Benjamin Netanyahu

Israël – Les 7 défis immédiats du nouveau gouvernement Bennet-Lapid

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The Institute for Policy and Strategy (IPS), le think tank organisateur de la série de conférences annuelles Herzliya en Israël, le grand raout annuel des responsables militaires et économiques de l’Etat hébreu, vient de publier un Policy Paper sur les défis immédiats auxquels doit faire face le nouveau gouvernement israélien Bennett-Lapid. L’intérêt de cette note est qu’elle livre des clés de lecture de l’impact de la rupture occasionnée par l’éviction du couple Trump/Netanyahu sur les équilibres géopolitiques mondiaux. Sept défis ont été ainsi identifiés : 1) Gaza et Cisjordanie; 2) Gestion budgétaire; 3) Nucléaire iranien; 4) Relations juifs-arabes; 5) Rétablir le statut d’Israël aux États-Unis; 6) Covid-19; 7) Jordanie. Aucune allusion n’a été faite aux accords d’Abraham.

«Quelques semaines après l’investiture du nouveau gouvernement israélien, les défis immédiats auxquels il doit faire face de manière urgente et vigoureuse apparaissent clairement», indique le rapport de l’IPS.

1. Préparation à une nouvelle campagne militaire contre Gaza & gouvernance en Cisjordanie

Selon l’influent think tank israélien, la dernière opération à Gaza n’a pu réaliser aucune dissuasion significative vis-à-vis le Hamas. Pire, l’opération israélienne «Gardien des murailles» a eu l’effet inverse, un rebond spectaculaire de la popularité du Hamas auprès de l’opinion publique palestinienne aux dépens du Fatah et d’Abbas Abou Mazen. Les chefs de l’organisation, dirigée par Yahya Sinwar, s’en réjouissent et n’hésitent pas à menacer Israël à visage découvert.

IPS alerte également sur l’extrême fragilité de l’équilibre sécuritaire dans la bande de Gaza en raison des ballons incendiaires, ainsi que l’aggravation de la détresse intérieure.

2. Budget et plan pluriannuel

Face à l’éventualité qu’Israël soit contraint, dans un proche avenir, de lancer une autre offensive militaire contre Gaza, le gouvernement Bennett-Lapid est mains liées sur le plan budgétaire. Surtout que l’opération «Gardien des murailles» a révélé au grand jour les lacunes dans la préparation du front intérieur aux situations d’urgence.

3. Le choc du retour à l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien

Les négociations entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, auxquels s’ajoute l’Allemagnes et l’Iran à Vienne entrent dans leur phase finale. A ce stade la capacité d’Israël d’influencer sur les clauses finales de l’accord est limitée, souligne l’IPS.

L’administration américaine est impatiente de revenir à l’accord nucléaire. A ce titre, elle est prête à faire des concessions de grande envergure dans le cadre d’un programme stratégique mondial qui cherche à «sécuriser ses flancs et à se tourner vers la lutte contre la Chine pour des considérations d’ordre mondial et de suprématie, qu’elle considère comme historiques».

IPS estime qu’Israël devrait se préparer au « lendemain » de l’accord nucléaire, ce qui lui fera gagner du temps, entre autres pour consolider ses forces afin d’empêcher une future percée iranienne vers des matières nucléaires de qualité militaire. Le think tank recommande au gouvernement israélien d’œuvrer pour restaurer la confiance vis-à-vis de l’administration Biden en passant d’une diplomatie d’opposition bruyante à un dialogue intime et discret.

4. Relations arabo-juives dans les territoires palestiniens

«Les violences qui ont éclaté dans le nord d’Israël (Deir el Assad en Galilée) et le conflit meurtrier de la famille Jarushi, qui continue de faire des victimes, ont démontré que le problème de gouvernance dans la société arabe et la profonde fracture dans les relations arabo-juives sont loin d’être résolus», indique le policy paper de l’IPS. C’est une bombe à retardement qui menace stratégiquement l’État d’Israël en tant qu’État fonctionnant sous la primauté du droit, alerte la même source.

L’IPS suggère au gouvernement Bennett d’adopter une ligne dure et sans compromis pour rétablir l’ordre (renseignements, arrestations, actions en justice, sanctions dissuasives). Au cœur de cet effort, les dirigeants locaux devrait être encouragés et soutenus, et les processus d’intégration avec la société juive et les institutions étatiques accélérés, recommande le think tank.

5. Rétablir le statut d’Israël aux États-Unis

L’escalade à Gaza a révélé la détérioration du statut d’Israël aux États-Unis et l’érosion continue inquiétante de son consensus bipartite, qui est l’un de ses atouts les plus importants aux États-Unis, constate l’IPS.

A ce titre, le think tank propose au gouvernement Bennett de mettre en place un plan national global pour le rétablissement de son statut bipartite aux États-Unis, ainsi que ses relations avec les Juifs américains et le Parti démocrate.

6. Menaces des variants du Covid

Le Covid-19 est toujours à écrit l’IPS, ses variants pourraient nuire à tout le travail fait concernant la pandémie et menaceraient l’efficacité du vaccin.

7. Les relations avec la Jordanie sont au niveau le plus bas

Les mesures prises par Israël ces dernières années, telles que le plan d’annexion, le différend sur les quotas d’eau, les conflits sur Jérusalem et la préoccupation (fondée) de la Jordanie concernant l’érosion de son statut dans les sites sacrés en faveur de l’Arabie saoudite ont eu un effet néfaste sur les relations d’Israël avec le royaume, sapant l’accord de paix avec lui. La stabilité du Royaume hachémite a également été mise à l’épreuve dans l’ombre de la pandémie et de la récente escalade à Gaza.

Selon l’IPS, la Jordanie est irremplaçable en tant que facteur de sécurité d’Israël. Le gouvernement israélien doit prendre en charge le rétablissement de ses relations avec la Jordanie comme un projet spécial. Il est nécessaire d’aider le Royaume hachémite de toute urgence avec les vaccinations et les quotas d’eau, de renouveler sa reconnaissance du statut spécial de la Jordanie dans les sites sacrés de Jérusalem et de l’aider à recueillir une aide régionale et internationale, recommande le think tank israélien.

Maroc -Israël : Mohammed VI félicite le tombeur de Netanyahu

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Le Maroc devient le troisième pays arabe à féliciter le nouveau ministre d’Israël, Naftali Bennett, après le vote de confiance du Knesset dimanche dernier en faveur du nouveau gouvernement issue de la coalition dite de changement qui a mis terme à douze années de règne de Benjamin Netanyahu.

Le Roi Mohammed VI a adressé un message de félicitations à Naftali Bennett, à l’occasion de son élection au poste de Premier ministre de l’Etat ‘Israël, rapporte l’agence de presse officielle marocaine MAP.

Dans ce message, indique la même source, le souverain alaouite a exprimé au nouveau premier ministre de l’Etat hébreux, ses chaleureuses félicitations pour son élection et ses meilleurs vœux de succès dans ses hautes fonctions.

Le roi a saisi cette occasion pour faire part à Naftali Bennett de la détermination du Royaume du Maroc à poursuivre son rôle agissant et ses bons offices en faveur d’une paix juste et durable au Moyen-Orient, à même de garantir à l’ensemble des peuples de la région de vivre côte à côte dans la paix, la stabilité et la concordance, conclut la dépêche de la MAP.

https://twitter.com/simonarann/status/1404922312953057282

Il est à noter que Mohammed VI a fait preuve de beaucoup de prudence quand à la gestion de la relations avec le premier ministre sortant Benjamin Netanyahu. Ce dernier avait tout essayer pour décrocher une rencontre avec le roi du Maroc dans l’espoir de faire basculer en sa faveur les élections marathons de ces deux derniers années.

Ce message personnel de Mohammed VI au tombeur du «roi Bibi» est annonciateur d’une nouvelle ère de relation avec l’exécutif de l’Etat hébreux. Il n’est plus impossible d’imaginer une remontre au sommet Mohammed VI-Bennett pour donner un coup d’accélérateur au processus de paix palestinien.

Le Bahreïn et les EAU ont également félicité officiellement l’intronisation de Bennett

Les dirigeants des Emirats arabes unis et de Bahreïn ont félicité dimanche le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, pour son nouveau rôle de Premier ministre.

Sur Twitter, le ministère émirati des Affaires étrangères a écrit : «Les #EAU félicitent le Premier ministre Naftali Bennett et le Premier ministre adjoint et ministre des Affaires étrangères Yair Lapid pour la formation d’un nouveau gouvernement #israélien»

«Nous sommes impatients de travailler ensemble pour faire avancer la paix régionale, renforcer la tolérance et la coexistence, et nous lancer dans une nouvelle ère de coopération dans les domaines de la technologie, du commerce et de l’investissement», poursuit la même source.

Lundi, le ministre émirati des Affaires étrangères, Cheikh Abdallah ben Zayed, annonce dans un tweet qu’il a félicité le ministre des Affaires étrangères et Premier ministre désigné Yair Lapid et lui a souhaité du succès lors d’un appel téléphonique au cours duquel les deux diplomates ont discuté de «la coopération bilatérale entre les deux pays, en plus des accords d’Abraham».

Pour sa part, le prince héritier de Bahreïn, Salmane, a été le premier chef d’Etat arabe à envoyer un télégraphe de félicitations à Bennett, dans lequel il a exprimé ses vœux sincères au gouvernement nouvellement formé pour qu’il réussisse dans ses missions «d’une manière qui renforce les piliers du développement, de la stabilité et de la paix dans la région et dans le monde».

Pour rappel, le président américain Joe Biden a été le premier dirigeant à féliciter le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett, à la suite du vote à la Knesset qui a mis fin au mandat de 12 ans du chef du Likud Benjamin Netanyahu.

Urgent – Le Knesset vote la fin de l’ère de Netanyahu

Key Points

  • Le vote de la Knesset établissant officiellement le 36e gouvernement d’Israël ont eu lieu ce dimanche après-midi.
  • Ce gouvernement est le fruit d’une coalition improbable de huit partis et basée sur un accord de rotation du pouvoir au poste de Premier ministre qui a été conclu entre Naftali Bennett, qui sera chef de gouvernement en premier, et Yair Lapid, de Yesh Atid, un parti centriste et laïc.
  • Cette alliance formée de partis de droite, de gauche, du centre et d’une formation islamiste écartera le Premier ministre Benjamin Netanyahu du pouvoir après 12 années. Il sera remplacé par Bennett puis par Lapid, deux ans plus tard.
  • La commission des Arrangements de la Knesset a approuvé mercredi dernier la session du Parlement qui confirmera la nouvelle coalition.
  • Le Premier ministre israélien désigné, Naftali Bennett, a annoncé lors d’un discours à la Knesset israélienne que son gouvernement, qui n’a pas encore été approuvé, envisagerait d’étendre les accords de paix avec les pays arabes.
  • Le « gouvernement du changement » anti-Netanyahu a été approuvé avec 60 voix des 120 législateurs de la Knesset pour et 59 contre.
  • A peine intronisé, Naftali Bennett reçoit le coup de fil de Biden.

Israël: Yaïr Lapid mandaté pour former une coalition

Le président israélien, Reuven Rivlin, a annoncé mercredi soir qu’il avait confié au chef de l’opposition Yaïr Lapid, la responsabilité de former un gouvernement après l’échec du Premier ministre sortant, Benjamin Netanyahu.

Que se passe-t-il :

Après l’expiration, mardi minuit, du délai accordé à Netanyahu à la suite des élections législatives du 23 mars pour former un gouvernement, le président israélien Reuven Rivlin a rencontré Yaïr Lapid, Chef de la formation centriste Yesh Atid (« Il y a un futur ») et Naftali Bennett, le leader de la formation de droite radicale Yamina qui ont chacun demandé au président d’obtenir le mandat pour former le prochain gouvernement.

«J’ai parlé avec Yaïr Lapid et je lui at dit que je lui confiais le mandat de former le gouvernement», a déclaré Rivlin lors d’une allocution officielle depuis la présidence à Jérusalem.

«Des recommandations reçues il est clairement apparu que le député Lapid avait le plus de chance de former un gouvernement», a-t-il ajouté.

Yaïr Lapid a reçu l’appui mercredi d’une cinquantaine de députés du «bloc du changement», tandis que le «bloc de droite» de Benjamin Netanyahu n’a pas recommandé de candidats mais plutôt demandé au président de donner 21 jours aux parlementaires pour trouver un candidat.

Ce qu’ils disent :

Chef de la formation centriste Yesh Atid (« Il y a un futur »), arrivée en deuxième place avec 17 députés aux législatives, les quatrièmes en moins de deux ans, Yaïr Lapid cherche à former un «gouvernement d’union nationale» afin de chasser du pouvoir Netanyahu.

«Le temps pour un nouveau gouvernement est venu (…) Il s’agit d’une opportunité historique de briser les barrières qui divisent la société israélienne, d’unir les religieux et les laïcs, la gauche, la droite et le centre», a-t-il lancé cette semaine.

S’il apparaît comme un choix logique pour nombre de commentateurs israéliens, Yaïr Lapid pourrait devoir trouver un terrain d’entente avec Naftali Bennett, chef de la formation de droite radicale Yamina (7 députés), pour tenter d’atteindre le seuil des 61 députés.

De son côté le parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu continue de s’en prendre au leader de Yamina, Naftali Bennett, à qui il impute la responsabilité de l’échec du Premier ministre à former un gouvernement avant la date limite fixée. Le parti accuse Bennett de «tromper tout le monde et joue sur tous les tableaux».

Netanyahu a également vivement critiqué Bennett, qu’il a accusé d’avoir refusé d’exclure un gouvernement d’unité avec Yaïr Lapid, peu après que ce-dernier se soit fut confié le mandat pour former la prochaine coalition, après l’échec du chef du Likoud, rapporte i24News.

Urgent – Netanyahu ne parvient pas à former un nouveau gouvernement israélien

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas réussi à former un nouveau gouvernement avant la date limite de mardi à minuit, mettant son avenir politique en péril alors qu’il est jugé pour corruption, prolongeant une impasse politique qui n’a fait qu’empirer après quatre élections en deux ans.

«Peu avant minuit, Benjamin Netanyahu a informé la présidence qu’il était incapable de former un gouvernement» a indiqué un communiqué du bureau du président israélien Reuven Rivlin. A ce titre, le mandat du Premier ministre israélien pour former un gouvernement a expiré mercredi, a souligné la présidence israélienne qui devra désormais mandater un nouvel élu afin de tenter de sortir le pays de la crise politique, rapporte i24news.

«En raison du refus de M. Bennett de s’engager dans un gouvernement de droite, ce qui aurait certainement conduit à la formation d’un gouvernement avec l’ajout de d’autres membres de la Knesset, le Premier ministre Netanyahu a maintenant rendu le mandat au président», a déclaré le Likoud.

Les adversaires de Bibi ont désormais la possibilité de l’évincer du pouvoir après 12 années consécutives à la tête de l’exécutif de l’Etat hébreux..

Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II

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Le vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi, a déclaré dans une conférence de presse tenue ce dimanche à Amman que les services de renseignement ont intercepté des communications entre le prince Hamza et des parties étrangères qui annonçaient «l’heure zéro». Un ancien haut responsable jordanien pointe du doigt Israël.

Que se passe-t-il ?

Le gouvernement jordanien a organisé une conférence de presse à Amman, vingt-quatre heures après l’opération sécuritaire menée sur le territoire du Royaume Hachémite qui s’est soldée par l’arrestation de seize personnes en plus de deux membres de la famille royale, le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein et son cousin par alliance, Charif Hassan ben Zaid.

C’est le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi qui a été désigné pour mettre fin à la cacophonie qui a secoué toute la région suite aux rumeurs de coup d’Etat contre le Roi Abdallah II.

Les deux vidéos publiées dans la soirée du samedi par le principal protagoniste dans cette affaire, l’ancien prince héritier, Hamza ben Hussein, dénonçant la corruption et la mauvaise gestion du pays et réfutant toute tentative de déstabilisation du Royaume, ont compliqué davantage la lecture de la situation politique et sécuritaire du pays.

Ce que nous devons retenir de la version officielle de la Jordanie :

  1. Le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein est bel et bien impliqué dans un complot de déstabilisation du Royaume hachémite.
  2. Il n’y a pas eu de coup d’Etat mais une préparation de complot de déstabilisation qui a été tué dans l’œuf.
  3. En raison de la sensibilité de la position du prince Hamza ben Hussein, le Roi Abdallah II souhaite régler cette affaire en famille mais n’exclue pas d’appliquer la loi à son encontre.
  4. La mouvement présidé par Hamza ben Hussein comprenait également, un autre membre de la famille royal, Charif Hassan ben Zaid et l’ancien chef de la cour royale jordanienne, Bassem Awadallah.
  5. Les protagonistes étaient sous surveillance depuis longtemps par les services de sécurité et les renseignement du pays.
  6. Informé des activités suspectes de son demi-frère, le roi Abdallah II a décidé de parler directement avec le prince Hamzah afin que l’affaire soit réglée au sein de la famille hachémite pour tenter de le décourager.
  7. Les services de renseignement ont intercepté des messages audios envoyés par l’ancien prince héritier à Bassem Awadallah qui s’apprêtait à quitter la Jordanie à bord d’un avion privé. Des messages envoyés à 2h:22.
  8. Les enquêtes auraient prouvé que des personnes proches du prince Hamza ont transmis des informations à des parties externes et à l’opposition basée à l’étranger. L’enquête a également noté des activités sociales du princes durant lesquels il incitait des membres des tribus jordaniennes à proférer des actes déstabilisant la sécurité et la stabilité du pays.
  9. Bassem Awadallah a noué des relations avec l’opposition installée à l’étranger et complotait pour affaiblir la stabilité de la Jordanie.
  10. Un agent du Mossad aurait contacté samedi soir l’épouse du prince héritier Hamzah ben Hussein.

La situation aujourd’hui en Jordanie et la suivante :

  1. L’ancien prince héritier Hamza ben Hussein est sous résidence surveillée avec sa femme et ses enfants. Il est privé de tout moyen de communication.
  2. Les deux principaux protagonistes et proches du prince Hamza, Sharif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah sont en prison ainsi que 14 à 16 autres personnes.
  3. Des rumeurs évoquent l’implication de généraux de l’armée.
  4. Le roi Abdallah II a eu un large soutien des États-Unis en premier lieu puis des principales capitales arabes.
  5. Le roi Mohammed VI a été le premier dirigeant à appeler son homologue Jordanie au téléphone.
  6. La Jordanie a informé Israël samedi soir que la situation sécuritaire était sous contrôle.

The Big Picture

Des médias israéliens avaient été les premiers a parlé d’un coup d’Etat avorté en Jordanie. Sur les réseaux sociaux, le disruptif influenceur israélien Edy Cohen, qui ne porte pas particulièrement le Roi Abdallah II dans son cœur, a influencé une grande partie des conversations en accentuant ses critiques envers le monarque.

https://twitter.com/EdyCohen/status/1378405383652392960
https://twitter.com/EdyCohen/status/1378684346622705664

Avant la conférence de presse tenue par Ayman Al-Safadi, l’opinion publique arabe qui s’est exprimée sur l’ensemble des réseaux, Twitter, YouTube ou Facebook, s’orientait vers une théorie complotiste qui voyait la main invisible des Emirats arabes unis et de l’Arabie Saoudite. Une théorie qui se base sur la proximité de l’état-major du complot mené par le prince Hamza, à savoir Charif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah avec l’entourage de MBS et MBZ.

Il est donc important d’en savoir un peu plus des deux acolytes du prince qui convoite le trône du Roi Abdallah II.

A gauche, Sharif Hassan bin Zaid et à droite, Bassem Awadallah deux personnalités jordaniennes accusées de tentatives de déstabilisation de l’Etat jordanien

Qui est Charif Hassan ben Zaid :

Sharif Hassan bin Zaid est l’un des «chorfas» de Hachémites. Descendant de la famille royale, Il est le fils de Sharif Hasan Ibn Zayd Al Nasser et réside en Arabie Saoudite dont il détient la nationalité en plus de sa nationalité jordanienne.

Charif Hassan occupait auparavant le poste d’envoyé du roi Abdallah II en Arabie saoudite.

Il est également le frère du capitaine Sharif Ali bin Zaid, tué en 2010 alors qu’il participait aux missions des forces armées jordaniennes en Afghanistan.

Qui est Bassem Awadallah

Bassem Awadallah, formé aux États-Unis, confident de longue date du roi, était un acteur clé dans l’élaboration de la politique économique du pays et a été chef de la Cour royale hachémite jusqu’à sa démission en 2008.

Banquier d’investissement de profession, il était considéré comme un économiste compétent, qui a accédé au poste de conseiller économique du Premier ministre dans les années 1990, après avoir obtenu un doctorat de la London School of Economics.

Il briguera rapidement des postes clés au sien du gouvernement jordanien, notamment celui de ministre du Plan et de la Coopération internationale en 2001 et celui de ministre des Finances en 2005, avant d’assumer des fonctions consultatives auprès de la cour royale.

Partisan des réformes économiques, Awadallah a longtemps été confronté à la résistance farouche d’une vieille garde et d’une bureaucratie enracinée qui a prospéré pendant des années grâce aux avantages du gouvernement.

Bassem Awadallah est également membre du conseil d’administration d’un certain nombre de sociétés ayant pignon sur rue aux Émirats arabes unis, au Bahreïn, en plus d’être le PDG de Tomoh Advisory, un cabinet conseil en finance et en stratégie basé à Dubaï. Ces dernières années, Awadallah est devenu un conseiller personnel du prince héritier saoudien Mohammad ben Salman.

Sur les réseaux sociaux de vieilles vidéos et de liens d’articles ont resurgis ces dernières vingt quatre heures dans lesquels Bassem Awadallah a été accusé d’avoir adopté des politiques financières qui ont nui à l’économie jordanienne au cours des 20 dernières années, y compris la privatisation d’un certain nombre d’entreprises publiques.

De plus, une vidéo est devenue virale depuis samedi du journaliste jordanien Nahed Hattar, assassiné en 2016, dans laquelle il accusait Awadallah d’être corrompu et d’être un agent d’Israël en Jordanie.

Netanyahu, Abdallah II : inimitié au grand jour

Les relations tendues entre Netanyahu et Abdallah II on éclaté au grand jour, quand le roi Hachémite a fait capoter LA visite historique sur laquelle comptait fortement le premier israélien pour sceller le résultat des quatrième élections législatives d’Israël. Après tous les efforts consentis et les risques pris par Bibi, quoique plus juste que de se prendre en photo aux cotés de MBZ brandissant aux israéliens le chèque de 10 milliards de dollars d’investissement émirati dans l’économie de l’Etat hébreux. C’était sans compter sur le volteface du Roi Abdallah II.

En effet, au moment du décollage du jet privé appartenant au «pote à Bibi», le milliardaire Udi Angel, les autorités jordaniennes lui refusent l’autorisation de survol de l’espace aérien du royaume hachémite. Un épisode qui suscité un tollé en Israël accusant le candidat Netanyahu de dilapider les succès géopolitiques des accords d’Abraham et d’utiliser le chef du Mossad sortant, Yossi Cohen, dépêché secrètement à Abu Dhabi pour organiser la rencontre, sans en informer le marocain Meir Ben-Shabbat, pour relancer sa campagne électorale.

Suite à cet incident diplomatique, la presse jordanienne se félicite ouvertement que le pays lui ait mis des bâtons dans les roues.

Dans la tête de Netanyahu, le Roi Abdallah II serait en partie responsable des difficultés dont il fait face aujourd’hui Netanyahu à former un gouvernement.

D’ailleurs, les israéliens se seraient impliqués dans cette affaire. En effet, selon les révélations du site jordanien d’intelligence Ammon de ce dimanche, un agent des renseignements israélien portant le nom de Roy Shaposhnik aurait proposé à l’épouse du prince Hamzah ben Hussein de l’exfiltrer de Jordanie vers Israël par voie aérienne.

Ce prétend agent aurait pris contact avec Princess Basmah Bani Ahmad, seconde épouse du Prince Hamza et lui aurait proposé de l’évacuer elle, ses enfant et son mari. L’information a été donnée au journal par une source jordanienne de haut rang.

Le même site web d’information, Ammon, citant un ancien Chef de cabinet royal jordanien, Jawad Anani, pointe du doigt Israël l’accusant d’être derrière le groupe Hamza ben Hussein.

Biden, Abdallah II : lune de miel

Un évènement majeur s’est produit ces dernières semaines en Jordanie et qui a soulevé des controverses dans le pays ce début de mois d’avril.

Le gouvernement jordanien a court-circuité le Parlement et approuvé un accord controversé signé entre la Jordanie et les États-Unis qui réglemente le statut des forces américaines présentes dans le royaume Hachémite.

En effet, le 31 janvier, la Jordanie et les États-Unis ont signé un accord de coopération en matière de défense. Il a été approuvé par le gouvernement jordanien le 17 février puis par un décret royal publié le 16 mars au Journal officiel, avec effet immédiat, sans être présenté au parlement ou à l’Assemblée nationale, qui est composée de la Chambre des représentants et le Sénat.

Les Jordaniens ont été choqués qu’un tel accord ait été approuvé quelques jours seulement après que le département d’État américain et l’ambassade américaine en Jordanie aient émis une alerte de niveau 3 le 10 mars, mettant en garde les citoyens américains contre les déplacements dans plusieurs endroits du royaume en raison du COVID-19. pandémie et les dangers de ce qu’elle a appelé «terrorisme et crime».

«L’accord vise à encadrer la coopération dans le domaine de la défense et à renforcer le soutien des Etats-Unis aux programmes de défense et à la sécurité et la stabilité du royaume grâce à l’obtention de formations et d’équipements militaires», avait déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi. Ce dernier a révélé également que les Etats-Unis fournissaient une aide militaire annuelle de 425 millions de dollars au royaume.

Les termes de l’accord publiés sur le site d’information jordanien Ammon, stipulent que «les forces américaines peuvent posséder et circuler avec des armes sur le territoire jordanien dans l’exercice de leurs fonctions».

L’accord précise que «les forces et le personnel américains, ainsi que leurs avions et navires sont autorisés à entrer et sortir librement sur le territoire jordanien et transporter et stocker leur équipement et matériel de défense».

The Bottom line

Clé de voute de la sécurité dans la région, la Jordanie sera-t-elle la clé de la nouvelle stratégie de Biden pour le Moyen-Orient.

Si on compile les éléments que nous avons à date d’aujourd’hui à savoir 1) distance assumée de Biden vis-vis Netanyahu et MBS; 2) nouveau pacte militaire avec la Jordanie; 3) Durcissement du langage avec la Russie; 4) Dialogue avec l’Iran, l’équipe diplomatique et de renseignement de Biden semble vouloir rebalancer les équilibres de force pour pouvoir négocier à armes égales avec l’écosystème Trump enraciné dans la région.

Il est possible que Biden ait remercié le Roi Abdallah II d’avoir assurer le passage en force au Parlement de la nouvelle loi favorisant la liberté de mouvement des forces américaines, en lui livrant sur un plateau d’or, son demi-frère qui aurait très probablement confié à Washington ses visées sur le trône de la Jordanie.

D’une pierre milles coups, Abdallah II s’est débarrassé également des deux personnalités devenues trop proches des régimes saoudien et émirati et qui pourraient se proposer comme alternative à une succession du pourvoir. Surtout que la Jordanie passe depuis 10 ans par des une multitudes de crises qui fragilisent mois après mois la position du Roi Abdallah II. De la crise syrienne, passant par le boycott du Qatar, l’impact des Accords d’Abraham sur les communautés palestiniennes et la terrible crise économique due au Covid.

Maroc-Israël : La Déclaration tripartite de Rabat à l’ordre du jour du conseil ministériel israélien de ce dimanche

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Keys points

  • Un conseil ministériel présidé par Netanyahu discutera ce dimanche de la déclaration tripartite fixant les termes de la reprise des relations diplomatiques entre Rabat et Tel-Aviv.
  • Compte tenu de l’importance de la déclaration commune, le ministère des Affaires étrangères israélien approuve la soumission de la déclaration conjointe à la Knesset pour approbation.
  • Le ministère de la Justice a confirmé également que rien n’empêchait de soumettre la déclaration conjointe à la Knesset pour approbation.
  • Le texte sujet d’approbation contient bien la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté du Maroc sur «l’ensemble du Sahara occidental» et son soutien à la proposition «sérieuse, crédible et réaliste d’autonomie du Maroc comme seule base, pour une solution juste et durable au conflit du Sahara Occidental».
  • Il mentionne également «la position ferme du Royaume du Maroc à l’égard de la question palestinienne» ainsi que son importance.
  • La note explicative en annexe de l’ordre du jour révèle qu’il y a eu un différend concernant la réouverture des bureaux de communication à Tel-Aviv et Rabat.
  • Le conseiller juridique du gouvernement précise que la Déclaration commune sur l’établissement de relations diplomatiques, de paix et d’amitié avec le Royaume du Maroc «est une déclaration historique d’une grande importance politique».
  • En vue de l’urgence de la décision, le conseiller juridique souligne l’importance de l’achèvement les procédures de ratification avant fin janvier 2021.
  • Le Procureur général du Ministère des affaires étrangères et le Département du droit international des conseils et de la législation du ministère de la Justice affirment «qu’il n’existe aucun obstacle juridique à l’approbation de la résolution proposée».

The News :

Le bureau du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a publié samedi sur le site du gouvernement l’ordre du jour du Conseil ministériel No40, via Zoom, du dimanche 24.01.2021 dans lequel figure l’approbation de la déclaration conjointe signée le 22 décembre à Rabat par Israël, les États-Unis et le Maroc.

Le document de neuf pages et constitué de l’annonce de l’ordre du jour, d’une note explicative ainsi que du scan de la déclarations tripartite signée devant le roi Mohammed VI en anglais et en hébreu.

La note explicative révèle que le gouvernement israélien n’a émit aucune objection juridique, politique ou budgétaire de cette déclaration, tout en soulignant l’urgence de sa ratification avant fin janvier 2021. Le seul point qui n’a pas été traité par les médias jusqu’à aujourd’hui, c’est l’existence de différend sur le point relatif à l’ouverture des bureaux de liaison. D’ailleurs, la note explicative ne donne aucun détail.

La déclaration qui sera très probablement approuvée ce dimanche par le Conseil ministériel sera présentée dans un deuxième temps pour approbation par la Knesset, le parlement monocaméral d’Israël.

Dans les coulisses :

Il a fallu quatre jours après l’investiture de Joe Biden pour qu’il ait eu le premier contact officiel entre la Maison Blanche Biden et le bureau du Premier ministre israélien.

Pendant la transition, l’équipe de Biden s’est abstenue de parler aux gouvernements étrangers.

En effet, le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan s’est entretenu au téléphone ce samedi avec son homologue israélien Meir Ben Shabbat. Les deux responsables ont évoqué entre autres, le dossier iranien et les accords de paix entre Israël et les pays arabes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne cache pas sa préoccupation par l’objectif déclaré du président Biden d’essayer de reprendre l’accord nucléaire avec l’Iran. Une telle décision pourrait entraîner des tensions entre l’administration Biden et le gouvernement israélien, malgré une forme de prudence du secrétaire d’État «désigné» Tony Blinken qui avait souligné lors de son audience par le Sénat américain que les États-Unis consulteront Israël et les États du Golfe avant de prendre des décisions.

Driving the news :

Deux évènements importants en relation avec le dossier de la normalisation entre le Maroc et Israël ont survenu samedi:

  1. Conseil national du PJD avec un seul ordre du jour : Normalisation avec Israël

La tenue du Conseil national du Parti de la justice et du développement, PJD, parti islamique qui dirige le gouvernement marocain. Un conseil provoqué par la jeunesse du parti qui accuse son secrétaire général et Chef de Gouvernement de traitrise après sa signature de la déclaration conjointe annonçant la reprise des relations diplomatique entre Rabat et Tel-Aviv.

Les leaders du PJD ont tenu un discours ambigu, laissant croire que Saad Eddine El Otmani avait ratifié la déclaration de la normalisation avec Israël, non par conviction mais par devoir de Chef de gouvernement. «Ce n’est pas le Chef du parti qui avait signé mais le Chef de gouvernement» a-t-il laissé entendre.

Driss El Azami, membre du bureau politique du PJD, maire de la ville Fès, et dernier soutien de l’ancien Secrétaire Générale du Parti et ancien Chef de Gouvernement, Abdelilah Benkirane, a été encore plus ambigu en soulignant sa fierté de cette «victoire stratégique, décisive et historique du Maroc» et en affirmant son soutien inconditionnel et son appui ferme à la lutte et à la lutte de l’héroïque peuple palestinien contre «l’ennemi , l’occupant, le brut.». Un double discours qui caractérise l’ADN de ce parti dont le discours religieux n’a été que marketing et propagande.

  1. Manœuvres algériennes et fake news

La propagande algéro-polisarienne tente vainement de montrer une «zone de guerre», à travers des fake news, des «communiqués de guerre», des dépêches et des reportages quotidiens sur des «accrochages imaginaires».

Dans la soirée du samedi, le front séparatiste déboutée par la position de l’administration Trump, a fait publier un communiqué annonçant une attaque militaire contre le passage douanier de Guergarate situé entre le Maroc et la Mauritanie.

Rabat a réagit à cette communication en affirmant que malgré les harcèlements sans incidents des milices du «Polisario», la situation à Guerguarate était calme et normale, et que le trafic routier entre le Maroc et la Mauritanie, et au-delà vers l’Afrique subsaharienne, «n’est aucunement perturbé».

L’Algérie, qui vit une vacance de pouvoir enfant jour après jour le pays dans l’incertitude, tente tant bien que mal de faire pression sur la nouvelle administration américaine en créant une situation de crise armée.

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