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Égypte - Page 2

La « Nouvelle Alliance » dresse sa liste noire du terrorisme, Youssef Al-Qaradawi en tête d’affiche

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Nouvelle escalade dans la crise majeure qui envenime les relations entre, d’une part, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Egypte, et le Qatar d’autre part. Les pays de la « Nouvelle Alliance » ont désigné collectivement 59 personnes et 12 organisations qu’ils accusent de financer des organisations terroristes et de recevoir du soutien du Qatar. Sur leur liste noire du terrorisme, les quatre pays ont inclus l’éminent théologien Youssef Al-Qaradawi.

En tête de cette black-list figure, dans la surprise générale, l’emblématique prédicateur d’Al Jazeera, président de l’Union Internationale des Oulémas Musulmans et membre du Conseil Européen pour la Recherche et la Fatwa. Cet égyptien de 90 ans, considéré comme le soutien spirituel des Frères musulmans, a été invité avec les honneurs il y a au moins de trois mois en Arabie saoudite.

 Réaction de Youssef Al-Qaradawi à la diffusion de la blacklist de la "Nouvelle Alliance"

«Le Royaume d’Arabie Saoudite, la République arabe d’Égypte, les Émirats arabes unis et le Royaume de Bahreïn sont unis dans leur engagement continu à lutter contre le terrorisme, en assainissant les sources de financement, en luttant contre l’idéologie extrémiste et les outils de sa diffusion et de sa promotion, et de travailler ensemble pour vaincre le terrorisme et protéger toutes les sociétés de son impact», précise le un communiqué mis à la disposition de LE1.

«En raison de la poursuite de la violation par les autorités de Doha des obligations et des accords signés par eux, y compris la promesse de ne pas soutenir ou abriter des éléments ou des organisations qui menacent la sécurité des États.»

Le Qatar a rejeté vendredi les accusations « infondées » contenues dans la liste.

Cette crise a éclaté lundi lorsque l’Arabie saoudite, les Emirats, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha en l’accusant d’entretenir des liens avec «des organisations terroristes et des groupes sectaires cherchant à déstabiliser la région, parmi eux les Frères musulmans, Daech et Al-Qaïda ». La ‘Nouvelle Alliance’ reproche aussi au Qatar son rapprochement avec Téhéran, grand rival régional de Ryadh.

Les quatre pays de la « Nouvelle Alliance » ont, sur cette base, convenu de classer 59 personnes et 12 entités sur leurs listes noires des personnes physiques ou morales soutenant le terrorisme, dont voici la liste intégrale :

Les personnes physiques et leur nationalité :

1. Khalifa Mohammed Turki al-Subaie – Qatar
2. Abdelmalek Mohammed Yousef Abdel Salam – Jordanie
3. Ashraf Mohammed Yusuf Othman Abdel Salam – Jordanie
4. Ibrahim Eissa Al-Hajji Mohammed Al-Baker – Qatari
5. Abdulaziz bin Khalifa al-Attiyah – Qatar
6. Salem Hassan Khalifa Rashid al-Kuwari – Qatar
7. Abdullah Ghanem Muslim al-Khawar – Qatar
8. Saad bin Saad Mohammed al-Kaabi – Qatar
9. Abdullatif bin Abdullah al-Kuwari – Qatar
10. Mohammed Saeed Bin Helwan al-Sakhtari – Qatar
11. Abdul Rahman bin Omair al-Nuaimi – Qatari
12. Abdul Wahab Mohammed Abdul Rahman al-Hmeikani – Yémen
13. Khalifa bin Mohammed al-Rabban – Qatar
14. Abdullah Bin Khalid al-Thani – Qatar
15. Abdul Rahim Ahmad al-Haram – Qatar
16. Hajjaj bin Fahad Hajjaj Mohammed al-Ajmi – Koweït
17. Mubarak Mohammed al-Ajji – Qatar
18. Jaber bin Nasser al-Marri – Qatar
19. Yusuf Abdullah al-Qaradawi – Egypte
20. Mohammed Jassim al-Sulaiti – Qatar
21. Ali bin Abdullah al-Suwaidi – Qatar
22. Hashem Saleh Abdullah al-Awadhi – Qatar
23. Ali Mohammed Mohammed al-Salabi – Libye
24. Abdelhakim Belhadj – Libye
25. Mahdi Harati – Libye
26. Ismail Muhammad Mohammed al-Salabi – Libye
27. Al-Sadiq Abdulrahman Ali al-Ghuraini – Libye
28. Hamad Abdullah Al-Futtais al-Marri – Qatar
29. Mohamed Ahmed Shawky Islambouli – Egypte
30. Tariq Abdelmagoud Ibrahim al-Zomor – Egypte
31. Mohamed Abdelmaksoud Mohamed Afifi – Egypte
32. Mohamed el-Saghir Abdel Rahim Mohamed – Egypte
33. Wajdi Abdelhamid Mohamed Ghoneim – Egypte
34. Hassan Ahmed Hassan Mohammed Al Dokki Al Houti – EAU
35. Hakem al-Humaidi al-Mutairi – Saudo-koweïtien
36. Abdullah Mohammed Sulaiman al-Moheiseni – Arabie saoudite
37. Hamed Abdullah Ahmed al-Ali – Koweït
38. Ayman Ahmed Abdel Ghani Hassanein – Egypte
39. Assem Abdel-Maged Mohamed Madi – Egypte
40. Yahya Aqil Salman Aqeel – Egypte
41. Mohamed Hamada el-Sayed Ibrahim – Egypte
42. Abdel Rahman Mohamed Shokry Abdel Rahman – Egypte
43. Hussein Mohamed Reza Ibrahim Youssef – Egypte
44. Ahmed Abdelhafif Mahmoud Abdelhady – Egypte
45. Muslim Fouad Tafran – Egypte
46. Ayman Mahmoud Sadeq Rifat – Egypte
47. Mohamed Saad Abdel-Naim Ahmed – Egypte
48. Mohamed Saad Abdel Muttalib Abdo Al-Razaki – Egypte
49. Ahmed Fouad Ahmed Gad Beltagy – Egypte
50. Ahmed Ragab Ragab Soliman – Egypte
51. Karim Mohamed Mohamed Abdel Aziz – Egypte
52. Ali Zaki Mohammed Ali – Egypte
53. Naji Ibrahim Ezzouli – Egypte
54. Shehata Fathi Hafez Mohammed Suleiman – Egypte
55. Muhammad Muharram Fahmi Abu Zeid – Egypte
56. Amr Abdel Nasser Abdelhak Abdel-Barry – Egypte
57. Ali Hassan Ibrahim Abdel-Zaher – Egypte
58. Murtada Majeed al-Sindi – Bahreïn
59. Ahmed Al-Hassan al-Daski – Bahreïn

Liste des entités :

1. Qatar Volunteer Center – Qatar
2. Doha Apple Company (Internet and Technology Support Company) – Qatar
3. Qatar Charity – Qatar
4. Sheikh Eid al-Thani Charity Foundation (Eid Charity) – Qatar
5. Sheikh Thani Bin Abdullah Foundation for Humanitarian Services – Qatar
6. Saraya Defend Benghazi – Libye
7. Saraya al-Ashtar – Bahreïn
8. February 14 Coalition – Bahreïn
9. The Resistance Brigades – Bahreïn
10. Hezbollah Bahrain – Bahreïn
11. Saraya al-Mukhtar – Bahreïn
12. Harakat Ahrar Bahrain – Bahreïn

LE1

Royal Air Maroc maintient son programme de vols sur Doha

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Après avoir annoncé hier, mercredi 7 juin, son incapacité d’assurer les vols à destination des Emirats Arabes Unis, de l’Arabie Saoudite, du Yémen, des Maldives, de Bahreïn et de l’Egypte, avec un transit à l’aéroport de Doha en raison de l’embargo aérien qui frappe le Qatar, la compagnie aérienne nationale Royal Air Maroc (RAM) précise dans un communiqué publié jeudi, que tous ses vols vers Doha sont opérés normalement, soit cinq vols directs par semaine entre Casablanca et Doha et qu’elle continue à offrir à ses clients les continuations au-delà de Doha, en partenariat avec Qatar Airways, à l’exception de quatre Pays (Arabie Saoudite, Bahreïn, UAE et Egypte).

Dans son communiqué, Royal Air Maroc invite ses clients, ayant acheté des billets en continuation via Doha vers ces quatre Pays à prendre contact avec son call center pour s’informer des dispositions mises en place.

Télécharger le communiqué

LE1

Trump enfonce le Qatar, Macron propose ses bons offices

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Depuis que l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, l’Égypte ont rompu les relations avec le Qatar il y a 48 heures, créant par-là la pire crise diplomatique qui a frappé les États arabes du Golfe depuis des décennies, les yeux étaient braqués sur la Maison Blanche pour connaître la position des Etats-Unis. Le président Donald Trump semble avoir donné raison à la décision de certains pays du Golfe de rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar, cet important allié américain. En revanche, le président français Emmanuel Macron, se propose en missi dominici.

«Au cours de mon récent voyage au Moyen-Orient, j’ai déclaré qu’il n’y avait plus de place pour le financement de l’idéologie radicale. Les dirigeants ont pointé du doigt le Qatar», a-t-il tweeté.

Le tweet pourrait poser des difficultés aux États-Unis pour expliquer pourquoi le Qatar demeure l’hôte de la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient, As-Sayliyah Army Base.

Les trois pays du Golfe et l’Égypte accusent le Qatar de soutenir le terrorisme et de déstabiliser la région. Le Qatar – qui partage sa seule frontière terrestre avec l’Arabie Saoudite – a rejeté ces accusations, les qualifiant d’«injustifiées» et «sans fondement».

Les citoyens du Qatar ont été informés qu’ils ont 14 jours pour quitter l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Bahrein, et ces trois pays ont également interdit à leurs propres citoyens d’entrer au Qatar. Pour leur part, le Yémen et les Maldives ont également réduit leurs liens avec le Qatar.

La profonde crise entre les alliés du Golfe les plus proches de Washington pourrait perturber les efforts des États-Unis pour lutter contre DAECH, surtout que ces pays forment ensemble la coalition dirigée par Washington contre ce groupe extrémiste et c’est le Qatar qui accueille la base aérienne américaine As-Sayliyah Army Base, dite Al-Udeid, qui se trouve être le principal centre interrégional pour les missions aériennes stratégiques et de coordination de toutes les opérations aériennes. Le Secrétaire américain à la Défense,James Mattis, a estimé que cette crise ne perturberait pas cette coopération militaire. D’ailleurs, au de son voyage le mois dernier au Moyen-Orient, Donald Trump avait déclaré que les relations américaines avec le Qatar étaient «extrêmement bonnes».

Macron à la rescousse

Voyant la crise s’amplifier et éventuellement évoluer vers des situations de non-retour, le président français, Emmanuel Macron, en véritable chef de guerre et commandant en chef des armées de son pays, a décroché son téléphone et appelé l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad al-Thani, pour proposer une possible mission de bons offices entre Doha d’une part et Ryadh, Abu Dhabi, Manama et Le Caire, d’autre part.

La France, qui est liée au Qatar par un Accord militaire de Défense, accueille, principalement via le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), des investissements très importants dans les secteurs du tourisme, de l’immobilier, du sport et des médias, ainsi que des participations dans les fleurons de l’économie française, à l’instar de Lagardère, EADS, Vinci, Veolia Environnement, Total, Vivendi, Orange etc. Outre le Paris Saint Germain, les investisseurs qataris, entre autres l’opérateur étatique Katara Hospitality, spécialisé dans l’hôtellerie de luxe, possèdent entièrement ou en partie de grands hôtels de luxe en France, parmi lesquels l’hôtel Martinez à Cannes, l’hôtel Palais de la Méditerranée à Nice, l’hôtel Concorde Lafayette à Paris, l’hôtel du Louvre à Paris, l’hôtel Raffles – Royal Monceau à Paris, l’hôtel Peninsula à Paris, l’hôtel Majestic Barrière à Cannes, l’hôtel Gray d’Albion à Cannes, l’hôtel Carlton de Cannes ou encore le lido à Paris.

La France, qui demeure l’une des premières cibles pour les investissements massifs du Qatar au niveau international, ne peut pas rester indifférente à l’embargo imposé à ce dernier car il va de milliers d’emplois qui risquent de s’évaporer en cas d’escalade. Malgré des appels à la suppression des avantages fiscaux du Qatar en France, exprimés par le ministre français de la justice, François Bayrou, cette affaire reste pour Paris une question de sécurité nationale. Et Emmanuel Macron en est conscient. Il s’agira donc pour la diplomatie française, et pour le président français, de mener une vraie course contre la montre pour tenter d’éteindre ce feu naissant et éviter qu’il se propage. On peut dire qu’il s’agit pour Macron sa première grosse épreuve, en ce sens qu’il est question d’un sujet de politique étrangère qui a un impact direct sur l’économie du pays.

 

LE1

Arabie Saoudite/Israël : vers une normalisation des relations ?

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La deuxième chaîne israélienne a, pour la première fois, accueilli un journaliste saoudien, Abdelhakim Al Hamid, directeur du Centre d’études sur le Moyen-Orient de Jeddah, pour commenter la grave crise diplomatique à laquelle fait face le Conseil de Coopération du Golfe. Cette sortie, loin d’être anodine, exprime la volonté de l’Arabie saoudite de s’ouvrir sur son environnement à l’horizon de 2030, et intervient à un contexte régional crucial, quelques jours seulement après l’inauguration à Ryadh du Centre international de la lutte contre la pensée extrémiste #GCCEI, une sorte de PC opérationnel mondial qui allie techniques digitales, cyber-guerre et veille sensible en vue de la prise rapide de décision politiques à Washington et dans certaines capitales arabes.


En réponse à une question du présentateur israélien au sujet de l’objectif recherché par la rupture des relations diplomatique avec le Qatar, l’invité saoudien a expliqué que cette décision fait partie d’un plan politique adopté par l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte, surtout après le sommet de Ryadh, auquel a participé le président américain Donald Trump, selon lequel «il n’y a pas de place dans ces pays pour les groupes terroristes qui utilisent la religion pour atteindre des intérêts politiques, comme le Hamas et le Jihad islamique palestinien.»

Il a souligné que ces pays ont pris la décision de s’orienter vers la paix, et de parvenir à celle-ci au Moyen-Orient. «La première étape vers cet objectif est d’assécher les sources de financement du terrorisme (…) Il n’y aura de place pour aucun groupe extrémiste que ça soit les Frères musulmans ou tout autre groupe religieux, qui utiliserait la religion pour atteindre des intérêts politiques ou contribue à la propagation de la pensée extrémiste, au nom de la religion ou au nom de la résistance ou au nom du djihad.»

Pour Abdelhakim Al Hamid, «la balle est dans le camp du Qatar (…) et Doha va certainement recourir aux États-Unis ou à l’Union soviétique [sic] pour une médiation, mais aussi bien Washington que Moscou, s’il veulent aider le Qatar, ne le feront que si Doha se débarrasse de son soutien au terrorisme et aux groupes qui prônent la violence.»
«Il est temps de construire un nouveau Moyen-Orient fondé sur la paix, l’amour et la coexistence et le rejet de la haine (…) La violence et la culture de l’extrémisme n’apporteront au Moyen-Orient que davantage de pertes» a-t-il conclu.

LE1.

Ahmed Charai appelle Trump à ériger une nouvelle Alliance contre l’obscurantisme

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Le prestigieux magazine du Congrès des États Unis, The Hill, a publié mercredi, une tribune de Ahmed Charai dans laquelle il plaide pour une nouvelle Alliance entre le monde arabe, Israël et les Etats-Unis en vue de combattre tous les facteurs d’extrémisme à l’heure tête DAESH. Le membre marocain du Conseil d’Administration d’Atlantic Council et conseiller aux affaires internationales auprès du Center for Strategic and International Studies de Washington, prend le Maroc en tant que modèle de cette approche, en vue d’appréhender les grandes questions de l’heure et d’intérêt commun, comme la question du conflit israélo-palestinien, l’hégémonie de l’Iran ou les ambitions russes dans la région.

Les Arabes, les Américains et les Israéliens ont aujourd’hui « des priorités plus urgentes que le processus de paix » qui n’arrive plus à avancer d’un iota bloquant au passage toute tentative de développement positif sur le terrain. Les souffrances des populations civiles en Syrie, en Irak et au Yemen poussent les puissances mondiales à revoir leurs priorités. Pour Ahmed Charai, les trois parties partagent des ennemis communs : 1) l’expansionnisme sanglant de DAESH ; 2) l’aggravation néfaste de l’influence iranienne et de son hégémonie ; 3) la propagation menaçante de l’extrémisme religieux et du terrorisme.

Selon Ahmed Charai, l’existence de cet ennemi commun est « une opportunité pour les Arabes, les Américains et les Israéliens pour ériger une Alliance de type OTAN » qui unirait les monarchies arabes le Maroc, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et les autre pays du Golfe, en plus de la république d’Egypte, les Etats-Unis et Israël pour faire face aux menaces grandissantes des différents extrémismes : 1) Combattre DAESH et l’obscurantisme ; 2) Contenir l’Iran ; 3) Gérer la Russie à défaut de pouvoir la combattre. Car Moscou est un allié stratégique de l’Iran et, par ricochet de la Syrie de Bachar al-Assad.

L’objectif numéro un de l’implication de la Russie dans la région est d’avoir un accès aux différents détroits de la mer Méditerranée et à l’espace vital de la Mare Nostrum. Il serait donc judicieux de la part de cette nouvelle Alliance de permettre ces accès à la Russie, dans le cadre d’accords stratégiques, en contrepartie de la neutralisation ou du gel de l’aide russe à l’Iran. A terme, peut-être, la Russie pourrait également rejoindre ce nouvel espace pour faire face, ensemble, aux «ennemis de la Civilisation» que sont les extrémistes représentés par DAESH et autres obscurantistes.

Pour monter ces mécanismes, il faut des moyens financiers substantiels et chaque pays dispose d’atouts spécifiques et/ou des attentes particulières. Si les Etats-Unis se démarquent par leur puissance militaire et des moyens technologiques de surveillance ultramodernes, les Arabes et les Israéliens eux, sont connus pour exceller dans les dispositifs d’intelligence et de renseignement. Et si la Tunisie et l’Egypte arrivent à relever le défi médiatique par l’influence sur l’opinion publique, voire sa transformation, le Maroc, lui, se distingue par son expérience unique dans l’encadrement religieux tant au niveau national qu’international, en Afrique en particulier et en Europe. De plus, le Maroc a cumulé un savoir faire singulier dans la lutte contre l’extrémisme en milieu carcéral grâce à des programmes de réinsertion reconnus pour être parmi les plus performants au monde. Les 1% de l’ensemble de la population carcérale connus pour être des extrémistes, est l’objet d’un suivi particulier dans le cadre de programmes public-privé qui a donné de très bons résultats.

Selon Ahmed Charai, la nouvelle Alliance a également besoin d’une dimension économique. Ce nouvel espace doit bénéficier d’un statut de libre-échange entre tous ses membres en vue de stimuler les économies arabes notamment et les mettre à niveau ; cela permettra aussi de créer des emplois à environ la moitié de la population arabe âgée de moins de 35 ans. Cela dit, le danger demeure dans le statu quo qui a tendance à ignorer et donc à sousestimer les menaces réelles. L’objectif est de mener une véritable rupture avec la politique de l’administration Obama. Et toute inertie ou manque d’initiatives de la part des pays appelés à constituer la nouvelle Alliance ne ferait que renforcer l’hégémonie iranienne et la menace de DAESH. L’éradication de ce dernier devrait être l’objectif principal, suivi du confinement de l’Iran qui finance des groupes séparatistes dans toute la région, du Yémen à Bahreïn, tout en soutenant la dictature sanguinaire de Bachar al-Assad.

Enfin, la nouvelle Alliance doit également pouvoir répondre à certains besoins des pays concernés. L’Égypte, par exemple, veut que les Frères musulmans soient classés par l’Occident comme une organisation terroriste, et que le Qatar cesse de les financer ainsi que le Hamas.

72 ans après la Conférence de Yalta, qui a vu adopter une stratégie commune afin de hâter la fin de la Seconde Guerre mondiale, régler le sort de l’Europe après la défaite du Troisième Reich et garantir la stabilité du nouvel ordre mondial après la victoire, et quelques jours après l’inauguration à Ryadh du Centre international de la lutte contre la pensée extrémiste #GCCEI, l’appel de Ahmed Charai est une sorte d’invitation à un Yalta bis qui mettrait sur les rails une nouvelle Alliance mondiale non en vue d’instaurer un choc des civilisations cher à Samuel Huntington mais placer ce nouvel espace à l’avant-garde de ceux qui combattent les «ennemis de la civilisation».

Abdellah EL HATTACH

Trump en tournée au Proche-Orient ?

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Selon des sources proches de la Maison Blanche dont LE1 a eu connaissance, le Président américain, Donald Trump, pourrait effectuer une tournée au Proche-Orient avant l’été prochain.

Si l’information se confirmait, ce serait le premier déplacement à l’étranger du président américain depuis son investiture en janvier dernier.

En ce moment, le Secrétaire américain à la Défense, James Mattis, est en roadtrip dans la région, lequel l’a conduit en Arabie saoudite, en Egypte et en Israël pour s’achever en Djibouti.

De son côté, le vice-président Mike Pence est actuellement en tournée asiatique qui le mène notamment en Corée du Sud, au Japon et en Malaisie.

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LE1

Ahmed Charai: Quel monde arabe pour Donald Trump ?

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La radioscopie de la situation géopolitique du monde arabo-musulman à la lumière d’un pseudo-«Printemps Arabe» qui s’est transformé en véritable «automne» après la déliquescence de plusieurs régimes de la région et l’éclatement de conflits dévastateurs, n’est pas chose aisée. Surtout avec l’avènement d’une nouvelle administration américaine dont on ne maîtrise encore pas les réelles visées et encore moins son approche diplomatique, en plus de la renaissance d’un «empire russe» qui se veut un acteur incontournable de l’architecture du nouveau Proche-Orient et l’émergence de groupuscules extrémistes de plus en plus équipés et davantage violents.

Et  «bien que les détails et les contours de la stratégie de Donald Trump ne sont toujours pas figés et en constante mutation», selon Ahmed Charai, membre du Conseil d’Administration de Atlantic Council, prestigieux Think Tank américain basé à Washington, il n’en demeure pas moins que le nouveau président américain tente de combiner une pincée de «pragmatisme» à une volonté ferme de «faire face aux ennemis» et à tous types de menaces.

Pour Ahmed Charai, qui signait une analyse dans le bi-mensuel américain The National Interest, paru lundi, Trump «identifie clairement l’Islam radical comme l’ennemi terroriste qui menace l’Amérique et émane des pays arabes qui ont échoué dans la gestion de leurs «Printemps» et ont versé dans les affres de la guerre civile.»

Donald Trump que le monde apprend à connaître au fil des semaines est peut-être le président américain qui saura trouver le juste équilibre entre les politiques de son prédécesseur, Barack Obama, trop laxiste avec les mouvements extrémistes (d’ailleurs c’est sous son mandat qu’est né le monstre DAECH), et le prédécesseur de ce dernier, Georges W. Bush, trop radical et un tant soit peu éradicateur, les prisons de Bagram et de Guantamo étant les témoins de cette funeste époque.

Pour ce faire, et éviter de succomber à l’obscurantisme ou à la «paralysie de l’analyse», comme sous Obama et son administration d’intellectuels, il y a, selon Ahmed Charai, «un moyen d’aiguiser la stratégie de sécurité nationale que désire poursuivre le [nouveau] président [américain» et ce via un travail pédagogique qui permettrait de mieux cerner le phénomène de l’islamisme radical et cerner ses «de nombreux visages ». Car si le «djihadisme salafiste (…) est une sorte de mélange hybride de la religion et du fascisme», les sociétés musulmanes comptent aussi dans leurs rangs des libéraux qui s’opposent à cette vision obscurantiste et cherchent à voir éclore «une éthique civique transcendante sans contrainte religieuse » en parallèle à un «système de gouvernance pluraliste», autrement dit démocratique.

La menace vient également de l’islamisme politique qui puise son danger dans les idées qu’il véhicule prônant la non-violence mais qui partage le même projet idéologique que l’islamisme extrémiste.

L’inflexion de la politique étrangère des Etats-Unis d’Amérique s’est produite, sans ambages, le 11 septembre 2001, sinistre date d’événements tragiques qui vont bouleverser le monde. Quelques années auparavant, en 1989, Francis Fukuyama, a intitulé un de ses articles ‘The End of History? qui va devenir très célèbre et rencontrer aussi une grande critique. D’aucuns, à l’avènement du 11-Septembre, ont cru à la ‘fin de l’histoire’ prédite par Francis Fukuyama. Le texte, publié à l’époque dans The National Interest, est une analyse inverse de celle que propose aujourd’hui Ahmed Charai, publiée 28 ans plus tard, dans le même journal, et qui propose, un Début de l’Histoire, et non une fin de celle-ci.

Si Georges W. Bush considérait faisant partie de l’Axe du Mal tous ceux qui s’opposaient à sa politique, Obama est demeuré très conciliant avec les mouvements de l’islamisme radical mais (injustement) très critique avec les pays qui avaient engagé des processus de réformes. Et au lieu de les soutenir à procéder leurs mutations institutionnelles, l’administration Démocrate usait du ‘coup de grâce’, à travers son arme fatale préférée : les droits de l’homme.

Sept ans après les dits «Printemps», le bilan est triste.  Si, en Egypte, «le gouvernement des Frères musulmans dirigé par Mohammed Morsi s’est achevé dans une effusion de sang, en Jordanie, le Parlement contrôlé par Frères musulmans qui ont joué un rôle politique majeur depuis des décennies dans le pays, a été dissous», par le Roi Abdallah II sans aucune violence. Alors qu’en Tunisie, le mouvement «Ennahda » qui a remporté les élections législatives après la chute de Benali a été canalisé par une société civile qui a refusé le diktat islamiste. Au Maroc, où le parti de la Justice et du Développement a remporté en 2011 les élections législatives lors d’un scrutin historique, a vu monter au créneau une société civile hostile au projet hégémonique du PJD. Ladite société civile a été réconfortée quand «le Roi qui a gardé sous son autorité les domaines régaliens de la Nation à savoir les Affaires étrangères et les politiques sociales».

Si le Maroc a pu tirer son épingle du jeu, l’Egypte est aujourd’hui au bord de la banqueroute alors que la Jordanie et la Tunisie, naguère très prospères économiquement souffrent d’une sévère récession, se retrouvent au milieu d’un écosystème géographique menacé de guerres civiles.

Grâce à ce constat, le jugement de Ahmed Charai tombe comme un couperet : «Les contrastes entre ces quatre situations (dans quatre pays différents) (dé)montrent pourquoi il est faux de considérer le monde arabe comme étant monolithique.» A chaque pays, on adapte un modèle, à chaque pathologie, un remède.

Si dans certains cas Washington se voit forcée d’intervenir militairement cas de menace réelle et directe de ses intérêts, elle ne peut que passer par la case dialogue et par des incitations économiques au profit des pays qui fournissent des efforts réels de réformes et de maturation institutionnelle.

D’où le rôle fondamental de la nouvelle administration américaine qui est tenue de saisir et de comprendre la différence entre les différents pays de la région et leurs spécificités respectives.

A cet effet, le Maroc a réussi haut la main l’examen de 2011 en adoptant une Constitution dans l’ère du temps. Et toutes les réformes politiques qui ont suivi ont permis une plus large souveraineté populaire exprimée par un réel suffrage universel applaudi par le monde en entier. «Et même avec moins de 20% des voix, le PJD a pu gouverner» remarque Ahmed Charai, qui note que ce dernier été « incapable de former une nouvelle majorité [suite aux élections de 2016), en dépit de cinq mois de négociations avec les différents acteurs politiques, ce qui a bloqué tout le pays » se désole-t-il.

Aujourd’hui qu’une nouvelle personnalité a été chargée de former le gouvernement, prouve que « l’intervention royale a ouvert la voie à une solution au blocage institutionnel» qui sclérosait la scène politique nationale conclut Ahmed Charai.

 

Abdellah EL HATTACH

Washington et Londres bannissent les appareils électroniques à bord des vols en provenance des pays arabes

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Selon de nouvelles dispositions émanant du ministère américain de la Sécurité intérieure, paru aujourd’hui à Washington, les Etats-Unis ont décidé d’interdire l’embarquement, à compter de la semaine prochaine, de tout appareil électronique dont la taille est supérieure à un téléphone cellulaire, et ce dans tout avion en provenance de 10 pays arabo-musulmans, dont le Maroc, à destination des Etats-Unis d’Amérique.

Cette nouvelle restriction de l’Administration Trump concerne les passagers en provenance de dix aéroports de la région MENA, à savoir entre autres Cairo International Airport du Caire en Egypte, Ataturk International Airport d’Istanbul en Turquie, Queen Alia International Airport de Amman en Jordanie (AMM), King Abdul-Aziz International Airport de Jeddah (JED) et King Khalid International Airport de Ryadh (RUH) en Arabie Saoudite, Kuwait International Airport de Koweit (KWI), Hamad International Airport de Doha au Qatar (DOH), Dubai International Airport (DXB) et Abu Dhabi International Airport aux Emirats arabes unis (AUH).

L’aéroport Mohamed V est également listé à travers cette nouvelle mesure, sachant que l’aérogare internationale de Casablanca est lié par des vols quotidiens vers JFK Airport de New York et Dulles International Airport de Washington DC.

L’ambassade américaine à Rabat a publié aujourd’hui un communiqué dans ce sens demandant aux citoyens marocains désireux de se rendre aux États-unis prochainement de contacter la chancellerie pour obtenir d’amples précisions à ce sujet.

Gros appareils électroniques

Les appareils électroniques plus grands qu’un téléphone cellulaire ou Smartphone frappés par cette décision doivent être gardés dans les bagages enregistrés et placés en soute. Cependant les appareils médicaux vitaux resteront en la possession du passager après avoir été contrôlés.
Parmi les grands appareils électroniques qui ne seront pas autorisés et cités par le communiqué du département de la Sécurité intérieure:
  • Ordinateurs portables
  • Tablettes
  • E-Readers
  • Appareils photo
  • Lecteurs DVD portables
  • Consoles de jeux électroniques plus grandes qu’un smartphone
  • Imprimantes de voyage / scanners
Cette décision, adoptée également par les autorités britanniques, ne concerne pas les vols domestiques ou les vols internationaux en partance des États-Unis.
LE1

L’axe Alger-Tunis-Le Caire sabote l’Accord de Skhirat

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En suspendant les activités du comité du dialogue qui travaillait sur la révision de l’accord de Skhirat, le Parlement libyen a, de facto, rejeté le document signé au Maroc sous l’égide de l’ONU en décembre 2015.

17 décembre 2015, les protagonistes de la crise libyenne paraphent l’Accord de Skhirat. Au premier plan de la photo Nasser Bourita la cheville ouvrière de la diplomatie marocaine

Cette rupture dans le processus de paix interlibyen qui risque de déstabiliser les institutions et faire rentrer le pays dans l’inconnu, est la résultante des derniers développements intervenus dans la région des champs pétroliers.

En effet, l’offensive militaire dirigée par une coalition de milices extrémistes, appuyée par le gouvernement de Fayez el-Sarraj à Tripoli, a permis à ces groupuscules de prendre le contrôle des vastes et riches champs pétroliers jusque-là détenus par le général dissident Khalifa Haftar, ‘seigneur’ de l’est-libyen.

Les milices de Fayez el-Sarraj constituées des brigades de défense de Benghazi et du Groupe islamique combattant, tous les deux dépendants d’al-Qaïda, ainsi que des Frères musulmans, sont également soutenues par des puissances étrangères, ce qui rend impossible l’application des accords de Skhirat.

Alger, Tunis et Le Caire sapent l’Accord de Skhirat

Mais il n’y a pas que les développements sur le terrain militaire qui a fait basculer la donne politique, mais également l’immixtion de la Tunisie, de l’Algérie et de l’Egypte dans le processus de paix – parrainé par l’ONU et le Maroc – qui a perturbé la bonne marche des négociations pour une révision de l’accord.

Car moins d’une semaine avant le rejet de l’accord de Skhirat, et en marge de la réunion des ministres des affaires étrangères de la Tunisie, de Egypte et de l’Algérie, un soi-disant «Appel de Tunis» est sorti de nulle part pour venir casser l’accord signé au Maroc en 2015.

Mais en lisant les clauses de cette «initiative», elle ressemble comme deux gouttes d’eau aux dispositions de l’accord de Skhirat et stipule, entre autres : 1. D’inciter les Libyens au dialogue ;  2. Refuser toute intervention militaire qui risque de dégrader la situation en Libye ; 3. Continuer à soutenir le rôle de l’ONU.

En voulant récupérer les accords de Skhirat et donnant l’apparence de les défendre, la Tunisie, l’Egypte et l’Algérie ont ainsi contribué largement à les saboter.

 

Abdellah EL HATTACH

L’Egypte singe maladroitement le Maroc

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Le nouvel ambassadeur d’Egypte à Abuja, Assem Hanafi, qui n’a pas encore remis ses Lettres de créance au président Muhammadu Buhari, tente de jouer la montre en vue de greffer l’économie de son pays à celle du Nigeria et se dit « préoccupé par le faible volume des échanges entre leurs deux pays», appelant à des «mesures substantielles pour améliorer cette situation».

Assem Hanafi, désigné par le maréchal Abdelfattah al-Sissi pour représenter l’Egypte auprès du Nigeria, n’a pas attendu de remettre ses lettres d’accréditation au président de la république Muhammadi Buhari -qui se trouve en séjour médical à Londres- pour tenter de réfléchir aux moyens de rebooster les échanges économiqes entre Le Caire et Abuja.

S’exprimant devant la Chambre de Commerce de la capitale nigériane, à l’invitation de son président Tony Ejinkeonye, il a exprimé la volonté de l’Egypte d’augmenter le volume et la valeur des échanges commerciaux avec le Nigeria, et a imputé la faiblesse des volumes des échanges entre les deux pays à «la culture et la tradition des pays africains», lesquels «au lieu d’importer d’Afrique, préfèrent se tourner vers l’Europe et les Etats-Unis». Cette déclaration en a surpris plus d’un, car le jugement de valeur du diplomate égyptien n’a pas respecté les us et coutumes locales et a choqué l’auditoire.

Car si l’ambassadeur désigné a bel et bien exprimé la volonté de son pays de réfléchir à des moyens de stimuler le commerce et l’investissement entre le Nigeria et l’Égypte, «les deux plus grands pays d’Afrique» selon ses dires faussement modestes, il envisage que l’Egypte exporte vers le Nigeria des…véhicules légers, des fournitures médicales et des produits manufacturés (sic !), pour en importer de…la canne à sucre, du gingembre et d’autres produits agricoles (resic)! Les observateurs se demandent comment «les deux plus grands pays d’Afrique» peuvent-ils réellement booster leurs échanges avec une telle proposition ? Car à aucun moment il n’a été question d’échanges dans les secteurs des hydrocarbures et des mines, dans lesquels le Nigeria est un leader mondial.

La réponse à cette question est simple : le commerce intra-africain ne représente que 15% du commerce africain avec le reste du monde et le Nigeria a compris que son intérêt ne pouvait donc aucunement se trouver en Egypte dont l’infrastructure institutionnelle, juridique et économique est une des plus faibles du continent. D’où le choix stratégique de son interconnexion avec l’économie marocaine avec laquelle est prévue la création d’un écosystème bilatéral présentant une forte valeur ajoutée, notamment grâce au gazoduc Atlantique.

Pour être plus concret, c’est l’axe Rabat-Abuja qui fait jaser le maréchal Al-Sissi de la même façon qu’il stresse Alger qui a beaucoup perdu de son influence au Nigeria. Et c’est le couple égypto-algérien qui tente de trouver une brèche dans la paire maroco-nigériane pour tenter de la déstabiliser et, pourquoi pas, la casser.

Sauf qu’Alger et Le Caire semblent oublier que le potentiel du Maroc, et ce qu’il propose au Nigeria en terme politique, économique et religieux, dans un partenariat gagnant-gagnant, ne peut être ni concurrencé ni égalé par l’Egypte et l’Algérie, tous deux empêtrés dans des dysfonctionnements structurels qui les placent au bord d’une implosion qui n’est qu’artificiellement retardée à coups d’ordonnances militaires et d’états d’urgence.

 

Abdellah EL HATTACH