fbpx

Recep Tayyip Erdogan

Le nouveau concept stratégique de l’OTAN cible la Russie et la Chine

//

Les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN réunis à Madrid ont approuvé mercredi un nouveau concept stratégique pour l’alliance, désignant comme principales priorités «l’agression de la Russie», «les défis systémiques posés par la République populaire de Chine» et «l’approfondissement du partenariat stratégique» entre les deux pays.

Les dirigeants des pays de l’OTAN réunis à Madrid, en Espagne, depuis ce mardi 28 juin ont approuvé hier un document qui fixe un nouveau concept stratégique pour l’alliance.

Dans ce document, l’alliance militaire occidentale qui s’est formée après la Seconde Guerre mondiale définit la Russie comme la «menace la plus importante et la plus directe» et aborde pour la première fois les défis que Pékin pose à la sécurité, aux intérêts et aux valeurs de l’OTAN.

Mercredi, le président Joe Biden a annoncé que les États-Unis renforçaient leur présence militaire en Europe, notamment en déployant des destroyers navals supplémentaires en Espagne et en positionnant davantage de troupes ailleurs, en réponse au «changement de l’environnement sécuritaire» et pour renforcer la «sécurité collective».

Joe Biden a indiqué que les États-Unis allaient établir un quartier général permanent pour le 5e corps d’armée américain en Pologne, ajouter une brigade de rotation de 3 000 soldats et 2 000 autres personnes dont le quartier général sera en Roumanie, et envoyer deux escadrons supplémentaires d’avions de combat F-35 en Grande-Bretagne.

«Au début de l’année, nous avons envoyé 20 000 soldats américains supplémentaires en Europe pour renforcer nos lignes en réponse à l’agressivité de la Russie, ce qui a porté le total de nos forces en Europe à 100 000 soldats», a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis continueront d’ajuster leur position de défense «en fonction de la menace, en étroite consultation avec nos alliés».

Mercredi également, dans un discours virtuel à l’OTAN, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a déclaré que son pays avait besoin d’armes plus avancées et d’environ 5 milliards de dollars par mois pour se défendre.

«Il ne s’agit pas d’une guerre menée par la Russie contre la seule Ukraine. C’est une guerre pour le droit de dicter les conditions en Europe – pour ce que sera le futur ordre mondial», a déclaré M. Zelenskiyy aux dirigeants du sommet.

Les alliés de l’OTAN prévoient de continuer à apporter un soutien militaire et d’autres types de soutien à l’Ukraine pour une durée indéterminée, a déclaré Charly Salonius-Pasternak, analyste de la sécurité à l’Institut finlandais des affaires internationales.

«Ce que j’ai entendu collectivement de la part de tout le monde, c’est l’idée qu’il est important que la Russie ne gagne pas, l’idée étant que si la Russie apprend la leçon que l’utilisation généralisée de la force militaire lui rapporte quelque chose, l’Europe ne sera pas stable ou sûre à l’avenir, et donc la Russie ne doit pas gagner, l’Ukraine doit gagner», a-t-il déclaré à la presse.

Un changement important de la réthorique de l’Otan face à la Chine

Selon Stacie Goddard, professeur de sciences politiques au Wellesley College, le langage du concept stratégique de l’OTAN suggère un changement significatif de son unité et de son sens de l’urgence en ce qui concerne la rivalité entre grandes puissances. Elle a souligné l’avertissement de l’alliance concernant l’approfondissement du partenariat entre la Russie et la Chine, qui constitue un défi pour l’ordre existant.

«Certes, ce ne sont que des mots, mais la nouveauté et la clarté de la rhétorique sont frappantes», a-t-elle déclaré.

Pékin ne soutient pas militairement la guerre de la Russie en Ukraine, mais le dirigeant chinois Xi Jinping a déclaré soutenir Moscou sur les questions de «souveraineté et de sécurité». Le pays continue d’acheter des quantités massives de pétrole, de gaz et de charbon russes.

«Cela est considéré comme extrêmement menaçant, non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour l’Europe», a déclaré Robert Daly, directeur de l’Institut Kissinger sur la Chine et les États-Unis au Woodrow Wilson Center.

Le porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis, John Kirby, a déclaré mardi aux journalistes que les alliés étaient «de plus en plus préoccupés par les pratiques commerciales déloyales de la Chine, le recours au travail forcé, le vol de propriété intellectuelle et ses activités d’intimidation et de coercition, non seulement dans la région indo-pacifique, mais dans le monde entier».

Le concept stratégique de l’OTAN est une évaluation des défis de sécurité et guide les activités politiques et militaires de l’alliance. Le dernier a été adopté lors du sommet de l’OTAN à Lisbonne en 2010, et comportait ironiquement les mots suivants : «L’OTAN ne constitue pas une menace pour la Russie. Au contraire : nous voulons voir un véritable partenariat stratégique entre l’OTAN et la Russie.»

La Suède, la Finlande, l’éloge de Biden à Erdogan et le climat

Le président américain Joe Biden a fait l’éloge du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a renoncé mardi à ses objections aux candidatures de la Suède et de la Finlande à l’adhésion à l’alliance.

«Je tiens à vous remercier tout particulièrement pour ce que vous avez fait pour organiser la situation en ce qui concerne la Finlande et la Suède, et pour tout le travail incroyable que vous faites pour essayer de sortir le grain de l’Ukraine», a déclaré Biden à Erdogan lors d’un tête-à-tête en marge du sommet.

Ankara ayant levé son veto à l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, Washington a apporté concomitamment son soutien à la vente potentielle d’avions de combat F-16 américains à la Turquie.

L’OTAN s’apprêtant à augmenter le nombre de ses membres, le sommet a également porté sur le renforcement des partenariats avec les pays non membres de l’Alliance. Les dirigeants de l’Australie, du Japon, de la Corée du Sud et de la Nouvelle-Zélande participent à ce sommet.

«Le président Poutine n’a pas réussi à fermer la porte de l’OTAN», a déclaré M. Stoltenberg. «Il obtient le contraire de ce qu’il veut. Il veut moins d’OTAN. Le président Poutine obtient plus d’OTAN en faisant adhérer la Suède et la Finlande à notre alliance.»

Le concept stratégique de l’OTAN indique également que le changement climatique était «un défi déterminant de notre époque.»

Erdogan à l’opposition égyptienne : «Ne critiquez plus Al-Sisi»

KEY POINTS

  • Erdogan a fait savoir aux médias d’opposition égyptienne installés en Turquie de mettre fin au «al-Sisi-Bashing»
  • La Turquie et l’Égypte ont repris le 12 mars des contacts diplomatiques pour la première fois depuis la rupture de leurs relations en 2013 après la destitution du président égyptien Mohamed Morsi.
  • Erdogan opère des changements importants dans sa politique étrangère depuis l’arrivée de la nouvelle administration Biden.
  • L’offensive diplomatique turque a concerné également l’Union Européenne qui vient d’annoncer le gel de son intention de mettre sur liste noire plus de cadres supérieurs de la société publique turque Turkish Petroleum Corporation (TPAO).

Qu’est ce qui s’est passé ?

Al-Arabiya a créé l’évènement jeudi soir en annonçant la fin des émissions politiques anti-al-Sissi diffusées depuis la Turquie. Selon la chaine satellitaire saoudienne, les autorités turques auraient demandés aux propriétaires des chaînes Almayadeen, Elsharq TV et Watan TV d’arrêter «immédiatement» d’attaquer l’Egypte et les pays du Golfe. La même source a par la suite annoncé que des leaders des frères musulmans installés en Turquie avaient été mis en résidence surveillée en leur demandant de signer « des documents sécuritaires» pour rester dans le pays. Al-Arabiya a également annoncé que les services de renseignement turques auraient exigé la suspension de virements bancaires au profit de ces opposants.

L’information a créé une grande confusion au sein de ces chaines surtout après un tweet d’Ayman Nour propriétaire d’Elsharq TV, dans lequel il avoue l’existence de pressions.

Sur les réseaux sociaux, les rumeurs s’emballent annonçant la fin des animateurs vedettes tels que Moataz Matar, et Mohamed Nasser Ali et leur extradition en Egypte à la demande d’al-Sisi.

Factcheking

Il fallait attendre la matinée du vendredi pour en savoir davantage. Ayman Nour, cité plus haut, propriétaire de la chaine Elsharq TV et fondateur du parti d’opposition non religieux, Ghad al-Thawra, a enchainé les déclarations à Al Jazeera et à d’autres médias. Ci-après ce qu’il faut en retenir :

  1. Il confirme avoir été approché par les autorités turques au sujet du ton des chaînes.
  2. Une réunion a bien eu lieu jeudi après-midi entre des responsables turcs et des représentants de l’opposition égyptienne en Turquie.
  3. L’ordre du jour de ladite réunion a porté sur les développements récents des relations entre Le Caire Ankara ainsi que sur la ligne éditoriale des chaînes égyptiennes opérant en Turquie.
  4. Il dément les rumeurs de fermeture des chaines et d’annulation des programmes télés politiques.
  5. Il révèle que les représentants de l’opposition égyptienne comprenaient la position des responsables turcs et respectaient leur volonté de rendre le discours de ces chaînes «conforme aux codes d’honneur des médias et de la presse».
  6. Il annonce étudier la possibilité du déplacement de ces chaines pour opérer en dehors de la Turquie.

La chaine américaine en langue arabe , Al Hurra, a révélé pour sa part d’autres éléments apportés par une source proche du dossier requérant l’anonymat :

  1. Le gouvernement turc a informé la direction des chaînes d’opposition égyptiennes à Istanbul d’arrêter immédiatement les programmes politiques qu’ils diffusent, dans lesquels ils critiquent le régime égyptien et son président, Abdel Fattah al-Sisi.
  2. Un responsable turque a rencontré jeudi après-midi la direction des trois chaînes, et les a informé de la décision de fermeture immédiate, qui a été assouplie à l’issue de la réunion pour limiter les émissions politiques.
  3. Une réunion est prévue dans les jours qui suivent ( ce samedi selon Al jazeera ) pour continuer les négociations et acter les décisions.

Elsharq TV a été la première à régir à cette pression turque avec l’annulation de la diffusion de l’émission «Charie Masri» (Rue égyptienne), rapporte Al Hurra.

The Big Picture

L’arrivée au pouvoir à Washington d’une administration qui se positionne en opposition totale à sa précédente, a créé une onde de choc importante amorçant des bouleversements majeurs dans les relations internationales, principalement au Moyen-Orient et en Europe, terrains des ruptures trumpiennes.

La Turquie, à l’image de la Russie, des Emirats Arabes Unis et d’Israël ont constitué les catalyseurs principaux de la gestion des crises et dans le remodelage d’un Moyen-Orient qui fait barrage au spectre d’une Eurasie chinoise avec un minimum d’investissement humain et financier des américains.

L’administration Biden découvre une situation d’une grande complexité et tente d’imposer sa vision dans laquelle elle veut avoir la main sur l’ensemble des dossiers de la région, quitte à fâcher ses alliés.

Cette posture américaine s’accompagne par une lenteur et une hésitation qui ne laisse pas le choix aux pays sus-cités, que de chercher de nouveaux partenariats et nouvelles alliances sans attendre l’installation du nouvel ordre mondial version Biden.

A ce titre, les ennemies d’hier, la Turquie et l’Egypte, voient leurs intérêts géopolitiques se recroiser. Erdogan, dont le pays se prépare aux élections générales en juin 2023, a deux ans pour redresser une situation économique et sécuritaire menaçante en raison, entre autres, de la crise sanitaire et de la crise migratoire syrienne.

Le gaz de la méditerranée, raison principale de l’intervention de la Turquie en Lybie, serait également l’un des dossiers qui ont poussé Erdogan à revoir se politique agressive envers al-Sissi depuis la destitution du président démocratiquement élu d’Egypte, Mohamed Morsi.

Crise économique et menaces américaines obligent, Ankara estime désormais qu’un rapprochement avec Le Caire servirait les intérêts de la Turquie dans au moins deux grands dossiers : le partage des ressources gazières de la Méditerranée orientale et la situation en Libye.

Al-Sissi pour sa part n’est pas dupe. Si l’opposition égyptienne a trouvé refuge et asile politique en Turquie, la guérilla médiatique installée dans le pays est financée par des fonds des pays du Golfe, y compris de son allié Mohammed ben Zayed.

Il faut savoir que les chaînes Almayadeen, Elsharq TV et Watan TV emploient, certes, des journalistes opposants au régime égyptiens vivant sur le sol turque, mais le financement et la diffusion se font depuis Londres. C’est au Royaume-Unis que résident les hommes de paille des vrais instigateurs de l’opposition égyptienne contrôlées.

En effet, ni Ayman Nour, avocat et chef de parti en exil, ni Azmi Bishara, l’arabe israélien, membre du Knesset de père en fils et résident au Qatar, (Bishara est celui qui murmurait dans ls oreilles de Taoufik Bouachrine et des leaders du PJD marocains) n’ont les ressources suffisantes pour maintenir sur plusieurs années ces gouffres financiers qui sont les chaines satellitaires dépourvues de rentrées publicitaires.

Par ailleurs, les leaders politiques de l’opposition égyptienne ont très peu accès aux médias et al-Sissi le sait. Ces chaines installées en Turquie ont servi d’une part de maintenir la pression sur un régime militaire naissant et d’autre part à canaliser la grogne populaire égyptienne et arabe après l’échec du printemps arabe.

Islam: Washington critique la riposte de Paris après les attentats

Un haut responsable américain a critiqué mardi la riposte de Paris contre l’islamisme radical après les récents attentats en France, illustrant le dialogue de sourds entre la «liberté religieuse» chère aux Etats-Unis et la «laïcité» défendue bec et ongles par le président français Emmanuel Macron.

Avec AFP

«Je suis inquiet, évidemment, pour ce qui se passe en France», a dit l’émissaire des Etats-Unis pour la liberté religieuse, Sam Brownback, lors d’un échange avec des journalistes.

«Il peut y avoir un dialogue constructif qui peut, je pense, être utile», mais «quand on est trop répressif, la situation peut s’aggraver», a prévenu cet ambassadeur respecté, au lendemain de la publication de la nouvelle liste noire américaine sur la liberté de religion, qui met à l’index cette année le Nigeria aux côtés de l’Arabie saoudite, la Chine ou encore l’Iran.

«Notre point de vue, c’est que le rôle du gouvernement est de protéger la liberté religieuse. Vous ne pouvez pas pratiquer votre foi de façon violente (…) mais si vous pratiquez votre foi pacifiquement, vous êtes dans votre bon droit», a-t-il ajouté.

Selon Sam Brownback, «les pays s’en sortent mieux lorsqu’ils travaillent avec les chefs religieux pour identifier les inquiétudes et les problèmes, sans entrer en conflit avec des groupes religieux».

Emmanuel Macron a nettement haussé le ton contre l’islamisme radical depuis l’assassinat en octobre d’un professeur qui avait montré en classe des caricatures de prophète de l’Islam dans un cours sur la liberté d’expression, suivi d’un attentat qui a fait trois morts dans la basilique de Nice, dans le sud-est de la France.

Action massive et inédite contre 76 mosquées

Le gouvernement français a annoncé une «action massive et inédite» contre 76 mosquées et a dissous des associations décrites comme des «officines islamistes» œuvrant «contre la République». Il doit présenter mercredi un projet de loi «renforçant les principes républicains», qui vise à lutter contre «les séparatismes» et l’islamisme radical.

Dans le monde musulman, cette réponse a souvent été perçue comme une attaque contre l’islam en général, et des appels au boycott de produits français ont même été relayés par le président turc Recep Tayyip Erdogan, engagé dans un face à face sans merci avec Emmanuel Macron.

Mais la position française a été critiquée aussi au-delà, et notamment dans le monde anglo-saxon.

«La France se bat contre le séparatisme islamiste, jamais contre l’islam», avait répondu le président français dans une tribune publiée début novembre dans le quotidien britannique Financial Times.

Quelques jours plus tard, il avait décroché le téléphone pour se plaindre, auprès du New York Times, de certains médias anglophones qui «disent que le coeur du problème, c’est que la France est raciste et islamophobe».

Selon le journaliste du quotidien américain qui avait recueilli les doléances d’Emmanuel Macron, ce dernier reproche aux médias américains de chercher «à imposer leurs propres valeurs à une société différente», sans comprendre «la laïcité à la française».

Vendredi, il est encore longuement revenu sur ces critiques, assurant que la France n’avait «pas de problèmes avec l’islam» et tentant d’expliquer que cette vision très particulière de la «laïcité» — qui n’a d’ailleurs pas de traduction optimale en anglais — trouvait ses racines dans la séparation entre la politique et le religieux qui est à la fondation de la République française.

De la même manière, il a défendu une fois de plus la liberté d’expression et le droit de critiquer et caricaturer les religions.

Jusqu’ici, le gouvernement américain avait vivement dénoncé les attentats d’octobre en France et s’était tenu à l’écart de cette polémique.

Les critiques de l’ambassadeur Brownback reflètent toutefois un positionnement très différent, à Washington, dans la relation de l’Etat à la religion.

Les Etats-Unis défendent la «liberté de religion» avant tout et voient avec suspicion toute restriction à sa pratique. Ce principe a été érigé en «première des libertés» par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, un chrétien évangélique fervent, qui invoque régulièrement Dieu dans ses prises de position publiques.

La Turquie ne cédera pas aux menaces de l’UE et veut négocier, dit Erdogan

La Turquie ne cédera pas aux menaces dans le différend qui l’oppose à la Grèce et à Chypre au sujet des droits maritimes dans l’est de la Méditerranée, a déclaré lundi son président, Recep Tayyip Erdogan, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bruxelles.

Reuters

Mais il a ajouté que son pays était prêt à négocier sur les droits d’exploration des plateaux continentaux et d’exploitation d’éventuelles ressources énergétiques.

Les chefs de la diplomatie de l’UE doivent débattre des motifs éventuels de sanctions visant la Turquie, afin de soumettre des propositions aux chefs d’Etat et de gouvernement pour le Conseil européen de jeudi et vendredi.

«Sur le sujet de la Méditerranée orientale, notre pays n’est jamais du côté de la tension mais de celui de la paix, de la coopération, de l’équité et de l’application de la justice. Le chemin dans ce sens passe par la négociation sur la base d’un respect mutuel», a dit Erdogan, répétant son appel à la tenue d’une conférence réunissant toutes les parties concernées.

Il a toutefois assuré qu’Ankara ne permettrait pas à la «mentalité de piraterie» manifestée par d’autres pays de restreindre les droits d’accès maritimes turcs.

«Nous ne céderons pas aux menaces et au chantage (…) Nous ne permettrons pas l’expansionnisme impérialiste», a-t-il dit.

La tension sur ce dossier a atteint un pic en août lorsque la Turquie a dépêché un navire d’exploration des ressources énergétiques dans des eaux revendiquées également par la Grèce.

Ankara et Athènes ont accepté en septembre de reprendre les discussions sur leurs revendications maritimes respectives, interrompues depuis quatre ans, mais la Grèce refuse que les pourparlers commencent tant que les navires turcs n’auront pas quitté les zones concernées.

Le navire d’exploration turc, l’Oruç Reis, a regagné son porte d’attache la semaine dernière.

Erdogan appelle les Turcs à boycotter les produits français

 Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé lundi ses compatriotes à cesser d’acheter des produits français, une nouvelle étape dans la montée de la tension entre Ankara et Paris au sujet de la lutte contre l’islamisme en France.

Plus généralement, les propos d’Emmanuel Macron défendant le droit à la caricature, y compris du prophète Mohammad , en France après l’assassinat du professeur d’histoire Samuel Paty, suscitent des critiques voire de la colère dans une partie du monde musulman.

Au Bangladesh, des manifestants ont brandi lundi des pancartes avec une caricature du président français et la légende «Macron est l’ennemi de la paix». Le Pakistan a pour sa part convoqué l’ambassadeur de France à Islamabad pour émettre une protestation officielle.

C’est néanmoins de Recep Tayyip Erdogan que viennent les critiques les plus virulentes contre Emmanuel Macron alors que la France et la Turquie, pourtant toutes deux membres de l’Otan, s’opposent déjà vivement sur la situation en Libye, sur les souverainetés maritimes en Méditerranée orientale ou encore sur le conflit au Haut-Karabakh.

Le chef de l’Etat turc a ainsi répété lundi pour une troisième journée consécutive que son homologue français devrait se faire soigner, une affirmation qui a déjà conduit ce week-end la France à rappeler son ambassadeur en Turquie.

«De la même manière qu’ils disent en France ‘n’achetez pas des produits de marques turques’, j’appelle tous mes concitoyens à ne pas aider les marques françaises ou à en acheter», a dit Recep Tayyip Erdogan.

Selon l’institut statistique turc, la France est la dixième source d’importations en Turquie et elle est la septième destination des produits turcs. Les automobiles françaises notamment sont très populaires dans le pays.

Erdogan compare le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs avant la Deuxième Guerre mondiale

Reuters & AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a comparé aujourd’hui le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs avant la Deuxième Guerre mondiale, accusant certains dirigeants européens de « fascisme » et de « nazisme » a rapporté l’AFP.

«Une campagne de lynchage semblable à celle contre les Juifs d’Europe avant la Deuxième Guerre mondiale est en train d’être menée contre les musulmans», a déclaré Erdogan dans un discours à Ankara.

Soutiens européens

Pour Recep Tayyip Erdogan, les dirigeants européens doivent se hâter de «mettre fin aux projets anti-islam et à la campagne de haine» du président français.

Emmanuel Macron a reçu le soutien de plusieurs pays européens, comme l’Italie ou les Pays-Bas qui ont jugé les propos du président turc «inacceptables». Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, et le porte parole d’Angela Merkel ont eux aussi dénoncé les attaques personnelles contre le président français.

Appels au boycott de produits français

Cet appel au boycott de produits français ne se résume toutefois pas à la Turquie.

A Koweït, un supermarché a décidé de retirer les produits du groupe de cosmétiques L’Oréal de ses rayons tandis qu’en Arabie saoudite, des appels à ne plus se rendre dans les magasins Carrefour circulent sur les réseaux sociaux, même s’ils ne semblent pas suivis comme l’ont constaté des journalistes de Reuters lundi à Ryad.

Interrogé sur le sujet, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a déclaré lundi sur RMC qu’il n’était «pas question de céder au chantage». «On doit faire passer nos principes avant la possibilité de développer nos affaires», a dit le représentant du patronat français.

La France a déjà réclamé dimanche l’arrêt des appels au boycott de ses produits et Emmanuel Macron a écrit sur Twitter: «Rien ne nous fera reculer, jamais».

Trump reconnaît qu’il s’entend mieux avec les dirigeants « durs et méchants »

Le président américain Donald Trump reconnaît, dans un enregistrement rendu public lundi, qu’il s’entend mieux avec les dirigeants étrangers « durs et méchants ».

AFP

Ces confidences, enregistrées par le journaliste d’investigation Bob Woodward, ont été diffusées par la chaîne NBC à la veille de la publication du livre « Rage », une chronique de sa présidence basée sur 18 entretiens entre les deux hommes.

Dans cet extrait, Donald Trump revient sur ses liens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a muselé la presse et emprisonné des dizaines de milliers d’opposants après une tentative de coup d’Etat en 2016.

« Je m’entends très bien avec Erdogan, même si je ne suis pas censé parce que tout le monde dit +quel horrible type+ », confie-t-il dans cet enregistrement en date du 22 janvier, avant d’élargir son propos à l’ensemble de ses homologues étrangers.

« Je peux vous dire que, plus ils sont durs et méchants, mieux on s’entend », dit-il. « Vous m’expliquerez ça un jour, OK ? », demande-t-il à son interlocuteur. « Les plus faciles sont peut-être ceux que j’aime le moins, ou plutôt avec lesquels je m’entends le moins bien. »

Donald Trump a également noué une relation particulière les président chinois Xi Jinping, russe Vladimir Poutine ou le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, tous accusés de graves violations des droits humains.

Le président américain a également rencontré à trois reprises le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et loue régulièrement leur bonne entente, allant jusqu’à dire qu’ils sont comme « tombés amoureux ».

A l’inverse, ses relations sont plus que tièdes avec les dirigeants de pays alliés, notamment avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Lors de ses entretiens avec Bob Woodward, connu pour avoir révélé le scandale du Watergate qui a entraîné la démission du président Richard Nixon en 1974, Donald Trump a fait d’autres aveux embarrassants. Dans un premier enregistrement diffusé la semaine dernière, il reconnaît notamment avoir sciemment dissimulé la gravité de la pandémie de nouveau coronavirus.

La Turquie ironise sur «les trous de mémoire» de Macron au sujet de la Libye

Emmanuel Macron, qui a estimé lundi que la Turquie jouait un «jeu dangereux» en Libye, souffre de «trous de mémoire» dans le dossier libyen, a estimé mardi le ministère turc des Affaires étrangères, dernier épisode de la joute verbale à laquelle se livrent à distance Paris et Ankara depuis plusieurs jours.

Plongée dans le chaos depuis 2011, la Libye est divisée en deux camps rivaux entre le gouvernement d’entente nationale (GEN) dirigé par Fayez el Sarraj, qui siège à Tripoli et qui est reconnu par la communauté internationale, et un gouvernement parallèle soutenu par le maréchal Khalifa Haftar, dans l’Est.

Ces deux camps sont soutenus officiellement ou officieusement par des puissances régionales – la Turquie pour le GEN et la Russie, l’Egypte ou encore les Emirats arabes unis pour le maréchal Haftar.

Accusée de soutenir ce dernier, la France a toujours démenti et a durci le ton ces dernières semaines contre la Turquie, qu’elle accuse notamment de violer l’embargo sur les armes et de destabiliser de ce fait un peu plus la Libye.

«Seul un trou de mémoire peut expliquer la qualification par Macron de notre soutien au gouvernement légitime libyen (…) et sur leur demande» d’aide, a estimé le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Hami Aksoy.

«Les troubles dans lesquels la Libye est actuellement plongée sont le fait des attaques du pustchiste Haftar que (Macron) soutient et qui est un chef militaire qui a refusé les accords de cessez-le-feu à Moscou et à Berlin», a-t-il ajouté.

Reuters

Macron accuse Erdogan de mener un «jeu dangereux» en Libye

/

Le président français Emmanuel Macron est monté d’un cran lundi dans l’escalade des tensions avec la Turquie, dénonçant le «jeu dangereux» d’Ankara en Libye dans lequel il voit une nouvelle démonstration de la «mort cérébrale» de l’Otan.

«Je considère aujourd’hui que la Turquie joue en Libye un jeu dangereux et contrevient à tous ses engagements (de non ingérence, ndlr) pris lors de la conférence de Berlin» en janvier, a-t-il lancé à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Kais Saied à la présidence française.

«Il en va de l’intérêt de la Libye, de ses voisins, de toute la région mais également de l’Europe», a-t-il insisté, précisant avoir tenu « le même discours » au président américain Donald Trump lors d’un entretien téléphonique lundi après-midi.

Il a appelé à ce «que cessent les ingérences étrangères et les actes unilatéraux de ceux qui prétendent gagner de nouvelles positions à la faveur de la guerre» en Libye.

«Les choses ne peuvent se poursuivre ainsi. La Tunisie est l’un des pays qui en souffrent le plus», a renchéri pour sa part le président tunisien, en référence aux risques de déstabilisation aux portes de son pays. Kais Saied, dont c’était le deuxième voyage à l’étranger, après l’Algérie, depuis son élection en décembre, a mis en garde contre une «partition de la Libye», qui serait «un danger pour toute la région».

Ankara, principal soutien international du GNA

La Turquie est devenue le principal soutien international du gouvernement d’union nationale (GNA) de Tripoli, qui a repris début juin le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye en faisant reculer les forces du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays.

Le ton ne cesse de monter entre Paris et Ankara. La France affirme que la Turquie fournit massivement des armes au GNA en violation d’un embargo des Nations unies. La Turquie accuse de son côté Paris de soutenir le maréchal Haftar, et d’être le «sous-traitant de certains pays de la région» dans la crise libyenne, une allusion aux Emirats et à l’Egypte.

Paris s’est toujours défendue de tout soutien au maréchal Haftar. Lundi, le président français a d’ailleurs pris soin de dénoncer «toutes les incursions», celle de la Turquie qui a envoyé des milliers de combattants syriens, comme celle de la Russie via les mercenaires du groupe Wagner.

Il a pointé toutefois «l’inquiétude légitime du président (égyptien) Sissi lorsqu’il voit des troupes arriver à sa frontière».

Les forces du GNA visent désormais la ville côtière de Syrte (450 km à l’est de Tripoli), verrou stratégique vers l’Est contrôlé par le maréchal Haftar.

Mort cérébrale de l’Otan

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prévenu samedi que toute avancée des pro-GNA vers Syrte pourrait entraîner une intervention «directe» de son pays dans le conflit. Le GNA, reconnu par l’Onu, a dénoncé pour sa part comme une « déclaration de guerre » les menaces de l’Egypte.

Emmanuel Macron a réitéré au passage sa crainte d’une «mort cérébrale» de l’Otan – comme fin 2019 – en raison des tensions récurrente avec la Turquie, également membre de l’Alliance, et du manque de coordination entre ses membres.

La France avait déjà reproché à la Turquie à l’automne dernier d’avoir lancé une offensive contre des milices kurdes syriennes engagées au côté des Américains et des Européens dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). Paris accuse cette fois la marine turque d’avoir eu un comportement « extrêmement agressif » à l’encontre d’une de ses frégates en Méditerranée début juin.

«Je considère que c’est une des plus belles démonstrations qui soient» de «cette mort cérébrale», a martelé Emmanuel Macron, jugeant «intolérable» qu’une telle confrontation entre deux membres de l’Otan ait donné lieu à «si peu de dénonciation».

«Tant que nous continuerons, membres de l’Otan, Européens, parties prenantes de ce sujet à être faibles dans nos propos ou à manquer de clarté, nous laisserons le jeu des puissances non coopératives se faire», a-t-il asséné.

La joute verbale entre les deux pays semble ne plus cesser de s’accélérer. Ankara a arrêté quatre de ses ressortissants soupçonnés d’espionnage pour le compte de la France, a rapporté lundi un journal progouvernemental turc. Aucune confirmation de source indépendante n’a pu être obtenue.

Avec AFP

Encouragé par Paris et Abu Dhabi, Sissi menace d’intervenir directement en Libye si Erdogan avance sur Syrte

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prévenu samedi que toute avancée des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA), soutenues par Ankara, vers la ville stratégique de Syrte, en Libye, pourrait mener à une intervention «directe» du Caire.

Avec l’appui d’Ankara, les forces loyales au GNA –basé à Tripoli et reconnu par l’ONU– ont engrangé d’importantes victoires depuis début juin, reprenant le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye.

Les troupes rivales du maréchal Khalifa Haftar soutenu par la France, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte, n’ont pas cessé de reculer ces dernières semaines, essuyant des revers sur le terrain qui ont signé l’échec de leur offensive sur Tripoli lancée en avril 2019.

Les forces du GNA restent néanmoins freinées dans leur avancée vers la ville côtière de Syrte, verrou stratégique vers l’Est et sous contrôle du maréchal Haftar.

Ville natale de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi –déchu et tué en 2011–, Syrte, ainsi qu’Al-Joufra plus au sud, représentent une «ligne rouge», a averti le président egyptien, lors d’un discours retransmis à la télévision.

Si cette ligne est franchie, la sécurité de l’Egypte, qui partage une frontière poreuse avec la Libye, nécessitera une «intervention directe» des forces égyptiennes dans le pays, a-t-il déclaré.

«Toute intervention directe de l’Egypte est devenue légitime au niveau international, que ce soit au regard de la charte de l’ONU sur la légitime défense ou qu’elle se base sur la seule autorité légitime élue par le peuple libyen: le Parlement libyen» basé dans l’Est, a affirmé le président égyptien.

«Si le peuple libyen nous demande d’intervenir, c’est un signal envoyé au monde que l’Egypte et la Libye partagent (…) des intérêts communs, la sécurité et la stabilité», a-t-il ajouté.

Pour le GNA, il s’agit d’une «ingérence dans les affaires (internes) et une menace grave pour la sécurité nationale de la Libye» et la «paix internationale», a déclaré Mohamad Amari Zayed, membre du Conseil présidentiel du GNA.

«Il ne peut y avoir de lignes rouges à l’intérieur de nos frontières et sur nos terres», a-t-il clamé. «Aucune partie étrangère n’aura d’autorité sur son peuple

Trêve sous condition

Ankara a de son côté exigé samedi le retrait des troupes du maréchal Haftar de la ville de Syrte comme condition préalable à toute trêve.

«Un cessez-le-feu doit être viable (…) ce qui veut dire que les forces de Haftar doivent se retirer de Syrte et d’al-Joufra», a déclaré le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, lors d’un entretien avec l’AFP à Istanbul.

Ces avertissements successifs interviennent après l’invitation lancée par Le Caire, et refusée vendredi soir par le GNA, d’assister à une réunion d’urgence sur la Libye de la Ligue arabe, dont le siège est basé dans la capitale égyptienne.

Le GNA et la Turquie ont fait part de leur scepticisme, considérant l’initiative égyptienne comme une manière de faire gagner du temps au maréchal Haftar, qui est aussi soutenu par les Emirats arabes unis et la Russie.

Les Emirats arabes unis ont affirmé samedi être «au côté de l’Egypte pour toutes les mesures qu’elle prend pour assurer la sécurité et la stabilité» face au conflit en Libye, selon le ministère des Affaires étrangères. Le ministère des Affaires étrangères d’Arabie saoudite a lui aussi manifesté son «soutien à l’Egypte quant à son droit à défendre ses frontières et son peuple contre l’extrémisme, les milices terroristes et leurs soutiens dans la région».

Ankara –qui discute également avec Moscou dans le but de parvenir à un nouveau cessez-le-feu en Libye après l’échec de plusieurs trêves précédentes– a tancé la France, accusée de soutenir le maréchal.

«Le gouvernement français soutient un chef de guerre illégitime», a dénoncé le porte parole de la présidence turque. «Malgré tout cela, ils (les responsables français, NDLR) continuent de nous critiquer. Mais nous travaillons avec les acteurs légitimes et c’est la France qui travaille avec les mauvais acteurs.»

Mercredi, lors d’une réunion en visioconférence des ministres de la Défense de l’Otan –dont Ankara et Paris sont membres–, la France avait reproché à la Turquie son comportement «extrêmement agressif» contre une de ses frégates en Méditerranée et martelé que l’implication d’Ankara sapait tout effort de trêve en Libye.

Sur un autre front diplomatique, le chef du GNA, Fayez al-Sarraj a rencontré samedi à Alger le président Abdelmadjid Tebboune, qui cherche à jouer un rôle de médiateur dans le dossier libyen.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après une révolte populaire, la Libye est plongée dans le chaos et une guerre protéiforme, complexifiée par la présence accrue d’acteurs internationaux.

Avec AFP

Grande pagaille dans la gestion du confinement en Turquie. Le ministre de l’intérieur démissionne, Erdogan refuse

Le 10 avril au soir, le ministère de l’Intérieur avait pris des millions de Turcs de court en annonçant, deux heures avant son entrée en vigueur, une interdiction de sortir pendant 48 heures dans les 30 plus grandes villes du pays. Une annonce au dernier moment qui a provoqué la ruée de milliers de Turcs paniqués dans les commerces pour y faire des provisions, sans respect des règles de distanciation sociale. Vivement critiqué, le ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu va présenter dimanche soir sa démission que Recep Tayyip Erdogan va refusé un peu plus tard.

Les images d’attroupement de turcs devant les commerces ont été largement relayées sur les réseaux sociaux. Les critiques de nombreux opposants et internautes ont fusé blâmant le gouvernement pour la manière dont ce confinement a été mis en oeuvre, accusant les autorités d’avoir mis en danger la vie de milliers de personnes.

Le maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, a indiqué ne pas avoir été prévenu à l’avance.

Endossant «l’entière responsabilité de la mise en oeuvre de cette mesure», le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu a annoncé dimanche soir qu’il présentait sa démission, provoquant un séisme politique.

«Que ma nation, à laquelle jamais je n’ai voulu nuire, et notre président, à qui je serai fidèle toute ma vie, me pardonnent. Je quitte la fonction de ministre de l’Intérieur que j’ai eu l’honneur de remplir», a déclaré ce 12 avril le ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu.

Dans son communiqué le ministre de l’Interieur a défendu le confinement, une «mesure prise de bonne foi, visant à ralentir autant que possible la propagation de l’épidémie».

«Les scènes qui se sont produites n’ont pas rendu justice à la gestion impeccable de l’épidémie», a-t-il regretté.

Mais quelques heures plus tard, coup de théâtre : la présidence a indiqué que sa requête avait été rejetée par Erdogan.

«La démission de notre ministre de l’Intérieur n’a pas été acceptée. Il va continuer de remplir sa fonction», a déclaré la présidence dans un communiqué.

Après la panique initiale, la mesure, qui a pris fin dimanche à minuit (21H00 GMT), a globalement été respectée.

Un silence inédit a ainsi régné pendant le week-end à Istanbul, ville tentaculaire de 16 millions d’habitants.

Le confinement a été mis en place alors que l’épidémie de Covid-19 s’est accélérée en Turquie ces derniers jours.

Près de 57.000 personnes ont été infectées et environ 1.200 personnes sont mortes, selon le dernier bilan officiel publié dimanche par le ministère de la Santé.

1 2 3 5