Mohamed Ben Salmane

Crise du Golfe : Trump casse le blocus du Qatar, Mohammed VI grand gagnant

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Deux ans se sont écoulés depuis l’éclatement de la crise du Golfe. Un conflit inutile qui a brisé ce qui subsistait encore comme liens historiques entre les pays de l’axe sunnite. Il a fallu attendre l’arbitrage du président américain, au lendemain de la visite officielle de l’émir du Qatar à la Maison Blanche pour mettre fin au blocus. Tamim Ben Hamd Al-Thani qui a fait preuve d’une formidable résilience, a profité de ce déplacement pour abattre ses cartes gagnantes qui ont fait basculer la situation en sa faveur. MBZ, furieux, n’a pas eu le choix que de baisser la tension envers le Qatar, mais il semble être déterminé à se rattraper sur d’autres sujets. MBS est fragilisé comme jamais. Son premier réflexe a été de déployer des marines américains sur le sol saoudien pour sécuriser son imminente intronisation.
Dans ce bourbier, le roi Mohammed VI a été l’un des rares leaders aux côtés du Sultan Qabus à s’attacher aux principes d’indépendance et de neutralité. Et ce, malgré l’usage systématique par les protagonistes de différentes formes de pression, campagnes médiatiques, chantage budgétaire et ingérence dans la politique interne du pays. Une ténacité et une détermination qui ont eu raison des rêves hégémoniques et destructeurs des frères ennemies du Golfe.

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MBS au Pakistan, en Inde et en Chine : Une course aux alliances sur un tapis de pétrodollars

Boudé par l’Occident, le Prince héritier de l’Arabie Saoudite, Mohamed Ben Salmane, après avoir effectué une tournée dans certains pays arabes, a mis le cap sur l’Asie où il a entamé une tournée qui le conduit notamment au Pakistan, en Inde et en Chine. Il est arrivé dimanche à Islamabad au Pakistan où il a été reçu avec les honneurs par le Premier ministre Imran Khan. MBS s’est envolé le lendemain pour l’Inde où il a rencontré le chef du gouvernement Narendra Modi. Il se rendra ensuite en Chine. Deux courtes escales prévues en Indonésie et en Malaisie ont été annulées. Les autorités de Djakarta et de Kuala-Lampur, traditionnellement amies, l’ayant quasiment considéré persona non grata.

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Israël-Pays arabes : Un réchauffement des relations qui augure d’une scission dans les rangs

Les liens commerciaux, sécuritaires et culturels entre Israël et plusieurs pays arabes ne sont un secret pour personne. Ces derniers mois, plusieurs Etats ne cachent plus leur volonté de normaliser leurs relations avec ce pays, créé sur le territoire palestinien. Face à la menace iranienne, plusieurs régimes arabes sont prêts à joindre leurs efforts à ceux d’Israël pour faire front commun. Pour cela, ils doivent convaincre leurs populations, ce qui n’est pas gagné d’avance car, durant des années, ils se sont évertués à diaboliser le régime sioniste pour s’assurer la mainmise sur le pouvoir souvent autoritaire.

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Succession en Arabie Saoudite : La Russie met en garde contre les ingérences américaines

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La Russie voit d’un mauvais œil la campagne contre son nouvel allié dans le Palais royal de Riyad, le Prince héritier Mohamed Ben Salmane. Elle a mis en garde les Etats-Unis contre toute ingérence dans la succession royale saoudienne par la voix de l’envoyé spécial de Vladimir Poutine au Moyen-Orient, Mikhail Bogdanov, qui occupe également le poste de vice-ministre des Affaires étrangères. La Russie apporte ainsi de manière indirecte son soutien à MBS, objet d’une vive critique internationale après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays en Turquie.

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Disparition de Jamal Khashoggi à Istanbul : enlevé par les services secrets saoudiens ?

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Le célèbre journaliste et éditorialiste saoudien, Jamal Khashoggi, a disparu depuis la mi-journée du mardi. Entré au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul en début d’après-midi, il n’en est toujours pas ressorti plusieurs heures plus tard selon sa famille. Les autorités consulaires saoudiennes, qui ont confirmé sa présence durant la journée pour y régler des formalités administratives, affirment qu’il a quitté les locaux de la représentation consulaire de l’Arabie saoudite.

A cette heure, personne ne peut affirmer si Jamal Khashoggi est détenu par les autorités consulaires saoudiennes, ni si il est interrogé et encore moins s’il sera « libéré » ou autorisé à quitter les locaux du consulat.

Dans des déclarations à la presse turque, la compagne de Jamal Khashoggi a affirmé qu’elle n’a pas été autorisée à entrer avec lui et que l’intéressé aurait été contraint de laisser son téléphone portable à l’entrée de la représentation consulaire.

Malgré les critiques acerbes qu’il a adressées à son gouvernement, Jamal Khashoggi n’est pas considéré comme un subversif. Bien au contraire, il a constamment exprimé son amour pour son pays et son désir de rentrer, réitérant constamment sa conviction que l’Arabie saoudite pourrait et devrait faire mieux en termes de réformes. Mais de nombreux de ses amis et proches collaborateurs proches ont été arrêtés et empêchés de quitter le pays. Connu pour être une parole libre qui n’a eu de cesse de critiquer l’action du prince héritier Mohamed Ben Salmane et les campagnes d’arrestation dans son pays, Jamal Khashoggi demeure une figure médiatique très connue dans le monde arabe.

D’autre part, la justice et la police turques se sont immédiatement saisies de l’affaire et enquêtent sur la disparition du célèbre journaliste saoudien.

Selon plusieurs informations non recoupées, Jamal Khashoggi serait « déjà arrivé en Arabie saoudite après avoir été kidnappé au Consulat général d’Arabie saoudite à Istanbul par les services secrets du royaume» mais aucune source indépendante ou autorisée ne peut confirmer cela, sachant que le dossier est désormais entre les mains du procureur général turc.

L’agence de presse saoudienne explique dans une dépêche laconique qu’elle a récupéré un dissident via Interpol. Mais aucune indication ne confirme s’il s’agit de Jamal Khashoggi ou d’une autre personnalité.

Si la thèse de l’enlèvement est confirmée, une crise diplomatique majeure est susceptible d’éclater entre Ankara et Riyadh.

Jamal Khashoggi, 58 ans, avait quitté son pays en septembre 2017 et s’était installé dans la capitale britannique, Londres.

Le général Qasem Soleimani s’envole pour Baghdad pour tenter de sauver la coalition pro-Téhéran

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La victoire aux législatives irakiennes de la liste proche du dignitaire chiite Moqtada al-Sadr a secoué les arcanes du pouvoir en Iran. Car contrairement à la plupart des autres courants chiites en Irak, Moqtada al-Sadr est loin d’être considéré comme un allié de l’Iran. Bien au contraire, ce trublion de la vie politique de l’Irak a toujours vivement critiqué l’ingérence des Perses dans la chose intérieure de son pays, lui le fervent partisan d’un réel non-alignement. Le silence iranien après la communication des résultats préliminaires, notamment après le sévère revers subi par leur principal allié Nouri al-Maliki, n’a pas duré trop longtemps. Téhéran a dépêché sur place le commandant-en-chef de ses troupes en Syrie, le général général Qasem Soleimani, en vue de tenter de sauver ce qui peut encore l’être et chercher à négocier la constitution d’une nouvelle coalition qui permette de sauvegarder les intérêts de l’Iran en Irak.

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Rapprochement irano-saoudien par Irak interposé

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L’éminent dignitaire chiite irakien, Moqtada al-Sadr, est en visite en Arabie saoudite. Accueilli par le ministre d’Etat saoudien aux Affaires du Golfe, Thamer al-Subhan, il a été reçu illico par le puissant prince héritier Mohamed Ben Salmane, nouvel homme fort du royaume depuis l’éviction de Mohamed Ben Nayef. Les relations entre l’Irak et l’Arabie saoudite sont brouillées depuis 1990. Elles se sont davantage compliquées depuis l’emprise iranienne sur le pays suite à la chute du régime de Saddam Hussein. Cette visite pourrait conduire à un renforcement des relations irako-saoudiennes, notamment après la récente réouverture de deux postes frontières fermés depuis plus de 20 ans. Il s’agirait aussi d’une avancée positive dans les relations politiques entre les deux pays à la lumière de la récente proximité entre Téhéran et Doha qui ne cesse d’irriter Ryadh. Moqtada al-Sadr s’est ainsi déplacé en Arabie saoudite en tant qu’éclaireur pour tâter le pouls politique et baliser le terrain en vue d’une normalisation entre les deux grands pays du Moyen-Orient et, pourquoi pas, à terme, renouer le dialogue entre saoudiens et iraniens.


C’est sur invitation officielle du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane, que le chef chiite irakien Moqtada al-Sadr est arrivé dimanche à Ryadh. Cette visite intervient suite à après l’annonce par l’Arabie saoudite de soutenir Baghdad dans sa lutte contre le «terrorisme», notamment après la chute de Mossoul.

Le vice-Roi et Serviteur des Lieux Saints adjoint en l’absence de son père le Roi Salmane qui se trouve en villégiature à Tanger, au Maroc, est désormais l’interlocuteur privilégié des dignitaires de ce monde, raison pour laquelle la réunion qu’il a eue avec Moqtada al-Sadr a vu l’examen des relations entre les deux pays dans leur ensemble et à bâtons rompus, sans ordre du jour précis, notamment sur les sujets à caractère militaire, de renseignement et de sécurité.

La visite de Moqtada al-Sadr en Arabie saoudite intervient à un moment critique dans les relations entre les composantes des différents pays du Golfe et la poursuite du blocus imposé au Qatar, depuis le 5 juin, par l’Arabie saoudite, le Bahreïn et les Émirats arabes unis.

Personne ne sait si l’Irak tient à jouer un rôle de médiateur ou d’intermédiaire dans la résolution de ce problème, aucune communication dans ce sens n’ayant été publiée, mais il est nécessaire de rappeler que Baghdad avait ouvert son espace aérien aux avions qataris suite à la fermeture de celui des pays du blocus.

Ryadh et Baghdad ont redoublé d’efforts ces derniers temps pour améliorer leurs relations bilatérales. D’ailleurs, la visite de Moqtada al-sadr intervient un mois après celle du Premier ministre irakien Haider al-Abadi, également chiite, alors l’Arabie saoudite n’a cessé de dénoncer l’«ingérence» de l’Iran chiite dans la région. Téhéran, proche du Qatar honni par Ryadh, n’a officiellement pas encore réagi à cette visite et demeure vigilante et attentive à ces mouvements pour ne pas perdre de son influence sur la région du «croissant chiite» qu’elle a bâtie durant des décennies. Il n’est cependant pas à écarter que ces navettes de hauts dirigeants irakiens en Arabie saoudite soient l’œuvre de bons offices à l’initiative de Baghdad en vue d’une normalisation des relations entre Ryadh et Téhéran, combien même l’Iran n’a de cesse de fustiger le «régime wahhabite rétrograde» qui officie en Arabie saoudite.

Abdellah El Hattach