Abraham Accords - Page 2

Israël : liste des ministres du nouveau gouvernement Bennett-Lapid

28 ministres issus de huit partis de la «coalition du changement» anti-Netanyahu qui a formé le 36e gouvernement israélien ont prêté serment devant le Knesset ce dimanche soir.

Le 36e gouvernement d’Israël sera le troisième plus grand gouvernement de tous les temps, avec 28 ministres, ce qui reste toutefois moins que le nombre record de 36 ministres au gouvernement actuel, rapporte Times of Israel.

Le «gouvernement du changement» est composé de huit partis issus de l’ensemble de l’échiquier politique israélien. Il sera dirigé pendant ses deux premières années par le chef du parti de droite Yamina, Naftali Bennett – succédant à Benjamin Netanyahu au poste de Premier ministre après 12 ans.

Le Premier ministre Naftali Bennett (Yamina) laissera sa place le 27 août 2023., dans le cadre d’un accord de rotation, à Yair Lapid, chef du parti entriste Yesh Atid.

Naftali Bennett – Parti Yamina : Premier ministre d’Israël


Yair Lapid – Parti Yesh Atid : Premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères


Benny Gantz – Parti Kakhol Lavan : Ministre de la Défense


Avigdor Liberman – Parti Yisrael Beyteinu : Ministre des Finances


Hamad Amar – Parti Yisrael Beytenu : Ministre au ministère des Finances


Gideon Saar – Parti Tikva Hadasha : Ministre de la Justice


Omer Barlev – Parti travailliste : Ministre de la Sécurité publique


Merav Michaeli – Parti travailliste : Ministre des Transports


Nitzan Horowitz – Parti Meretz : Ministre de la Santé


Ayelet Shaked – Parti Yamina : Ministre de l’Intérieur


Matan Kahana – Parti Yamina : Ministre des Affaires religieuses


Yifat Shasha-Biton – Parti Tikva Hadasha : Ministre de l’Education


Yoaz Hendel – Tikva Hadasha : Ministre des Communications


Chili Tropper – Parti Kakhol lavan : Ministre de la Culture et des Sports


Orna Barbivai – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Economie


Zeev Elkin – Tikva Hadasha : Ministre de la Construction et du Logement – Ministre des Affaires de Jérusalem et ministre en charge des relations entre la Knesset et le gouvernement


Meir Cohen – Parti Yesh Atid ( Origine marocaine ) : Ministre de la Protection sociale


Yoel Razvozov – Parti Yesh Atid : Ministre du Tourisme,


Karine Elharrar – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Énergie


Elazar Stern – Parti Yesh Atid : Ministre des Renseignements


Meirav Cohen – Parti Yesh Atid : Ministre de l’Egalité sociale,


Pnina Tamano-Shata – Kakhol Lavan : Ministre de l’Immigration et de l’Intégration


Oded Forer – Parti Yisrael Beytenu :  Ministre de l’Agriculture et ministre du Neguev et de la Galilée.


Orit Farkash-Hacohen – Parti Kakhol Lavan : ministre des Sciences


Nachman Shai – Parti travailliste : Ministre des Affaires de la diaspora


Issawi Frej – Parti Meretz : Ministre de la Coopération régionale


Tamar Zandberg – Parti Meretz : Ministre de la Protection de l’Environnement


Nir Orbach – Parti Yamina : Ministre des Affaires des Implantations,


Ministres adjoints :

Abir Kara – Parti Yamina : Ministre adjoint chargé des questions réglementaires au sein du bureau du Premier ministre


Idan Roll – Parti Yesh Atid : Ministre adjoint des Affaires étrangères


Yoav Segalovich – Parti Yesh Atid : Ministre adjoint de la sécurité publique


Le parti Raam devrait également obtenir un ministre adjoint au sein du bureau du Premier ministre.

Urgent – Le Knesset vote la fin de l’ère de Netanyahu

Key Points

  • Le vote de la Knesset établissant officiellement le 36e gouvernement d’Israël ont eu lieu ce dimanche après-midi.
  • Ce gouvernement est le fruit d’une coalition improbable de huit partis et basée sur un accord de rotation du pouvoir au poste de Premier ministre qui a été conclu entre Naftali Bennett, qui sera chef de gouvernement en premier, et Yair Lapid, de Yesh Atid, un parti centriste et laïc.
  • Cette alliance formée de partis de droite, de gauche, du centre et d’une formation islamiste écartera le Premier ministre Benjamin Netanyahu du pouvoir après 12 années. Il sera remplacé par Bennett puis par Lapid, deux ans plus tard.
  • La commission des Arrangements de la Knesset a approuvé mercredi dernier la session du Parlement qui confirmera la nouvelle coalition.
  • Le Premier ministre israélien désigné, Naftali Bennett, a annoncé lors d’un discours à la Knesset israélienne que son gouvernement, qui n’a pas encore été approuvé, envisagerait d’étendre les accords de paix avec les pays arabes.
  • Le « gouvernement du changement » anti-Netanyahu a été approuvé avec 60 voix des 120 législateurs de la Knesset pour et 59 contre.
  • A peine intronisé, Naftali Bennett reçoit le coup de fil de Biden.

David Govrin s’indigne du support d’El Otmani au Hamas

Key points :

  • Le Chef du bureau de liaison israélien à Rabat David Govrin a publié un tweet ce mardi dans lequel il exprime son indignation au sujet du message de félicitation envoyé par le Chef de gouvernement marocain Saad Eddine El Otmani au leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh.
  • «Soutenir le Hamas c’est soutenir l’Iran» a écrit l’ambassadeur israélien. «Et soutenir l’Iran c’est soutenir un pays qui sème la destruction dans les pays arabes et qui supporte le Polisario» a-t-il insisté.
  • David Govrin avait quitté le Maroc le mardi 11 mai au moment où les tensions entre Israël et le Hamas étaient à leur apogées.
  • Saad Eddine El Otmani a envoyé ce samedi une lettre à Ismail Haniyeh, dans laquelle il lui adresse ses « plus chaleureuses félicitations » pour sa victoire sur Israël.

Que se passe-t-il :

«J’ai été interpellé par la déclaration du chef de gouvernement marocain, M. El Otmani, qui a soutenu et félicité les organisations terroristes Hamas et Jihad islamique soutenues par l’Iran. Quiconque soutient les alliés de l’Iran renforce de facto son influence régionale. Le renforcement de l’Iran, qui sème la destruction dans les pays arabes et soutient le Front Polisario, n’est-il pas en contradiction avec les intérêts du Maroc et des pays arabes modérés? » s’est indigné David Govrin, Chef du bureau de liaison israélien à Rabat dans un tweet en langue arabe publié sur son compte ce mardi 25 mai.

Dimanche dernier, Saad Eddine El Otmani a annoncé sur son compte twitter avoir envoyé un message personnel au chef du groupe du Hamas pour le féliciter de sa « victoire » sur « l’entité sioniste » lors des récents combats entre Israël et la bande de Gaza.

Selon le site d’information Ynet, le Chef de Gouvernement marocain Saad-Eddine El Othmani, a envoyé samedi une lettre au chef du Hamas, Ismail Haniyeh, dans laquelle il lui adresse ses « plus chaleureuses félicitations » pour « la victoire remportée par le peuple palestinien et la résistance suprême après l’accord de cessez-le-feu entre les factions de la résistance et l’entité sioniste ».

El Otmani s’était entretenu, , le 11 mai dernier, avec le chef du bureau politique du Hamas Ismaïl Haniyeh, et avoir érigé la situation des Palestiniens « au sommet de ses préoccupations ».

C’est depuis Israël que David Govrin a écrit son tweet. Il avait rejoint son pays le 15 mai dernier pour des raisons familiales liées à « l’hospitalisation de son père ».

The Big Picture

Le Maroc a été le troisième État arabe à normaliser ses liens avec Israël en 2020 dans le cadre d’accords négociés par les États-Unis, rejoignant ainsi les Émirats arabes unis et Bahreïn. Saad Eddine El Otmani, issu du Parti islamiste de la justice et du développement (PJD) proche da la galaxie des frères musulmans et très attaché à la cause palestinienne, a été le signataire de l’accord tripartite entre le Maroc, Israël et les Etats-Unis. C’est évènement historique annonçait une ère nouvelle dans les relations entre le Rabat et Tel-Aviv. 

Très attaché au pouvoir et particulièrement docile quand il s’agit d’influence américaine, le PJD , toute structures confondues, du bureau politique à la jeunesse, s’est résigné à la décision du Roi Mohammed VI de la reprise des relations avec Israël, laissant à son bras religieux, le Mouvement unicité et réforme (MUR), le rôle de catalyseur des voix dissonantes du parti clairement anti-normalisation.

Les échauffourées puis les affrontements armés qui ont éclaté les derniers jours du Ramadan ont mis le Chef du gouvernement islamiste dans l’embarras, ne sachant pas sur quel pied danser. Celui du signataire de la normalisation ou celui du frère musulman historiquement solidaire avec son frère Ismail Haniyeh.

Heureusement pour El Otmani, les provocations de l’extrême droite israélienne et de Netanyahu ont exaspéré l’administration Biden qui a laissé monter une campagne médiatique propalestinienne jamais observée dans l’histoire du conflit.

Quatre jours après avoir parlé avec l’émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani et deux jours avant son entretien avec Ismael Qaani, commandant de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution iranienne, Ismail Haniyeh leader du mouvement Hamas qui dirige la bande de Gaza a téléphoné à Saad Eddine El Otmani en sa qualité de Chef de Gouvernement.

https://twitter.com/NadeebQa/status/1391102904992403460

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismaël Haniyeh, a informé Saad Eddine El Otmani sur « les événements dangereux qui se déroulaient dans les territoires palestiniens, en particulier à Al Qods-Est et dans la bande de Gaza, les tentatives de judaïsation de la ville sainte et la prise du quartier de Sheikh Jarrah ainsi que les incursions répétées dans la Mosquée Al Aqsa », a indiqué un communiqué de la Chefferie du gouvernement marocain.

Lors de cet entretien El Otmani a réitéré au chef du Hamas « le rejet catégorique du Royaume du Maroc de toutes les mesures des autorités d’occupation qui affectent le statut juridique de la mosquée Al-Aqsa et d’Al Qods Al-Sharif ou violent les droits légitimes du peuple palestinien ». Il a également assuré à Ismaël Haniyeh que le Maroc considère toujours la question palestinienne comme sa « cause nationale ».

Cet entretien «autorisé» semble avoir donné des ailes au Secrétaire Général du PJD. Ce dernier n’est pas peu satisfait des points qu’il a regagné auprès du Hamas qui avait qualifié la reprise des relations entre le Maroc et Israël de «péché politique qui ne sert pas la cause palestinienne» et de «décision qui encourage l’occupation et nie les droits du peuple palestinien». Mais également auprès de sa base partisane et d’une opinion publique nationale et arabe majoritairement en faveur de la «résistance» palestinienne. Il ne va pas s’arrêter aux déclarations, il va organiser et participer, cette fois-ci en sa qualité du Chef du parti islamiste, à un forum virtuel sous le thème «Palestine la Résistance, Palestine la Victoire». A l’issue de cet évènement, El Otmani ira même jusqu’à envoyer une lettre de félicitation au Hamas pour sa victoire contre le Hamas après le cessez-le-feu imposé par Biden.

Si le Royaume a toléré ces échanges avec le Hamas, ce n’est nullement en raison de la pression de l’opinion publique ou médiatique mais en raison d’un revirement géopolitique initié par la nouvelle administration Biden en ce qui concerne l’ensemble du Moyen-Orient.

Biden semble ne pas apprécier la politique du fait accompli que Netanyahu a souhaité lui imposer. Peu pressé à intervenir, le nouveau président veut être maitre des leviers d’action dans la région. Pour la première fois donc, des médias comme AP et CNN ont participé au relais d’un récit propalestinien évitant de donner beaucoup d’espace sur l’appui technique et militaire de l’Iran au Hamas.

Si l’Egypte a été autorisée et chargée à reprendre son rôle de médiateur auprès du Hamas, rejoignant le Qatar, la Jordanie ou la Turquie, le Maroc aurait jugé bon, de maintenir un lien de communication avec le mouvement palestinien. Une décision tactique qui permet au Royaume de maintenir son influence sur un dossier clé de l’avenir de l’ensemble de la région.

L’autorisation du gouvernement de sit-in le 15 mai à Rabat, organisé par des proches du PJD et d’Adl Wa Al Ihsan s’inscrit dans cette approche pragmatique de la diplomatie marocaine.

Cette posture exprime également un alignement parfait de la diplomatie marocaine avec celle de Washington et conforte les analyses qui prédisent un rôle géopolitique clé du Royaume.

La crise israélo-palestinienne a permis de crever l’abcès avec Biden

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Key Points :

  • Suite à la réunion du cabinet de sécurité israélien de ce jeudi 20 mai au soir, le gouvernement israélien a approuvé l’idée d’un cessez-le-feu avec le Hamas, après presque deux semaines de conflit à Gaza.
  • Le Hamas et le Jihad Islamique ont confirmé par la suite le cessez-le-feu, qui devrait débuter vendredi matin.
  • Netanyahu et Biden choisissent Al-Sissi au lieu de Tamim ou du roi Abdallah II pour jouer les intermédiaires avec le Hamas.
  • Paris et Berlin se sont particulièrement investies dans la crise israélo-palestinienne dans l’objectif de regagner de l’influence géopolitique perdue avec Trump.
  • La crise a permis à l’ensemble des parties prenantes de «crever l’abcès» avec Joe Biden et de briser la «glace sibérienne» installée par son administration.

Que se passe-t-il :

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé dans un communiqué, publié jeudi soir, que le cabinet de sécurité israélien a approuvé à l’unanimité un cessez-le-feu à Gaza.

Le communiqué indique que les ministres ont convenu «d’accepter l’initiative égyptienne pour un cessez-le-feu mutuel sans aucune condition, qui entrera en vigueur à une heure qui sera déterminée plus tard».

Avant le vote, les responsables de la défense ( de l’Etat hébreux) ont présenté aux ministres les réalisations militaires d’Israël au cours de la campagne, dont certaines «sans précédent», indique le communiqué.

«Le cabinet (de sécurité) a accepté à l’unanimité la recommandation de l’ensemble des responsables sécuritaires (…) d’accepter l’initiative égyptienne de cessez-le-feu bilatéral sans conditions. (…) le principe de base sera «calme pour tranquillité», ont indiqué les autorités israéliennes.

Dans la bande de Gaza, le Hamas, mais aussi le Jihad Islamique, deuxième groupe armé de l’enclave, ont confirmé à Reuters l’entrée en vigueur de cette trêve dès 2 h locales vendredi (23 h GMT jeudi).

Ce qu’il faut savoir :

Les tractations diplomatiques se sont intensifiées ces dernières 48 heures, alors que l’administration Biden commençait à manifester une impatience visible malgré un soutien constent et public au droit d’Israël à se défendre.

Après trois vétos de Washington, bloquant des motions proposés par trois membres du Conseil de sécurité de l’ONU à savoir : la Norvège, la Tunisie et la Chine, qui contraignaient Israël, la France a déposé mardi soir une résolution devant ledit Conseil, en coordination avec l’Égypte et la Jordanie pour réclamer un cessez-le-feu.

En raison de la confiance dont jouit le président égyptien Abdelfattah Al-Sissi auprès de Netanyahu, ce dernier a tourné le dos à toutes les autres parties-prenantes habituées au dossier palestinien, notamment la Jordanie et le Qatar. Bibi entretient une relation exécrable avec le Roi Abdallah II et se méfie de la proximité du leader du Hamas, Ismaël Haniyeh avec l’émir Tamim ben Hamad al-Thani.

Avec cette médiation et en acceptant de rejouer le rôle de Hosni Moubarak en renouant des relations d’intelligence et de renseignement avec le mouvement Hamas, Al Sissi avale une belle couleuvre. Il a fait de l’anti-Hamas sa raison d’ascension au trône. Le régime militaire a effet mis beaucoup d’énergie à positionner le mouvement palestinien comme le mal absolu auprès de l’opinion publique égyptienne. Cette médiation couterait également à l’Egypte et ses sponsors 500 millions de dollars pour la reconstruction de Gaza.

« Deux délégations égyptiennes seront envoyées à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour surveiller la mise en œuvre (du cessez-le-feu) et le processus pour maintenir des conditions stables de manière permanente » , ont par ailleurs indiqué à l’AFP des sources diplomatiques égyptiennes, soulignant que cette trêve « simultanée et mutuelle » avait été « négociée par l’Egypte ».

Côté européen, les médias du vieux continent se sont transformés en machines de propagande de l’ambition franco-allemande de transformer cette crise israélo-palestinienne en une opportunité de se replacer sur l’échiquier géopolitique après avoir été chassés par Trump.

Ce qu’on ne lit pas dans les dépêches de l’AFP c’est comment la machine diplomatique et médiatique israélienne s’est mobilisée durant les dernières 48h contre les tentatives de la France de faire passer une résolution plus en faveur de son influence qu’en faveur de la crise.

Dans le même registre, les dépêches de l’AFP laissent penser que l’Allemagne aurait joué un rôle décisif dans le cessez-le-feu approuvé ce jeudi, en évoquant la visite du ministres des affaires étrangères, Heiko Maas et l’appel concomitant à ce déplacement de la Chancelière Angela Merkel avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

D’un côté, l’Allemagne ne veut absolument déroger de la ligne diplomatique occidentale, indéniablement 100% pro-Israël, soutenant les bombardements israéliens sur Gaza et de l’autre côté Angela Merkel, la sainte des saintes n’oublie pas de récupérer la très larges solidarité médiatique avec la cause palestinienne.

Ce qu’il faut suivre :

Benjamin Netanyahu a démontré sa grande capacité de résilience face à une nouvelle administration américaine qui lui est totalement hostile. Une inimitié qui s’est concrétisée par la ligne éditoriale inhabituellement critique de la chaine CNN envers les bombardements israélien de Gaza. d’ailleurs Tsahal a montré à plusieurs reprises une nervosité envers les journalistes de la célèbre chaine, qui pour rappel avait osé l’impensable, couper le micro d’un président américain en exercice, en l’occurrence Trump.

Les analystes et les médias arabes en particulier ont analyser le présent cessez-le-feu, sans aucune condition, comme un échec cuisant de Netanyahu et surtout celui d’une armée et d’un arsenal israéliens invincibles dans l’inconscient collectif des populations arabes. Croire cela, c’est ne pas voir pas plus loin que le bout de son nez.

Et pour cause, cette crise a réussi à se hisser à rang numéro 1 des évènements géopolitique, médiatique et humanitaire de la planète, surpassant la crise du Covid. Une pôle position qui a été gagnée grâce 1) aux images diffusées en directes sur tous les écrans, de la mort des femmes, enfants et combattants palestiniens; 2) des nuits illuminés par une guerre des étoiles entre le dôme de fer israélien et les barrages de roquettes iraniens; 3) de la peur et des cris des israéliens dans les rues, cherchant refuges; 4) La cerise sur le gâteau, les scènes de destruction des bureaux des médias internationaux à Gaza.

Avec un peu de recul surtout après l’annonce du cessez-le-feu, cette guerre hypermédiatisée et hyper «trending» sur l’ensemble des réseaux sociaux de la planète, a constitué l’abcès qu’il fallait crever depuis l’installation du glacial Joe Biden :

  1. C’est «grâce» à la médiatisation de ce conflit que Joe Biden et son administration a daigné se tourner vers cette région du monde bousculée par son prédécesseur. En effet, ce sont les roquettes du Hamas, les missiles et les drones israéliens qui ont finalement permis à Biden de composer le numéro de Mahmoud Abbas, d’Al-Sissi ( le dictateur préféré de Trump) et à deux reprises Netanyahu.
  2. Biden a profité de cette crise pour tenter de se libérer des contraintes que lui a laissé Trump tout en montrant au monde entier très impatient de le voir à l’œuvre, sa manière de faire les relations internationales.
  3. L’affrontement armé a dévoilé au monde entier l’arsenal très important dont dispose désormais le Hamas. Israël a profité de cet étalage de force,- considéré par les proxys iraniens comme une nouvelle capacité de dissuasion-, pour 1) «éliminer» en toute quiétude des chefs militaires de la résistance; 2) détruire des infrastructures stratégiques du mouvement Hamas; 3) Rappeler et installer durablement la peur au sein de la population israélienne contre le danger islamiste, coupant l’herbe sous la gauche chargée de constituer un gouvernement toute en renforçant les positions de ses alliés d’extrême droite. Une peur transmise également aux voisins arabes et à l’Europe, qui ne peuvent imaginer le même scénario de rafales de missiles sur leur territoires.
  4. Cette crise a été l’occasion pour l’Iran et la Russie de déplacer le terrain d’adversité contre Joe Biden sur un champ inflammable. La technologie russe et la logistique iranienne ont montré leur efficacité contre un matériel américano-britannique.
  5. Le Maroc qui a su garder une équidistance avec l’ensemble des parties prenantes du conflit, a été naturellement invité dans le dispositif géopolitique américain pour l’installation d’une stabilité durable dans la région.

La conférence de presse tenue par Benjamin Netanyahu ce mercredi 19 mai permet de déceler des clés de lectures de la situation. Particulièrement fébrile, le premier ministre israélien a réussi lors de cet exercice à transmettre un mix d’émotions négative sur l’avenir de la région sans lui et avec le Hamas.

Montrer le Hamas plus dangereux que jamais, aussi bien pour la politique palestinienne en Cisjordanie que pour la sécurité d’Israël pourrait s’avérer être plus productif pour sa carrière mais aussi pour son camp politique que les images catastrophiques des bombes au phosphore blanc utilisées en 2009 contre la même Gaza, l’année même de sa montée au pouvoir.

Maroc-Israël : Medi1TV programme mercredi une émission exceptionnelle sur les expressions culturelles de la composante juive de l’identité marocaine

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La reprise des relations entre le Maroc et Israël va bon train. Après la réouverture du bureau de liaison israélien avenue Mehdi Ben Barka à Rabat, la programmation d’un échange de visites de délégations à Tel-Aviv, ce mois de février, Nasser Bourita s’est entretenu aujourd’hui avec le ministre israélien des affaires étrangères, Gabi Ashkenazi. Dans ce contexte favorable au dialogue et aux échanges, MEDI1TV diffusera demain mercredi 03 février 2021 à partir de 21h00 GMT+1 sur ses canaux linéaires et numériques, une émission exceptionnelle sur les expressions culturelles de la composante juive de l’identité marocaine.

Intitulée «Tamaghrabit», cette initiative relève du projet culturel de MEDI1TV pour revisiter la diversité et la richesse culturelles du patrimoine marocain, et refléter l’esprit de tolérance qui caractérise et rassemble la société marocaine dans sa diversité culturelle, précise un communiqué de la chaine tangéroise annonçant la programmation de ce mercredi.

MEDI1TV prévoit un plateau de deux heures de direct avec des invités prestigieux : artistes, universitaires, historien, personnalités publiques et citoyens du monde, avec des témoignages exclusifs, des reportages et images inédites, symboles de la présence juive millénaire au Maroc.

«Tamaghrabit permettra aux téléspectateurs et internautes au Maroc et ailleurs, de redécouvrir l’apport de la culture juive dans l’identité marocaine», indique le communiqué de MEDI1TV.

Dans la bande d’annonce de l’émission dévoilée ce lundi, on voit des marocains de confession juive, témoigner de leurs relations toujours fortes avec leur pays d’origine et évoquer avec tendresse leurs souvenirs personnels dans les rues, les synagogues et les écoles marocaines.

L’émission sera diffusée en arabe à 21h00 simultanément sur les canaux Maghreb et Arabic, et en version française à la même heure sur le canal Afrique et à 23h00 sur le canal Maghreb.

Urgent – Biden gèle les contrats de vente d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis

Key Points

  • L’administration Biden a annoncé ce mercredi par la voie du porte-parole des Affaires étrangères le gel temporaire des ventes d’armes américaines à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
  • L’administration américaine se donne le temps d’examiner le détail des transactions d’armes d’une valeur de plusieurs milliards de dollars approuvées par l’ancien président Donald Trump.
  • L’examen comprend la vente de munitions à guidage de précision à Riyad ainsi que de chasseurs F-35 de premier plan à Abu Dhabi, un accord que Washington a approuvé dans le cadre des accords d’Abraham normalisant les relations entre Israël et les pays arabes.

The News :

Au lendemain de sa prestation de serment, le nouveau Secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken, a pris sa première décision marquante en rupture avec l’administration sortante. Il va s’attaquer frontalement au cheval de bataille de Trump et sa vache à lait, les contrats de vente d’armes au Moyen-Orient.

C’est son porte-parole, Ned Price qui en fera la lecture devant la presse.

«Les États-Unis interrompent temporairement l’exécution de certains transferts et ventes en cours de matériel de Défense américaine dans le cadre des ventes militaires à l’étranger et des ventes commerciales directes afin de permettre aux nouveaux responsables de réexaminer les décisions», a déclaré le porte-parole du département d’État.

Ned Price a justifié cette décision en soulignant qu’il s’agit d’une action administrative de routine typique de la plupart des transitions.

« Elle démontre l’engagement de l’Administration en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance, ainsi que la garantie que les ventes d’armes américaines répondent à nos objectifs stratégiques de construction de partenaires en sécurité plus forts, interopérables et plus compétents », a précisé le porte-parole.

What to watch:

Aucun délai n’a été donné par le nouveau Chef de la diplomatie américaine, sur la durée du gel de ces contrats.

Si le maintien de la puissance aérienne du Canada avec la commande des C-17, seul avion de transport militaire stratégique occidental, et la sauvegarde de la maintenance des F-16 pour la Roumanie, ne seront probablement pas bloqués, la vente de chasseurs de combat interarmées F-35, de drones et des munitions aux Émirats arabes unis, devrait être sujet à révision par la nouvelle administration Biden.

Selon les informations partagés par les médias américains, Biden accorderait une attention particulière aux accords approuvés par le département d’État dans le deuxième semestre de 2020 et dans les deux mois et demi entre l’élection présidentielle du 3 novembre et l’investiture du président Joe Biden le 20 janvier. Période durant laquelle, l’administration Trump a autorisé 14 contrats de vente militaire à l’étranger, d’une valeur estimée à 26,3 milliards de dollars.

Les montants en jeu pour l’industrie de la défense américaine sont très importants: le département d’État a déclaré que les États-Unis avaient vendu 175 milliards de dollars d’armes à des partenaires et alliés étrangers au cours de l’exercice 2020 seulement. Ce qui rend davantage spectaculaire la décisons du gel des contrats.

Il est a rappelé que les membres du Congrès avaient précédemment exprimé des inquiétudes quant au fait que des accords de ventes d’armes étaient signés par Trump dans la précipitation et sans un examen approprié.

Blinken, alors Secrétaire d’Etat désigné du président élu, avait déclaré à ce propos vers la fin du mois d’octobre que l’accord était «quelque chose que nous allons examiné très, très attentivement».

What next:

L’accord signé avec les Emirats Arabes Unis est estimé à 23,37 milliards de dollars. Il comprend jusqu’à 50 chasseurs F-35A d’une valeur de 10,4 milliards de dollars, 18 drones MQ-9B d’une valeur de 2,97 milliards de dollars et 10 milliards de dollars de munition air-air et air- sol.

Celui avec l’Arabie saoudite, a été négocié à travers une démarche bureaucratique qui évitait la surveillance du Congrès.

Si MBZ avait explicitement associé la signature des Accords d’Abraham avec la livraison des F-35, l’annulation du contrat signé par Trump pourrait sans aucun doute retarder le processus de paix et fera réfléchir d’autre pays arabes à s’engager avec les États-Unis. D’ailleurs, le Soudan a posé une condition aujourd’hui même à la normalisation de ses relations avec Israël. Khartoum veut un engagement de la Maison Blanche de Biden.

Côté israélien, ce gel est accueilli avec scepticisme, non par solidarité avec les émiratis – le gouvernement israélien a toujours été contre la vente des F-35 qui métrait en danger la supériorité technologique de l’Etat hébreu- , mais par crainte de revirement brutal de la politique américaine au Moyen-Orient. D’ailleurs, Israël a mal accueilli l’annonce du retour sur les territoires palestiniens, de l’UNRWA, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, qu’elle accuse de financer le terrorisme.

Israël respect le calendrier de la déclaration de Rabat et rouvre sa mission diplomatique au Maroc

C’est fait. Le bureau de liaison israélien au Maroc a rouvert ce mardi 26 janvier 2021, vingt ans après sa fermeture.

Vingt ans après la fermeture du bureau de liaison israélien au Maroc suite au déclenchement de la deuxième Intifada en 2000, l’ambassadeur David Govrin est arrivé mardi à Rabat pour rouvrir la mission diplomatique d’Israël dans le cadre de la déclaration tripartite qui engage les deux pays ainsi que l’administration américaine dans un processus de paix entre l’Etat hébreux et les pays arabes.

L’arrivée de l’ancien ambassadeur d’Israël en Egypte de 2016 à 2020 fait suite à l’approbation unanime par le Conseil des ministres israélien dimanche de l’accord de normalisation négocié par les États-Unis entre les deux pays. Lequel accord sera soumis à la Knesset pour ratification.

https://twitter.com/simonarann/status/1354077163536969729

Ouverture simultanée de représentations diplomatiques israélienne à Rabat et à Abu Dhabi

Alors que le Maroc accueillait le responsable du bureau de liaison israélien avenue Mehdi Ben Barka à Rabat, l’ancien ambassadeur en Argentine Ilan Sztulman, atterrissait à Dubaï pour prendre ses fonctions de Consul général.

L’ouverture de ses deux représentations diplomatiques survient 48h après celle de la première ambassade de son pays aux Emirats arabes unis, qui sera dirigée par l’ancien ambassadeur d’Israël en Turquie, Eitan Na’eh, arrivé à son poste le 24 janvier 2021.

Le ministre israéliens aux Affaires étrangères Gabi Ashkenazi a déclaré à ce propos que «l’arrivée des chefs des missions israéliennes au Maroc et à Dubaï achève la première phase importante d’ouverture de nouvelles missions israéliennes dans la région, dans le cadre des accords d’Abraham».

https://twitter.com/IsraelMFA/status/1337147668108357635

Ashkenazi a souligné que ces dernières semaines, le nombre de missions israéliennes au Moyen-Orient a été multiplié par trois, passant de deux – à Amman et au Caire – à six – deux aux Émirats arabes unis, au Bahreïn et le Maroc.

«C’est la preuve vivante des changements dans la région et de la paix chaleureuse entre nous et les pays de la région», a-t-il déclaré. «C’est une journée importante pour la paix et une journée passionnante dans le cadre de la mise en œuvre des accords avec les E.A.U et le Maroc.»

Le Maroc envisage également de rouvrir son bureau à Tel-Aviv. Les locaux rue Hayarkon sont en cours de rénovation. L’identité du responsable marocain qui sera assigné au poste d’envoyé en Israël n’a pas été encore dévoilé.

L’immeuble en rénovation situé au 266, Rue Hayarkon à Tel Aviv et qui servira de bureaux de liaison du Maroc

Israël-Maroc, Israël-E.A.U, deux pays, deux missions

Au Maroc, le Chef du bureau de liaison israélien, David Govrin, prévoit de travailler à l’avancement du dialogue diplomatique entre les pays, ainsi que des échanges touristiques, culturels et économiques.

Aux Emirats arabes unis, l’envoyé spécial, Eitan Na’eh, qui gérera temporairement la période transitoire en attendant la nomination d’un ambassadeur permanent, a du pain sur la planche. Si les relations économiques et les échanges commerciaux, d’expertises et de savoir-faire font partie du deal de la normalisation de relations diplomatiques, les dossiers chauds de la région notamment le dossier iranien risquent de peser sur son agenda.

En isolement depuis son arrivée à Abu Dhabi, Eitan Na’eh a donné les grandes lignes de sa mission.

«Les EAU sont une ouverture sur un marché énorme, d’énormes ports, avec de très grandes zones de libre-échange», a déclaré Na’eh, s’exprimant par téléphone à la presse israélienne. «Il y a d’énormes avantages pour le commerce israélien, qu’il s’agisse d’importations ou d’exportations, pour baisser le coût de la vie en Israël.» a-t-il souligné.

Alors que sa nomination intervient quelques jours après l’installation de la nouvelle administration américaine, plus ouverte au dialogue sur le nucléaire iranien, l’ambassadeur Na’eh a déclaré que la menace iranienne n’était pas sur son radar.

«C’est un stade précoce et je me concentre entièrement sur le développement des accords bilatéraux pour le moment», a-t-il déclaré à Times of Israël.

Il a ajouté qu’il n’était pas sûr d’être la bonne personne à qui s’adresser sur le sujet iranien, un appel de pied à Netanyahu qui manœuvre pour contrôler le dialogue avec l’Iran depuis le bureau du Premier ministre et non du ministère des Affaires étrangères.

A Dubaï, le Consul général, Sztulman devrait se concentrer exclusivement sur les relations économiques entre Israël et les Émirats arabes unis, avec un accent particulier sur la technologie.