Elections2020 - Page 3

Mike Pompeo met la pression sur le camp des démocrates : «il y aura une transition en douceur vers la deuxième administration Trump»

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré qu’il y aurait une «transition en douceur vers une deuxième administration Trump» mettant la pression sur le camp Joe Biden qui n’a pas encore de visibilité sur le processus de l’installation du nouveau président prévue le 20 janvier prochain.

Alors que le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo tenait une conférence de presse pour discuter des questions de politique étrangère, en marge de la visite de la ministre des affaires étrangères sud-coréenne, Kang Kyung-wha, l’intérêt des journalistes présents s’est porté principalement sur les résultats des élections et si le département d’État travaillerait avec l’équipe de transition de Biden.

«Vous avez posé une question ridicule, ce département se soucie profondément de s’assurer que les élections dans le monde sont sûres et sûres, libres et équitables», a-t-il déclaré.

«Il y aura une transition en douceur vers une deuxième administration Trump», a-t-il répondu avec le sourire.

La déclaration a été suivie d’un rire guindé, il n’est donc pas clair s’il parlait sérieusement des contestations judiciaires de l’administration Trump contre les élections, ou dans une tentative d’humour.

«Nous sommes prêts, le monde regarde ce qui se passe», a-t-il déclaré par la suite.

«Nous comptons les votes, lorsque le processus sera terminé, il y aura des électeurs sélectionnés, il y a un processus que la constitution énonce assez clairement. Le monde doit avoir toute la confiance qu’il faut pour la transition afin que le Département d’État soit fonctionnel aujourd’hui, réussisse aujourd’hui et réussisse avec le président qui sera en fonction le 20 janvier.» a-t-il martelé.

«Nous voulons que chacun de ces votes soit compté de la même manière que nous nous attendons à ce que chaque vote ici aux États-Unis soit compté aussi. C’est tout à fait approprié, les États-Unis ont un système électoral profondément ancré dans notre Constitution, et nous allons nous assurer que nous y parvenons.», affirme le haut responsable américain.

Donald Trump a promis de continuer à se battre après que les résultats estimés par l’Associated Press et d’autres organisations médiatiques, ont déclaré gagnant le ticket Biden-Harris.

Il est à noter qu’à date d’aujourd’hui, les agences fédérales auraient été averties de ne pas coopérer avec l’équipe de transition de Joe Biden.

Ahmed Charaï : «Ceux qui annonçaient l’apocalypse aux USA, en ont eu pour leurs frais»

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Soutenu par les médias et les big tech, Biden a gagné les élections mais n’a pas réussi à terrasser un Trump qui a gardé une puissance électorale surprenante. Au Maroc, après l’annonce des résultats et le consensus mondial qui s’établie progressivement autour du ticket Biden-Harris, les regards sont désormais dirigés vers le département de Bourita, mais également vers les analyses qui donnent à l’opinion publique des clés de lectures des enjeux de ces élections pour le Royaume. Ahmed Charaï, observateur avisé de la politique américaine et éditorialiste dans de prestigieuses publications outre-Atlantique, a souligné dans sur un édito paru ce dimanche sur L’Observateur, les faits importants à retenir de cette bataille électorale. M. Charaï a tenu à mettre en exergue la solidité des institutions américaines qui a porté la victoire de la démocratie et qui a désenchanté les cassandres qui «pariaient sur les divisions, et annonçaient l’apocalypse».

«Au milieu de tant d’acrimonie, d’angoisse et de peur pour l’avenir, certains Américains ont perdu de vue ce que nous autres citoyens du monde voyons clairement: un pays étonnant et résilient qui reste le pivot du monde, le grand inspirateur des jeunes esprits et le grand espoir des idéaux nobles.» affirme Ahmed Charaï dans son éditorial, consacré aux élections américaines.

«Les institutions américaines sont solides et l’ont démontré, ceux qui pariaient sur les divisions, annonçaient l’apocalypse, en ont eu pour leurs frais», martèle l’éditorialiste qui se réjouit de la sérénité dont ont fait preuve les électeurs et qui a renforcé la grande démocratie américaine.

Victoire de la démocratie

« Le taux de participation élevé et le record des voix obtenus dans les deux camps est un fait notable dans un contexte socio-économique en berne en raison du coronavirus et malgré une campagne harassante et clivante », affirme M. Charaï.

En effet, les derniers résultats non définitifs du scrutin montrent que sur 239,2 millions de personnes éligibles au droit de vote, entre 149,1 millions et 165 millions ont voté. Soit un taux de participation situé entre 62,3 % et 69 %.

Le taux de participation de 1960 à 2020 aux élections présidentielles américaines, en pourcentage du corps électoral.

Avec cette participation historiquement haute, le nombre de voix recueillies par les deux candidats n’a jamais été aussi élevé. Donald Trump, a dépassé en 2020 le record détenu en 2008 par Barack Obama, qui avait recueilli 69,5 millions des suffrages.

Le président élu, le démocrate Joe Biden, a rassemblé 75,6 millions de voix contre 71,0 millions pour le républicain Donald Trump.

«La démocratie américaine sort renforcée de cette séquence. Comme d’habitude, les Américains ont tenu à renforcer les contre-pouvoirs, puisque le sénat reste rouge. C’est un équilibre des pouvoirs qui permet à toutes les institutions de jouer leur rôle, sans bloquer la marche du pays.», souligne M. Charaï.

Ces élections de tous les superlatifs, ont également été marquées par la consécration de la sénatrice californienne Kamala Haris en tant que première femme, noire et asiatique, vice-présidente des États-Unis.

«Cette élection est historique. Elle a mis pour la première fois une femme à la Vice-Présidence. Kamala Harris est une métisse, produit du rêve américain. Elle est le symbole que dans ce pays tout est possible. » appuie l’éditorialiste.

«Cela s’appelle une grande démocratie» s’est-il exclamé.

A quoi s’attendre avec Joe Biden?

A l’interrogation que tout le monde se pose: « Que va faire Joe Biden ? », Ahmed Charaï , ne s’est pas lancé dans de l’anti-trumpisme primaire et émotionnel qui pilule sur les réseaux sociaux et les médias. Il va ainsi rappeler le fait central de ces élections : « La campagne a été plutôt un vote pour ou contre Trump ».

M. Charaï note ensuite que la gestion de la pandémie a indéniablement coûté très cher au président sortant, tout en reconnaissant son bilan économique positif.

Pour rappel, à fin 2019, le chômage était au plus bas depuis cinquante ans, y compris pour les Afro-Américains, le taux de pauvreté absolue était le plus faible depuis les années 1960, un revenu médian record et une croissance supérieure à celle de l’Europe. La crise liée à la pandémie a tout anéantie.

«Joe Biden n’a pas développé réellement un programme économique. Est-ce qu’il va garder le cap protectionniste ? En vérité on n’en sait rien», estime Ahmed Charaï. «Revenir sur des décisions qui ont relancé la machine parait très difficile, surtout en ces temps d’incertitude.», poursuit-il.

Au sujet des relations internationales et diplomatiques, M. Charai est formel: « On est sûr que les USA vont revenir au multilatéralisme. Le Président élu a annoncé qu’il reviendra à l’accord de Paris sur le climat. Ce n’est pas une mince affaire parce que cela touchera des secteurs productifs. Il veut aussi apaiser les relations internationales avec la Chine, la Russie, l’Iran

«C’est une diplomatie plus classique qui se mettra en place.» a-t-il affirmé.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

MBZ et Abdallah II félicitent Biden, Netanyahu attend les résultats officiels et MBS plus soucieux des présidentielles de Tanzanie

Après le message de félicitation de l’émir du Qatar, le roi de Jordanie Abdallah II a publié à son tour un tweet qui reconnait l’élection de Joe Biden. Onze minutes plus tard, Mohammed Ben Zayed, prince héritier des Emirats Arabes Unis, suivra les pas des deux dirigeant arabes et postera un message de félicitation au binôme élu. Au même moment, les médias israéliens rapportent que Netanyahu attendait les résultats officiels.

Le Premier ministre Netanyahu attend les résultats officiels annonçant la victoire de Joe Biden sur Donald Trump pour féliciter le gagnant, rapporte le site d’information Walla, citant des sources proches du Premier ministre israélien.

Le rapport n’indique pas clairement ce que l’on entend par résultats officiels et si cela signifie la certification des résultats de l’État ou l’élection officielle de Biden par le collège électoral.

Par ailleurs, le roi de Jordanie Abdallah II a publié un message de félicitation sur Twitter, accompagné du photo qui le réunissait avec le nouveau président élu : « Félicitations au président élu Joe Biden et à la vice-présidente élue Kamala Harris. J’ai hâte de travailler avec vous pour faire progresser le solide partenariat historique entre la Jordanie et les États-Unis, dans l’intérêt de nos objectifs communs de paix, de stabilité et de prospérité.»

Onze minutes plus tard le Prince héritier des EAU et ami proche de Donald Trump, Mohammed Bin Zayed va reconnaitre à son tour l’élection de Joe Biden dans un message publié sur Twitter : «Félicitations à Joe Biden et Kamala Harris pour avoir remporté les élections américaines. Nos vœux les plus sincères de développement et de prospérité pour le peuple américain. Les EAU et les États-Unis sont des amis et des alliés avec un solide partenariat historique que nous espérons renforcer ensemble.»

Au moment de la rédaction de ces lignes, ni le roi d’Arabie Saoudite, ni son prince héritier n’ont réagit aux résultats des élections américaines. Par contre ils ont bien pris la peine de féliciter la réélection du président de la Tanzanie.

Les chefs d’Etats n’ont pas attendu Trump pour féliciter son successeur Biden

Alors que Donald Trump a annoncé avoir fait appel aux résultats des comptages de voix tout en promettant que «l’élection était loin d’être terminée», les félicitations affluent du monde entier à l’endroit de son adversaire. « j’ai hâte qu’on travaille ensemble» a affirmé Tamim ben Hamad. «Les Américains ont élu leur président» a tweeté Emanuel Macron. «Au plaisir de travailler avec Biden et Harris» a assuré Justin Trudeau, «Félicitations à Joe Biden et Kamal Harris» a déclaré Boris Johnson.

Donald Trump refuse toujours de reconnaître la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle, annoncée ce soir (samedi) par les chaînes de télévision américaines, mais plusieurs dirigeants du monde, sauf en Israël, n’ont pas attendu le président sortant et font savoir clairement comment ils voient les choses: un flot de félicitations coule en direction du président-Élu Joe Biden.

Justin Trudeau, le premier ministre voisin du nord du Canada, a été l’un des premiers à féliciter Joe Biden. Trudeau, qui a subi plusieurs insultes de Trump au cours des quatre dernières années, a déclaré moins d’une heure après que les réseaux américains aient annoncé la victoire de Biden: «Félicitations, Joe Biden et Kamala Harris. Nos pays sont de proches amis, partenaires et alliés. Nous avons une relation unique sur la scène internationale. J’ai vraiment hâte de poursuivre notre travail en ce sens, avec vous

Le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, dont les relations avec Trump sont en fait plutôt bonnes, a également déclaré: «Félicitations à Joe Biden pour son élection à la présidence des États-Unis et à Kamela Harris pour son exploit historique. Les États-Unis sont notre allié le plus important, et nous sommes impatients de travailler en étroite collaboration les uns avec les autres pour faire avancer nos intérêts communs, du changement climatique au commerce et à la sécurité

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominique Raab, a évoqué le fait que Trump a fait appel des résultats, déclarant: «Bien que la procédure soit toujours en cours, il est maintenant clair que Joe Biden a gagné».

La chancelière allemande Angela Merkel a également adressé ses félicitations à Biden et Harris et a ajouté qu’elle attendait avec impatience une coopération future avec eux.

«Notre amitié transatlantique est irremplaçable», a déclaré Merkel.

Le président français Emmanuel Macron, dont la relation avec Trump a également connu des périodes de tension, a également félicité sur Twitter le président-élu : «Les Américains ont désigné leur Président. Félicitations Joe Biden et Kamala Harris ! Nous avons beaucoup à faire pour relever les défis d’aujourd’hui. Agissons ensemble !»

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a déclaré dans son message: «Le peuple américain a élu le 46e président des États-Unis. Félicitations à Joe Biden et Kamla Harris. Nous vous souhaitons bonne chance et tout le succès dans le monde. Nous sommes impatients de coopérer avec vous et de relever les défis qui nous attendent. »

D’autres dirigeants, dont le Premier ministre belge Alexander De Croo et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ont également partagé leurs meilleurs vœux et espèrent collaborer avec le président élu et le vice-président élu une fois en fonction.

D’autres dirigeants sont restés muets

Certains politiciens qui avaient des liens plus étroits avec Trump ont préféré la prudence.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas encore réagi, mais une foule d’hommes politiques du pays ont félicité Biden et Harris.

Netanyahu a travaillé en étroite collaboration avec la Maison Blanche sur la politique au Moyen-Orient ces dernières années.

« Félicitations à mon ami le président élu Joe Biden et à la vice-présidente élue Kamala Harris. La relation entre nos pays est basée sur des valeurs profondément ancrées et des intérêts partagés critiques qui, je le sais, seront au cœur de votre administration» a déclaré le chef de l’opposition israélienne Yair Dit Lapid.

Amir Peretz, chef du Parti travailliste, et ministre du gouvernement de coalition de Netanyahu a également pris un ton diplomatique.

«Je félicite l’élection du président Joe Biden et lui souhaite plein succès», a écrit Peretz samedi sur Twitter.

Les médias US annoncent la victoire de Joe Biden

Joe Biden a été élu samedi président des Etats-Unis, l’emportant face à Donald Trump et mettant fin à une séquence politique inédite qui a secoué l’Amérique et le monde.

Reuters

Après quatre jours de suspense dans un pays à fleur de peau, l’ancien vice-président de Barack Obama a, selon les projections des chaînes CNN, NBC et CBS, franchi le seuil « magique » de 270 grands électeurs.

Il deviendra, le 20 janvier 2021, le 46e président des Etats-Unis.

Sa colistière, Kamala Harris, entrera dans l’Histoire en devenant la première femme noire à accéder à la vice-présidence.

Donald Trump, qui briguait un second mandat de quatre ans, n’a, à ce stade, pas reconnu sa défaite.

Il a jusqu’ici adopté une posture très belliqueuse, promettant une véritable guérilla judiciaire.

A l’issue d’une campagne d’une agressivité inouïe, chamboulée par la pandémie de Covid-19, le tempétueux président de 74 ans a échoué à se faire réélire, contrairement à ses trois prédécesseurs Barack Obama, George W. Bush, Bill Clinton.

A la fois révélateur et amplificateur des profondes fractures de l’Amérique, il aura, pendant quatre ans, provocations et tweets à l’appui, brisé tous les codes et piétiné tous les usages.

Consécration tardive

Pour Joseph Robinette Biden Jr., 77 ans, « lion de l’histoire américaine » selon les termes de Barack Obama, la consécration suprême sera arrivée tard, à l’issue d’une riche vie en politique jalonnée de tragédies.

Les drames personnels qu’il a traversés ont façonné cet homme au ton chaleureux. Ses douleurs et ses doutes, qu’il n’hésite pas à partager en public sur le ton de la confidence, font partie intégrante de son personnage.

Après avoir échoué en 1988 et 2008, puis hésité en 2016, celui qui a débuté sa carrière politique nationale au Sénat il y a près d’un demi-siècle – et connaît le fonctionnement de Washington sur le bout des doigts – obtient enfin les clés de la Maison Blanche.

A la faveur d’une campagne inédite, le démocrate a pris l’avantage sur l’ancien homme d’affaires en se contentant d’apparitions limitées et en faisant à l’Amérique une promesse de calme.

«Nous pouvons mettre fin à cette présidence qui, depuis le début, a cherché à nous diviser, à nous déchirer», martelait-il dans les dernières heures de la campagne.

Il sera le président le plus âgé de l’histoire des Etats-Unis au début de son mandat.

Dans un contraste saisissant avec l’énergie déployée sur les estrades de campagne par Donald Trump, celui que le président a affublé du surnom moqueur de « Joe l’endormi » a parfois donné l’image d’un homme frêle, fragile.

En fin stratège, il a réussi son pari en remportant la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin, trois Etats industriels traditionnellement démocrates que Donald Trump avait arrachés à Hillary Clinton en 2016.

Mais dans une Amérique profondément divisée, et face à un Sénat qui pourrait rester aux mains des républicains, il devra trouver le ton juste.

L’ombre de la pandémie

Pour Donald Trump Trump, entré avec fracas en politique en remportant la présidentielle en 2016 à la stupéfaction générale, cette défaite marque selon toute vraisemblance la fin de sa carrière politique.

Pour un homme qui martèle quotidiennement son souci de « gagner, gagner, gagner » et moque sans relâche les « losers », la claque est rude.

Si la vague démocrate annoncée par certains n’a pas eu lieu, et s’il a montré qu’il disposait d’un très solide socle d’électeurs, son refus obstiné d’élargir son audience a fini par lui coûter cher.

Sa gestion de la pandémie, qu’il a sans cesse minimisé en dépit d’un lourd bilan de plus de 230.000 morts, lui a valu de vives critiques, jusque dans son propre camp.

Le fait qu’il ait lui-même été touché par le Covid-19 lui offrait une occasion inespérée de changer de ton dans la toute dernière ligne droite. De faire enfin preuve d’empathie, de trouver les mots pour dire l’angoisse que suscite ce virus. Il ne l’a pas saisie.

Cette défaite étroite aurait aussi pu lui permettre de quitter le pouvoir en revendiquant une forme d’héritage politique. Très amer, il a cependant choisi une autre voie, agressive. Vendredi, il a une nouvelle fois crié à la fraude, sans apporter le moindre élément concret.

«Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection», a-t-il lancé jeudi dans une tirade brouillonne, truffée d’approximations et de contre-vérités sur le décompte en cours.

Ses avocats ont lancé de multiples actions judiciaires avec par exemple la menace de demander un recomptage dans le Wisconsin.

Les démocrates estiment les plaintes sans fondement, mais ces recours pourraient retarder de plusieurs jours ou semaines l’homologation des résultats.

Dans le Michigan et la Géorgie, deux juges ont déjà rejeté des recours républicains.

Trump isolé dans son camp

Donald Jr et Eric, deux des fils du président, se sont eux lancés depuis plusieurs jours dans une campagne de désinformation pour persuader leurs troupes que des tricheries massives étaient en cours.

Mais le 45e président des Etats-Unis apparaît isolé au sein de son propre parti dans sa croisade contre un « vol » du scrutin dont il aurait été la victime.

«Le discours du président hier soir m’a beaucoup dérangé, car il a formulé des allégations très, très graves, sans aucune preuve», a dit vendredi matin le sénateur républicain de Pennsylvanie Pat Toomey.

Karl Rove, l’ancienne éminence grise de George W. Bush qui arracha lui-même la présidence en 2000 à l’issue d’une guérilla judiciaire en Floride, a d’ailleurs souligné que des fraudes sur des centaines de milliers de bulletins de vote, dans de multiples Etats, requerraient un complot digne d’un film de James Bond.

Fidèle à la posture rassembleuse adoptée depuis des mois en campagne, Joe Biden avait appelé vendredi soir au calme et à la patience, de disant certain de sa victoire.

«Il est temps de nous rassembler», avait-il déclaré. «Nous devons surmonter la colère».

L’équipe Biden menace «d’expulser» Trump s’il refuse de quitter la Maison Blanche

Un porte-parole du candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a menacé vendredi «d’expulser» Donald Trump de la Maison Blanche s’il refusait de reconnaître une défaite, qui semblait de plus en plus probable.

AFP

Joe Biden était vendredi, à 77 ans, au seuil de la Maison Blanche après avoir pris la tête dans le comptage des voix dans l’Etat-clé de Pennsylvanie, mais Donald Trump semblait déterminé à contester le verdict des urnes. Aucun vainqueur n’a encore été déclaré.

«Les Américains décideront de l’issue de cette élection», a martelé vendredi un porte-parole de Joe Biden, Andrew Bates. «Et les autorités américaines sont parfaitement capables d’expulser les intrus de la Maison Blanche», a-t-il ajouté.

Dans un dépouillement qui avance au compte-gouttes, la tendance s’est inversée en début de matinée: mené depuis le scrutin de mardi en Pennsylvanie, l’ancien vice-président démocrate devance désormais le président républicain d’une courte avance.

Si l’ancien vice-président de Barack Obama l’emporte en Pennsylvanie, il deviendra le 46e président américain le 20 janvier, quelle que soit l’issue du dépouillement dans les autres Etats.

Donald Trump a crié jeudi une nouvelle fois à la fraude, sans apporter de nouveaux éléments.

Le républicain Mitt Romney lâche Donald Trump

Les principaux législateurs républicains, y compris le candidat à la présidence de 2012, Mitt Romney, ont critiqué vendredi l’affirmation non fondée du président Donald Trump selon laquelle les démocrates tentent de «voler» les élections, alors même que les dirigeants du parti républicain ont adopté un ton plus neutre – et d’autres ont exhorté la Maison Blanche à se battre.

Romney, maintenant sénateur de l’Utah, a déclaré que Trump était en droit de demander des recomptages et d’appeler à des enquêtes lorsque des preuves d’irrégularités existent.

Mais Trump «a tort de dire que l’élection a été truquée, corrompue et volée», a déclaré Romney sur Twitter. L’affirmation de Trump «porte atteinte à la cause de la liberté ici et dans le monde … et enflamme imprudemment les passions destructrices et dangereuses», a déclaré Romney.

Les commentaires de Romney sont venus alors que le sénateur républicain Pat Toomey de Pennsylvanie – dont l’Etat est un champ de bataille clé dans l’élection présidentielle, où le comptage de votes se déroule toujours – a qualifié l’allégation de fraude de Trump de «très inquiétante».

«Il n’y a tout simplement aucune preuve que quiconque m’ait montré de corruption ou de fraude généralisée», a déclaré Toomey à «CBS This Morning».

«Le discours du président hier soir a été très troublant pour moi car il a fait des allégations très, très graves sans aucune preuve à l’appui», a déclaré Toomey.