Sur fond de troubles à Hong Kong et de guerre commerciale avec les Etats-unis, la Chine publie un livre blanc sur ses ambitions militaires

La Chine a présenté, mercredi 25 juillet, un Livre Blanc de la Défense intitulé « La défense nationale chinoise dans une nouvelle ère ». Le dernier exercice de ce type remontait à 2015. Le timing choisi pour cette opération de communication n’est pas anodin. La pression occidentale sur la Chine au sujet de Hong Kong et au sujet du commerce international exaspère au plus haut point Pékin qui n’a pas hésité à signifier ouvertement que ses troupes de Hong Kong seraient en droit d’y maintenir l’ordre et à accuser l’administration Trump de mettre en danger la stabilité mondiale.


Mercredi dernier, les médias officiels chinois, annonçaient la publication par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’Etat chinois, d’un livre blanc Intitulé « Défense nationale de la Chine dans la nouvelle ère ». Le communiqué officiel précise que ce livre blanc a pour objectif d’aider la communauté internationale à mieux comprendre la défense nationale du pays.

Il s’agit du dixième livre blanc sur la défense nationale publié par le gouvernement chinois depuis 1998 et du premier livre blanc global de ce genre depuis le 18e Congrès national du Parti communiste chinois en 2012.

Dans cet exercice de communication, la Chine a souhaité passé 3 messages clés : 1) Réaffirmer la doctrine défensive et non hégémonique de son armée malgrés la pression amériaine et la multiplication des risques2) Afficher le succès des réformes militaires 3) Dissuader toute tentative d’ingérence et de soutien des séparatistes dans ses territoires non unifiés ( Taiwan, Hong kong, Ouïghoure )

1. La chine adopte une politique de défense de nature défensive dans un monde de moins en moins serein

Tout en clamant ne pas chercher l’hégémonie, le livre blanc précise l’objectif fondamental de la défense nationale du pays dans la nouvelle ère qui est de sauvegarder la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement de la Chine. Puis il dresse une liste d’objectifs:

  • Dissuader et résister à l’agression
  • Sauvegarder la sécurité politique nationale, la sécurité du peuple et la stabilité sociale
  • S’opposer à et contrôler l'”indépendance de Taiwan”
  • Lutter contre les partisans des mouvements séparatistes, dont l'”indépendance du Tibet” et la création du “Turkestan oriental”
  • Sauvegarder la souveraineté nationale, l’unité, l’intégrité territoriale et la sécurité
  • Sauvegarder les droits et intérêts maritimes de la Chine
  • Sauvegarder les intérêts de sécurité de la Chine dans l’espace, le champ électromagnétique et le cyberespace
  • Sauvegarder les intérêts de la Chine à l’étranger
  • Soutenir le développement durable du pays.

Au sujet de la  sa stratégie nucléaire la Chine dit vouloir maintenir la sécurité stratégique nationale tout en dissuadant les autres pays d’utiliser ou de menacer d’utiliser des armes nucléaires contre elle.

2. Une armée remaniée, resserrée, et leadership centralisé

L’armée chinoise, élément-clé de la politique étrangère de Xi Jinping, souffrait de beaucoup de faiblesse, notamment la corruption, la désorganisation et la vieillesse de son équipement.
La réforme de l’Armée populaire de libération (APL) a été au top des priorités du président chinois. Son objectif premier était de restaurer l’autorité du Parti communiste chinois (PCC) sur les forces armées, mise à mal sous Hu Jintao. La campagne anticorruption lancée par le Président Xi Jinping dès son arrivée au pouvoir en 2012 a pris pour cibles les officiers militaires aussi bien que les cadres civils de l’État.

Le champ des réformes a touché à la fois à la taille des armées, la structure du commandement, la composition des forces armées et la gestion des rapports civils-militaires.

Aujourd’hui la Chine se félicite, dans son livre blanc, de voir progresser la modernisation militaire à tous les niveaux, et la réforme de la défense nationale et des forces armées à tous les égards, en mettant l’accent sur la suppression des barrières institutionnelles et la résolution des problèmes structurels et des problèmes liés aux politiques. L’APL déclare avoir démantelé les systèmes établis de longue date et avoir réussi à centraliser le leadership général au niveau de la Commission militaire centrale (CMC).

On apprend également que les forces armées chinoises ont connu une réduction des effectifs de 300.000 personnes pour maintenir le total des forces actives à 2 millions,

3. La Chine doit être et sera réunifiée

Alors que tout le long du livre blanc, les responsables chinois cherchaient à rassurer les puissances étrangères sur la doctrine non hégémonique de la défense nationale chinoise, Pékin s’est montrée particulièrement menaçante au sujet de Taïwan et des territoires contestés.

« La Chine ne permettra jamais à aucune partie de son territoire d’être séparée», a déclaré Wu Qian, porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale, en marge de la publication du livre blanc.

« Taiwan a été mentionné à plusieurs reprises dans le livre blanc, illustrant que la question concerne les intérêts fondamentaux de la Chine et est d’une importance critique » a expliqué Wu.

« La Chine est disposée à chercher la réunification pacifique avec sincérité, mais si quelqu’un ose séparer Taiwan de la Chine, l’armée chinoise ne s’abstiendra pas de prendre les armes pour sauvegarder résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. La Chine n’autorisera en aucun cas d’acte séparatiste sous quelque forme que ce soit de la part d’individus, d’organisations, de partis politiques, a menacé le porte-parole de la Défense nationale.

Au sujet de la question des minorités musulmanes de la région Ouïgoure, le livre blanc souligne que  « des forces hostiles à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine, en particulier les séparatistes, les extrémistes religieux et les terroristes, ont tenté de diviser la Chine en déformant l’histoire et les faits ».

Le document fait le rapport avec les critiques de la communauté internationales, avec les Nations Unies en tête, qui dénoncent la politique sécuritaire du gouvernement au Xijiang, depuis la série d’attentats sanglants de ces dernières années.

Le Xinjiang est « depuis longtemps une partie inséparable du territoire chinois. Il n’a jamais porté le soi-disant nom de Turkestan oriental ». Le livre blanc précise que « le groupe ethnique ouïgour s’est formé à travers un long processus de migration et d’intégration, indique le livre blanc, ajoutant qu’il fait partie de la nation chinoise».

Nawfal Laarabi

Nawfal Laarabi

Intelligence analyst at UBERAL Public Affairs
Social media strategist / Intelligence analyst. 20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisation dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.
Nawfal Laarabi

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Derniers articles de Chine

Allez en Haut de la page
42 Shares
Share via