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Shutdown aux Etats-Unis : Fin de la menace ?

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« Nous avons besoin d’un mur. Sans un mur, cela ne fonctionnera pas ». En quittant Washington pour le Texas, Donald Trump donnait déjà le ton de son premier meeting en 2019. Alors que les démocrates refusent de débloquer 5 milliards de dollars pour ce fameux mur, un accord a été trouvé pour éviter un nouveau shutdown au pays.


Les Etats-Unis n’auront pas à vivre un nouveau shutdown. Ainsi en ont décidé parlementaires démocrates et républicains hier. Un accord de principe a été trouvé pour éviter au pays de vivre un nouveau shutdown et d’éviter une paralysie partielle des administrations américaines dès le 16 février. L’annonce a été faite par le sénateur républicain, Richard Shelby sur les ondes de la chaîne CNN. A l’issue d’une réunion de négociation entre les deux partis, ces derniers ont convenu d’un accord pour le financement de la sécurité frontalière, sans donner plus de détails.

Une demi-victoire pour les démocrates

Dans une déclaration à l’AFP, un responsable parlementaire américain a révélé que cet accord devra être voté par le Congrès et visé par la Maison Blanche et qu’il comporte une série de mesures visant à renforcer la sécurité aux frontières. Parmi les clauses de cet accord, la réservation de 1,375 milliard de dollars pour construire de nouvelles barrières sur une longueur de 88 km. Rappelons que les Etats-Unis ont vécu le shutdown le plus long de leur histoire après le bras de fer entre démocrates et républicains sur la construction d’un mur à la frontière mexicaine. Le 25 janvier dernier, les deux camps avaient trouvé un accord pour y mettre fin et payer le salaire de quelque 800.000 fonctionnaires jusqu’au vendredi 15 février prochain.

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Au moment où Richard Shelby faisait son annonce, Donald Trump était dans la ville texane d’El Paso pour vanter son mur. Devant une foule réunie à El Paso County Coliseum, Trump a affirmé que les murs permettaient de « sauver des vies ». Il est resté toutefois évasif quant aux négociations sur l’immigration. « Ils ont dit que des progrès avaient été enregistrés. (…) Il y aura peut-être de bonnes nouvelles, mais qui sait ? », a-t-il lancé. Cela dit, Trump continue de s’accrocher mordicus à son mur. « Nous avons besoin d’un mur (…) et nous le construirons rapidement », a-t-il martelé.

Une manifestation parallèle pour dénoncer le prisme déformant de Trump

Parallèlement à ce premier meeting en 2019 du Président américain, son probable rival aux présidentielles de 2020, le quinquagénaire Beto O’Rourke, enfant d’El Paso et étoile montante du parti démocrate, a organisé avec des ONG une marche pour la vérité pour répondre « aux mensonges et à la haine par la vérité et une vision ambitieuse et positive pour l’avenir ». Trump a ironisé dans son speech en disant qu’il « n’a pas grand chose pour lui à part son prénom » et ajoutant qu’il n’a pas réussi à réunir plus de 200 ou
300 personnes. Ce rassemblement parallèle visait à dénoncer « l’obsession de Trump sur le mur frontalier et le prisme déformant avec lequel il décrit la vie à El Paso ». Dans son discours sur l’état de l’union, la semaine dernière, Trump avait cité la ville d’El Paso. « Elle avait un taux extrêmement élevé de crimes violents et était considérée comme l’une des villes les plus dangereuses du pays. (…) Depuis qu’une puissante barrière a été mise en place, El Paso est devenue une des villes les plus sûres du pays », avait déclaré Trump.

Cette sortie a d’ailleurs irrité bien des habitants de la ville. Une version qui ne tient pas la route puisque, selon l’AFP, la criminalité a baissé d’environ un tiers entre 1993 et 2006, bien avant la construction de la barrière en 2008-2009. Veronica escobar, élue démocrate, a dénoncé cette « désinformation ». Toujours est-il que Trump essaie par tous les moyens de construire son mur, quitte à déclarer l’état d’urgence. La loi « National Emergencies act » adoptée en 1976 permet au Président d’invoquer une urgence nationale pour accéder à des pouvoirs extraordinaires. Or, au sein même du camp du Président républicain, une telle procédure ne fait pas l’unanimité, sans compter que cela donnera lieu à une bataille politique avec le Parlement et des procédures judiciaires interminables.

Abdelali Darif Alaoui est diplômé de l’Institut français de presse (IFP) de Paris et de l’Institut supérieur de journalisme de Rabat. Après avoir entamé sa carrière dans l’audiovisuel (SNRT), il a changé son fusil d’épaule pour travailler dans la presse écrite hebdomadaire. Tout au long de son parcours, ce journaliste polyvalent a travaillé dans plusieurs rédactions dont celles de Maroc Hebdo International, Challenge Hebdo et Le Reporter.

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