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Mohammed V

Le président de la Fédération sépharade du Canada : Les juifs du Maroc ne sont pas des réfugiés

Les déclarations controversées de la ministre israélienne de l’Egalité sociale, Gila Gamliel, en janvier dernier, affirmant que Tel Aviv se préparait à réclamer pas moins de 250 milliards de dollars à un certain nombre de pays arabes et musulmans dont le Maroc, en guise de compensation pour les juifs partis en 1948 au lendemain de la création de l’Etat d’Israël, ont fait bondir le président de la Fédération sépharade du Canada. Avraham Elarar, d’origine marocaine, a publié, lundi 5 mars, une tribune riche en informations et enseignements sur le site The Canadian Jewish News , démontant point par point les allégations prétendant que les juifs marocains ont été chassés de leur pays. Une tribune qui rétablit une vérité historique connue et reconnue quant la position du Roi Feu Mohammed V et son gouvernement à l’égard des concitoyens juifs marocains.

Vu la pertinence de cette contribution, le1.ma vous en propose la traduction.

Le 5 janvier 2019, un article publié sur Times of Israel annonçait que l’État juif réclamerait 250 milliards de dollars d’indemnisation pour les Juifs chassés des pays arabes. « Le temps est venu de corriger l’injustice historique des pogroms (contre les Juifs) dans sept pays arabes et en Iran , (…) et de restituer à des centaines de milliers de Juifs leurs biens, ce qui est légitimement le leur.», a déclaré Gila Gamliel, ministre israélienne de l’Égalité sociale.

Le journal a révélé qu’Israël avait collecté des revendications contre la Tunisie, totalisant 35 milliards de dollars d’indemnisation ainsi que 15 milliards de dollars contre la Libye. Auxquelles, l’Etat hébreux, compte ajouter des compensations supplémentaires à réclamer auprès du Maroc, de l’Irak, de la Syrie, de l’Egypte, du Yémen et de l’Iran.

Les déclarations de Gamliel ont placé le Maroc, de manière intentionnelle ou par inadvertance, sur le même banc des accusés que l’Iraq et l’Égypte. Ce faisant, elle a non seulement accusé injustement le Maroc d’actes qu’il n’a pas commis, mais elle a également affaibli la position des juifs qui se sont vus confisquer leurs avoirs et révoquer leur citoyenneté, dans d’autres pays, comme ce fut le cas en Egypte sous l’ancien président Gamal Abdel Nasser.


Netanyahu assistant à un spectacle de la chanteuse marocaine Raymonde Abecassis (Raymonde El Bidaouia)

Ironie du sort, la déclaration de la ministre nie toute vérité sur les Juifs marocains et la raison qui les a poussés à quitter le Maroc. S’exprimant lors de la quatrième assemblée générale du Congrès juif mondial (WJC) en 1959, Alexander L. Easterman, secrétaire politique du WJC, a déclaré que même si Nasser encourageait les juifs à quitter l’Egypte – et les a même expulsés après la campagne du Sinaï en 1957, dans le cadre de sa lutte pour l’unité nationale -, le Maroc a découragé les Juifs de partir, afin de maintenir la diversité ethnique du pays.

Sur les 856 000 Juifs vivant dans les pays arabes et en Iran, plus de 257 000 soit 30%, vivaient au Maroc. Déjà avant l’expérience amère de la période de Vichy du temps du protectorat français, un nombre croissant de jeunes pro-sionistes avaient déjà commencé à s’engager dans le tsiyonut magshima – le sionisme actif menant à l’Alyah.

Dans son livre, North African Jewry In The Twentieth Century, Michael Laskier note que l’Association Charles Netter a été transformée en une importante organisation sioniste opérant au Maroc à partir de la fin des années 1920.

Le 15 août 1955, Easterman a rencontré, secrètement à New York, Ahmed Balafrej, alors directeur des relations publiques du parti politique marocain Istiqlal, afin de discuter de la préoccupation du Congrès juif mondial (CJM) pour le bien-être des Juifs du Maroc. Après la réunion, Balafrej a publié l’annonce suivante:

« Les Juifs n’ont pas à craindre qu’ils ne subissent aucune forme de discrimination dans un Maroc indépendant. Les Juifs du Maroc, comme ses musulmans, sont à la fois des citoyens de jure et de facto. Ils jouiront des mêmes droits et seront soumis aux mêmes obligations. Leur foi religieuse ne sera pas affectée. Le développement positif qu’ils verront sera leur libération du fardeau du contrôle colonial qui les exploitait également. Le Maroc est leur pays indépendant et celui qui aide les Juifs du Maroc contribue également à l’indépendance du Maroc. »

Quelques mois plus tard, le 30 octobre, alors que le sultan marocain en exil, Mohammed ben Youssef (devenu Mohammed V), préparait son retour au Maroc, il a reçu une délégation du CMJ, composée de Joseph Golan et de Gerhart Riegner, à qui il a déclaré:

« J’ai toujours considéré mes sujets juifs comme des citoyens totalement libres et des Marocains complètement égaux à mes sujets musulmans. C’est la politique que je vais adopter à l’avenir. Tous mes sujets bénéficieront de droits égaux et se partageront des obligations égales, sans égard à leurs croyances religieuses. Vous pouvez être sûrs que mes intentions seront pleinement mises en pratique à mon retour au Maroc. »

Parallèlement, les dirigeants du Conseil des Communautés juives du Maroc se sont réunis à Rabat pour formuler une déclaration exprimant leur grande joie du retour de Sidi Mohammed Ben Youssef et de sa famille. Ils ont appelé leurs coreligionnaires à se joindre à leurs frères musulmans pour célébrer son retour sur le trône. Et en effet, le 26 octobre 1956, Léon Benzaken, un médecin judéo-marocain, a été assermenté ministre du deuxième gouvernement de Mbarek Bekkaï, le même gouvernement dans lequel Balafrej deviendrait ministre des Affaires étrangères.

Et pourtant, malgré la réticence du Maroc sous le protectorat français à permettre une émigration massive de ses sujets juifs, et plus tard les assurances de Balafrej et de la déclaration du roi, 108 000 Juifs ont fait leur Aliya entre 1948 et l’indépendance du Maroc en 1956. Selon l’historien israélien Yigal Ben-Nun, 237 800 Juifs ont immigré du Maroc en Israël entre 1948 et 1967. La plupart l’ont fait par conviction sioniste, tandis que les autres aspiraient à de meilleures conditions économiques

Pour prétendre, cependant, que les Juifs marocains qui ont fait leur Aliyah (Ndlr : L’Aliyah ou immigration en Israël se selon l’agence juive pour Israël selon des formalités très précises. Cette procédure doit être impérativement suivie pour obtenir la citoyenneté israélienne) sont des réfugiés, les dénigre en faussant les faits historiques et en niant qu’ils soient de fervents sionistes. Quant aux 20 000 autres Juifs marocains ayant immigré en France et au Canada, où ils ont établi des communautés prospères, il serait également ridicule de les appeler des réfugiés, d’autant plus que beaucoup continuent à entretenir des liens économiques, culturels et universitaires forts avec le Maroc. En effet, contrairement à d’autres pays, le Maroc n’a jamais dépouillé ses citoyens juifs de leur citoyenneté.

Il appartient donc à ceux d’entre nous qui ont vécu notre propre départ volontaire du Maroc – que ce soit en faisant leur Aliyah à Israël ou en immigrant dans d’autres pays – de préserver notre intégrité morale et de défendre la vérité sur l’émigration juive du Maroc.

Sous haute sécurité, Ali Bongo hospitalisé à l’hôpital militaire de Rabat

Arrivé au Maroc hier mercredi en provenance de Riyadh où il était hospitalisé depuis le 24 novembre dernier pour un accident vasculaire cérébral dont il a été victime quelques heures après avoir entamé une visite en Arabie saoudite, le président gabonais Ali Bongo a été immédiatement admis à Hôpital Militaire d’Instruction Mohammed V de Rabat.

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Le Musée Mémorial de l’Holocauste et Archives du Maroc engagés contre l’extrémisme et la haine

Le Musée Mémorial de l’Holocauste des États-Unis et les Archives du Maroc ont signé accord de coopération pour partager des documents sur les Juifs d’Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale tenus par chaque institution. L’accord permettra d’élargir les investigations des deux institutions sur cet aspect peu étudié de l’histoire et permettra aux chercheurs d’Afrique du Nord, d’Europe et du monde entier de mener des recherches au Maroc et au Musée Mémorial à Washington, en vue de mieux communiquer sur l’importance de l’éducation sur l’Holocauste comme moyen de commémorer les victimes et de sensibiliser les gens aux dangers de l’extrémisme et de la haine. Le Maroc est le seul pays arabe avec lequel le Musée de l’Holocauste dispose d’un accord de ce genre.

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Forum Indonésie-Afrique : Les jalons d’une coopération prometteuse

Après les forums Chine-Afrique, USA-Afrique, UE-Afrique et Inde-Afrique, le tour est venu aujourd’hui à celui d’Indonésie-Afrique. C’est l’Île indonésienne de Bali qui a abrité durant deux jours la première édition du Forum Indonésie-Afrique, #IAF2018. Pas moins de 46 pays avec leurs 500 représentants ont répondu présents. Certes l’Indonésie jouit d’un taux de chômage très bas -quelque 6%- et un taux de croissance de près de 7% ce qui en fait un marché émergent très prometteur, mais ce grand pays du sud-est asiatique dispose d’une économie fermée. Cependant, le manque d’ouverture du pays grève son développement à l’international. D’ailleurs, le seul accord de libre-échange signé par Jakarta est celui avec le tandem Australie/Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, comme le dispositif juridique du pays ne permet pas une ouverture tous azimuts, le forum Indonésie-Afrique tombe à point nommé pour engager le pays dans une réflexion qui le sortira de sa quasi-autarcie. Surtout que la montée en force des voisins Malaisien et Vietnamien ne facilite pas son expansion. D’où l’intérêt de s’ouvrir vers l’Afrique.

La Secrétaire d’Etat, Mounia Boucetta, accompagnée de l’ambassadeur du Maroc en Indonésie, reçue par le Ministre du Commerce indonésien, M. Enggartiasto Lukita en marge du Forum #IAF2018

Les autorités indonésiennes veulent évoluer crescendo dans ce sens en encourageant des PTA -Preferential Trade Agreements-, par le biais desquels l’Indonésie et ses partenaires établiront non pas un libre-échange totalement ouvert mais présenteront des produits dédouanés “shorlistés” comme entame de leur partenariat. Le Maroc, qui a participé à cet événement avec une forte délégation conduite par la Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mounia Boucetta, accompagnée de l’ambassadeur de Sa Majesté le Roi à Jakarta, Ouadia Benabdellah, réfléchit à développer ses relations économiques bilatérales avec Jakarta. D’ailleurs, un des chantiers les plus avancés est une Joint-Venture d’OCP S.A. avec son pendant indonésien pour le développement agricole, sachant que l’Indonésie est un grand producteur de riz, d’ananas et d’huile de palme. Forte symbolique, le Maroc était le seul pays d’Afrique du nord à avoir une représentation ministérielle.

Les pays participants ont voulu faire de cet événement une rampe de lancement pour la promotion de la coopération et un espace de dialogue et d’échange entre les entreprises indonésiennes et leurs homologues africaines avec un objectif affiché : le renforcement du partenariat entre les secteurs privés des deux parties avec une coopération multiforme et l’exploration des possibilités de coopération triangulaire.

Le vice-président indonésien, Jusuf Kalla, a déclaré à l’ouverture du Forum : «si l’Indonésie et l’Afrique réussissent à promouvoir leur coopération, nous pouvons montrer au monde que la coopération entre les pays en développement peut se réaliser.»

Pour sa part, la ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Lestari Priansari Marsudi, n’a pas caché le désir et la volonté de son pays de forger des relations de coopération intenses avec l’Afrique en tirant profit de la proximité politique de son gouvernement avec les Etats africains : « Depuis plus d’un an, nous travaillons dur pour préparer ce forum qui montre l’engagement de l’Indonésie à renforcer son amour et sa coopération avec l’Afrique (…); l’Indonésie est désireuse de coopérer avec l’esprit d’égalité, de soin et de collaboration, qui est durable et mutuellement bénéfique (…) Vous vous demandez peut-être pourquoi l’Indonésie a lancé la cheffe de la diplomatie indonésienne (…) la réponse immédiate est que l’Indonésie aime l’Afrique et que notre amour pour l’Afrique ne se reflète pas seulement dans les mots mais aussi dans les actes.»

Les débats par panels ont porté sur l’élaboration des politiques et les perspectives relatives à des sujets stratégiques tels que la diplomatie économique, le développement des infrastructures, les initiatives de financement, la transformation numérique et les industries stratégiques.

Concrètement et selon l’agence de presse officielle indonésienne Antara, l’Indonésie a enregistré des transactions commerciales d’une valeur de 586,56 millions de dollars avec plusieurs pays africains et un business plan d’une valeur de 1,3 milliard de dollars a également été annoncé entre les entreprises indonésiennes et africaines.

Pour sa part, Ethiopian Airlines s’apprête à ouvrir une ligne directe avec Jakarta en accord avec son homologue indonésienne Garuda Indonesia.

L’Indonésie et l’Afrique ont beaucoup à gagner en renforçant leur coopération multilatérale

Mounia Boucetta participant aux travaux du IAF2018

Commentant l’événement, la ministre indonésienne des Affaires étrangères a relevé : « Je pense qu’il y a encore un manque de connectivité entre l’Indonésie et l’Afrique, y compris la connectivité aérienne, d’où l’accord d’opérer des vols directs de Jakarta à Addis-Abeba. C’est une nouvelle percée.»

En fait tout plaide pour un meilleur partenariat entre l’Indonésie et l’Afrique. Il y a lieu d’abord de rappeler que les liens entre les deux parties sont historiques. Comme on dit, le passé éclaire le présent et projette l’avenir ! C’est à Bandung, dans l’île de de Java que le Mouvement des Non-alignés a vu le jour en avril 1955 avec sa célèbre Conférence où leaders asiatiques et africains, à leur tête Sa Majesté Mohammed V, s’étaient retrouvés pour débattre de leurs affaires communes pour la libération de pays encore colonisés. Sur ce point, Bandung avait abrité le Bureau des mouvements de libération des pays d’Afrique du Nord.

Un extrait du discours du Dr Sukarno, premier président de la République d’Indonésie prononcé à l’ouverture de ladite Conférence cadre parfaitement avec le Forum de Bali : « Les Etats du monde dépendent aujourd’hui les uns des autres, et aucune nation ne peut s’isoler des autres. L’isolement splendide était jadis possible, il ne l’est plus. Les affaires du monde sont nos affaires, et notre avenir dépend de la solution que recevront tous les problèmes internationaux, aussi loin de nous qu’elles paraissent se situer. Faisons du principe -Vivre et laisser vivre- et du dicton -Unité dans la diversité- la force unificatrice qui nous maintiendra tous ensemble.»

L’Indonésie, ce plus grand archipel de la planète avec pas moins de 17000 îles occupe une position stratégique dans l’Asie du Sud-est. Il est le principal producteur de pétrole dans cette région et se trouve au carrefour des grandes routes maritimes.

Avec une population estimée à plus de 260 millions d’habitants à majorité musulmane, l’Indonésie connaît les mêmes problèmes de développement que l’Afrique mais cela n’a pas empêché son économie de connaître un réel dynamisme et un essor certain.

Les Indonésiens sont conscients du fait qu’ils sont entourés par d’autres pays asiatiques performants tel que Singapour, comme l’a déclaré un jour de 1990 l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ali Alata, interrogé au sujet de l’activisme islamiste dans son pays : « En Indonésie, nous n’avons pas un problème d’Islam, nous avons des problèmes de sous développement !! »

Sur les chemins des phosphates : Un pan de l’histoire du Maroc contemporain

Le film-documentaire de fiction “Sur les chemins des phosphates”, qui retrace les convoitises européennes sur le Maroc depuis le XIXè siècle jusqu’au recouvrement par le Royaume de son indépendance, a été projeté lundi soir à Rabat. Mohammed Nadrani, militant de gauche, natif de Khouribga, a immortalisé dans ce docu-fiction de 85 minutes, coréalisé avec Malika El Manoug, la lutte ouvrière marocaine dans les mines de phosphates de Khourigba. Il a choisi le 7ème art pour nous replonger dans l’histoire contemporaine du Maroc mêlant réalité, de par son propre vécu et celui de sa famille, et fiction. Une fiction pour éclairer un pan de l’histoire sorti des galeries obscures des gisements de phosphates de Khouribga.


Dans l’entretien accordé à le1.ma, Mohammed Nadrani revient sur ce travail de mémoire et ses projets.

Le1.ma : D’abord comment vous est venue l’idée de traiter un tel sujet ?

Mohammed Nadrani : Ah l’idée ! Elle était là parce que j’habitais à Khouribga d’une part. J’ai passé toute mon enfance à Khouribga, j’ai étudié à Khouribga, j’ai eu mon Bac à Khouribga et j’ai milité aussi à Khouribga. En même temps, mon père était un mineur, il a travaillé dans les galeries de Khouribga.

Le1.ma : Toute la famille est baignée dans le phosphate…

Mohammed Nadrani : Absolument.

Le1.ma : Votre documentaire est en en quelque sorte un hommage

Mohammed Nadrani : C’est un hommage mais surtout et d’abord un vécu parce que j’ai continué à avoir des racines et des liens avec Khouribga et, en même temps, c’est un hommage que j’ai voulu rendre à Khouribga, tout simplement par ce qu’elle nous vus grandir et parce qu’elle a nous nourris et en même temps notre vie était façonnée en quelque par cette culture minière. Il fallait donc lui rendre cet hommage et revenir pour lui dire merci de nous avoir tant donné ; et maintenant c’est à nous de parler de Khouribga et de faire parler d’elle.

Le1.ma : A travers votre docu-fiction, vous avez remonté le fil du temps d’un Maroc convoité par les puissances coloniales de l’époque

Mohammed Nadrani : Tout a commencé par la Conférence d’Algésiras en 1906 qui donnait en fait le droit à toutes les puissances signataires de l’acte éponyme d’investir au Maroc et avaient un certain contrôle sur tous les ports du Maroc et en même temps sur les richesses du royaume. La France a su, à travers le génie du Général Hubert Lyautey, s’accaparer du phosphate et a mené une campagne terrifiante et sanglante, d’abord avec le bombardement de Casablanca (ndlr : du 5 au 7 août 1907) et par la suite la campagne de la Chaouia parce qu’il y avait une forte résistance appuyant la révolte des tribus matée par le Général Albert d’Amade. Mais il y avait aussi la voie ferrée qui était une voie militaire au début pour l’approvisionnement des troupes pour devenir économique avec son prolongement jusqu’à Oued Zem. Ce prolongement s’est fait durant la première guerre mondiale au moment où l’Europe était en train de s’entredéchirer. Ce n’était donc pas un hasard. Au contraire, les Français voulaient arriver jusqu’au plateau de Ouled Abdoun où ils savaient qu’il y avait des réserves et des gisements importants de phosphates. Et comme il y avait d’autres pays signataires, la France n’était pas donc la seule à avoir le droit de l’exploitation des phosphates.

Le1.ma : Qu’est ce qu’ils ont fait ?

Mohammed Nadrani : C’est là où intervient le génie du Général Lyautey en faisant en 1920 de l’Office chérifien des phosphates (OCP) une propriété du Makhzen. De cette manière là, ce n’était pas la France qui exploitait directement les phosphates mais par l’intermédiaire du pouvoir central à l’époque qui était sous le protectorat français. Par ailleurs, en exploitant les gisements de phosphates, la France a créé une ville, la capitale des phosphates qui contenait aussi une réserve très importante d’ouvriers. C’était la citadelle de la classe ouvrière.

Le1.ma : Qui dit phosphates dit classe ouvrière et luttes ouvrières..

Mohammed Nadrani : Effectivement, ces luttes ouvrières existaient et s’étaient affirmées grâce aussi à la coopération et le mélange avec les Européens . Surtout qu’il y avait des cadres et des militants syndicalistes appartenant soit à la CGT soit au parti communiste à l’époque. Ils jouaient un rôle de sensibilisation et de conscientisation des ouvriers sans oublier le mouvement de 1936 en France qui a joué un grand rôle dans la radicalisation de la classe ouvrière. Et avec cette radicalisation, les syndicalistes français ont perdu le contrôle et ont été dépassés ; et les revendications sociales sont devenues de plus en plus radicales conduisant à des luttes héroïques pour la revendication du retour du Roi, Feu Mohammed V. Surtout lors du deuxième anniversaire de son éloignement les 20 et 21 août 1955 qui a pesé énormément dans l’indépendance du pays.

Le1.ma : Pour faire ce documentaire, cela demande un travail de recherche de fourmis, combien de temps cela à vous a pris ?

Mohammed Nadrani : Effectivement, il ya eu un travail de recherche de longue haleine et je peux vous dire que cela m’a pris quatre ans de travail et deux ans de production pour tout finaliser.

Le1.ma : Et qu’est-il du budget ? Avez-vous bénéficié d’aide ?

Mohammed Nadrani : Nous avons déposé le film auprès du Centre cinématographique marocain pour une aide après production qui nous a été accordée.

Le1.ma : Et qu’est-il de l’OCP ? Vous l’avez approché ? Surtout qu’OCP Policy Center fait un remarquable travail de production intellectuelle et cela pourrait enrichir sa médiathèque.

Mohammed Nadrani : L’OCP ? Pourquoi pas, j’espère bien. Je suis ouvert à toutes les propositions. En tout cas c’est aussi leur histoire, l’Histoire de l’OCP.

LE1.ma : Comment a été reçu et perçu votre documentaire par le public ?

Mohammed Nadrani : Franchement, les gens étaient satisfaits et émus. Toutefois le parfait n’existe pas. On a toujours l’ambition de faire mieux mais quand-même les gens étaient généralement satisfaits du travail accompli. Je dois vous rappeler que je n’étais pas seul à travailler sur ce film. J’ai travaillé avec Malika El Manoug que je salue au passage par le biais de votre site. Elle s’est beaucoup investie sur ce projet et n’a lésiné sur aucun moyen pour le faire naître.

LE1.ma : Pour le mot de la fin, avez-vous un autre film en gestation sur la mémoire collective ?

Mohammed Nadrani : Oui tout à fait. J’ai déposé au Centre Cinématographique Marocain le scénario d’un film sur la guerre du Rif et Abdelkrim El Khattabi. Nous l’avons défendu mais il n’a pas été retenu ; on va le redéposer pour la deuxième session prévue pour le 5 mai prochain.

Après son baccalauréat de Lettres modernes, Mohamed Nadrani entreprend des études de philosophie à l’université de Rabat. Militant d’extrême gauche, il sera incarcéré à l’âge de 22 ans à Agdz et Kalaât Mgouna où il y passera 9 ans du 12 avril 1976 jusqu’au 31 décembre 84. C’est dans ses lieux de détention qu’il découvre ses talents de dessinateur lorsqu’il a trouvé dans sa cellule un bout de charbon de bois. Devenu son compagnon et son confident, il le garde sur lui jusqu’à sa libération, en 1984. Vingt ans plus tard, Mohamed Nadrani troque son morceau de charbon pour un crayon. Son album « Les Sarcophages du complexe, disparitions forcées » est sorti aux éditions Al Ayam en avril 2005.

Il y a 106 ans, le Traité de Fès mettait le Maroc sous le régime du protectorat

Conclu le 30 mars 1912, le traité de Fès établit «l’organisation du protectorat français dans l’empire chérifien». En le signant, le sultan marocain Moulay Abdelhafid mettait fin à 12 siècles d’indépendance. Par cet accord, la France achevait sa domination sur l’Afrique du Nord. Le général Hubert Lyautey, qui avait progressivement conduit la conquête du Maroc, notamment via Oujda dès 1907, est désigné Résident général auprès du sultan.

L’Empire chérifien traversait à l’époque une grave crise dynastique et économique. Moulay Abdelhafid, installé à Marrakech, menait des intrigues et des complots contre son frère le sultan Moulay Abdelaziz, basé à Fès. Lire ici

Le général Haramou succède au général Hosni Benslimane à la tête de la gendarmerie royale

Le Roi Mohammed VI a reçu, ce jour au Palais Royal de Rabat, le général de corps d’armée Hosni Benslimane que le souverain a remercié pour les services rendus à la Nation.

Sa Majesté le Roi, en sa qualité de Chef suprême et Chef d’état-major général des Forces Armées Royales a décoré le général Hosni Benslimane du Grand Cordon du Wissam Al Arch.

A cette occasion, le Roi Mohammed VI a nommé le général de division Mohamed Haramou en tant que nouveau Commandant de la Gendarmerie. Le général Haramou, membre de la Maison militaire royale, occupait les fonctions de commandant du groupement d’escadrons d’honneur de la gendarmerie royale.

Lors de la même audience, le Roi Mohammed VI a également reçu le général Bouchaïb Arroub, ancien inspecteur général des Forces Armées Royales et commandant de la zone Sud que le souverain a aussi décoré du Grand Cordon du Wissam Al Arch.

Les généraux Benslimane et Arroub ont été remerciés «pour leurs sens élevés de dévouement et de loyauté au service des intérêts supérieurs de la Nation et leur pleine abnégation dans la conduite de leurs missions

Le général Hosni Benslimane, qui est en poste à la tête de la gendarmerie royale depuis 43 ans, est le neveu de Fatmi Benslimane, président du Conseil du trône sous Mohammed V, et du Docteur Abdelkrim Al Khatib, fondateur du PJD. Il est, par cette alliance, cousin germain de l’ancien ministre délégué à l’Intérieur, Mohamed Saâd Hassar, Moulay Ismaïl Alaoui, ancien secrétaire général du PPS et Mhamed Boucetta, ancien ministre d’Etat et ancien secrétaire général du parti de l’Istiqlal.

Ancien gouverneur de Kénitra et de Tanger, attaché militaire du Maroc à Paris, Directeur de la DGSN, inspecteur des Forces auxiliaires, président de la FRMF, président du CNOM, le général Hosni Benslimane a ainsi occupé des dizaines de fonctions civiles et militaires qui ont en fait l’un des hommes les plus puissants et influents du Maroc.

A 83 ans, ce sportif accompli et athlète émérite, cède sa place à un de ses poulains, un «pur produit Benslimane», le général Mohamed Haramou qui héritera d’une des administrations marocaines les plus modernes et les mieux structurées.

Le général Abdelhak El Kadiri admis en soins intensifs à l’hôpital militaire de Rabat

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Le général de Corps d’Armée Abdelhak El Kadiri, ancien inspecteur général des Forces Armées Royales, a été admis en soins intensifs à l’hôpital militaire de Rabat pour des complications cardiologiques apprend LE1 de source bien informée.

Âgé de 82 ans, le général Abdelhak El Kadiri a été, entre 1983 et 2001, directeur général de la DGED, service du renseignement extérieur marocain. Son état de santé est jugé ce soir «critique» selon ces mêmes sources.
Né en 1936 à El Jadida dans une famille adepte de la Zaouia Kadiria, il a fait ses classes primaires et secondaires au Collège Impérial aux côtés du Prince Moulay Abdellah.

Diplômé de Saint-Cyr et faisant partie de la célèbre Promotion Mohammed V qui a vu également éclore d’éminents officiers supérieurs tels les généraux Benslimane, Bennani, Loubaris et Achahbar, Abdelhak El Kadiri a intégré les FAR au lendemain de l’indépendance.

Aide de camp et proche collaborateur du Roi Hassan II au sein de la Maison Militaire du défunt souverain, il va ensuite diriger, durant presque 20 ans, la DGED au lendemain de la disparition du général Ahmed Dlimi dans un accident de la route à Marrakech, avant de se voir confier l’inspection générale des FAR en 2001.

Général 4 étoiles, homme de dialogue et d’écoute, fin négociateur, le général Abdelhak El Kadiri est unanimement apprécié et respecté au sein des FAR ainsi que par l’ensemble de la classe politique.

 

#Le1Facts : le 7 avril 1956, le général Franco rétrocède la zone nord du Maroc

Il y a 61 ans, le 7 avril 1956, près d’un mois après la France (2 mars), le Maroc recouvrait sa souveraineté sur la zone nord occupée par l’Espagne.

#LE1FACTS