La Couv’ qui a fait trembler Saad Dine El Otmani

C’est le feu à la chefferie du gouvernement et à la maison du PJD depuis la publication du dernier numéro de L’Observateur du Maroc & d’Afrique. La couverture de l’hebdomadaire est sans équivoque. Une photo du Chef de Gouvernement habillant toute la page, la bavette qui pend, accrochée à son oreille gauche, et un titre assumé et en gros caractères : «Saâdeddine El Othmani : EST-IL ENCORE UTILE ?». La deuxième de couverture, laisse place à un édito du Directeur de la publication, Ahmed Charaï, qui plante le décor : «Coronavirus : Nécessité d’un commando».

Les Tarawihs s’écourtent, les Whatsapps grésillent et les paris sont lancés sur le successeur d’El Otmani. Pris de panique, ce dernier va se précipiter sur le clone raté de Benkirane, le SG de la jeunesse du parti, Khalid El Bouakri, pour structurer les éléments de langage d’un live Facebook programmé à la dernière minute.

L’entretien va confirmer l’état de fébrilité avancé de Saad Dine El Otmani qui durant 1h17 tentera de rassurer sa base, de recorriger ses énormités de ses précédentes sorties médiatiques et surtout d’envoyer des messages subliminaux à qui de droit, évoquant des paramètres contextuels et des contraintes constitutionnelles qui s’opposeraient à la formation d’un gouvernement d’union nationale ou de technocrates.

Ahmed Charaï ouvre son édito par une citation du philosophe romain Sénèque : «Il n’y a pas de bon vent, pour qui ne connait son cap ». Un avant goût sur le tir de mortiers qui va s’en suivre.

Après avoir dresser le sombre tableau qui attend les marocains en raison de «l’incompétence du gouvernement», le Directeur de publication va lancer une charge létale : «Ce gouvernement en est incapable, parce qu’il est englué dans des calculs politiciens, qu’il n’a pas les profils Idoines, que sa démarche est hasardeuse parce qu’elle ne vise pas uniquement l’efficience et que même elle sacrifie celle-ci pour d’autres objectifs.»

Lire aussi : Confinement : El Otmani désavoué par son propre gouvernement

Que faire alors? remanier et injecter du sang neuf ? déjà fais à 3 reprises. Lancer des élections anticipées ? Impossible avec la pandémie.

M. Charaï, suggère une sortie au pétrin économique et social dans lequel nous a engouffré Saad Dine El Otmani : «La solution c’est un gouvernement de technocrates pour deux ans, avec un seul objectif, sauver ce qui peut l’être, remettre l’économie en état de marche». Et de rajouter que les partis politiques devraient soutenir cette option, aller se préparer pour les élections de 2022.

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Dépassé et épuisé, El Otmani n’est pas le profil idoine pour palier au risque de l’effondrement économique

Malgré toute sa bonne volonté, son optimisme et ses efforts pour suivre ses dossiers, Saad Dine El Otmani a beaucoup de mal à faire face à l’ampleur de la crise.

El Otmani est épuisé, dispersé et complètement dépassé par les évènements. Et quand il veut jouer au pompier, il jette de l’huile sur le feu au lieu de l’éteindre. D’ailleurs, sa sortie de vendredi soir, confirme encore une fois ce malheureux constat :

  1. Sur le déconfinement, il a été incapable de présenter une stratégie ou un plan avec des dates et des mesures concrètes,
  2. Au sujet de la reprise des industries automobiles et aéronautiques, le Chef de Gouvernement a dressé un tableau noir assujetti d’une supposée impuissance totale du pays : «On ne peut rien faire pour le moment, il faut attendre le redémarrage des donneurs d’ordre étrangers» a-t-il dit,
  3. Date d’ouverture des cafés et restaurants : Il sait pas,
  4. Sauvetage de la RAM : pas évoqué,
  5. Reprise du travail : il ne sait pas,
  6. Marocains bloqués à l’étranger : Il n’a pas trouver mieux pour signifier qu’il n’a pas la main sur le dossier que dire : «Moi aussi j’ai des membres de la famille très proches qui sont toujours bloquée et je n’ai rien pu faire», – العذر أكبر من الزلة –
  7. Indemnités d’encouragement au personnel de santé : « C’est leur destin de se retrouver en première ligne »…

Puis la phrase qui va illustrer son épuisement et pire, son impuissance c’est quand il dit : « Au cas où Dieu nous amène la réussite «إلى جاب الله» dans cette deuxième phase (…) ça serait un autre accomplissement (…) pour pouvoir continuer cette bataille».

Deux choses l’une, ou bien El Otmani a encore raté sa sortie, ou bien la situation serait extrêmement inquiétante au point qu’il y perd son arabe.

Conseil de la rédaction : Achetez du mais et apprenez à fabriquer votre popcorn fait maison et lisez Sénèque, le stoïque Précepteur de Néron, car les semaines et les mois qui viennent seront croustillantes et probablement mouvementées.

Nawfal Laarabi

Nawfal Laarabi

Intelligence analyst at UBERAL
Social media strategist / Intelligence analyst. 20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.
Nawfal Laarabi

2 Comments

  1. Bel article sauf qu’avec moins de fautes d’orthographe, il serait top….
    Il faut rappeler à ce messire que le masque soit on le met sout on ne le met pas ….mais qu’il pende aibsi c’est dégueulasse ,surtout d’un premier ministre qui doit donner l’exemple à 40 millions de personnes qui le regardent….pffff la bêtise humaine !

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