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Art & Diplomatie - Page 4

Les séries chinoises s’invitent dans les foyers marocains

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Le partenariat stratégique entre Rabat et Pékin se précise. Après les mines, l’industrie, les nouvelles technologies et les services, c’est au tour de la culture et de la communication de franchir le pas et de faire l’objet d’accords entre la Chine et le Maroc.

Dans le cas d’espèce, il s’agit des médias. Quand un ponte du Parti communiste chinois fait le déplacement jusqu’au Maroc pour lancer et promouvoir la diffusion de séries chinoises sur 2M, c’est que le moment politique que représente l’événement est d’une importance majeure pour Pékin. Il y va de son rayonnement culturel et historique.

Ce qui est certain, c’est que la Chine prend très au sérieux ce pas qu’elle a entamé au Maroc. Le défi à venir est de savoir quand et comment notre production cinématographique nationale se frayera-t-elle un chemin dans les cathodes chinoises ou dans les salles de projection à Pékin et à Shanghai ?

Ainsi, selon un communiqué de la plateforme officielle d’information du gouvernement chinois (china.org.cn), la deuxième chaîne de télévision marocaine 2M a commencé, depuis hier jeudi, à diffuser une série chinoise doublée en arabe.

La cérémonie de lancement de «Une vie heureuse»  » 天天有喜  » a été présidée par Liu Qibao, chef du département Publicité du comité central du Parti communiste chinois et Mohammed Ghazali, secrétaire général du ministère de la Culture et de la communication.

À cette occasion, le directeur général de Radio China International (RCI), Wang Gengnian et le directeur général de 2M, Salim Cheikh ont signé un accord pour la diffusion de séries et films chinois sur la chaîne marocaine.

Wang Gengnian a déclaré que l’accord vise à renforcer la coopération entre les médias chinois et marocains, notant que celle-ci se fondait sur les recommandations du Forum sur la coopération sino-africaine qui s’est progressivement consolidée à l’occasion de visites de responsables des deux pays opérant dans le secteur des médias.

De son côté, Salim Cheikh a fait savoir que cet accord marque le passage à un nouveau cap dans l’échange culturel entre les deux pays, ajoutant que la diffusion de séries et films chinois permettra au public marocain de mieux connaître la Chine, espérant que ce partenariat donnera un coup d’impulsion aux relations entre Rabat et Pékin dans le domaine des médias.

Et les séries turques ?

L’accord entre le Maroc et la Chine aura certainement un impact sur les différents programmes similaires diffusés sur les chaînes nationales: Est-ce le commencement du déclin des séries turques qui ont envahi nos télévisions jusqu’à devenir partie prenante de la mémoire collective des marocains, ou est-ce un produit complémentaire à celles-ci qui vient uniquement enrichir l’offre télévisuelle marocaine ?

LE1

Délicate attention de Mohammed VI envers la famille Dilami

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Le Roi Mohammed VI et son illustre hôte Abdallah II de Jordanie se sont longuement arrêtés devant les oeuvres artistiques de deux jeunes marocains disparus dans des circonstances tragiques.

A l’occasion de l’inauguration de la manifestation culturelle et artistique «L’Afrique en Capitale», placée sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, le souverain, qui était accompagné du Roi Abdallah II de Jordanie, a également visité l’exposition «Mémorial» qui est un hommage particulier à trois inspirants photographes qui se sont éteints : Malek Sidibé avec «Reportages maliens», Leila Alaoui avec «Les Marocains» et Othmane Dilami avec «Les musiciens de la transe».
Abdelmounaim Dilami, président du groupe Eco-Médias et son épouse Nadia Salah, directrice des rédactions, ont pris le soin de présenter au souverain, qui a eu la délicatesse de s’arrêter longuement dans ce pavillon, et à son illustre hôte, une partie de l’œuvre de leur défunt fils, Othmane.

 

LE1

Lalla Meryem révèle à Paris les chefs-d’œuvre de l’Art du livre au Maroc

La Princesse Lalla Meryem et le président français François Hollande ont inauguré, ce jeudi, le pavillon du Maroc au Salon du Livre de Paris “Livre Paris” qui met cette année à l’honneur les lettres marocaines.

Pour la première fois depuis sa création, le Salon met en lumière les lettres et la culture d’un pays d’Afrique et du monde arabe, témoignant ainsi du dynamisme et de la richesse des échanges entre le Maroc et la France sur le plan éditorial et littéraire.

L’édition 2017 de ce rendez-vous culturel permettra de plonger dans la création littéraire marocaine grâce à de nombreux événements organisés au cœur du salon et hors les murs, outre des rencontres avec des auteurs marocains et de nouveaux talents émergents afin d’échanger sur la diversité et le dynamisme de la production littéraire du pays.

La Princesse Lalla Meryem et le chef de l’Etat français ont ainsi visité le pavillon du Maroc dont la conception, sous le thème :”Maroc à livre ouvert”, a pour objectif de mettre en avant les enjeux liés à la littérature en particulier et à la culture et aux questions de société en général.

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Composée de manuscrits rarissimes, de documents inédits, de pièces muséologiques d’une immense valeur historique et symbolique, l’exposition permet de lire et de relire les facettes de la culture marocaine.

Selon une conception scénographique et esthétique, l’exposition met en lumière la quintessence de la pensée marocaine. Trois livres sacrés, très anciens et inédits, se regroupent au centre de l’exposition pour dessiner les traits d’une conviction marocaine profonde, celle du respect des croyances : un Coran sur parchemin, rare et précieux, copie datée probablement du 3ème siècle H. / IXe s. ; un évangile traduit en arabe conservé à la Qaraouiyne et datant du XIIe siècle, l’une des pièces rares et uniques dans le monde arabe et musulman, véritable joyau ; un rouleau de Torah écrite sur parchemin, avec graphie en hébreu, fixée dans un support métallique rotatif, l’ensemble dans un coffret couvert en cuir de couleur rouge, chef-d’œuvre exceptionnel jamais exposé). Ces trois livres viennent témoigner de la cohabitation et du respect des religions monothéistes au Maroc.

L’exposition nous fait aussi apercevoir les fondements de l’Etat marocain, caractérisés par l’adoption d’un islam modéré basé sur le rite malékite, la doctrine achaârite, le soufisme sunnite et la Commanderie des Croyants (“Al-Moata’ ” de Al-Mahdi Mohammed ibn Tumart pour illustrer le rite malékite ; “Dalāil Al-khayrāt wa šawāriq Al-Anwār Fī Dikri Salāti ’alā An-nabiyyi al-Muẖtār” de Mohammed ibn Mohammad ibn Sulaymān al-Jazouli concernant le soufisme sunnite et des documents de la Béïâ qui est à la base de la Commanderie des Croyants).

Rappelons qu’hier, la Princesse Lalla Meryem, toujours accompagnée du président français François Hollande, avait présidé le vernissage “Splendeurs de l’écriture au Maroc, Manuscrits rares et inédits”, exposition pilotée par la Direction des Archives en réponse à la volonté du Roi Mohammed VI de montrer les chefs-d’œuvre de l’Art du livre au Maroc à l’Institut du monde arabe.

 

LE1 avec MAP

André Azoulay reçoit le prix POMEGRANATE et met le Maroc à l’honneur à New York

La culture marocaine de la coexistence entre musulmans et juifs sera célébrée le 30 mars à l’occasion de du 20e anniversaire du Festival du film juif sépharade de New York. La soirée sera dédiée à André Azoulay, Conseiller du Roi Mohammed VI. Des responsables gouvernementaux américains, des diplomates étrangers et des dirigeants des milieux culturels, universitaires, philanthropiques et d’affaires se joindront à la Fédération Sépharade Américaine (ASF) pour lui rendre hommage.

André Azoulay reçoit le prix Pomegranate Award for Lifetime Achievement de l’ASF, en reconnaissance de son œuvre remarquable qui illustre la tradition marocaine de tolérance à travers les arts. Grâce à la Fondation Essaouira-Mogador qu’il préside, le Festival des Andalousies Atlantiques d’Essaouira qu’il promeut, ainsi que son soutien à l’Association Mimouna (mouvement de jeunes musulmans marocains qui préservent et valorisent le patrimoine juif marocain comme élément essentiel de l’identité marocaine), André Azoulay n’a lésiné sur aucun moyen ni ménager aucun effort durant près d’un demi-siècle pour promouvoir la culture judéo-marocaine à travers le monde, une illustration unique pour une coexistence judéo-musulmane exemplaire.

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La cérémonie en l’honneur de André Azoulay, comprendra une réception de mets marocains kasher et des spectacles musicaux animés par la chanteuse maroco-israélienne Neta Elkayam et Amit Cohen, qui ont créé des compositions judéo-arabes d’origine marocaine.

Oded Halahmy, sculpteur d’origine irakienne et membre du conseil d’administration d’ASF

Le prix Pomegranate est conçu par le célèbre artiste d’origine irakienne, Oded Halahmy, membre du conseil d’administration d’ASF et propriétaire de la galerie Pomegranate à Soho et à Jaffa.

Abdellah El HATTACH

Afrique en Capitale: Rabat va accueillir l’art et les cultures contemporaines de l’Afrique en avril

C’est dans le sillage du discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, lors du 28ème sommet de l’Union Africaine et de la dynamique nationale engagée pour le développement continental que se prépare, pour le mois d’avril prochain à Rabat, une première célébrant la culture contemporaine africaine.

Préparé depuis plusieurs mois, l’événement « Afrique en Capitale » sera coordonné par la Fondation Nationale des Musées (FNM) et aura lieu du 28 mars au 28 avril 2017. En partenariat avec plusieurs opérateurs culturels et institutionnels de la capitale : le Ministère de la Communication, le Ministère de la Culture, le Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain, le Conseil National des Droits de l’Homme, le Théâtre Mohammed V, le Musée Bank Al Maghrib, la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc, l’Institut des Etudes Africaines, l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel et du Cinéma, la Fondation CDG, la Fondation ONA et la Fondation Montresso.

Constituant une manifestation artistique multidisciplinaire d’envergure, programmée tout au long du mois d’avril, expositions, concerts, projections de film, street art, conférences… permettront d’accueillir tout un continent de créativité, vibrante et contemporaine, positionnant Rabat, « Ville lumière », comme une grande capitale culturelle africaine.

« L’engagement du Royaume au service du développement durable de l’Afrique a pris de multiples formes, économique, politique, spirituelle, humanitaire, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi. Aujourd’hui, notre défi est de contribuer également à l’ambition culturelle d’un continent qui attire de plus en plus l’attention des collectionneurs et des amateurs d’art du monde entier », explique Mehdi Qotbi, Président de Fondation Nationale des Musées. « Le travail déjà engagé par la Fondation depuis plusieurs années pour valoriser le patrimoine marocain à l’international se prolonge aujourd’hui naturellement dans une dimension continentale, ajoute Mehdi Qotbi. Nous disposons désormais d’outils structurants qui le permettent comme le Musée Mohammed VI, autour duquel nous avons le devoir de fédérer toutes les forces vives de l’écosystème culturel marocain. Accueillir l’Afrique au coeur de Rabat sera l’affaire de tous ! »

La culture et la religion, vecteurs de leadership

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J’étais invité le 9 janvier dernier à l’école Em-Lyon Business School de Casablanca pour disserter sur sur « L’impact de la culture et de la religion sur le leadership ». Le sujet, brûlant et d’actualité, m’a permis de revenir longuement sur l’expérience du Maroc en la matière par une analyse à trois dimensions : historique, politique et spirituelle.

Sur le plan historique, j’ai d’emblée rappelé le rôle crucial et fondamental qu’à joué, durant 12 siècles, l’Université de la Qaraouyine de Fès en tant que première université au monde à dispenser le savoir dans toutes ses déclinaisons scientifiques ce qui a fait du Maroc, à l’époque, une référence académique et une destination prisée de grands intellectuels, à leur tête un grand cardinal du Vatican venu spécialement de Rome pour enrichir son savoir à Fès. Plus tard, ce cardinal deviendra Pape. Les rapports entre la Qaraouyine et Fès vont davantage se développer grâce à un marocain, Al-Wazzan, grand intellectuel et éminent géographe, qui aura une grande influence à Rome et que le Chef de l’Eglise catholique surnommera Léon l’Africain, et c’est ainsi qu’il demeurera connu en Occident.

Sur le plan politique, le Maroc est un État structuré depuis 13 siècles. Il a été un empire. Son influence militaire s’étalait d’Andalousie au nord au fleuve Sénégal au sud jusqu’aux confins de la Libye à l’est, avec Marrakech en tant que puissante capitale de ce grand espace géographique. Et beaucoup de puissances mondiales de l’époque réclamaient l’aide du Maroc pour régler des différends territoriaux parmi lesquelles la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique dont le royaume chérifien a été le premier à reconnaître l’indépendance.

Enfin, sur le plan spirituel, personne ne peut nier le rôle fondamental du Maroc dans le rayonnement de l’Islam en Afrique grâce aux caravanes commerciales qui ont donné accès aux confréries religieuses aux confins de contrées naguère inaccessibles.

Et aujourd’hui toujours, cette influence demeure et est perpétuée par les politiques publiques du royaume mais dans un objectif de développement global, d’intégration régionale et d’appui aux spécificités culturelles et politiques locales.

Abdellah El Hattach