Benjamin Netanyahu - Page 3

#AbrahamAccords : MBS, Netanyahu et Pompeo réunis à Neom en Arabie Saoudite

Bombe diplomatique lundi au Moyen-Orient avec la première visite révélée d’un chef de gouvernement israélien en Arabie saoudite, en l’occurrence Benjamin Netanyahu qui y a rencontré en secret ce weekend le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS), selon des sources concordantes. Selon le Wall Street Journal qui cite un haut responsable saoudien, Netanyahu et Ben Salman ont discuté de la normalisation et de l’Iran.

Avec Agences

Benjamin Netanyahu s’est envolé dimanche soir dans un jet privé avec Yossi Cohen, le chef du Mossad, les services de renseignements extérieurs israéliens, pour se rendre à NEOM, le projet de ville futuriste voulue par MBS située dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, près d’Israël, a révélé la presse israélienne, une information confirmée à l’AFP par une source gouvernementale.

Auparavant, un vol inhabituel avait été signalé au départ d’Israël hier pour la ville saoudienne de Neom. Un avion d’affaires privé, parfois utilisé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Il s’agit d’un jet privé appartenant à l’homme d’affaires israélien Udi Angel que le Premier ministre utilise souvent lors de précédents voyages à l’étranger.

Selon les données de FlightRadar24.com, un jet Gulfstream IV a décollé de l’aéroport international Ben Gourion de Tel Aviv dimanche après-midi et a volé vers le sud le long de la côte est de la péninsule égyptienne du Sinaï avant de se diriger vers la côte nord-ouest de la mer Rouge de l’Arabie saoudite.

L’avion a atterri à Neom juste après 18h30 GMT et y est resté jusqu’à 21h50, selon les données. Il est ensuite retourné à Tel Aviv par le même itinéraire.

alors que le bureau de Netanyahu n’a émis aucun commentaire dans l’immédiat sur ce qui pourrait être la première visite d’un Premier ministre israélien en Arabie saoudite, chef de file des monarchies pétrolières arabes du Golfe et poids lourd de la région, le ministre Zeev Elkin a déclaré à la radio de l’armée qu’il «n’étais pas dans l’avion pour l’Arabie saoudite.»

Le conseiller des médias sociaux de Netanyahu, Topaz Luk, a également semblé suggérer que la réunion avait eu lieu lorsqu’il a tweeté: «Gantz fait de la politique pendant que le Premier ministre fait la paix».

Le responsable israélien semblait faire référence à une décision du ministre de la Défense Benny Gantz, le rival de Netanyahu, de créer une commission d’enquête sur un accord sous-marin de 2 milliards de dollars avec l’Allemagne qui a été décrit par certains comme le plus grand scandale de corruption de l’histoire en Israël.

Par ailleurs, d’après la presse israélienne, Netanyahu n’aurait pas informé son ministre de Défense ni son ministre des Affaires Etrangères pour garder le secret de cette réunion.

Les médias d’État saoudiens ont rapporté que le prince Mohammed avait rencontré Mike Pompeo dimanche, mais ils n’ont fait aucune mention d’une visite de Netanyahu.

Une information confirmée par le secrétaire d’État américain qui a écrit sur son compte Twitter avoir eu des entretiens «constructifs» avec Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume saoudien.

Toutefois, selon le Wall Street Journal, un haut conseiller saoudien a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a discuté lors de sa rencontre avec le «régent» Mohammed ben Salman de la question de la normalisation entre les pays et de la question de la menace iranienne. Selon la même source aucun accord de fond n’avait été conclu lors de la réunion.

Normalisation

Israël a annoncé ces derniers mois des accords de normalisation de ses relations avec les Emirats arabes unis, Bahreïn, mais aussi le Soudan, sous le parrainage des Etats-Unis du président Donald Trump, un allié clé de Netanyahu qui doit quitter ses fonctions, comme M. Pompeo, en janvier.

Mike Pompeo qui a participé à la réunion entre MBS et Bibi et qui a fait ces derniers jours une tournée au Moyen-Orient au cours de laquelle il a d’ailleurs visité Israël, a réitéré dans un entretien aux médias saoudiens qu’il y a d’autres pays arabes qui vont rejoindre des accords de paix avec Israël et que Washington poursuivra ses efforts pour instaurer la paix au Moyen-Orient.

«Notre partenariat sécuritaire et économique est fort et nous allons continuer à le développer afin de contrer l’influence nocive de l’Iran dans la région», a ajouté Pompeo,

Il y a environ un mois, le chef du Mossad a exprimé l’espoir que d’autres pays de la région maintiendraient des relations officielles avec Israël. «Nous sommes en contact avec un grand nombre de pays de la région et au-delà, au Moyen-Orient et en Afrique bien sûr. J’espère vraiment que ces efforts, comme ceux qui ont mûri jusqu’à présent, mûriront également» avait-il déclaré à la Société de radiodiffusion publique israélienne, KAN.

Funérailles en Cisjordanie du négociateur en chef palestinien Saëb Erakat

Les Palestiniens ont enterré mercredi leur négociateur chevronné Saëb Erakat, décédé du nouveau coronavirus à 65 ans, à un moment où l’élection de Joe Biden à la Maison Blanche esquisse le timide espoir d’une relance du processus de paix avec Israël.

Avec AFP

Le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui souffrait de problèmes pulmonaires, est décédé mardi dans un hôpital israélien de Jérusalem. Sa dépouille a ensuite été transférée vers un hôpital de Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Des centaines de Palestiniens, portant pour la plupart un masque sanitaire sur le visage, sont venus lui rendre un dernier hommage mercredi après-midi lors de l’inhumation à Jéricho, ville de la vallée du Jourdain où il résidait.

Abbas Zaki, membre du parti laïc Fatah dont il était membre, a salué “un patriote courageux, qui a mené des missions difficiles”. Des membres des forces de sécurité ont tiré 21 coups de fusil en son honneur, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des personnalités politiques palestiniennes, parmi lesquelles le président Mahmoud Abbas et le Premier ministre Mohammed Shtayyeh, lui ont auparavant rendu hommage à la Mouqataa, siège de l’Autorité palestinienne à Ramallah, lors d’une cérémonie militaire qui a coïncidé avec le 16e anniversaire du décès de Yasser Arafat, leader historique de la cause palestinienne.

Sa dépouille est arrivée dans un cercueil recouvert du drapeau palestinien et entouré d’un cortège militaire.

Personnalité politique palestinienne parmi les plus connues à l’étranger, Erakat était le négociateur en chef des Palestiniens et avait participé à de nombreux pourparlers de paix avec Israël, actuellement dans l’impasse.

«La mort de Saëb Erakat marque la fin d’une ère, une ère pendant laquelle Israéliens et Palestiniens cherchaient à négocier une solution pacifique à leur conflit. Il incarnait cette ère, avec tous ces espoirs et toutes frustrations», a estimé Rob Malley, ancien conseiller des présidents américains Bill Clinton et Barack Obama et aujourd’hui président du centre d’analyse International Crisis Group (ICG), basé à Washington.

L’ancienne négociatrice israélienne Tzipi Livni, se disant «attristée», a salué mardi un homme ayant “consacré sa vie à son peuple”.

Contactés par l’AFP, le président et le Premier ministre israéliens, Reuven Rivlin et Benjamin Netanyahu, n’ont pas commenté le décès d’Erakat.

Optimisme mesuré

«Ces dernières années, il avait beaucoup de désarroi et d’inquiétudes, comme nous tous», a déclaré à l’AFP Nour Odeh, analyste palestinienne, ayant conseillé le leadership palestinien au début des années 2000.

«Comme tous les Palestiniens, il ne fait aucun doute que Saëb se serait réjoui du départ de Donald Trump de la Maison Blanche», a-t-elle affirmé.

Reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, soutien à la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, parrainage de la normalisation entre Israël et des pays arabes: le président américain, Donald Trump, a multiplié durant son mandat les gestes de soutien envers l’Etat hébreu, poussant les Palestiniens à couper tout contact avec son administration.

Alors candidat, le démocrate Joe Biden avait indiqué qu’il comptait notamment reprendre les aides financières à destination des Palestiniens, mises à l’arrêt par M. Trump.

«Joe Biden n’est pas Donald Trump et nous nous attendons à de la raison et de la civilité à la Maison Blanche», a estimé Mme Odeh.

«Il y a un optimisme mesuré selon lequel l’administration Biden sera celle avec qui les Palestiniens pourront dialoguer», a-t-elle ajouté, avant de préciser: «Cela ne veut pas dire qu’on s’attend à ce que cette administration mette un terme au conflit» avec Israël.

MBZ et Abdallah II félicitent Biden, Netanyahu attend les résultats officiels et MBS plus soucieux des présidentielles de Tanzanie

Après le message de félicitation de l’émir du Qatar, le roi de Jordanie Abdallah II a publié à son tour un tweet qui reconnait l’élection de Joe Biden. Onze minutes plus tard, Mohammed Ben Zayed, prince héritier des Emirats Arabes Unis, suivra les pas des deux dirigeant arabes et postera un message de félicitation au binôme élu. Au même moment, les médias israéliens rapportent que Netanyahu attendait les résultats officiels.

Le Premier ministre Netanyahu attend les résultats officiels annonçant la victoire de Joe Biden sur Donald Trump pour féliciter le gagnant, rapporte le site d’information Walla, citant des sources proches du Premier ministre israélien.

Le rapport n’indique pas clairement ce que l’on entend par résultats officiels et si cela signifie la certification des résultats de l’État ou l’élection officielle de Biden par le collège électoral.

Par ailleurs, le roi de Jordanie Abdallah II a publié un message de félicitation sur Twitter, accompagné du photo qui le réunissait avec le nouveau président élu : « Félicitations au président élu Joe Biden et à la vice-présidente élue Kamala Harris. J’ai hâte de travailler avec vous pour faire progresser le solide partenariat historique entre la Jordanie et les États-Unis, dans l’intérêt de nos objectifs communs de paix, de stabilité et de prospérité.»

Onze minutes plus tard le Prince héritier des EAU et ami proche de Donald Trump, Mohammed Bin Zayed va reconnaitre à son tour l’élection de Joe Biden dans un message publié sur Twitter : «Félicitations à Joe Biden et Kamala Harris pour avoir remporté les élections américaines. Nos vœux les plus sincères de développement et de prospérité pour le peuple américain. Les EAU et les États-Unis sont des amis et des alliés avec un solide partenariat historique que nous espérons renforcer ensemble.»

Au moment de la rédaction de ces lignes, ni le roi d’Arabie Saoudite, ni son prince héritier n’ont réagit aux résultats des élections américaines. Par contre ils ont bien pris la peine de féliciter la réélection du président de la Tanzanie.

La cupidité de Sara Netanyahu ne tarit pas

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Alors que l’enquête sur l’utilisation abusive de fonds publics plane toujours comme une épée de Damoclès au dessus de la tête du premier ministre et son épouse, la Washington Post vient de révéler une information qui confirme la cupidité sans limite de la famille Netanyahu. A l’occasion de la signature des accords d’Abraham à Washington, Sara Netanyahu a apporté pour le voyage, plusieurs valises de linge sales afin de les faire laver gratuitement par la Maison Blanche.

Durant plusieurs années, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu s’est forgé une réputation parmi le personnel de la maison d’hôtes de la Maison Blanche pour avoir transporté systématiquement une cargaison spéciale lors de ses voyages à Washington: des sacs et des valises remplis de linge sale, écrit le Washington post, citant des responsables américains.

Les vêtements sont nettoyés gratuitement pour le Premier ministre par le personnel américain, un avantage qui est accordé à tous les dirigeants étrangers hôte du président. Toutefois, seul Netanyahu semble en profiter avec parcimonie compte tenu des séjours souvent très courts des chefs d’État particulièrement occupés, renchérit la même source.

«Les Netanyahu sont les seuls à nous apporter de vraies valises de linge sale à nettoyer», a déclaré un responsable américain, qui, comme d’autres, s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour dévoiler des détails des visites du dirigeant étranger. «Après plusieurs voyages, il est devenu clair que c’était intentionnel

Une controverse qui dure depuis 2016

En 2016, Netanyahu a poursuivi son propre bureau et le procureur général d’Israël dans le but d’empêcher la publication de ses factures de blanchisserie en vertu de la loi sur la liberté d’information du pays. Le juge s’est rangé du côté de Netanyahu et les détails de ses factures de blanchisserie restent secrets dans l’attente d’un appel devant la Cour suprême.

Dans les transcriptions des déclarations de Hefetz, l’assistant de Netanyahu qui comparaissait devant un juge, on y apprend que Sara Netanyahu aurait emporté lors de voyages d’État avec son mari, pas moins de huit valises de linge sale afin de les envoyer au nettoyage à sec dans les hôtels où ils ont séjourné, aux frais de l’État. «Rien n’apparaît dans les factures, ils l’ont caché d’une manière ou d’une autre », avait-il déclaré

Une longue liste d’accusations

Cette affaire de linge sale reste une accusation relativement mineure comparée à la longue liste d’allégations de corruption qui menacent la mainmise du dirigeant de 70 ans sur le pouvoir et déclenchent des manifestations en Israël.

En effet la justice israélienne accuse Netanyahu de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires différentes :

  • L’affaire 1000 concerne des accusations selon lesquelles Netanyahu aurait reçu des « cadeaux et avantages » de la part de bienfaiteurs milliardaires, dont le producteur israélien d’Hollywood Arnon Milchan, en échange de diverses faveurs ;
  • L’affaire 2000 porte sur des accusations selon lesquelles Netanyahu aurait convenu avec l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth Arnon Mozes « d’affaiblir un quotidien rival », en échange d’une couverture plus favorable de Yedioth ;
  • L’affaire 4000 – la plus grave contre le Premier ministre – implique des accusations selon lesquelles Netanyahu aurait « avancé des décisions réglementaires » dont Shaul Elovitch, l’actionnaire majoritaire du géant des télécommunications Bezeq, a bénéficié à hauteur de centaines de millions de dollars, en échange de la couverture positive du site d’information Walla appartenant à Elovitch. (source : Time of Israël)

Le procès s’est ouvert en mai et devrait reprendre en janvier.

Israël scelle son entente avec les Emirats et Bahreïn à la Maison Blanche

Israël signe mardi à la Maison Blanche des accords historiques avec les Emirats arabes unis et Bahreïn qui bousculent les équilibres au Moyen-Orient, et sur lesquels compte Donald Trump pour se présenter en “faiseur de paix” à sept semaines de la présidentielle américaine.

AFP

Le président des Etats-Unis a tenu à organiser une cérémonie en grande pompe à Washington au cours de laquelle le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit formellement établir des relations diplomatiques entre l’Etat hébreu et ces deux pays arabes — première percée de ce type depuis les traités de paix avec l’Egypte et la Jordanie, en 1979 et 1994.

Une poignée de main historique entre le dirigeant israélien et les représentants arabes n’est pas exclue, a déclaré un haut responsable américain, soulignant que tous les participants auront auparavant été testés au coronavirus.

De nombreux Etats arabes pétroliers cultivent discrètement des liens avec les autorités israéliennes depuis des années, mais cette normalisation offre de riches opportunités, notamment économiques, à ces pays qui tentent de réparer les ravages de la crise du coronavirus.

“C’est une réussite de première classe”, assure David Makovsky, du cercle de réflexion Washington Institute for Near East Policy, tout en soulignant que cela “n’implique pas la même prise de risque” pour les Israéliens que celle acceptée par Menahem Begin, “lorsqu’il a abandonné le Sinaï” à l’Egypte, ou Yitzhak Rabin, lorsqu’il a accepté de négocier avec le Palestinien Yasser Arafat.

La “vision pour la paix” présentée en début d’année par Donald Trump, qui visait à mettre fin une fois pour toutes au conflit israélo-palestinien, est loin d’être couronnée de succès: l’Autorité palestinienne l’a rejetée en bloc et dénie au président américain le rôle même de médiateur depuis qu’il a enchaîné les décisions favorables à Israël.

Ce n’est plus le Moyen-Orient de papa, c’est une nouvelle région

L’actuel Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a d’ailleurs estimé que mardi serait un “jour sombre” dans l’histoire du monde arabe, dont il a fustigé les “fractures” et les “divisions”.

Les Palestiniens, qui dénoncent un “coup de poignard dans le dos” de la part de ces pays accusés de pactiser avec l’Etat hébreu sans attendre la naissance d’un Etat palestinien, ont appelé à des manifestations mardi.

Mais l’administration Trump avait toujours dit vouloir secouer la région plus profondément en rapprochant Israël et le monde arabe dans une sorte d’union sacrée contre l’Iran. Ces accords esquissent ce changement d’ère, et semblent reléguer la question palestinienne en arrière-plan, comme l’espérait la Maison Blanche.

Selon David Makovsky, “ce n’est plus le Moyen-Orient de papa, c’est une nouvelle région” où, fait extraordinaire, la Ligue arabe a refusé de condamner la décision des deux monarchies du Golfe.

“Les Palestiniens vont attendre de voir ce que donne l’élection américaine, mais quand la poussière retombera, ils devront repenser leur position”, estime cet ex-diplomate américain.

Ces accords sont une victoire pour Benjamin Netanyahu et rapprochent Israël de son objectif d’être accepté dans la région.

Pour Donald Trump, qui brigue un second mandat et n’avait jusqu’ici que peu d’avancées diplomatiques à présenter aux électeurs, c’est un succès reconnu jusque chez ses adversaires démocrates.

Depuis l’annonce le 13 août de l’accord israélo-émirati, suivie la semaine dernière par celle concernant Bahreïn, le camp du milliardaire républicain ne lésine pas sur les superlatifs pour vanter son action, digne à l’en croire du prix Nobel de la paix.

Des divergences sont toutefois déjà apparues sur les conditions entourant l’accord avec les Emirats. Aux yeux du pays du Golfe, Israël a accepté de “mettre fin à la poursuite de l’annexion des territoires palestiniens”.

Mais le Premier ministre israélien a lui affirmé qu’il n’avait “pas renoncé” à l’annexion de vastes pans de la Cisjordanie occupée, uniquement “reportée”.

De même, Benjamin Netanyahu a dit s’opposer, pour préserver la supériorité militaire de son pays dans la région, à la vente aux Emirats d’avions de chasse furtifs américains F-35 qu’Abou Dhabi veut acquérir.

Netanyahu n’a aucune intention de négocier avec les Palestiniens

Israël “doit négocier” la paix avec les Palestiniens mais Benjamin Netanyahu “n’a aucune intention” de le faire, soutient le chef de l’opposition Yaïr Lapid dans un entretien à l’AFP, accusant par ailleurs le gouvernement d’avoir “complètement échoué” à contenir la pandémie.

AFP

Comme l’ensemble de la classe politique israélienne, M. Lapid salue la normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis et Bahreïn, qui doit être signée mardi à Washington, mais estime que l’Etat hébreu doit simultanément entamer des pourparlers de paix avec les Palestiniens.

“Le gouvernement dit que nous sommes parvenus à des accords avec des pays sunnites modérés sans payer le prix de négocier avec les Palestiniens. Ce que je dis est la chose suivante: il ne s’agit pas d’un prix à payer, mais de l’intérêt d’Israël de négocier avec les Palestiniens”, a déclaré lundi soir M. Lapid à son bureau au Parlement à Jérusalem.

“Mais les Palestiniens doivent aussi comprendre qu’ils ne peuvent plus s’asseoir sur leurs chaises et attendre que le monde arabe et la communauté internationale fassent le travail à leur place (…) Ils doivent être proactifs et cesser de jouer aux éternelles victimes”, tranche-t-il.

“Les Palestiniens n’auront pas 100% de ce qu’ils veulent, Jérusalem, le droit au retour (des réfugiés) et les frontières de 1967, cela ne fonctionnera pas, mais il faut qu’ils retournent à la table des négociations et nous devons retourner à la table des négociations”, ajoute le leader centriste de la formation Yesh Atid-Telem.

“Je le dis crûment: nous devons aller de l’avant et discuter avec les Palestiniens sur la base de la solution à deux Etats (…) Mais ce gouvernement n’a aucune intention de négocier avec les Palestiniens car pour Netanyahu c’est un danger politique, et avec ses ennuis juridiques (il est jugé pour corruption, NDLR) il a besoin de sa base électorale et celle-ci s’oppose à tout accord” avec les Palestiniens.

Netanyahu négocie tout seul avec les Emirats et le Bahreïn

Après les dernières élections en mars, les associés de Yaïr Lapid, dont le ministre de la Défense Benny Gantz et le chef de la diplomatie Gabi Ashkenazi, ont quitté son navire politique pour rejoindre M. Netanyahu et former avec lui un gouvernement d’union.

“Ils ont fait une erreur et ils le savent à présent. Je leur avais dit: j’ai travaillé avec Netanyahu et il ne vous laissera pas avoir les mains sur le volant.”, a dit cet ex-ministre des Finances de M. Netanyahu.

Un exemple? “Il a négocié des accords (…) avec les Emirats et après Bahreïn sans même leur dire”, affirme M. Lapid, ex-journaliste vedette à la télé dont la mâchoire saillante, les épaules carrées et les cheveux grisonnants lui confèrent des airs de George Clooney lorsqu’il sirote son expresso en costard.

Or le gouvernement d’union Netanyahu, avec ses 36 ministres, est un “monstre bureaucratique” qui n’a pas su gérer la crise du coronavirus, soutient M. Lapid dans son bureau décoré de photos de lui avec Emmanuel Macron, Boris Johnson, Angela Merkel, Joe Biden, l’ancien ténor républicain John McCain. Mais pas de Donald Trump…

Champion de la lutte anticoronavirus aux premiers jours de la pandémie, Israël a vu le nombre de contaminations exploser ces dernières semaines au point de devenir le deuxième pays au monde ayant recensé le plus de cas per capita, derrière Bahreïn.

La hausse a poussé le gouvernement à devenir le seul pays à rétablir un confinement général de trois semaines, une mesure mal reçue par de nombreux Israéliens.

“C’est une mesure agressive, qui dévaste l’économie et n’est pas utile pour stopper l’épidémie. La seule raison pour laquelle le gouvernement impose un reconfinement c’est qu’il est complètement perdu (…), qu’il a complètement échoué à gérer le coronavirus”, accuse M. Lapid.

Netanyahu, une popularité en chute

Ces dernières semaines, des dizaines de milliers d’Israéliens ont pris la rue pour demander le départ du Premier ministre en raison de son procès pour corruption, mais aussi de la gestion, économique et sanitaire, de la pandémie.

Les manifestations innervent le pays après le shabbat, les samedis soirs, à Jérusalem devant la résidence officielle de Benjamin Netanyahu, et sur les ponts dans un chapelet de villes. Yaïr Lapid a jusqu’à présent évité les rassemblements de Jérusalem, mais a fait la tournée des ponts.

Depuis ces manifestations, le taux de popularité de Benjamin Netanyahu a chuté mais son parti, le Likoud, reste en tête des sondages. Les troupes de Yaïr Lapid font du surplace en troisième position.

“Ce n’est pas assez (…) Je dois être en mesure d’avoir un message assez clair pour tirer profit” des manifestations, reconnaît-il, soutenant que Benjamin Netanyahu n’a jamais gagné d’élections lorsque les indicateurs économiques sont au rouge, ce qui est actuellement le cas.

Israël – Iran: «Putting the Genie Back in the Bottle»

Benjamin Netanyahu et Ali Khamenei commémorent le «Yom Yeroushalayim» en s’adonnant à leur exercice préféré, le crêpage de chignons. Le 20e anniversaire du retrait par l’armée israélienne du Liban-Sud est vaillamment commémoré de part et d’autres par des joutes sur twitter et des cyberattaques qui sont loin d’être équilibrées. Au bord du précipice, le guide suprême d’Iran gesticule tandis que Bibi jubile. Netanyahu a de quoi se sentir béni par «D.ieu». Grâce au coronavirus, il arrive à épuiser son adversaire, former son gouvernement et sauver sa peau et celle de sa famille d’un long séjour en prison. Et puis, avant même que les dix marocains de ce gouvernement trouvent le temps de s’habituer au vigiles de Beit Aghion, le Mollah se pointe, alors que toute la planète, y compris Daech, est confinée, et appelle à l’éradication d’Israël. Offrant ainsi un beau projet fédérateur… au peuple élu.

«Ce nouveau chapitre dans les relations entre les deux ennemis coïncide avec le 20e anniversaire du retrait par l’armée israélienne du Liban-Sud, territoire sous influence du Hezbollah libanais proche de Téhéran, et Yom Yeroushalayim en hébreu ou Rouz Jihani Quds en persan», rapporte l’AFP.

Ce «jour de Jérusalem» a deux significations totalement différentes selon les camps, Israël célébrant son contrôle de la partie orientale de la Ville sainte en 1967 et l’Iran son soutien aux Palestiniens qui s’opposent à l’annexion de Jérusalem-Est et au projet sioniste en général, nous explique l’agence de presse.

Assommé par la pandémie qui a ravagé le pays, l’asphyxie économique, les très lourdes pertes militaires en Syrie et en Irak et la montée du pouvoir des gardiens de la révolution au détriment des mollahs, le régime iranien a demandé à Khamenei de bombarder Israël de tweets à défaut de missiles. Pour cela, le guide suprême va ressortir sa réthorique désuète : «la cause palestinienne».

«Nous allons soutenir et prêter assistance à toute nation ou tout groupe qui s’oppose et combat le régime sioniste», a-t-il écrit mercredi , appelant à défendre les «combats» des Palestiniens pour déterminer leur avenir.

Définitivement chassé du territoire syrien suite à des centaines de frappes israélienne qui se sont intensifiés ces derniers mois, manière de dire aux Molahs que leur rôle était fini et qu’il est temps de rebrousser chemin, l’Iran vit plus mal l’arrêt de son projet expansionniste que la pandémie du Coronavirus. Sur ce sujet, Khamenei va se plaindre à demi-mots en fustigeant, dans un autre tweet, l’expansionnisme sioniste. «C’est celui qui dit qui l’est!»

«La nature du régime sioniste était incompatible avec la paix car les sionistes cherchent à accroître leur territoire» a-t-il tweeté avant d’accuser Israël de terrorisme d’Etat.

Pour ne pas se faire bloquer son compte Twitter, il va développé un discours compliance-compatible : « Eliminer le régime sioniste ne veut pas dire éliminer les Juifs (…) Mais éliminer Israël », a ajouté le guide suprême iranien en qualifiant les sionistes de «cancer» et en appelant à chasser des «voyous comme Netanyahu».

Sur sa page web, l’ayatollah Khamenei appelle à une «Palestine libre» avec en sous-titre «la solution finale: la résistance jusqu’au référendum», nous informe l’AFP. Bibi ne pouvait recevoir meilleur cadeau après à la naissance apocalyptique de sa formation gouvernementale -où siègent en passant dix marocains-.

Du pain béni pour Bibi

Maintenant que les pays arabes ont fait évoluer leur doctrine israelienne, après la chute du panarabisme, Netanyahu a plus que jamais besoin d’un ennemi qui fédère les israéliens autre que les juges qui veulent le mettre à l’ombre, lui sa femme et sa progéniture.

Qui mieux donc que l’Iran pour se dévouer à cette noble tache au service du peuple élu.

Accusant réception du cadeau de Khameinei, Netanyahu va dégainer son iPhone crypté pour rendre la gentillesse à son meilleur allié :

«Les menaces de Khamenei de réaliser la solution finale contre Israël rappellent le plan nazi de solution finale pour la destruction du peuple juif», a-t-il répliqué. «Il devrait savoir que tout régime qui menace Israël d’extermination fera face au même danger», a-t-il ajouté.

Nazisme, antisémitisme et la gloire à Tsahal, Bibi ne change pas une stratégie gagnante et apporte de l’eau au moulin aux millions d’excités sur les réseaux sociaux et sur les plateaux télés.

Paralyser les installations nucléaires -vs- Poster un message Html

Au lendemain de cet échange virtuel, les médias ont fait l’échos d’une série d’attaques informatiques ciblant des sites internet d’entreprises locales, de municipalités et d’ONG israelinnes avec un message en hébreu et en anglais: «le compte à rebours pour la destruction d’Israël a commencé il y a déjà bien longtemps». En plus d’un lien d’un vidéo-montage montrant Tel-Aviv bombardée, et une signature des pirates « hackers of the Saviors».

Tandis que le mainstream s’enflamme de la cyberattaque iranienne, à Telaviv, Bibi jubile. Si bidouiller un code php ou html est la réponse à la colonisation de la Palestine et aux bombardements en Syrie et en Irak et à l’exécution de Qassem Soleimani, Israël peut être rassurée sur sa sécurité.

«Il s’agit d’une attaque sur des sites privés et qui n’ont causé aucun dommage aux infrastructures nationales», a assuré à l’AFP le Directorat israélien de la cybersécurité qui n’a pas directement incriminé l’Iran mais avait mis en garde récemment contre des actes de piratages informatiques pour le «jour de Jérusalem iranien».

Cette manie de diffuser des vidéos montage est devenu une constante dans la communication de l’Iran et des gardiens de la révolution depuis l’assassinat de Soleimani au lendemain de la Saint-Sylvestre 2020. Le régime tente de faire oublier son impuissance à son peuple, en utilisant la fiction et le digital comme nouvel instrument de propagande.

Plus tôt cette semaine, le Washington Post avait fait état d’une cyberattaque, menée par Israël, contre le port iranien de Shahid Rajaei, situé sur le détroit d’Ormuz, voie de passage stratégique pour le trafic pétrolier international. Or elle a été effectuée en représailles à une autre cyberattaque contre des installations hydrauliques civiles en Israël, selon le quotidien américain.

En Israël, les autorités n’ont confirmé aucune des deux attaques, tout en laissant planer le doute par un langage parfois métaphorique, écrit l’AFP.

Quand Israël, immobilise une centrale nucléaire ou une une installation portuaire, l’Iran poste une vidéo sur le site web d’une épicerie dans les territoires occupés.

«Putting the Genie Back in the Bottle»

L’image de Khomeini descendant d’un Boeing 747 de la compagnie Air France, un 1er février 1979, guidé, protégé et tenu par la main par le commandant de bord du vol4721, Jean Mouy, en dit long sur l’appui occidental à l’installation des Mollahs dans un territoire qui constituait le prolongement de l’Afrique et du monde arabe sunnite vers l’Asie.

Dans un article paru en 2015 sur RFI, la radio officielle du Quai d’Orsay, sous le titre «Jean Mouy, l’homme qui a ramené Khomeini en Iran», les faits sont saisissants.

«France, Suisse, Autriche, Tchécoslovaquie, Roumanie, Bulgarie, Turquie, Iran : tout au long du trajet, le commandant Jean Mouy est en contact permanent avec la direction d’Air France et les tours de contrôle des pays survolés», rapporte RFI.

« Le vol spécial » Paris-Téhéran est complet, à bord : l’ayatollah Khomeini, 17 membres de son état major, « et le reste des passagers était exclusivement des journalistes. » « Personne des Services », du moins pas à la connaissance du commandant. « Je ne savais rien de Khomeini, se souvient Jean Mouy. A part le fait qu’il habitait à Neauphle-Le-Château, parce que l’Irak n’en voulait plus. »

Israël n’aurait jamais évolué de la même manière sans le régime des Mollahs. L’Iran et Israël, partagent le rejet et l’inimitié des populations et des gouvernements des pays sunnites, leurs ambitions expansionnistes et de puis quelques années plusieurs frontières au Liban, en Irak et en Syrie.

La république islamique s’est érigée comme barrière à toute expansionnisme sunnite vers l’Asie, un rôle stratégique dans la géopolitique du Golfe et de l’Asie de l’ouest avant et après la guerre froide. Tel un cheval de Troie, elle a participer brillamment à briser l’axe sunnite et à écraser toutes les autres mouvances chiites plus modérés.

Aujourd’hui, les alliés d’hier qui ont porté au pouvoir Khomeini ne sont plus d’accord sur la suite des évènements. Alors que l’écosystème Netanyahu composé entre autres de Trump, Poutine et MBZ estime qu’il est temps de tourner la page et d’essayer autre chose, les gardiens de l’ancien monde à l’image de la France résistent et protègent tant bien que mal ce qui reste de la république islamique.

Lire aussi

En Juillet 2019, à l’occasion de la tenue de la 19 ème conférence de Herzliya, une rencontre annuelle durant laquelle Israël, distille auprès des centres de réflexions et de intelligentsia mondiale, les grandes lignes de sa géopolitique de l’année à venir, les organisateurs ont choisi pour thème centrale : «Iran – Putting the Genie Back in the Bottle», Iran – Remettre le Génie dans la bouteille.

A partir de cette date la machine israélo-américaine s’est mise en branle pour faire rentrer le génie iranien dans sa lampe après de longues années de beaux et loyaux services.

Les actions les plus spectaculaires d’Israël ont été l’exécution de Soleimani, le bombardement des postions iraniennes en Syrie, l’asphyxie économique et politique du Hezbollah et la décapitation de leur principale plaque tournante financière en Syrie, le milliardaire et neveu de Bachar, Rami Makhlouf.

Trump dit beaucoup de bêtises mais on doit reconnaitre qu’il n’avait pas tord quand il avait alerter un jour que le monde était devenu très dangereux comme jamais auparavant.

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