Tamim Ben Hamad Al-Thani

L’Arabie saoudite met fin à l’embargo contre le Qatar

L’Arabie saoudite met fin à plus de trois ans d’une crise sans précédent, qui a disloqué le Conseil de Coopération du Golfe, en annonçant l’ouverture dès ce lundi ses frontières terrestres, maritimes et aériennes avec le Qatar.

Avec agences

Les frontières terrestres et aériennes entre l’Arabie saoudite et le Qatar, fermées depuis trois ans et demi, seront rouvertes à partir de ce lundi 4 janvier, ont annoncé Riyad et Doha.

L’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane ont convenu de signer un accord à l’issue du sommet du Conseil de coopération du Golfe, qui se tiendra le 5 janvier à Al-Ula, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, a précisé le ministre koweïtien des Affaires étrangères Ahmad Nasser Al-Mohammad Al-Sabah.

Selon un haut responsable de l’administration américaine, cité par Reuters, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte se joindront à cet accord visant à normaliser les relations et lever le blocus du Qatar qui devrait pour sa part abandonner les poursuites contre les autres pays signataires du document.

L’Arabie et plusieurs autres pays arabes, dont le Koweït, avaient imposé en 2017 un embargo commercial et diplomatique au Qatar en accusant cet émirat de soutenir le «terrorisme», ce que ce dernier dément.

Le Roi Mohammed VI félicite l’Émir du Qatar à l’occasion de la fête nationale de son pays

Le Roi Mohammed VI a adressé un message de félicitations au Cheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani, Émir de l’État du Qatar, à l’occasion de la fête nationale de son pays.

Dans ce message, le roi exprime, en son nom et en celui du peuple marocain, ses chaleureuses félicitations et ses sincères vœux de santé, de bonheur et de quiétude au Cheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani et de davantage de progrès et de prospérité au peuple qatari, «sous la sage conduite de son Émir».

A cette occasion, le Roi dit apprécier les liens de fraternité solide et d’estime mutuelle unissant les deux peuples, réitérant «sa détermination à continuer à œuvrer de concert avec le Cheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani pour renforcer les relations de coopération fructueuse existant entre les deux pays, dans l’intérêt des deux peuples frères».

Communiqué du Cabinet Royal : Trump a informé le roi Mohammed VI de la décision, à effet immédiat, des États-Unis d’Amérique de reconnaitre la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de la région du Sahara Marocain

//

C’est une nouvelle page de l’histoire de la lutte du Maroc, roi et peuple, pour la liberté et l’indépendance et le parachèvement de l’intégrité territoriale qui s’écrit. Aujourd’hui, le président Donald Trump vient de promulguer un décret, avec ce que cet acte comporte comme force juridique et politique indéniable et à effet immédiat, portant sur la décision des États-Unis d’Amérique de reconnaitre, pour la première fois de leur histoire, la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de la région du Sahara Marocain. Un soutien décisif à la cause nationale vient récompenser plus de 45 ans de mobilisation pacifique des marocains clamant haut et fort la marocanité du Sahara

Après les séries des tweets du Président américain Donald Trump annonçant non sans fierté la promulgation d’un décret présidentiel reconnaissant la légitimité du Maroc sur ses provinces du Sud, après 45 années de lutte pacifique du peuple marocain, le Cabinet royal, a publié un communiqué qui confirme l’échange téléphonique entre Trump et Mohammed VI et la décision du président américain.

Le communiqué annonce qu’au cours d’un entretien téléphonique entre les deux Chefs d’Etats, « le président Trump a informé le roi Mohammed VI de la promulgation d’un décret présidentiel, avec ce que cet acte comporte comme force juridique et politique indéniable et à effet immédiat, portant sur la décision des États-Unis d’Amérique de reconnaitre, pour la première fois de leur histoire, la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de la région du Sahara Marocain».

Le communiqué annonce que les États-Unis vont joindre l’acte à la parole en procédant, à titre de première concrétisation de leur initiative souveraine de haute importance, «l’ouverture d’un consulat à Dakhla, à vocation essentiellement économique, en vue d’encourager les investissements américains et la contribution au développement économique et social, au profit notamment des habitants des provinces du Sud».


Lire aussi : Urgent – Donald Trump appelle Mohammed VI et lui annonce la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara


«A cette occasion, le Souverain a exprimé, en son nom et au nom de l’ensemble du peuple Marocain, au président américain sa profonde gratitude aux États-Unis d’Amérique pour cette prise de position historique.» souligne le communié du Palais Royal.

Le Roi, poursuit la même source, a également transmis «ses sincères remerciements au président américain et à son équipe pour ce soutien franc et sans ambiguïté à la Marocanité du Sahara ; soutien qui renforce le partenariat stratégique puissant entre les deux pays et le rehausse au niveau de véritable alliance qui englobe l’ensemble des domaines».

Rôle décisive de Jared Kushner

Lors de cet échange téléphonique, le roi Mohammed VI a tenu à rendre hommage au rôle important qu’a joué le Conseiller spécial de Trump, Jared Kushner, qui a assuré la coordination des contacts, l’échange de délégations et un certain nombre de visites non officielles, outres la réception que lui avait accordé le souverain en mai 2018.

Cette position constructive des Etats-Unis d’Amérique, explique le Cabinet royal, «vient renforcer la dynamique de la consécration de la marocanité du Sahara marocain, confirmée par les positions de soutien par un ensemble de pays amis, ainsi que par les décisions de nombreux pays d’ouvrir des consulats dans nos Provinces du sud».

«Elle intervient également après l’intervention décisive et efficace des Forces Armées Royales, dans la zone de Guerguerat, afin de maintenir la sécurité et la stabilité dans cette partie du territoire marocain, et d’assurer la libre circulation des personnes et des biens avec les pays frères africains.», souligne la même source.

Dossier palestinien et blocus contre le Qatar

1. Reprise des relations diplomatiques avec Israël

Au cours du même entretien, le roi Mohammed VI et le Président américain ont échangé sur la situation actuelle dans la région du Moyen-Orient, affirme le Palais royal.

Donald Trump a évoqué avec le roi deux dossiers chauds qu’il souhaite régler avant la fin de son mandat en janvier prochain : le processus de paix israélo-palestinien et la crise entre le Qatar et ses voisins du Golfe.

Au sujet de la question palestinienne, Mohammed VI a rappelé les positions constantes et équilibrées du Royaume du Maroc au sujet de ce dossier, soulignant que «le Maroc soutient une solution fondée sur deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, et que les négociations entre les parties palestinienne et israélienne restent le seul moyen de parvenir à un règlement définitif, durable et global de ce conflit».

Toujours durant cet échange, le roi, en sa qualité de Président du Comité Al-Qods, émanant de l’Organisation de la Coopération Islamique, a souligné la «nécessité de préserver le statut spécial de cette ville».

Mohammed VI a par ailleurs rappelé à Donald Trump l’appel d’Al-Qods/Jérusalem signé par lui, Commandeur des Croyants, et le Pape François, lors de la visite de ce dernier à Rabat le 30 mars 2019. Lequel appel a insisté sur «le respect de la liberté de pratiquer les rites religieux pour les adeptes des trois religions monothéistes, ainsi que sur le respect du cachet musulman d’Al-Dosq Acharif et de la mosquée Al-Aqsa».

Le roi a ensuite informé le président américain la décision du Maroc de pendre des mesures concrètes avec l’Etat d’Israël dans l’optique de la reprise, dans les meilleurs délais, des relations diplomatiques avec Tel-Aviv.

Les mesures détaillées ci-après, «n’affectent en aucune manière l’engagement permanent et soutenu du Maroc en faveur de la cause palestinienne juste et sa détermination à continuer à contribuer efficacement et de manière constructive à une paix juste et durable au Moyen-Orient», a tenu à précisé le Cabinet Royal.

Ainsi, eu égard au rôle historique que le Maroc a toujours joué dans le rapprochement des peuples de la région et dans la promotion de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, et compte tenu des liens spéciaux qui unissent la communauté juive d’origine marocaine, y compris en Israël, à la personne du roi Mohammed VI, le souverain a informé le Président américain que le Maroc entend :

  1. Accorder les autorisations de vols directs pour le transport des membres de la communauté juive marocaine et des touristes israéliens en provenance et à destination du Maroc;
  2. Reprendre les contacts officiels avec les vis-à-vis et les relations diplomatiques dans les meilleures délais;
  3. Promouvoir des relations innovantes dans les domaines économique et technologique dont, à cet effet, œuvrer à la réouverture des bureaux de liaison dans les deux pays, comme cela fut le cas antérieurement et pendant plusieurs années jusqu’en 2002.

2. Blocus contre le Qatar

Le communiqué du Cabinet Royal a également dévoilé l’autre sujet discuté entre Trump et Mohammed VI : « les efforts déployés par Washington pour résoudre la crise au niveau du Conseil de Coopération du Golfe ».

Mohammed VI qui a tenu, depuis l’éclatement de la crise en juin 2017, a gardé des relations fraternelles, solides et cordiales avec les Rois et Emirs des pays arabes du Golfe a exprimé au président américain, «l’espoir que les développements positifs enregistrés conduisent à la réalisation de la réconciliation souhaitée.»

Laquelle réconciliation «sera à même de consolider la sécurité et la stabilité dans la région du Golfe, et de réaliser la sécurité arabe globale et le développement économique et social au profit des peuples de la région», affirme Mohammed VI.

Le Roi a exprimé à cet égard, conclut le communiqué, «sa reconnaissance pour le rôle important que les États-Unis ont joué dans les étapes décisives qui ont été franchies, réitérant Son soutien à la médiation Koweïtienne en vue de mettre fin à ce différend».

Réconciliation avec le Qatar, le cadeau de MBS à Biden

Après la défaite électorale du président américain Donald Trump, l’Arabie saoudite a intensifié ses efforts pour résoudre son différend qui dure depuis trois ans avec le Qatar, rapporte le Financial Times citant des sources biens informées.

Avec FT

La décision de mettre fin au blocus de leur voisin riche en gaz par les États du Golfe est perçue comme une tentative du prince héritier Mohammed ben Salmane de s’attirer les faveurs de la nouvelle administration Biden et de remettre un cadeau de départ à Donald Trump, écrit le Financial Times dans un article publié ce vendredi.

Le prince Mohammed Ben Salmane, le chef de facto du royaume saoudien, a noué des liens très étroits avec l’administration Trump et le président a soutenu le prince héritier dans l’une des plus graves crises qui a mis en équation son ambition d’intronisation.

Un épisode que Donald Trump rappelle à son entourage en se vantant d’avoir « sauvé la peau » du prince héritier d’Arabie saoudite, accusé par le Congrès américain d’être responsable de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi,

« J’ai sauvé sa peau », avait lancé le 22 janvier Trump au journaliste d’investigation Bob Woodward.

« J’ai réussi à faire en sorte que le Congrès ( de majorité démocrate ) le laisse tranquille. J’ai réussi à les stopper », a-t-il ajouté. Une déclaration que le journaliste a publié dans son livre «Rage».

Toutefois la défaite de Donald Trump sonne comme un cauchemar pour le régent de l’Arabie Saoudite. L’administration entrante du président élu Joe Biden devrait être moins conciliante avec MBS qui avait suscité de virulentes critiques de la part des démocrates sur le meurtre de Khashoggi, la guerre d’Arabie saoudite au Yémen et la détention de dizaines d’activistes, d’hommes d’affaires et de membres de la famille royale saoudienne (l’affaire Ritz-Carlton).

«Le prince Mohammed Ben Salmane se sent comme dans la ligne de mire après la victoire électorale de Joe Biden et veut un accord avec le Qatar pour signaler qu’il est disposé et prêt à prendre des mesures dans ce sens» a déclaré un conseiller de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

«C’est un cadeau pour Biden», a-t-il ajouté .

Ali Shihabi, un analyste saoudien proche de la cour royale, a déclaré que les dirigeants des on pays étaient depuis des mois «disposés à mettre cette question sur la table». «Depuis un certain temps, ils s’activent à tourner la page de plusieurs dossiers brûlants et clairement celui-ci en est un», a-t-il déclaré.

«On pense que le différend du Qatar est l’une des questions les plus faciles à résoudre pour MBS», renchérit la même source.

C’est en juin 2017, que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Égypte ont rompu les relations diplomatiques et ont instauré un blocus commercial et aérien au Qatar, alléguant que Doha parrainait des groupes islamistes et serait trop proche de l’Iran.

Des allégations que le pays le plus riche du monde par habitant, nie toujours, face à des voisins qui ont jusqu’à présent refusé de faire des concessions, résistant aux pressions de Washington pour trouver une issue à la crise.

L’administration Trump craignait que le différend n’affaiblisse l’alliance arabe qu’elle a cherché à forger contre l’Iran et s’est montrée frustrée que Téhéran en profite financièrement, car l’embargo oblige les vols à destination et en provenance du Qatar à utiliser l’espace aérien iranien.

Les derniers pourparlers pour résoudre le conflit ont été menés par les États-Unis et le Koweït dans le but de jeter les bases de négociations directes entre Riyad et Doha, a déclaré un diplomate informé des pourparlers.

Le Qatar veut s’assurer qu’il y a des conditions préalables avant toutes négociations bilatérales. Celles-ci pourraient inclure une mesure de «confiance» telle que la levée de l’embargo aérien, a déclaré le diplomate.

Une autre possibilité serait d’autoriser la libre circulation des citoyens qataris vers les pays qui ont imposé l’embargo, même si Doha voudrait des garanties sur leur sécurité .

Robert O’Brien, le conseiller américain à la sécurité nationale, a déclaré ce mois-ci qu’il espérait voir Qatar Airways être en mesure de survoler les pays arabes en boycottant «dans les 70 prochains jours» avant la fin de la présidence de Trump.

Le conseiller de Riyad et d’Abou Dhabi a déclaré que les dirigeants saoudiens et émiratis voulaient que le Qatar «atténue» la ligne éditoriale du réseau de télévision Al Jazeera, qu’ils accusent d’être un outil de propagande pour Doha, et mette fin à ses critiques à l’égard de l’Arabie saoudite.

Après l’imposition de l’embargo, Riyad et Abu Dhabi ont présenté à Doha une liste de 13 demandes comprenant la fermeture d’Al Jazeera, la réduction des relations de Doha avec l’Iran et la fermeture d’une base militaire turque. Mais le conseiller de MBS et MBZ a déclaré que les médiateurs koweïtiens avaient conclu un nouvel accord pour remplacer les 13 termes «ouvrant la voie à une embrassade et une réconciliation».

Un dégel des relations entre le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, et ses voisins du Golfe pourrait également inclure l’acheminement de GNL vers le Bahreïn, selon des personnes proches des négociations.

Cependant, rapporte le FT citant une personne informée de la position de Doha, qu’aucun détail des mesures de confiance n’avait été discuté. Les responsables du Golfe ont mis en garde contre toute percée significative à court terme. La même source révèle que la position de MBZ freine ce processus de réconciliation.

D’ailleurs, rien que la semaine dernière, Yousef al-Otaiba, l’ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington, a déclaré que mettre fin au différend avec le Qatar n’était pas une priorité, soulignant les différences notables entre les deux pays sur l’orientation future du Moyen-Orient.

En dépit de ces déclarations, des responsables occidentaux et des analystes régionaux estiment que les Émirats arabes unis finiraient à suivre les pas de son plus grand allié, l’Arabie saoudite.

Tamim et MBS en course pour l’organisation des Jeux asiatiques 2030

Doha, capitale du Qatar, et Riyadh, capitale de l’Arabie saoudite, ont soumis des offres officielles pour accueillir les 21es Jeux asiatiques avant la date limite du 22 avril de l’OCA. Le dossier de candidature du Comité National Olympique de chaque pays était accompagné de lettres de soutien de la ville et des gouvernements respectifs.

Le Conseil Olympique d’Asie, COA, a annoncé jeudi qu’il avait reçu deux offres pour accueillir son événement phare, les Jeux asiatiques, en 2030. Il s’agit de deux villes du Golfe, Doha et Riyadh.

Le COA rappelle que contrairement à l’Arabie saoudite qui n’a jamais organisé d’événement multisports asiatique, Doha avait pour sa part accueilli en décembre 2006, les 15èmes Jeux asiatiques.

Le président du Conseil olympique d’Asie, le koweitien Ahmad Al-Fahad Al-Sabah, a déclaré que le COA était ravie de recevoir deux offres solides pour les Jeux asiatiques en 2030.

«Cela démontre la confiance dans le Mouvement olympique en Asie et renforce davantage notre réputation d’accueillir des événements sportifs de classe mondiale et à grande échelle.»

Les 19e Jeux asiatiques auront lieu à Hangzhou, en Chine, en 2022 et la 20e Asiad se tiendra à Aichi-Nagoya, au Japon, en 2026.

«Avec ces deux candidatures pour les Jeux asiatiques de 2030, nous avons maintenant la stabilité et la continuité dans notre mouvement sportif pour la prochaine décennie», a ajouté Sheikh Ahmad.

La désignation de la ville hôte des 21es Jeux asiatiques en 2030 aura lieu à l’occasion de l’Assemblée générale du COA le 29 novembre 2020, en marge des 6es Jeux asiatiques de plage à Sanya, en Chine.

Les Jeux asiatiques ont eu lieu pour la première fois en 1951 à New Delhi, en Inde, bien que les racines de l’événement multisports international du continent remontent au premier championnat d’Extrême-Orient à Manille, aux Philippines, en 1913.

Candidatures sur fond de rivalité régionale

https://twitter.com/saudiolympic/status/1253335789078851592

Le 5 juin 2017, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte décrétaient un embargo terrestre, aérien et maritime contre le Qatar. Les quatre pays sous influence de Mohammed ben Zayed accusent Doha de de soutenir des organisations extrémistes et lui reprochent aussi sa proximité avec l’Iran.

Alors que le Qatar et l’Arabie Saoudite montraient fin 2019 des signes de rapprochement, la relation avec les Emirats arabes unis n’a jamais été aussi tendue.

Signes de réchauffement entre le Qatar et l’Arabie saoudite

L’émir du Qatar n’a pas participé mardi à Ryad au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui avait été vu comme une occasion de réconcilation entre les deux voisins, mais son Premier ministre y a reçu un accueil chaleureux.

Cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani a été accueilli par le roi Salmane d’Arabie saoudite à l’aéroport où les deux dirigeants ont affiché un large sourire, peu avant l’ouverture du sommet qui s’est achevé dans l’après-midi.

«Bienvenue au peuple du Qatar. Bienvenue dans votre deuxième pays», a commenté de son côté la télévision publique Al-Ekhbariya dans un élan inhabituel de politesse envers l’émirat gazier généralement conspué dans les médias saoudiens.

Le chef du gouvernement qatari avait déjà représenté son pays au sommet du CCG en 2018, mais y avait reçu un accueil purement protocolaire.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu en juin 2017 leurs liens avec le Qatar, accusé de soutenir des mouvements islamistes –ce qu’il nie– et de se rapprocher de l’Iran, principal rival régional de Ryad.

Ces pays ont imposé un embargo à Doha, qui a entraîné notamment la fermeture des routes terrestres, l’interdiction de l’accès à leur espace aérien et la suspension du commerce.

«Mettre fin à la dispute dans le Golfe est un processus progressif d’engagement et de dialogue et non quelque chose qui peut se résoudre par un simple sommet», indique Kristian Ulrichsen, expert à la Rice University’s Baker Institute aux Etats-Unis.

Lorsque la semaine dernière, le roi Salmane a convié au sommet l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, des observateurs ont vu un nouveau signe d’apaisement dans la foulée d’une déclaration du chef de la diplomatie qatarie, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, faisant état de « progrès » pour mettre fin à la dispute.

Abou Dhabi, toujours opposé à un réchauffement des relations avec Doha

Autre signe d’un réchauffement potentiel : le Qatar vient d’accueillir la Coupe du Golfe de football à laquelle ont participé des sélections saoudienne, émiratie et bahreïnie, pour la première fois depuis le gel des relations avec Doha.

https://twitter.com/KSAMOFA/status/1204346774053433344

Vainqueurs de la compétition, les joueurs de Bahreïn ont célébré leur victoire aux côtés de l’émir du Qatar et de membres de la famille régnante de l’émirat.

En attendant, les obstacles à une éventuelle normalisation des relations sont toujours là.

Des personnes proches du dossier, dont un diplomate arabe, ont indiqué à l’AFP sous le couvert de l’anonymat qu’Abou Dhabi, principal allié de Ryad, était notamment opposé à un réchauffement des relations avec Doha.

Selon les analystes, les Emirats, plus que l’Arabie saoudite, voient le soutien du Qatar aux islamistes, en particulier les Frères musulmans, comme une menace existentielle.

De son côté, le Qatar rejette toujours les demandes formulées par le quatuor anti-Doha imposées comme conditions sine qua non à une reprise des relations.

Pour revenir sur leurs sanctions, Ryad et ses alliés avaient en effet exigé en 2017 la satisfaction par Doha de 13 requêtes, dont la révision des liens avec l’Iran, la fermeture d’une base militaire turque –Ankara ayant des relations tendues avec plusieurs pays arabes– mais également la suspension de la télévision Al-Jazeera, accusée de soutenir les islamistes et de semer le trouble dans la région.

Doha a justifié son refus en estimant que ces conditions violaient sa souveraineté. Et les autres parties n’ont pas montré de signes d’allègement de leurs positions.

«La normalisation de l’Arabie saoudite avec le Qatar pourrait se produire sans concessions majeures de Doha», estime Samuel Ramani, doctorant à l’Université d’Oxford.

«Il est possible que le Qatar puisse réduire ses liens avec les Frères musulmans, mais certainement pas avec la Turquie et l’Iran, car la confiance entre Doha et les autres pays du CCG a été gravement entamée», a-t-il indiqué à l’AFP.

La Qatar dévoile l’emblème de la Coupe du Monde de 2022

Jamais l’organisation d’une coupe du Monde de football n’a suscité autant de critiques et de controverses que celle du Qatar 2022. Alors que les Coupes du Monde les plus polémiques, notamment celles d’Italie de 1934 et d’Argentine de 1978 s’étaient déroulées dans des contextes géopolitiques très tendues, le Qatar a subit une pression inouïe de toute part, et ce depuis sa désignation en tant que pays organisateur le 2 décembre 2010. C’est sa légitimité même à l’organisation de cet évènement sportif qui a été contestée. Aujourd’hui, la révélation de l’emblème de la 22ème édition aux couleurs du Qatar, représente une véritable consécration et une victoire incontestée de Doha sur ses frères ennemis, Riyadh et Abu Dhabi.

Lire ici

1 2 3 7