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Ethiopie

L’ex-ambassadeur d’Ethiopie au Maroc décorée du Wissam alaouite de l’ordre de grand officier

L’ancien ambassadeur d’Ethiopie au Maroc, Mme Yeshi Tamrat Bitew, s’est vue remettre, jeudi soir à Addis-Abeba, le Wissam alaouite de l’ordre de grand officier qui lui a été décerné par le Roi Mohammed VI au terme de sa mission dans le Royaume.

MAP

Le Wissam Royal a été remis à Mme Yeshi Tamrat Bitew par l’ambassadeur du Maroc en Ethiopie et à Djibouti, Mme Nezha Alaoui M’Hammdi, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée en présence de ministres d’Etat éthiopiennes, du président de la Commission des Affaires étrangères au Parlement, des membres du corps diplomatique accrédités à Addis-Abeba et de plusieurs personnalités éthiopiennes de différents horizons.

A cette occasion, Mme Nezha Alaoui M’Hammdi a souligné que cette décoration royale, l’une des plus prestigieuses du Royaume décernées à de hautes personnalités étrangères, est une reconnaissance de la contribution distinguée et significative de Mme Yeshi Tamrat Bitew au renforcement des relations entre le Maroc et l’Ethiopie.

La diplomate marocaine qui a rappelé les visites du Roi Mohammed VI en Ethiopie, a exprimé la volonté du Maroc à renforcer son partenariat avec l’Ethiopie et en faire un modèle d’autant plus que les deux pays partagent la même vision du développement de l’Afrique ainsi que de la coopération Sud-Sud.

L’ambassadeur du Maroc en Ethiopie et à Djibouti a rappelé dans ce sens le projet de construction d’une usine d’engrais à Dire Dawa par l’OCP, premier exportateur mondial de phosphate, «qui illustre bien ce partenariat étant donné que c’est le plus gros investissement de l’OCP en dehors du Maroc».

«Nous espérons que ce partenariat facilitera non seulement le dialogue politique au niveau bilatéral et au sein de l’Union africaine et des Nations Unies, mais ouvrira la voie à une coopération à vie entre nos deux pays», a-t-elle relevé.

De son côté, la diplomate éthiopienne s’est dite très honorée de recevoir la décoration que SM le Roi Mohammed VI lui a décernée et qui constitue «aussi un honneur pour l’Ethiopie et son peuple».

Mme Yeshi Tamrat Bitew a mis en avant la politique africaine du Royaume sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI et les actions entreprises par le Souverain dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

«Depuis mon arrivée au Maroc, j’ai constaté que Sa Majesté le Roi donne la priorité au continent africain, à la coopération africaine et à la coopération sud-sud», a souligné la diplomate éthiopienne dans une déclaration à la MAP.

La grande usine d’engrais de l’OCP à Dire Dawa qui revêt une grande importance pour l’Ethiopie, «est un grand exemple de cette coopération sud-sud», a ajouté Mme Yeshi Tamrat Bitew qui a plaidé pour un renforcement davantage de la coopération entre le Maroc et l’Ethiopie, «deux pôle économiques très important sur le continent».

Le Nobel de la paix au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali

Les bookmakers qui ont parié sur la jeune égérie suédoise de la lutte contre le changement climatique, Greta Thunberg, ont perdu. Le comité Nobel vient d’annoncer que le lauréat du prix Nobel de la paix 2019 reviendra au premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed Ali, pour son action en faveur de la réconciliation de son pays avec l’Erythrée.

C’est officiel, le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, est le nouveau prix Nobel de la paix. L’annonce était à suivre ce vendredi 11 octobre 2019 depuis Osolo.

Le comité Nobel norvégien a attribué son prestigieux prix au jeune premier ministre pour son action en faveur de la réconciliation de son pays avec l’Erythrée. Il lui sera officiellement décerné lors d’une cérémonie dans la capitale norvégienne le 10 décembre, jour de l’anniversaire de la mort du père de la dynamite.

Abiy Ahmed, artisan de la réconciliation avec l’Érythrée

Le 9 juillet 2018, les frères ennemis érythréens et éthiopiens avaient signé une «déclaration conjointe de paix et d’amitié», à Asmara, la capitale de l’Erythrée. Image historique : les dirigeants des deux pays se sont étreints à l’aéroport. Ils ne s’étaient plus rencontrés depuis le déclenchement de ce conflit frontalier qui fit plus de 80 000 morts entre le 3 mai 1998 et le 18 juin 2000.

Abiy Ahmed avait annoncé la couleur dés non élection en n’hésitant pas à parler de lutte contre la corruption, d’ouverture de l’économie et de défense des droits humains, dans un pays qui a sombré dans la dictature durant des décennies.

Fils d’un musulman oromo, la plus grande communauté de l’Ethiopie, et d’une chrétienne issue de l’ethnie amhara, un quart de la population, Abiy Ahmed Ali, 43 ans, a été formé aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Titulaire d’un doctorat de l’université d’Addis-Abeba, il parle couramment l’oromo, l’amharique et le tigréen.

Egypte-Ethiopie-Soudan : Vers la création du Fonds d’investissement le plus important d’Afrique

En dépit des relations particulièrement tendues entre l’Egypte et l’Ethiopie en raison de la construction par cette dernière du barrage de la Renaissance sur le Nil et qui constitue selon les égyptiens une grande menace pour leur approvisionnement en eau, le siège de la banque centrale égyptienne au Caire a abrité les mardi et mercredi, 3 et 4 juillet courant des discussions de haut niveau pour la création d’un Fonds d’investissement et d’infrastructure tripartite entre l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan.

Entrant dans le cadre d’un accord conclu entre les dirigeants des trois pays au début de l’année 2018, les discussions ont abordé toutes les questions relatives à la mise sur pied de ce Fonds, considéré comme le plus important du continent, et notamment ses objectifs, sa gouvernance, son administration et le volume du financement sans donner plus de précision.

Les trois parties ont quand même convenu d’intensifier les consultations pour baliser la voie à un deuxième round de discussions au cours des prochaines semaines. Il aura lieu en marge des réunions annuelles de l’association des banques centrales africaines prévues dans la station balnéaire égyptienne de Charm El Cheikh du 5 au 9 août prochain.

L’accord de lancer ce Fonds tripartite est intervenu le 29 janvier dernier en marge du 30e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine tenu à Addis Abeba entre le président égyptien Abdelfattah al-Sissi, le soudanais Omar al Bachir et le premier ministre éthiopien de l’époque Hailé Mariam Dessalegn.

La presse égyptienne indique que les échanges commerciaux entre l’Egypte et le Soudan tournent autour de 529 millions de dollars. Ils sont de l’ordre de 170 millions de dollars entre le Caire et Addis-Abeba.

Prévue à minuit, la libération d’Al-Amoudi des geôles saoudiennes n’a pas eu lieu

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La dernière visite d’Etat à Ryadh du premier ministre éthiopien, Abyi Ahmed, a donné lieu à plusieurs transactions entre l’Arabie saoudite et l’Ethiopie : économiques, militaires, de renseignement, commerciales et…humanitaires. En effet, plus d’un millier d’Ethiopiens prisonniers en Arabie Saoudite ont été graciés par le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salamane. Parmi eux, le milliardaire Yemeno-éthiopo-saoudien, Mohamed Al-Amoudi incarcéré dans une prison de haute sécurité suite à une opération «mani pulite» menée par MBS en personne et qui n’a épargné aucun dignitaire, même les membres les plus influents de la famille royale saoudienne, dont le prince Al-Walid Ben Talal Ben Abdelaziz et le prince Mechal Ben Abdallah Ben Abdelaziz.

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Sahara : Le Conseil de sécurité tient le bâton par le milieu

Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de proroger de six mois, ce vendredi 27 avril, le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2018 sur la base d’une résolution rédigée par les Etats-Unis. La Résolution 2414 a été votée par 12 voix pour et trois abstentions à savoir la Russie, la Chine et l’Ethiopie. Un mandat de 6 six mois au lieu de 12 est le véritable grand changement qu’apporte le texte, ce qui signifie que l’affaire du Sahara sera étudiée plus d’une fois en cette année 2018.

Par ce vote, le Conseil de sécurité réuni à New York, consacre une fois de plus une place de choix à l’initiative marocaine d’autonomie présentée par le Maroc en 2007, tout en se félicitant « des efforts sérieux et crédibles » déployés par le Royaume pour trouver une issue à un conflit créé de toute pièce autour du Sahara marocain.

La résolution renouvelle l’appel au retrait du Polisario d’El Guerguerat, située dans une zone tampon au sud-ouest près de la frontière mauritanienne, et de s’abstenir de déménager des bureaux à Bir Lahlou, dans le nord-ouest. C’est ce passage, qui n’était pas de l’avis de Moscou, qui a poussé la Russie, suivie par la Chine et l’Ethiopie, à s’abstenir dans l’opération de vote. La Russie n’était pas non plus d’accord pour renouveler le mandat de la Minurso.

Le Conseil de sécurité a insisté sur l’importance de l’engagement renouvelé des parties à aller de l’avant dans le processus politique en préparation à un cinquième round de négociations sans fixer de calendrier, processus qui doit être empreint de réalisme et compromis pour aller de l’avant.

La résolution appelle les parties concernées à œuvrer à la reprise des négociations pour arriver à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable du conflit.

Par la même occasion, la résolution appelle les parties en conflit et les Etats voisins à coopérer davantage aussi bien avec l’ONU qu’entre eux pour arriver à une solution politique, relevant que le renforcement de la coopération entre les Etas membres de du Maghreb arabe contribuerait à la stabilité et à la sécurité, génératrices de croissance, de création d’emplois et de retombées économiques au profit de l’ensemble des peuples du Sahel.

La première réaction à l’adoption de cette résolution est venue de la bouche de l’ambassadeur Omar Hilale, représentant permanent du Maroc à l’ONU, qui a souligné lors d’une conférence de presse que le Conseil de sécurité conforte la position du Maroc et sa fermeté à l’égard des récentes provocations du Maroc du polisario à l’Est du dispositif de sécurité et dans la zone tampon d’El Guergarate.

“Le Conseil de Sécurité, tant dans ses délibérations aujourd’hui, que celles de la semaine dernière, ainsi que dans les dispositions de sa résolution, a opposé un rejet catégorique aux tentatives des séparatistes du polisario de changer les réalités sur le terrain, ce que le Conseil considère comme une violation du cessez-le-feu, et une menace sérieuse au processus politique que l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général, M. Horst Köhler, s’active à relancer”, a relevé Omar Hilale.

Il a également souligné que “les injonctions du Conseil de sécurité aux séparatistes du polisario constituent un démenti cinglant à leurs élucubrations et propagandes au sujet d’un prétendu contrôle à l’Est du dispositif de sécurité, ou d’une entité chimérique qui n’existe que dans leurs esprits et dans celui de leur géniteur algérien”.

Le premier pays à réagir à cette résolution est la France, principal soutien du Maroc au Conseil de sécurité. Ainsi, l’ambassadeur de France à l’ONU, François Delattre, a affirmé que le renouvellement pour six mois seulement du mandat de la Minurso “doit rester une exception”.

Pour le diplomate français, le maintien d’un cadre annuel “garantit en effet la stabilité des opérations de maintien de la paix”. François Delattre a, en outre, soutenu que le texte voté ce vendredi détermine un horizon qui “doit permettre collectivement de prévenir tout risque d’escalade, de soutenir le travail irremplaçable de la MINURSO et d’encourager une dynamique constructive sur le processus politique”.

#Factcheck : Le nouveau Chef du gouvernement Éthiopien est-il de confession musulmane ?

A l’instar de plusieurs supports de presse internationaux, nous avons présenté dans notre article daté du 29 mars 2018, Abiy Ahmed, comme étant le premier chef de gouvernement d’Ethiopie d’obédience musulmane.

Un de nos fidèles lecteurs a bien voulu attirer notre attention sur l’inexactitude de la confession religieuse du nouveau premier ministre. Et c’est sur cette base que nous avons mené nos investigations pour valider cette information.

Après plusieurs fines recherches, il nous a été impossible de trancher sur la religion de Abiy Ahmed Ali : tantôt musulman, tantôt protestant orthodoxe, parfois catholique, les biographies non-officielles et les commentaires contradictoires de citoyens éthiopiens sur Twitter et sur Youtube en sont la preuve.

Cette opacité, ces échanges et ces commentaires nous ont fait conclure à la rédaction du Le1.ma que ce flou est prémédité et relève d’une stratégie de communication de ce jeune chef de gouvernement. Et pour cause, l’Ethiopie se déchire depuis plusieurs années entres communautés religieuses, notamment musulmanes et chrétiennes. Dr. Abiy Ahmed étant de père musulman et d’une mère chrétienne orthodoxe, lui confère un avantage social et culturel indéniable. D’ailleurs. c’est grâce à la diversité de sa naissance qu’il a pu être reconnu sur la scène politique éthiopienne durant les troubles violents qui ont éclaté entre les deux communautés religieuses du pays en s’engageant dans un forum de paix pour la réconciliation.

Et comme a si bien commenté un internaute sur twitter : « Abiy Ahmed est un exemple de la diversité religieuse et culturelle de notre pays. Il vient de parents musulman et chrétienne; il parle oromiffa, amharic, tigrigna et anglais. Dans l’espoir d’un avenir des plus prometteurs. »

Tenons-nous à cela et espérons pour ce pays d’Afrique qui a tant souffert de retrouver paix et prospérité.

Enfin, nous remercions vivement notre fidèle lecteur pour sa remarque pertinente qui a permis ce débat et pour l’intérêt qu’il porte à notre publication.

L’Ethiopie choisit un premier ministre musulman, un précédent !

Le Conseil du Front Démocratique Révolutionnaire des Peuples Éthiopiens (EPRDF) a élu Abiy Ahmed, Président de l’Organisation Démocratique des Peuples Oromo (OPDO), en tant que chef du gouvernement. Car, selon la tradition du parti et l’expérience passée, le président du Front est désigné Premier ministre, poste actuellement vacant.

Lire notre #Factcheck : Le nouveau Chef du gouvernement Éthiopien est-il de confession musulmane ?

C’est hier soir, mardi 27 mars, lors de la réunion du Conseil de l’EPRDF, qui a suivi la réunion du comité exécutif durant toute une semaine, que le Front a délibéré de la profondeur et de l’ampleur de l’agenda de renouvellement, de critique et d’autocritique de chaque formation politique composant ses appareils. Le conseil a basé sa discussion sur les rapports soumis par chaque parti pour discuter du processus de renouvellement de ses instances et de son impact sur celles-ci, avant de se rendre aux urnes pour élire son président et son adjoint.

Ahmed Abiy, de confession musulmane, a été élevé à la présidence de son parti OPDO il y a un mois, recevant le témoin de Lemma Megersa, président de l’État d’Oromia, une subdivision régionale de l’Ethiopie.

En tant que président du Front, Abiy devrait occuper le poste de Premier ministre en remplacement du chef du gouvernement sortant, Hailemariam Dessalegn.

Hailemariam avait démissionné de son poste de président du front et de premier ministre le 15 février 2018 sur fond de crise politique et institutionnelle majeure qui touche l’Ethiopie et qui a imposé l’instauration d’un état d’urgence dans le pays.

Shiferaw Shigutie, le président du Mouvement Démocratique du Peuple Éthiopien du Sud (SEPDM) a, de son côté, déclaré que la réunion du Comité Exécutif était notamment chargée de combler le vide créé par la démission de Hailemariam.

Abiy prêtera serment en tant que Premier ministre à la prochaine session de la Chambre des représentants du peuple dont la date n’a pas encore été divulguée.

La descente aux enfers du « seigneur de l’Ethiopie »

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Le sulfureux homme d’affaires saoudo-éthiopien, Cheikh Mohammed Hussein Al Amoudi, ancien PDG et ex-actionnaire de référence de la raffinerie la Samir, poursuivi par les autorités judiciaires marocaines dans le cadre de l’affaire éponyme, et arrêté début novembre 2017 par les saoudiens dans le sillage de la «purge anti corruption» déclenchée par le prince héritier Mohamed Ben Salmane, refait parler de lui dans les médias américains. A ce titre, le New York Times du vendredi 16 mars lui a consacré un grande enquête bien fouillée mobilisant pas moins de 5 journalistes d’investigation dans lequel le quotidien new-yorkais revient sur son parcours d’hommes d’affaires, son ascension fulgurante, ses relations avec les puissants de ce monde, son terrain de prédilection qu’est l’Ethiopie et sa chute brutale.

Le quotidien new yorkais se pose la question sur le sort de celui qui “possède une grande partie de l’Ethiopie” et dont les “Saoudiens ne dévoileront pas le lieu de détention”.

Celui qui “fournit du café à Starbucks” et qui menait une vie dorée a vu son ascension prendre “une tournure brutale” en novembre. Cheikh Amoudi, milliardaire de 71 ans et d’origine yéménite a été emporté dans la tourmente de la campagne anti-corruption décidée et menée d’une main de fer par le puissant MBS, au cours de laquelle plus de 100 milliards de dollars d’actifs ont été saisis.

De nombreux détenus, initialement emprisonnés à l’hôtel Ritz-Carlton à Ryadh, ont été libérés, notamment le prince Al-Walid ben Talal, mais le cheikh Amoudi, “autrefois appelé le plus riche des noirs du monde par le magazine Forbes” n’a pas été libéré, laissant un vaste empire qui emploie plus de 70 000 personnes dans les limbes. En Éthiopie, “il est le plus grand employeur privé et le plus important bailleur du gouvernement central” selon le journal américain qui ajoute qu’en “Suède, il possède une grande compagnie de carburant,  Preem, ainsi qu’à Londres, qu’il a utilisée comme base arrière de son empire”.

« Il était au Ritz-Carlton, mais les membres de sa famille nous ont dit qu’il avait été transféré, avec d’autres personnes, dans un autre hôtel », a déclaré le service de presse du cheikh Amoudi dans une correspondance au NYT. « Malheureusement, nous ne savons pas où il est. Il est en contact régulier avec sa famille et il est bien traité. »

Si le cheikh Amoudi “manque d’un pedigree princier, il est par ailleurs un archétype de ceux qui sont empêtrés dans le jeu du pouvoir du royaume : un milliardaire dont les atouts s’étendent à travers le monde et qui entretiennent des liens étroits avec les gouvernements précédents”.

Un vaste empire commercial

Le vaste empire commercial du cheikh Amoudi emploie quelque 70 000 personnes et comprend une entreprise agricole, une compagnie de carburant et une chaîne de stations-service.

Le conglomérat du cheikh Amoudi en Éthiopie “emploie quelque 70 000 personnes et comprend des entreprises agricoles, une compagnie de carburant et une chaîne de stations-service” selon un décompte établi par les journalistes d’investigation qui ont mené l’enquête.

Selon le NYT, “le défunt roi Abdallah ben Abdelaziz était un partisan du Saudi Star Agricultural Development de Sheikh Amoudi, une vaste entreprise agricole éthiopienne établie pour fournir du riz à l’Arabie saoudite”. L’article précise que de “telles entreprises sont considérées comme des atouts stratégiques dans un royaume du désert profondément conscient de ses limites agricoles. Alors que Saudi Star a eu du mal à démarrer, on dit que c’est un sujet d’intérêt particulier pour le nouveau gouvernement.”

De leur côté les responsables saoudiens ont refusé de commenter les accusations portées contre des détenus en particulier ni dévoiler ainsie leur statut, se prévalant des lois sur la vie privée.

Revenant sur la carrière d’Al Amoudi, on apprend du quotidien new-yorkais que le milliardaire “a déménagé dans le royaume à l’adolescence. Bien qu’il y ait peu de détails précis sur la façon dont un roturier est arrivé à une grande richesse, il a réussi à forger des liens influents.” Le plus important de ces liens était celui avec le défunt “prince Sultan Ben Abdelaziz, qui a servi comme ministre de la défense et prince héritier avant sa mort en 2011.” Cheikh Amoudi s’occupait du patrimoine de ce dernier et a beaucoup tiré profit de sa proximité avec lui. Un autre de ses alliés était “Khalid Ben Mahfouz, un milliardaire qui devint plus tard impliqué dans l’effondrement de la Banque du crédit et du commerce international en 1991, à l’époque l’une des plus grandes banques privées du monde.”

Le journal explique que dans les années 1980, “Cheikh Amoudi a créé Mohammed International Development Research and Organisation Companies, un conglomérat connu sous le nom de Midroc. Au début, son plus gros contrat était un projet de plusieurs milliards de dollars pour construire des réservoirs souterrains de stockage de pétrole du royaume.” L’ingénierie et la construction sont devenues des activités de base pour Midroc, mais selon le quotidien “elle gère tout, des usines pharmaceutiques aux usines de meubles de la région. Cheikh Amoudi possède également la moitié d’une compagnie d’acier appelée Yanbu, et une grande chaîne de stations-service appelée Naft.”

À l’instar d’autres détenus, “le Cheikh Amoudi a étendu son influence aux États-Unis. Il a fait don de millions de dollars à la Fondation Clinton et a offert son avion privé pour transporter Bill Clinton en Éthiopie en 2011. Cette offre avait suscité un large débat au sein de la fondation” expliquent es journalistes auteurs de l’enquête. « Sheikh Mo” aurait envoyé un chèque de 6 millions de dollars à Fondation Clinton.

Ce n’était pas la première fois que le nom de Cheikh Amoudi apparaissait aux États-Unis. Trois ans après les attentats du 11 septembre 2001, le propriétaire du World Trade Center a qualifié le Cheikh Amoudi de «commanditaire matériel du terrorisme international» en raison de son financement d’organisations caritatives islamiques controversées. “Les deux parties ont convenu d’une fin de non-recevoir l’année suivante, et un porte-parole du Cheikh Amoudi a attribué le procès à une affaire d’identité erronée.”

En Ethiopie, les alliés du Cheikh Amoudi le décrivent comme un philanthrope et un champion de la croissance africaine. Alors que l’intéressé se décrit de la sorte : “Je suis un investisseur saoudien, né en Afrique, avec une mère éthiopienne dont je suis fier. J’ai une relation privilégiée avec mon pays natal en investissant dans toute l’Afrique – Nord, Sud, Est, Ouest-.”

Une figure polarisante

L’influence du Cheikh Amoudi en Éthiopie a été si omniprésente qu’un câble diplomatique du Département d’État de 2008, rendu public par WikiLeaks, a souligné que «presque toutes les entreprises de grande valeur monétaire ou stratégique privatisées depuis 1994 sont passées du gouvernement éthiopien» à «une» des entreprises d’Al Amoudi. « Cela a remis en question la » véritable compétitivité du processus « , a relevé le câble.

“Le Cheikh Amoudi a permis la construction d’un hôpital à Addis-Abeba et a financé des programmes de traitement du sida.” Sur le plan politique, “il a également longtemps soutenu le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, qui a gouverné le pays pendant plus d’un quart de siècle, mettant en colère les partisans de l’opposition.”

“Quand il a été emprisonné, il a divisé l’opinion publique », selon Semahagn Gashu Abebe, professeur adjoint d’études internationales au Collège Endicott cité par le NYT. « L’opposition est heureuse parce qu’elle pense que cela va grandement affaiblir le régime. » Alors que pour le parti au pouvoir en Ethiopie, son arrestation est “une perte ».

“Beaucoup voient le Cheikh Amoudi moins comme un fils local bienfaisant qu’un corsaire saoudien”. Certaines de ses opérations minières, en particulier dans une région d’Éthiopie appelée Oromia, ont provoqué du ressentiment, des protestations et des arrestations.

Selon Henok Gabisa, chercheur universitaire invité à Washington et à la Lee University School “sa présence et son absence font une énorme différence en Éthiopie.”

Pourquoi l’Union africaine a besoin d’une Ethiopie stable

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L’institut sud africain d’études de sécurité (ISS) a publié ce vendredi 16 mars une analyse de l’un de ses consultants, Liesl Louw-Vaudran, consacrée à la situation politique en Ethiopie et ses répercussions sur l’Union africaine. Vu sa pertinence, le1.ma l’a traduite pour vous.

Le chef de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a offert ses bons offices au gouvernement éthiopien suite aux troubles politiques dans le pays. Après des mois de manifestations antigouvernementales et d’actions des forces de sécurité, le gouvernement a décidé cette année de libérer plusieurs prisonniers politiques. Les troubles se poursuivent toutefois dans plusieurs régions du pays.

Dans une déclaration qui a suivi la démission du Premier ministre Hailemariam Desalegn à la fin du mois dernier, Faki Mahamat a déclaré que son bureau se tient à la disposition du gouvernement afin de «relever les défis qui se dressent, approfondir la démocratie et promouvoir le développement».

Mahamat a également rencontré Desalegn après sa démission. Le successeur de Desalegn devrait être bientôt nommé par le parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire populaire éthiopien. Il n’est pas surprenant que Mahamat soit préoccupé par la crise en Éthiopie. L’Union Africaine, dont le siège est à Addis-Abeba, a besoin d’une Éthiopie stable.

Jusqu’à présent, l’UA et la plupart des membres de la communauté diplomatique ont gardé le silence sur la situation politique. L’Ethiopie occupe une position stratégique en tant qu’hôte de l’UA et constitue un puissant pouvoir dans une partie instable de l’Afrique.

L’Union européenne considère également l’Éthiopie comme un allié majeur dans sa tentative d’empêcher les migrants africains de fuir vers l’Europe.

L’Ethiopie occupe une position stratégique en tant qu’hôte de l’UA et en tant que puissance dans une partie instable de l’Afrique

Le siège de l’Union Africaine abrite quelque 2 000 membres du personnel travaillant pour l’Organisation panafricaine à Addis-Abeba. En plus des nombreux bureaux des Nations Unies parmi lesquels le siège de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, il y a plus de 100 ambassades dans la ville. C’est grâce à l’importance croissante de l’UA qu’elle est devenue une escale presque obligatoire pour les dirigeants non africains qui visitent le continent, comme l’ancien secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov récemment.

Cette importante présence internationale crée des emplois pour de nombreux Éthiopiens, fait grimper le marché immobilier à Addis-Abeba et contribue à la croissance économique de la ville qui compte près de cinq millions de personnes. Au moins une fois par an, Addis-Abeba accueille un grand sommet de l’UA avec la présence de nombreux chefs d’État, des dignitaires et un important contingent médiatique qui passe du temps dans la ville. Les habitants de la capitale savent d’avance qu’un sommet est sur le point de se produire par le déploiement de forces spéciales le long des routes principales. Jusqu’à présent, l’Union Africaine et les délégations en visite sont reconnaissantes pour la sécurité qui leur est garantie, même si cela signifie de ne pas parler des restrictions entourant la liberté d’expression ou du manque de participation réelle de l’opposition au gouvernement.


Dans un pays limitrophe d’États en proie à des conflits tels que la Somalie et le Soudan du Sud, certains estiment que des mesures de sécurité solides sont justifiées. Au moins pour l’instant, personne ne remet en question le statut d’Addis-Abeba en tant que siège de la seule organisation continentale de l’Afrique. Ceci est en grande partie dû à la prévoyance de l’ancien dirigeant éthiopien Haïlé Sélassié qui a réuni des chefs d’Etat africains du continent à la première réunion de l’Organisation de l’unité africaine à Addis-Abeba en 1963.

L’Ethiopie prétend être le seul pays africain jamais colonisé et possède une fière histoire remontant à l’époque des empires abyssiniens. En 2000 et 2001, lorsque des discussions ont eu lieu autour de la formation de l’Union Africain, très peu ont suggéré un siège alternatif possible.

Plusieurs structures de l’UA se trouvent ailleurs, comme le Parlement panafricain, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs et le secrétariat du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, basé en Afrique du Sud; la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples basée en Gambie; et le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme basé à Alger. Mais l’Ethiopie a fermement soutenu le maintien du siège de l’organisation à Addis-Abeba. En plus d’être le berceau historique de l’OUA, l’Éthiopie est également un acteur majeur de la Corne de l’Afrique en raison de son rôle militaire important dans la région et des 850 000 réfugiés qu’elle accueille, principalement originaires du Soudan du Sud, de la Somalie, du Soudan et de l’Érythrée.

L’Éthiopie est également l’un des principaux contributeurs aux missions de maintien de la paix de l’ONU et de l’UA dans le monde, notamment à Abyei, au Darfour, au Soudan du Sud et en Somalie. Le statut de l’Éthiopie sur le continent a augmenté au cours des deux dernières décennies, en particulier sous le gouvernement de l’ancien premier ministre Meles Zenawi, en raison de ses taux de croissance économique élevés et de ses politiques axées sur le développement.

Pourtant, avec sa population massive de 102 millions d’habitants, dont la plupart sont des jeunes, la menace d’instabilité politique a été évoquée depuis un certain temps. Les taux de croissance élevés qu’a connus l’Éthiopie au cours des dernières années n’ont pas été partagés par tous, ce qui crée des tensions parmi certaines couches de la population. Dans un rapport publié en mai dernier, l’ISS a souligné que l’amélioration de la gouvernance et de l’inclusivité serait la clé pour l’avenir. Comparé à son passé violent, l’Ethiopie en 2017 est un pays plus stable. L’instabilité dans la région est sans doute également en baisse, y compris en Somalie. Cependant, le passé violent de l’Éthiopie, ses niveaux relativement faibles de développement, son type de régime mixte et sa forte expansion démographique font que le risque d’une future rupture violente reste élevé. La présence de l’UA en Ethiopie pourrait servir de facteur de stabilisation dans une situation très complexe.

La démission de Desalegn et la déclaration d’un état d’urgence pour la deuxième fois depuis 2016 créent une incertitude quant à l’avenir immédiat du pays. Desalegn a déclaré qu’il a démissionné pour que le processus politique, qui a commencé avec la libération des prisonniers politiques, puisse suivre son cours.

Pour les nombreux étrangers vivant en Éthiopie, dont beaucoup sont là parce que l’Union Africaine y a son siège à Addis-Abeba, l’état d’urgence signifie des fermetures périodiques d’Internet dans certains endroits, même si la capitale et le siège de l’UA sont généralement épargnés. Suite à une demande de l’ancien président de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini Zuma, une interdiction temporaire des diplomates voyageant en dehors d’Addis-Abeba dans le cadre de l’état d’urgence précédent a été levée. Cette interdiction n’a pas été rétablie dans l’état d’urgence actuel, mais certaines ambassades découragent toujours leur personnel de voyager à l’extérieur de la capitale.

Cependant, que peut faire l’UA pour aider à atténuer les risques d’instabilité pour elle-même et pour son pays d’accueil? Pas vraiment beaucoup, semble-t-il.

Mahamat Faki a précisé dans sa déclaration soigneusement rédigée qu’il attend avec impatience le renforcement des mesures prises pour répondre aux préoccupations exprimées par des segments de la population dans un esprit de dialogue, de tolérance mutuelle et d’engagement envers les meilleurs intérêts de l’Éthiopie qui transcendent tous les intérêts politiques et autres divergences.

Les analystes s’accordent à dire que l’Éthiopie est traditionnellement beaucoup moins sensible à l’influence extérieure dans ses affaires intérieures que beaucoup d’autres pays africains. La participation de l’UA à la situation politique interne de l’Éthiopie ne semble pas probable. Une discussion sur la situation au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, composé de 15 membres et traitant des conflits sur le continent, n’a jamais eu lieu. La présence importante de l’UA et des organisations internationales, garde cependant le pays et surtout sa capitale à l’honneur.

L’UA est également importante pour l’Éthiopie, compte tenu de sa contribution en termes de création d’emplois et de débouchés économiques à Addis-Abeba. En ce sens, et au strict minimum, la présence de l’UA pourrait servir de facteur de stabilisation dans une situation très complexe.

L’Éthiopie au bord de l’implosion, Addis Abeba face à l’inconnu

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L’Ethiopie se dirige droit vers un état de déstabilisation totale. Au lendemain de la démission du Premier ministre, Hailemariam Dessalegn, et l’arrestation des principaux dirigeants de l’opposition, les autorités éthiopiennes ont décrété l’état d’urgence. Plusieurs manifestations ont éclaté dans le pays et  risquent de se multiplier. Addis Abeba, siège de l’Union africaine, est menacée de troubles graves.

L’arrestation de deux figures phares de l’opposition éthiopienne, Merera Gudina et Bekele Gerba, a mis les feux aux poudres. Les deux dirigeants d’Oromo, influent Congrès fédéraliste, a suscité une vague de protestations dans le pays et entraîné une vive répression.

Lors du dernier épisode protestataire, il y a quelques mois, et qui a également donné lieu à l’instauration de l’état d’urgence,  plus de 20 000 personnes ont été mises à l’arrêt.

Cette impasse politique affrontée par la manière forte par les autorités inquiète profondément les chancelleries en poste à Addis Abeba. La capitale éthiopienne est également la capitale de l’Union africaine et abrite des milliers de diplomates et hauts fonctionnaires qui se retrouvent otages d’une situation politique compliquée et tendue. Les missions diplomatiques ont ainsi mis en garde contre d’éventuels abus des pouvoirs de la part des services de sécurité.

La capitale africaine, ainsi en effervescence, devrait en principe connaître une valse de réunions des pays membres de l’UA, pour remédier à la situation et éviter qu’elle n’empire au risque de bloquer la bonne marche des institutions de l’organisme panafricain. Mais rien de cela n’a eu lieu. Mis-à-part les chancelleries occidentales et à leur tête l’ambassade américaine à Addis Abeba, aucun pays africain n’a demandé ou convoqué une réunion d’urgence de l’assemblée générale de l’Union pour étudier une situation plus qu’explosive qui menace toute l’institution et non pas seulement le pays hôte.

Imaginons une crise pareille à Bruxelles, siège de l’Union européenne, des réunions de crise marathons se dérouleraient en discontinu pour parer à toute éventualité.

Le Maroc, nouveau membre du Conseil paix et sécurité de l’Union africaine, pourrait prendre par exemple l’initiative et convoquer une réunion d’urgence des instances ad hoc de l’organisation. On ne peut demeurer spectateurs alors que le pays qui abrite le siège de l’instance panafricaine par excellence est vit de graves troubles et est menacé d’implosion.

D’autre part, Jawar Mohammed, haut dirigeant d’Oromo installé aux États-Unis, a appelé le gouvernement éthiopien à libérer les détenus politiques à défaut de quoi «une action nationale d’envergure» sera menée dans le pays. Il a accusé les autorités fédérales d’avoir tué six civils dans la ville de Dembidolo, dans l’ouest du pays.

De son côté, le ministre éthiopien de la Défense, Siraj Fegessa, a détaillé les mesures de l’état d’urgence.  Outre l’interdiction des manifestations et des publications incitant à la violence, l’état d’urgence vise à interdire ce qui suit au risque de graves poursuites pénales :

  • Toute action en violation de la Constitution et de l’ordre constitutionnel, ou des activités qui menacent  la tolérance et l’unité du peuple, et tout lien de près ou de loin avec une entreprise terroriste ;
  • Toute entrave des services de transport, et toute détérioration des infrastructures et des institutions de développement ; toute entrave des activités des forces de l’ordre et toute tentative d’organiser des manifestations et des réunions non autorisées ;
  • Toute entrave du processus de l’enseignement scolaire et distribution des produits de base, des festivals culturels, publics et religieux. Interdiction formelle de promouvoir les agendas politiques.

Depuis quelques semaines, la capitale Addis Abeba, chef-lieu vit un grave déficit d’alimentation en eau potable, en électricité et une médiocrité des réseaux Internet et téléphoniques.