monde affamé. Alors que les prix mondiaux du blé ont chuté de plus de 6 %, revenant aux niveaux d’avant-guerre, Guterres a salué l’accord comme «un phare sur la mer Noire». L’accord ne favorise pas l’un ou l’autre camp, a-t-il insisté, mais le monde entier.

L’Ukraine est l’un des plus importants exportateurs de blé, d’orge, de maïs et d’huile de tournesol au monde. Mais elle n’a pas été en mesure d’expédier la plupart de ses récoltes depuis le début de la guerre en février. La Russie s’est emparée des ports ukrainiens de la mer d’Azov et a bloqué ceux de la mer Noire. Alors que l’Ukraine a miné ses propres eaux pour empêcher une invasion amphibie.

Selon l’ONU, 828 millions de personnes ont souffert de la faim en 2021 et 50 millions de personnes dans 45 pays sont au bord de la famine. Le reste du monde, aux prises avec une inflation élevée, espère un soulagement de la crise du la cherté de la vie.

La flèche indique la direction générale du trajet des livraisons de céréales ; elle ne représente pas un itinéraire exact.

À Istanbul, les envoyés des parties belligérantes – Sergei Shoigu, ministre russe de la défense, et Oleksandr Kubrakov, ministre ukrainien des infrastructures – se sont assis aussi loin que possible les uns des autres à une longue table, séparés par Guterres et Erdogan. Ils n’ont pas signé d’accord entre eux, mais plutôt des accords séparés avec les Nations unies. Outre l’autorisation d’expédier des denrées alimentaires depuis Odessa et deux autres ports, l’ONU affirme que l’accord facilitera également l’exportation d’engrais russes.

L’accord prévoit la création d’un «centre de coordination conjoint» à Istanbul, dont le personnel sera composé des belligérants ainsi que de la Turquie et de l’ONU. Il supervisera le passage des cargos à l’entrée et à la sortie des ports ukrainiens et les inspectera pour s’assurer qu’ils ne transportent pas de «cargaisons non autorisées» (c’est-à-dire des armes). Aucun représentant russe ne sera autorisé à entrer dans les ports ukrainiens, comme cela avait été envisagé à un moment donné. Et l’Ukraine a insisté sur le fait que les navires de guerre russes ne seraient pas autorisés à escorter les cargos.

Toutefois, des pilotes ukrainiens guideront les navires dans les eaux ukrainiennes. Les inspections des navires de transport seront effectuées dans les ports turcs. «En cas de provocations, une réponse militaire immédiate», a tweeté Mykhailo Podolyak, un conseiller du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. L’accord est valable pour des périodes renouvelables de 120 jours.

Mais il présente de grandes lacunes. Le tracé du «corridor humanitaire maritime» n’a pas encore été fixé, pas plus que la distance minimale que les navires, avions ou drones militaires seraient tenus de respecter. On ne sait pas qui se chargerait du déminage nécessaire pour ouvrir un passage maritime vers l’Ukraine. Les Nations unies admettent qu’elles n’ont aucun moyen de faire respecter la loi.

La crise alimentaire n’est pas terminée

L’attaque d’Odessa semble violer l’engagement pris par la Russie de ne pas attaquer « les navires marchands et autres navires civils et les installations portuaires ». Même si l’accord survit aux frappes de missiles, rien n’indique qu’il débouchera sur un accord de paix plus large. Il a peut-être été rendu possible en partie par le récent changement de l’équilibre des forces navales à la suite de plusieurs événements : l’expulsion, le mois dernier, des forces russes de l’île de Snake, le naufrage du Moskva, navire amiral de la Russie en mer Noire, et le renforcement des défenses côtières ukrainiennes grâce à la livraison de missiles occidentaux.

Avec l’aide de l’Occident, l’Ukraine tente de développer d’autres voies d’exportation vers l’Europe occidentale par le Danube, le rail et la route. Mais la capacité limitée de ces routes ne peut pas compenser les ports de la mer Noire. L’Ukraine n’exporte qu’environ 2 millions de tonnes de céréales par mois, contre 5 à 6 millions par mois avant la guerre. Pire encore, les silos qui n’ont pas été détruits pendant la guerre sont à moitié remplis. Alors que l’on s’attend à ce qu’environ 60 millions de tonnes de céréales soient récoltées cette année, l’Ukraine manque de stockage pour environ 15 à 18 millions de tonnes de céréales. Si les récoltes ne peuvent être expédiées rapidement, une grande partie sera laissée à l’abandon.

L’accord d’Istanbul permettrait aux agriculteurs ukrainiens de vendre une plus grande partie de leur production et de gagner ainsi plus d’argent pour acheter des semences et des engrais pour les semis de la saison prochaine. Deux autres facteurs contribuent à faire baisser les prix mondiaux. Le premier est que la récolte dans l’hémisphère nord se déroule bien ; la Russie devrait rentrer une récolte de blé record d’environ 90 millions de tonnes. Le second est la force du dollar, qui rend les produits de base libellés en dollars plus chers pour de nombreux acheteurs et incite les agriculteurs à mettre une plus grande partie de leur récolte sur le marché.

Malgré tout, la crise alimentaire n’est pas terminée. Les prix des céréales ont certes baissé d’un tiers par rapport à leur pic du début de l’année, mais ils sont 40 % plus élevés qu’en janvier 2020. Le carburant, les engrais et les autres intrants restent chers. Et une longue guerre se profile : les combats pourraient se prolonger jusqu’en 2023. Cela soulève la question de savoir si l’accord peut vraiment tenir, et quelle quantité de nourriture l’Ukraine peut produire.

Il est difficile de savoir quand (et, à ce stade, si) les exportations de céréales reprendront. Il faudra probablement attendre un à deux mois avant que les premiers navires – qui devraient être ceux bloqués dans les ports ukrainiens depuis le début de la guerre – puissent prendre la mer. L’entrée de nouveaux navires dans les ports prendra plus de temps, car il faudra mettre en place le mécanisme de surveillance, trouver des armateurs et des équipages volontaires et négocier les assurances nécessaires.

Vilain pied de nez d’al-Sissi à Biden : la Russie lance la construction de la première centrale nucléaire d’Égypte

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Après le sommet Poutine, Erdogan et Raïssi à Téhéran, le président américain Joe Biden reçoit un autre affront au lendemain de sa tournée au Moyen-Orient. Cette fois-ci d’Abdelfatah al-Sissi. Ce dernier a donné, ce mercredi, le coup d’envoi de la construction du premiers réacteur nucléaire de son pays, confiée à Rosatom, une société contrôlée par l’État russe.

Avec Bloomberg

C’est un vilain pied de nez du président égyptien donné à la tournée de Joe Bien au Moyen-Orient. Les cause sont à chercher dans l’échec de la réconciliation avec Mohammed Ben Salmane; le choix d’une présence virtuelle de Mohammed Ben Zayed, marquant une forme distance avec la nouvelle administration américaine; les vives tensions économiques et sociales provoquées par le va-t-en-guerre contre la Russie et la mollesse de la réponse américaine au programme nucléaire iranien.

Les présidents iranien Ebrahim Raïssi (au centre), russe Vladimir Poutine (à gauche) et turc Recep Tayyip Erdogan posant pour une photo lors de leur sommet tripartite à Téhéran, en Iran, le 19 juillet 2022. Photo AFP

En effet, dans l’objectif d’apporter une forme d’équilibre avec le Kremlin et ses alliés occidentaux qui ont sanctionné Moscou pour sa guerre en Ukraine, Al-Sissi a donné le coup d’envoi des travaux de la première centrale nucléaire d’Egypte.

Il s’agit de la première des quatre unités de puissance de 1 200 mégawatts qui seront construites à El Dabaa, à 300 kilomètres au nord-ouest du Caire, selon un communiqué de la société publique Rosatom. Cette dernière est le plus grand fournisseur mondial de combustible nucléaire et de réacteurs. Elle n’a pas été visée par les sanctions américaines ou européennes contre Vladimir Poutine.

La Russie a l’habitude de mener des projets énergétiques à grande échelle en Égypte, souvent dans le cadre d’un effort plus large visant à contester l’influence politique, militaire et économique des États-Unis. Pour rappel, la défunte URSS avait participé à la construction du haut barrage d’Assouan dans les années 1960.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue égyptien Abdel-Fattah El-Sisi étaient présents lorsque les pays ont signé un accord pour la construction de ces quatre réacteurs en 2017.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à droite, et son homologue russe Vladimir Poutine à gauche, applaudissent alors que le ministre égyptien de l’électricité et des énergies renouvelables, Mohamed Shaker, serre la main d’Alexei Likkhachev, le directeur général de la société russe de l’énergie atomique Rosatom, après avoir signé un accord bilatéral au Caire en 2017. AFP

Le coût du projet était estimé à 30 milliards de dollars, dont une grande partie devait être financée par un prêt de Moscou. Rosatom fournira quand à elle du combustible nucléaire à chacun des quatre réacteurs tout au long de la vie opérationnelle de la centrale. Tandis que trois entreprises égyptiennes présélectionnées participeront à la construction de la centrale située sur la côte méditerranéenne.

https://twitter.com/EgyProjects/status/1549747421462380544

L’Égypte a développé des liens économiques plus forts avec la Russie depuis qu’al-Sissi a arraché le pouvoir en 2014, tout en conservant des liens historiques avec des partenaires occidentaux. Cette année, Le Caire a participé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, a acheté des quantités substantielles de blé à la Russie, tout en signant un accord avec Israël pour stimuler les ventes de gaz à l’Union européenne, qui cherche à réduire sa dépendance aux importations énergétiques de Moscou.

Le projet Rosatom a été retardé après l’attentat à la bombe de 2015 contre un avion de ligne russe au-dessus de l’Égypte, qui a tué 224 touristes. Les vols entre les deux pays n’ont repris que l’année dernière, offrant une aubaine à l’industrie touristique égyptienne qui avait auparavant attiré un grand nombre de visiteurs russes.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie et les sanctions américaines et européennes qui ont suivi n’ont guère contribué à décourager l’intérêt international pour la technologie de Rosatom. Outre l’Égypte, la société contrôlée par le Kremlin a fait avancer des projets en Hongrie et au Myanmar depuis le début du conflit.

La guerre en Ukraine alimente une crise alimentaire mondiale

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La Russie et l’Ukraine représentent ensemble environ un quart de la production mondiale de blé. Il n’est donc pas surprenant que la guerre qu’elles mènent actuellement bouleverse l’offre mondiale.

Alors que la demande mondiale post-pandémique, les conditions météorologiques extrêmes, le resserrement des stocks alimentaires, les prix élevés de l’énergie, les goulets d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement et les restrictions et taxes à l’exportation mettent le marché alimentaire à rude épreuve depuis deux ans, la convergence récente de tous ces facteurs à la suite de l’invasion de la Russie est sans précédent et a fait monter en flèche les taux d’inflation alimentaire dans le monde entier.

En Europe, l’indice des prix à la consommation des denrées alimentaires a fortement augmenté dans toutes les grandes économies du continent, tandis qu’aux États-Unis, l’IPC a grimpé de plus de 14 points de pourcentage depuis janvier 2020.

Dans les pays en développement et les marchés émergents, l’évolution de l’indice est encore plus dramatique, laissant les consommateurs face à des prix beaucoup plus élevés pour les denrées alimentaires de base essentielles.

Les exemples les plus extrêmes ont vu l’inflation alimentaire augmenter de plusieurs centaines de points. Le Liban, un pays qui dépend fortement des importations alimentaires, y compris la plupart de son blé en provenance d’Ukraine, a vu l’indice des prix augmenter de plus de 3 000 points de pourcentage depuis 2020.

La dynamique est assez simple du côté ukrainien : avec de larges pans de la partie orientale du pays occupés par les forces russes et une grave pénurie de main-d’œuvre qualifiée alors que les Ukrainiens partent au front, quelque 20 à 30 % des terres agricoles ukrainiennes ne seront pas plantées ou récoltées cette année, selon les estimations de la FAO. Par exemple, on estime qu’environ 50 % des terres où l’on plante normalement du blé d’hiver sont désormais occupées par la Russie, de même qu’environ 40 % des terres à seigle.

Les retombées ne se limitent pas aux exportations de blé. L’Ukraine est également un grand producteur d’huile de tournesol, qui représente environ 50 % du marché mondial, la Russie étant également un acteur important avec une part de marché de 25 %. L’huile de tournesol représente environ 13 % du marché mondial des huiles végétales, et certains États africains sont très dépendants des huiles importées, à savoir la Namibie (100 % de l’approvisionnement importé), le Botswana (100 %), Madagascar (90,9 %), le Gabon (88,6 %), l’Algérie (84,7 %) et l’Éthiopie (81,7 %).

La Russie coupe temporairement Nord Stream. L’Europe en état d’alerte

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Nord Stream 1, le plus grand gazoduc transportant du gaz russe vers l’Allemagne a commencé à faire l’objet d’une maintenance annuelle lundi. Les flux devraient s’arrêter pendant 10 jours, mais les gouvernements, les marchés et les entreprises craignent que la fermeture ne soit prolongée en raison de la guerre en Ukraine.

L’Europe se prépare à un arrêt prolongé de l’approvisionnement en gaz russe alors que des travaux de maintenance ont commencé ce lundi sur le gazoduc Nord Stream 1 qui achemine le gaz vers l’Allemagne via la mer Baltique.

L’opérateur Nord Stream AG a confirmé que les travaux, qui doivent se dérouler du lundi au 21 juillet, ont débuté comme prévu lundi matin. Les flux de gaz russe via le gazoduc devraient tomber à zéro plus tard dans la journée.

Le gazoduc Nord Stream 1 est le plus grand composant de l’infrastructure d’importation de gaz en Europe. Il transporte environ 55 milliards de mètres cubes de gaz par an de la Russie vers l’Allemagne.

L’Europe craint que la suspension des livraisons ne soit prolongée au-delà du délai de dix jours, ce qui ferait dérailler les préparatifs d’approvisionnement hivernal de la région et aggraverait la crise du gaz qui a entraîné une hausse vertigineuse des factures d’énergie des ménages et des mesures d’urgence de la part des décideurs politiques.

Cette crise survient alors que les gouvernements européens se démènent pour alimenter les stockages souterrains en gaz afin que les ménages disposent de suffisamment de combustible pour garder les lumières allumées et les maisons chaudes en hiver.

L’Union européenne, qui reçoit environ 40 % de son gaz par des gazoducs russes, tente de réduire rapidement sa dépendance à l’égard des hydrocarbures russes en réponse à l’offensive menée par le président Vladimir Poutine en Ukraine depuis plusieurs mois.

Les spécialistes de l’énergie s’accordent à dire que le risque d’une interruption temporaire est élevé, d’autant que les flux de gaz russe ont déjà chuté d’environ 60 % ces derniers mois.

Le géant russe de l’énergie Gazprom, soutenu par l’État, a invoqué le retour tardif des équipements réparés par l’entreprise allemande Siemens Energy au Canada pour expliquer la réduction des flux.

Le Canada a déclaré ce week-end qu’il allait renvoyer une turbine à gaz réparée à l’Allemagne pour qu’elle soit utilisée dans le gazoduc Nord Stream 1, tout en élargissant les sanctions contre le secteur énergétique russe.

L’Ukraine a réagit à cette annonce du Canada, en l’appelant à l’annulation le retour de la turbine en Allemagne.

Les ministères ukrainiens de l’énergie et des affaires étrangères ont déclaré qu’ils étaient «profondément déçus» par la décision du Canada de restituer à l’Allemagne une turbine Siemens réparée utilisée pour le gazoduc Nord Stream 1.

La Russie a déclaré la semaine dernière qu’elle augmenterait ses livraisons de gaz à l’Europe si la turbine réparée au Canada était renvoyée. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a également rejeté les allégations selon lesquelles la Russie utilise le pétrole et le gaz pour exercer une pression politique sur l’Europe, rapporte Reuters.

Pression maximale de Poutine

Les analystes du cabinet de conseil en risques politiques Eurasia Group ont déclaré que si Vladimir Poutine orchestrait une interruption totale des approvisionnements en gaz au-delà de la fin prévue des travaux de maintenance du gazoduc Nord Stream 1, l’Allemagne serait probablement contrainte de passer au niveau trois de son plan d’urgence en trois étapes.

À ce niveau, l’autorité de régulation allemande, la Bundesnetzagentur, devrait décider de la manière de distribuer les fournitures de gaz dans tout le pays.

Henning Gloystein, directeur de l’énergie, du climat et des ressources chez Eurasia Group, a déclaré à CNBC que cette décision représenterait un scénario de «guerre économique maximale».

«L’Allemagne est devenue un point critique pour l’ensemble de l’UE», a déclaré Gloystein. «L’Allemagne a la plus grande population d’Europe, c’est la plus grande économie, c’est le plus grand consommateur de gaz, c’est le plus grand importateur unique de gaz russe, et elle a neuf frontières terrestres. Donc, tout ce qui se passe en Allemagne se répercute sur le reste de l’Europe.»

La Russie a coupé les livraisons de gaz à plusieurs pays européens qui ont refusé de se conformer à la demande de paiement de gaz contre des roubles de Poutine.

«C’est en fait la raison pour laquelle … nous pensons que la Russie va faire machine arrière», a déclaré Gloystein. «Ils veulent avoir une petite monnaie d’échange au cas où les Européens renforceraient encore les sanctions, de sorte que les Russes puissent riposter avec cela

Un porte-parole du ministère fédéral allemand de l’économie et de l’action climatique a déclaré à CNBC la semaine dernière que le gouvernement surveillait de près la situation du marché du gaz avant les travaux de maintenance prévus.

«La sécurité d’approvisionnement est actuellement toujours garantie, mais la situation est grave», a déclaré le porte-parole.

«Actuellement, les quantités peuvent être achetées sur le marché, mais à des prix élevés. Le stockage se poursuit également à l’heure actuelle. Nous sommes en échange étroit à ce sujet avec les négociants, qui se préparent à cette date», ont-ils ajouté.

L’Europe sur le qui-vive

Outre le risque de couverture des besoins en énergie durant l’hiver prochain, un autre risque plane sur l’Allemagne en cas d’arrêt des flux de gaz russe: la récession. Le coup porté à l’économie pourrait être de 193 milliards d’euros au cours du second semestre de cette année, selon les données de l’association industrielle «The vbw» de l’État de Bavière, publiées le mois dernier.

«L’arrêt brutal des importations de gaz russe aurait également un impact significatif sur la main-d’œuvre en Allemagne… Environ 5,6 millions d’emplois seraient touchés par ces conséquences», a déclaré Bertram Brossardt, directeur général de vwb.

Les effets seraient encore plus étendus. Un arrêt complet maintiendrait plus longtemps les prix du gaz en Europe à un niveau élevé, alors que l’industrie et les ménages en ont déjà fait les frais.

Les prix de gros du gaz néerlandais, la référence européenne, ont augmenté de plus de 400 % depuis juillet dernier.

«Si Nord Stream est coupé, ou si l’Allemagne perd toutes ses importations russes, alors l’effet se fera sentir sur tout le nord-ouest de l’Europe», a déclaré le ministre néerlandais de l’énergie, Rob Jetten.

Dans une interview accordée à Reuters jeudi, il a déclaré que le champ gazier néerlandais de Groningen pourrait encore être appelé à aider les pays voisins en cas d’arrêt complet des approvisionnements russes, mais que l’augmentation de la production risquerait de provoquer des tremblements de terre.

Le ministère des finances russe avait déclaré en juin qu’il s’attendait à recevoir 393 milliards de roubles (6,4 milliards de dollars) de recettes pétrolières et gazières de plus que prévu dans sa planification budgétaire.

Pour juillet, il s’attend à recevoir 259 milliards de roubles de plus que ce que prévoyait son plan budgétaire.

Selon Goldman Sachs, la prolongation des travaux de maintenance pourrait également entraîner un plus grand nombre d’arrêts de la production de gaz russe, par rapport à la baisse de 9 % en glissement annuel de la production de Gazprom signalée jusqu’à présent cette année.

Les six commandements d’Ahmed Charaï pour forcer Poutine à quitter l’Ukraine

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Comment faudrait-il mettre fin à la guerre qui s’éternise ? Fissuré, le front atlantiste peut-il forcer la Russie de Poutine à quitter l’Ukraine sans escalade aucune ? Des questions qui nous taraudent l’esprit et auxquelles, le directeur de publication du The Jerusalem Strategic Tribune, M. Ahmed Charaï propose une batterie de recommandations. Articulée autour de six axes, la vision de M. Charaï défend le principe d’unité internationale pour soutenir une Ukraine indépendante, souveraine et démocratique. Il plaide également pour un rôle plus engagé et une politique étrangère cohérente des États-unis pour maintenir et promouvoir un ordre international juste et durable.

Lorsque la Russie de Poutine a envahi l’Ukraine le 24 février dernier, elle espérait s’emparer du pays en une attaque éclair qui ne durerait que quelques jours ou quelques semaines. De nombreux analystes occidentaux le pensaient aussi.

Il n’y a pas eu de victoire rapide pour les puissantes forces du président russe Vladimir Poutine, pas de déroute qui permettrait au Kremlin de contrôler la majeure partie de l’Ukraine et d’établir un gouvernement.

Au lieu de cela, les troupes russes se sont enlisées dans les faubourgs de Kiev et d’autres grandes villes, au milieu de défenses ukrainiennes très solides. Les convois de blindés russes semblaient bloqués sur de longs tronçons d’autoroute. Les troupes se sont retrouvées à court de fournitures et d’essence, devenant des cibles faciles.

Un peu plus d’un mois après l’invasion, la Russie a effectivement reconnu l’échec de son blitz et a retiré ses troupes des zones proches de Kiev, déclarant un changement d’orientation vers la région industrielle orientale du Donbas, où les séparatistes soutenus par Moscou combattent les forces ukrainiennes depuis 2014.

«La guerre a commencé, dans l’esprit du président russe Vladimir Poutine, par deux grandes idées fausses. La paix ne viendra que lorsque le dirigeant russe admettra qu’il s’est trompé à leur sujet» entame Ahmed Charaï son analyse parue ce jeudi sur la revue américaine The National Interest.

«Poutine pensait pouvoir s’emparer de Kiev en deux jours. Il croyait que l’Ukraine était essentiellement une grande Biélorussie, où le nationalisme est tiède et désorganisé, et où l’incursion armée de Poutine, en faveur d’une marionnette russe impopulaire, était plus courte que la plupart des vacances européennes», poursuit l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le président russe s’attendait à ce que ses forces allait rencontrer une résistance symbolique en Ukraine et que son commandement total allait prendre peu de temps à s’établir.

«Si la résistance de l’Ukraine était farouche, il s’attendait à une répétition de la prise de la Crimée en 2014 – une guerre sanglante mais brève où l’Occident n’a tiré que des démarches diplomatiques, plutôt que d’expédier des roquettes et des obus d’artillerie à la tonne», souligne-t-il.

Les paris ratés de Poutine

Poutine imaginait également que son impressionnant et terrible déploiement de force intimiderait ou disperserait l’Union européenne et, par extension, l’OTAN. Les exportations de gaz de la Russie, il le savait, étaient vitales pour certains membres de l’UE, en particulier l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe continentale et son bloc le plus important au Parlement européen.

La maître du Kremlin, écrit M. Charaï, a bâti sa stratégie d’invasion sur des paris qui se sont tous avérés perdants:

  • Enérgie

Poutine a parié sur le fait que les Européens ne reviendraient jamais sur la fermeture de leurs centrales nucléaires et à charbon, qu’ils n’augmenteraient pas leurs importations de gaz naturel en provenance des États-Unis et du Qatar et qu’ils ne prévoiraient pas de nouveaux pipelines en provenance d’Afrique du Nord ou du Proche-Orient.

«Il pensait que les sentiments pro-environnementaux de l’Europe rendaient ces changements impensables», affirme M. Charaï.

  • Militarisation de l’Allemagne et du Japon

Le plus choquant pour la pensée d’avant-guerre de Poutine a dû être le renversement abrupt de plus de soixante-dix ans de consensus sur les dépenses militaires en Allemagne et dans le lointain Japon. Longtemps soucieux de montrer au monde qu’ils ne seraient jamais des puissances militaires du type de celles de la Seconde Guerre mondiale, ces deux pays ont soudainement annoncé des budgets plus importants pour leurs forces armées, notamment les augmentations les plus fortes observées depuis la fin de la guerre froide.

Alors, comment le monde peut-il influencer Poutine pour qu’il se retire et non pour qu’il y ait une escalade ?

Les six commandments d’Ahmed Charaï

  1. Unité Internationale

La stratégie occidentale au début de l’invasion russe était essentiellement axée sur le fait de faire payer cher à Poutine sa guerre, car on le croyait pouvoir arracher rapidement une victoire. Cependant la résistance ukrainienne, fortement soutenue médiatiquement, financièrement et militairement par les États-Unis, le Royaume-Unis et d’autres pays de l’OTAN, a changé la donne. Poutine a été obligé de procéder à un retrait humiliant pour concentrer ses frappes dans l’Est et le sud du pays.

La guerre se prolonge et les crises alimentaires et énergétiques éclatent. C’est à ce moment là que les fissures dans le « bloc occidental » ont commencé à apparaître.

Deux groupes de pays au sein de l’UE vont émergés. La « nouvelle Europe », nom donné par Donald Rumsfeld, ancien secrétaire d’Etat nord-américain, au groupe de la Pologne et des pays baltes et la « vielle Europe » composée de la France, de l’Italie et de l’Allemagne.

Les États de la « nouvelle Europe » qui comptent sur le soutien de Washington ont adopté une posture très dure à l’égard de Poutine et voient dans l’invasion de l’Ukraine une menace directe pour leur sécurité. Les États-Unis utilisent, d’ailleurs, cette position pour poursuivre ses objectifs propres.

Si ce premier groupe fait de la défaite de Poutine un objectif, l’autre bloc européen estime que la Russie russe ne devrait pas être humiliée. l’axe Paris-Berlin-Rome, souhaite la victoire de l’Ukraine mais ne conçoit pas Moscou en dehors de tout nouvel ordre de sécurité construit en Europe.

C’est précisément cette désunion de l’Europe et d’autres pays de la planète que M. Ahmed Charaï estime être l’un des freins à la fin de la guerre.

« Le monde doit s’unir pour soutenir l’Ukraine en tant que pays indépendant, souverain et démocratique. L’annonce récente par l’Allemagne de son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris la Crimée, devrait mettre un terme à toute discussion sur l’échange de territoires contre la paix » écrit l’éditorialiste.

  1. Un plan Marshall pour la reconstruction de l’Ukraine

M. Charaï affirme que la croissance militaire et économique de l’Ukraine doit être encouragée et renforcée.

«Une Ukraine faible et vulnérable ne fera qu’inviter à une nouvelle agression russe. La reconstruction de l’Ukraine nécessitera des investissements considérables de la part du secteur privé. Mais les investissements du secteur privé dépendent d’un environnement généralement sûr» souligne-t-il.

Les États-Unis, poursuit M. Charaï, ont une occasion historique de construire avec leurs alliés la meilleure dissuasion contre une future agression russe et de contribuer à lutter contre la culture endémique de la corruption en Ukraine grâce à un mini plan Marshall bien conçu.

  1. Une politique étrangère américaine cohérente

C’est d’une constante du plaidoyer de M. Ahmed Charaï dans ses différentes interventions et analyses. Il s’agit de l’impact négatif sur l’ordre mondial de l’érosion de l’engagement des dirigeants américains en matière de politique étrangère.

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et promouvoir un ordre international dans lequel les nations observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent à la conquête territoriale, respectent la souveraineté nationale et adoptent des systèmes de gouvernement participatifs et démocratiques» insiste-t-il.

Et de poursuivre : «Dans un environnement mondial de plus en plus complexe, les États-Unis ne peuvent atteindre cet objectif qu’en tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine. Pour ce faire, ils doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs».

  1. Adresser une offre attrayante pour contenir l’influence de la Chine

Les décideurs américains, toutes tendances politiques confondues, n’ont pas donné la priorité aux pays africains et de l’espace indopacifique, dans les plans de politique étrangère des États-Unis. Au contraire, l’intérêt limité de Washington pour l’Afrique principalement a manqué de coordination et est maintenant souvent perturbé par un concept mal défini «d’influence chinoise».

A ce titre, Washington a tout intérêt à s’attacher à développer une vision positive de l’avenir de leur rôle en Afrique et de l’espace indopacifique plutôt que de s’en tenir à critiquer l’engagement de la Chine sur ces régions du monde.

«Les États-Unis doivent offrir des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà», recommande Ahmed Charaï.

  1. Maintenir le dialogue stratégique avec la Chine

Dans son dernier rapport sur Dialogue stratégique et économique entre les États-Unis et la Chine, le Comité national pour la politique étrangère américaine (NCAFP) révèle que que les processus de dialogue officiels ont permis d’atteindre bien plus de résultats qu’on ne le pense souvent et qu’ils constituent un moyen peu coûteux de faire progresser les intérêts américains de manière pacifique.

«Les États-Unis et la Chine continueront d’être en désaccord sur des questions fondamentales, mais devraient utiliser le dialogue direct pour exprimer ces préoccupations et réduire les malentendus et les perceptions erronées qui freinent la coopération sur le changement climatique mondial et le traitement et le rétablissement des pandémies», souligne le document.

Un an après, les relations entre les États-Unis et la Chine restent très tendues, malgré une politique moins ferme de la part de l’administration Biden. Une situation qui selon M. Charaï n’arrange pas le contexte international.

« L’administration américaine doit maintenir un dialogue stratégique productif avec la Chine permettant une communication claire des préoccupations essentielles des États-Unis tout en aidant les dirigeants américains à comprendre les intérêts et les objectifs de la Chine», affirme-t-il.

  1. Equilibrer entre les principes universels et les particularités régionales

Ce qui a toujours fait l’exception américaine, c’est cette politique chère à Henry Kissinger, celle d’aligner les stratégies des États-Unis sur les principes universels, au moment le reste de la planète se contentait à la promotion des intérêts nationaux.

«Les principes universels peuvent être combinés avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des perspectives des autres régions sur leur sécurité», recommande Ahmed Charaï.

Kissinger en avait d’ailleurs fait le fer de lance de sa vision de l’ordre mondial dans son livre publié en 2014 (World Order). « La célébration des principes universels doit aller de pair avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des points de vue d’autres régions sur leur sécurité.» a-t-il écrit.

« Nous devrions tirer les leçons de ces sages paroles et éviter de nous méprendre sur nos propres grandes fausses idées.» conclut M. Charaï son analyse parue sur The National Interest.

Ahmed Charai est l’éditeur de The Jerusalem Strategic Tribune. Il est membre du conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion, dont l’Atlantic Council, l’International Crisis Group, le Center for Strategic and International Studies, le Foreign Policy Research Institute et le Center for the National Interest.

Biden annonce la plus grande expansion militaire en Europe depuis la guerre froide

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Le président Biden a annoncé mercredi la création d’un quartier général permanent pour les forces américaines stationnées en Pologne, ainsi que de nouveaux déploiements de troupes et d’armes en Europe dans le contexte de la guerre que mène actuellement la Russie en Ukraine.

Les États-Unis vont procéder à leur plus grande expansion militaire en Europe depuis la guerre froide, avec notamment leur première présence permanente de troupes en Pologne, alors que l’OTAN se prépare à accueillir deux nouveaux membres en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Cette annonce, qui fait suite à l’engagement pris par l’OTAN cette semaine de multiplier par sept ses forces à haut niveau de préparation, intervient malgré les efforts de Washington pour déplacer l’attention des États-Unis vers la Chine et offre une nouvelle preuve de la façon dont la guerre de la Russie bouleverse la sécurité internationale.

Une expansion militaire historique

«Les États-Unis ont réagi rapidement et efficacement, en étroite coopération avec leurs alliés de l’OTAN, à la crise de sécurité européenne provoquée par l’agression de la Russie contre l’Ukraine» a déclaré le département d’Etat américain à La Défense dans un communiqué publié ce mercredi.

«Les contributions des États-Unis à la réponse de l’Alliance ont été rendues possibles par les forces importantes que nous avions déjà stationnées et déployées en Europe, y compris de robustes équipements et stocks déployés d’avance, ainsi que par des investissements substantiels dans l’infrastructure et la mobilité militaire rendus possibles par le financement de l’Initiative européenne de dissuasion», poursuit le communiqué.

Preuve de cet engagement, le nombre de soldats américains déployés en Europe qui a grimpé à 100 000 hommes dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février, dont 10 500 membres des services américains stationnés en Pologne.

Ce mercredi 29 juin, le président Joe Biden a fait l’annonce au sommet de l’OTAN à Madrid d’engagements supplémentaires pour «renforcer la sécurité européenne» :

Pologne

«En Pologne, nous allons stationner en permanence le poste de commandement avancé du quartier général du Vème Corps, un quartier général de garnison de l’armée de terre et un bataillon de soutien sur le terrain», a déclaré le président américain.

«Ces forces – les premières forces américaines permanentes sur le flanc oriental de l’OTAN – amélioreront nos capacités de commandement et de contrôle, notre interopérabilité avec l’OTAN et la gestion des équipements prépositionnés. Cette action s’appuie sur le rôle central que la Pologne a joué dans le soutien à la dissuasion et à la posture de défense crédibles au combat de l’OTAN» a-t-il souligné.

Les États-Unis continueront également à maintenir, et chercheront à renforcer, leur importante présence de forces de rotation en Pologne, notamment une équipe de combat de brigade blindée, un élément de brigade d’aviation de combat et un élément de quartier général de division, ce qui permet au ministère de la Défense de déployer des forces de combat le long du flanc oriental.

Roumanie

En Roumanie, les États-Unis positionneront immédiatement une équipe de combat de brigade rotative, ainsi qu’une brigade supplémentaire sur le flanc oriental. Cette brigade supplémentaire, dont le quartier général se trouve en Roumanie, maintiendra la capacité de déployer des éléments subordonnés sur le flanc est. Cette brigade viendra compléter les autres Brigade Combat Teams stationnées et opérant en Europe.

Baltique

Dans la région de la Baltique, les États-Unis amélioreront leurs déploiements par rotation – qui comprennent des forces blindées, d’aviation, de défense aérienne et d’opérations spéciales – pour renforcer la sécurité de la Baltique, améliorer l’interopérabilité et démontrer la flexibilité et la préparation au combat des forces américaines.

Les États-Unis maintiendrons une présence persistante, talon-pointe, dans la région et intensifierons l’entraînement avec leurs alliés baltes pour maintenir des capacités crédibles au combat dans la région.

Espagne

En Espagne, les États-Unis collaborent avec le gouvernement pour faire passer de quatre à six le nombre de destroyers stationnés à Rota, dans la province de Cadix.

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, les États-Unis renforceront leur présence par de chasseurs de cinquième génération et leur capacité à soutenir les Alliés dans toute l’Europe en postant à l’avant deux escadrons de F-35 à RAF Lakenheath.

Allemagne

En Allemagne, les États-Unis vont stationner à l’avant un quartier général de brigade d’artillerie de défense aérienne, un bataillon de défense aérienne à courte portée, un quartier général de bataillon de soutien au combat et un quartier général de brigade du génie, soit environ 625 militaires au total. Ces forces amélioreront les capacités de défense aérienne du ministère de la Défense et son soutien en matière de soutien en Europe, ce qui apportera un renforcement essentiel aux capacités de l’OTAN et permettra au ministère de la Défense de réagir plus efficacement aux menaces contre le flanc oriental de l’OTAN. Ces forces s’appuient sur le récent stationnement avancé de la Multi Domain Task Force et du Theater Fires Command en Allemagne, que le secrétaire Austin a annoncé en avril 2021.

Italie

En Italie, les États-Unis vont stationner à l’avant une batterie de défense aérienne à courte portée, soit environ 65 personnes. Cette batterie est une unité subordonnée au bataillon de défense aérienne à courte portée que le ministère de la Défense stationne en Allemagne.

https://twitter.com/deptofdefense/status/1542148163506782208?s=21&t=mlw2I-8ziaJ_NvNvA98MZQ

Dépenses américaines : 3,8 milliards en 2022, 4,2 milliards de dollars en 2023

«Toutes ces forces et facilitateurs crédibles au combat sont soutenus par des investissements importants dans la présence américaine à long terme en Europe» souligne le communiqué du département américain de défense (DoD).

Au cours de l’année fiscale 2022, le DoD continue d’exécuter 3,8 milliards de dollars de financement de l’initiative de dissuasion européenne (avec 4,2 milliards de dollars supplémentaires demandés pour l’année fiscale 23) consacrés aux :

  • forces de rotation,
  • exercices,
  • infrastructure (construction d’installations de stockage, modernisation des aérodromes et complexes d’entraînement)
  • équipements prépositionnés.

Des troupes supplémentaires seront également déployées en Roumanie sur une base rotative et des améliorations seront apportées aux déploiements de troupes stationnées dans les États baltes.

L’Europe ne peut pas se défendre sans les Etats-Unis

«Aujourd’hui, j’annonce que les États-Unis vont améliorer leur dispositif de forces en Europe pour répondre à l’évolution de l’environnement sécuritaire, ainsi que pour renforcer notre sécurité collective», a déclaré M. Biden.

«Ensemble, nos alliés, nous allons faire en sorte que l’OTAN soit prête à faire face aux menaces venant de toutes les directions, dans tous les domaines – terre, air et mer», a-t-il ajouté.

Lors du sommet, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré que l’alliance se trouvait «au milieu de la plus grave crise de sécurité à laquelle nous ayons été confrontés depuis la Seconde Guerre mondiale.»

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, a déclaré la semaine dernière que la crise sécuritaire actuelle illustrait le fait que l’Europe ne pouvait pas se défendre sans les Etats-Unis.

Pour la Pologne, l’engagement des États-Unis dans la sécurité européenne est une «condition fondamentale de la paix en Europe», a-t-il ajouté.

Peine de mort contre Brahim Saadoun : le Chef du RPD écarte toute possibilité de grâce ou d’échange de prisonniers

«La condamnation à mort des combattants britanniques et marocains est juste» a déclaré, ce lundi, le président de la République populaire de Donetsk (RPD), Denis Pouchiline qui écarte toute possibilité de grâce ou d’échange de prisonniers.

Le chef de la RPD Denis Pushinlin a écarté la possibilité de gracier les trois combattants étrangers du Royaume-Uni et du Maroc ou d’échanger les prisonniers de guerre contre ses soldats.

«Mon opinion est qu’il s’agit d’une punition équitable pour ces personnes qui sont venues tuer des civils pour de l’argent provenant d’autres pays», a déclaré Pushilin durant un point de presse à Mariupol.

«J’ai la possibilité et le droit de gracier ces personnes conformément à notre législation. Mais je ne vois pas de conditions préalables pour opter pour une telle direction en ce moment», a-t-il déclaré à la presse.

Selon la législation de la RPD, les étrangers condamnés ont un mois pour faire appel de la décision.

Il est à rappeler que Brahim Saadoun, un jeune Marocain de 21 ans a été arrêté par l’armée russe le 12 mars dernier, à Volnovakha, dans le Donbass, alors qu’il combattait aux côtés des Ukrainiens. Deux combattants britanniques ont également été arrêtés à Marioupol, en avril : Sean Pinner et Aiden Aslin.

Les trois étrangers enrôlés par l’armée ukrainienne ont été jugés par la République séparatiste de Donetsk et condamnés à la peine capitale par fusillade.

La Russie supprime la limite d’âge supérieure pour le service militaire

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Les législateurs russes ont adopté un projet de loi supprimant la limite d’âge supérieure pour les personnes souhaitant effectuer leur service militaire, ce qui a suscité des spéculations sur le fait que le pays cherche à renforcer ses effectifs dans le cadre de son invasion de l’Ukraine.

The Moscow Times

Le projet de loi, qui a été soumis à la Douma, la chambre basse du parlement russe, la semaine dernière et approuvé en dernière lecture mercredi, supprimerait la limite d’âge supérieure pour les premières recrues. Il doit maintenant être signé par le président russe Vladimir Poutine pour devenir officiellement une loi.

Jusqu’à ce jour, la loi russe autorisait tout citoyen âgé de 18 à 40 ans à rejoindre les forces armées en signant un contrat.

«Des spécialistes hautement professionnels sont nécessaires pour utiliser des armes de haute précision et faire fonctionner des armes et des équipements militaires», indique une note accompagnant le projet de loi.

Le changement ne s’appliquerait pas aux soldats en activité souhaitant renouveler leur contrat militaire, qui doivent toujours être âgés de moins de 50 ans.

Le projet de loi a été présenté par Andrei Kartapolov, chef de la commission de la défense de la Douma d’État et membre du parti au pouvoir Russie Unie, et son premier adjoint Andrei Krasov.

«Nous comprenons que pour certaines spécialités, l’expérience vient avec l’âge : à 40-50 ans, [une personne] a la plus grande profondeur d’expérience qui devrait être utilisée à des fins de défense», a déclaré M. Kartapolov au quotidien économique Vedomosti.

Environ 400 000 soldats sous contrat servent actuellement dans les forces armées russes. Environ 130 000 soldats sont ajoutés à ce nombre chaque année par les conscrits, qui sont enrôlés dans l’armée russe deux fois par an et peuvent être légalement déployés à l’étranger après quatre mois de formation militaire.

Selon les analystes, la Russie pourrait chercher à assouplir les exigences relatives aux soldats sous contrat dans l’espoir de renforcer ses effectifs en Ukraine sans recourir à des mesures potentiellement impopulaires comme la mobilisation massive.

La Russie va payer sa dette extérieure en roubles

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La Russie envisage de rembourser sa dette extérieure en roubles après que les États-Unis ont bloqué les dernières tentatives de Moscou de régler en dollars.

Avec Agences

Au lendemain de la décision de Washington de mettre fin à une exemption permettant à Moscou de payer ses dettes en dollars, le président de la Douma annonce ce mercredi que la Russie effectuera les paiements aux détenteurs d’obligations du pays en roubles.

«Les États-Unis veulent créer des problèmes pour Moscou en interdisant artificiellement les paiements en dollars pour le service de la dette extérieure de la Russie, mais le pays effectuera des paiements en roubles», a déclaré mercredi le président de la Douma d’État Viatcheslav Volodine, ajoutant que la Russie dispose de tous les fonds nécessaires.

«Premièrement, il y a tous les fonds nécessaires pour les paiements. Deuxièmement, les paiements seront effectués en roubles. Il s’agit d’un choix calculé par les États-Unis, qui ont eux-mêmes interdit les paiements en dollars. Le rouble s’est notablement renforcé aujourd’hui, et en ce sens, l’environnement de marché est bon pour nous», a-t-il écrit sur sa chaîne Telegram.

«Nous avons l’expérience des règlements mutuels en roubles. Les contrats gaziers l’ont montré, alors que les États-Unis et leurs satellites soutenant de telles décisions devraient s’habituer au rouble», a souligné M. Volodin.

Pousser la Russie au défaut de payement

La licence générale du département du Trésor américain autorisant la Russie à effectuer des paiements sur le service de sa dette souveraine a expiré mercredi. L’agence fédérale a déclaré mardi qu’elle ne prolongerait pas la dérogation accordée en mars, qui avait permis à Moscou de continuer à payer les intérêts et le principal et d’éviter un défaut sur sa dette publique.

En place depuis le début des sanctions occidentales contre la Russie, en représailles à la guerre en Ukraine, cette exemption avait permis à Moscou d’échapper au défaut de paiement.

Elle avait été décidée par Washington pour « permettre une transition ordonnée et aux investisseurs de vendre leurs titres », avait expliqué la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen la semaine dernière. La ministre de Joe Biden avait alors indiqué que cette exemption prendrait « probablement » fin.

La Russie ne pouvait déjà plus plus rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines, dans le cadre des sanctions renforcées prises par les Etats-Unis le 5 avril.

La gouverneure de la banque centrale russe, Elvira Nabioullina, avait reconnu le 29 avril que Moscou était confrontée à des « difficultés de paiements » mais elle s’était refusée à parler de défaut de paiement potentiel.

La dette extérieure de la Russie représente, selon son ministère des Finances, environ 4 500 à 4 700 milliards de roubles (quelque 78 à 81 milliards de dollars au taux actuel), soit 20 % de la dette publique totale.

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