Mali

Al Qaïda revendique l’attaque de trois bases françaises au Mali

Trois bases de l’armée française dans le nord et l’est du Mali ont été visées par des tirs de roquettes lundi matin en l’espace de quelques heures, des attaques revendiquées par Al Qaïda.

Reuters

Ces tirs n’ont fait aucune victime, a déclaré un porte-parole de l’opération Barkhane.

«Les attaques à la roquette des moudjahidine, en soutien à l’islam et aux musulmans, ont visé les bases de l’armée française infidèle», a déclaré Al Qaïda dans un communiqué diffusé sur Al Sabat, un média affilié.

Les camps, situés à Kidal, Ménaka et Gao ont été touchés par des «tirs indirects», a déclaré le porte-parole de l’armée française Thomas Romiguier.

Seule la base de la Minusma à Kidal a subi des dommages, a-t-il ajouté. Cette base de la mission des Nations unies au Mali est située à proximité du camp français. L’Onu a condamné l’attaque.

Le maire de Ménaka, Nanout Kotia, a dit avoir entendu des explosions en provenance de la base militaire, située en dehors de la ville, sans pouvoir donner plus d’informations.

A Gao, un témoin a déclaré que plusieurs roquettes avaient été tirées en direction de la base françaises vers 05h30 (GMT).

L’armée française a tué le chef militaire de la branche sahélienne d’Al Qaïda, le Malien Bah ag Moussa, au cours d’une opération aéroportée le 10 novembre dernier.

Plus de 5.100 militaires français sont déployés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane.

Mali: décès de l’ex-président Amadou Toumani Touré, associé à la transition démocratique

L’ancien président malien Amadou Toumani Touré, qui a dirigé le pays sahélien de 2002 à 2012 avant d’être renversé par un coup d’Etat militaire, est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 72 ans en Turquie où il avait été transféré pour de raisons de santé.

AFP

«Amadou Toumani Touré est décédé dans la nuit de lundi à mardi en Turquie où il avait été évacué pour des raisons sanitaires», a annoncé à l’AFP son neveu, Oumar Touré.

Amadou Toumani Touré avait subi récemment «une opération du cœur à l’hôpital du Luxembourg de Bamako qu’il a créé. Tout semblait aller bien», a indiqué sous couvert d’anonymat un médecin de l’hôpital.

«On a décidé ensuite de l’évacuer sanitairement. Il a voyagé vers la Turquie très récemment par un vol régulier. Malheureusement il est décédé dans la nuit de lundi à mardi», a-t-il ajouté.

Le nom d’Amadou Toumani Touré, ancien militaire entré en politique, était associé à la transition démocratique du Mali du débaut des années 1990.

Devenu président en 2002, il avait été renversé en mars 2012 par un putsch de soldats entrés en mutinerie contre l’incapacité du gouvernement à arrêter l’offensive, dans le nord du pays, de rebelles touareg et l’afflux de jihadistes en provenance des pays voisins.

Le pays a sombré depuis dans une spirale de violences jihadistes et intercommunautaires qui se sont propagées au centre du pays et au Burkina Faso et au Niger voisins.

Coup d’Etat

Amadou Toumani Touré avait lui-même pris part en mars 1991, après des manifestations populaires durement réprimées par le pouvoir, à un coup d’Etat qui avait eu raison du régime de Moussa Traoré, en place depuis 1968.

Il avait pris la tête d’un comité de transition, exercé les fonctions de chef de l’Etat et dirigé l’organisation d’élections. La transition avait débouché en 1992 à l’avènement d’Alpha Oumar Konaré, premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance.

Surnommé familièrement ATT, Amadou Toumani Touré avait à son tour été élu président en 2002 et réélu en 2007.

Loin de stopper l’avancée des indépendantistes et des jihadistes, le coup d’Etat de 2012 avait au contraire précipité la déroute de l’armée. Le nord était alors rapidement tombé sous la coupe des jihadistes avant l’intervention des forces françaises.

Les deux tiers du territoire malien échappent aujourd’hui à l’autorité centrale.

Amadou Toumani Touré disparaît alors que le Mali est à nouveau dans une période de transition, consécutive à un nouveau coup d’Etat militaire, qui a fait tomber le 18 août l’ancien président élu Ibrahim Boubacar Keïta.

Certains des officiers impliqués dans le putsch du 18 août, dont leur numéro deux, le colonel Malick Diaw, figuraient sur la photo de groupe des putschistes de 2012.

Les putschistes ont mis en place une présidence et un gouvernement de transition et se sont engagés à remettre le pouvoir à des civils élus sous 18 mois.

Désaccord franco-malien sur des discussions avec les rebelles islamistes

Reuters

Le Premier ministre par intérim du Mali s’est dit lundi ouvert à des discussions avec des rebelles islamistes, dont l’insurrection a rendu de vastes zones du pays ingouvernables, tandis que la France, son ancienne puissance coloniale, a fermement rejeté cette idée.

Le président déchu du Mali, renversé le 18 août par un coup d’Etat militaire, Ibrahim Boubacar Keïta, avait déclaré plus tôt cette année que son gouvernement était prêt à négocier avec les rebelles liés à Al-Qaïda. Cette stratégie a été confirmée pendant les pourparlers nationaux qui ont suivi le coup d’État.

Les responsables maliens ont fourni peu de détails sur les compromis qui pourraient être faits, mais certains partisans des négociations ont déclaré qu’ils pourraient inclure une plus grande reconnaissance de l’Islam dans la vie publique.

«Les conclusions des pourparlers nationaux (…) ont très clairement indiqué la nécessité d’une offre de dialogue à ces groupes armés», a déclaré le Premier ministre par intérim Moctar Ouane lors d’une conférence de presse avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, en visite pour deux jours à Bamako.

«Nous devons y voir une opportunité d’engager des discussions de grande envergure avec les communautés afin de redéfinir les contours d’une nouvelle gouvernance dans les zones concernées», a-t-il ajouté.

Jean-Yves Le Drian a toutefois indiqué son opposition aux négociations, en rappelant que les groupes islamistes n’avaient pas signé l’accord de paix de 2015, considéré comme une base pour le rétablissement de la paix dans le nord du Mali.

«Disons les choses très clairement : il y a des accords de paix (…) et puis il y a des groupes terroristes qui n’ont pas signé les accords de paix, a-t-il déclaré. Les choses sont simples».

La France déploie plus de 5.000 soldats au Mali et dans les pays voisins de la région du Sahel pour lutter contre les djihadistes, contre lesquels elle est intervenue pour la première fois en 2013.

Un civil tué accidentellement par l’armée française au Mali

L’armée française a tué accidentellement mardi un civil dans le nord-est du Mali en effectuant des tirs de sommation contre un bus qui circulait à vive allure en sens inverse d’un convoi de la force Barkhane, a annoncé l’état-major français. L’incident s’est produit à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Gao.

Avec Reuters

Trois passagers ont été touchés par des ricochets des tirs de sommation, dont un mortellement, a précisé l’état-major.

« Le blessé grave a été évacué par hélicoptère vers l’hôpital de la force “Barkhane” à Gao » mais « est mort des suites de ses blessures », poursuit la même source. « La force “Barkhane” présente ses sincères condoléances aux proches de la victime décédée », conclut l’état-major français, en précisant que « toutes les mesures ont été prises pour établir les circonstances exactes de cet événement », en collaboration avec la gendarmerie malienne.

Coup d’État au Mali : Le président et le Premier ministre arrêtés

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre Boubou Cissé ont été arrêtés mardi en fin d’après-midi par des militaires en révolte, dont des éléments ont ensuite fraternisé avec des manifestants qui réclament depuis des mois le départ du chef de l’Etat.

En quelques heures, la mutinerie qui a éclaté dans la matinée dans la garnison de Kati s’est muée en tentative de coup d’Etat, condamnée par la communauté internationale, et notamment la France, qui a déployé 5.100 militaires au Sahel, et notamment au Mali, dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane.

«Nous pouvons vous dire que le président et le Premier ministres sont sous notre contrôle. Nous les avons arrêtés chez lui» (au domicile du chef de l’Etat à Bamako), a déclaré à l’AFP un des chefs de la mutinerie, qui a requis l’anonymat.

Des propos confirmés par le directeur de la communication du chef du gouvernement malien, Boubou Doucouré: le président et le Premier ministre «ont été conduits par les militaires révoltés dans des véhicules blindés à Kati», où se trouve le camp Soundiata Keïta, à une quinzaine de kilomètres de Bamako.

Les mutins ont ensuite pris le contrôle du camp et des rues adjacentes, avant de se diriger en convoi vers le centre de la capitale, selon un correspondant de l’AFP.

Dans Bamako, ils ont été acclamés par des manifestants rassemblés pour réclamer le départ du chef de l’Etat aux abord de la place de l’Indépendance, épicentre de la contestation qui ébranle le Mali depuis plusieurs mois, avant de se diriger vers la résidence du président Keïta, selon la même source.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé à la «libération immédiate et sans conditions» du président malien et au «rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel».

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira mercredi en urgence au sujet de la crise au Mali, à la demande de la France et du Niger, qui préside actuellement la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Emmanuel Macron condamne la mutinerie

Le président français Emmanuel Macron a exprimé «son plein soutien aux efforts de médiation en cours des Etats d’Afrique de l’Ouest».

Son chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian avait auparavant affirmé que la France condamnait «avec la plus grande fermeté cette mutinerie».

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a condamné «énergiquement» l’arrestation du président malien.

«Ceci ne peut en aucun cas être une réponse à la profonde crise socio-politique qui frappe le Mali depuis plusieurs mois», a souligné le chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borrell.

Peu avant son arrestation par les militaires, le Premier ministre Boubou Cissé leur avait demandé dans un communiqué de «faire taire les armes», se disant prêt à engager avec eux un «dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus».

«Les mouvements d’humeur constatés traduisent une certaine frustration qui peut avoir des causes légitimes», avait estimé M. Cissé, sans plus de détails sur les raisons de la colère des militaires.

Le Mali est confronté à une grave crise socio-politique qui préoccupe la communauté internationale.

Une coalition hétéroclite d’opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile multiplie les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion.

Troubles meurtriers

A cela s’ajoute une «situation sociale délétère», selon la dirigeante syndicale Sidibé Dédéou Ousmane.

Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques du Mali (M5-RFP), qui mène la contestation, a refusé jeudi dernier une rencontre avec le président Keïta, fixant notamment comme préalable la fin de la “répression” contre ses militants.

Le weekend du 10 juillet, une manifestation à l’appel du Mouvement du 5 juin a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers.

C’est du camp de Kati, le 21 mars 2012, alors que les rebelles touareg avaient lancé une offensive majeure dans le nord du Mali et que les jihadistes affluaient en provenance des pays voisins, que des soldats s’étaient mutinés contre l’inaptitude du gouvernement à faire face à la situation.

Ils avaient chassé le président Amadou Toumani Touré.

Le coup d’Etat avait précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés, qui ont occupé cette région pendant neuf mois avant d’en être en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée par la France en janvier 2013 et toujours en cours.

Sous la pression internationale, la junte avait fini par céder le pouvoir à des autorités civiles intérimaires jusqu’à l’élection en 2013 d’Ibrahim Boubacar Keïta.

Malgré les interventions étrangères, les violences jihadistes, souvent mêlées à des conflits communautaires et à du banditisme, se poursuivent et se sont même étendues depuis 2015 au centre du Mali et aux pays voisins, Burkina Faso et Niger.

Avec AFP

Opération Barkhane : la France mène une opération aéroportée dans la région malienne de Ménaka

L’Etat-major de l’armée française a annoncé ce jeudi via son compte twitter que ses unités ont mené un raid aéroporté dans la région malienne de Ménaka, dans le cadre de l’Opération Barkhane. Le ministère français de la défense n’a pas donné plus de précision au sujet de l’opération de ce jeudi.

L’opération aéroportée intervient deux jours après une attaque terroriste contre des civils touareg survenue le mardi 25 septembre ayant fait 12 victimes dans le nord-est du Mali.

Le dispositif Barkhane a été mis sur pieds par l’armée française en 2014 pour lutter contre les groupes terroristes qui sévissent au Sahel et au Sahara.