Le roi Mohammed VI limoge Driss Guerraoui pour sa «gestion confuse» du dossier des hydrocarbures

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Driss Guerraoui paie sa mauvaise gestion du dossier des accusations d’ententes illicites entre les sociétés pétrolières. Le Roi Mohammed VI vient de le limoger ce lundi et de le remplacer par un commis de l’Etat et un manager d’exception en la personne d’Ahmed Rahhou qui vient de boucler deux années en tant qu’ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne. Une mission diplomatique qui lui serait bien utile dans ses nouvelles fonctions à la tête du Conseil de la Concurrence.

Un communique du Cabinet Royal vient de signifier ce lundi la fin de la courte carrière de Driss Guerraoui à la tête d’une institution constitutionnelle. Le roi a en effet reçu Ahmed Rahhou au Palais Royal de Fès pour le nommer président du Conseil de la Concurrence.

Le communiqué explique le contexte de cette nomination qui survient suite aux conclusions de la commission ad hoc nommée par le roi en juillet dernier pour statuer sur les «éventuelles ententes des sociétés pétrolières et du Groupement des pétroliers du Maroc».

« Cette nomination intervient suite à la soumission à la Haute Attention Royale du rapport de la commission ad-hoc chargée par le Souverain de mener les investigations nécessaires à la clarification de la situation née de la confusion créée par les décisions discordantes du Conseil de la Concurrence dans l’affaire des ententes éventuelles dans le secteur des hydrocarbures contenues dans les notes divergentes portées à la Haute Attention de Sa Majesté le Roi les 23 et 28 juillet 2020 », précise le communiqué du cabinet royal.

Selon la même source, la commission a conclu «que le processus de traitement de cette affaire a été émaillé de nombreuses irrégularités de procédure. Elle a également relevé une nette détérioration du climat des délibérations».

Conclusions transmises au Chef du Gouvernement

«Le roi a ordonné la transmission au Chef du Gouvernement des recommandations de la Commission ad-hoc» annonce le Cabinet Royal dans son communiqué.

Le roi demande ainsi au Chef de gouvernement de :

  1. remédier aux imprécisions du cadre légal actuel,
  2. renforcer l’impartialité et les capacités de cette institution constitutionnelle,
  3. conforter sa vocation d’instance indépendante contribuant au raffermissement de la bonne gouvernance, de l’État de droit dans le monde économique et de la protection du consommateur.

Indépendance du Conseil de la Concurrence

Le Cabinet Royal a tenu à rappeler que la Commission ad-hoc «n’avait pas pour mission d’examiner le fond de l’affaire contentieuse dont le Conseil de la Concurrence est saisi, ni, encore moins, de se substituer au Conseil dans son traitement».

«La démarche ainsi adoptée procède du ferme attachement du Souverain à l’indépendance et au bon fonctionnement des institutions de régulation et de bonne gouvernance», souligne le communiqué du Cabinet Royal.

Ahmed Rahhou, un commis de l’Etat

Discret, bosseur et efficace, Ahmed Rahhou, 62 ans, polytechnicien, est un commis de l’Etat qui en connait bien les rouages. De Royal Air Maroc à la banque en passant par Lesieur Cristal puis à la banque avant de mener sa première mission diplomatique, Rahhou marque systématiquement ses passages.

Si sa transformation radicale du CIH relève de la surperformance, l’ancien banquier n’a pas démérité à l’Union Européenne en réussissant entre autres la sortie du Maroc de la liste grise des paradis fiscaux.

Contrairement à Driss Guerraoui, Ahmed Rahhou a occupé plusieurs postes de responsabilité et dispose d’une grande connaissance de l’écosystème économique nationale.

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