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Législatives au Maroc : frappe chirurgicale de haute précision dans un contexte régional explosif

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Du plus haut sommet de l’Etat en passant par de simples citoyens, le constat était unanime: «l’offre politique marocaine est faible». Le lancement du processus électoral a placé le Maroc durant des mois dans l’expectative et la crainte de l’incapacité des acteurs politiques de faire le job. Mais étonnamment, la victoire écrasante de Aziz Akhannouch dans le scrutin du 8 septembre a apporté soulagement et apaisement. De plus, la déconfiture inattendue du PJD a été accueillie avec une grande satisfaction par l’ensemble des marocains. Et pour cause, en plus d’avoir été pris en flagrant délit de mensonge et de manipulation, le parti dit islamiste, porté par le printemps arabe, avait fini par démanteler ce qui restait du fragile équilibre du paysage politique marocain, dans sa quête prédatrice du pouvoir.

Pendant ce temps là, la planète a accéléré le pas vers l’inconnu. L’hyperpuissance américaine a mis en branle sa grande artillerie pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial : recadrage du Moyen-Orient, des relations américano-israéliennes et des accords d’Abraham, réhabilitation des talibans, marginalisation de l’Union Européenne, domination informationnelle et logistique de la crise du Covid et, last but not least, déclaration d’hostilité directe envers la Chine. Quand on superpose ces calques géopolitiques et sécuritaires et qu’on y rajoute l’état d’hystérie et de rage de la France après le plus grand affront jamais infligé à ce membre du conseil de sécurité par les États-unis, l’éjectant de tout influence militaire et d’intelligence du Pacifique, on ne peut que reconnaitre que la tenue des élections marocaines était en elle-même une grande prouesse. Le Maroc aurait pu réagir comme son voisin et mettre le pays sous cloche. Il ne l’a pas fait, sachant que tout le poussait à le faire. En effet, alors que le scrutin battait son plein, Paris était prête à incendier le Maghreb. «Vous m’avez éjecté du Pacifique, je vais vous éjecter de mon Maghreb !». En une semaine, la Tunisie s’enfonce dans l’inconnu, le processus démocratique libyen se gèle, des routiers marocains sont tués au Mali, les mercenaires de Wagner s’invitent au Sahel avec la bénédiction de l’Elysée, Alger et Paris se laissent couler des petites larmichettes sur les harkis et lancent conjointement une série d’attaques hostiles contre les intérêts économiques marocains visant entre autres l’OCP et la RAM.

Les législatives au Maroc ont été menées telle une frappe chirurgicale de haute precision. La hauteur de la monarchie a été déterminante pour ne pas précipiter le pays dans une hyperfebrilité improductive le préservant du scénario sanguinaire égyptien et de la dilettante suicidaire tunisienne. Il faut reconnaitre aussi, que Aziz Akhannouch a réussi tant bien que mal le pari de la constance durant cette campagne électorale à haut risque. Cela a été déterminant.

Les rangs resserrés, la cohérence retrouvée, le mélanome Benkirane extirpé, les marocains ont tout à gagner en faisant confiance à leurs institutions, car la guerre de survie ne fait que commencer.

Aziz Akhannouch a fait le job

Loin des commentaires puérils des bisounours et des herbivores de la politique, la Maroc à travers Aziz Akhannouch a réussi l’essentiel. Le personnage a finalement été capable de dérouler une campagne électorale dans la constance et sans écarts significatifs. Son poids dans l’appareil de l’Etat, son réseau de femmes et d’hommes et ses moyens financiers ont permis de mettre fin à toutes les tergiversations qui avaient altéré durant une décennie la construction d’une coalition gouvernementale cohérente et resserrée.

Akhannouch n’a pas eu que des cadeaux. Des medias outlets dits proches du deep state à l’image de Barlmane.com n’ont pas cessé de mettre en doute sa capacité à former un gouvernement. Abdellatif Ouahbi, Secrétaire général de la deuxième formation politique du Royaume a eu des mots très durs et parfois très graves à l’encontre de celui qui deviendra après son Chef de gouvernement.

 

De plus, Akhannouch est parti à la conquête de la chefferie du gouvernement avec un parti démembré. Mis à part les technocrates, Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Benchaaboun et Nadia Fettah, tous les anciens ministres du RNI étaient complètement «cramés». Malgré cela, il les a impliqués dans la campagne à l’image de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid.

Aziz Akhannouch a réussi également à désactiver le roi du blocage et de l’incohérence des alliances politiques, à savoir Driss Lachgar, SG du parti de l’USFP. Le nuisible trouble fête et maître chanteur a capitulé après le dramatique suicide d’un de ses anciens lieutenants Abdelouahab Belfquih.

Le nouveau Chef de Gouvernement sera-t-il à la hauteur de la fonction ? Pourra-t-il naviguer dans les eaux troubles d’un monde devenu très dangereux ? Réussira-t-il à preserver la confiance de la monarchie ? Le temps nous le dira.

Bataille économique et bataille sécuritaire

La faillite des états est devenue la nouvelle manifestation de l’expression du malaise géopolitique mondial. Si, durant la vague du printemps arabe, le soulèvement de la rue était le point culminant des stratégies de ruptures ciblant des régimes en particulier, aujourd’hui c’est la banqueroute couplée à un vide institutionnel chronique qui placent une région du monde sous haute tension.

Deux pays sont actuellement en mode faillite dans le laboratoire du nouvel ordre mondial, le Liban et la Tunisie. Leur spectre plane sur l’ensemble des pays émergents dont les économies ont connu un arrêt brutal à cause du Covid. Le voisin algérien n’est pas mieux loti. La crise économique et institutionnelle est telle que le pays vit sous le risque d’une implosion imminente. D’ailleurs plusieurs rapports internes algériens prévoient un afflux massif de migrants algériens vers la frontière est marocaine en cas de la chute du régime.

Côté marocain, la tache reste très importante également. Au delà du renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique, le gouvernement Aziz Akhannouch aura la lourde mission de relancer une économie très affaiblie par la crise sanitaire.

Une bataille économique qui s’inscrit dans un nouveau jeu d’alliance stratégique du Royaume. Repositionné dans l’échiquier international, le Maroc est passé à un mode dynamique de gestion de sa diplomatie et de sa souveraineté sur ses territoires.

Le rapprochement avec Israël est un fait indéniable. Un «Game Changer» qui n’est absolument pas au goût de l’Europe franco-allemande. Les fruits de cette dynamique ont été efficaces et immédiats: succès historique sur le dossier du Sahara, terrassement du polisario et du régime algérien, mise à niveau technologique et tactique décisive sur le plan militaire et de renseignement, négociation d’égal à égal avec se partenaires européens, etc.

D’ailleurs, il n’est pas anodin que la nouvelle ère Akhannouch soit synonyme de la nomination d’un nouvel inspecteur général des Force Armées Royales, en la personne du Général de Corps d’Armée, Belkhir El Farouk, en remplacement de Abdelfattah Louarak nommé après les élections de 2016.

Héros de la gestion de la crise de Guerguarat et architecte des manœuvres militaires avec les États-unis, «Africa lions 2021», Belkhir El Farouk incarne le marocain conquérant, intransigeant et décisif.

La déception française

Le pays qui se voit en 2050 le Liban de l’Europe et qui envisagerait de déporter 5 millions de musulmans s’ils ne changent pas de prénom n’a trouvé de bon durant les legislatives marocaines que de mettre en branle sa machine à salir. Même la chute du PJD ne semblait pas satisfaire le régime macronien, qui voit dans le succès du RNI un danger pour la stabilité du Maroc et dans le phosphate marocain un danger pour l’environnement mondial et dans l’accord de construction militaire avec Israël un danger sur ses intérêts en Algérie.

A sept mois des élections, Emmanuel Macron a pris l’affront anglo-saxon à l’encontre du poids de son pays dans l’échiquier international et le silence complice de la communauté internationale de manière très personnelle. Il ne cache plus qu’il utiliserait tous les moyens pour rétablir les rapports de forces, notamment en jouant les troubles fêtes au Maghreb et en Europe en attaquant les intérêts américains et britanniques dans notre région du monde.

Les américains ne semblent pas très pressés de calmer Emmanuel Macron. Ils tablent probablement sur sa défaite dans les présidentielles pour sceller les alliances occidentales en vue de l’affrontement imminent avec l’empire chinois.

«Nous reconnaissons que la réconciliation avec Paris prendra du temps et beaucoup de travail», a d’ailleurs déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à New York tenue cette semaine.

Les marocains ne comprennent absolument pas la posture condescendante de la France et sa haine envers leur pays.

Les marocains ne supportent plus et n’acceptent plus ces chantages médiatiques sales et basses, pratiques désuètes d’un autre siècle.

Nawfal Laarabi

Nawfal Laarabi

Intelligence analyst at UBERAL
Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist 20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.
Nawfal Laarabi

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