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DIRECT. Investiture de Joe Biden

  • Joe Biden, âgé de 78 ans a prêté serment ce mercredi 20 janvier 2021, devenant ainsi le 46ème président des Etats-Unis
  • En prêtant serment, Kamal Harris devient pour sa part la première femme, et première personne afro-américaine et sud-asiatique, vice-présidente des Etats-Unis.
  • A Washington, les mesures de sécurité entourant la cérémonie sont exceptionnelles : 25.000 soldats de la Garde nationale, des milliers de policiers et une zone rouge délimitée par des grilles et des barbelés.
  • Donald Trump a refusé d’assister à la cérémonie. Il est arrivé à sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, quelques minutes avant la prestation de serment de son successeur Joe Biden.
  • Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton ont été aux premières loges à Washington.

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Trump quitte la Maison Blanche pour la Floride, Biden arrive

Quatre années «extraordinaires»: le président américain Donald Trump a quitté mercredi la Maison Blanche, quelques heures avant la fin de son mandat et la prestation de serment de Joe Biden.

AFP

Le 45e président de l’Histoire américaine, qui, pendant toute la durée de son mandat, a piétiné tous les usages et, pendant plus de deux mois, refusé d’accepter sa défaite, est parti sans avoir rencontré son successeur.

Depuis la base militaire d’Andrews, il a souhaité «bonne chance» à la nouvelle administration sans jamais prononcer le nom de Joe Biden. «Je reviendrai d’une manière ou d’une autre», a-t-il ajouté, entretenant le flou sur ses projets.

Il s’est ensuite envolé à bord d’Air Force One pour la Floride où il entamera dans son club de Mar-a-Lago, à 74 ans, sa vie d’ex-président.

Fait sans précédent depuis 150 ans, il a décidé de bouder la cérémonie d’investiture de son successeur.

Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton seront, eux, aux premières loges durant ce moment fort de la démocratie américaine prévu à 12H00 (17H00 GMT) avec un dispositif de très haute sécurité qui rend la capitale fédérale américaine méconnaissable.

La journée restera dans les livres d’histoire en particulier en raison de l’accession, pour la première fois, d’une femme à la vice-présidence de la première puissance mondiale. Kamala Harris, 56 ans, deviendra aussi la première personne noire, et d’origine indienne, à occuper cette fonction.

A l’issue d’un mandat marqué par une avalanche de scandales et deux «impeachments», Donald Trump quitte le pouvoir au plus bas dans les sondages, coupé d’une partie de son camp horrifiée par les violences du Capitole le 6 janvier dernier.

Juste avant de partir, il a gracié 73 personnes, dont son ancien conseiller Steve Bannon, accusé d’avoir détourné des fonds prétendument destinés à la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique.

Biden marque le contraste

Joe Biden, qui accède à la présidence à 78 ans après un demi-siècle en politique, entend marquer dès le premier jour le contraste — sur le fond comme sur la forme — avec l’ancien homme d’affaires de New York.

«Nous n’avons pas une seconde à perdre pour faire face aux crises auxquelles nous sommes confrontés en tant que nation», a-t-il tweeté mardi soir.

Dès mercredi, il prendra 17 décisions présidentielles pour revenir sur les mesures phares de Donald Trump, en engageant notamment le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’Organisation mondiale de la Santé.

L’immunologue Anthony Fauci interviendra au nom des Etats-Unis à une réunion du conseil exécutif de l’OMS dès jeudi, a déclaré Jeff Zients, qui coordonne la réponse de la nouvelle administration à la pandémie de Covid-19.

Pour limiter la propagation du virus, le président signera également un décret pour rendre obligatoire le port du masque dans les bâtiments fédéraux, ou pour les agents fédéraux.

Mardi soir, peu après son arrivée à Washington, il avait rendu un hommage solennel aux victimes du Covid-19, prenant le contre-pied de Donald Trump qui a depuis des mois tenté de minimiser l’impact d’une pandémie ayant fait plus de 400.000 morts aux Etats-Unis.

“Pour guérir, nous devons nous souvenir. Il est difficile parfois de se souvenir mais c’est ainsi que nous guérissons”, a-t-il déclaré devant l’imposant monument Abraham Lincoln.

L’ancien bras droit de Barack Obama s’est ensuite recueilli, au son de la chanson “Hallelujah” de Leonard Cohen, face aux 400 lumières allumées autour du bassin rectangulaire dans lequel se reflétait le Washington Monument.

Pas de foule mais des drapeaux

Cette journée de consécration pour Joe Biden se déroulera dans un climat très particulier, sous l’effet combiné de la pandémie et du traumatisme encore frais des violences du Capitole qui ont fait cinq morts.

Les mesures de sécurité entourant la cérémonie sont exceptionnelles. Quelque 25.000 soldats de la Garde nationale et des milliers de policiers venus de tout le pays seront déployés. Preuve de la tension qui règne: douze d’entre eux ont été écartés du dispositif de sécurité dans le cadre d’une procédure de recherche d’éventuels liens avec des groupes extrémistes, a indiqué mardi le Pentagone.

Loin des foules immenses qui se pressent traditionnellement sur l’immense esplanade du «National Mall» pour voir leur nouveau président, l’ancien vice-président de Barack Obama fera face à plus de 190.000 drapeaux plantés pour représenter ce public absent.

De hautes grilles, parfois surmontées de barbelés, protègent la «zone rouge» entre la colline du Capitole et la Maison Blanche.

En attendant, le processus de confirmation par le Sénat des ministres désignés par le président élu a commencé mardi, afin que le gouvernement soit au plus tôt en ordre de marche face aux nombreuses crises.

Sur le front diplomatique, le futur secrétaire d’Etat, Antony Blinken, a promis de rompre avec quatre années d’unilatéralisme en “revigorant” les alliances mises à mal sous Donald Trump.

Mais le futur chef de la diplomatie américaine a aussi déclaré que le républicain avait «eu raison» d’avoir adopté une position «plus ferme face à la Chine».

L’Europe «a de nouveau un ami à la Maison Blanche» a lancé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, quelques heures avant l’investiture de Joe Biden, tandis que le président du Conseil européen, Charles Michel, l’a invité à une réunion avec les dirigeants de l’Union européenne pour «construire ensemble un pacte fondateur nouveau».

Le président iranien Hassan Rohani s’est réjoui, lui, de la «fin» de l’ère du «tyran» Donald Trump.

Du côté de l’économie, la prochaine secrétaire au Trésor Janet Yellen a appelé à «voir grand» dans la réponse à la crise provoquée par la pandémie et à remettre donc à plus tard les préoccupations sur le déficit public.

États-Unis : Le Capitole bouclé provisoirement après un incendie à proximité

Le Capitole à Washington a été provisoirement fermé lundi à la suite d’un incendie près du bâtiment, a déclaré la police chargée de la protection de cet édifice abritant les deux chambres du Congrès des Etats-Unis, à deux jours de l’investiture de Joe Biden.

Reuters

«Il n’y a aucune menace contre la population», ont écrit sur Twitter les services chargés de la protection du président américain.

Dans un communiqué, la police du Capitole a déclaré que les membres et le personnel du bâtiment avaient été priés de se mettre à l’abri pendant que les investigations sont en cours.

Un journaliste de Reuters avait auparavant rapporté que le Capitole avait été bouclé en raison d’une menace extérieure et que les participants aux répétitions pour l’investiture de Joe Biden, prévue mercredi, avaient été mis à l’abri dans le bâtiment.

L’incendie près du Capitole est désormais maîtrisé, ont indiqué les pompiers de la ville sur Twitter.

«Il n’y a eu aucun blessé», a déclaré le service des pompiers.

La ville de Washington et le Capitole sont sous tension depuis que des partisans de Donald Trump ont envahi le bâtiment le 6 janvier, interrompant le processus de certification des résultats de l’élection présidentielle de novembre. Cinq personnes ont trouvé la mort au cours de cet assaut.

Mark Zuckerberg bloque indéfiniment les comptes Facebook et Instagram de Donald Trump

Mark Zuckerberg, a déclaré jeudi que que les comptes Facebook et Instagram de Donald Trump ont été bloqués pour une durée indéterminée, au lendemain des violences au Capitole.

Avec agences

«Nous pensons que permettre au président de continuer à utiliser nos services pendant cette période pose des risques trop grands», a affirmé Mark Zuckerberg sur son compte Facebook, après une suspension temporaire annoncée mercredi soir.

«Par conséquent, nous prolongeons le blocage de ses comptes Facebook et Instagram pour une durée indéterminée et pendant au moins les deux prochaines semaines jusqu’à ce que la transition pacifique du pouvoir soit terminée», a précisé le fondateur et PDG de Facebook.

Cette décision de Facebook est la sanction la plus agressive jamais infligée au président sortant au cours de son mandat de quatre ans.

Citant des “violations graves et répétées” de ses règlements, Twitter a verrouillé pour une durée de 12 heures le compte de l’actuel locataire de la Maison blanche. Le réseau social a masqué trois publications dont il a demandé le retrait, sous peine de voir ce “gel” qui empêche Donald Trump de tweeter être maintenu indéfiniment.

Twitter a justifié ces mesures par “la situation de violence sans précédent en cours” dans la capitale américaine Washington.

L’interdiction de Twitter a été levée jeudi matin, toutefois le président n’a pas encore publié de tweet.

Les géants du numérique ont fait face avant l’élection présidentielle américaine de novembre à des pressions croissantes pour lutter davantage contre la désinformation sur leurs plateformes.

Chaos au Capitole : Vidéo de la femme abattue par la police

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Les partisans de Donald Trump qui ont envahi le Capitole ce mercredi ont filmé la mort d’Ashli Babbitt, abattue par la police alors qu’elle tentait d’enjamber une porte de l’édifice. Trois autres personnes ont trouvé la mort dans l’enceinte du Capitole à Washington et 52 personnes ont été arrêtées.

Elle s’appelait Ashli Babbitt, elle a reçu une balle dans la cou alors que des centaines de partisans de Donald Trump envahissaient l’enceinte du Capitole pour empêcher le Congrès de certifier la victoire de Joe Biden lors de l’élection présidentielle.

Au milieu de l’agitation et du chaos, des séquences vidéos ont capturé le moment où un agent de la police du Capitole a pointé son pistolet vers la jeune femme qui tentait de passer une porte aux vitres cassées et barricadée par des chaises, avant de tirer un coup de feu suite auquel, Ashli Babbitt s’est effondrée au sol. Elle succombera à ses blessures avant l’arrivée des secours.

Trois autres personnes – une femme et deux hommes – sont mortes aux alentours du Capitole «d’urgence médicale distincte», a déclaré le chef de la police de Washington Robert Contee.

La police a, selon lui, également procédé à 52 interpellations mercredi, dont 26 dans l’enceinte du Capitole.

Pour parer à d’éventuelles nouvelles manifestations, la maire de Washington Muriel Bowser a étendu l’état d’urgence dans la capitale fédérale pour 15 jours, soit jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump. Cela lui permettra, si nécessaire, de renouveler le couvre-feu décrété pour la nuit de mercredi à jeudi, ou de réquisitionner des moyens supplémentaires.

Ancienne militaire libertarienne

Vétéran de l’armée de l’air de 14 ans, Ashli Babbitt a effectué quatre déploiements avec l’armée de l’air américaine.

Sur son compte Twitter, elle se présentait comme «ancienne combattante» et «libertarienne», affichant son amour pour son pays. Elle avait récemment retweeté de nombreux messages de personnes se rendant à Washington pour manifester à l’appel de Donald Trump.

Mardi, Ashli Babbitt avait répondu à l’une d’entre elles qui se plaignait de l’annulation de son vol: «Rien ne nous arrêtera… Ils peuvent essayer, essayer et essayer mais la tempête est là et elle descend sur (Washington) DC dans moins de 24 heures… Du noir vers la lumière!»

Après le chaos à Washington, le Congrès valide l’élection de Joe Biden

Le Congrès a certifié l’élection de Joe Biden à la Maison Blanche après une journée d’une violence inimaginable mercredi à Washington, où des partisans de Donald Trump ont semé le chaos au sein même du Capitole, temple de la démocratie américaine.

Avec AFP

Au milieu de la nuit, et après le rejet d’objections émises par des élus républicains, le vice-président Mike Pence a confirmé jeudi la victoire du démocrate, avec 306 grands électeurs contre 232 pour le président sortant, devant les deux chambres réunies pour une session extraordinaire.

Censée être une simple formalité, cette certification a tourné à «l’insurrection», «presque à la sédition» selon les termes de Joe Biden, quand une foule de supporteurs du président sortant a envahi le Capitole, interrompant les débats.

Les images prises de l’intérieur du majestueux bâtiment situé au coeur de la capitale fédérale américaine marqueront l’Histoire: élus portant des masques à gaz, agents de la police en civil arme au poing, manifestants installés dans les bureaux des parlementaires.

Elles resteront à jamais associées à la fin de mandat tumultueux de Donald Trump, dont le jusqu’au boutisme a aliéné une partie de son propre camp.

Après une journée qui pourrait s’avérer désastreuse pour son avenir politique, Donald Trump a promis qu’il quitterait la Maison Blanche le 20 janvier. Réaffirmant son «complet désaccord» avec le résultat, il s’est engagé à un transfert du pouvoir «ordonné».

Depuis plus de deux mois, il refuse d’accepter sa défaite et souffle sur les braises de la division en brandissant des théories du complot. Sa croisade a culminé mercredi avec la prise d’assaut sur le siège du pouvoir législatif.

Des militaires de la Garde nationale ont été envoyés à Washington pour rétablir le calme après plusieurs heures d’extrême tension. Un couvre-feu est entré en vigueur en fin d’après-midi dans la ville, où l’état d’urgence sera prolongé durant deux semaines.

Au milieu de la confusion, une femme a été mortellement blessée dans le Capitole par un tir de la police. Cette Californienne s’appelait Ashli Babbitt et était une ardente partisane du milliardaire républicain.

Trois autres personnes ont perdu la vie dans le secteur de la colline du Capitole mercredi, mais la police s’abstient pour l’instant de lier directement ces décès aux violences.

Biden dénonce une attaque sans précédent contre la démocratie américaine

Lors d’une allocution au ton grave prononcée au plus fort de la crise, Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a dénoncé une attaque “sans précédent” contre la démocratie américaine.

Il a appelé Donald Trump à s’exprimer «immédiatement» à la télévision pour réclamer «la fin du siège» du Capitole.

En guise d’adresse solennelle, le président américain s’est contenté de quelques tweets et d’une brève vidéo mise en ligne sur internet dans laquelle il a demandé à ses partisans de se tenir à l’écart de la violence et de «rentrer chez eux».

«Je vous aime (…). Je comprends votre douleur», a-t-il cependant ajouté, voquant une nouvelle fois une élection «volée».

La vidéo a été retirée peu après par Facebook qui a jugé qu’elle «contribuait aux risques de violence». Le réseau social a par la même occasion décidé de bloquer le président américain pendant 24 heures. De son côté, Twitter a également supprimé la vidéo, a bloqué le compte @realDonaldTrump pour douze heures et l’a menacé de suspension permanente, des mesures sans précédent.

Le seul des prédécesseurs républicains de Donald Trump encore en vie, George W. Bush, a dénoncé des scènes de chaos dignes d’une «république bananière».

Pour Barack Obama, ces violences sont «un moment de déshonneur et de honte» pour l’Amérique. «Mais pas une surprise».

Scènes honteuses

Ces images ont également suscité l’indignation à travers le monde.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est dite «triste» et «en colère». Londres a dénoncé des «scènes honteuses». Le président français Emmanuel Macron a exhorté à ne rien céder face à «la violence de quelques-uns» contre les démocraties.

Du côté des ennemis des Etats-Unis, le président iranien Hassan Rohani a estimé que ces évènements montraient que la démocratie occidentale est «fragile et vulnérable».

Selon la US Capitol Historical Society, c’est la première fois que le Capitole a été envahi depuis que le bâtiment avait été incendié par les troupes britanniques en 1814.

Nous ne concéderons jamais

Après l’échec de sa croisade post-électorale devant les tribunaux, Donald Trump avait choisi dans un geste extraordinaire de défier le Congrès en réunissant des dizaines de milliers de ses supporteurs à Washington, au moment même où il devait graver dans le marbre la victoire de son rival.

A cette occasion, il s’en est pris avec un extrême virulence à son propre camp. Les ténors républicains sont «faibles» et «pathétiques», a-t-il lancé sous un ciel chargé de lourds nuages, à des dizaines de milliers de partisans.

«Nous n’abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais» la défaite, a-t-il martelé, mettant la pression sur son vice-président Mike Pence pour qu’il «fasse ce qu’il faut».

Avant que les débats ne sombrent dans la confusion, Mike Pence avait bien commencé à présider la session conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat .

Certains élus républicains avaient émis des objections aux résultats de l’élection dans certains Etats, mais plusieurs d’entre eux ont indiqué, après les incidents violents, qu’ils ne s’associaient plus à la démarche.

Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a martelé à la reprise que le Congrès ne se laisserait pas «intimider».

Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche allié de Donald Trump, a de son côté annoncé qu’il cessait d’emboîter le pas du président. «Ne comptez plus sur moi. Trop c’est trop», a-t-il dit.

Et, selon certains médias américains, des ministres du milliardaire républicain ont discuté de la possibilité d’invoquer le 25ème amendement de la Constitution, qui autorise le vice-président et une majorité du cabinet à déclarer le président «inapte» à exercer ses fonctions.

Le Sénat désormais démocrate

Les violents incidents sont intervenus au lendemain de deux élections partielles en Géorgie remportées par les démocrates, qui ont ainsi repris le contrôle du Sénat aux républicains.

Le candidat démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine Kelly Loeffler et est entré dans l’Histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet Etat du Sud traditionnellement conservateur.

Et Jon Ossoff a remporté la deuxième sénatoriale cruciale en Géorgie. A 33 ans, il va devenir le plus jeune sénateur démocrate depuis… Joe Biden en 1973.

Les démocrates auront 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la Constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aura le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.

USA: Buttigieg, révélation démocrate, sera le premier ministre ouvertement homosexuel

L’ex-candidat à la Maison Blanche Pete Buttigieg, révélation des primaires démocrates, a été choisi par Joe Biden comme futur ministre des Transports, ce qui en fera le premier membre ouvertement homosexuel d’un cabinet présidentiel américain.

AFP

Sa nomination, qui avait d’abord été annoncée par les médias américains, a été confirmée mardi soir par l’équipe du président élu. «Je fais confiance à Pete pour effectuer ce travail avec concentration, sens moral, et une vision audacieuse», a déclaré Joe Biden, cité dans un communiqué.

Ce choix devra être validé par un vote du Sénat.

Après avoir choisi Kamala Harris pour se présenter à ses côtés pour la vice-présidence, c’est le deuxième ancien rival de la primaire que Joe Biden décide d’intégrer dans son équipe.

A 38 ans, l’ancien maire de South Bend, une ville moyenne de l’Etat de l’Indiana, est l’un des seuls ténors politiques à avoir été jusqu’ici choisis par le septuagénaire démocrate Biden pour entrer dans son gouvernement, par ailleurs composé de spécialistes ou technocrates.

C’est aussi l’une des rares personnalités à n’avoir pas été membre de l’équipe de l’ancien président Barack Obama, lorsque Joe Biden était vice-président, de 2009 à 2017.

Décision historique

Si le Sénat entérine sa nomination, «Mayor Pete» deviendrait «la première personne ouvertement LGBT nommée à une position permanente au sein du cabinet présidentiel», s’est réjouie dans un communiqué l’organisation Victory Institute, qui milite pour que des personnalités issues des minorités sexuelles accèdent à des postes exécutifs.

L’association Human Rights Campaign a aussi salué une décision «historique». Joe Biden et Kamala Harris «tiennent leur promesse» en «formant un gouvernement à l’image de la diversité» de l’Amérique, a-t-elle estimé.

Quasiment inconnu du grand public lorsqu’il a présenté en avril 2019 sa candidature aux primaires démocrates pour la présidentielle de novembre dernier, Pete Buttigieg, ancien militaire passé par l’Afghanistan, a eu un parcours fulgurant.

Candidat modéré, il avait enregistré des succès spectaculaires lors des premières étapes des primaires, au moment où Joe Biden, politique chevronné positionné sur le même créneau centriste, essuyait déconvenue sur déconvenue malgré son statut de favori.

L’ancien vice-président avait finalement réussi à rebondir et Pete Buttigieg s’était retiré à son profit début mars, contribuant à donner un élan décisif à celui qui est de quarante ans son aîné.

«Il me fait penser à mon fils, Beau», décédé des suites d’un cancer au cerveau, avait alors déclaré Joe Biden. «C’est le plus beau compliment que je puisse faire à un homme», avait-il ajouté aux côtés de l’étoile montante du parti démocrate, passée par Harvard, Oxford et le cabinet de conseil McKinsey.

L’ex-candidat polyglotte — il parle sept langues –, marié à l’église à son époux Chasten Buttigieg, avait ensuite participé activement dans les médias à la campagne victorieuse de Joe Biden.

Celui à qui les stratèges démocrates prêtent toujours des vues sur la Maison Blanche, peut-être dès l’élection de 2024 si Joe Biden ne fait qu’un seul mandat, sera en tout cas au coeur de l’effort du président démocrate pour rénover les infrastructures du pays.

Ce poste est «à l’intersection» de plusieurs «défis», a rappelé Joe Biden dans son communiqué: “emplois, infrastructures, équité et climat se rejoignent tous au ministère des Transports”.

M. Buttigieg aura aussi la lourde tâche de se porter au chevet du secteur aérien, sinistré par la pandémie de Covid-19 qui a drastiquement réduit les vols commerciaux.

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