Biden promet à demi-mot aux israéliens de ne pas vendre les F-35 aux émiratis

Le principal conseiller en politique étrangère de Joe Biden a déclaré vendredi dans une interview accordée au Times of Israel que pour préserver l’avantage militaire qualitatif d’Israël – comme l’exige la loi américaine actuelle – une administration Biden allait «examiner attentivement» la vente des F-35, que la Maison Blanche a notifiée au Congrès la semaine dernière.

Avec i24NEWS et AFP

A quelques jours seulement des élections américaines les plus polarisantes de l’histoire récente, le candidat Joe Biden tente de reconquérir le dossier international et les relations israelo-américianes totalement accaparé par son adversaire Donald Trump.


Alors que ce dernier fait des accords d’Abraham un atout majeur de sa campagne électorale, Biden souhaite utiliser une brèche dans ses accords pour rallier les voix de la puissante communauté juive-américaine, la vente des chasseurs furtifs F-35 aux EAU.

Tony Blinken, principal conseiller en politique étrangère de Joe Biden a déclaré vendredi au Times of Israël que la décision américaine de vendre des F-35 aux Émirats arabes unis, dans le cadre des récents accords de normalisation au Moyen-Orient négociés par l’administration Trump, donnait l’impression que celui-ci avait été une sorte de «contrepartie» de la vente.

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«L’administration Obama-Biden avait mis ces avions furtifs à la disposition d’Israël dans la région et seulement d’Israël», a déclaré Tony Blinken.

«Qu’il s’agisse en fait d’une contrepartie ou non, cela en a certainement l’air», a-t-il ajouté au sujet de l’accord de normalisation.

Le conseiller de candidat démocrate a ensuite précisé que pour préserver l’avantage militaire qualitatif d’Israël – comme l’exige la loi américaine actuelle – une administration Biden devrait «examiner attentivement» la vente des F-35, que la Maison Blanche a notifiée au Congrès la semaine dernière.

Trump informe le Congrès de son intention de vendre des F-35 aux Émirats

L’administration du président Donald Trump a informé Congrès, le 28 octobre 2020 de son intention de vendre des chasseurs furtifs de dernière génération F-35 aux Émirats arabes unis, un projet qui inquiète Israël, selon le représentant démocrate Eliot Engel.

La décision a été annoncée de façon informelle aux élus de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a précisé l’élu démocrate. Le département d’État, qui annonce habituellement les ventes d’armes à des pays étrangers, n’a pas démenti, soulignant qu’elles étaient annoncées une fois formellement notifiées au Congrès.

Cette annonce intervient alors que le ministre américain de la Défense Mark Esper effectuait jeudi une courte visite à Tel-Aviv pour de nouvelles discussions sur «l’avantage militaire qualitatif» d’Israël dans la région.

La semaine dernière, Israël a dit qu’il ne s’opposerait pas à ce que les États-Unis vendent des F-35 aux Émirats après la normalisation de leurs relations avec l’État hébreu, après avoir reçu des assurances de Mark Esper.

Historiquement, Israël s’oppose à la vente de F-35 aux autres pays du Moyen-Orient, y compris à la Jordanie et à l’Égypte (pays avec lesquels il a signé des accords de paix), car il veut maintenir sa supériorité technologique. C’est la politique du «Qualitative military edge» (QME) – «avantage militaire qualitatif» – appliquée depuis les années 1960 par les États-Unis, qui l’ont même gravée dans la loi.

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