Barack Obama

Tollé après le refus de Trump de s’engager à transmettre pacifiquement le pouvoir

Donald Trump s’attirait jeudi des réactions outrées jusque dans son camp républicain après avoir refusé de promettre un transfert pacifique du pouvoir si son rival Joe Biden l’emportait lors de la présidentielle américaine du 3 novembre, certains le comparant à un dictateur.

Avec AFP

Allié du président, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s’est senti obligé de réaffirmer aux Américains que le résultat du scrutin serait respecté.

«Le vainqueur de l’élection du 3 novembre sera investi le 20 janvier» comme prévu, a tweeté le conservateur. «Il y aura une transition en bon ordre comme tous les quatre ans depuis 1792», date de la deuxième élection présidentielle des Etats-Unis avec un mandat de quatre ans.

Sa grande ennemie, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, s’est, elle, scandalisée.

Il faut «lui rappeler: vous n’êtes pas en Corée du Nord, vous n’êtes pas en Turquie, vous n’êtes pas en Russie M. le président. Et d’ailleurs, vous n’êtes pas en Arabie saoudite. Vous êtes aux Etats-Unis d’Amérique. Nous sommes une démocratie», a-t-elle martelé en conférence de presse.

Dans un contexte tendu, à moins de six semaines de l’élection dans une Amérique profondément divisée, le tollé est né d’un court commentaire mercredi soir de Donald Trump, qui joue régulièrement avec l’idée de ne pas reconnaître les résultats de l’élection. Il avait formulé la même menace lors du scrutin de 2016 qu’il avait remporté face à Hillary Clinton.

En réponse à une question, le président a refusé de s’engager à garantir un passage sans violence du pouvoir, quel que soit le résultat de l’élection qui l’opposera au démocrate Joe Biden.

«Il va falloir que nous voyions ce qui se passe», a-t-il répondu lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.

Ces transferts de pouvoir sont un pilier de la démocratie américaine. Et donnent traditionnellement lieu à des échanges courtois, parfois touchants et empreints de dignité même entre partis rivaux, comme lorsque George W. Bush avait laissé une lettre à Barack Obama en 2009.

Une élection entre Donald Trump et la démocratie

Actuellement en retard dans les sondages, le président républicain se plaint régulièrement des conditions d’organisation du scrutin et affirme que le vote par correspondance est source de fraudes potentielles. Cette assertion n’est pas démontrée, mais le vote par courrier devrait être beaucoup plus utilisé cette année du fait de la pandémie de Covid-19.

Jeudi, la porte-parole de la Maison Blanche a réaffirmé que Donald Trump «acceptera(it) le résultat d’une élection libre et juste».

Le président a semblé la veille appeler à une annulation des bulletins envoyés par la poste. «Débarrassons-nous de ces bulletins et ce sera très pacifique, il n’y aura pas de transfert vraiment, ce sera une continuation», a-t-il dit. Et a répété jeudi, sur Fox News, que les bulletins par courrier étaient «une horreur».

Si la Cour suprême décidait que Joe Biden avait gagné, en cas d’une course très serrée, «je serais d’accord avec cela mais je pense que nous en sommes encore loin», a-t-il précisé.

Le directeur du FBI Christopher Wray a pourtant encore réaffirmé jeudi matin que ses services n’avaient jamais «constaté, dans l’histoire, de tentative coordonnée à l’échelle nationale de fraude électorale pour une élection majeure, que ce soit par courrier ou autre».

Joe Biden avait immédiatement réagi aux propos de Donald Trump

«Dans quel pays vivons-nous ? Je plaisante à peine. Je veux dire, dans quel pays sommes-nous ? Il dit les choses les plus irrationnelles, je ne sais pas quoi dire», a déclaré le candidat démocrate.

Le sénateur républicain Mitt Romney, qui s’oppose régulièrement au président, s’est insurgé.

«Le transfert pacifique du pouvoir est fondamental pour notre démocratie; sans cela, c’est le Belarus. Toute suggestion par un président qu’il puisse se soustraire à cette garantie constitutionnelle est à la fois impensable et inacceptable», a-t-il affirmé sur Twitter.

Et Liz Cheney, l’une des chefs de la minorité républicaine à la Chambre et fille de l’ancien vice-président américain, s’est aussi clairement démarquée jeudi des propos du 45e président des Etats-Unis. «Le transfert pacifique du pouvoir est inscrit dans notre Constitution et essentiel à la survie de notre république», a-t-elle tweeté.

Chez les démocrates, l’ancienne rivale du milliardaire Hillary Clinton a dénoncé, sur Twitter, le comportement digne «d’un aspirant dictateur désespéré». «C’est pathétique. Mais parce qu’il est président, nous devrions prendre sa menace au sérieux».

Le sénateur Bernie Sanders a lui longuement pris la parole sur le sujet jeudi, dénonçant une menace pour la démocratie «comme jamais auparavant». «Il ne s’agit pas seulement d’une élection entre Donald Trump et Joe Biden. C’est une élection entre Donald Trump et la démocratie. Et la démocratie doit gagner», a-t-il affirmé, en réclamant la constitution d’un comité réunissant républicains et démocrates pour surveiller l’élection.

Obama, Sanders et Biden, les Avengers enfin réunis pour en finir avec Trump

/

Silencieux durant toutes les primaires, Barack Obama s’est enfin décidé de s’adresser aux américains, assommés par le coronavirus. L’ancien président a annoncé mardi son soutien à Joe Biden, capable selon lui de les guider à travers l’une de leurs «heures les plus sombres». Obama, qui aurait été derrière la décision de Bernie Sanders de se retirer de la course à la Maison Blanche, n’a pas hésité à appeler ses compatriotes à se rassembler dans un «grand sursaut» pour en finir avec Donald Trump.

Poids lourd chez les démocrates, encore très populaire, le premier président noir des Etats-Unis entre ainsi en plein dans la campagne pour aider son ancien vice-président, qui doit absolument rassembler le parti s’il veut battre le républicain lors de la présidentielle du 3 novembre.

«Joe a le tempérament et l’expérience pour nous guider à travers l’une de nos heures les plus sombres», a déclaré Barack Obama dans une vidéo. «Et c’est pour cela que je suis fier» de le soutenir.

«En cette heure, nous avons besoin que les Américains de bonne volonté s’unissent dans un grand sursaut contre une politique qui a trop souvent été définie par la corruption, la négligence, l’intérêt personnel, la désinformation, l’ignorance et de la pure méchanceté», a-t-il asséné, après plus de trois ans de présidence de Donald Trump.

«Barack, ce soutien veut tout dire pour Jill et moi», a répondu Joe Biden, 77 ans, en évoquant son épouse.

Pour «rassembler» les Etats-Unis, le septuagénaire a promis de suivre l’exemple de Barack Obama, qui avait su attirer une coalition assez large d’électeurs –ouvriers, jeunes issus des minorités, femmes, indépendants…– pour décrocher deux mandats.

La popularité et le charisme de Barack Obama seront précieux pour un Joe Biden qui, s’il a remporté rapidement, et largement, la primaire, n’a toutefois pas fait taire les doutes sur sa forme ou sa capacité à attirer l’aile la plus progressiste du parti.

La victoire ne sera pas facile

Dans sa longue vidéo de 12 minutes, Barack Obama évoque la douleur des familles endeuillées par le nouveau coronavirus avant d’affirmer que choisir Joe Biden, dont il est devenu un «ami proche», comme vice-président entre 2009 et 2017 «a été l’une des meilleures décisions» de sa vie.

«C’est quelqu’un à qui la vie a appris la persévérance, comment rebondir après avoir été laissé K.O», poursuit-il, en référence aux tragédies familiales qui ont bouleversé Joe Biden.

Tandis que la pandémie endeuille les Etats-Unis, le monde, et ravage l’économie, Barack Obama met en avant l’expérience de Joe Biden à la Maison Blanche face à la grande crise financière de 2007/2008. Et son aide lors de crises sanitaires, qui a permis notamment, affirme-t-il d’empêcher que l’épidémie d’Ebola se convertisse en une pandémie comme celle que nous voyons aujourd’hui ».

Sans jamais nommer son successeur, Barack Obama critique les républicains et une Maison Blanche seulement «intéressée par le pouvoir», au détriment des Américains ou de la lutte contre le changement climatique.

Joe Biden, lui, saura s’entourer d’une équipe compétente et «travailler avec (les) alliés» des Etats-Unis, assure-t-il.

«Notre avenir dépend donc de cette élection», lance Barack Obama, tout en soulignant que la victoire ne sera «pas facile» alors que les républicains ont déjà levé des millions de dollars pour la campagne de réélection de Donald Trump.

«Trump va le détruire»

Très discret depuis son départ de la Maison Blanche en janvier 2017, Barack Obama aura donc attendu, comme en 2016, le dénouement de la primaire pour se prononcer.

Son message survient au lendemain du ralliement du champion de la gauche Bernie Sanders à Joe Biden.

L’ancien président était sorti de son silence public une rare fois pour affirmer, en novembre 2019, que l’élection se remporterait au centre. Les Etats-Unis ne sont pas un pays «révolutionnaire», avait-il déclaré.

S’il ne citait personne, tous avaient pensé à Bernie Sanders.

Mardi, Barack Obama a pris soin de saluer la carrière du sénateur indépendant, qui a su inspirer «une énergie et un enthousiasme, surtout chez les jeunes» qui sera «crucial» pour gagner.

Et en direction de l’aile gauche, il a souligné que Joe Biden avait le «programme le plus progressiste» de l’histoire des présidentielles américaines.

La campagne électorale est mise en sourdine depuis un mois en raison de la pandémie de Covid-19, qui a mis un terme à tous les meetings, réunions publiques et autres porte-à-porte. Donald Trump reste lui très visible pendant la crise, dont l’impact électoral est incertain.

«Barack Obama a passé une bonne partie des cinq dernières années à exhorter Joe Biden à ne pas se présenter à la présidentielle par crainte qu’il se ridiculise», a ironisé son chef de campagne, Brad Parscale, dans un communiqué.

«Le président Trump va le détruire».

OTAN arabe : L’alliance judéo-sunnite pour combattre le chiisme

/

Soucieux de réduire la présence des forces américaines et leur budget dans le Moyen-Orient, Donald Trump pousse de toutes se forces en faveur de la création d’un OTAN arabe qui comprendrait la Jordanie, l’Égypte, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis, Oman et l’Arabie saoudite. L’idée de départ, formulée par Barack Obama était de créer une alliance judéo-sunnite pour combattre le chiisme, mais pas seulement. Toutefois, ce projet a peu de chances d’aboutir.

Lire ici

NBA : Le Maroc dans le projet de la nouvelle ligue africaine de basketball soutenue par Obama

Barack Obama a soutenu le projet d’une nouvelle ligue de basketball (LBA) en Afrique et devrait jouer un rôle dans le projet. L’ancien président américain a exprimé son soutien à la collaboration entre la NBA (National Basketball Association) et la FIBA, l’instance dirigeante mondiale du basketball, afin de créer une compétition d’élite impliquant plusieurs pays africains. Obama devrait être «directement impliqué» dans la Ligue africaine de basketball, bien que le rôle qu’il assumera reste à déterminer.

Lire ici

Netanyahu boycotte le sommet de Marrakech sur la migration

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé que son pays se retirait du pacte sur la migration qui doit être approuvé lors du sommet de l’ONU le mois prochain à Marrakech. A l’instar des États-Unis, de la Hongrie, de l’Australie, de la Pologne, de la Bulgarie et de l’Autriche qui ont également annoncé leur retrait de l’initiative ou exprimé des réserves de fond, invoquant pour la plupart des préoccupations concernant la souveraineté nationale.

Lire ici

Donald Trump signe la nouvelle stratégie cybernétique américaine contre les adversaires étrangers

/

L’administration Trump a annoncé jeudi soir que les Etats-Unis agiraient désormais officiellement pour dissuader et répondre aux cyberattaques par des actions offensives contre des adversaires étrangers.

La nouvelle stratégie cybernétique des États-Unis, signée par le président Trump, marque l’adoption par le gouvernement fédéral d’une approche plus agressive face aux cybermenaces présentées de par le monde, rapporte le site américain The Hill.

L’administration Trump a fait l’objet de critiques pour ne pas en faire assez pour décourager les cyberattaques contre les États-Unis, en particulier après celles qui ont eu lieu lors des présidentielles de 2016.

Pourtant, des responsables de l’administration ont récemment émis des avertissements de cyber-menaces de la part de pays tels que la Russie, l’Iran, la Corée du Nord et la Chine. Facebook, Twitter et Google ont également récemment supprimé des comptes soupçonnés d’être liés à une campagne de désinformation soutenue par le gouvernement iranien.

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a déclaré que ces actions font partie d’une stratégie de dissuasion globale : lancer des cyberattaques contre des acteurs d’autres pays en vue d’empêcher ces adversaires d’attaquer les Etats-Unis en premier.

Bolton a également confirmé que le président Trump avait signé il y a quelques semaines une mesure annulant une directive de l’ère Obama sur la manière dont les cyberattaques contre d’autres pays sont menées. Cette directive exigeait que plusieurs agences interviennent dans la décision de lancer des attaques contre d’autres pays. Ce n’est désormais plus le cas aujourd’hui.

 

Nucléaire : Rouhani prépare la riposte de l’Iran

/

Le président iranien, Hassan Rouhani, a réagi hier soir dans une déclaration télévisée à la décision de Trump de se retirer de l’Iran Deal signé en 2015 par les 5+1 –les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne-, en déclarant qu’il avait demandé à l’agence iranienne de l’énergie atomique de préparer les plans nécessaires pour l’enrichissement de l’uranium industriel afin de l’appliquer si nécessaire.

Pour Hassan Rouhani, et à «partir de maintenant, l’accord est entre l’Iran et seulement 5 pays. Nous devrions voir comment les cinq grands pays vont traiter l’affaire». «Nous allons attendre et parler avec nos amis et les signataires de l’accord, si cela garantit nos intérêts, nous resterons dans l’accord, sinon nous déciderons autrement » a ajouté le président iranien qui a ordonné à son ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif, d’entamer des pourparlers avec les pays européens ainsi que la Chine et la Russie pour garantir la pérennité de l’accord.

Le président iranien a souligné que «Téhéran a toujours respecté ses engagements vis-à-vis de l’accord, alors que les Etats-Unis n’ont jamais respecté les leurs.»

Quelques heures plus tôt, le président américain, Donald Trump, annonçait sa décision d’annuler l’accord nucléaire signé avec l’Iran, et qu’il rétablira «le plus haut niveau de sanctions économiques» qui a été levé dans le cadre dudit accord en 2015, accomplissant l’une de ses promesses électorales majeures, en annulant un engagement majeur de la politique étrangère de l’administration Obama.

Trump, qui a dû faire face à une forte pression des alliés européens, notamment Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson lors de leurs  visites à Washington avant que le président américain ne prenne sa décision, n’a pas fléchi et est demeuré sur sa décision.

Pour sa part, l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry, qui était l’un des architectes de l’accord sous le président Obama, a fustigé la décision de Donald Trump. Ce dernier a accusé l’ancien secrétaire d’Etat américain d’avoir «très mal négocié » l’accord et que Kerry «était celui qui a créé ce désordre en premier lieu » !

Les premières réactions à ce retrait n’ont pas tardé. Pour l’Iran, il s’agit d’une décision illégale, illégitime et qui va à l’encontre des conventions internationales. Pour  la Russie, cela constitue une menace pour la sécurité mondiale.

Pour Emmanuel Macron, la France «regrette » ce retrait, de même pour l’Allemagne et la Grande Bretagne regrettent. De son côté, Federica Mogherini, a estimé que l’Union européenne «est déterminée à respecter l’accord tant que l’Iran le fera.»

Pour leur part, Israël et la majorité des pays du Golfe ont accueilli favorablement la décision américaine la qualifiant d’«historique» et de «courageuse.»