Art & Diplomatie - Page 2

Grand coup de pub de Facebook pour Bassem Youssef

Après l’arrêt de sa célèbre émission «Al-Bernameg» (l’Émission) dont la diffusion a duré 3 ans, Bassem Youssef, qui s’est exilé aux États-Unis, frappe un grand coup en diffusant un live depuis le siège social de Facebook à Los Angeles.

Les menaces de mort et les pressions exercées par le gouvernement du président Abdel Fattah al-Sisi soutenu par l’armée, l’ont contraint à fuir le Caire. Maintenant âgé de 43 ans, Bassem Youssef, surnommé le «Jon Stewart d’Egypte», chirurgien cardiaque de son état, suit des cours de théâtre, organise des rencontres avec des agents et des producteurs, travaille à son élocution, écrit des scénarios et cherche à se réinventer dans une nouvelle vie aux États-Unis.

Durant cet exil forcé, Bassem Youssef a publié un livre en anglais intitulé «Révolution pour les nuls» – un condensé de satire et de mémoires du printemps arabe. Il est ensuite le héros d’un documentaire sur son expérience dans les médias en Égypte, “Tickling Giants” (Chatouillement des géants), réalisé par la productrice du “The daily Show” de Jon Stewart, Sara Taksler.

«Tout m’a été enlevé chez moi, chez mes parents, au travail, dans le succès, je me retrouve un paria», dit-il. «C’est très frustrant de voir la destruction de mon pays, la destruction de son économie, sa structure sociale, la destruction de la compassion et de l’empathie pour défendre ses droits, la destruction des libertés et l’une des meilleures générations que l’Egypte ait jamais connues. La destruction de l’esprit égyptien.»

Bassem Youssef a animé en 2017 l’émission «Democracy Handbook», une émission de la chaîne américaine Fusion. Il a sillonné les Etats-Unis et commenté la vie politique du pays avec le sens de la formule, le regard de l’étranger, des meetings de campagne de Trump aux politiques d’immigration américaines.

Aujourd’hui Bassem Youssef se lance dans des podcasts décalés qu’il a intitulés : “Remade in America with Bassem Youssef”. Des émissions où il raconte les histoires de personnes qualifiées d’outsiders qui ont réussi à se construire en dehors des sentiers battus.

Dans les questions-réponses de ce live Facebook, Bassem Youssef avoue ne pas pouvoir retourner en Egypte, de peur de ne plus pouvoir en sortir.

«Estimrariya», un court-métrage qui rend hommage au Cheikh Zayed Ben Soltane

La ville d’Abu Dhabi, capitale des Emirats arabes unis, a abrité la projection en avant-première du court-métrage «Estimrariya», qui signifie Continuité en arabe, qui rend hommage à l’héritage du père fondateur de la nation, le Cheikh Zayed Ben Soltane Al-Nahyane. Ecrit et dirigé par Ullas R Koya, ce court métrage de six minutes, met en vedette le Dr. B. R. Shetty un homme d’affaires et philanthrope indien de renom.

Lire ici

Doha : Lalla Hasna assiste à un dîner aux allures royales

Le Palais princier de Doha, résidence officielle de la famille régnante Qatarie, a accueilli dimanche soir un grand dîner festif en l’honneur des participants à la cérémonie d’inauguration de la Bibliothèque nationale du Qatar qui aura lieu ce lundi.

En présence de plusieurs têtes couronnées et hauts responsables des quatre coins de la planète, dont l’ancien président français Nicolas Sarkozy et l’ancien chef de l’Etat turc Abdullah Gül, la princesse Lalla Hasnaa, en véritable guest-star, a attiré vers elle tous les regards par sa prestance royale doublée d’une simplicité forçant le respect.

Accueillie à l’entrée du Palais princier par la “reine-mère” Cheikha Moza Bent Nasser Al-Missned, Lalla Hasnaa a été saluée par la suite par l’hôte de la cérémonie, l’émir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad al-Thani qui était accompagné de son père, l’émir Hamad Ben Khalifa al-Thani.

La princesse Lalla Hasnaa était arrivée samedi à Doha où elle a été accueillie à l’aéroport par Cheikha Al-Mayassa Bent Hamad Ben Khalifa al-Thani, présidente du Conseil des conservateurs des musées du Qatar, sœur cadette de l’émir du Qatar.

Sur les chemins des phosphates : Un pan de l’histoire du Maroc contemporain

Le film-documentaire de fiction “Sur les chemins des phosphates”, qui retrace les convoitises européennes sur le Maroc depuis le XIXè siècle jusqu’au recouvrement par le Royaume de son indépendance, a été projeté lundi soir à Rabat. Mohammed Nadrani, militant de gauche, natif de Khouribga, a immortalisé dans ce docu-fiction de 85 minutes, coréalisé avec Malika El Manoug, la lutte ouvrière marocaine dans les mines de phosphates de Khourigba. Il a choisi le 7ème art pour nous replonger dans l’histoire contemporaine du Maroc mêlant réalité, de par son propre vécu et celui de sa famille, et fiction. Une fiction pour éclairer un pan de l’histoire sorti des galeries obscures des gisements de phosphates de Khouribga.


Dans l’entretien accordé à le1.ma, Mohammed Nadrani revient sur ce travail de mémoire et ses projets.

Le1.ma : D’abord comment vous est venue l’idée de traiter un tel sujet ?

Mohammed Nadrani : Ah l’idée ! Elle était là parce que j’habitais à Khouribga d’une part. J’ai passé toute mon enfance à Khouribga, j’ai étudié à Khouribga, j’ai eu mon Bac à Khouribga et j’ai milité aussi à Khouribga. En même temps, mon père était un mineur, il a travaillé dans les galeries de Khouribga.

Le1.ma : Toute la famille est baignée dans le phosphate…

Mohammed Nadrani : Absolument.

Le1.ma : Votre documentaire est en en quelque sorte un hommage

Mohammed Nadrani : C’est un hommage mais surtout et d’abord un vécu parce que j’ai continué à avoir des racines et des liens avec Khouribga et, en même temps, c’est un hommage que j’ai voulu rendre à Khouribga, tout simplement par ce qu’elle nous vus grandir et parce qu’elle a nous nourris et en même temps notre vie était façonnée en quelque par cette culture minière. Il fallait donc lui rendre cet hommage et revenir pour lui dire merci de nous avoir tant donné ; et maintenant c’est à nous de parler de Khouribga et de faire parler d’elle.

Le1.ma : A travers votre docu-fiction, vous avez remonté le fil du temps d’un Maroc convoité par les puissances coloniales de l’époque

Mohammed Nadrani : Tout a commencé par la Conférence d’Algésiras en 1906 qui donnait en fait le droit à toutes les puissances signataires de l’acte éponyme d’investir au Maroc et avaient un certain contrôle sur tous les ports du Maroc et en même temps sur les richesses du royaume. La France a su, à travers le génie du Général Hubert Lyautey, s’accaparer du phosphate et a mené une campagne terrifiante et sanglante, d’abord avec le bombardement de Casablanca (ndlr : du 5 au 7 août 1907) et par la suite la campagne de la Chaouia parce qu’il y avait une forte résistance appuyant la révolte des tribus matée par le Général Albert d’Amade. Mais il y avait aussi la voie ferrée qui était une voie militaire au début pour l’approvisionnement des troupes pour devenir économique avec son prolongement jusqu’à Oued Zem. Ce prolongement s’est fait durant la première guerre mondiale au moment où l’Europe était en train de s’entredéchirer. Ce n’était donc pas un hasard. Au contraire, les Français voulaient arriver jusqu’au plateau de Ouled Abdoun où ils savaient qu’il y avait des réserves et des gisements importants de phosphates. Et comme il y avait d’autres pays signataires, la France n’était pas donc la seule à avoir le droit de l’exploitation des phosphates.

Le1.ma : Qu’est ce qu’ils ont fait ?

Mohammed Nadrani : C’est là où intervient le génie du Général Lyautey en faisant en 1920 de l’Office chérifien des phosphates (OCP) une propriété du Makhzen. De cette manière là, ce n’était pas la France qui exploitait directement les phosphates mais par l’intermédiaire du pouvoir central à l’époque qui était sous le protectorat français. Par ailleurs, en exploitant les gisements de phosphates, la France a créé une ville, la capitale des phosphates qui contenait aussi une réserve très importante d’ouvriers. C’était la citadelle de la classe ouvrière.

Le1.ma : Qui dit phosphates dit classe ouvrière et luttes ouvrières..

Mohammed Nadrani : Effectivement, ces luttes ouvrières existaient et s’étaient affirmées grâce aussi à la coopération et le mélange avec les Européens . Surtout qu’il y avait des cadres et des militants syndicalistes appartenant soit à la CGT soit au parti communiste à l’époque. Ils jouaient un rôle de sensibilisation et de conscientisation des ouvriers sans oublier le mouvement de 1936 en France qui a joué un grand rôle dans la radicalisation de la classe ouvrière. Et avec cette radicalisation, les syndicalistes français ont perdu le contrôle et ont été dépassés ; et les revendications sociales sont devenues de plus en plus radicales conduisant à des luttes héroïques pour la revendication du retour du Roi, Feu Mohammed V. Surtout lors du deuxième anniversaire de son éloignement les 20 et 21 août 1955 qui a pesé énormément dans l’indépendance du pays.

Le1.ma : Pour faire ce documentaire, cela demande un travail de recherche de fourmis, combien de temps cela à vous a pris ?

Mohammed Nadrani : Effectivement, il ya eu un travail de recherche de longue haleine et je peux vous dire que cela m’a pris quatre ans de travail et deux ans de production pour tout finaliser.

Le1.ma : Et qu’est-il du budget ? Avez-vous bénéficié d’aide ?

Mohammed Nadrani : Nous avons déposé le film auprès du Centre cinématographique marocain pour une aide après production qui nous a été accordée.

Le1.ma : Et qu’est-il de l’OCP ? Vous l’avez approché ? Surtout qu’OCP Policy Center fait un remarquable travail de production intellectuelle et cela pourrait enrichir sa médiathèque.

Mohammed Nadrani : L’OCP ? Pourquoi pas, j’espère bien. Je suis ouvert à toutes les propositions. En tout cas c’est aussi leur histoire, l’Histoire de l’OCP.

LE1.ma : Comment a été reçu et perçu votre documentaire par le public ?

Mohammed Nadrani : Franchement, les gens étaient satisfaits et émus. Toutefois le parfait n’existe pas. On a toujours l’ambition de faire mieux mais quand-même les gens étaient généralement satisfaits du travail accompli. Je dois vous rappeler que je n’étais pas seul à travailler sur ce film. J’ai travaillé avec Malika El Manoug que je salue au passage par le biais de votre site. Elle s’est beaucoup investie sur ce projet et n’a lésiné sur aucun moyen pour le faire naître.

LE1.ma : Pour le mot de la fin, avez-vous un autre film en gestation sur la mémoire collective ?

Mohammed Nadrani : Oui tout à fait. J’ai déposé au Centre Cinématographique Marocain le scénario d’un film sur la guerre du Rif et Abdelkrim El Khattabi. Nous l’avons défendu mais il n’a pas été retenu ; on va le redéposer pour la deuxième session prévue pour le 5 mai prochain.

Après son baccalauréat de Lettres modernes, Mohamed Nadrani entreprend des études de philosophie à l’université de Rabat. Militant d’extrême gauche, il sera incarcéré à l’âge de 22 ans à Agdz et Kalaât Mgouna où il y passera 9 ans du 12 avril 1976 jusqu’au 31 décembre 84. C’est dans ses lieux de détention qu’il découvre ses talents de dessinateur lorsqu’il a trouvé dans sa cellule un bout de charbon de bois. Devenu son compagnon et son confident, il le garde sur lui jusqu’à sa libération, en 1984. Vingt ans plus tard, Mohamed Nadrani troque son morceau de charbon pour un crayon. Son album « Les Sarcophages du complexe, disparitions forcées » est sorti aux éditions Al Ayam en avril 2005.

Un printemps culturel japonais au Maroc sous le signe du don de soi et…du cinéma

Les relations bilatérales de coopération et d’amitié maroco-japonaises se consolident de plus en plus, au fil des ans. Si le Japon est beaucoup plus connu pour ses performances économiques et technologiques, un volet non moins important est le volet culturel auquel le peuple japonais y tient énormément. Il constitue la pierre angulaire de son Histoire et de son identité, et tient à juste titre à le faire connaître et partager. Cette coopération multiforme a été marquée par de nombreuses activités rien qu’en ce mois de mars 2018.

Le cinéma est à l’honneur et les relations entre les deux pays sont en « Si majeur ».

Après la projection de films à Fès en collaboration avec la commune de la ville, c’est autour de Rabat d’accueillir un événement similaire. Les cinéphiles ont rendez-vous du 26 au 28 mars avec la projection de trois films en collaboration avec l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma qui abritera cet événement à 19 heures. Et, en marge de cette manifestation, l’ambassade du japon projettera dans ses locaux , le jeudi 29 mars, le film «Thermae Romae» adapté d’un manga.



Le film animé «5 centimeters per second» du réalisateur japonais Makoto Shinkai sera diffusé ce samedi, à 16 heures, sur la chaîne Tamazight. Il est en japonais et sous titré en arabe.

D’une durée de 63 minutes, l’histoire commence à Tokyo. Akaki Toono fait la connaissance d’Akari Shinohara, une nouvelle élève de sa classe à l’école élémentaire. Ils se lient rapidement d’amitié et se trouvent de nombreux intérêts communs. Mais à cause du travail de ses parents, Akari doit déménager. Les deux jeunes amis se promettent de s’écrire chaque jour et de se revoir, mais aucun n’avoue ses sentiments à l’autre. Le temps passe et Takaki apprend qu’il va déménager et que la distance les séparant sera encore plus grande. Le jeune garçon décide alors de rendre visite à Akari.

Pendant son voyage, par une nuit d’hiver, lorsque que son train est coincé par la neige, Takaki se remémore tous ses moments passés avec Akari…

Pour vous donner un avant goût, voici la bande annonce du film en français :

Reste à signaler que la projection des films à la télévision entre dans le cadre du «Program for Promotion of TV Broadcasting Abroad» de la Fondation du Japon, organisme public japonais chargé des échanges culturels avec les pays étrangers.

Ce programme consiste à fournir le droit de diffusion pour une période limitée des films ou des émissions japonais aux chaînes de télévision étrangères dans le but de mieux faire connaître les différents aspects du Japon. Les frais relatifs à ce droit sont supportés par la Fondation du Japon.

Pour le Maroc les 5 films animés de Makoto SHINKAI ont été choisis :

  • «The Place Promised in Our Early Days», diffusé les 1 et 2 juillet 2017
  • «The Voices of a Distant Star», diffusé le 17 mars 2018
  • «5 Centimeters per Second», diffusion en 2 parties les 24 mars et 1er avril 2018
  • «Children Who Chase Lost Voices» et «The Garden of Words», dont la diffusion sera programmée ultérieurement.

Par ailleurs, l’ambassadeur Takuji Hanatani a signé le 22 mars le contrat pour un don de 7 pianos en faveur de la Fondation Orient-Occident en présence de Rachid Badouli, directeur de la stratégie de la Fondation et de Jean Paul Cavalieri, représentant du HCR au Maroc et partenaire d’Orient-Occident.

Don de soi

On apprend que quatre contrats de don d’une valeur de 237 602 Euros ont été signés le 19 mars courant entre Takuji Hanatati, ambassadeur du Japon au Maroc et 3 associations marocaines, dans le cadre du programme «Don aux microprojets locaux contribuant à la sécurité humaine».

Depuis son lancement en 1989, ce programme a financé jusqu’à présent 358 projets associatifs marocains pour une enveloppe de 168 416 000 dirhams.

Le dernier don ira financer un projet de construction d’un centre des initiatives des enfants handicapés à Salé au profit de l’association Ennour d’un montant de à 82 627 Euros, et qui sera mis en œuvre en collaboration avec l’INDH et l’Entraide Nationale, par la construction d’un nouvel établissement avec des salles de classe en faveur des enfants à besoins spécifiques de M’haya au profit de l’Association Ennaim pour 81 007 Euros, d’une bibliothèque à Kerrouchen au profit de l’Association Ait Atman pour le développement rural pour 81007 Euros et du projet d’aménagement d’une piste dans la commune rurale de Kerrouchen longue de 7 kilomètres au profit de l’Association Ait Atman pour le développement rural. Coût de l’opération : 42 221 Euros.

Par ailleurs, et dans le cadre de la coopération tripartite entre le Japon, le Maroc et les pays africains, l’ambassadeur Hanatani a assisté le 12 mars à l’Institut des technologies des pêches maritimes de Larache à la cérémonie d’inauguration d’un cycle de formation sous le thème : « la gestion des points de débarquement aménagés et le développement d’activités connexes ». Il s’agit d’un projet de développement des capacités des ressources humaines dans le secteur de la pêche maritime dans les pays africains francophones. Ce projet tripartite a vu le jour en 2015.

Pour la session de cette année, 8 responsables et cadres venant de 8 pays y prennent part. Il s’agit du Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée, le Madagascar, la Mauritanie et le Sénégal.

Malte ou comment devenir très grand quand on est tout petit

/

On dit souvent que les voyages forment la jeunesse, mais moi, après un séjour de quelques jours à Malte, je puis vous dire que les voyages ça secoue parfois des gens qui ne sont plus très jeunes comme moi. En vérité, Malte m’a donné une vraie gifle qui m’a non seulement réveillé mais m’a poussé aussi à avoir un autre regard pas très bienveillant envers mon pays et envers des pays comme le mien. Vous vous doutez bien que ce n’est pas la première fois que je voyage, ni que je vais dans un pays développé en Europe ou ailleurs, mais c’est la première fois où j’ai mis les pieds dans un État minuscule géographiquement mais bien grand historiquement, économiquement et socialement.

Quand vous êtes à Malte,vous êtes à la fois à Rome, à Londres, à Bordeaux, à Madrid, à Vienne, à Tunis ou à Tanger. Il y a même un grand quartier qui porte le nom de… Rabat et un autre qui s’appelle, à juste titre « Mdina », exactement comme nos vieilles villes antiques

Ce voyage était à caractère professionnel puisque j’ai participé au 5ème Forum Méditerranéen du Tourisme qui se tient à Malte tous les ans.

Votre humble serviteur a été invité en tant que tout nouveau Secrétaire Général de l’AMJET, la section locale de Fijet (Fédération Internationale des Journalistes et Écrivains du Tourisme), en compagnie de mon vieil ami et cher Président, Najib Senhadji, par mon nouvel ami M. Tijani Haddad, ancien ministre du tourisme de Tunisie et actuel Président de Fijet Monde. D’ailleurs, même Najib, dont c’était la 3ème participation à ce forum, a été secoué autant que moi sinon plus par ce périple court mais tellement envoûtant.

Comme je ne pourrais pas tout vous raconter, je vais me limiter aux éléments qui m’ont le plus interpellé et le plus touché.
Tout d’abord, la rigueur et la précision dans l’organisation. Il faut d’abord que je vous donne deux chiffres-clés de ce forum : 1200 participants de 39 pays. Essayez d’imaginer la logistique nécessaire à une rencontre d’une telle envergure dont la réussite a été totale.

Les responsables du tourisme du Maroc ont brillé par leur absence

Je passe rapidement sur l’accueil à l’aéroport et sur le transport aux hôtels, et je passe directement au pot de bienvenue très cool et très convivial organisé le soir même de notre arrivée, pour permettre aux participants de se retrouver ou de faire connaissance. A cette occasion, Tony Zahra, le grand et puissant patron de la MHRA – l’Association des hôteliers et restaurateurs de Malte – a organisé une cérémonie solennelle pour remercier d’une manière très chaleureuse, très expressive et très amicale Andrew Agius Muscat, membre du bureau de MHRA et, surtout, Président de Fijet Malte, qui a été la cheville ouvrière de l’organisation de ce forum et de ceux qui l’ont précédé.

Si je vous en parle, c’est pour vous dire qu’on reconnaît un grand peuple également par sa culture de reconnaissance et de gratitude, des denrées bien rares dans nos contrées. C’est le lendemain que devaient démarrer les travaux du forum à l’Hôtel Hilton Malta, un vrai joyau tant au niveau architectural qu’au niveau des équipements et infrastructures.

Le démarrage du forum était prévu sur le programme à 9h15. Et bien, je vous assure qu’à 9H15 tapantes, Andrew était au micro pour souhaiter la bienvenue aux participants et annoncer l’ouverture officielle des travaux. Son speech n’a pas duré plus de 5 mn pour laisser place aux premières Master Classes , 12 au total, qui allaient se dérouler tout au long de la journée dans plusieurs salles de l’hôtel sur des thèmes divers et instructifs comme, par exemple, « l’efficacité énergétique des hôtels en méditerranée », « l‘état de l’hospitalité et de l’investissement dans la région méditerranéenne », « Les femmes et le leadership touristique », « L’héritage culinaire méditerranéen », « La technologie ou comment redéfinir l’avenir de l’hospitalité » et bien d’autres sujets, dont même un sur le film touristique qui, je viens de l’apprendre, dispose de son propre festival international.

Bref, nous n’avions que l’embarras du choix et notre seul problème était de savoir comment être dans une Master Class tout en étant dans une autre.

Concernant ces Master Classes, il n’y avait pas d’interruption pour déjeuner ou autre car les organisateurs avaient installé dans toutes les salles et durant toute la journée, des buffets avec de l’eau, du café, du thé et même des sandwichs et des gâteaux. On se levait en silence, on se servait tout en continuant d’écouter les interventions. Parce que les participants sont venus à ce forum pour échanger et pour apprendre et ils n’ont donc pas de temps à perdre.

Au même moment se tenait une exposition permanente avec divers stands de diverses sociétés et de nombreux pays qui exposaient ce qu’ils ont de plus nouveau ou de plus performant.

L’authenticité et la modernité ont un pays, et ce n’est forcément celui auquel vous pensez.

Et à propos de pays, les responsables du tourisme du Maroc ont brillé par leur absence. Normalement l’ONMT, notre office du tourisme devrait être là car sa principale mission est, théoriquement, de promouvoir notre pays sur le volet touristique. Et ce forum était justement une occasion unique et économique de rencontrer des professionnels et des journalistes de tous les continents de la planète et qui leur étaient offerts, comme ça, sur un plateau d’argent. 1200 participants de 39 pays, vous dis-je !

Ils auraient dû être là aussi pour s’instruire et se former, ou juste pour apprendre à copier sur de plus forts qu’eux pour faire, ou juste essayer de faire comme eux. Comble de l’ironie, il y avait un pays qu’on ne pouvait pas penser qu’il serait là et qui avait son stand avec brochures, dépliants et… dattes. Oui, vous l’avez deviné, c’est notre cher voisin et néanmoins meilleur ennemi officiel : l’Algérie. Et oui !

D’ailleurs, l’Algérie n’était pas le seul pays arabe, car il y avait aussi la Tunisie avec une délégation d’au moins 5 participants dont 3 anciens ministres et un ancien préfet. Même la Palestine avait une délégation dont un des membres a animé avec brio la Master Class sur le tourisme religieux. Et oui, ça aussi ça existe.

Le soir, nous avons été invités à un dîner offert dans un magnifique palais par Mme Marie-Louise Coleiro Preca, la Présidente de la République de Malte et qui, soit dit en passant, est devenue presque une amie. En effet, quand elle est arrivée à l’entrée de la grande salle des fêtes, elle m’a spontanément tendu la main et je lui ai tendu la mienne tout en me présentant. Dès qu’elle a appris que j’étais Marocain, elle m’a fait un grand sourire, et nous avons échangé quelques mots très agréables que je ne pourrais pas vous révéler.

Après cela, elle a tenu à me présenter une grande personnalité qui, m’a-t-elle précisé, vient aussi du Maroc. En fait, c’était Dr Abdelaziz Ben Othman Altwaijri qui n’est autre que le Directeur Général de l’Organisation Islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO). En vérité, il n’est pas Marocain (Saoudien, ndlr), mais il vit au Maroc puisque le siège de l’ISESCO se trouve à Rabat.

Andrew Muscat, le maître de cérémonie, a appelé Najib Senhadji à monter sur scène pour recevoir un trophée à la mémoire de Mustafa Trai, le défunt et regretté ex-président de Fijet Maroc

Le lendemain, la séance a été ouverte par ma (presque) nouvelle amie, la Présidente de Malte. Elle est arrivée pile à l’heure prévue, devancée quelques minutes plutôt par le Roi de Ghana, celui qu’on appelle « Le roi des Ashanti » qui est venu avec toute sa très sympathique et très colorée smala.

Au-delà de son aspect quelque peu folklorique, cette présence avait un objectif que nous avons vite compris, notamment à travers le long mais important discours du roi, lu avec un excellent anglais et dans lequel il a défendu ardemment l’appartenance de son petit royaume la République Ghanéenne, et nous a montré clairement qu’il n’était pas là juste pour amuser la galerie, mais aussi pour faire la promotion du tourisme et de l’investissement dans son pays.

Après ce spectacle exotique et quelques autres numéros artistiques locaux, nous sommes de nouveau passés aux choses sérieuses avec des débats professionnels qui ont vu la participation d’éminentes personnalités et des spécialistes de plusieurs domaines, venus de plusieurs pays. Chaque débat était animé par un animateur ou une animatrice, et le temps imparti était strictement respecté par tous et par toutes. C’était vraiment digne des grandes émissions de télévision. Les discussions étaient d’un niveau très élevé mais sans arrogance ni préciosité. Nous avons même assisté à un moment à un échange vif mais civilisé entre un des débatteurs du panel, je crois, anthropologue, et le Dr Taleb Rifai, l’ex DG de l’OMT, l’Organisation Mondiale du Tourisme.

Un ancien hôpital qui a été transformé en lieu de fêtes et de spectacles, et où se déroulent des concerts presque tous les jours

Avant de finir sur ce volet je voudrais dire un petit mot sur la décoration de la scène. En guise de plateau, les organisateurs ont choisi de reproduire à l’identique un des balcons -très beau et très caractéristique en bois coloré- qu’on trouve un peu partout dans les immeubles Maltais. C’était là où les personnalités étaient invitées à prendre la parole, et toutes se sont prêtées à ce jeu avec plaisir et avec le sourire.

J’en arrive maintenant à la soirée de clôture et de gala qui a eu lieu dans un vieil espace plein d’histoire, mais dont la beauté et le confort feraient rougir d’envie et de jalousie les plus grands théâtres du monde. En fait, c’est un ancien hôpital qui a été transformé en lieu de fêtes et de spectacles, et où se déroulent des concerts presque tous les jours.

J’ai vérifié cela sur place grâce aux nombreuses affiches placardées à l’intérieur. Ce soir-là, nous avons assisté à un concert donné par l’Orchestre Philharmonique de Malte renforcé par plusieurs groupes de plusieurs styles de musique. Pas moins de 15 morceaux et non des moindres ont été joués. Ça allait de Puccini et Verdi jusqu’à Edith Piaf et bien d’autres.

De grands moments de bonheur, mais aussi d’émotions

Le moment le plus émouvant pour nous, les deux seuls marocains venus du Maroc, c’est lorsque, au milieu du programme, Andrew Muscat, le maître de cérémonie, a appelé Najib Senhadji à monter sur scène pour recevoir un trophée à la mémoire de Mustafa Trai, le défunt et regretté ex-président de Fijet Maroc. Le trophée a été remis à Najib, sous les applaudissements de tout le public présent, par la Présidente de Malte en personne qui était, visiblement elle aussi, très émue.

Après cet intermède triste mais solennel, le programme musical a repris de plus belle et a fini par une chanson chantée en choeur par tout le public.

Ce tout petit État de seulement 430 000 habitants, a réussi à attirer l’année passée plus de 2 millions de touristes, soit 5 fois sa population.

Le 3ème jour, les responsables du Forum ont eu la gentillesse d’organiser spécialement pour les membres de Fijet Monde une excursion inoubliable dans plusieurs lieux historiques et célèbres de Malte. Grâce à cette sortie, nous avons fait la connaissance de plusieurs lieux historiques qui font partie du patrimoine très riche et très diversifié de Malte, tels que le Palais Grand Master avec ses beaux tableaux de maîtres et ses magnifiques tapisseries ou bien la célèbre Cathédrale St Johns avec ses murs recouverts d’or pur 24 carats.

Mais nous avons découvert également combien ce pays est ouvert sur l’art moderne dont nous avons pu admirer un échantillon étonnant dans la rue même où se trouve la cathédrale : des dizaines de mini frigos de la marque Red Bull peints en direct et exposés dans la rue.

L’authenticité et la modernité ont un pays, et ce n’est forcément celui auquel vous pensez.

En conclusion, ce que j’ai retenu de ce trop court voyage, c’est que ce petit pays qui ressemble à un jeu de cartes postales, n’en est pas moins un grand pays ambitieux et performant.

Un de ses points forts, c’est sa diversité culturelle et sa richesse sociale.

Plusieurs peuples ont vécu dans ces Îles, à travers les siècles.

Ils se sont parfois disputés, se sont souvent réconciliés, et ils ont toujours fini par se mélanger.

Et le résultat de ce mixage est juste fabuleux : un peuple divers mais uni par le désir ardent d’être chaque jour plus beau et la volonté inébranlable d’aller toujours plus haut.

C’est un peuple fier et ouvert, ambitieux et attachant, performant et modeste, travailleur et jouisseur.

Quand vous êtes à Malte,vous êtes à la fois à Rome, à Londres, à Bordeaux, à Madrid, à Vienne, à Tunis ou à Tanger. Il y a même un grand quartier qui porte le nom de… Rabat et un autre qui s’appelle, à juste titre « Mdina », exactement comme nos vieilles villes antiques.

Maintenant, pour finir, j’aimerais vous donner quelques chiffres pour vous faire réfléchir. Malte est un tout petit Etat dont les 3 îles qui la composent ne dépassent pas en totalité une superficie de 316 km2. Et bien, ce tout petit État de seulement 430 000 habitants, a réussi à attirer l’année passée plus de 2 millions de touristes, soit 5 fois sa population.

Si, pour nous amuser un peu, on appliquait ce rapport à notre pays, le Maroc devrait normalement drainer… 180 millions de touristes !
Enfin, et alors que le taux de croissance du tourisme dans le monde est de 3,6 % et en Europe de 3,9 %, il atteint 24 % à Malte !

Que nos responsables, ceux qui étaient absents de ce forum mais aussi les autres, en prennent de la graine.

Quant à moi, je projette déjà de retourner de nouveau à Malte, mais cette fois-ci pour faire du tourisme, pas pour en parler.