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Espagne

L’Espagne supprime la TVA sur les denrées alimentaires de base et réduit la TVA sur les huiles et les pâtes

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Le président du gouvernement d’Espagne, Pedro Sánchez, a annoncé mardi la réduction, pour une durée de six mois, de la TVA sur les produits alimentaires, qui passera de 4 % à 0 % pour les aliments de base et de 10 % à 5 % pour les huiles et les pâtes.

Mardi, Pedro Sánchez, a annoncé une nouvelle série de mesures anti-crise en raison de la guerre en Ukraine. Les mesures comprennent un chèque pour les familles dont le revenu annuel est inférieur à 27 000 euros et une réduction de la TVA sur les aliments de base tels que le pain, le lait et les œufs. Ces mesures, qui auront un impact économique de plus de 10 milliards d’euros, entreront en vigueur le dimanche 1er janvier.

Baisse de la TVA

La suppression temporaire de la TVA vise les aliments de base tels que le pain, la farine panifiable, le lait de toute espèce animale, le fromage, les œufs, les fruits, les légumes, les légumineuses, les pommes de terre et les céréales. Ces produits alimentaires bénéficiaient déjà du taux de TVA super-réduit de 4 % et passeront désormais à 0 % pour les six prochains mois.

En outre, le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a annoncé que le taux pour les huiles (y compris l’huile d’olive) et les pâtes sera également réduit de moitié : de 10% à 5% durant la même période.

200 € d’aide directe pour les familles

Afin d’aider les ménages à atténuer la hausse de l’inflation, notamment après l’augmentation du prix des produits de base, le Conseil des ministres a approuvé une aide de 200 euros pour 4,2 millions de familles, celles dont le revenu annuel ne dépasse pas 27 000 euros. Ce paiement ne pourra être effectué qu’une seule fois par virement bancaire : il faudra en faire la demande auprès de l’Agence fiscale et fournir le numéro de compte où le paiement doit être reçu.

Transports publics : Maintien de la gratuité des trains de banlieues et régionaux

L’exécutif maintient la gratuité des abonnements aux trains de banlieue et régionaux : Cercanías, Rodalies et Media Distancia durant toute l’année 2023. Il a été également décidé de maintenir la réduction de 30 % sur les transports publics urbains et interurbains.

Prolongement des réductions des taxes sur l’électricité et le gaz

Les réductions de taxes sur l’électricité et le gaz ont également été prolongées pour les six prochains mois. Ainsi, la TVA sur l’électricité restera à 5 % (contre les 10 % habituels), la taxe sur la production sera supprimée et la taxe sur l’électricité sera réduite au minimum autorisé. Cela signifie que la facture d’électricité continuera à être réduite par le biais de la fiscalité. En revanche, le prix maximum de la bouteille de butane reste plafonné.

Plafonnement des loyers

Le gouvernement espagnol a poussé la prolongation jusqu’au 31 décembre de la limite de 2% pour la mise à jour annuelle des loyers. Ainsi, lors de l’actualisation du prix annuel d’un contrat de location, même s’il a été convenu que celui-ci serait fixé en fonction de l’indice des prix à la consommation, il ne peut être augmenté que de 2 % au maximum. En outre, les locataires dont le contrat se termine entre le 1er janvier et le 30 juin pourront le prolonger de six mois supplémentaires dans les mêmes conditions. Cela leur évite de devoir signer un nouveau contrat dans lequel le propriétaire peut augmenter le prix librement.

Mesures pour les ménages vulnérables

Le Conseil des ministres d’Espagne a donné son feu vert à plusieurs mesures destinées à aider les ménages vulnérables : la suspension des expulsions pour ces familles est prolongée de six mois, l’interdiction de la coupure des produits de première nécessité pour 2023 et le prolongement du chèque social. En outre, l’augmentation de 15 % du revenu minimum d’existence (RMI) et des pensions de retraite ou d’invalidité non contributives est maintenue.

300 millions € d’aide directe aux agriculteurs

Pour les agriculteurs, le gouvernement allouera 300 millions d’euros d’aides directes pour compenser l’augmentation des coûts de production due à la hausse des prix des engrais. Le gouvernement, a déclaré Pedro Sánchez, «veillera» à ce que toutes ces aides soient correctement répercutées sur le prix des denrées alimentaires. Cela signifie que les distributeurs seront empêchés de conserver une marge plus élevée en maintenant les prix de produits qui, en théorie, devraient être moins chers.

Subvention aux carburants pour les transports, agriculteurs et pêcheurs

Le Conseil des ministres espagnol a supprimé la subvention générale de 20 centimes d’euro par litre de carburant. En revanche, il maintient la subvention des carburants pour les transports routiers professionnels, les agriculteurs, les compagnies maritimes et les pêcheurs.

Parmi les compagnies pétrolières, Repsol prolongera son rabais supplémentaire de 10 cents par litre pour les particuliers jusqu’à la fin mars (après cette date, il sera lié à l’achat d’autres produits). Les agriculteurs recevront également une autre aide, pouvant aller jusqu’à 20 centimes par litre, par le biais du remboursement de la taxe spéciale sur les hydrocarbures. Son coût s’élève à 240 millions d’euros. Tandis que pour les pêcheurs, l’aide coûtera 120 millions d’euros.

Soutien à l’industrie à forte utilisation de gaz

Une nouvelle ligne de liquidité de 500 millions d’euros a été ouverte auprès de l’Institut de crédit officiel (ICO) par le gouvernement espagnol pour aider l’industrie dépendante du gaz. A cet effet, des aides ont été accordées au secteur de la céramique et à d’autres sous-secteurs pour un montant supplémentaire de 450 millions d’euros.

(Source : El Pais et EFE)

Melilla : assaut massif et violent de 2 500 immigrants subsahariens

2 500 est le nombre de migrants qui, ce mercredi, vers 9h00, ont mené un assaut massif contre la clôture frontalière de Melilla, le plus important depuis 2005. Cinq cents clandestins ont réussi à entrer dans la ville.

Mercredi, vers 9h30, un saut massif a eu lieu à la clôture de Melilla. Selon la déléguée du gouvernement espagnol, Sabrina Moh, cité par le site d’information El Caro Milillia, quelque 2 500 migrants subsahariens ont tenté d’entrer dans la ville à partir de 9 heures du matin.

L’alarme a été déclenchée aux alentours de la frontière de Beni Ensar, près de Nador, mais les migrants se sont dispersés le long du périmètre frontalier et ont réussi à sauter par-dessus la zone située entre Farhana et Barrio Chino, où se trouve encore un important déploiement policier, explique la même source.

La sonnette d’alarme a commencé à retentir dans la ville vers neuf heures du matin, lorsque les habitants de Melilla ont vu un grand nombre de patrouilles de la Guardia Civil et de la police nationale se diriger à grande vitesse vers la zone frontalière de Beni Enzar, qui est fermée depuis mars 2020.

Il n’y avait aucune raison de penser qu’un saut aussi important pouvait avoir lieu en plein jour. Normalement, les migrants profitent du changement d’équipe de la Mejanía et de la Guardia Civil, vers six heures du matin, pour le tenter.

«Depuis que je suis à la délégation du gouvernement, il n’y a pas eu un aussi grand nombre de tentatives de saut», a déclaré Sabrina Moh, qui occupe ce poste depuis près de quatre ans.

Les autorités marocaines ont collaboré pour stopper cet assaut massif

La déléguée du gouvernement espagnol, Sabrina Moh assure que le Maroc a collaboré pour arrêter ce saut massif.

« Les clandestins ont réussi à dépasser les forces de sécurité marocaines qui tentaient d’empêcher leur arrivée à la clôture » a-t-elle affirmé.

«Grâce à la collaboration du Maroc et de la police nationale et le déploiement important de la Guardia Civil, les forces et organes de sécurité espagnols ont largement neutralisé le groupe très important de personnes qui ont tenté de pénétrer dans notre ville» a déclaré Mme Moh.

Migrants et policiers blessés

La responsable espagnole a souligné «la grande violence utilisée par les migrants», qui étaient équipés de crochets, de bâtons et de vis dans leurs chaussures et qui jetaient des pierres.

Les images diffusées par El Faro montrent des migrants blessés, le visage couvert de sang. Beaucoup d’entre eux sont entrés dans la ville en criant Bossa ! Certains ont même envoyé un message à leur mère en disant : «Maman, je t’aime».

Toutefois les autorité de la ville de Melilla ont annoncé avoir soigné uniquement trois subsahariens et des blessures légères de trois agents de la Guardia Civil».

El Faro a appris de ses sources qu’au moins un garde civil a été transporté à la clinique de Rusadir, après avoir reçu un coup violent à la tête, qui a brisé son casque.

Des dizaines de migrants se trouvent encore aux portes du Centre de séjour temporaire (CETI) de Melilla et au moins une douzaine d’entre eux restent sur la double clôture de barbelés.

L’inflation espagnole atteint son plus haut niveau depuis 33 ans en raison de la flambée des prix de l’électricité

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Les prix à la consommation espagnols ont augmenté bien au-delà des attentes en février et ont atteint le niveau le plus élevé depuis trois décennies, soit 7,4 % en glissement annuel, contre 6,1 % en janvier, selon les données rapides de l’Institut national de la statistique (INE) lundi.

Reuters

Les augmentations soutenues des prix des aliments et des boissons non alcoolisées ainsi que des coûts des carburants ont porté l’inflation à son point le plus élevé depuis juillet 1989, a indiqué l’Institut national de la statistique d’Espagne, l’INE.

La hausse des prix «est principalement due aux prix de l’énergie et au fait que nous comparons à un mois plat l’année dernière», a déclaré la ministre de l’Économie espagnole Nadia Calvino dans une interview à la station de radio Cadena SER lundi.

Les analystes interrogés par Reuters s’attendaient à ce que les prix à la consommation sur 12 mois augmentent de 6,8 % en février.

Les poussées d’inflation en Espagne et dans d’autres pays de la zone euro mettent la pression sur la Banque centrale européenne pour qu’elle modifie sa politique monétaire, commence à supprimer progressivement son programme d’achat d’obligations et augmente les taux d’intérêt.

L’inflation sur 12 mois en Espagne atteint 7,4 % en février, le taux le plus élevé depuis 1989.

L’indice des prix à la consommation harmonisé de l’UE pour l’Espagne a augmenté de 7,5 % au cours de la période de 12 mois se terminant en février, soit une hausse plus rapide que les 6,8 % attendus par les analystes interrogés par Reuters et que les 6,2 % enregistrés en janvier.

L’inflation de base, qui exclut les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, s’est établie à 3,0 % en glissement annuel, contre 2,4 % en janvier, atteignant son taux le plus élevé depuis la crise financière de 2008.

La ministre de l’Économie espagnole Nadia Calvino a prévenu que l’invasion de l’Ukraine par la Russie jeudi dernier pourrait maintenir l’inflation à un niveau élevé dans la région à l’avenir, car elle a déclenché des hausses des prix du pétrole et du gaz.

«L’évolution des prix est le principal aspect que cette guerre peut avoir d’un point de vue économique», a déclaré Nadia Calvino. Elle a appelé à une réponse européenne commune pour minimiser l’impact sur la croissance économique.

Au moins deux morts dans une forte explosion à Madrid

Se sont finalement pas moins de deux victimes et plusieurs blessés qui ont succombé à l’explosion survenue ce mercredi dans le centre de la capitale espagnole et qui a éventré un immeuble appartenant à l’évêché qui servirait de résidence aux prêtres.

Selon El Mundo, au moins deux personnes sont décédées, suite à une forte explosion qui a détruit plusiuers étgaes d’un immeuble situé sur la rue de Toledo, dans le quartier de La Latina, tout près de la Puerta de Toledo et de l’église de La Paloma.

Selon les services d’urgence, Emergencias Madrid, la propriété concernée est le numéro 98 de la rue Toledo, situé précisément à l’arrière de l’église et servirait de résidence aux prêtres.

Urgent – Forte explosion à Madrid

Une forte explosion à Madrid détruit un bâtiment dans la zone de la Puerta de Toledo, ce mercredi, vers 15 heures.

Une forte explosion qui a été ressentie sur plusieurs kilomètres à la ronde a eu lieu quelques minutes avant trois heures de l’après-midi dans le quartier de la Puerta de Toledo à Madrid.

La déflagration a soufflé les quatre derniers étages de l’édifice, qui se situe dans une zone ou se trouve une maison de retraite et une école.

La première hypothèse apportée par un journaliste d’El Mundo est qu’il s’agirait d’une fuite de gaz.

«Du bâtiment détruit, de nombreux gravats sont tombés dans la rue Toledo, où de nombreux véhicules sont touchés et les personnes âgées sont évacuées par la police municipale et nationale», témoigne le journaliste.

Pour le moment, aucune information sur des pertes humaines n’a été confirmée.

Covid-19 : premiers cas confirmés du variant britannique en Espagne

Quatre cas confirmés de contamination par le variant britannique du Covid-19 ont été détectés à Madrid, pour la première fois en Espagne, a annoncé samedi le gouvernement régional.

AFP

Ces cas concernent des personnes arrivées récemment du Royaume-Uni ou ayant eu des contacts étroits avec un voyageur en provenance de ce pays, a ajouté le gouvernement régional.

Le père, la mère et la soeur d’un jeune homme arrivé en avion à Madrid la semaine dernière ont été testés positifs au nouveau variant du coronavirus.

Le jeune homme est lui aussi soupçonné d’avoir contracté le variant britannique du coronavirus, mais les autorités de santé espagnoles attendent les résultats du test PCR pour confirmer ce cas.

Le quatrième cas confirmé concerne un homme arrivé à Madrid le 20 décembre sur un autre vol.

«Les patients ne sont pas gravement malades, nous savons que cette souche se transmet plus facilement mais elle ne provoque pas de cas plus sévères de la maladie», a déclaré lors d’une conférence de presse le numéro deux des autorités de santé de la région Antonio Zapatero, ajoutant : «il n’y a pas besoin de s’alarmer».

Trois autres cas suspects de contamination par ce variant britannique en Espagne sont également en cours d’examen et les résultats seront disponibles mardi ou mercredi prochains, a ajouté M. Zapatero.

L’Espagne a depuis mardi suspendu, comme de nombreux autres pays, les arrivées de passagers en provenance du Royaume-Uni, sauf pour les Espagnols ou résidents en Espagne.

La France et l’Italie ont également signalé des cas de contamination par le variant britannique tandis que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a rapporté que neuf cas avaient été detectés au Danemark et respectivement un aux Pays-Bas et en Australie.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré que le nouveau variant pourrait être jusqu’à 70% plus contagieux que la souche originelle du virus.

Ouverture d’un procès lié à l’attaque commise sur les Ramblas de Barcelone en 2017

Le procès de trois hommes soupçonnés d’appartenance à une cellule islamiste à l’origine de l’attaque à la camionnette sur les Ramblas de Barcelone en août 2017 s’est ouvert ce mardi devant la Haute Cour d’Espagne, sous un imposant dispositif de sécurité.

Deux accusés, un Espagnol et un Marocain, sont poursuivis pour appartenance à une organisation terroriste, fabrication et recel d’explosifs et tentative de commettre des dégâts de grande ampleur.

Le 17 août 2017, une camionnette a foncé sur la foule réunie sur la célèbre artère barcelonaise tuant 14 personnes et en blessant plus d’une centaine. Son conducteur, tué quelques jours plus tard par la police, a fait une autre victime en s’échappant.

Le 17 août également, une voiture a foncé sur la foule à Cambrilis, une autre ville de la côte catalane, avant que ses cinq passagers sortent du véhicule pour poignarder des passants, tuant une femme et en blessant plusieurs autres avant d’être abattus par la police.

Tous les chefs d’accusation du procès qui s’ouvre ce mardi sont liés à l’explosion accidentelle d’explosifs et de bombonnes de gaz entreposés à d’autres fins que l’attaque du 17 août. Cette explosion, qui s’est produite la veille, a tué d’autres membres présumés de la cellule dont un imam, son chef de file présumé.

Le ministère public va recourir des peines de prison de 41 ans et 36 ans contre deux des accusés. Un troisième homme soupçonné d’être leur complice encourt quant à lui huit ans de prison.

Virus: affrontements à Barcelone suite aux restrictions de circulation

Des affrontements ont éclaté vendredi dans le centre de Barcelone entre des manifestants et la police, lors d’un rassemblement de centaines de personnes contre des restrictions de circulation prises pour ralentir la propagation du coronavirus, a constaté un correspondant de l’AFP.

Quelque 700 personnes ont participé à ce rassemblement contre ces mesures, qui comprennent notamment un couvre-feu à partir de 22H00 et une interdiction de quitter la ville pour le long week-end de la Toussaint.

La manifestation a dégénéré lorsqu’une cinquantaine de personnes « a commencé à jeter des objets dangereux en direction de la police », a indiqué à l’AFP un porte-Parole des forces de l’ordre régionales (Mossos d’Esquadra).

Des manifestants ont notamment lancé des barrières de sécurité en direction des policiers, qui ont répliqué à coups de matraques, selon un correspondant de l’AFP.

Tandis que la police cherchait à disperser la foule, les pompiers aspergeaient les rues pour éteindre des feux de poubelles.

Douze personnes, dont deux mineurs, ont été interpellées, a annoncé un peu avant 23H00 (22H00 GMT) la police, dont une vingtaine d’agents ont également été blessés.

Plus à l’ouest, la ville de Burgos (nord) a également été le théâtre d’affrontements entre plusieurs dizaines de jeunes manifestants et les forces de l’ordre.

Malgré de nombreuses restrictions imposées en Espagne depuis le mois de juillet alors que le nombre de cas de Covid-19 repartait à la hausse, les contaminations se sont multipliées.

Le pays, l’un des plus touchés en Europe, a dénombré jusqu’ici plus de 35.000 morts du Covid-19, et 1,1 million de cas.

Un bouclage a été décrété par la quasi totalité des régions espagnoles afin de limiter les déplacements avant le week-end de la Toussaint, dans l’espoir d’éviter un nouveau confinement.

En Catalogne, où les bars et les restaurants sont fermés depuis mi-octobre, les habitants ont l’interdiction de quitter les villes ce week-end. La police effectuait vendredi des contrôles au niveau des principales sorties de Barcelone.

L’Espagne s’ouvre largement aux visiteurs étrangers mais isole 200.000 habitants

L’Espagne a reconfiné samedi une zone de Catalogne comptant plus de 200.000 habitants et surveille plusieurs dizaines de foyers de contagion de coronavirus dans d’autres régions, tout en s’ouvrant plus largement aux visiteurs étrangers.

L’Espagne est l’un des pays les plus affectés par la pandémie de nouveau coronavirus, responsable d’au moins 28.385 morts sur son sol.

Mais les autorités estiment avoir réussi à contrôler la contagion après le sévère confinement de plus de trois mois de toute la population, levé le 21 juin.

Le pays a enregistré vendredi 17 morts du coronavirus en un jour, selon le ministère de la Santé, soit le plus grand nombre quotidien de décès depuis le 19 juin. Et les autorités se préoccupent de plus d’une cinquantaine de foyers de contagion répertoriés dans presque toutes les régions.

Le président de la Catalogne (nord-est), Quim Torra, a annoncé samedi qu’une zone autour de la ville de Lerida, à 150 km à l’ouest de Barcelone, était isolée du reste de la région, dès la mi-journée.

Confinement de la zone «del Segria»

«Nous avons décidé de confiner la zone del Segria (autour de Lerida), sur la base de données qui confirment une croissance très importante du nombre de cas de contagion de Covid-19», a déclaré le dirigeant indépendantiste catalan, évoquant « une décision difficile ».

«On ne peut ni entrer ni sortir» de cette zone, a précisé le «ministère» régional de l’Intérieur.

Cependant la mesure ne s’applique pas aux travailleurs en déplacement, tels les nombreux saisonniers agricoles étrangers présents pour la récolte des fruits.

La circulation n’est pas restreinte à l’intérieur de la zone elle-même mais il y est recommandé de «minimiser les déplacements» et «d’utiliser un masque dans la rue», précise l’Intérieur.

«Ça a été une surprise», a témoigné Josep Raluy, un retraité de 63 ans qui était allé passer la journée dans une maison secondaire et est rentré chez lui par précaution. «C’est un nouveau retour en arrière, ce n’est pas bon», soupirait-il, alors que débutent les vacances d’été.

Dans cette zone, les réunions doivent à présent se limiter à 10 personnes maximum, et les visites dans les maisons de retraites sont restreintes.

La région avait informé vendredi de 4.030 cas de coronavirus dans la province de Lerida, soit 60 de plus que jeudi. Une tente a été installée aux portes de l’hôpital de Lerida pour accueillir toutes les personnes présentant des symptômes.

La région de Madrid, qui avait été l’épicentre de l’épidémie, a de son côté notifié vendredi un foyer de cinq cas détectés dans la capitale espagnole, dans le même milieu professionnel.

Espagne : 250.545 cas confirmés pour 47 millions d’habitants

Lors d’un déplacement en Galice (nord-ouest) avant un scrutin régional, le chef du gouvernement Pedro Sanchez a lancé samedi un double message: «Ne baissons pas la garde mais ne nous laissons pas abattre par la peur».

«Il faut sortir dans la rue, profiter de la nouvelle normalité, relancer l’économie (…) et être conscient que l’Etat est mieux préparé pour lutter» contre les reprises de l’épidémie, a assuré le dirigeant socialiste.

Deux semaines seulement après la levée du confinement généralisé qui empêchait les Espagnols de quitter leur province, l’isolement de 200.000 habitants coïncide avec la réouverture des frontières aux ressortissants de 12 nouveaux pays.

L’Espagne avait déjà admis le 21 juin les citoyens de l’UE et de l’espace Schengen ainsi que les Britanniques.

De nouveaux renforts ont été déployés dans les aéroports pour le contrôle des voyageurs à leur arrivée: du personnel médical relève leur température et recueille leurs données personnelles.

Le nombre de cas confirmés en Espagne atteint au moins 250.545 pour 47 millions d’habitants, selon le dernier bilan du ministère de la Santé vendredi.

Au Portugal voisin, des foyers subsistent, notamment dans la région de Lisbonne: 700.000 habitants de 19 quartiers populaires de la banlieue de la capitale portugaise ont été reconfinés mercredi à domicile pour deux semaines, afin d’endiguer des contaminations reparties à la hausse.

AFP

Après 7 semaines de confinement très strict, les espagnols sortent se promener et faire du sport

Trop heureux de ressortir après 48 jours de confinement très strict, les Espagnols sont allés marcher, courir, pédaler samedi sous le soleil pour jouir de l’autorisation de se promener et de refaire du sport en plein air.

«Hier j’étais comme un enfant à la veille de Noël. Après tant de semaines de confinement, j’avais très envie de sortir, courir, voir du monde», s’enthousiasme un conseiller financier de 42 ans, Marcos Abeytua, sorti faire du jogging en plein centre de Madrid.

Habitant du quartier habituellement festif de Chueca, il dit s’être levé très exceptionnellement à 7H00, alors qu’il y a sept semaines, quand les bars et restaurants étaient encore ouverts, il aurait fait la grasse matinée pour se remettre d’une sortie du vendredi soir…

Près du Retiro, le plus célèbre des parcs de la capitale qui restent fermés, de nombreux Madrilènes sortent courir en tenue d’été, parfois en groupes. «Merci de courir sur les trottoirs», leur demande par haut-parleur un policier municipal, non loin du musée du Prado, également fermé.

Beaucoup s’arrêtent, le temps d’un «selfie» devant la Porte d’Alcala, ornée d’un ruban noir en signe de deuil alors que la pandémie a fait plus de 8.000 morts dans la région de Madrid sur les plus de 25.000 dans le pays.

Après avoir déjà permis aux enfants de moins de 14 ans de sortir depuis le 26 avril, le gouvernement de Pedro Sanchez a de nouveau allégé les conditions du confinement imposé depuis le 14 mars, qui était l’un des plus stricts au monde.

Auparavant les Espagnols n’étaient autorisés à quitter leur domicile que pour aller travailler – si le télétravail n’était pas possible – acheter à manger, se rendre à la pharmacie, chez le médecin ou promener brièvement leur chien.

Les promenades et activités sportives restent cependant très encadrées.

Dans les communes de plus de 5.000 habitants, elles sont soumises à des horaires précis afin d’éviter qu’il n’y ait foule dans les rues et pour maintenir à distance enfants et personnes âgées qui ne peuvent sortir aux mêmes heures.

Les créneaux 10H-12H00 et 19H00-20H00 sont réservés aux personnes âgées de plus de 70 ans et aux personnes dépendantes, éventuellement accompagnées.

Cheminant lentement dans la Calle Mayor de Madrid, en s’appuyant sur une canne et le bras de sa fille, Amalia Garcia Manso, 87 ans, sort pour la première fois «pour une petite promenade», masquée et gantée. «Cela fait de la peine, c’est dur pour moi de voir que tout est fermé à Madrid», confie-t-elle, dans la rue commerçante où patrouillent des policiers.

Ça fait plaisir de bien s’habiller

Place de l’Opéra, deux femmes de 76 et 79 ans cheminent à bonne distance l’une de l’autre: «Nous sommes à haut risque, moi je n’étais pas sortie du tout, et ça fait plaisir de bien s’habiller et de marcher au lieu de faire des exercices à la maison», confie la plus âgée, Sonia Claesson.

De 6H00 à 10H00 puis de 20H00 à 23H00, adolescents de plus de 14 ans et adultes peuvent sortir soit pour se promener à moins d’un kilomètre de leur maison – à deux d’un même foyer maximum – soit pour faire du sport individuellement.

L’après-midi est réservé aux enfants de moins de 14 ans. Dans une ruelle proche de l’Opéra, Joud Ali Garcia, 3 ans, s’agrippe aux barres de son balcon du quatrième étage. «Je veux sortir», crie-t-il à une voisine de 81 ans de l’immeuble d’en face avec laquelle il a pris l’habitude de converser ces dernières semaines, impatient de se précipiter dans le jardin faisant face au Palais royal.

A Barcelone, de très nombreux sportifs et marcheurs sont de nouveau en liberté sur le front de mer, même si l’accès aux plages reste interdit contrairement à d’autres villes comme Saint-Sébastien, au Pays basque, qui laisse les promeneurs marcher sur le sable.

Mais déjà, certains regrettent que beaucoup ne respectent pas la distance de sécurité de deux mètres, tel Jose Antonio, un retraité de 65 ans, qui lâche: «si les gens veulent se contaminer, qu’ils se contaminent, mais le résultat, ce sera que dans 15 ou 20 jours, ils nous enfermeront de nouveau».