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Russie

Édito évènement de Khalil Hachimi Idrissi : «la guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité de l’Occident à inclure la Russie dans leur schéma sécuritaire»

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C’est la première fois depuis l’invasion russe en Ukraine, qu’un officiel explique en toute clarté la position du Royaume vis-à-vis ce conflit. C’est Khalil Hachimi Idrissi, patron de l’agence de presse nationale, qui s’est prêté à l’exercice dans un édito paru sur son mensuel «BAB». Sans détour, l’éditorialiste se prononce pour le dialogue. Une négociation globale et sérieuse qui inclurait entre autres la neutralité de l’Ukraine et l’étude de «l’autonomie de toutes les minorités». Et tout en prenant le soin de ne pas reprendre les mêmes mots du président français, Emmanuel Macron, Hachimi Idrissi qualifie l’OTAN d’«organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète». Rien que ça!

Tous ceux qui connaissent Khalil Hachimi Idrissi savent pertinemment, que l’homme dispose d’une bonne maitrise de sa plume et de ses mots. Quand il s’agit du stratégique, il sait quoi écrire, comment et quand.

Connaissant l’impact du papier, KHI a choisi de prendre la parole au sujet du conflit en Ukraine sur son mensuel BAB, distribué à toutes les chancelleries et aux sièges de tous les décideurs politiques et économiques du pays. Le moment est grave, la situation est confuse et les mots et le ton de l’éditorialiste ne manqueront pas de solennité et de clarté.

Hachimi Idrissi fait le choix d’un tire consensuel : «Une paix immédiate». D’emblée, il ne veut pas éliminer les réfractaires des deux camps belligérants et de leurs «fans» respectifs. Puis, il décide de ce mouiller en se prononçant au nom de la position marocaine. «La seule solution possible au conflit ukrainien est comme la position marocaine l’a signifié par deux fois, dans la clarté, est dans le dialogue, la diplomatie, la négociation et le respect de l’intégrité territoriale des nations», a-t-il souligné.

Ensuite, avant d’attaquer le plat de résistance, il fait valoir l’horreur de la guerre, devenue malheureusement un contenu de propagande entre les mains de l’occident alimentant davantage les démons de la violence.

«Cette guerre doit s’arrêter impérativement. Trop de victimes innocentes. Trop de réfugiés. Trop de malheur. Trop de souffrance. Et trop de violence illégitime contre des civils démunis», s’est-il ému.

Ecouter les minorités du Donbass et considérer les besoins de sécurité de Poutine

Alors que Joe Biden et son administration s’acharnent à vouloir imposer une fragilité sécuritaire à la Russie en ne laissant aucun choix aux pays européens, Khalil Hachimi Idrissi s’y inscrit en faux en appelant à un dialogue ouvert aux doléances de Poutine pour éviter le danger d’une troisième guerre mondiale.

«Si le chemin de la paix immédiate passe par une meilleure prise en considération des besoins de sécurité de la Russie par les Européens et l’OTAN, il faut passer par là» a-t-il souligné. Et d’ajouter «Si le chemin de la paix immédiate passe par une neutralité – à inventer – de l’Ukraine dans ses frontières intègres et reconnues, il faut passer par là». Il s’agit de l’une des demandes qu’exige le président russe pour mettre la fin à son «opération spéciale».

«Si les chemins de la paix immédiate passent par un meilleur respect des droits culturels. Une autonomie, de toutes les minorités, il faut, aussi, passer par là», insiste-t-il en faisant allusion à l’autonomie des minorités du Donbass pro-russe, Donetsk et Louhansk.

Il faut se mettre autour d’une table et démarrer une vraie négociation globale et sérieuse sur la sécurité des uns et des autres qui éloignerait le danger d’une troisième guerre mondiale et le spectre d’un affrontement nucléaire généralisé, poursuit-il.

La mort cérébrale de l’OTAN

Par ailleurs, Khalil Hachimi Idrissi pointe du doigt l’impuissance de l’Union européenne à se mettre d’accord sur une politique de défense commune indépendante du diktat de l’OTAN qui inclurait la Russie.

«La guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité des Occidentaux à trouver un nouveau paradigme sécuritaire en Europe qui inclurait la Russie et la rassurerait sur sa sécurité nationale», a-t-il affirmé.

Bien au contraire, explique-t-il, l’OTAN – une organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète – a continué à justifier son existence en empêchant le Vieux Continent de se doter d’une défense indépendante, efficiente et autonome, et en antagonisant la Russie en absorbant avec gourmandise presque tous les ex-pays satellites de l’URSS.

L’Ukraine le «proxy» des «vrais» protagonistes

Khalil Hachimi Idrissi ne va pas y aller de main morte pour décrire les postures des occidentaux dans le conflit ukrainien.

«Ce qui devait arriver arriva. De reniements en impostures, de coups tordus en coups de Jarnac, l’Ours russe, quand il a repris quelques forces, s’est rebiffé», estime-t-il.

Pour le patron de la MAP, les européens sont des procrastinateurs chroniques, lents, hésitants et tatoueurs. L’OTAN quand à elle fanfaronne , bluffe et vantardise, tandis que à Joe Biden, il ne fait que pétitionner.

Dans sa lancée, Khalil Hachimi Idrissi fait allusion, à demi-mot, sur le fait que l’Europe n’est finalement que le terrain de guerre entre les «véritables» protagonistes : l’alliance anglo-saxonne et l’héritier de l’URSS.

«Si rien ne justifie l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ni les atermoiements de l’Europe, ni les rodomontades de l’OTAN, ni les pétitions de principes de l’Américain Joe Biden, cette guerre, dont les vrais protagonistes utilisent un «proxie» – l’Ukraine en l’occurrence – pour en découdre, est condamnable, comme toute guerre par ailleurs», soutient-il.

Se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant

La folle escalade soutenue par l’alliance anglo-saxonne et porté par l’homme de spectacle, Volodymyr Zelensky, fait fi de l’avenir de l’Ukraine et de la vie des ukrainiens. L’opinion occidentale quand a elle se planque derrières TikTok, Instagram et Twitter sans aucune conscience des horreurs de la guerre dont la responsabilité est autant partagée entre les russes et les européens.

«Personne en Occident n’est capable de mourir pour les Ukrainiens. Ou plutôt, ils sont prêts à se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant. Mais cela ne le fait pas, comme on dit aujourd’hui», fait observer l’éditorialiste, assurant que «personne ne veut la destruction totale de ce pays et l’épuration cynique et criminelle de ses citoyens».

Pour M. Hachimi Idrissi, «tout le monde sait qu’une victoire russe serait fatalement une victoire à la Pyrrhus. Dramatique et dérisoire».

Dubaï nouvelle destination privilégiée aux oligarques russes

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Les oligarques russes, chassés des capitales occidentales après l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, reçoivent un accueil chaleureux à Dubaï, ce qui met à mal la stratégie des sanctions voulue par les États-unis et ses alliés.

«La vigueur des sanctions imposées sur la Russie constitue en même temps le maillon le plus faible de la stratégie occidentale contre Poutine», a déclaré au New York Times Adam Smith, avocat et ancien conseiller du bureau du département du Trésor américain. «Tout centre financier qui est prêt à faire des affaires quand d’autres ne le sont pas peut être la source d’une brèche dans la digue et compromettre les mesures globales.» a-t-il souligné.

Posant peu de questions sur les sources de l’argent de ses invités, Dubaï est devenu ces dernières années un terrain de jeu très prisé par les fortunes russes. Au moins 38 hommes d’affaires ou responsables liés au président russe Vladimir Poutine possèdent des dizaines de propriétés à Dubaï, évaluées à plus de 314 millions de dollars, selon des données inédites compilées par le Center for Advanced Defense Studies, un organisme à but non lucratif de Washington, indique le Times.

Les oligarques de Poutine posséderaient au moins 76 propriétés à Dubaï, soit directement, soit sous le nom d’un proche parent, et probablement beaucoup plus, selon ledit centre.Parmi les propriétaires figurent un ancien gouverneur de province et directeur de centrale nucléaire, un magnat de la construction et ancien sénateur et un magnat du tabac biélorusse. Six d’entre eux ont fait l’objet de sanctions de la part des États-Unis ou de l’Union européenne, et un autre oligarque visé par de telles mesures y a un yacht amarré

Hospitalité incroyable des Émiratis

Les gouvernements des pays occidentaux imposent depuis les a première semaine de l’invasion russe en Ukraine, des sanctions radicales aux institutions financières russes et au riche cercle restreint de Poutine. Des sanctions qui ont frappé même les centres bancaires notoirement secrets comme la Suisse, Monaco et les Îles Caïmans, qui ont commencé à geler des comptes, à saisir des manoirs et à confisquer des yachts.

Parallèlement, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Égypte ont ouvertement affirmé leur réticence à s’opposer à l’invasion. Appelés à la solidarité dans un moment de crise, chaque nation a plutôt donné la priorité aux relations avec Moscou. Les Émirats et l’Arabie saoudite ont balayé d’un revers de main les appels des Américains à augmenter les approvisionnements en pétrole pour apaiser les marchés de l’énergie. L’Égypte a accepté un prêt de 25 milliards de dollars de la Russie pour financer une centrale nucléaire.

Les Émirats arabes unis sont peut-être ceux dont la position est la plus manifeste, ne serait-ce que parce qu’ils occupent actuellement un siège tournant au Conseil de sécurité des Nations unies. Les Émirats se sont abstenus de voter une résolution dénonçant l’invasion, soutenue par les États-Unis, et ont refusé de critiquer la Russie. Et les responsables émiratis ont rassuré les Russes en leur disant que leurs autorités n’appliqueront pas de sanctions, sauf si elles sont mandatées par les Nations unies – où le veto de Moscou s’y oppose.

«Si nous ne violons aucune loi internationale, alors personne ne devrait blâmer Dubaï, ou les Émirats arabes unis, ou tout autre pays, d’essayer d’accueillir quiconque vient de manière légitime», a déclaré Abdulkhaleq Abdulla, un analyste politique proche des dirigeants des Émirats arabes unis. «Alors quel est le problème ? Je ne vois pas pourquoi l’Occident s’en plaindrait».

Un homme d’affaires arabe qui loue des appartements meublés haut de gamme à Dubaï a décrit une «demande incroyable» de la part des Russes depuis l’invasion. Un bail à durée indéterminée sur un appartement de trois chambres en bord de mer coûte 15 000 dollars par mois.

«Avoir un passeport russe ou de l’argent russe maintenant est très toxique – personne ne veut vous accepter, sauf dans des endroits comme Dubaï», a déclaré au New York Times un homme d’affaires russe qui s’y est réfugié, s’exprimant sous couvert d’anonymat. «Il n’y a aucun problème à être un Russe à Dubaï». Puis, il a partagé avec le journal une invitation électronique qui circule parmi les Russes de Dubaï : «un cocktail sur le toit pour les capital-risqueurs et les start-ups de crypto-monnaies».

Les registres maritimes émiratis montrent que, ces derniers jours, le yacht appartenant à l’oligarque Andrei Skoch, magnat de l’acier et membre de la Douma, a été amarré au large de Dubaï.

Par ailleurs, un avion d’affaires Bombardier appartenant à Arkady Rotenberg, un autre milliardaire russe visé par les sanctions occidentales, a atterri vendredi à Dubaï. Tandis que les avions et bateaux d’autres oligarques considérés comme des cibles potentielles du trésor américain ont également fait des allers-retours aux E.A.U.

New York Times donne le détail des mouvements des russes dans ce pays du Golfe : «Les yachts d’au moins trois autres oligarques sont actuellement amarrés à Dubaï. Un navire de 220 pieds d’un magnat russe de la métallurgie semble être en route depuis les Seychelles. Le Boeing 787 Dreamliner de Roman Abramovich, propriétaire d’origine russe de l’équipe de football britannique de Chelsea, a décollé de l’aéroport vendredi. Un superyacht de 460 pieds appartenant à un autre oligarque a pris la mer le même jour après avoir été ajouté à la liste des russes visés par les sanctions européennes mercredi».

La Russie suspend les ventes de devises étrangères à ses citoyens

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La Russie a suspendu la vente de devises étrangères à ses citoyens jusqu’au 9 septembre, a annoncé mercredi la banque centrale, dans un contexte de sanctions économiques sans précédent contre le pays après son offensive en Ukraine.

La Banque centrale de Russie a fortement renforcé les restrictions monétaires dans un contexte de sanctions occidentales paralysantes liées à la guerre russe en Ukraine.

Entre le 9 mars et le 9 septembre, «les banques ne seront pas en mesure de vendre des devises étrangères aux citoyens», précise le communiqué de la Banque centrale, qui ajoute que les Russes pourront toutefois changer des devises étrangères en rouble, l’unité locale, pendant cette fenêtre.

La banque a ordonné aux banques commerciales du pays de plafonner à 10 000 dollars le montant que les clients peuvent retirer de leurs dépôts en devises fortes. Tout retrait supérieur à ce montant sera converti en roubles au taux de change en vigueur.

Elle a également demandé aux banques commerciales de cesser de vendre des devises fortes à leurs clients, une mesure qui risque de favoriser l’apparition d’un marché noir des devises étrangères.

Ces restrictions draconiennes sont sans précédent depuis l’époque soviétique, lorsque les autorités maintenaient un contrôle strict des devises fortes. La Banque centrale a indiqué que le contrôle des devises a été renforcé en raison des sanctions occidentales qui ont gelé une grande partie des réserves de devises fortes de la Banque centrale. Ce coup dur porté au système financier du pays a également empêché la Russie d’obtenir des liquidités étrangères.

Ukraine : La Pologne se dit prête de déployer tous ses jets MIG-29 en Allemagne et à les mettre à la disposition des États-Unis

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La Pologne a accepté de remettre tous ses avions de chasse MIG-29 à une base aérienne américaine «immédiatement» dans le cadre d’un plan visant à fournir des avions aux Ukrainiens.

Les autorités de la République de Pologne ont annoncé dans un communiqué après consultations entre le président et le gouvernement, elles étaient prêtes à déployer – immédiatement et sans contrepartie financière – tous leurs jets MIG-29 sur la base aérienne de Ramstein en Allemagne et à les mettre à la disposition du gouvernement des États-Unis d’Amérique. En compensation, Washington devrait leur fournir des F-16 américains.

La Pologne demande aux Etats-Unis de lui fournir des avions d’occasion avec les capacités opérationnelles correspondantes. La Pologne est prête à établir immédiatement les conditions d’achat de ces avions, poursuit le communiqué.

Le gouvernement polonais demande également aux autres Alliés de l’OTAN – disposant de jets MIG-29 – d’agir dans le même sens.

Poutine décide d’interdire l’exportation de produits et de matières premières russes

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Poutine signe un décret restreignant les importations et les exportations de produits et de matières premières afin de «garantir la sécurité de la Fédération de Russie», rapporte l’agence de presse russe RIA Novosti. La liste sera déterminée par le Kremlin.

McDonald’s ferme temporairement ses 850 magasins en Russie

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McDonald’s a annoncé mardi qu’elle fermait temporairement ses 850 restaurants en Russie en réponse à l’invasion de l’Ukraine par ce pays.

Le géant du fast-food a précisé qu’il continuerait à payer ses 62 000 employés en Russie «qui se sont investis corps et âme dans notre marque McDonald’s».

McDonald’s a également fermé temporairement 100 restaurants en Ukraine et continue de payer ces employés.

McDonald’s pourrait subir un coup financier important en raison de ces fermetures. Dans un récent document réglementaire, la société basée à Chicago a déclaré que ses restaurants en Russie et en Ukraine représentaient 9 % de ses revenus annuels, soit environ 2 milliards de dollars.

Contrairement à d’autres grandes marques de restauration rapide en Russie qui sont détenues par des franchisés – notamment KFC, Pizza Hut et Burger King – McDonald’s possède 84 % de ses établissements russes.

La pression est de plus en plus forte pour que McDonald’s et d’autres entreprises comme Coca-Cola et PepsiCo qui restent en Russie se retirent.

De nombreuses sociétés ont cessé leurs activités dans le pays pour protester contre l’invasion de l’Ukraine.

Danone résiste aux pressions américaines et décide de rester en Russie

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Danone a confirmé ce dimanche sa décision de poursuivre ses activités de production et de distribution en Russie et ce malgré l’incroyable pression américaine. Le groupe agroalimentaire français se devait tout de même de lancer un os à mordiller à l’Oncle Sam et a annoncé la suspension de «tout projet d’investissement» dans le pays.

Le Figaro a révélé vendredi soir, que le chef de l’État français a discrètement reçu le matin même, une quinzaine de dirigeants de groupes tricolores particulièrement exposés à la Russie. Entouré de ses Ministres Bruno Le Maire (Économie et Finances), Agnès Pannier-Runacher (Industrie) et Julien Denormandie (agriculture), Emmanuel Macron s’est entretenu avec les grands patrons «de fleurons tricolores» de l’industrie, de la banque, de l’énergie, de la distribution et de l’agriculture.

Parmi ces dirigeants figuraient notamment Frédéric Oudéa (Société générale), Catherine McGregor (Engie), Guillaume Faury (Airbus), Ross McInness (Safran), Stéphane Israël (Arianespace), Patrice Caine (Thales), Cristel Bories (Eramet), Benoît Potier (Air Liquide) ou Yves Claude (Auchan) et Antoine de Saint-Affrique (Danone).

Le message du président français était des plus clairs : « Ne vous précipitez pas à quitter la Russie !».

«Chacun de vous peut déterminer sa propre stratégie sur le marché russe sans en avertir personne» a-t-il conseillé.

Un conseil que va prendre à la lettre Antoine de Saint-Affrique, le patron de Danone fraichement nommé.

En bon capitaine industriel, il annonce 48 heures après le «briefing» d’Emmanuel Macron sa décision de poursuivre les activités de production et de distribution de son groupe alimentaire en Russie. Pays où il réalise 5% de ses revenus et emploie 8.000 salariés.

Antoine de Saint-Affrique avait préparer le terrain médiatique. Interpellé par les journalistes le 23 février dernier à l’occasion de la conférence de presse de présentation des résultats annuels, il avait défendu les performances et le poids de son groupe en Russie.

«Le marché russe représente environ 5% de nos ventes. Il s’agit, de plus, d’une activité essentiellement locale, avec une production russe pour des consommateurs de la Communauté des États indépendants, CEI» a-t-il déclaré.

Danone était présent dans l’ex-URSS depuis le début des années 1990 quand le groupe a pris, en 2010, le contrôle d’Unimilk, deuxième producteur russe de produits laitiers frais qui avait été fusionné avec les activités locales du français.

L’acquisition des 57,5% du capital d’Unimilk avait coûté 1,3 milliard d’euros, portant sa part de marché à 21% en Russie. Le pays était devenu ainsi le premier marché de Danone, à égalité avec la France, pour environ 11% du chiffre d’affaires du groupe.

Aujourd’hui Danone, dispose en Russie de 25 usines où elle produit du lait et des yaourts sous marque Danone, Danissimo et Prostokvashino.

La méthode Danone : Don’t look up !

Aussi bien auprès de l’administration américain qu’auprès des médias mainstream, la Russie et Poutine sont devenus, par les temps qui courent, deux sujets aussi radioactifs que le plutonium. Sortir de la Russie représente aujourd’hui un acte obligatoire de résistance de tous ceux qui s’apparentent au «monde libre» dirigé par les États-unis.

Depuis les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux contre la Russie, les multinationales ont pratiquement toutes quitté la Russie ou suspendu leurs activités. Aucun secteur n’a été épargné, l’aérien, le pétrole, l’automobile, Internet, le divertissement ou encore du luxe.

Toutefois, d’autres encore, comme Danone ou Renault, qui ont de lourds investissements en Russie, se sont montrés bien plus hésitants. En 2008, le groupe Renault avait acquis 25% du capital d’Avtovaz, le fabricant de la marque mythique Lada, avant d’en devenir actionnaire majoritaire en 2017.

Pour le cas de Danone, et au vu des perspectives économiques mondiales, le groupe agroalimentaire ne peut pas se permettre de tirer un trait, en une semaine, sur son premier marché mondial.

Encouragé par Emmanuel Macron, le groupe agroalimentaire décide alors de rester chez Poutine. Et pour sauver sa face auprès des médias, Danone justifie sa décision par son rôle dans «la nutrition infantile» et les «besoins alimentaires essentiels des populations civiles». Puis lance un os à mordiller à l’administration Biden en annonçant la suspension de tout investissement en Russie.

«Nous avons pris la décision de suspendre tout projet d’investissement en Russie. Nous maintenons pour l’instant notre activité de production et de distribution de produits laitiers frais et de nutrition infantile, afin de répondre aux besoins alimentaires essentiels des populations civiles», a déclaré le secrétaire général du groupe, Laurent Sacchi.

Et pour se couvrir, Danone fait savoir que sa décision était coordonnée avec l’Elysée.

«Nous suivons l’évolution de la situation en temps réel, et appliquerons, bien évidemment, les décisions des autorités françaises avec lesquelles nous restons étroitement coordonnées», a souligné Sacchi.

Cette opération de communication est un écran de fumée derrière lequel Paris dissimule à peine sa dépendance au marché russe et son inquiétude quant à la gestion de la crise par les États-unis.

En effet, l’annonce de suspension de tout projet d’investissement est un leurre. Car ce n’est pas un choix de Danone mais c’est tout simplement le fait de la guerre et de l’isolement de le Russie et des russes. Quel actionnaire étranger au monde mettrait un rouble de sa poche dans un investissement en Russie en cette période ? Par contre profiter de la crise pour devenir fournisseur unique, fera augmenter les profits économiques et diplomatiques également.

Et au sujet de la causse humanitaire avancée par Danone, quand Paris a appuyé l’isolement de la Russie et la fermeture de l’espace européenne pour les avions russes et les russes, n’a-t-elle pas mis en danger la «nutrition infantile» et les «besoins alimentaires essentiels des populations civiles» ?

Une usine fermée en Ukraine

Le 2 mars dernier, Danone a confirmé la mise à l’arrêt de ces sites en Ukraine.

« Les motifs sont différents. L’une des usines est à l’arrêt parce qu’elle se situe à proximité de la zone de conflit. L’autre ne fonctionne plus, car nous faisons face à des difficultés logistiques pour les livraisons», avait déclaré un porte-parole du groupe.

Les usines ukrainiennes servent exclusivement le marché local. Leur production, essentiellement des produits laitiers frais, représente 1% des 24,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires du groupe. Au total, Danone compte 1000 salariés dans le pays. «Notre priorité est bien entendu la sécurité de nos salariés», ajoute ce responsable.

Dans son communiqué annonçant le maintien de ses activités en Russie, Danone déclare que l’une de ces usines avait repris ses activités.

«En Ukraine, une des deux usines du groupe a fermé ses portes, mais l’activité vient de reprendre dans la deuxième», a signalé Danone.

Les Etats-unis, le Royaume-unis, le Canada et la France exhortent leurs ressortissants de quitter «immédiatement» la Russie

Dans un nouveau communiqué publié ce samedi, le Quai d’Orsay recommande «instamment» aux Français de quitter la Russie en raison de la raréfaction des liaisons aériennes suite aux sanctions occidentales imposées contre la Russie. Paris a suivi le pas de Washington, de Londres et de Ottawa qui ont exhorté leurs ressortissants de quitter immédiatement la Russie.

«Compte tenu de la raréfaction croissante des liaisons aériennes, il est instamment recommandé aux ressortissants français, dont la présence et celle de leur famille n’est pas essentielle en Russie, de quitter le pays tant que cela est encore possible» a alerté ce samedi 5 mars le ministère des affaires étrangère français dans un communiqué consultable sur son site web. Jeudi déjà, le ministère avait relevé son niveau de vigilance, recommandant “fortement” aux Français de quitter la Russie.

Royaume-uni

Le gouvernement britannique a également exhorté les ressortissants britanniques en Russie dont la présence n’est «pas essentielle» à envisager de quitter le pays dans le contexte de la crise croissante en Ukraine.

«Le Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) déconseille tout voyage dans l’ensemble de la Russie en raison du manque d’options de vol disponibles pour rentrer au Royaume-Uni et de la volatilité accrue de l’économie russe», a-t-il déclaré sur son site Web samedi.

«Si votre présence en Russie n’est pas essentielle, nous vous conseillons vivement d’envisager de partir par les autres routes commerciales.»

Le gouvernement a indiqué qu’il ne serait peut-être pas possible de prendre un vol direct vers le Royaume-Uni ou via les pays de l’UE, mais qu’il serait possible de voyager via le Moyen-Orient et la Turquie.

États-unis

Concomitamment, le département d’État américain a recommandé aux citoyens américains de quitter le pays «immédiatement».

Ce nouvel avis aux voyageurs a été émis samedi en raison de préoccupations accrues en matière de sécurité dans le pays, alors que les forces militaires russes mènent une «attaque non provoquée et injustifiée» en Ukraine, a déclaré le département d’État.

L’alerte met en garde contre «le potentiel de harcèlement contre les citoyens américains par les responsables de la sécurité du gouvernement russe, la capacité limitée de l’ambassade à aider les citoyens américains en Russie, le COVID-19 et les restrictions d’entrée connexes, le terrorisme, les vols limités vers et depuis la Russie et l’application arbitraire de la loi locale». Les citoyens américains doivent quitter la Russie immédiatement, met en garde le communiqué

Alors que les étrangers planifient de quitter le pays, le Département d’État a noté un nombre croissant d’annulations de vols à destination et en provenance de la Russie, des rapports de pénurie d’argent liquide, et que certaines cartes de crédit et de débit peuvent être refusées en raison des sanctions imposées aux banques russes, poursuit le communiqué.

Canada

Le Canada a émis la même recommandation à ses ressortissants tout en évoquant les mêmes raisons.

«Si vous êtes en Russie, vous devez quitter le pays tant que des moyens commerciaux sont disponibles» recommande le ministère canadien des Affaires étrangères dans un communiqué publié ce dimanche.

« Les sanctions contre Moscou et la réponse de la Russie pourraient avoir un impact important sur la disponibilité et la prestation des services essentiels. La disponibilité des vols est devenue très limitée», précise le communiqué.

Après la suspension de Visa et Mastercard, la Russie switch au système chinois UnionPay, le deuxième plus grand réseau mondial de cartes de crédit

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Après la suspension des activités de Visa et Mastercard, les banques russes ont déclaré qu’elles envisageaient désormais d’émettre des cartes utilisant le système chinois UnionPay, deuxième plus grand réseau mondial de cartes de crédit et celui qui connaît la plus forte croissance.

Plusieurs banques russes ont déclaré dimanche qu’elles commenceraient bientôt à émettre des cartes utilisant le système de l’opérateur de cartes chinois UnionPay couplé au réseau Mir propre à la Russie, après que Visa et MasterCard ont déclaré qu’ils suspendaient leurs opérations en Russie.

La Sberbank, première banque russe à tomber sous le coup des sanctions occidentales, a déclaré qu’elle étudiait la possibilité d’émettre des cartes co-brandées Mir-UnionPay. «Nous vous informerons ultérieurement du calendrier d’émission.» a souligné le communiqué.

Pendant ce temps, Alfa Bank, deuxième banque russe, a déclaré qu’elle «travaille déjà au lancement de cartes sur UnionPay, le système de paiement national chinois».

Selon les agences de presse russes, la Rosbank, la Tinkoff Bank et la Credit Bank of Moscow (MKB) travaillent également au lancement de cartes UnionPay.

Le réseau chinois UnionPay s’est récemment étendu à 180 pays, dont les États-Unis, le Canada et l’Union européenne.

Visa et Mastercard suspendent leurs activités en Russie

«Notant la nature sans précédent du conflit actuel et l’environnement économique incertain», Mastercard a déclaré avoir «décidé de suspendre les services de notre réseau en Russie».

De son côté, Visa a déclaré qu’à «compter d’aujourd’hui» (samedi), elle allait «travailler avec ses clients et partenaires en Russie pour cesser toutes les transactions Visa au cours des prochains jours.»

Selon la Maison Blanche, le président américain Joe Biden, lors d’une conversation avec Volodymyr Zelenskyy, a salué les décisions de Visa et Mastercard de suspendre leurs services en Russie.

«Le président Biden a souligné les actions en cours entreprises par les États-Unis, leurs alliés et partenaires, et le secteur privé pour augmenter les coûts de l’agression de Russie en Ukraine. Il a salué en particulier la décision prise par Visa et Mastercard de suspendre leurs services en Russie», a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Les services secrets ukrainiens SBU exécutent un membre de la délégation de négociation de leur pays

Les services secrets de l’Ukraine (SBU) ont abattu un membre du groupe de négociation ukrainien, Denys Kireev, soupçonné de haute trahison, annonce l’agence de presse ukrainienne Interfax.

«Lors de l’arrestation, le Service de sécurité de l’Ukraine, le SBU, a abattu un membre de la délégation de négociation ukrainienne, Denys Kireev. Il était soupçonné de haute trahison», rapporte l’agence de presse Interfax citant le président du conseil régional d’Odessa, le député ukrainien Oleksiy Honcharenko.

Ce dernier affirme dans une message publié sur Telegram que le SBU disposait de preuves irréfutables de la trahison de Kireev, notamment des conversations téléphoniques.

Le site d’information ukrainien Pravda.com.ua confirme à son tour l’information en citant des sources sécuritaires et politiques ukrainiens de haut rang.

«Parlons franchement : il était déjà un homme mort. C’était un agent. Vous savez pourquoi les agents sont tués.» s’est confié au journal l’un de ces interlocuteurs.

«Kireyev a participé aux négociations des délégations ukrainienne et russe à Gomel le 28 février. On ignore comment il s’est retrouvé dans la délégation ukrainienne et ce dont il était exactement responsable», ajoute la même source.

D’autres sources affirment que le négociateur ukrainien qui n’avait pas assisté au deuxième round des pourparlers avec les russes ce vendredi, avait été tué par une arme à feu à bout portant au centre de Kiev.

«Kireev a en fait été tué en plein centre de Kiev. Il a été littéralement exécuté, d’une balle dans la tête à l’entrée du tribunal de Pechersk», a écrit sur Twitter Maria Dubovikova, un analyste politique pro-russe.

Denys Kireev était considéré comme l’homme de l’oligarque Andrei Klyuev, un allié de l’ancien président ukrainien Viktor Yanukovych. Ce dernier, avait été destitué par le parlement en 2014, suite au violent mouvement de contestation, provoqué par sa décision de suspendre l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. Il s’est exilé en Russie avant d’être condamné par contumace en Ukraine.

Kryeyev était un banquier évoluant dans la galaxie d’Andrei Klyuev. De 2010 à 2014, il a été premier vice-président du conseil d’administration de l’Oshchadbank et, auparavant, il était directeur général adjoint de SCM Finance puis administrateur à la société autrichienne GROUP SLAV AG Klyuyev tout en étant membre du conseil de surveillance de l’Ukreximbank.

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