Coronavirus

Vaccin contre le coronavirus: Ne pas mettre tous les œufs dans le même panier, dit Tedros (OMS)

 «Nous ne pouvons pas mettre tous nos oeufs dans le même panier», a estimé jeudi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Ghebreyesus, évoquant la recherche d’un vaccin contre le coronavirus à l’ouverture du Forum de Paris sur la paix.

Reuters

Pfizer et son partenaire allemand ont annoncé lundi que leur vaccin expérimental était efficace à plus de 90% sur la base des premières données d’un essai clinique à grande échelle.

Coronavirus: Le vaccin de BioNTech sera «bien en dessous» des prix habituels du marché

BioNTech, qui a annoncé récemment des résultats prometteurs d’un vaccin développé avec Pfizer, prévoit de commercialiser les deux doses nécessaires à un prix inférieur à celui habituellement pratiqué sur le marché et qui sera adapté en fonctions des pays et des régions du monde.

Reuters

Ryan Richardson, directeur de la stratégie chez BioNTech, a déclaré lors d’un événement en ligne organisé par le Financial Times que le prix du vaccin, quoi doit encore obtenir toutes les autorisations réglementaires, reflèterait les risques financiers pris par ses investisseurs privés.

«Nous prévoyons (…) de fixer le prix de notre vaccin bien en dessous des prix habituels du marché afin de refléter la situation dans laquelle nous nous trouvons, et dans le but d’assurer une large distribution mondiale», a-t-il dit.

La Commission européenne doit donner mercredi son feu vert à la signature d’un contrat en vue de l’achat de plusieurs centaines de millions de doses de ce vaccin.

Les espoirs de vaccin alimentent toujours la hausse des actions en Europe

Les Bourses européennes ont fini dans le vert mardi en profitant toujours, bien que dans une moindre mesure que la veille, des résultats encourageants de Pfizer sur un candidat vaccin contre le coronavirus.

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 1,55% à 5.418,97 points, un plus haut depuis le 5 mars. Le Footsie britannique a pris 1,79% et le Dax allemand s’est octroyé 0,51%.

L’indice EuroStoxx 50 a avancé de 1,02%, le FTSEurofirst 300 de 0,96% et le Stoxx 600 de 0,9%.

Ce dernier se maintient proche d’un pic de huit mois après l’annonce lundi par Pfizer que son candidat vaccin était efficace à 90% contre le coronavirus, selon une étude à grande échelle.

«Après une réaction euphorique des marchés, la question qui se pose maintenant est de savoir si elle était justifiée ou peut-être exagérée», écrivent les analystes de Commerzbank dans une note.

La route reste en effet longue avant une possible distribution d’un vaccin contre un virus qui continue de sévir essentiellement aux Etats-Unis et en Europe.

Si les investisseurs ont besoin de plus de visibilité en termes de distribution, de quantité, de calendrier, de destinataires du vaccin, l’optimisme devrait durer, a souligné de son côté Neil Jones, chez Mizuho.

Valeurs en Europe

La perspective d’un vaccin anti-COVID a conduit les investisseurs à prendre des bénéfices en premier lieu sur les valeurs technologiques dont la progression boursière s’était accentuée avec la crise sanitaire.

L’indice Stoxx du secteur a perdu 2,27% tandis que ceux de l’automobile, des banques et de l’énergie ont pris entre 3,16% et 3,92%.

Ainsi à Paris, STMicro (-5,94%) a fini dernier du CAC 40.

Le groupe d’immobilier commercial Unibail-Rodamco-Westfield a bondi de 20,95%, en tête du Stoxx 600, après le rejet par les actionnaires du projet d’augmentation de capital de 3,5 milliards d’euros présenté en septembre par la direction.

Adidas a perdu 5,79%, l’équipementier sportif ayant dit s’attendre à une baisse des ventes sur les trois derniers mois de l’année en raison des nouveaux confinements imposés face à la pandémie.

A Wall Street

A l’heure de la clôture européenne, Wall Street évoluait en ordre dispersé: le Dow Jones gagnait 0,96%, le S&P-500 reculait de 0,16% et le Nasdaq Composite de 1,18%, les investisseurs délaissant le secteur technologique au profit de ceux qui devraient le plus bénéficier d’une reprise de l’économie.

Facebook, Amazon et Microsoft reculaient de 3% environ.

L’indice S&P-500 Value, qui inclut notamment les banques, prenait 0,82% tandis que celui des valeurs de croissance (“growth”) perdait 1,27%.

Changes

L’indice mesurant l’évolution du billet vert face à un panier de devises de référence se stabilise (+0,05%) après avoir pris 0,54% lundi.

Parallèlement, l’euro est inchangé autour de 1,181 dollar.

La livre avance d’environ 0,5% contre le dollar et contre l’euro, portée par le double espoir qu’un vaccin contre le coronavirus remettrait l’économie britannique sur les rails et que la Grande-Bretagne puisse conclure un accord commercial post-Brexit avec l’Union européenne d’ici la fin de l’année.

Taux

Le marché obligataire s’apaise également après avoir flambé lundi: le rendement des Treasuries à dix ans est inchangé à 0,9544% et en Europe, celui du Bund de même échéance a clôturé en légère hausse à -0,485%.

Pétrole

Le marché du pétrole est orienté à la hausse, la perspective d’un vaccin contre le COVID-19 dissipant pour le moment les craintes d’un affaiblissement de la demande à court terme dans les pays les plus touchés par l’épidémie.

Le baril de Brent prend 1,91% à plus de 43 dollars et celui du brut léger américain 1,96% à 41,08 dollars. Lundi, ils avaient respectivement pris 7,5% et 8,5%.

Les indicateurs du Jour : dégradation du climat d’affaires en Allemagne

En Allemagne, face à la deuxième vague de l’épidémie, le climat des affaires s’est dégradé plus que prévu, tombant à 39,0 contre 56,1 en octobre.

Vaccin contre le Covid-19 : La logistique élimine d’office les pays pauvres d’une vaccination immédiate

Les Etats-Unis pourraient être le premier pays à lancer l’une des opérations de vaccination les plus ambitieuses de l’histoire: distribuer et injecter jusqu’à 600 millions de doses de vaccins contre le Covid-19 en quelques mois seulement.

Avec AFP

Si le monde sait gérer des campagnes massives de vaccination depuis des décennies, contre la rougeole ou la grippe, trois contraintes simultanées compliquent la tâche: la compression du calendrier, le fait que la plupart des vaccins nécessiteront deux doses, et la réfrigération à basse voire très basse température de certains vaccins: -70°C pour celui développé par Pfizer et l’Allemand BioNTech, en bonne voie pour être le premier autorisé aux Etats-Unis… contre +2 à 8°C (température d’un réfrigérateur) pour les vaccins antigrippaux.

Aux Etats-Unis, tout partira pour Pfizer de l’usine de remplissage final à Kalamazoo, dans le Michigan (une autre est à Puurs en Belgique). Le groupe a créé des boîtes d’expédition spéciales, de 40x40x56 cm, remplies de glace sèche. Chaque carton aura 975 flacons contenant 5 doses, soit 4.875 doses.

Six camions quitteront Kalamazoo tous les jours pour remettre les doses aux transporteurs aériens (Fedex, UPS, DHL…), et livrer vite: un ou deux jours aux Etats-Unis, et trois jours mondialement, dit Pfizer à l’AFP.

20 vols cargo quotidiens expédieront les futures doses dans le monde.

Fedex dit à l’AFP avoir obtenu la permission de l’aviation civile de transporter plus de glace sèche à bord de ses Boeing 767 et 777: la glace sèche est du dioxyde de carbone solidifié, dont la sublimation (passage de l’état solide à gazeux) peut être dangereuse pour l’équipage.

A destination, chaque boîte ne pourra être ouverte brièvement que deux fois par jour.

«Cela conviendra à des grands centres de vaccination», dit à l’AFP Julie Swann, experte de la réponse aux pandémies à l’université NC State. Ce vaccin-là ne conviendra pas aux cabinets de médecins ou aux pharmacies.

Au début, les Américains devront donc probablement se rendre dans des hôpitaux et peut-être sur de grands parkings, comme pour les tests aujourd’hui, dit-elle.

Précision importante: les doses pourront rester deux semaines dans leur boîte réfrigérée. Les hôpitaux n’auront pas besoin de congélateur spécial. «Nous ne recommandons pas aux hôpitaux et aux cliniques d’acheter des équipements ultra-froids», a dit Janell Routh, des Centres de lutte contre les maladies (CDC).

Les pays pauvres après

Le deuxième vaccin sur les rangs aux Etats-Unis est fabriqué par Moderna, mais avec un stockage à -20°C. Un congélateur normal fera l’affaire.

Pour celui-là, le gouvernement fédéral organisera la distribution (gratuite) aux Etats et territoires, via le distributeur McKesson. Chaque juridiction décidera ensuite de distribuer les doses aux hôpitaux, aux pharmacies, aux médecins, voire aux universités ou entreprises…

Un schéma décentralisé, comme pour la pandémie de grippe H1N1 en 2009.

«Le gouvernement fédéral n’a pas l’intention de toucher, à quelques très rares exceptions, une seule dose de vaccin avant qu’elle soit injectée dans les bras des Américains», a dit Paul Mango, un responsable de l’opération “Warp Speed” (plus vite que la vitesse de la lumière).

L’objectif: offrir des vaccins aux «plus vulnérables» avant fin décembre, aux personnels de santé avant fin janvier, et à tous les Américains d’ici début avril.

Pfizer pense produire 50 millions de doses cette année et 1,3 milliard en 2021. Les commandes des pays sont déjà passées: 20 à 30 millions à livrer avant fin décembre aux Etats-Unis, 100 millions en tout; 200 millions à l’Union européenne, 120 millions au Japon, 30 millions au Royaume-Uni, 20 millions au Canada.

Puis Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Sanofi et d’autres espèrent avoir des vaccins à leur tour, et la logistique mondiale changera d’échelle.

Sur deux ans, le transporteur DHL estime le besoin à 15.000 vols, et 15 millions de colis réfrigérés à livrer dans le monde.

Quant aux pays pauvres, ils n’ont pas d’espoir de bénéficier des premiers vaccins réfrigérés, dit à l’AFP Prashant Yadav, expert de la logistique sanitaire au Center for Global Development. Ils auront besoin de stocker de grandes quantités de vaccins au-delà des deux semaines limites des colis réfrigérés.

Or les congélateurs à -80°C, dit-il, coûtent cinq fois plus cher que les congélateurs standards, et ne sont fabriqués qu’à la demande.

La France prudente quant à un éventuel vaccin contre le COVID-19

La France restait prudente mardi quant à l’éventualité de la mise au point d’un vaccin contre le COVID-19, après l’annonce par le laboratoire américain Pfizer et l’allemand BioNTech d’un vaccin potentiellement efficace à 90%.

«Il est trop tôt pour dire dans quelles conditions nous déploierons un vaccin alors même qu’aucun vaccin aujourd’hui n’a été validé», a déclaré le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, lors du compte rendu du conseil des ministres, où le président Emmanuel Macron a évoqué le sujet.

«Il faut être d’une très grande prudence dès lors que les données scientifiques ne sont pas connues, dès lors que l’ensemble des essais et des tests n’ont pas été réalisés», a-t-il dit. «Il faut être transparent avec les Français pour leur dire que le vaccin ne pourra pas être une solution à la deuxième vague que nous vivons

Gabriel Attal a rappelé que l’arrivée d’un vaccin faisait l’objet d’un plan européen et que 1,5 milliard d’euros étaient prévus dans le budget 2021 de la Sécurité sociale en France pour financer une campagne de vaccination.

Enfin le bout du tunnel : Les marocains bientôt vaccinés contre le coronavirus

C’est officiel, le vaccin contre le coronavirus sera bientôt administré aux marocains. Le Cabinet Royal a annoncé la bonne nouvelle ce lundi soir, après la tenue d’une réunion présidée par le Roi Mohammed VI sur le sujet. C’est dans les prochaines semaines que sera donc lancée une opération massive de vaccination contre le Covid-19. Elle couvrira les citoyens âgés de plus de 18 ans, selon un schéma vaccinal en deux injections. La priorité sera donnée aux personnels de première ligne et aux personnes vulnérables. Selon les résultats des études cliniques déjà achevées ou toujours en cours, la sécurité, l’efficacité et immunogénicité du vaccin ont été prouvées.

«Le Roi Mohammed VI, a présidé, lundi 09 novembre 2020 au Palais Royal de Rabat, une séance de travail consacrée à la stratégie de vaccination contre la Covid-19.» a annoncé un communiqué du cabinet royal publié sur la MAP et diffusé sur les chaînes télévisées nationales.

Le roi Mohammed VI a présidé cette séance de travail à laquelle ont participé :

  1. Fouad Ali El Himma, Conseiller royal
  2. Abdellatif Hammouchi, Directeur général de la Sûreté Nationale, Directeur général de la Surveillance du territoire national
  3. Abdelfattah El Ouarak, Inspecteur général des FAR,
  4. Mohamed Haramou, Commandant la Gendarmerie Royale
  5. Mohammed Abbar, Inspecteur du Service de Santé militaire des FAR
  6. Abdelouafi Laftit, Abdelouafi Laftit
  7. Nasser Bourita, Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger
  8. Saad Dine El Otmani, Chef du Gouvernement
  9. Khalid Ait Taleb, Ministre de la Santé

«Cette réunion s’inscrit dans le cadre du suivi continu par le Roi de l’évolution de la pandémie et des mesures prises dans le cadre de la lutte contre sa propagation et de la protection de la vie et de la santé des citoyens» , rappelle le Cabinet Royal.

C’est au cours de cette réunion, que le souverain a donné ses orientations en vue du lancement, dans les prochaines semaines, d’une opération massive de vaccination contre la Covid-19. Une décision qui s’est appuyée sur la base de l’avis rendu par le Comité national scientifique ad hoc soulignant que la campagne vaccinale est une réponse réelle pour mettre fin à la phase aiguë de la pandémie,

Le communiqué du Cabinet Royal qualifie cette opération de vaccination d’opération nationale, d’envergure inédite. Elle vise la couverture de la population par un vaccin en tant que moyen idoine d’immunisation contre le virus et de maitrise de sa propagation.

«Selon les résultats des études cliniques déjà achevées ou toujours en cours, la sécurité, l’efficacité et immunogénicité du vaccin ont été prouvées.» assure la même source.

Déroulement de la campagne de vaccination contre le Covid-19

Le Cabinet Royal a également préciser les grandes lignes du déroulement de la campagne nationale de vaccination contre le Covid-19.

Ainsi, cette opération devra :

  1. Couvrir les citoyens âgés de plus de 18 ans, selon un schéma vaccinal en deux injections.
  2. Donnera la priorité aux :
    • personnels de première ligne:
      • le personnel de Santé
      • les autorités publiques
      • les forces de sécurité
      • le personnel de l’éducation nationale
    • personnes vulnérables
    • personnes âgées
  3. Le reste de la population en dernier lieu

Pour le bon déroulement de cette opération nationale de vaccination d’envergure, le Roi a ainsi donné ses directives aux autorités compétentes pour veiller à :

  • l’accessibilité du vaccin, dans un cadre social et solidaire,
  • sa disponibilité en quantités suffisantes,
  • assurer une logistique médicale de transport, d’entreposage et d’administration du vaccin sur l’ensemble du territoire
  • mettre en place un système efficace de pré-enregistrement des bénéficiaires.

A cet effet, le Souverain a appelé à la mobilisation de tous les services et départements concernés, en particulier:

  1. le personnel de la Santé,
  2. l’administration territoriale
  3. les forces de l’ordre,
  4. Forces Armées Royales et ce conformément aux missions qui leurs sont confiées par Sa Majesté le Roi, Chef Suprême et Chef d’État-major général des Forces Armées Royales, dans le cadre de la lutte anti-Covid19.

Il est a rappelé que le Royaume a pu occuper un rang avancé dans l’approvisionnement en vaccin contre la covid-19, grâce à l’Initiative et à l’Implication Personnelle du Souverain qui ont abouti à la participation réussie de notre pays, dans ce cadre, aux essais cliniques.

Le vaccin chinois a été testé sur 50.000 personnes

Début novembre, Sinopharm Group le laboratoire chinois qui fournit le vaccin au Royaume en collaboration avec le laboratoire marocain, Sothema, a annoncé que l’échantillon de population concerné par l’essai clinique de phase III, dans des essais à l’étranger, a couvert 125 nationalités et 50.000 personnes.

Sinopharm a assuré que son vaccin s’avère être efficace contre toutes les souches de coronavirus connues et qu’aucun effet indésirable n’a été enregistré.

Au Maroc, pas moins de 600 membres des FAR, de la Gendarmerie royale, de la DGSN, de la DGST et de la DGED se sont portés volontaires pour les essais cliniques du vaccin chinois contre le covid-19. A leur tête figurent les noms de Yassine Mansouri, Abdellatif Hammouchi et Mohamed Haramou.

Aux Emirats Arabes Unis qui collaborent également avec Sinopharme sur le même vaccin, les émirs membre du gouvernement se sont également administrés le vaccin.

Deuxième vague du Covid, Brexit, boycott musulman, Macron relance «Choose France», une offensive commerciale pour attirer les investisseurs

Emmanuel Macron s’est lancé vendredi dans une offensive de charme auprès des investisseurs internationaux, présentant l’Hexagone comme une destination de choix en Europe passée la crise du coronavirus, ont déclaré des responsables français.

Avec Reuters

Alors que la France et une grande partie de l’Europe font face à une résurgence de la pandémie, le président français estime que son plan de relance de 100 milliards d’euros sera attractif pour les investisseurs, qui préféreront un “upside risk” (risque à la hausse) au Brexit de la Grande-Bretagne ou une Allemagne “stable”.

«Pourquoi on fait ça? Parce qu’on se rend compte que les compteurs de l’attractivité sont remis à zéro et que les CEOs (dirigeants d’entreprises) des grands groupes étrangers sont très attentifs à la réponse économique des pays face à la crise et regardent les différents plans de relance pour prendre leurs décisions d’investissement», a déclaré un conseiller d’Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat a organisé vendredi une conférence téléphonique avec les dirigeants des groupes Tata, Unilever, Coca-Cola et Zalando, entre autres, afin d’attirer de nouveaux investissements. Il s’agit d’une version virtuelle des sommets «Choose France» qu’il a tenus dans le passé avant les sommets de Davos.

Interrogés sur le calendrier de cette annonce, alors que le pays fait face à une deuxième vague de la pandémie qui a poussé les autorités à imposer un nouveau confinement, les responsables français ont déclaré que les investisseurs regardaient au-delà de cette nouvelle crise sanitaire et étudiaient dès à présent quels pays, à long terme, sortiraient renforcés de l’épidémie.

Transformation économique et écologique

«Toute l’Europe connait une reprise de l’épidémie. Les CEOs comprennent bien qu’il y a une reprise de l’épidémie et qu’il y aura plusieurs vagues comme celle-là», a déclaré l’un des responsables français.

«Ce qu’il est important de montrer c’est que la France n’est pas focalisée uniquement sur sa gestion urgente de la crise – on le fait massivement – mais il faut aussi pouvoir se projeter sur la transformation économique et écologique», a-t-il ajouté.

L’économie française a rebondi de 16% au troisième trimestre après une chute sans précédent de 13,8% au deuxième trimestre, liée au premier confinement. Le deuxième confinement devrait entraîner une contraction au quatrième trimestre.

Le gouvernement français a présenté en septembre un projet de budget pour 2021 destiné à sortir le pays de sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale avec l’injection, dès l’année prochaine, de 42 milliards d’euros dans l’économie sur les 100 milliards de son plan de relance.

Paris a déjà mobilisé plus de 470 milliards d’euros en reports ou exonérations de taxes, dispositifs de chômage partiel et prêts garantis par l’Etat pour tenter de soutenir les entreprises et les ménages.

L’espoir des relocalisations

«Le Covid-19 pousse aussi les industriels à s’interroger sur l’allongement des chaînes de valeurs engendré par la mondialisation et certains envisagent de les raccourcir. Ce qui fait naître un espoir de relocalisations d’activités. Il y a également la prise de conscience par les Etats que la mondialisation a nettement augmenté la dépendance dans des secteurs comme la santé ou encore l’électronique. D’où les efforts des gouvernements pour regagner de la souveraineté en attirant des investisseurs étrangers», écrit LesEchos.

«Mais, dans un monde qui tend à se former en blocs – Chine, Etats-Unis, zone euro… – les relocalisations auront probablement lieu au niveau européen. Le Covid risque donc d’exacerber la concurrence entre les Etats-membres de la zone euro et notamment la concurrence fiscale. La baisse des impôts de production de 10 milliards d’euros peut être comprise comme étant un effort et un signal en ce sens», surenchère la même source.

1 2 3 59