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Mike Pence

Après le chaos à Washington, le Congrès valide l’élection de Joe Biden

Le Congrès a certifié l’élection de Joe Biden à la Maison Blanche après une journée d’une violence inimaginable mercredi à Washington, où des partisans de Donald Trump ont semé le chaos au sein même du Capitole, temple de la démocratie américaine.

Avec AFP

Au milieu de la nuit, et après le rejet d’objections émises par des élus républicains, le vice-président Mike Pence a confirmé jeudi la victoire du démocrate, avec 306 grands électeurs contre 232 pour le président sortant, devant les deux chambres réunies pour une session extraordinaire.

Censée être une simple formalité, cette certification a tourné à «l’insurrection», «presque à la sédition» selon les termes de Joe Biden, quand une foule de supporteurs du président sortant a envahi le Capitole, interrompant les débats.

Les images prises de l’intérieur du majestueux bâtiment situé au coeur de la capitale fédérale américaine marqueront l’Histoire: élus portant des masques à gaz, agents de la police en civil arme au poing, manifestants installés dans les bureaux des parlementaires.

Elles resteront à jamais associées à la fin de mandat tumultueux de Donald Trump, dont le jusqu’au boutisme a aliéné une partie de son propre camp.

Après une journée qui pourrait s’avérer désastreuse pour son avenir politique, Donald Trump a promis qu’il quitterait la Maison Blanche le 20 janvier. Réaffirmant son «complet désaccord» avec le résultat, il s’est engagé à un transfert du pouvoir «ordonné».

Depuis plus de deux mois, il refuse d’accepter sa défaite et souffle sur les braises de la division en brandissant des théories du complot. Sa croisade a culminé mercredi avec la prise d’assaut sur le siège du pouvoir législatif.

Des militaires de la Garde nationale ont été envoyés à Washington pour rétablir le calme après plusieurs heures d’extrême tension. Un couvre-feu est entré en vigueur en fin d’après-midi dans la ville, où l’état d’urgence sera prolongé durant deux semaines.

Au milieu de la confusion, une femme a été mortellement blessée dans le Capitole par un tir de la police. Cette Californienne s’appelait Ashli Babbitt et était une ardente partisane du milliardaire républicain.

Trois autres personnes ont perdu la vie dans le secteur de la colline du Capitole mercredi, mais la police s’abstient pour l’instant de lier directement ces décès aux violences.

Biden dénonce une attaque sans précédent contre la démocratie américaine

Lors d’une allocution au ton grave prononcée au plus fort de la crise, Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a dénoncé une attaque « sans précédent » contre la démocratie américaine.

Il a appelé Donald Trump à s’exprimer «immédiatement» à la télévision pour réclamer «la fin du siège» du Capitole.

En guise d’adresse solennelle, le président américain s’est contenté de quelques tweets et d’une brève vidéo mise en ligne sur internet dans laquelle il a demandé à ses partisans de se tenir à l’écart de la violence et de «rentrer chez eux».

«Je vous aime (…). Je comprends votre douleur», a-t-il cependant ajouté, voquant une nouvelle fois une élection «volée».

La vidéo a été retirée peu après par Facebook qui a jugé qu’elle «contribuait aux risques de violence». Le réseau social a par la même occasion décidé de bloquer le président américain pendant 24 heures. De son côté, Twitter a également supprimé la vidéo, a bloqué le compte @realDonaldTrump pour douze heures et l’a menacé de suspension permanente, des mesures sans précédent.

Le seul des prédécesseurs républicains de Donald Trump encore en vie, George W. Bush, a dénoncé des scènes de chaos dignes d’une «république bananière».

Pour Barack Obama, ces violences sont «un moment de déshonneur et de honte» pour l’Amérique. «Mais pas une surprise».

Scènes honteuses

Ces images ont également suscité l’indignation à travers le monde.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est dite «triste» et «en colère». Londres a dénoncé des «scènes honteuses». Le président français Emmanuel Macron a exhorté à ne rien céder face à «la violence de quelques-uns» contre les démocraties.

Du côté des ennemis des Etats-Unis, le président iranien Hassan Rohani a estimé que ces évènements montraient que la démocratie occidentale est «fragile et vulnérable».

Selon la US Capitol Historical Society, c’est la première fois que le Capitole a été envahi depuis que le bâtiment avait été incendié par les troupes britanniques en 1814.

Nous ne concéderons jamais

Après l’échec de sa croisade post-électorale devant les tribunaux, Donald Trump avait choisi dans un geste extraordinaire de défier le Congrès en réunissant des dizaines de milliers de ses supporteurs à Washington, au moment même où il devait graver dans le marbre la victoire de son rival.

A cette occasion, il s’en est pris avec un extrême virulence à son propre camp. Les ténors républicains sont «faibles» et «pathétiques», a-t-il lancé sous un ciel chargé de lourds nuages, à des dizaines de milliers de partisans.

«Nous n’abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais» la défaite, a-t-il martelé, mettant la pression sur son vice-président Mike Pence pour qu’il «fasse ce qu’il faut».

Avant que les débats ne sombrent dans la confusion, Mike Pence avait bien commencé à présider la session conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat .

Certains élus républicains avaient émis des objections aux résultats de l’élection dans certains Etats, mais plusieurs d’entre eux ont indiqué, après les incidents violents, qu’ils ne s’associaient plus à la démarche.

Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a martelé à la reprise que le Congrès ne se laisserait pas «intimider».

Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche allié de Donald Trump, a de son côté annoncé qu’il cessait d’emboîter le pas du président. «Ne comptez plus sur moi. Trop c’est trop», a-t-il dit.

Et, selon certains médias américains, des ministres du milliardaire républicain ont discuté de la possibilité d’invoquer le 25ème amendement de la Constitution, qui autorise le vice-président et une majorité du cabinet à déclarer le président «inapte» à exercer ses fonctions.

Le Sénat désormais démocrate

Les violents incidents sont intervenus au lendemain de deux élections partielles en Géorgie remportées par les démocrates, qui ont ainsi repris le contrôle du Sénat aux républicains.

Le candidat démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine Kelly Loeffler et est entré dans l’Histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet Etat du Sud traditionnellement conservateur.

Et Jon Ossoff a remporté la deuxième sénatoriale cruciale en Géorgie. A 33 ans, il va devenir le plus jeune sénateur démocrate depuis… Joe Biden en 1973.

Les démocrates auront 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la Constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aura le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.

Le vice-président américain vacciné devant les caméras, quarantaine pour des dirigeants européens

Le vice-président américain Mike Pence s’est fait vacciner vendredi contre le Covid-19, au moment où les Etats-Unis s’apprêtent à autoriser un nouveau vaccin et où l’Europe voit plusieurs dirigeants placés en quarantaine avant Noël, dont certains testés positifs au Covid-19 comme Emmanuel Macron.

La pandémie a fait au moins 1,66 million de morts dans le monde, selon un comptage réalisé par l’AFP. Les Etats-Unis, actuellement confrontés à un rebond spectaculaire de l’épidémie, ont enregistré jeudi 3.249 décès et 247.544 nouvelles infections.

L’injection du vaccin de Pfizer-BioNTech à Mike Pence a été retransmise en direct à la télévision et il s’est déclaré « heureux d’avoir reçu ce vaccin sûr et efficace ».

Les Etats-Unis s’apprêtent à autoriser un deuxième vaccin contre la maladie. Un comité d’experts s’est prononcé jeudi en faveur de l’autorisation en urgence de celui de Moderna, ce qui augure d’une décision positive de l’Agence américaine des médicaments (FDA) attendue vendredi.

Mais le président sortant Donald Trump n’a pas attendu le feu vert de la FDA pour assurer vendredi matin sur Twitter que le vaccin de Moderna avait été «approuvé de manière écrasante».

En Europe, la vaccination devrait débuter les 27, 28 et 29 décembre, a annoncé jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L’Agence européenne des médicaments (AEM) se penchera lundi sur le sort du vaccin Pfizer-BioNTech qui devrait être autorisé dans les deux jours par la Commission. L’examen et la possible autorisation du vaccin Moderna a lui été avancé d’une semaine, au 6 janvier.

L’Espagne a déjà annoncé que la campagne de vaccination débuterait dans le pays le 27 décembre, au lendemain de l’arrivée des premières doses.

L’organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Alliance pour les vaccins (Gavi) ont pour leur part annoncé de premières livraisons de vaccins anti-Covid au 1er trimestre 2021 aux pays défavorisés. L’OMS s’est fixé comme objectif de disposer de 2 milliards de doses de vaccins d’ici la fin de 2021.

Dirigeants en quarantaine

En Europe, le Premier ministre slovaque Igor Matovic a annoncé vendredi avoir été testé positif au Covid-19, une semaine après avoir assisté à un sommet de l’UE à Bruxelles.

On soupçonne que c’est aussi lors de ce sommet que le président français Emmanuel Macron a contracté le virus, ce qui a poussé certains dirigeants européens et de hauts responsables français qui l’avaient rencontré à s’isoler.

M. Macron, qui «va bien», selon le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, mais souffre de «toux et fatigue importantes» est parti dans la résidence officielle de La Lanterne, à Versailles, «où il pourra à la fois s’isoler et continuer à travailler», a indiqué l’Elysée.

Plusieurs dirigeants européens ont eux aussi annoncé qu’ils se mettaient en quarantaine par précaution après avoir rencontré M. Macron: le président du Conseil européen Charles Michel et les chefs de gouvernement portugais Antonio Costa, espagnol Pedro Sanchez (qui a été cependant testé négatif) et luxembourgeois Xavier Bettel. Le Premier ministre belge Alexander De Croo, a été testé négatif au Covid-19 jeudi et reprendra vendredi ses activités.

Un noël sous restrictions en Europe

A l’approche des fêtes de fin d’années les autorités européennes craignent un nouveau rebond de l’épidémie et de nombreux pays renforcent les restrictions pour tenter de la contenir, comme l’Allemagne, entrée mercredi dans un reconfinement partiel. Confronté à une deuxième vague beaucoup moins maîtrisée qu’au printemps, le pays a enregistré un record d’infections en 24 heures, à plus de 30.000, selon l’institut Robert-Koch.

La Suède a recommandé pour la première fois vendredi le port du masque, dans les transports publics, dans un nouveau revirement de sa stratégie atypique et controversée face au coronavirus.

Le pays scandinave, en difficulté face à la deuxième vague, va également adopter une série de nouvelles restrictions, dont l’introduction de jauges dans les commerces et la limitation des tablées à quatre personnes maximum dans les restaurants.

La Suisse va imposer pour un mois à partir de mardi 22 décembre, la fermeture des restaurants, des établissements culturels et sportifs ainsi que les lieux de loisirs, mais laissera les magasins ouverts.

Au Royaume-Uni, les restaurants, pubs et hôtels de Londres ont été contraints mercredi de fermer pour la troisième fois depuis le début de la pandémie. Plusieurs régions situées dans l’est et le sud-est de l’Angleterre seront aussi soumises aux plus strictes restrictions locales en vigueur à partir de samedi.

Le gouvernement nord-irlandais a décidé d’instaurer après Noël, et pour six semaines, un nouveau confinement.

La Pologne a annoncé un confinement partiel de trois semaines à partir du 28 décembre sur l’ensemble du territoire, tandis que la République tchèque a décidé de rétablir un couvre-feu et la fermeture des bars et restaurants pour les fêtes de fin d’année. La Lituanie, elle, prévoit des barrages routiers pour restreindre les déplacements à Noël.

La vie sociale mise en parenthèse

A l’issue d’une année où les populations ont dû mettre entre parenthèse leur vies sociale et culturelle, un peu partout dans le monde ont lieu de petites rebellions contre les restrictions: fêtes sauvages et manifestations.

Le théâtre d’Albi, petite ville du sud-ouest de la France, a brièvement ouvert ses portes jeudi afin de rassembler 300 acteurs du monde de la culture désireux d’exprimer leur colère, avec des poèmes ou des chansons, alors que le gouvernement a renoncé à la réouverture des théâtres au 15 décembre face à l’envolée des contaminations.

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté jeudi contre le confinement du «Saint-Tropez brésilien» à Buzios, près de Rio de Janeiro, le jour même où le Brésil est repassé au-dessus des 1.000 morts quotidiennes du coronavirus pour la première fois depuis le 30 septembre.

Grand soulagement à la Maison Blanche, Pence et Pompeo n’ont pas le Covid

La Maison Blanche peut souffler : Mike Pence, son épouse Karen et Mike Pompeo, n’ont finalement pas contracté le coronavirus. Une triple contamination de Donald Trump, de son vice-président et de son Secrétaire d’état aurait paralysé Washington à quelques semaines des présidentielles.

Le vice-président américain Mike Pence a subi un test de dépistage du nouveau coronavirus dont le résultat est négatif, a annoncé vendredi son porte-parole, quelques heures après l’annonce de la contamination du président Donald Trump et de sa femme Melania, placés en quarantaine.

«Ce matin, le vice-président Pence (et sa femme) ont été testés négatifs au COVID-19. Le vice-président Pence reste en bonne santé et souhaite un prompt rétablissement aux Trump», a écrit Devin O’Malley sur Twitter.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo a également déclaré vendredi qu’il avait été testé négatif pour le virus, réagissant aux résultats positifs du président Trump en effectuant son propre test à bord d’un avion du gouvernement le transportant vers la Croatie.

Pompeo, qui est actuellement en tournée en Europe, a déclaré que la dernière fois qu’il était avec le président, c’était le 15 septembre à la Maison Blanche, pour la signature d’accords normalisant les relations diplomatiques entre Israël et les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Le Covid de Trump a fait frémir le monde entier

La nouvelle d’un Président Américain contractant un virus potentiellement mortel a eu des répercussions mondiales au-delà de celles de tout autre chef d’état.

L’annonce du test positif de Donald Trump a soulevé une vague d’inquiétudes de par le monde ce vendredi. Elle a également suscité, d’une part la sympathie des dirigeants qui ont lutté contre la pandémie dans leur propre pays et des critiques d’autres dirigeants rappelant la gestion cavalière de la menace Covid-19 par le président américain.

Donald Trump n’est pas le premier dirigeant à contracter le coronavirus. Fin mars, le Premier ministre britannique Boris Johnson a été diagnostiqué porteur du virus et hospitalisé dix jours plus tard à l’hôpital St. Thomas de Londres avant d’être transféré en soins intensifs où il a, de son propre aveu, frôlé la mort. Son gouvernement s’était même préparé à l’éventualité de son décès. Il a d’ailleurs adressé sur Twitter des voeux de prompt rétablissement au couple Trump.

Infecté en juillet, le président brésilien Jair Bolsonaro s’en est sorti et a comparé le COVID-19 à une «petite grippe».

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré qu’il espérait une reprise rapide à Trump, selon l’agence de presse Interfax. Dans un télégramme adressé au président américain, Poutine a ajouté : «Je suis certain que votre vitalité inhérente, votre bonne humeur et votre optimisme vous aident à faire face à ce dangereux virus».

https://twitter.com/RusEmbUSA/status/1312004146699079680

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a déclaré que Covid-19 est « une bataille que nous continuons tous à mener ».

L’Afghan Abdullah Abdullah, président du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, a souhaité au couple un « prompt rétablissement ».

Le président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, a déclaré que «ses pensées et ses prières» vont au couple présidentiel.

Le ministère des Affaires étrangères de Taiwan a également adressé les « meilleurs vœux » du « peuple de Taiwan ».

https://twitter.com/MOFA_Taiwan/status/1311919663278772225

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a également souhaité aux Trump un « prompt rétablissement ».

L’inquiétude a aussi touché les marchés financiers. Les Bourses européennes ont ouvert en nette baisse tandis que les contrats à terme sur les indices américains reculaient. Les actifs jugés les plus sûrs comme le dollar, le yen et la dette souveraine étaient recherchés.

«Trump était déjà en retard sur Biden et il a clairement échoué à réduire l’écart après le premier débat. Je présume que les marchés vont pencher vers l’avis d’une probable victoire de Biden», relève Naoya Oshikubo, économiste chez Sumitomo Mitsui Trust Asset Management, intérogé par Ruters. «Ce qui m’inquiète, ajoute-t-il, c’est que Trump, maintenant qu’il a attrapé le virus, devienne encore plus agressif envers la Chine (ndlr, où il est apparu avant de se propager au reste de la planète)

Donald et Melania Trump vont bien

Sur le plan des institutions, il n’est pas question pour l’heure d’incapacité temporaire du président. Dans un communiqué, son médecin, le Dr Sean Conley, a dit s’attendre à ce qu’il continue d’exercer ses fonctions «sans interruption».

«Le président et la Première dame vont actuellement bien et ils se préparent à rester chez eux au sein de la Maison blanche durant leur convalescence», écrit-il dans un communiqué de presse.

Dans l’éventualité où son état de santé se dégraderait, Donald Trump pourrait remettre temporairement ses prérogatives à son vice-président, Mike Pence, en application du 25e amendement de la Constitution. Ces dispositions ont déjà été appliquées: en 1985 quand Ronald Reagan a subi une intervention chirurgicale puis en 2002 et 2007, quand George W. Bush a transféré très brièvement ses pouvoirs à Dick Cheney le temps de subir deux coloscopies.

Trump : «Il y aura plus de morts mais il est temps de rouvrir le pays»

Le président américain Donald Trump a appelé mardi avec force à rouvrir l’économie même si cela devait alourdir encore le bilan de la pandémie de Covid-19 aux Etats-Unis.

«Je ne dis pas que tout est parfait. (…) Est-ce que certains vont être durement touchés? Oui. Mais nous devons ouvrir notre pays et nous devons l’ouvrir bientôt», a lancé le président américain depuis une usine Honeywell de masques respiratoires à Phoenix, dans l’Arizona.

Interrogé peu après sur ABC News, il s’est montré encore plus explicite. Pense-t-il que «des vies seront perdues afin de rouvrir l’économie»? «Il est possible que cela arrive car nous ne serons pas confinés dans nos maisons», a-t-il répondu.

Si les Etats-Unis viennent de franchir le cap des 70.000 décès liés au coronavirus et pourraient atteindre celui des 100.000 avant le début du mois de juin, la Maison Blanche concentre depuis plusieurs jours son message sur le déconfinement en cours.

Preuve de la volonté de l’exécutif de marquer le début d’un nouveau chapitre, le vice-président Mike Pence a indiqué que la cellule de crise sur le Covid-19, qu’il dirige, devrait être démantelée dans les semaines à venir.

Estimant que les Américains étaient des «guerriers», Donald Trump a estimé qu’ils étaient prêts pour cette «nouvelle phase de la bataille».

Serait-il tenté de dire «Mission accomplie»? «Non, non, mission accomplie, c’est quand c’est terminé», a-t-il répondu.

Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison Blanche, a par ailleurs précisé que les experts médicaux resteraient étroitement associés au processus de décision. «Le président poursuivra son approche basée sur des données pour une réouverture en toute sécurité», a-t-elle souligné.

Après avoir laissé entendre le contraire, Donald Trump s’est présenté au milieu des ouvriers de l’usine Honeywell tous munis de masques sans en porter un lui-même, se contentant de lunettes de protection.

Trump : «Porter un masque, je ne le sens pas pour moi»

Début avril, le président américain avait souligné qu’il n’avait pas l’intention, à titre personnel, de se plier à la recommandation des autorités sanitaires de porter un masque.

«Porter un masque en recevant des présidents, des Premiers ministres, des dictateurs, des rois, des reines, je ne sais pas… Je ne le sens pas pour moi», avait-il avancé, alors que toutes les visites de dirigeants étrangers étaient déjà interrompues depuis des semaines.

Mike Pence a été très critiqué pour ne pas avoir porté de masque lors de la visite d’une clinique dans le Minnesota, en violation des règlements en place dans cet établissement. Dimanche soir, il a reconnu qu’il avait fait une erreur.

Le déplacement présidentiel lui-même, avec des conseillers, des journalistes, les membres du Secret Service, était un défi.

Toute personne se trouvant à un moment ou à un autre à proximité du président a été testée pour le Covid-19, a assuré la Maison Blanche.

«Le président prend très au sérieux la santé et la sécurité de tous ceux qui voyagent pour permettre ses déplacements et le bon déroulement des opérations de la Maison Blanche», a souligné Judd Deere, porte-parole de l’exécutif américain.

Interrogé sur les nombreuses projections qui ne prédisent pas d’arrêt subit des contagions pendant l’été, Donald Trump a une nouvelle fois défendu ses décisions depuis le début de la pandémie. «Nous avons eu tout juste», a-t-il asséné.

Le bilan des Etats-Unis cache de grandes disparités, comme en Europe. De gros foyers initiaux, comme New York et le New Jersey, voient les contagions baisser. Au Texas, dans l’Illinois ou encore dans la région de Washington, le nombre de nouveaux cas augmente. En Californie et en Floride, il stagne.

La Californie, premier Etat américain à avoir décrété le confinement pour endiguer le coronavirus, va commencer à assouplir certaines mesures à la fin de la semaine, comme la réouverture de certains commerces.

Lors de son dernier déplacement en Arizona, le 19 février pour un meeting de campagne, Donald Trump avait minimisé les risques, évoquant l’arrivée prochaine du printemps comme une libération.

«Je pense que tout va bien se passer», avait-il déclaré sur une chaîne de télévision locale.

«Je pense que quand nous arriverons au mois d’avril, avec un temps plus chaud, cela aura un impact très négatif sur ce type de virus. Nous verrons, mais je pense que tout va bien se passer».

Mike Pence refuse de porter un masque lors d’une visite à l’hôpital

Le vice-président américain Mike Pence a refusé mardi de porter un masque sanitaire lors d’une visite dans un hôpital, au mépris des règles de cet établissement, s’attirant ainsi de nombreuses critiques en pleine pandémie de coronavirus.

Le vice-président, qui rendait visite au personnel hospitalier et à des malades, était notamment le seul à ne pas porter un masque dans une chambre surchargée.

Selon le règlement de la Mayo Clinic, un célèbre hôpital du Minnesota, «tous les patients, visiteurs et membres du personnel doivent porter un masque (…) pour se prémunir contre la transmission du Covid-19».

Dans un communiqué, la clinique a expliqué avoir «partagé cette information avec le bureau du vice-président» républicain avant sa visite.

Ce dernier a réagi en expliquant qu’il n’avait pas besoin de porter de masque vu qu’il est régulièrement testé.

«Puisque je n’ai pas le coronavirus, j’ai pensé que c’était la bonne occasion pour moi d’être là, de parler à ces chercheurs, à ces fantastiques membres du personnel de santé, pour les regarder dans les yeux et leur dire merci», a expliqué le n°2 de l’exécutif américain.

«Je suis testé régulièrement au coronavirus, tout comme le sont les personnes dans mon entourage», a-t-il précisé.

Dans un tweet qui a été supprimé par la suite, la clinique Mayo a écrit qu’elle avait «informé le Vice-président sur le protocole du port de masque avant son arrivée aujourd’hui».

La visite de la clinique Mayo est l’un des deux voyages que Pence effectuera cette semaine alors que la Maison Blanche cherche à se remettre en route.

Aux Etats-Unis, les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) recommandent de se recouvrir le visage dans les espaces publics où il est difficile de respecter la distanciation sociale, comme les pharmacies ou les supermarchés.

Trump lui-même n’a pas porté publiquement de masque lors de ses sorties médiatiques, déclarant plus tôt ce mois-ci: «Je ne veux tout simplement pas en porter un moi-même. C’est une recommandation. Ils le recommandent.»

De nombreuses personnes atteintes du virus sont asymptomatiques et risquent de le transmettre à ceux ou celles qui se trouvent à côté d’eux en parlant ou respirant, sans même le savoir.

Mike Pence est à la tête de la cellule de crise anti-coronavirus de la Maison Blanche.

Triste record aux Etats-Unis: premier pays à dépasser 2.000 morts en 24 heures

Les Etats-Unis sont devenus le premier pays au monde à dépasser les 2.000 morts du nouveau coronavirus en une journée, avec 2.108 décès supplémentaires enregistrés en 24 heures, selon le comptage de l’université Johns Hopkins à 20H30 locales vendredi.

Le nombre total de morts recensés aux Etats-Unis est de 18.586, soit très proche du pays le plus endeuillé, l’Italie, qui déplore 18.849 décès, mais avec une population cinq fois moins importante.

L’Amérique approche par ailleurs du demi-million de cas officiellement déclarés de la maladie (+35.000 cas recensés en 24 heures).

Les Etats-Unis relèvent depuis le milieu de la semaine dernière plus de 1.000 nouveaux décès quotidiens, et avaient déjà enregistré mardi et mercredi près de 2.000 morts en 24 heures, alors également les pires bilans quotidiens dans le monde depuis le début de la pandémie.

L’épicentre de l’épidémie américaine se situe à New York, l’Etat déplorant à lui seul plus de 7.800 morts et plus de 160.000 cas positifs.

Les Etats-Unis sont depuis fin mars le pays comptant le plus de cas recensés d’infections, avec plus d’un quart des cas officiellement déclarés dans le monde.

«Plus de 2,1 millions de tests ont été réalisés dans le pays», a déclaré le vice-président américain Mike Pence vendredi lors de la conférence de presse quotidienne de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le virus.

Le président Donald Trump répète régulièrement qu’il s’agit du plus grand nombre de tests effectués par un pays, ce qui explique selon lui le nombre de cas recensés bien supérieur aux Etats-Unis qu’ailleurs.

Selon le site ourworldindata.com, c’est effectivement le cas en valeur absolue, mais proportionnellement à leur population, l’Italie et la Corée du Sud ont réalisé plus de tests que les Américains.

Les prévisions du nombre de morts aux Etats-Unis selon le modèle le plus cité (IHME), qui prend en compte la façon dont l’épidémie a évolué en Chine et en Europe, ont ces derniers jours été plusieurs fois revues à la baisse pour la première vague: de 93.000 à 82.000, puis à 60.000 décès.

Ahmed Charai : l’Alliance transatlantique inefficace face à l’Empire du Milieu

Soixante-quatorze ans après la conférence de Yalta, ayant réuni les Présidents, américain Roosevelt, britannique Churchill et soviétique Staline pour préparer l’après 2ème guerre mondiale, trois conférences se sont succédées durant ce mois de février 2019 à savoir : le Sommet de Varsovie, le Sommet de Sotchi et le Sommet de Munich sur la Sécurité. Trois rencontres de très haut niveau qui ont dévoilé au monde entier les divergences profondes qui séparent et minent les relations entre les grandes puissances. Devant le flux considérable d’informations contradictoires que continue de diffuser chacune des parties prenantes, un climat d’inquiétude s’est installé depuis, de par le monde, jetant l’ombre grandissante d’un avenir incertain et dangereux, un monde au bord d’un conflit majeur au coeur de l’Europe, au Moyen Orient et en Amérique latine.

Au #MSC2019 de Munich, un marocain a pu observer de près les coulisses de la conférence qui a été le théâtre de confrontation entre l’Europe et l’administration Trump. Il s’agit d’Ahmed Charai, patron de presse et membre de prestigieux think-tanks américains,- le dernier en date qu’il ait rejoint est le prestigieux International Crisis Group (IGG)-. Il livre une analyse qu’il a publiée dans les colonnes de la célèbre revue américaine, The National Interest, où il apporte quelques clés de lectures pour tenter d’y voir un peu plus clair dans la cacophonie ambiante. Et il n’ira pas de main morte. Pour Ahmed Charai, « L’Europe est lilliputienne et, même unie, elle ne peut retenir un Gulliver déterminé comme la Russie ». Elle est, à ses yeux, incapable de rivaliser avec la puissance militaire américaine. Quand à la Russie, malgré sa puissance de feu, elle ne dispose que d’une petite économie et d’une faible influence culturelle. Enfin, Ahmed Charai va relever un fait majeur: ni Varsovie, ni Munich n’ont été capables de mettre sur la table le véritable casse-tête, qui n’est autre que celui de l’Empire du Milieu, la Chine.

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Conférence de Varsovie : Entre influence iranienne et Occident en rang dispersé

Alors que s’ouvrait aujourd’hui à Varsovie la Conférence ministérielle pour promouvoir la paix et la sécurité au Moyen-Orient, un attentat suicide à la voiture piégée a ciblé un bus transportant des Gardiens de la révolution entre les localités de Khash et Zahedan dans la province du Sistan-Balouchistan, en Iran. Depuis deux ans, l’Iran est le théâtre d’attaques terroristes. Le bilan provisoire fait état de 20 morts et de plusieurs blessés. Le groupe djihadiste Jaich Al-Adl (Armée de la justice), créé en 2012, a revendiqué cet attentat. Réagissant à cet attaque, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a estimé sur Twitter que « ce n’est pas une coïncidence que l’Iran ait été frappé par la terreur le jour même » du démarrage de la conférence de Varsovie, qualifiée de « cirque ».

La capitale polonaise accueille depuis ce mercredi une conférence organisée par les Etats-Unis pour mettre la pression sur le régime iranien accusé « d’influence déstabilisatrice » au Moyen-Orient. « Les Etats-Unis semblent faire toujours les mêmes mauvais choix, tout en attendant des résultats différents », a renchéri le chef de la diplomatie iranienne. Téhéran a accusé maintes fois les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël de soutenir des groupes séparatistes et djihadistes. De son côté, ces pays-là voient d’un mauvais œil le développement des capacités balistiques et nucléaires de l’Iran, allié des régimes irakien et syrien. Organisé par les Etats-Unis et la Pologne, cette conférence veut « promouvoir un avenir de paix et de sécurité au Moyen-Orient ». Seulement, tous les alliés de l’Amérique ne l’entendent pas de la même façon.

Désaccords entre les Européens et les Américains

La volonté américaine d’exercer une pression maximale sur l’Iran ne convient pas aux Européens qui sont irrités par l’unilatéralisme des Etats-Unis, leur allié de toujours. Jusqu’au jeudi 14 février, les pays présents à Varsovie devraient discuter de la question en déplorant des absences de taille : la France et l’Allemagne qui se sont fait représenter par des délégations de second ordre et la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, ne sera pas là non plus pour des raisons d’emploi du temps.

Cela n’a pas empêché Mike Pompeo, Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères de se montrer optimiste : « Nous ferons de réels progrès. Il y aura des dizaines de pays disposés à œuvrer à un Moyen-Orient plus stable, et j’espère qu’au moment de nous quitter jeudi nous aurons atteint ce but». Un haut représentant de l’administration américaine a déclaré à l’AFP que cette conférence abordera « l’influence de l’Iran au Moyen-Orient, les moyens de contribuer à mettre l’Iran sur de meilleurs rails et repousser collectivement certaines de ses activités déstabilisatrices dans la région ».

Netanyahu rencontre le ministre omanais des Affaires étrangères


Quelque 60 pays participent à cette conférence qui devrait aboutir à la création d’un front anti-iranien ou d’une coalition. Israël, ennemi juré de Téhéran, est représentée par son Premier ministre, Benyamin Netanyahu. Ce dernier, à deux mois des élections en Israël, a profité de son passage à Varsovie pour rencontrer Youssef Ben Alaoui, ministre omanais des Affaires étrangères. Au début de cette rencontre, Netanyahu a félicité le Sultan Qabouss pour son invitation à visiter le sultanat d’Oman qui ouvre la voie à d’autres parties à faire de même, à savoir oublier le passé et aller de l’avant vers le futur.

Le Premier ministre israélien a indiqué que plusieurs pays suivent la même voie dont certains assistent à la conférence. « Je vous remercie pour cette politique positive qui s’oriente vers le futur et qui pourrait conduire à réaliser la paix et la stabilité pour tous. », a déclaré Netanyahu lors de cette rencontre.

De son côté, le ministre omanais a estimé que c’est une vision nouvelle et importante sur le futur. Les peuples de la région ont souffert car ils sont restés prisonniers du passé, a-t-il ajouté. La poignée de mains cordiale entre les deux hommes devrait être suivie par d’autres, croit savoir Netanyahu.

En effet, le fait que des pays arabes entretiennent des relations discrètes n’est pas un secret. Jared Kushner, conseiller spécial de Donald Trump pour le processus de paix, pourrait faire quelques révélations ce jeudi sur le fameux «deal du siècle» passé entre Israël et certains pays de la région. Ce qui est sûr, c’est que les Palestiniens voient d’un mauvais œil un quelconque compromis qui se ferait à leurs dépens.

Les Palestiniens dénoncent un « complot américain »


De son côté, la Jordanie a affirmé, par la voix de son chef de la diplomatie, Ayman Assafdi sur Twitter, qu’il ne peut y avoir de paix globale que dans le cadre de deux Etats sur la base des frontières de 1967. Qualifiée de « complot américain » par les palestiniens, la conférence de Varsovie ne devrait pas donner les grandes lignes de l’accord passé entre Israël et certains pays arabes qui ne seront révélés qu’après les élections.

Taxé de « mort-né » par Javad Zarif, cette conférence n’a pas empêché le Président iranien de réaffirmer que son pays continuera à développer son programme balistique. L’Iran a d’ailleurs choisi de rouler des mécaniques en organisant une exposition des missiles iraniens à Téhéran. Une réponse du berger à la bergère qui en dit long sur les pensées des dignitaires aux commandes en Iran.

Le «Roadtrip» américain, complet et détaillé, de MBS révélé

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Le prince héritier d’Arabie Saoudite, qui effectue actuellement une tournée de deux semaines aux États-Unis, traversera l’Amérique de bout en bout pour faire la promotion de son pays. Il y a rencontré, et continue, les personnalités les plus influentes du monde de la politique, des affaires, des hydrocarbures et du divertissement. Placé notamment sous le signe du business et des milliards de dollars, l’itinéraire complet de la visite de deux semaines aux Etats-Unis du prince héritier saoudien a fuité dans la presse israélienne.

Au début du mois d’avril, Mohammed Ben Salmane achèvera son voyage sur la côte ouest où il sera l’invité d’honneur d’un dîner de gala organisé à Los Angeles par le président de William Morris Endeavor, Ari Emanuel, une entreprise de production artistique dans laquelle l’Arabie Saoudite vient d’acquérir une participation à hauteur de 400 millions de dollars.

Mercredi, MBS l’avait consacré à rencontrer les dignitaires juifs influents de l’establishment de la capitale fédérale, parmi lesquels les dirigeants du puissant AIPAC, l’American Israel Public Committee, de la Conférence des Présidents, des Fédérations juives d’Amérique du Nord, de l’Anti-Defamation League, une organisation non gouvernementale visant à soutenir les juifs contre toute forme d’antisémitisme et de discrimination, du Comité des juifs américains, et du B’nai B’rith, organisation internationale réunissant des juifs de toutes origines.

La veille, mardi, le prince héritier Mohammed Ben Salmane s’était entretenu, à New York, avec Henry Kissinger, Bill Clinton, Hillary Clinton, le sénateur Chuck Schumer, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et l’homme d’affaires et ancien maire de New York Michael Bloomberg.

MBS a également réuni lors d’un dîner à New York, tout le gotha de la presse et des journalistes qui comptent : Rupert Murdoch, Thomas Friedman, Jeffrey Goldberg, et les board de The Atlantic, du New York Times, du Washington Post, du Wall Street Journal, du Los Angeles Times, du San Francisco Chronicle ainsi que des entrevues avec Time et Vanity Fair.

Auparavant, à Washington, MBS s’était entretenu à la Maison Blanche avec le président américain Donald Trump, avant de tenir des réunions de travail avec les hauts responsables de l’Administration américaine, à leur tête le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’État Mike Pompeo, le directeur de la CIA, le secrétaire à la Défense, James Mattis et le conseiller-gendre du président, Jared Kushner.

Le prince héritier saoudien a rencontré aussi les patrons des grandes d’entreprise et multinationales américaines dont Bill Gates, Elon Musk, Peter Thiel, Tim Cook, ainsi que les PDG de Microsoft, Boeing, Amazon, Uber, Walt Disney et Lockheed Martin.

Ryadh à la reconquête des Etats-Unis : Trump reporte sa visite en Allemagne pour recevoir Mohammed Ben Salmane

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Homme fort de l’Arabie saoudite, et second dans l’ordre de succession au trône, le vice-prince héritier et ministre de la Défense du royaume wahhabite, Mohammed Ben Salmane Ben Abdelaziz est également président du Conseil des affaires économiques qui supervise Saudi Aramco, la première compagnie pétrolière mondiale et future première capitalisation boursière au monde. Et c’est à ce titre notamment qu’a eu lieu la rencontre entre le fils du Roi Salmane et le président américain Donald Trump.

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Le prince Mohammed Ben Salmane, à la tête d’un vaste chantier de réformes appelé «Vision 2030» en vue de diversifier l’économie saoudienne et de réduire sa dépendance au pétrole, avait, dans ses bagages au Bureau Ovale, une offre de coopération inégalable dans l’histoire qui lie les deux pays : des investissements géants aux Etats-Unis, une lutte anti-terroriste tous azimuts, et une approche géopolitique équivalente sur les dossiers iranien, yéménite, syrien et irakien.

Voulue et pensée par le vice-prince héritier en personne, la vision 2030 #SaudiVision2030 est également, et surtout, une réelle révolution sur le plan culturel, social et religieux.

Donald Trump reporte sa rencontre avec Merkel pour déjeuner avec Ben Salmane

Les promesses saoudiennes de décupler leurs investissements aux Etats-Unis ont fait reporter, de quelques jours, la visite de Donald Trump en Allemagne pour y rencontrer la Chancelière Angela Merkel.

Le sommet Mohammed Ben Salmane-Trump a pu avoir lieu grâce à un travail de lobbying de haut vol entretenu, en amont, par le sénateur John McCain et, en aval, par le vice-président américain Mike Pence et le Conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster.

21 Février 2017- En visite à Riyad, le sénateur républicain, John McCain a rencontré le vice-prince héritier Mohamed ben Salmane

L’Arabie saoudite, qui accuse constamment l’Iran d’ingérences dans les affaires des pays arabes, dont le Yémen où Téhéran soutient les rebelles chiites houthis contre le gouvernement reconnu par la communauté internationale, voit ses intérêts concorder avec les grandes lignes énoncées par la nouvelle administration américaine sur ces dossiers-là.

Le gendre de Donald Trump investi du dossier palestinien

De leur côté, les Etats-Unis d’Amérique considèrent l’Arabie Saoudite comme un acteur central de leur stratégie au Moyen-Orient, afin d’aider à sortir de l’impasse dans le conflit Arabo-Israélien. Cette approche, discutée dans le huis clos, a été favorisée grâce à l’entremise de Jared Kushner, beau-fils de Donald Trump et son conseiller principal, chargé officiellement par son beau-père de forger des « passerelles de paix » entre palestiniens et israéliens.

Jared Kushner, juif orthodoxe, a aussi été l’architecte de l’allongement de la rencontre Ben Salmane-Trump – initialement prévue pour être de courte durée mais qui donné lieu, au dernier moment, à un déjeuner formel entre les deux hommes, en présence de H. R. McMaster, Conseiller à la Sécurité nationale, Stephen K. Bannon, le stratège en chef de la Maison Blanche et Reince Priebus, chef du Cabinet du président.

Plus tard, Mohammed Ben Salmane Ben Abdelaziz, 31 ans, a eu des entretiens en tête-à-tête avec son homologue, James Mattis, Secrétaire à la Défense, et le désormais homme fort de l’Administration américaine, le jeune Jared Kushner…36 ans !

Abdellah EL HATTACH