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Vatican

L’ex-pape Benoît XVI meurt neuf ans après sa démission

Le pape émérite Benoît XVI est décédé, ce samedi 31 décembre à 9h34 du matin. Il avait 95 ans. Selon le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, la santé de l’ancien pape s’était détériorée au cours des dernières semaines.

Benoît XVI est devenu pape en 2005 et a démissionné en 2013, invoquant son «âge avancé».

Le prédécesseur allemand du pape François est le premier pontife à quitter la tête de l’Église catholique depuis Grégoire XII en 1415, il y a 600 ans.

Le pape Benoît XVI, qui a dirigé l’Église catholique de 2005 à sa démission en 2013, est décédé à l’âge de 95 ans, a annoncé ce samedi 31 décembre le Vatican.

Le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni a déclaré dans un communiqué : «C’est avec tristesse que je vous informe que le pape émérite Benoît XVI est décédé aujourd’hui à 9h34 au monastère Mater Ecclesiae au Vatican. Des informations supplémentaires seront fournies dès que possible.»

Son décès survient après que le pape François ait annoncé, lors de son audience hebdomadaire du 28 décembre, que Benoît XVI était «très malade».

La mort de Benoît XVI met fin à une période sans précédent dans l’histoire récente où deux papes ont coexisté, une situation qui a provoqué des tensions au sein des camps rivaux au Vatican. Elle ouvre la voie à son successeur, le pape François, qui devra décider s’il suivra Benoît XVI en se retirant à un moment donné, ce qui serait impossible si trois papes venaient à se succéder.

Biographie de Benoît XVI

Benoît XVI, né Joseph Aloisius Ratzinger en Allemagne en 1927, était un pontife profondément conservateur, dont le mandat a été assombri par des scandales d’abus sexuels dans l’Église. Il s’est retiré en laissant une réputation en dents de scie après un pontificat qui a parfois été source de divisions.

Benoît XVI à gauche avec d’autres membres de sa famille en 1938 : son frère Georg, sa mère Maria, sa sœur Maria et son père Joseph

Selon les résultats d’une enquête allemande publiés en janvier 2022, Benoît XVI n’a pas agi contre quatre prêtres accusés d’abus sexuels sur des enfants lorsqu’il était archevêque de Munich.

Fils d’un policier, il grandit dans la campagne bavaroise et rejoint à 14 ans les Jeunesses hitlériennes, une obligation, et sert dans l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Vers la fin de la guerre, il a déserté et a été brièvement retenu comme prisonnier de guerre par les forces américaines.

Cette photo de Benedict a été prise en 1943, lorsqu’il a été recruté par l’armée allemande. Il a ensuite déserté et a été fait prisonnier par l’armée américaine. AFP/Getty Images

Il est ensuite devenu une personnalité importante du Vatican et, en tant que cardinal Ratzinger, il a été le bras droit de son prédécesseur, le pape Jean-Paul II. Il a dirigé la Congrégation pour la doctrine de la foi, un département du Vatican autrefois connu sous le nom d’Inquisition, pendant 24 ans, un poste qui lui a valu le surnom de «Rottweiler de Dieu».

Pendant son mandat, des allégations d’abus sexuels commis par des clercs et de leur dissimulation ont commencé à faire surface. Ses détracteurs ont déclaré qu’il n’avait pas saisi la gravité des crimes et l’ampleur de la crise, qui a atteint son apogée plusieurs années après son élection au poste de pape en avril 2005.

Outre le flot d’allégations, de procès et de rapports officiels relatifs aux abus sexuels et à la complicité des prêtres dans leur dissimulation, le Vatican a également été secoué par le vol de documents confidentiels, dont beaucoup sont apparus plus tard dans un exposé sur la corruption présumée. En octobre 2012, un tribunal du Vatican a condamné le majordome personnel du pape, Paolo Gabriele, pour le vol de ces documents. Il a déclaré lors du procès qu’il avait agi contre « le mal et la corruption ».

Benoît XVI était un conservateur théologique, avec des positions intransigeantes sur l’homosexualité et la contraception. Il s’était fortement opposé à la théologie de la libération, un mouvement radical né en Amérique du Sud dans les années 1960, qui prônait un activisme social clérical auprès des pauvres et des marginaux.

Puissante influence conservatrice même après sa démission

Sa démission soudaine, à l’âge de 85 ans, en février 2013, le premier pape à le faire depuis le Moyen Âge, a laissé l’Église en émoi. Il a déclaré à l’époque qu’il n’avait pas la force de continuer à diriger les quelque 1,2 milliard de catholiques dans le monde. «J’ai dû reconnaître mon incapacité à remplir de manière adéquate le ministère qui m’a été confié», a-t-il déclaré.

Il a pris le titre de pape émérite et s’est engagé à rester «caché au monde», se consacrant à la prière privée. Il se retire dans un monastère de la Cité du Vatican, où il lit, écrit des lettres et des articles, reçoit des invités et joue du piano.

Le pape François rend visite à Benoît XVI au Vatican en août 2022.

Mais l’ancien pape est resté une puissante influence conservatrice et un point de mire pour les opposants aux efforts de François pour réformer l’église et la réorienter vers le service des pauvres Il a fait connaître ses opinions à plusieurs reprises par des lettres, des articles et des interviews. En avril 2019, deux mois après que François ait convoqué une conférence novatrice du Vatican sur les abus sexuels, Benoît XVI a publié une lettre de 6 000 mots affirmant que les abus étaient le produit d’une culture de liberté sexuelle datant des années 1960.

En janvier 2020, Benoît XVI a publiquement défendu le célibat clérical, alors que François envisageait de permettre aux hommes mariés de devenir prêtres dans des circonstances limitées. «Je ne peux pas garder le silence», a-t-il écrit dans un livre, «Des profondeurs de nos coeurs», arguant que le célibat des prêtres protégeait le mystère de l’église.

Dans la fureur qui s’en est suivie, Benoît XVI a demandé que son nom soit retiré de la liste des co-auteurs avec le cardinal Robert Sarah, un conservateur pressenti pour succéder à François.

La controverse, qui a éclaté juste avant la diffusion sur Netflix du film Les deux papes, qui relate les relations apparemment chaleureuses entre Benoît et François, a révélé les tensions entre les camps rivaux du Vatican.

Colère de l’administration Trump après l’annonce du reconduction des accords entre Pékin et le Vatican

Le Saint-Siège et la Chine communiste s’apprêtent à reconduire un accord historique signé voici deux ans, qui accorde au pape le dernier mot pour nommer des évêques chinois, suscitant l’ire du gouvernement américain.

Avec AFP

Aux Etats-Unis, le président Donald Trump brandit la répression anti-religieuse chinoise comme un argument de campagne présidentielle.

Son secrétaire d’Etat Mike Pompeo est passé à l’attaque frontale du Vatican en publiant en fin de semaine un tweet et une tribune où il dénonce les persécutions «horribles» des croyants de toutes confessions en Chine qui «révulsent» de nombreux pays.

«Plus que jamais, le peuple chinois a besoin du témoignage moral et de l’autorité du Vatican», lance-t-il dans la revue religieuse américaine «First Things». Ajoutant que «l’accord entre la Chine et le Vatican n’a pas protégé les catholiques contre les agissements du parti».

Le pape François a certes habitué les fidèles à dénoncer explicitement nombre de persécutions de la planète, mais il a adopté une attitude diplomatique de petits pas avec Pékin, pour recoller une Eglise chinoise scindée en deux.

Les quelque 12 millions de catholiques chinois -très minoritaires dans ce pays de près de 1,4 milliard d’habitants- ont été déchirés pendant des décennies entre une Eglise «patriotique» contrôlée par le régime communiste et une Eglise dite «clandestine» reconnaissant l’autorité du pape et souvent persécutée à ce titre.

Le Vatican avait scellé le 22 septembre 2018 un accord «provisoire» historique avec le régime communiste de Pékin, fruit d’interminables tractations à marche d’escargot, dont le contenu exact n’a jamais été publié.

Seul point tangible alors annoncé: le pape François avait reconnu immédiatement huit évêques chinois nommés par Pékin sans son aval.

Deux ans plus tard, le bilan n’est pas radieux pour la diplomatie vaticane, mais deux nouveaux évêques ont été nommés en Chine avec l’aval final du chef des 1,3 milliard de catholiques de la planète. Au préalable, ils ont dû devenir membres de l’Eglise patriotique officielle, ce que nombre de vieux prélats persécutés dans le passé refusent encore farouchement de faire.

Dans le monde entier, c’est le pape qui décide de la nomination d’évêques, des hommes qu’il a lui-même rencontrés ou qui lui sont recommandés par les conférences épiscopales nationales.

Moment historique en février 2020: des «ministres» des Affaires étrangères de Chine et du Vatican s’étaient rencontrés publiquement dans un événement international, une première en sept décennies.

Mais les relations diplomatiques entre Pékin et le Saint-Siège ont été rompues en 1951, deux ans après l’arrivée au pouvoir des communistes.

Le Vatican continue par ailleurs d’entretenir des relations diplomatiques avec Taïwan. Une situation de blocage, car cette île peuplée de 23 millions d’habitants est considéré par Pékin comme une province chinoise en attente de réunification.

Feu vert du pape pour renouveler l’accord

Le pape François vient de donner son feu vert au renouvellement de l’accord toujours en mode «expérimental» pour deux autres années, précise à l’AFP une source proche du dossier. Un discret échange de notes avec la Chine doit encore le sceller « en octobre ».

Les questions épineuses, comme celles des prêtres catholiques chinois disparaissant brusquement de leurs paroisses pendant des semaines «à l’invitation» des autorités, sont soulevées auprès de Pékin par les diplomates du Vatican, assure cet éminent expert.

Elles font l’objet de critiques récurrentes du vieux cardinal Joseph Zen de Hong Kong, ou encore du père italien Bernardo Cervellera, ancien missionnaire en Chine, qui publie sur son site AsiaNews des témoignages de catholiques chinois très mécontents de l’accord.

«Notre intérêt actuel avec la Chine est de normaliser le plus possible la vie de l’Eglise», a expliqué à la mi-septembre le cardinal Pietro Parolin, bras droit du pape François et principal artisan de l’accord, tout en admettant que les premiers résultats de l’accord « n’ont pas été particulièrement éclatants ».

Quatre jours plus tôt, Zhao Lijian, porte-parole du ministre chinois des affaires étrangères, avait donné une note positive à l’accord bilatéral, «mis en place avec succès».

Un compliment pour un parti communiste chinois qui s’interroge sur toute organisation, notamment religieuse, pouvant menacer son autorité.

Pékin observe depuis plusieurs années une politique de «sinisation» des religions, destinée à les rendre conformes aux objectifs du pouvoir communiste.

La Chine du président Xi Jinping, arrivé au pouvoir en 2012, a en outre accru sa surveillance de l’ensemble des cultes. Des églises ont été détruites, des croix descendues des clochers et des écoles maternelles religieuses fermées.

Le Vatican dévoile le programme intégral de la visite du pape François au Maroc

Le service de presse du Vatican a publié le calendrier du programme de la visite du pape François au Maroc prévue du les 30 et 31 mars prochain. Il aura deux journées bien pleines. Ainsi, le départ le samedi de l’aéroport de Rome-Fiumicino est prévu à 10h45 pour atterrir à l’aéroport international de Rabat –Salé à 14h, puis direction la place du Mechouar au Palais Royal de Rabat où une cérémonie officielle d’accueil lui sera réservée à 14h30 par le roi Mohammed VI avec qui il s’entretiendra au Cabinet royal à 14h50.

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Trump nomme un sioniste en Israël et une milliardaire aristocrate au Vatican, Ryadh toujours sans ambassadeur

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Quelques jours avant la visite de Donald Trump au Vatican, en Israël et en Arabie saoudite, dans lesquels le poste d’ambassadeur des Etats-Unis est vacant depuis plusieurs mois, Washington tente de combler ce vide en accélérant les procédures d’accréditation. Si les missions américaines à Tel-Aviv et au Saint-Siège ont été vite pourvues, Ryadh demeure sans ambassadeur ce qui soulève moult interrogations dans les chancelleries de la région.

 

Désigné en décembre 2016 en qualité d’ambassadeur des Etats-Unis en Israël et d’Envoyé spécial du président Trump auprès de l’Etat hébreux, David Friedman, qui a obtenu le feu vert du Congrès américain pour rejoindre ses nouvelles fonctions, a remis hier, le jour de la commémoration du 69ème anniversaire de la Nakba, ses lettres de créance au président israélien Reuven Rivlin.

De confession juive orthodoxe, David Friedman est le fils de l’ancien Grand rabbin de New York et membre émérite du Congrès sioniste mondial, Rabbi Morris Friedman. Parlant couramment le hébreu, il est aussi un fervent défenseur de la colonisation et de l’annexion par Israël des territoires palestiniens sous occupation.

David Friedman est un membre influent de l’American Friends of Bet El Institutions, une organisation qui milite contre la solution des deux Etats (Palestine et Israël) et donatrice de 2 millions de dollars annuels à la colonie Bet El en Palestine occupée.

Cet avocat d’affaires de 59 ans, spécialiste des banqueroutes, est considéré comme un faucon relevant de l’aile droite du parti républicain qui ne cesse de faire campagne pour le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la ville sainte d’Al-Qods. D’ailleurs, dès sa prise de fonction, il s’est empressé d’aller se recueillir sur le Mur des Lamentations, haut lieu du Judaïsme.

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Autre urgence, le poste sensible d’ambassadeur des Etats-Unis au Vatican doit être pourvu avant la visite officielle de Trump au Saint-Siège pour y rencontrer le Pape François. Le choix s’est porté sur Callista Gingrich, épouse de l’ancien président républicain de la Chambre des représentants auprès duquel elle a fait campagne pour son investiture à la primaire du Parti républicain à l’élection présidentielle américaine de 2012. Femme d’influence, elle est la présidente de Gingrich Productions, une société de multimédias et de communication basée à Washington DC qui produit des documentaires et des films institutionnels pour le gouvernement américain.

Callista Gingrich nouvelle ambassadrice des USA au Vatican avec son mari l’ancien président républicain de la Chambre des représentants

En revanche, il n’y a toujours pas d’ambassadeur (ni de nomination en vue) pour la mission américaine en Arabie saoudite alors que Donald Trump compte réunir à Ryadh un soi-disant «axe sunnite composé de pays arabo-islamiques afin de contrer l’hégémonie iranienne.» Les autorités saoudiennes, qui vont accueillir ce forum unique en son genre, ne comprennent pas pourquoi Washington tarde à nommer un ambassadeur chez eux alors que, paradoxalement, chez le voisin émirati, à Abu Dhabi, l’ambassadrice Barbara Leaf n’a pas bougé depuis 2014. Est-ce un choix stratégique ou juste une saute d’humeur de la part de Trump?

Si l’on voit les égards avec lesquels le président américain a reçu, lundi, le Prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed Ben Zayd al-Nahyane, et les éloges qu’il n’a pas tari sur le numéro 2 de l’Etat des émirats arabes unis, on saisit l’importance de l’axe Washington-Abu Dhabi chez les stratèges du Département d’Etat américain et du Conseil de la Sécurité nationale.

D’ailleurs, Mohammed Ben Zayd a eu de longs entretiens avec le Secrétaire américain à la Défense, James Mattis, et le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, avec lesquels il a passé en revue la préparation du Sommet de Ryadh où sont attendus quelque 50 pays islamiques.

Abdellah EL HATTACH

Vatican, une crise d’autorité

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Le Pape François s’est reuni ce lundi avec le Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE) qui réunit les présidents des épiscopats de l’Union européenne.

A l’ordre du jour de cette importante réunion, la situation en Syrie, en Irak et au Liban, ainsi que la sécurité dans le bassin méditerranéen à l’aune du processus politique en Libye engagé sur fond d’une guerre fratricide entre les différentes factions et régions déchiquetées du pays.

L’objectif de cette réunion du CCEE est d’étudier avec les instances européennes les moyens d’exfiltrer les minorités chrétiennes du bourbier moyen-oriental et de canaliser les flux migratoires.

Le pape François a également informé ses interlocuteurs de la gravité de la situation internationale et le rôle que doit jouer le Vatican, mais il a insisté sur la désormais fragilité de l’Eglise dans son influence dans le développement de la législation et des politiques européennes et mondiales, notamment après les multiples affaires de pédophilie qui ont secoué quelques représentations épiscopales à travers l’Europe.

La réunion du CCEE intervient au lendemain de la boucherie de Alep en Syrie où un hôpital pédiatrique a été visé par l’aviation syrienne sous couverture russe faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés, principalement des enfants, et un silence incompréhensible du Vatican et de l’Eglise de Rome.

Abdellah El Hattach.