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Naftali Bennett veut faire d’Israël le noyau d’un bouclier mondial contre les menaces de cybersécurité

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Alors que l’affaire Pegasus occupait les Unes des principaux médias internationaux, Tel-Aviv organisait une conférence internationale sur la cybersécurité à laquelle ont participé des officiels israéliens notamment le nouveau premier ministre Naftali Bennett. Ce dernier a révélé, ce mercredi, lors de son intervention, qu’Israël mettait en place un «bouclier mondial en réseau» au sein duquel les gouvernements partenaires du monde entier étaient invités à collaborer en temps réel pour identifier les attaques de cybersécurité, donner l’alerte et collaborer à l’élaboration de solutions. La #Cyberweek2021 de Tel-Aviv est une opération minutieusement orchestrée pour blanchir le nouveau gouvernement israélien, d’alourdir le passif de Netanyahu et de libérer Israël de la pression médiatique mondiale de l’affaire Pegasus.

La Cyberweek, conférence internationale annuelle sur la cybersécurité organisée à l’Université de Tel-Aviv lancée ce lundi 19 Juillet ne pouvait pas mieux tomber. La veille au soir, «Forbiden Stories» et 16 grands médias internationaux mettaient en ligne des supposées analyses de 50.000 numéros de téléphones qui auraient été infectés par le malware Pagasus développé par la firme israélienne NSO.

Au lieu de s’en embarrasser, le gouvernement israélien est passé à l’attaque. Pour le nouvel exécutif, NSO c’est de l’histoire ancienne. Une carte brulée, sacrifiée et affectée au passif de Netanyahu. Les services de renseignement de l’Etat hébreux ont eu tout le temps nécessaire pour gérer l’exposition médiatique de sa pépite technologique et mettre en place une nouvelle stratégie cybernétique plus inclusive.

L’anticipation d’Israël de la pression médiatique internationale s’est matérialisée d’une part par la formalisation de la coopération sur la cybersécurité avec le Maroc et l’Arabie Saoudite quelques jours seulement avant la mise en ligne des révélations de «Forbiden Stories» et d’autre part, le choix de la date de la tenue de la Cyberweek de Tel-Aviv. Sachant que les anciennes éditions de l’évènement se tenaient plus tôt, la dernière semaine de juin.

Article Haaretz incriminant Netanyahu – «Où Bibi est allé, NSO a suivi : Comment Israël a poussé les ventes de cyber-armes»

15 juillet 2021 – Signature d’un accord de coopération dans le domaine de la cyberdéfense,

17 Juillet 2021 – Israël autorise un groupe de sociétés de cybersurveillance à travailler pour le gouvernement d’Arabie saoudite

CyberWeek2018 : 17-21 juin

CyberWeek2019 : 23-27 juin

Israël montre patte blanche et invite à une collaboration mondiale contre les cybermenaces

Alors que les panelistes invités ce lundi à la #CyberWeek2021 se tenaient dans leurs interventions respectives au programme de la conférence en dépit de l’excitation médiatique mondiale au sujet de l’affaire Pegasus, seule la Cheffe du National Cyber ​​​​Security Center du Royaume-Uni, Lindy Cameron, a profité de la présence du ministre israélien de la Défense Beni Gantz pour crever l’abcès et évoquer publiquement le sujet.

« Nous assistons maintenant à un phénomène de pays qui n’ont pas de capacités élevées et sont capables de l’acheter, avec moins de contrôle direct sur l’impact direct et indirect de leurs activités », a déclaré la responsable britannique faisant allusion à la technologie NSO vendue à plusieurs pays à travers le monde.

« Nous pensons que les cybermenaces auxquelles nous sommes confrontées sont des menaces mondiales. Il est important que tous les cyberacteurs utilisent leurs capacités de manière légale, responsable et proportionnelle pour garantir que le cyberespace reste un espace sûr et prospère pour tous. Et nous travaillerons avec nos alliés pour garantir cette.» a-t-elle souligné.

Beni Gantz sera obligé de répondre à l’allusion faite par la responsbale britannique et annoncera qu’Israël « étudiait » les publications des médias sur la société NSO. «Nous approuvons l’exportation de produits cybernétiques uniquement vers les gouvernements et uniquement à des fins légales et pour la prévention du crime et du terrorisme», a-t-il ajouté. Et de souligner «Les pays qui achètent ces systèmes doivent respecter les conditions d’utilisation».

Le lendemain, le premier ministre israélien Naftali Bennett s’invitera à la conférence et déroulera la nouvelle stratégique bienveillante de son pays face aux cybermenaces.

Naftali Bennett va entamer son intervention par alerter des dangers des cyberattaques qui sont entrain de remplacer les soldats et et les avions, soulignant qu’elles sont désormais « l’une des plus grandes menaces pour la sécurité nationale et le monde entier » .

«Si dans le passé, un pays malveillant devait, pour mener une offensive, envoyer un avion avec des soldats et des bombes, aujourd’hui le meilleur moyen est une cyberattaque. Tout ce qu’il faut, ce sont des cerveaux, des connaissances, de l’expérience et une bonne connexion Internet. C’est facile», a-t-il affirmé.

Il va ensuite révéler qu’Israël mettait en place un « bouclier mondial en réseau » au sein duquel des gouvernements partenaires du monde entier collaboreront en temps réel pour identifier les menaces de cybersécurité, ainsi qu’alerter et travailler ensemble pour développer des solutions.

Il s’agira d’un « réseau de défense mondial en ligne et en temps réel », a-t-il déclaré Bennett. « Nous invitons tous les pays bien intentionnés partageant les mêmes idées à unir leurs forces. »

Face aux cybermenaces, ce réseau mondial « alertera, enquêtera et développera conjointement un antivirus et le diffusera dans tous les pays membres du réseau. Unis, nous nous tenons debout, divisés, nous tombons », s’est-t-il exclamé.

Pour contrer ce nouveau danger, le Premier ministre a estimé que le marché privé et le gouvernement devaient s’unir.

«Le nouveau réseau fonctionnera de la même manière que la Direction nationale de la cybersécurité d’Israël, en charge de la cyberdéfense nationale. Celle-ci travaille avec le secteur privé et d’autres entités gouvernementales afin d’aider à défendre la nation contre la menace croissante de cyberattaques», a-t-il expliqué.

Et de rajouter, «En Israël, nous avons des jeunes gens très intelligents qui s’engagent dans l’armée, dans le domaine du renseignement à un très jeune âge, et sont ensuite “jetés” dans la société israélienne avec d’énormes capacités. J’étais l’un d’entre eux il y a 29 ans

«En tant que pays, nous devons nous protéger. Nous avons donc créé le seul cyberorganisme national au monde, dont le rôle est de surveiller toutes les industries en Israël – eau, électricité, etc., et cette autorité est également responsable du marché privé», a martelé le Premier ministre israélien.

Le cyber hiver est là

Selon The Time of Israël, Yigal Unna, chef de la Direction nationale israélienne de la cybersécurité et signataire du partenariat sur la cyberdéfense avec le Maroc, qui a prévenu l’année dernière que « le cyber hiver arrivait », a déclaré mercredi lors de la conférence que « le cyber hiver est là ».

« Les menaces proviennent de tous les fronts », a-t-il alerté, et les cyberattaques sont en augmentation. « Il nous reste encore à découvrir à quel point cet hiver sera rude, mais oui, nous y sommes ».

Une entreprise sur cinq en Israël a été victime d’une cyberattaque en 2020, indique le responsable israélien. La moitié d’entre elles étaient des entreprises de haute technologie, et près de 42 % étaient de grandes entreprises. Une entreprise sur 30 a signalé des pertes dues à des cyberattaques en 2020, et « 2021 s’annonce encore pire », a-t-il déclaré.

Israël coopère aujourd’hui en matière de cybersécurité avec 90 pays, a-t-il révélé.

Le secteur de la cybersécurité israélien a levé 3,4 milliards de dollar en 2021, soit 41 % du total des levés au niveau mondial.

Au premier semestre 2021, rapporte The Times Of Israël, les entreprises de cybersécurité israéliennes ont levé 3,4 milliards de dollars à travers 50 transactions. Sept de ces sociétés sont devenues des licornes, évaluées à plus d’un milliard de dollars, selon la Direction nationale israélienne de la cybersécurité.

L’argent levé au cours des six premiers mois de cette année dépasse la somme récoltée par les startups israéliennes de cybersécurité au cours de l’année dernière – qui était déjà un record, avec 2,9 milliards de dollars, révèle la même source. Le chiffre semestriel représente 41 % du total des fonds levés par les entreprises de cybersécurité dans le monde, et représente trois fois le montant levé au cours de la même période un an plus tôt.

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