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Fumio Kishida

En réponse à la rencontre Poutine-Xi, le 1er ministre japonais s’envole à Kiev

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Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a fait un voyage surprise en Ukraine pour rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au lendemain de la rencontre entre le dirigeant chinois Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine à Moscou. Le premier d’un 1er ministre japonais dans une zone de guerre depuis la Seconde Guerre mondiale.

Kishida est arrivé à Kiev ce mardi après-midi, et s’est également rendu à Bucha, la ville située juste au nord de la capitale ukrainienne qui est devenue synonyme «d’atrocités et de crimes de guerre présumés» de la part des Russes.

Le dirigeant chinois, Xi Jinping, et le président russe, Vladimir V. Poutine, se sont engagés mardi 21 mars, à élargir leur partenariat bilatéral, traçant une ligne de démarcation plus nette entre leurs nations et l’Occident, au deuxième jour de la visite d’État du président chinois à Moscou.

Les deux dirigeants ont signé 14 accords portant principalement sur la collaboration économique et définissant un ordre économique conforme à leur objectif commun de contrebalancer les États-Unis et leurs alliés occidentaux.

Poutine a déclaré que la Russie était prête à répondre à la demande croissante de la Chine en matière d’énergie, indiquant que Pékin continuerait à fournir à la Russie un vaste marché pour ses exportations, soutenant ainsi l’économie russe contre les sanctions occidentales imposées à la suite de l’invasion de l’Ukraine.

Xi Jinping a déclaré qu’il avait invité Poutine à se rendre en Chine, soulignant ainsi le soutien ferme de Pékin quelques jours seulement après que la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du dirigeant russe, l’accusant de crimes de guerre. Lundi, le secrétaire d’État Antony J. Blinken a déclaré que cette visite constituait une «couverture diplomatique permettant à la Russie de continuer à commettre» des crimes de guerre en Ukraine.

Après le point de presse sur le bilan de la visite d’État de deux jours du président chinois, Poutine a organisé une soirée de Gala à l’honneur de son invité dans une salle de trône cérémoniale du Palais à facettes du XVe siècle situé dans l’enceinte du Kremlin.

La Chambre à facettes est l’un des lieux de cérémonie les plus historiques du Kremlin. Commandée par le tsar Ivan III et conçue par des architectes italiens de la Renaissance, la salle a été le théâtre de nombreux événements marquants de l’histoire de la Russie. Lorsque Mao Zedong est venu à Moscou au milieu du siècle dernier, Josef Staline y a organisé une réception à son intention. Dans les années 1990, Boris Eltsine y a reçu la reine d’Angleterre.

Durant cette cérémonie, Poutine a porté un toast à l’intention de son homologue chinois. Les deux hommes ont ensuite levé et fait tinter leurs verres, qui semblaient contenir du vin blanc. Xi Jinping a également porté un toast à Poutine et à ce qu’il a appelé «la nouvelle ère» des relations entre la Chine et la Russie, que cette visite présageait.

Arrivée surprise du 1er ministre japonais

Après s’être entretenu avec Narendra Modi à New Delhi mardi 20 mars, le Premier ministre japonais Fumio Kishida s’est rendu à l’improviste à Kiev où il a rencontré le président Zelensky. Une visite qui souligne la division entre les deux plus grandes économies asiatiques, chinoise et japonaise et affiche l’alignement de Tokyo à une grande partie de l’Occident pour soutenir l’Ukraine.

Le Premier ministre japonais a invité le président ukrainien à participer au sommet du G7 que préside le japon en mai en ma dans le but d’afficher un message d’unité entre l’Ukraine et les pays membres. Kishida a fait part à Zelensky de «la solidarité avec l’Ukraine et du soutien inébranlable» du Japon à Kiev.

«Nous avons transmis notre plan de paix et une invitation à participer à ce plan à la Chine, à la fois publiquement et par le biais de canaux diplomatiques. Nous invitons [la Chine] au dialogue, nous attendons une réponse», a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy lors d’une conférence de presse conjointe avec le premier ministre japonais Fumio Kishida.

Les deux visites, distantes d’environ 800 kilomètres, ont mis en évidence les répercussions de la guerre de près de 13 mois sur la diplomatie internationale, les pays se rangeant derrière Moscou ou Kiev. Elles font suite à une semaine au cours de laquelle la Chine et le Japon ont tous deux remporté des succès diplomatiques qui ont conforté leur politique étrangère.

Alors que Xi Jinping et Vladimir Poutine n’avaient fait que des références publiques superficielles à la guerre en Ukraine lundi, le dirigeant chinois a profité d’une apparition conjointe avec Poutine mardi pour appeler à nouveau à des pourparlers de paix pour résoudre la guerre, répétant une position que les alliés occidentaux de Kiev ont rejetée comme étant irréalisable tant que la Russie n’aura pas retiré ses troupes.

Xi et Poutine s’opposent à un ordre mondial dominé par les États-Unis et leurs alliés, dont le Japon, et le ministère chinois des affaires étrangères a réagi à la visite de Kishida en déclarant que le Japon devrait «contribuer à la désescalade de la situation au lieu de faire l’inverse».

Le voyage de Kishida en Ukraine est la première visite d’un premier ministre japonais dans un pays ou une région en proie à des combats depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce sera également la première visite en Ukraine d’un membre asiatique du G7 et la première d’un allié des États-Unis dans la région.

Japon : «Accueillir des armes nucléaires américaines est totalement inacceptable»

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Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a déclaré lundi qu’il était totalement «inacceptable» pour le Japon de conclure un accord de partage nucléaire avec les États-Unis, rejetant l’idée que le Japon puisse accueillir des armes nucléaires américaines.

Après l’appel lancé par l’ancien Premier ministre Shinzo Abe un jour plus tôt pour discuter de l’option du partage nucléaire, Fumio Kishida a déclaré au Parlement : «C’est inacceptable étant donné la position de notre pays qui consiste à maintenir les trois principes non nucléaires.»

Le Japon a respecté ses trois principes de non production, de non possession et de non autorisation d’armes nucléaires sur son territoire. Ces principes ont été inspirés par les bombardements atomiques dévastateurs des villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le premier ministre japonais dont la circonscription se trouve à Hiroshima, est un partisan de la prolifération non nucléaire et a fait connaître son espoir d’un monde exempt d’armes nucléaires.

«La famille du Premier ministre japonais Fumio Kishida est originaire d’Hiroshima, qui, avec Nagasaki, a connu les ravages de la guerre nucléaire.» écrit sur twitter Hiroko Tabuchi, une journaliste du New York Times.