Mohamed Benchaâboun

PLF 2021, signature électronique, ALE Maroc-Turquie, privilèges missions diplomatiques US, armes nucléaires en Afrique, une série de projets examinés par le roi Mohammed VI

Le Roi Mohammed VI a présidé, mercredi au Palais Royal à Rabat, un Conseil des ministres, consacré à l’examen de projets importants dont la loi de finances 2021, la signature électronique, la révision des ALE Maroc-Turquie, les privilèges et immunités des missions diplomatiques entre le Maroc et les Etats-Unis, et la création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique.

« Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a présidé ce mercredi 14 octobre 2020 au Palais Royal à Rabat, un Conseil des ministres » a annoncé le porte-parole du Palais Royal, Abdelhak El Mrini, dans un communiqué publié par la MAP dans la soirée du mercredi.

Ledit conseil a été consacré à l’examen des orientations générales du projet de loi de finances pour l’année budgétaire 2021 et l’adoption de nombre de projets de textes juridiques et d’accords internationaux, assure la même source.

Le vaccin chinois évolue dans le bon sens

Au début des travaux du Conseil, le roi s’est informé auprès du ministre de la Santé au sujet de l’avancement du vaccin contre Covid-19 en cours de développement par la Chine, en ce qui concerne le Maroc.

Le ministre de la Santé a répondu qu’il y a un contact permanent avec les entreprises et avec le gouvernement chinois, qui font montre d’une bonne volonté à ce sujet, soulignant que les choses évoluent dans le bon sens.

Benchaâboun table sur croissance de 4.8% en 2021

Les travaux du conseil ont été entamés par un exposé du ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun sur les orientations générales du projet de loi de finances pour l’année budgétaire 2021.

Le ministre a affirmé, à cet égard, que le PLF 2021 a été élaboré en application des orientations royales contenues dans le Discours du Trône et celui de l’ouverture de l’année législative, qui ont tracé la feuille de route pour transcender les difficultés économiques et sociales générées par la crise et construire les fondamentaux d’une économie forte et compétitive et un modèle social plus inclusif, précise le communiqué du porte-parole du Palais Royal.

Il a souligné également que ce projet a été élaboré dans un contexte international difficile marqué par la crise liée à la pandémie du Covid-19 et ses répercussions économiques et sociales notamment sur l’activité de plusieurs secteurs.

Les orientations générales du projet de loi de finances pour l’année budgétaire 2021 reposent sur les axes suivants :

Axe I : Accélération du lancement du plan de relance de l’économie nationale

Le gouvernement œuvrera dans ce cadre à mettre en place tous les moyens pour renforcer l’effort financier exceptionnel annoncé dans le Discours du Trône.

La préservation des postes d’emploi et l’intégration du secteur informel seront en tête des priorités à réaliser.

Il sera également procédé à la mise en œuvre rapide de tous les mécanismes susceptibles de garantir l’efficacité nécessaires aux interventions du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Le gouvernement continuera à promouvoir l’investissement public pour atteindre 230 milliards de dirhams, en prenant en considération que 45 milliards de dirhams seront mobilisés au titre de ce Fonds.

Pour permettre aux jeunes d’accéder aux sources de financement, une nouvelle dynamique sera insufflée au Programme «Intelaka», qui jouit de la Haute Sollicitude Royale, tout en bénéficiant d’une exonération de l’Impôt sur le Revenu pour 24 mois des salaires versés aux jeunes lors de leur premier recrutement, à condition que leurs contrats de travail soient à durée indéterminée.

Axe II : Début de la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire

La généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire voulue par le roi Mohammed VI se fera selon Benchaâboun à travers l’accélération de l’adoption des amendements relatifs au cadre législatif et réglementaire, qui vont surtout permettre d’instaurer une assurance maladie obligatoire au profit des catégories précaires qui bénéficient actuellement du régime RAMED, et accélérer la généralisation de la couverture au profit de la catégorie des indépendants et ceux qui pratiquent des activités libérales.

Le gouvernement prévoit de mettre à niveau l’offre sanitaire à travers l’augmentation du budget alloué au secteur de la santé au titre de l’année 2021 de près de deux milliards de dirhams pour atteindre plus de 20 milliards de dirhams.

Axe III : Renforcement de l’exemplarité de l’État et la rationalisation de sa gestion

Benchaâboun annonce que le gouvernement travaillera sur l’accélération de la mise en œuvre des orientations Royales par le lancement d’une réforme profonde du secteur public, le traitement des dysfonctionnements structurels des établissements et entreprises publics dans le but de réaliser davantage de complémentarité et de cohérence dans leurs missions et l’amélioration de leur efficience économique et sociale.

Dans ce cadre, il sera procédé à l’élaboration de deux projets de loi, le premier porte sur la création d’une Agence nationale dont la mission sera de gérer stratégiquement les participations de l’État et d’assurer le suivi des performances des établissements publics, alors que le second projet de loi porte sur la réforme des établissements et entreprises publics.

Le ministre a conclu son exposé en affirmant que le taux de croissance de l’économie nationale devait s’établir à 4,8% et que le déficit budgétaire de 2021 devrait être ramené à 6,5% du PIB.

Nominations : l’Agence Nationale des Registres et la Société de Garantie et de Financement de l’Entreprise désormais des établissements stratégiques

Par la suite, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi organique modifiant et complétant la loi organique relative à la nomination aux fonctions supérieures.

Ce projet vise à ajouter l’Agence Nationale des Registres et la Société de Garantie et de Financement de l’Entreprise à la liste des établissements et entreprises stratégiques, dont la nomination des responsables est délibérée en Conseil des ministres.

Approbation de textes juridiques relatifs au domaine militaire

Signature électronique

Le roi Mohammed VI a approuvé un projet de loi relatif aux services de confiance pour les transactions électroniques.

Lequel projet vise à établir un régime plus inclusif qui permet la numérisation de la majorité des transactions électroniques et conférer une plus grande flexibilité pour une large utilisation de la signature électronique.

Le projet de loi fixe également les différents niveaux de la signature électronique qui sont compatibles avec la qualité des transactions électroniques. Il ajoute aussi d’autres services de confiance comprenant le cachet électronique et l’horodatage électronique et les services d’envoi recommandé électronique et l’authentification des sites internet.

Recherche scientifique marine dans les eaux sous juridiction nationale

Un projet de décret fixant les conditions et les modalités de délivrance des autorisations de la recherche scientifique marine dans les eaux sous juridiction nationale a été également approuvé par le Conseil.

Le texte précise le cadre réglementaire applicable aux activités de la recherche scientifique marine et leur encouragement dans notre pays et associe les instances et les chercheurs marocains à la recherche scientifique marine menée par les étrangers, tout en veillant à la préservation des intérêts du Royaume et la sécurité et la souveraineté nationales.

Le texte prévoit également la création d’une Commission nationale de la recherche marine.

Commission de réforme des personnels des Forces auxiliaires

Le souverain a approuvé un projet de décret fixant la composition et le mode de fonctionnement de la commission de réforme des personnels des Forces auxiliaires.

Le décret a pour objet principal de fixer les attributions de cette commission en y adjoignant un représentant de la Caisse Marocaine des Retraites et en y renforçant la présence du corps des Forces auxiliaires en la personne d’un officier supérieur de grade inspecteur de 1-ère classe.

Il a également pour objet de permettre à la commission de tenir ses réunions dans les sièges des Commandements Régionaux dans le but de rendre un service de proximité aux membres de ces forces.

ALE Maroc-Turquie et privilèges et immunités des missions diplomatiques entre le Maroc et les Etats-Unis

Le Conseil des ministres a approuvé cinq (5) accords internationaux, dont deux bilatéraux et trois multilatéraux.

Les deux accords bilatéraux concernent :

  1. L’amendent de l’accord de libre-échange entre le Royaume du Maroc et la République de Turquie, qui vise à remédier aux dysfonctionnements ayant impacté la balance commerciale entre les deux pays au cours des dernières années, et la protection des industries émergentes ou fragiles.
  2. Les privilèges et les immunités dont bénéficient les membres des missions diplomatiques entre le gouvernement du Royaume du Maroc et le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, conformément à l’Accord de Vienne de 1961.

Quant aux trois conventions multilatérales, elles portent sur l’ouverture du Maroc sur de nouveaux espaces économiques et le parachèvement de son adhésion au système contractuel de l’Union Africaine.

Ces conventions concernent respectivement:

  1. l’adhésion aux statuts de la Banque asiatique d’investissements dans les infrastructures,
  2. la Charte africaine sur la sécurité routière
  3. le Traité de Pelindaba pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique.

Ces deux dernières conventions s’inscrivent dans le cadre du renforcement de la présence du Maroc au sein du système de coopération africaine conjointe et le partage de son expérience avec les pays africains dans ces deux domaines importants, précise le communiqué du porte-parole du Palais Royal.

Confinement : El Otmani désavoué par son propre gouvernement

Au lendemain de la décision hasardeuse du Chef de Gouvernement Saad Dine El Otmani de prolonger le confinement jusqu’au 10 juin, son ministre des finances a appelé l’ensemble des acteurs économiques à la reprise des activités de leurs entreprises directement après l’Aid. Un désaveu qui met à mal encore une fois la crédibilité d’El Otmani, fragilise davantage l’ensemble de l’exécutif et porte atteinte à l’image du pays auprès de ces citoyens et auprès de ses partenaires.

La décision de prolonger le confinement au Maroc jusqu’au 10 juin a été très mal accueillie chez les acteurs économiques qui ont fustigé l’indifférence du Chef de Gouvernement à l’impact de l’arrêt brutale de l’activité économique qui dure depuis 60 jours.

Intervenant ce mardi 19 ami lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre des Finances, Mohamed Benchaâboun, a déclaré contre toute attente que le Maroc « perdait 1 Millard DH pour chaque jour de confinement». En tenant compte de la prolongation du confinement, le Maroc aura perdu d’ici le 10 juin, 80 milliards de DH.

L’ancien Président du Groupe Banque Central Populaire va ensuite appeler solennellement l’ensemble des entreprises marocaines à reprendre leurs activités directement après l’Aid!

De son côte, selon des sources médiatiques, le ministère de l’Intérieur aurait donné ses instructions aux Wali et aux Gouverneurs des zones vertes, non atteintes par le Coronavirus, d’autoriser l’ouverture des magasins d’habillements jusqu’à la fin du mois de Ramadan. Une mesure économique et sociale forte si l’on sait que ces magasins font objet d’une très grande affluence durant cette période de l’année en raison de l’avénement de l’Aid. Période durant laquelle ils réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaire annuel.

Ces décisions des deux ministres les plus engagés dans la lutte contre le coronavirus, qui viennent corriger la communication désastreuse du Chef de gouvernement au lendemain d’un passage raté devant les représentants de la nation, confirment les doutes des marocains quant à la capacité de Saad Dine El Otmani d’assurer le redémarrage de la vie sociale et économique du pays.

Vous opérez dans l’informel? Vous avez jusqu’au 16 avril à minuit pour vous inscrire au Ramed pour bénéficier des aides de l’Etat

Les chefs de ménages opérant dans le secteur informel qui ne sont pas inscrits dans le Ramed pourront faire leurs déclarations à compter de vendredi à 8 heures, pour bénéficier des aides financières prévues pour remédier à l’impact des mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence décrété, annonce le ministère de Mohamed Benchaaboun

Le gouvernement a prévu trois catégories d’aides financières et ce en fonction de la taille du ménage :

  • Ménages de 2 (deux) personnes ou moins : 800 DH
  • Ménages de 3 (trois) à 4 (quatre) personnes : 1000 DH
  • Ménages de plus de 4 (quatre) personnes : 1200 DH

Le communiqué du ministère de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration précise que cette possibilité de déclaration va durer jusqu’à jeudi 16 avril à minuit, ajoutant qu’un site Internet « www.tadamoncovid.ma » a été créé à cet effet.

Les déclarations peuvent se faire soit sur un ordinateur ou à partir d’un smartphone

Le numéro de téléphone à introduire lors de la saisie des informations doit être celui du chef de ménage. C’est bien ce téléphone qui servira après la déclaration de lien avec l’administration et pour informer le chef de ménage de la procédure de versement de l’aide, relève le communiqué.

De par la nécessité de disposer de données concernant les non-Ramedistes opérant dans le secteur informel et dans le but de répondre rapidement aux demandes de cette catégorie de ménages, il y a lieu d’apporter le plus grand soin à l’alimentation du formulaire électronique à remplir.

Seuls les chefs de ménages peuvent enregistrer leurs déclarations

Aucune déclaration enregistrée par un membre d’un ménage qui n’est pas celle du chef du ménage, n’est recevable, souligne le communiqué, ajoutant qu’aucune déclaration concernant un ménage qui a déjà bénéficié d’une aide financière de la part de l’Etat, n’est recevable.

Le numéro 1212 peut être contacté pour apporter l’assistance aux ménages et répondre à leurs réclamations éventuelles, indique le ministère, notant que toute déclaration volontairement non fondée est passible de poursuites judiciaires.

Coronavirus : Le gouvernement appelle à accélérer les paiements au profit des PME et des TPE

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, Mohamed Benchaâboun, a appelé jeudi à prendre les dispositions nécessaires pour accélérer les paiements au profit des entreprises, en particulier les PME et les TPE.

Dans le cadre des mesures visant à réduire les répercussions du virus Corona «Covid-19» sur l’économie nationale, le ministre a, en effet, signé, ce 26 mars 2020, une circulaire incitant les départements ministériels, les établissements et les entreprises publics à prendre les dispositions nécessaires pour accélérer ces processus, indique un communiqué du ministère.

L’objectif, poursuit la même source, est «de réduire la pression sur leur trésorerie et leur permettre de remplir leurs obligations financières».

La Chambre des conseillers adopte à la majorité le Projet de Loi de Finances 2020

La Chambre des conseillers a adopté, vendredi lors d’une séance plénière, à la majorité le projet de loi de finances (PLF) n° 70-19 au titre de l’année 2020 dans son intégralité tel qu’il a été amendé auparavant.

Ce projet de loi de finances dont les priorités sont orientées essentiellement en faveur du soutien des programmes sociaux, la réduction des disparités, l’accélération de la mise en oeuvre de la régionalisation, l’encouragement de l’investissement et de l’appui à l’entreprise, a reçu l’aval de 37 conseillers, alors que 24 autres s’y sont opposés.

Peu avant le vote, la Chambre des conseillers a approuvé la deuxième partie du PLF-2020 avec 37 voix pour, 21 contre et deux abstentions.

La veille, le ministre de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, s’est félicité lors de l’examen du PLF-2020 à la Chambre des conseillers, du climat positif qui a marqué les discussions et le vote de la première partie de ce projet de loi au sein de la Commission des finances, de la planification et du développement économique, notant que les chiffres témoignent clairement de cette atmosphère, en particulier la grande interaction du gouvernement avec les amendements des groupes et groupements de la Chambre des conseillers.

Il a précisé dans ce cadre que sur un total de 205 amendements proposés, 100 ont été retirés, faisant observer que, sur les 105 amendements restants, 44 ont été acceptés (dont environ 43% émanant des groupes de l’opposition).

Parmi les plus importants amendements, le ministre a cité la création d’un Fonds spécial pour la promotion du système d’éducation et de formation, en application des dispositions de la loi-cadre relative à la réforme du système d’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, et l’affectation de 50% de la contribution délibératoire au titre des avoirs et liquidités détenus à l’étranger à ce Fonds.

Il s’agit également de l’exonération des pensions d’invalidité, accordées aux bénéficiaires et à leurs ayants droits, de l’impôt sur le revenu et du relèvement de 55% à 60% de l’abattement fiscal sur les pensions de retraite qui ne dépassent pas annuellement 168.000 DH, a poursuivi le ministre.

Il a cité aussi l’exonération des sociétés sportives de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour toutes les activités et opérations effectuées pendant les 5 premiers exercices, l’imposition des exploitations agricoles et des exploitants agricoles en matière de l’IR à un taux plafond de 20%, le relèvement de 200.000 dirhams à 500.000 du plafond de la participation dans le capital des entreprises nouvellement créées et innovantes dans le domaine des nouvelles technologies qui donne droit à un abattement fiscal.

A travers le PLF-2020, le gouvernement ambitionne de réaliser un taux de croissance de l’ordre de 3,7%, contenir l’inflation au dessous de 2% et préserver les équilibres financiers en limitant le déficit budgétaire à 3,5%.

Le PLF-2020 approuvé par la deuxième Chambre du Parlement sera soumis à la Chambre des représentants pour parachever la procédure d’adoption.