Abdelouafi Laftit - Page 7

#FactCheck : Qui présidera le Conseil supérieur de sécurité ?

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Le Conseil supérieur de la sécurité institué par la Constitution de 2011, serait-t-il fin prêt ? Ou du moins la loi organique qui en détermine les attributions, la composition et les modalités de fonctionnement, en attendant le règlement intérieur qui en fixera l’organisation ? Plusieurs rapports avancent, dans ce sens, que la présidence de ce Conseil pourrait revenir à telle ou telle autre personnalité publique de haut rang, mais toutes ces hypothèses demeurent infondées car tout simplement contraires à la lettre et à l’esprit de la Constitution.

La Constitution du Royaume du Maroc stipule, dans son article 54, qu’il est institué un Conseil supérieur de sécurité dont la tâche principale est de veiller à l’institutionnalisation des normes d’une bonne gouvernance sécuritaire et s’érige également en instance ad hoc de concertation sur les stratégies de sécurité intérieure et extérieure du pays ainsi qu’en tant qu’organe central de gestion des situations de crise.

Et la loi fondamentale du Maroc est claire là-dessus : c’est le Roi en personne qui préside de jure le Conseil Supérieur de Sécurité. Et peut, exceptionnellement, sur la base d’un ordre du jour déterminé, déléguer la présidence d’une réunion du Conseil supérieur de sécurité au Chef du gouvernement.

Dans l’attente de la publication de la loi organique et le règlement intérieur du Conseil Supérieur de Sécurité pour en fixer les règles d’organisation et de fonctionnement, la Constitution du royaume a prévu textuellement les membres qui la composent de facto. Il s’agit du Chef du gouvernement, du président de la Chambre des représentants, du président de la Chambre des conseillers, du président-délégué du Conseil supérieur du Pouvoir Judiciaire, le ministre de l’Intérieur, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Justice et le ministre chargé de l’administration de la Défense nationale.

En outre, siègent de fait dans ce Conseil les officiers supérieurs des Forces Armées Royales, les responsables des administrations compétentes en matière de sécurité intérieure et extérieure (DGSN, DGST, DGED), et toute autre personnalité dont la présence est utile aux travaux dudit Conseil.

La nouveauté interviendra probablement quand le règlement intérieur du Conseil Supérieur de Sécurité sera dévoilé. Car le tant attendu texte réglementaire pourra mettre en place des fonctions support ou de coordination qui peuvent être, à ce moment-là, attribuées à des personnalités en vue dans le microcosme sécuritaire, mais la présidence du Conseil relève, constitutionnellement, du domaine réservé et régalien du Roi.

Abdellah El Hattach

Lutte antiterroriste : Le ministre de l’Intérieur espagnol souligne à Rabat l’importance stratégique de la coopération avec le Maroc

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La réunion bilatérale du ministre marocain de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, et de son homologue espagnol, Juan Ignacio Zoido, a permis d’échanger des informations au plus haut niveau entre les deux pays et affirmer l’exemplarité d’une coopération «confiante et loyale» entre les services de sécurité des deux pays dans la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et la traite des êtres humains. Juan Ignacio Zoido a reconnu qu’il existait peu d’exemples de collaboration comparable à celle entretenue entre Madrid et Rabat, soulignant que le Maroc est «un partenaire prioritaire avec lequel nous entretenons une relation de qualité qui se traduit par un dialogue continu et fluide».

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Lors d’une réunion conjointe tenue ce mardi au siège du ministère marocain de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit et son homologue espagnol Juan Ignacio Zoido, ont souligné que la coopération étroite entre l’Espagne et le Maroc dans la lutte contre le terrorisme produit de bons résultats avec 12 opérations conjointes entre 2014 et 2017. La dernière en date, au mois de mai dernier en mai, a permis de démanteler une importante cellule terroriste.

Les ministres de l’Intérieur des deux pays ont convenu de renforcer davantage l’échange d’informations entre Rabat et Madrid, notamment celles concernant les individus susceptibles d’inciter à la radicalisation. L’accent a également été mis sur le contrôle des activités transfrontalières nécessitant une surveillance spéciale sur le plan de la sécurité et du renseignement.

Juan Ignacio Zoido a bien confirmé qu’après les attaques terroristes de Barcelone et de Cambrils, les services de sécurité et de renseignement espagnols sont demeurés en contact permanent avec leurs homologues marocains.

La visite de Juan Ignacio Zoido est la troisième du genre au Maroc depuis sa nomination en novembre 2016, et la seconde rencontre du ministre espagnol de l’Intérieur avec Abdelouafi Laftit depuis le Sommet G-4 tenu en juillet dernier et qui a réuni, outre l’Espagne et le Maroc, le Portugal et la France.

Pour les deux ministres, la lutte contre la radicalisation violente est une des piliers fondamentaux sur lesquels la politique antiterroriste doit être fondée. Pour contrer la menace terroriste, «nous devons agir dans tous les domaines possibles, en commençant par les racines où se déroulent l’idéologie terroriste, c’est-à-dire combattre fermement la radicalisation» a martelé Abdelouafi Laftit. Dans ce sens, les deux ministres de l’Intérieur ont souligné que la menace terroriste est «un phénomène complexe qui évolue constamment et notre obligation est d’essayer toujours d’aller de l’avant, en prenant les mesures nécessaires pour prévenir cette menace»

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Espagne : Augmentation vertigineuse des migrants en provenance du Maroc, un signal de changement dans l’exode africain

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 – Les migrants arrivent en Espagne par vagues massives

 – L’Espagne est l’entrée la plus rapide de l’Europe

 – L’UNHCR inquiet de la situation

Il ne se passe pas un jour sans que les autorités marocaines –gendarmerie, marine royale, forces auxiliaires, police- arrêtent ou font échec à une tentative d’immigration illégale ou clandestine vers l’Europe. Le Haut commissariat aux réfugiés, relevant de l’ONU, a averti l’Espagne de se préparer à une augmentation des migrants arrivant d’Afrique du Nord alors que les débarquements en 2017 doublaient par rapport à l’année précédente, les demandeurs d’asile préférant se diriger vers l’Europe en provenance du Maroc, considérant cette route comme la «plus sûre».

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Le corridor Maroc-Espagne est désormais l’itinéraire le plus rapide pour les migrants illégaux en Méditerranée. Ainsi, plus de 100 000 personnes ont traversé la Méditerranée au premier semestre de 2017, l’Italie restant la voie privilégiée pour les migrants économiques en provenance de Libye. Alors que la route maritime italienne reste la plus populaire dans l’ensemble -avec 59 000 migrants entre janvier et mai, la route espagnole vers l’ouest, en provenance du Maroc, s’est accrue avec 6 800 migrants dans la même période, soit une augmentation de 75% par rapport à 2016.

Entre 2010 et 2016, les arrivées par la mer en Espagne ont été en moyenne inférieures à 5000 par an, selon les données gouvernementales; elles devraient être supérieures à 11000 cette année.

Les arrivées actuelles poussent à bout les ressources d’accueil espagnoles et italiennes

Les migrants, en majorité des jeunes hommes du Niger, du Cameroun, de la Gambie, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, utilisent essentiellement la route Maroc-Espagne, car considérée comme la « plus sûre».

La sonnette d’alarme tirée par le HCR intervient au moment où l’Italie, qui croule sous un mouvement massif de migrants, a menacé de fermer ses ports maritimes aux bateaux d’ONG qui transportent des clandestins, sachant que le pays est submergé par le nombre d’Africains arrivant chaque jour, enregistrant un pic cette semaine de 13 500 arrivants en 48 heures.

Après la réunion il y a quelques jours, à Séville, des ministres de l’Intérieur du G4 –Espagne, France, Portugal, Maroc- en présence du ministre marocain Abdelouafi Laftit et Khalid Zerouali, wali-directeur de la migration et de la surveillance des frontières, l’Union européenne a programmé une réunion d’urgence pour faire face à ce qu’appelle Bruxelles «la crise des migrants» , qui a enregistré plus d’un million de demandeurs d’asile et de migrants économiques depuis 2015 en provenance du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

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Réunions simultanées du G4 et du G5 Sahel sur fond de lutte antiterroriste

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A 24 heures d’intervalle, deux réunions d’une extrême importance se sont tenues respectivement à Bamako, au Mali, et à Séville, en Espagne, avec le même point fondamental à l’ordre du jour : la lutte contre le terrorisme. Les pays du G5 Sahel, auxquels s’est jointe la France, étaient réunis dimanche pour décider de la création d’une force militaire conjointe en appui à l’opération Barkhane. Aujourd’hui, c’est au tour des pays du G4 de se retrouver en conclave dans le sud de l’Espagne en vue d’une meilleure coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de sécurité et de lutte antiterroriste. L’Algérie est absente des deux événements.


C’est en présence d’Emmanuel Macron que le G5 Sahel s’est réuni dimanche à Bamako. Regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, le G5 Sahel est un mécanisme politico-sécuritaire dont l’objectif est de coordonner et de procéder au suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Lors de cette réunion, le président français -dont c’est la deuxième visite au Mali en l’espace d’un mois- a annoncé les modalités du soutien de la France à la future force composée de cinq bataillons de 750 hommes – un bataillon par pays – qui s’ajoutera à la force française Barkhane et à la mission de l’ONU au Mali (Minusma) déjà déployées dans la région. Ce soutien est qualifié par l’Elysée comme «extrêmement important» et relevant d’un «effort significatif».

De leur côté, les présidents Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, le Tchadien Idriss Déby, Mohamed Ould Abdelaziz de Mauritanie, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et le Nigérien Mahamadou Issoufou se sont engagés à une contribution de 10 millions d’euros chacun, qui s’ajouteront aux 50 millions promis par l’Union européenne. La grosse part du financement est, quant à elle, assurée par Paris pour un budget global estimé à 423 millions d’euros. Ces fonds, appuyés par une logistique conséquente, pousseront les Etats du Sahel à s’impliquer directement et efficacement dans la lutte contre les différentes organisations terroristes de la région telles que AQMI, MUJAO, Boko Haram ou Al-Mourabitoune.

Ces mêmes groupements, en plus de Daech, sont dans la ligne de mire des gouvernements de l’Espagne, de la France, du Portugal et du Maroc dont des représentants sont réunis ce lundi à Séville. Au cours de cette rencontre, les ministres de l’Intérieur du G4 analysent et discutent diverses questions liées à la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, le trafic de drogue et la migration. Lors des travaux de cette réunion, qui se tiennent à huis clos, le Maroc est représenté par Abdelouafi Laftit, accompagné notamment du wali Khalid Zerouali, directeur de la migration et des frontières, la France par son ambassadeur à Madrid, Yves Saint-Geours d’Espagne, alors que l’Espagne et le Portugal sont représentés par leurs ministres de l’Intérieur respectifs, Juan Ignacio Zoido et Constança Urbano de Sousa.

En l’absence de l’Algérie, c’est le Maroc, candidat à la CEDEAO, qui joue le rôle sensible de maillon entre ces deux groupements, G4 et G5 Sahel, pour permettre aux deux espaces une meilleure coordination des actions communes, plus efficaces et plus efficientes.

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Mohammed VI désigne un gouvernement d’action

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Le Roi Mohammed VI a nommé, ce mercredi, les membres du nouveau gouvernement. Après un blocage institutionnel qui a duré près de six mois, l’équipe de l’Exécutif est fin prête. De prime abord, la principale observation relevée dans la composition de l’équipe proposée par le Chef du Gouvernement Saad-Eddine El Othmani, est son architecture réorientée en pôles de compétences.

Composé de 39 membres, dont 2 (deux) ministres délégués auprès du Chef du Gouvernement (Défense et Affaires générales), 2 (deux) ministres délégués (Intérieur et Affaires étrangères) et 12 (douze) Secrétaires d’Etat, le nouvel exécutif est un véritable gouvernement d’action.

Nabil Benabdallah, facilitateur auprès de l’Etat et grand architecte de cette nouvelle formation pour avoir été durant des mois au four et au moulin en vue de faire réussir l’expérience d’un second gouvernement PJD, est propulsé à la tête d’un grand département qui réunit l’Aménagement du territoire national, l’Urbanisme, l’Habitat et la Politique de la ville, alors que dans le gouvernement sortant il était en charge uniquement de l’Habitat et de la Politique de la ville. Il dispose d’une Secrétaire d’Etat sous son autorité, en la personne de Fatna Lkhiyel membre du bureau politique du Mouvement Populaire.

De son côté, Aziz Akhannouch hérite lui aussi d’un super-ministère. Outre l’Agriculture et la pêche maritime, le département de Akhannouch englobe désormais le développement rural et les eaux et forêts. Avec en prime deux Secrétaires d’Etat sous ses ordres : Mbarka Bouaida du Rassemblement National des Indépendants qui quitte les Affaires étrangères et Hamou Ouheli du Mouvement Populaire, un grand revenant après avoir siégé au gouvernement de Abderrahmane Youssoufi. Une question reste posée : est-ce que ce nouveau format mettra fin à l’existence du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts dirigé par Abdeladim Lhafi ? Les semaines à venir nous le diront.

Toujours dans le volet superstructures, Mohamed Hassad est désigné à la tête d’un département englobant tous les niveaux de l’Enseignement, fondamental et supérieur, en plus de la Formation professionnelle et la Recherche scientifique. Deux Secrétaires d’Etat serviront sous les ordres de l’ancien ministre de l’Intérieur (remplacé par le wali de Rabat Abdelouafi Laftit), à savoir Khalid Samadi et l’ancien puissant Directeur général de l’OFPPT, Larbi Bencheikh, qui a été de tous les voyages du roi Mohammed VI en Afrique.

Mohamed Hassad travaillera en bonne intelligence avec le conseiller royal Omar Azziman, Président délégué du Conseil Supérieur de l’Enseignement, aux côtés duquel il tentera de mettre en oeuvre les recommandations ad hoc du Conseil supérieur notamment en termes de programmes et de vision stratégique mais également en ce qui concerne la gestion à bon escient des actifs immobiliers et du foncier dont jouit le département.

En revanche, la grande surprise reste l’éjection de Charki Draiss de son poste de «numéro deux de l’Intérieur». Il fait apparemment les frais de sa gestion «trop sécuritaire» de la situation dans le Rif. C’est Noureddine Boutayeb, Wali-Secrétaire général du ministère de l’Intérieur qui lui succède à cette fonction charnière et sensible. Et c’est une première : le ministre délégué est d’habitude un «monsieur sécurité». Là c’est différent. Il s’agit d’une transformation en profondeur dans l’approche de ce département. Le duo Laftit-Boutayeb est davantage porté sur la gestion du territoire, le développement local et humain et les montages financiers, compétences idoines pour accompagner la régionalisation avancée.

Si des ministres de souveraineté comme Ahmed Taoufiq et Abdellatif Loudiyi ont été maintenus, respectivement aux Affaires islamiques et à l’Administration de la Défense nationale, Driss Dahhak, par contre, quitte le Secrétariat général du gouvernement. Ce haut magistrat de carrière, compétent et intègre, est pressenti président-délégué du Conseil supérieur de la Magistrature. Dahhak, est remplacé par Mohamed El Hajjoui, grand commis de l’Etat et longtemps secrétaire général de la Primature. Il connaît parfaitement les rouages et les arcanes de l’Administration.

De son côté, l’équipe gouvernementale qui a piloté la COP22, à sa tête Salaheddine Mezouar et Hakima El Haité, n’a pas été retenue par El Othmani. Et le département de l’Environnement disparaît de la nouvelle architecture pour laisser place à un autre chargé du «développement durable». Il s’agit-là d’un signal fort qui met en exergue une réorientation de l’Etat dans son approche globale de la gestion de l’environnement. Une collaboration étroite avec la Fondation Mohammed VI pour le développement durable n’est pas à exclure.

Mustapha El Khalfi, quant à lui, quitte le ministère de la Communication hérité par un inconnu du bataillon, Mohamed Laaraj, mais demeure Porte-parole du gouvernement en plus d’être ministre chargé des relations avec le parlement et la société civile.

Et au moment où Aziz Rabbah et Abdelkader Amara se sont échangés les maroquins, la patronne de la banque d’affaires Capital Trust, Lamia Boutaleb, pilotera la département du Tourisme sous la tutelle de Mohamed Sajid. Son alter ego, la Pjdiste Jamila El Moussali, hérite de son côté du portefeuille de l’économie sociale, également sous l’autorité du patron de l’Union Constitutionnelle qui, après une gestion en dents de scie du Conseil de la Ville de Casablanca, se retrouve à la tête d’un grand ministère qui réunit le Tourisme, le Transport aérien, l’Artisanat et l’Economie sociale, aura des défis énormes à relever et une situation complexe à gérer.

Enfin, si Mohamed Boussaid et Moulay Hafid Elalamy sont des «intouchables», un jeune loup fait son entrée dans le gouvernement de El Othmani. Othmane El Ferdaous, ancien directeur-chargé de mission chez Mena Media Consulting, travaillera sous l’aile de MHE en tant que Secrétaire d’Etat en charge de l’Investissement.

 

Abdellah EL HATTACH.