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Confusion autour de la mort de Khalifa Haftar et guerre des communiqués

Hospitalisé depuis plusieurs jours dans un hôpital parisien gardé secret pour un accident vasculaire cérébrale, le général libyen Khalifa Haftar a été annoncé mort vendredi soir par plusieurs sources russes et occidentales. Immédiatement, un branle-bas de combat s’est emparé des rédactions internationales soit pour confirmer l’information soir pour recouper la véracité des différents démentis qui ont pullulé dans les réseaux sociaux, notamment des milieux militaires libyens proches du général.

Les premiers à avoir semé le doute sur la situation exacte du puissant général libyen sont les autorités françaises elles-mêmes qui n’ont voulu ni confirmer ni démentir sa présence dans un des hôpitaux parisiens. Tantôt annoncé au Val-de-Grâce tantôt à l’hôpital Américain, le Quai d’Orsay n’a pas souhaité communiquer sur le sujet. Et même les médias français, proches du pouvoir, généralement bien informés, se sont cloîtrés dans un mutisme incompréhensible.

Il a fallu que soit annoncé le décès du général pour que certains milieux de l’hexagone reconnaissent qu’il est bel et bien hospitalisé mais sans donner plus de détails.

En revanche, la presse russe ou italienne, dont notamment le très sérieux quotidien turinois La Stampa n’ont pas hésité à déclarer le général Haftar mort. On connaît très bien le sérieux des médias italiens et leur professionnalisme: ils n’auraient jamais osé avancer une telle information, aussi sensible, sans recoupement au plus haut niveau de l’Etat italien. D’ailleurs, l’Italie est un des pays européens les plus impliqués dans le conflit libyen, de part l’Histoire, mais aussi via leurs intérêts énergétiques dans le pays et la forte présence de leurs services secrets sur le terrain. Ils sont donc très bien informés, sinon les mieux informés.

Mais il a fallu un tweet des Nations unies, prétendant que l’Envoyé personnel du secrétaire général pour la Libye, Ghassan Salame, a eu un entretien téléphonique avec le général, pour susciter davantage de confusion à une situation déjà brouillonne et opaque.

On croit savoir que cette confusion est voulue par les puissances internationales en vue de : 1) Atténuer l’impact d’une telle information sur le terrain en Libye; 2) Gérer l’après Haftar; 3) Réorganiser le déploiement et/ou l’intervention prévue en Syrie, car deux conflits aussi majeurs en Méditerranée constituent une grande menace pour l’Occident.

De plus, la relation entre Paris et Rome est très tendue sur le sujet, chacun des deux tentant d’agrandir son influence dans la région, sachant que le sous-sol libyen est un des plus riches dans le monde et encore sous-exploité.

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